J'ai découvert il y a peu de temps les oeuvres de Christophe Chabouté et une chose est sûre c'est que je ne le regrette absolument pas car à chaque fois je suis sidéré par son dessin et ses histoires ne me déplaisent pas, bien au contraire. En ce qui concerne cet album je ne peux qu'applaudir devant le résultat. A mon avis c'est le récit le plus réussi de Chabouté.
L'histoire est tout simplement magnifique. Comment ne pas être conquis par le récit de cet homme seul depuis de nombreuses années dans ce phare qui s'apparente à une prison, au beau milieu de la mer et avec pour seule compagnie un poisson dans un bocal.
Le personnage principal, malgré un physique ingrat est très attachant et sympathique. J'ai trouvé très intéressante l'idée d'utiliser son imagination comme seul moyen de s'échapper de ce "maudit rocher".
De plus les autres personnages sont tout aussi attachants. L'ancien taulard devenu marin qui s'inquiète pour le mystérieux habitant du phare m'a beaucoup plu. Même le capitaine du bateau de pêche a un bon fond malgré son air bourru.
Tout dans cette histoire m'a enchanté, en particulier la chute, je l'ai trouvée évidente pourtant elle a réussi à me surprendre.
Le dessin de Chabouté est tout simplement superbe. Les fans de dessins en noir et blanc ne pourront qu'être d'accord avec moi, car ils sont parfaitement réussis, comme d'habitude.
Alors que dire d'autre sinon que j'espère que l'auteur nous offrira d'autres albums de cette qualité.
Merci monsieur Chabouté.
Lu sur les conseils d'une collègue, voici une bonne série de SF en manga.
En 2038, un million de Japonais ont été frappés d'amnésie en plein centre de Tokyo. Enfermés dans une ville sous Tokyo, les Kid'z comme on les appelle doivent "réapprendre" pas mal de choses. On suit le destin de Noa, un lycéen kid'z, qui tombe nez à nez avec un individu s'étant introduit illégalement dans la cité. Il se trouve qu'au même moment des attentats sont commis.
L'histoire se lit d'une traite et les rebondissements sont nombreux du début à la fin. Les personnages sont intéressants mais on regrette que les secondaires soient aussi peu développés et le dénouement avec le secret sur chacun d'eux tombe comme un cheveu sur la soupe. Personnellement, je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'ils aient tous un secret plus ou moins important.
Côté dessin, c'est agréable et bien fait. Je regrette juste le fan service qui là encore tombe comme un cheveu sur la soupe.
Trois tomes c'est court et bien pour un manga mais là je regrette un ou deux tomes de plus pour développer l'histoire et les personnages secondaires.
« Azimut » est une des bandes dessinées les plus loufoques et –au niveau graphique- les plus originales que j’ai pues lire jusqu’à maintenant !
A vrai dire, je ne m’attendais pas du tout à découvrir cet univers incroyablement riche et captivant réalisé par le duo Wilfrid Lupano (au scénario) et Jean-Baptiste Andreae (au dessin).
Évidemment, lorsque je me suis mis à feuilleter ce premier tome d’ "Azimut", c’est le coup de patte et la mise en couleurs impressionnants de Jean-Baptiste Andreae qui m’ont emballé. On se retrouve face à des décors très fouillés, à des créatures très inattendues et fantaisistes, à des engins extraordinaires d’inventivité, à des personnages expressifs et facilement identifiables au premier coup d’œil. Bref, pour moi, ça a été un vrai délice pour mes yeux de contempler ces planches de toute beauté d’autant plus que le découpage et la mise en page me sont apparus excellents ! Ce fut une vraie claque au niveau visuel !
Quant au scénario proprement dit, je n’ai pas vraiment d’avis à formuler à ce sujet car je ne sais pas vers quoi exactement nous emmène Wilfrid Lupano : plusieurs questions et énigmes demeurent même arrivé à la fin de ce premier tome de la série. Ce que je retiens de cet album d’introduction, ce sont des dialogues et les scènes délicieusement farfelus qui sont y disséminés et qui m’ont fait sourire à maintes reprises.
