Les derniers avis (32049 avis)

Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Aspic Détectives de l'étrange
Aspic Détectives de l'étrange

J'étais complètement passé à côté de cette série, et c'est la sortie du troisième tome qui m'a permis de la découvrir. Moi qui avait adoré Le Codex angélique, voilà que je retrouve un Thierry Gloris aux manettes d'une série bien alléchante, accompagné de Jacques Lamontagne, qui malgré moult séries chez Soleil était jusqu'ici passé à travers les mailles de mes lectures. Et le résultat est plutôt concluant, voire très bon ! J'ai déjà énormément apprécié le dessin de Jacques Lamontagne. Très riche et réaliste dans les décors, les détails ou encore dans l'architecture, il se lâche et s'amuse avec ses personnages, à la limite de la caricature, mais surtout très expressifs. De plus, la période choisie pour contextualiser tout cela, la fin XIXe lui permet d'exploiter toute la riche panoplie de costumes de l'époque, de Paris en plein expansion ou encore de tous ces objets du quotidien. Je rajoute quand même que la mise en couleur des deux premiers tomes assurée par le dessinateur m'a beaucoup plus plu que celle réalisée par Lorien Aureyre dans le troisième. On passe de tons un peu surannés tranchés par quelques cases agrémentées de couleurs pétantes quand il le fallait (les spectres par exemple), à des tons beaucoup plus peps dans l'ensemble qui sont beaucoup moins à mon goût. Quant au récit que nous concocte Thierry Gloris, on sent que môssieur s'amuse et se fait plaisir. Il joue avec les codes et les références riches que lui proposent l'époque et nous y introduit deux personnages principaux un brin décalés où derrière ces enquêtes insolites et plus ou moins surnaturelles, s'invite un humour qui fonctionne plutôt bien, tant dans les dialogues que dans les situations. sa construction en diptyque ou deux enquêtes s'entremêlent fonctionne bien et permet de casser la linéarité de ses récits tout en permettant à des personnages secondaires de refaire leur apparition. J'attends donc maintenant la conclusion de ce deuxième cycle avec impatience... Une très bonne série dont je conseille l'achat.

28/11/2013 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Camus - Entre Justice et Mère
Camus - Entre Justice et Mère

De Camus, je connaissais vaguement ses œuvres, pas l’auteur. Cet album comble cette lacune en retraçant, non pas son parcours littéraire, mais l’homme, sa vie, ses combats, ses racines. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est fort enrichissant. Camus a vécu une enfance difficile dans les quartiers pauvres d’Alger où sa grand-mère le destinait à travailler tôt pour palier à l’absence de son père tombé dans les bourbiers de 14-18. Il doit son salut à un professeur qui a cru en lui. La dernière guerre mondiale et le conflit algérien d’indépendance continueront de forger son militantisme. Finalement, on se rend compte que Camus est bien davantage qu’un écrivain : c’est un touche à tout visionnaire (journalisme, politique, …) qui est resté fidèle à sa terre natale. Bref, son ascension sociale et sa renommée ne l’ont jamais éloigné de ses origines modestes. Le découpage et la narration sont exemplaires. Il faut souligner que José Lenzini est, parait-il, un camusien renommé qui a déjà écrit plusieurs livres sur le sujet. Le récit est charpenté autour du discours de Camus, donné à l’occasion du prix Nobel de littérature reçu en 1957, et entrecoupé par des séquences de sa vie (de sa naissance à sa mort accidentelle) racontés par sa mère. Côté dessins, Laurent Gnoni, que je découvre, propose des planches très lumineuses de qualité. Son trait délié, qui s’efface par moment au profit d’aplats colorés, n’est pas sans rappeler celui de Pellejero. Bref, un bel hommage pour le centenaire de la naissance de ce grand personnage !

28/11/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Annie Sullivan & Helen Keller
Annie Sullivan & Helen Keller