Wilfrid Lupano est aussi l’auteur de « Alim le tanneur » et d’autres série qui m’ont enthousiasmé, je reste par conséquent confiant pour la suite des aventures de ce petit peuple déjanté en espérant que le scénariste réussisse à clarifier davantage son récit.
En attendant le prochain tome qui devrait –à mon avis- mieux nous éclairer sur les motivations réelles de chaque protagoniste et sur le but de cette histoire, j’ai tellement été intrigué par la richesse et l’originalité de cet univers et par la beauté des planches de Jean-Baptiste Andreas que je ne peux vous conseiller cette lecture.
Un vrai coup de cœur en espérant que l’album suivant sera du même acabit !
J'aime bien le principe des récits racontés de divers points de vue, et en plus ici, ça va être beaucoup moins long que les "Uchronies".
J'avais trouvé dans les trois premiers tomes publiés une série plutôt sympathique même si j'étais moyennement fan du dessin que je trouvais un peu limite, surtout au niveau des visages. A la longue je m'y étais faite et finalement l'histoire était suffisamment intéressante pour prendre le dessus. Mais honnêtement, à part la rapidité de publication, je n'avais pas trouvé spécialement d'intérêt à ce que plusieurs dessinateurs se partagent "à la chaîne" le travail graphique de la série. Et je me posais une fois de plus la question suivante : "Pourquoi le mec qui se charge de la couverture ne fait-il pas tous les dessins de la série ??".
L'histoire avait piqué ma curiosité même si par ci par là j'avais pu trouver quelques facilités ou incohérences (la plus flagrante étant cette violation sans vergogne du secret médical après le check-up de Zé Teixeira dans le T1) et je viens de lire l'intégralité de cette première saison avec grand plaisir car c'est vraiment un récit enlevé et bien construit où tout se recoupe, même si un peu juste graphiquement. (Le personnage de Noah est vraiment à baffer alors qu'on l'aurait presque pris en pitié au début du tome qui lui est consacré...).
Une saison 2 est en préparation, sur 4 tomes cette fois, je m'y intéresserai sans doute.
Un bon divertissement en quelque sorte, sans prise de tête et qui peut mériter l'investissement pour peu qu'on ait le financement suffisant !
A au moins emprunter, donc !
Je vais réparer une véritable injustice en postant cette série. Il faut dire que les roms ne sont pas très appréciés en Europe. On ne se soucie que très peu de leur sort. Ils sont les victimes d'une peur irrationnelle. Ils font l'objet de fantasme et de stéréotypes.
Constitués d'une multitude de groupes et de famille, les populations tziganes trouveraient leur origine dans le nord de l'Inde, région du Penjab, qu'ils auraient quitté au Xème siècle pour une raison inconnue. Depuis, ils ont sillonné le Proche-Orient puis plus tardivement l'Europe avec leurs roulottes.
Il faut savoir qu'ils ont également été les victimes des camps de concentration nazis durant la Seconde Guerre Mondiale. L'histoire de cette bd basée sur des faits réels commence en février 1939 en Bohême où des enfants sont enlevés. Un policier tchèque va joindre ses efforts pour les retrouver avec une communautés de roms. Malheureusement, ils vont être confrontés à l'horreur perpétuée par les nazis aidés de scientifiques acquis à leur maudite théorie sur les races.
Ce récit est non seulement très bien dessiné mais également bien scénarisé. Il y a un dosage parfait entre les faits historiques et l'intensité dramatique. L'auteur a réalisé un gros travail de recherche notamment au centre de documentation de la Fédération nationales des associations solidaires d'action avec les Tziganes et les Gens du voyage à Paris.
C'est une première pour le dessinateur mais quelle claque. La couverture est magnifique et traduit le ton sépia des 74 pages. Il a su nous captiver d'emblée par un dessin soigné. J'applaudis des deux mains pour un travail de haute qualité sur une belle histoire d'amour familiale.
Je ne vais pas reparler du devoir de mémoire qui semble gaver une partie des lecteurs. Cependant, cette bd permet de découvrir une partie moins connue, mais tout aussi macabre, des abominables actions nazies. Une bd sur un sujet difficile mais néanmoins nécessaire pour comprendre ce que ce peuple a subi. Et peut-être qu'après lecture se développera un sentiment nouveau : celui de les regarder sous un autre angle.
C'est le Transperceneige aux mille et un wagons, le dernier refuge de la civilisation...
Dans un monde mort et glacé roule depuis plus de 20 ans un train, dans lequel se sont réfugiés les derniers humains. Un train qui est bien sûr l'allégorie de l'humanité, coincée sur sa petite planète parcourant sans fin la même orbite, dans un espace mort, hostile et froid, sans connaître le but de son existence, si même il y en a un. Avec sa succession de wagons, le train est aussi une métaphore de la société : les riches devant, les pauvres derrière, mais tous embarqués ensemble et condamnés à cohabiter.
Dans ce monde clos et hiérarchisé va se glisser un grain de sable. Un "queutard" s'est échappé des wagons de queue, les plus pauvres, pourtant isolés des autres par une porte blindée. Il a rejoint une partie du convoi à laquelle il n'aurait jamais du accéder. Et voilà que le président lui-même demande à le voir, dans les wagons de tête. Proloff (le nom est transparent !) va donc remonter tout le train, accompagné d'Adeline Belleau, une belle humanitaire, fascinée par cet échappé du "tiers-convoi".
Lob et Rochette exploitent à merveille toutes les potentialités de l'univers clos qu'ils ont imaginé et trouvent des solutions originales pour répondre aux questions que se pose le lecteur : pourquoi ce train roule-t-il sans s'arrêter ? Que s'est-il passé ? Comment y mange-t-on et y boit-on, puisqu'il ne s'est pas arrêté depuis 20 ans ? Qu'y fait-on ?
Le dessin, la construction des pages et la caractérisation des personnages sont à la hauteur du récit. Pas de couleur, mais un noir et blanc presque obligatoire pour ce monde plongé dans la nuit et la neige.
Un seul bémol : les militaires sont forcément bêtes et méchants, les dirigeants véreux et inhumains, les prêtres fanatiques et soumis au pouvoir en place. C'est un peu le cahier des charges minimal pour un univers post-apocalyptique. Mais un peu plus de nuance et de complexité humaine aurait enrichi le propos.
Pour autant, le récit n'est pas si manichéiste. Personne n'est vraiment bon dans cette affaire. Et les plus pauvres eux-mêmes ne sont pas pour autant meilleurs que les riches.
Une histoire marquante, en tout cas, qu'on lit d'une traite, sur la trace de Proloff et Adeline, jusqu'à une fin originale, tout à fait à la hauteur du récit.
Encore une création Sandawe, dont le tome 2 est paru lui aussi.
Très belle trilogie (en attente du 3ème), intrigue rondement menée par Mor et Mainil, sur fond historique et "SF".
Les dessins sont beaux, l'histoire palpitante, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par cette trilogie qui devrait vous ravir !
Je ne suis pas fan de western mais une curieuse de première.
J'ai découvert HW sur Sandawe, très bon site de crowdfunding, le meilleur à mon sens !
J'ai donc fait la démarche de trouver ce premier opus de Hell West en librairie, plus par curiosité que par envie et je suis tombée sous le charme.
Les couleurs dominantes, blanc noir rouge donnent à elles seules une dimension particulière à cette oeuvre.
Les persos sont intenses, dûs à leur personnalité et aux dessins de Vervisch.
C'est un concept nouveau d'histoire, c'est un concept nouveau de format.
Pour une BD, ça n'est pas commun et c'est ce qui attire l'oeil !