Mon avis risque d'être une redite par rapport à ce qu'a écrit -et de superbe manière- Blue Boy, mais tant pis, ce livre est une pépite. L'histoire d'Annie et Helen est un symbole. La possibilité, à une époque où les personnes handicapées sont traitées à peu près comme des animaux, de s'élever au-dessus de cette condition pour s'insérer, s'adapter au monde qui les entoure. Le symbole est même double, car Annie, elle-même handicapée par une cécité partielle, est devenue la préceptrice d'une fillette sourde et aveugle. Et a réussi à calmer la colère qui animait Helen, et à la faire enfin communiquer avec son entourage, tout en mettant en lumière ses extraordinaires capacités créatives. Le récit de Joseph Lambert ne relate qu'une partie de leur histoire commune, les premiers temps en fait, lorsqu'Annie prend Helen en charge et lui fait faire ses premiers pas... On a droit à quelques flashes-backs sur l'enfance d'Annie, ses difficultés initiales, la perte de son frère, son apprentissage personnel... C'est très finement construit, et permet de saisir vraiment comment Annie fonctionne, et ce qu'elle cherche à transmettre à son élève, sans la contraindre, mais au contraire en éveillant ses sens. Graphiquement c'est particulier. Le dessin de Lambert est fragile, un peu inconstant et ses personnages se ressemblent un peu. l'idée de génie vient de la façon dont il représente le "monde" d'Helen, la façon dont elle appréhende son entourage. Tellement simple. Tellement efficace. La mise en scène est extrêmement sage. 90% des pages sont en gaufrier 4x4, avec parfois des cases plus grandes. Cela permet un récit monotone, dans lequel on a une attention égale quant aux différentes situations. Un album très fort, sur une figure de l'histoire des Etats-Unis.

28/11/2013 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Annie Sullivan & Helen Keller
Annie Sullivan & Helen Keller

Née en 1880 dans l’Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l’âge de dix-neuf mois suite à une maladie. Elle se trouve alors dans l’incapacité de communiquer avec son entourage, si ce n’est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée l’année de ses six ans, quand ses parents engagent Annie Sullivan comme préceptrice. Elle-même malvoyante, celle-ci a appris à enseigner la langue des signes à l’Institut Perkins pour les aveugles. Elle va prendre en charge l’éducation d’Helen Keller et, au fil des mois, réussir non seulement à établir un contact avec l’enfant, mais aussi lui apprendre la langue des signes, puis l’écriture. Les deux femmes resteront amies à vie… Il faut savoir que si Helen Keller est quasiment inconnue hors des Etats-Unis, elle fait partie intégrante du panthéon US, célébrée tous les 27 juin lors du « Helen Keller’s Day », le cinéaste Arthur Penn lui ayant même consacré un film en 1962, « Miracle en Alabama ». La BD s’ouvre sur un sauvetage, celui d’une petite fille brillante en train de se noyer dans un océan d’obscurité et de silence, extirpée des profondeurs par une femme rageuse et sans concessions, Annie Sullivan. Sans esbroufe, Joseph Lambert parvient à faire passer une belle émotion en s’effaçant derrière un minimalisme pudique et respectueux. L’approche graphique du non-visible (incluant l’apprentissage de la langue des signes) est très originale, permettant de nous faire ressentir, nous les voyants, ce que cela signifie que d’être aveugle et sourd à la fois, comme si l’un des deux ne suffisait pas… On pourra reprocher quelques toutes petites incohérences narratives et des couleurs un peu trop basiques, mais l’histoire de ces deux personnages est si prenante que cela passe au second plan. L’amitié entre Helen Keller et Annie Sullivan, ces deux êtres dont la révolte chevillée au cœur et au corps face aux cruautés de la vie s’est transformée en force, est particulièrement poignante, et il faudrait être handicapé des sentiments pour ne pas verser sa petite larme au moins une fois à la lecture du livre. De plus, leurs souffrances ne s’arrêtent malheureusement pas à leur champ de vision, mais sont provoquées aussi par la vanité et la bêtise des soi-disant voyants : les professeurs de l’institut Perkins firent subir à la jeune Helen un interrogatoire de deux heures à cause d’une stupide histoire de plagiat. C’est ainsi que l’on se dit que les aveugles (ou les sourds) ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Une belle œuvre tirée d’une belle histoire, à découvrir. Un de mes coups de cœur de l’année.

27/11/2013 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Derniers jours d'un immortel
Les Derniers jours d'un immortel

Dans un monde futuriste et progressiste, humains et races extraterrestres vivent leur immortalité en relative bonne intelligence au sein d’une union galactique. Elijah (le personnage principal) est membre de la police philosophique et doit régler les conflits et problèmes entre les différentes espèces de l’union. Et pourtant, on est très loin du space opera… Vehlman se sert des libertés que procure le genre pour développer une fable philosophique. Les sujets ne manquent pas (la mort, le temps, la mémoire, le rapport à l’autre, la différence…) et sont traités avec beaucoup de finesse et d’intelligence. Le scénario, à la fois dense et passionnant, est une merveille du genre. L’univers graphique, assez singulier, n’est pas en reste. L’esthétique épurée est séduisante et colle parfaitement au récit. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce très bel album. Un grand bravo aux auteurs !