Je recommande chaudement et vivement cet ouvrage, mais recommande encore plus vivement à chacun , d'entrer dans la tribu Sandawe, afin de permettre à chacun d'apporter son aide aux BD de demain ! L'aventure est fantastique.
2 excellentes bds (je n'ai pas lu le 3ème) que ces errances de Julius Antoine, en partie grâce au scénario de Le Tendre. De véritables thrillers mentaux, vraiment intenses.
Dans le 1er le "pauvre" Julius est chamboulé par son attirance pour les très jeunes filles (16, 20 ans environ). Il tient bon jusqu'au jour où ... Une histoire au sujet délicat (à la limite de la pédophilie) mais traité tout en subtilité et avec beaucoup de suspense. Le dessin de Rossi est assez banal (moins bon que ses oeuvres futures) mais efficace et assez nerveux avec une très bonne mise en scène (cadrages, mouvements ... ). Comme un bon thriller.
Dans le deuxième tome, suite à ses mésaventures, il revient se cacher dans la grande maison familiale. Là réside sa soeur complètement folle. Il y a de lourds secrets familiaux. L'atmosphère vire carrément au fantastique. C'est assez barré dans l'esprit comme les vieux Polanski. Les dessins sont encore meilleurs. Un excellent album.
Bref il faut que trouve le 3ème car j'aime vraiment beaucoup ces "errances de Julius Antoine". De plus les couvertures sont vraiment mortelles (proches d'un film fantastique) et m'ont toujours "faits de l'oeil" dans les bacs de solderie de bd.
Je viens de trouver et de lire le 3ème tome. Un peu moins torturé mais toujours très bon. Une ambiance carrément différente ( l' Afrique ) mais qui bascule elle aussi dans le semi-fantastique. Donc un *** pour ce 3ème tome et **** pour les 2 autres. Une excellente trilogie à posséder impérativement dans sa bdtheque.
Voilà une oeuvre étonnante et originale !
Même s'il est peut-être souvent trop " appliqué " , j'ai trouvé le dessin bon, que ce soit dans les scènes réalistes ou dans les rêves et autres délires.
L'histoire en elle-même est assez brutale, brute et, un peu comme "Johnny got his gun", le corps du soldat, par sa volonté d'être là, d'être tout court, peut être vu comme une charge anti-militariste. Horreur et ironie se joignent d'ailleurs au visuel du héros déchu lors des nombreux apartés, flash back rappelant le passé glorieux et soldatesque de celui qui n'est plus que moignons.
Mais ce sont bien sûr les relations spéciales qui se renouent avec sa femme dès sa sortie de l'hôpital qui sont au centre de ce curieux album. Qui en font une étrangeté.
En effet, entre corps de l'un et vie sociale de l'autre, c'est l'atrophie qui gagne le couple, le sexe étant alors le seul moyen de garder un lien entre eux deux.
Alors, histoire et dessins sont fortement teintés de surréalisme, et pas seulement dans les rêves ! D'ailleurs, plus qu'à Clovis Trouille, cité dans la préface, c'est plutôt à Hans Bellmer que j'ai pensé en voyant ce corps "défait", mais gardant sa puissance érotique.
La violence des relations physiques, où les pulsions de la femme la poussent à rendre aveugle son mari, dans une relation sado-masochiste unissant Eros et Thanatos, renvoie à Bataille, bien sûr. Je ne peux moi m'empêcher de penser qu'en fermant ses yeux, elle rend à son mari un dernier service, lui qui ne voulait sûrement plus voir le monde tel qu'il était devenu pour lui.
Une oeuvre dérangeante donc, mais belle ! On est ici très loin de l'album érotique ou pornographique de base, et l'achat est même à éviter si vous ne cherchez que des scènes explicites de sexe pour le sexe. Il y a ici beaucoup de cérébral, une poésie noire, qui fait que je m'attendais à la fin à voir un papillon s'envoler du puits...
A ne pas mettre entre toutes les mains, certes, mais à découvrir tout de même !