27/11/2013 (modifier)
Couverture de la série Alain Brisant - S.O.S. Bagarreur
Alain Brisant - S.O.S. Bagarreur

J'ai découvert par hasard cette bande dessinée dans la collection de "vieilleries" de mon beau père. Intrigué par le nom de ces deux "grands noms" de la bd franco belge réunis sur un même album, je m'y plonge. Surprise. C'est vraiment bon. Maurice Tillieux nous livre au scénario un récit réaliste de marine. Le bagarreur est un navire de sauvetage pour bateau en détresse. Déjà j'ignorais l'existence de ces mercenaires indépendants du sauvetage qui risquent leur vie pour sauver celles des autres contre une prime non négligeable : un pourcentage de la valeur des marchandises sauvées. Tillieux a toujours rêvé d'être un marin. Il nous livre un récit de la vie qu'il aurait voulu avoir. On n'a pas ici de héros magnifique à la Gil Jourdan, Bernard Prince etc. Les personnages ressemblent plus à des anti héros. Héroïque mais uniquement pour l'argent. Ils sont même souvent antipathiques. Un récit intense. Concentré en 48 pages. René Follet n' a jamais eu le succès mérité. C'est incompréhensible quand on voit le talent de son coup de crayon. On a ici un style réaliste plus classique que ses derniers albums proches de la peinture ( Terreur, Stevenson etc). C'est très proche de son style sur steve severin ou Valhardi. Un must 4.5/5 PS: réédité bientôt en grand format en noir et blanc et version complète aux éditions de l'élan pour un prix malheureusement bien trop cher.

27/11/2013 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
Couverture de la série Sous un rayon de soleil...
Sous un rayon de soleil...

Ki-oon, après La Mélodie de Jenny et Le Temps des Cerisiers continue sa réédition des "trésors de Tsukasa Hojo" dans une nouvelle collection dédiée avec "Sous un rayon de soleil", série en 3 tomes précédemment éditée chez Tonkam. Tonkam avait opté pour une édition assez minimaliste, ici le tome façon Ki-oon est plus volumineux, mieux fini et surtout nous offre des planches en couleur qui sont magnifiques. Après lecture des 3 tomes initialement édités chez Tonkam, j'avais trouvé cette petite série (par l'auteur des très connus City Hunter, Cat's eye, F.Compo ou encore Angel Heart) très sympathique. J'avais mis à l'époque un "non" à l'option d'achat, uniquement parce qu'elle n'était plus éditée, il se transforme donc évidemment aujourd'hui en "oui". "Sous un rayon de soleil" est une espèce de fable écologique mettant en scène une petite fille qui est habitée par un gentil (et sexy) esprit de la forêt et dont la croissance s'est figée autour de ses 8 ans. Elle se déplace de ville en ville dans la caravane de marchand de fleurs de son père (un grand gaillard tout gentil mais qui effraie tous ceux qui croisent son chemin par sa carrure et ses manières un peu rustres) et s'installe visiblement pour la durée d'une année scolaire dans une ville ou une autre. C'est à cette occasion que notre petite héroïne croise le chemin de divers autres personnages et cela donne lieu à de petites histoires drôles et sympathiques. Les différentes petites histoires qui se déroulent au cours de l'année scolaire sont agréables à suivre et souvent amusantes et j'ai retrouvé avec plaisir des sosies des autres séries de l'auteur comme Umibozu ou Ryo Saeba de City Hunter par exemple, c'est assez marrant il faut dire. Tout le scénario tourne autour de l'étrange pouvoir de communication avec la nature de la jeune fille, sans pour autant trop se répéter. Un bon divertissement avec une jolie fin, à acheter sans hésiter. Franchement pas mal du tout.