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J'ai découvert il y a peu de temps les oeuvres de Christophe Chabouté et une chose est sûre c'est que je ne le regrette absolument pas car à chaque fois je suis sidéré par son dessin et ses histoires ne me déplaisent pas, bien au contraire. En ce qui concerne cet album je ne peux qu'applaudir devant le résultat. A mon avis c'est le récit le plus réussi de Chabouté. L'histoire est tout simplement magnifique. Comment ne pas être conquis par le récit de cet homme seul depuis de nombreuses années dans ce phare qui s'apparente à une prison, au beau milieu de la mer et avec pour seule compagnie un poisson dans un bocal. Le personnage principal, malgré un physique ingrat est très attachant et sympathique. J'ai trouvé très intéressante l'idée d'utiliser son imagination comme seul moyen de s'échapper de ce "maudit rocher". De plus les autres personnages sont tout aussi attachants. L'ancien taulard devenu marin qui s'inquiète pour le mystérieux habitant du phare m'a beaucoup plu. Même le capitaine du bateau de pêche a un bon fond malgré son air bourru. Tout dans cette histoire m'a enchanté, en particulier la chute, je l'ai trouvée évidente pourtant elle a réussi à me surprendre. Le dessin de Chabouté est tout simplement superbe. Les fans de dessins en noir et blanc ne pourront qu'être d'accord avec moi, car ils sont parfaitement réussis, comme d'habitude. Alors que dire d'autre sinon que j'espère que l'auteur nous offrira d'autres albums de cette qualité. Merci monsieur Chabouté.
Amnesia (Manga)
Lu sur les conseils d'une collègue, voici une bonne série de SF en manga. En 2038, un million de Japonais ont été frappés d'amnésie en plein centre de Tokyo. Enfermés dans une ville sous Tokyo, les Kid'z comme on les appelle doivent "réapprendre" pas mal de choses. On suit le destin de Noa, un lycéen kid'z, qui tombe nez à nez avec un individu s'étant introduit illégalement dans la cité. Il se trouve qu'au même moment des attentats sont commis. L'histoire se lit d'une traite et les rebondissements sont nombreux du début à la fin. Les personnages sont intéressants mais on regrette que les secondaires soient aussi peu développés et le dénouement avec le secret sur chacun d'eux tombe comme un cheveu sur la soupe. Personnellement, je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'ils aient tous un secret plus ou moins important. Côté dessin, c'est agréable et bien fait. Je regrette juste le fan service qui là encore tombe comme un cheveu sur la soupe. Trois tomes c'est court et bien pour un manga mais là je regrette un ou deux tomes de plus pour développer l'histoire et les personnages secondaires.
Azimut
« Azimut » est une des bandes dessinées les plus loufoques et –au niveau graphique- les plus originales que j’ai pues lire jusqu’à maintenant ! A vrai dire, je ne m’attendais pas du tout à découvrir cet univers incroyablement riche et captivant réalisé par le duo Wilfrid Lupano (au scénario) et Jean-Baptiste Andreae (au dessin). Évidemment, lorsque je me suis mis à feuilleter ce premier tome d’ "Azimut", c’est le coup de patte et la mise en couleurs impressionnants de Jean-Baptiste Andreae qui m’ont emballé. On se retrouve face à des décors très fouillés, à des créatures très inattendues et fantaisistes, à des engins extraordinaires d’inventivité, à des personnages expressifs et facilement identifiables au premier coup d’œil. Bref, pour moi, ça a été un vrai délice pour mes yeux de contempler ces planches de toute beauté d’autant plus que le découpage et la mise en page me sont apparus excellents ! Ce fut une vraie claque au niveau visuel ! Quant au scénario proprement dit, je n’ai pas vraiment d’avis à formuler à ce sujet car je ne sais pas vers quoi exactement nous emmène Wilfrid Lupano : plusieurs questions et énigmes demeurent même arrivé à la fin de ce premier tome de la série. Ce que je retiens de cet album d’introduction, ce sont des dialogues et les scènes délicieusement farfelus qui sont y disséminés et qui m’ont fait sourire à maintes reprises. Wilfrid Lupano est aussi l’auteur de « Alim le tanneur » et d’autres série qui m’ont enthousiasmé, je reste par conséquent confiant pour la suite des aventures de ce petit peuple déjanté en espérant que le scénariste réussisse à clarifier davantage son récit. En attendant le prochain tome qui devrait –à mon avis- mieux nous éclairer sur les motivations réelles de chaque protagoniste et sur le but de cette histoire, j’ai tellement été intrigué par la richesse et l’originalité de cet univers et par la beauté des planches de Jean-Baptiste Andreas que je ne peux vous conseiller cette lecture. Un vrai coup de cœur en espérant que l’album suivant sera du même acabit !
Alter Ego
J'aime bien le principe des récits racontés de divers points de vue, et en plus ici, ça va être beaucoup moins long que les "Uchronies". J'avais trouvé dans les trois premiers tomes publiés une série plutôt sympathique même si j'étais moyennement fan du dessin que je trouvais un peu limite, surtout au niveau des visages. A la longue je m'y étais faite et finalement l'histoire était suffisamment intéressante pour prendre le dessus. Mais honnêtement, à part la rapidité de publication, je n'avais pas trouvé spécialement d'intérêt à ce que plusieurs dessinateurs se partagent "à la chaîne" le travail graphique de la série. Et je me posais une fois de plus la question suivante : "Pourquoi le mec qui se charge de la couverture ne fait-il pas tous les dessins de la série ??". L'histoire avait piqué ma curiosité même si par ci par là j'avais pu trouver quelques facilités ou incohérences (la plus flagrante étant cette violation sans vergogne du secret médical après le check-up de Zé Teixeira dans le T1) et je viens de lire l'intégralité de cette première saison avec grand plaisir car c'est vraiment un récit enlevé et bien construit où tout se recoupe, même si un peu juste graphiquement. (Le personnage de Noah est vraiment à baffer alors qu'on l'aurait presque pris en pitié au début du tome qui lui est consacré...). Une saison 2 est en préparation, sur 4 tomes cette fois, je m'y intéresserai sans doute. Un bon divertissement en quelque sorte, sans prise de tête et qui peut mériter l'investissement pour peu qu'on ait le financement suffisant ! A au moins emprunter, donc !
Batchalo
Je vais réparer une véritable injustice en postant cette série. Il faut dire que les roms ne sont pas très appréciés en Europe. On ne se soucie que très peu de leur sort. Ils sont les victimes d'une peur irrationnelle. Ils font l'objet de fantasme et de stéréotypes. Constitués d'une multitude de groupes et de famille, les populations tziganes trouveraient leur origine dans le nord de l'Inde, région du Penjab, qu'ils auraient quitté au Xème siècle pour une raison inconnue. Depuis, ils ont sillonné le Proche-Orient puis plus tardivement l'Europe avec leurs roulottes. Il faut savoir qu'ils ont également été les victimes des camps de concentration nazis durant la Seconde Guerre Mondiale. L'histoire de cette bd basée sur des faits réels commence en février 1939 en Bohême où des enfants sont enlevés. Un policier tchèque va joindre ses efforts pour les retrouver avec une communautés de roms. Malheureusement, ils vont être confrontés à l'horreur perpétuée par les nazis aidés de scientifiques acquis à leur maudite théorie sur les races. Ce récit est non seulement très bien dessiné mais également bien scénarisé. Il y a un dosage parfait entre les faits historiques et l'intensité dramatique. L'auteur a réalisé un gros travail de recherche notamment au centre de documentation de la Fédération nationales des associations solidaires d'action avec les Tziganes et les Gens du voyage à Paris. C'est une première pour le dessinateur mais quelle claque. La couverture est magnifique et traduit le ton sépia des 74 pages. Il a su nous captiver d'emblée par un dessin soigné. J'applaudis des deux mains pour un travail de haute qualité sur une belle histoire d'amour familiale. Je ne vais pas reparler du devoir de mémoire qui semble gaver une partie des lecteurs. Cependant, cette bd permet de découvrir une partie moins connue, mais tout aussi macabre, des abominables actions nazies. Une bd sur un sujet difficile mais néanmoins nécessaire pour comprendre ce que ce peuple a subi. Et peut-être qu'après lecture se développera un sentiment nouveau : celui de les regarder sous un autre angle.