13/06/2012 (MAJ le 26/11/2013) (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Sainte Famille
Sainte Famille

Choisie un peu au hasard dans ma médiathèque, cette bédé publiée en 2002 est une très bonne surprise. Xavier Mussat est un auteur quasiment inconnu, et c’est dommage car il possède un talent graphique indéniable qui évoque beaucoup David B. Comme David B., son style est un peu naïf et il recourt au noir et blanc. Comme David B., il fait dans l’autobiographie (L’Ascension du Haut mal) pour mieux exorciser ses démons et n’épargne personne, à commencer par lui-même. Il fait partie de ces auteurs de BD (avec David B. donc) à considérer le champ introspectif comme une terre à explorer, et cette terre, gardée par des créatures monstrueuses, recèle quelques trésors qui valent l’aventure... Mussat sait parfaitement nous emmener dans son univers intérieur, sombre et déprimant au premier abord mais qui s’avère d’une richesse étonnante à la beauté onirique. A la façon des alchimistes des temps médiévaux, il parvient à transformer le plomb en or pur, une opération qui requiert son lot de souffrances et de combat intérieurs. D’ailleurs, en parlant de combats, cette quête identitaire nous rappelle aussi celle de Larcenet et sa façon d’aborder les rapports familiaux. Car il en parle beaucoup de ses parents. Des parents qu’il tend à accuser, d’une façon ou d’une autre, d’être la cause de son mal-être présent. Pour réaliser, au bout du chemin, que lui aussi a sa part de responsabilité. Et que ses parents ne sont en fin de compte ni des dieux ni des saints, seulement des êtres humains. Les textes (le plus souvent un monologue intérieur) permettent à l’auteur de révéler ses qualités littéraires qu’il préfère masquer sous une calligraphie enfantine. A l’instar de son dessin, une volonté touchante de ne pas faire faire partie du monde des adultes, et pourtant une œuvre tout à fait adulte de par le courage et la lucidité dont Xavier Mussat fait preuve. Une œuvre ultra-sincère et sensible qui devrait parler à chacun d’entre nous, inévitablement.

26/11/2013 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 4/5
Couverture de la série Vers le démon
Vers le démon

Comme au cinéma ! C’est le cas de le dire avec ce très bon one shot de De Metter. Ok, ce tome ne révolutionne pas le genre du drame psychologique, mais il reste très efficace et noir à souhait. L’auteur ne tourne pas au tour du pot, ça va vite, on sent une tension et une haine dès les premières pages. Les dialogues sont percutants, réalistes et la psychologie des différents protagonistes est traitée avec beaucoup de naturel. Plusieurs thèmes sont abordés (alcoolisme, la remise en question de soi, la vengeance,…) et font réfléchir. Au niveau des graphismes, j’avoue être assez admiratif concernant le bon nombre d’expressions faciales très vivantes et expressives que De Metter a accompli dans cet ouvrage.

26/11/2013 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5
Couverture de la série Au-delà des nuages
Au-delà des nuages

Je crois que c'est la première fois que je donne mon avis sur une série dessinée par Romain Hugault et je ne peux dire qu'une seule chose pour définir ses dessins , ils sont magnifiques. En plus le scénario est à mon avis plus que correct car même si je ne suis pas un fan d' histoires d'aviation, je n'ai pas pu m'empêcher de dévorer ces deux tomes d'une traite. Bon d'accord on peut dire du scénario que c'est du déjà-vu car une histoire d'amitié et de rivalité amoureuse entre deux hommes sur fond de seconde guerre mondiale c'est pas nouveau. On a vu ce genre de scénario dans le film "Pearl Harbor" qui est quand même il faut l'avouer très moyen. Mais Régis Hautière parvient avec ce diptyque à me passionner, ce que ce blockbuster américain n'avait pas réussi à faire . En plus des deux thèmes cités un peu avant le scénariste aborde le sujet des courses d'avions et des spectacles aéronautiques ce qui est assez rare en bande dessinée. Pour en revenir au dessin il est de toute beauté. Les avions sont tellement réussis qu'on se doute que ce dessinateur est un passionné d'aviation. D'ailleurs j'ai même entendu dire qu'il se déplace essentiellement en avion de tourisme qu'il pilote lui-même (il est pilote, étonnant non?) pour se rendre aux festivals de Bd auxquels il est invité (cette information reste quand même à vérifier car je n'ai jamais eu l'occasion de le rencontrer lors d'une séance de dédicaces et de lui demander si c'était exact ). Les scènes de combats aériens dans le deuxième tome sont époustouflantes. La dernière de ces scènes où apparaissent les forteresses volantes B-17 m'a fait penser au magnifique film" Memphis Belle" réalisé en 1990 avec Matthew Modine et Harry Connick Jr. Les dessins sont tellement réalistes qu'on a l'impression d'être en plein ciel allemand parmi ces courageux pilotes qui luttaient plus pour sauver leur vie que pour des idées ou un pays. Pour conclure je peux juste dire que ce diptyque est un régal pour les yeux alors n'hésitez pas envolez-vous au-delà des nuages.

25/11/2013 (modifier)