Le Transperceneige
C'est le Transperceneige aux mille et un wagons, le dernier refuge de la civilisation... Dans un monde mort et glacé roule depuis plus de 20 ans un train, dans lequel se sont réfugiés les derniers humains. Un train qui est bien sûr l'allégorie de l'humanité, coincée sur sa petite planète parcourant sans fin la même orbite, dans un espace mort, hostile et froid, sans connaître le but de son existence, si même il y en a un. Avec sa succession de wagons, le train est aussi une métaphore de la société : les riches devant, les pauvres derrière, mais tous embarqués ensemble et condamnés à cohabiter. Dans ce monde clos et hiérarchisé va se glisser un grain de sable. Un "queutard" s'est échappé des wagons de queue, les plus pauvres, pourtant isolés des autres par une porte blindée. Il a rejoint une partie du convoi à laquelle il n'aurait jamais du accéder. Et voilà que le président lui-même demande à le voir, dans les wagons de tête. Proloff (le nom est transparent !) va donc remonter tout le train, accompagné d'Adeline Belleau, une belle humanitaire, fascinée par cet échappé du "tiers-convoi". Lob et Rochette exploitent à merveille toutes les potentialités de l'univers clos qu'ils ont imaginé et trouvent des solutions originales pour répondre aux questions que se pose le lecteur : pourquoi ce train roule-t-il sans s'arrêter ? Que s'est-il passé ? Comment y mange-t-on et y boit-on, puisqu'il ne s'est pas arrêté depuis 20 ans ? Qu'y fait-on ? Le dessin, la construction des pages et la caractérisation des personnages sont à la hauteur du récit. Pas de couleur, mais un noir et blanc presque obligatoire pour ce monde plongé dans la nuit et la neige. Un seul bémol : les militaires sont forcément bêtes et méchants, les dirigeants véreux et inhumains, les prêtres fanatiques et soumis au pouvoir en place. C'est un peu le cahier des charges minimal pour un univers post-apocalyptique. Mais un peu plus de nuance et de complexité humaine aurait enrichi le propos. Pour autant, le récit n'est pas si manichéiste. Personne n'est vraiment bon dans cette affaire. Et les plus pauvres eux-mêmes ne sont pas pour autant meilleurs que les riches. Une histoire marquante, en tout cas, qu'on lit d'une traite, sur la trace de Proloff et Adeline, jusqu'à une fin originale, tout à fait à la hauteur du récit.
Le Chevalier Mécanique
Encore une création Sandawe, dont le tome 2 est paru lui aussi. Très belle trilogie (en attente du 3ème), intrigue rondement menée par Mor et Mainil, sur fond historique et "SF". Les dessins sont beaux, l'histoire palpitante, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par cette trilogie qui devrait vous ravir !
Hell West
Je ne suis pas fan de western mais une curieuse de première. J'ai découvert HW sur Sandawe, très bon site de crowdfunding, le meilleur à mon sens ! J'ai donc fait la démarche de trouver ce premier opus de Hell West en librairie, plus par curiosité que par envie et je suis tombée sous le charme. Les couleurs dominantes, blanc noir rouge donnent à elles seules une dimension particulière à cette oeuvre. Les persos sont intenses, dûs à leur personnalité et aux dessins de Vervisch. C'est un concept nouveau d'histoire, c'est un concept nouveau de format. Pour une BD, ça n'est pas commun et c'est ce qui attire l'oeil ! Je recommande chaudement et vivement cet ouvrage, mais recommande encore plus vivement à chacun , d'entrer dans la tribu Sandawe, afin de permettre à chacun d'apporter son aide aux BD de demain ! L'aventure est fantastique.
Les Errances de Julius Antoine
2 excellentes bds (je n'ai pas lu le 3ème) que ces errances de Julius Antoine, en partie grâce au scénario de Le Tendre. De véritables thrillers mentaux, vraiment intenses. Dans le 1er le "pauvre" Julius est chamboulé par son attirance pour les très jeunes filles (16, 20 ans environ). Il tient bon jusqu'au jour où ... Une histoire au sujet délicat (à la limite de la pédophilie) mais traité tout en subtilité et avec beaucoup de suspense. Le dessin de Rossi est assez banal (moins bon que ses oeuvres futures) mais efficace et assez nerveux avec une très bonne mise en scène (cadrages, mouvements ... ). Comme un bon thriller. Dans le deuxième tome, suite à ses mésaventures, il revient se cacher dans la grande maison familiale. Là réside sa soeur complètement folle. Il y a de lourds secrets familiaux. L'atmosphère vire carrément au fantastique. C'est assez barré dans l'esprit comme les vieux Polanski. Les dessins sont encore meilleurs. Un excellent album. Bref il faut que trouve le 3ème car j'aime vraiment beaucoup ces "errances de Julius Antoine". De plus les couvertures sont vraiment mortelles (proches d'un film fantastique) et m'ont toujours "faits de l'oeil" dans les bacs de solderie de bd. Je viens de trouver et de lire le 3ème tome. Un peu moins torturé mais toujours très bon. Une ambiance carrément différente ( l' Afrique ) mais qui bascule elle aussi dans le semi-fantastique. Donc un *** pour ce 3ème tome et **** pour les 2 autres. Une excellente trilogie à posséder impérativement dans sa bdtheque.
La Chenille
Voilà une oeuvre étonnante et originale ! Même s'il est peut-être souvent trop " appliqué " , j'ai trouvé le dessin bon, que ce soit dans les scènes réalistes ou dans les rêves et autres délires. L'histoire en elle-même est assez brutale, brute et, un peu comme "Johnny got his gun", le corps du soldat, par sa volonté d'être là, d'être tout court, peut être vu comme une charge anti-militariste. Horreur et ironie se joignent d'ailleurs au visuel du héros déchu lors des nombreux apartés, flash back rappelant le passé glorieux et soldatesque de celui qui n'est plus que moignons. Mais ce sont bien sûr les relations spéciales qui se renouent avec sa femme dès sa sortie de l'hôpital qui sont au centre de ce curieux album. Qui en font une étrangeté. En effet, entre corps de l'un et vie sociale de l'autre, c'est l'atrophie qui gagne le couple, le sexe étant alors le seul moyen de garder un lien entre eux deux. Alors, histoire et dessins sont fortement teintés de surréalisme, et pas seulement dans les rêves ! D'ailleurs, plus qu'à Clovis Trouille, cité dans la préface, c'est plutôt à Hans Bellmer que j'ai pensé en voyant ce corps "défait", mais gardant sa puissance érotique. La violence des relations physiques, où les pulsions de la femme la poussent à rendre aveugle son mari, dans une relation sado-masochiste unissant Eros et Thanatos, renvoie à Bataille, bien sûr. Je ne peux moi m'empêcher de penser qu'en fermant ses yeux, elle rend à son mari un dernier service, lui qui ne voulait sûrement plus voir le monde tel qu'il était devenu pour lui. Une oeuvre dérangeante donc, mais belle ! On est ici très loin de l'album érotique ou pornographique de base, et l'achat est même à éviter si vous ne cherchez que des scènes explicites de sexe pour le sexe. Il y a ici beaucoup de cérébral, une poésie noire, qui fait que je m'attendais à la fin à voir un papillon s'envoler du puits... A ne pas mettre entre toutes les mains, certes, mais à découvrir tout de même !