Les derniers avis (32049 avis)

Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Les Ombres
Les Ombres

Cette œuvre bénéficie d’une identité graphique forte. Elle en impose aussi par son format hors norme. L’univers créé par Vincent Zabus est à la croisée des chemins : mi-onirique, mi-réaliste. Le récit relate un sujet malheureusement intemporel : l’exil. Déchirures familiales, traversée du désert, compagnons d’infortune accompagneront un jeune homme et sa petite sœur dans la recherche vaine d’un monde meilleur. La touche onirique omniprésente permet de matérialiser les angoisses et peurs de ces indésirables. C’est un récit intense, rude, sans concession qui décrit le vécu de ces exilés. En faisant évoluer les protagonistes dans un monde vierge de tout repère, les auteurs évitent de se rattacher à une époque ou à un événement historique particulier. Cette universalité est accentuée graphiquement au niveau du frère et de la sœur par le port d’un masque. Ils restent ainsi des anonymes, des porte-drapeaux des exclus et apatrides. Très très bel ouvrage !

25/11/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Libera me
Libera me

Cette bande dessinée a une portée symbolique. Les deux co-scénaristes sont d'origine corse et irlandaise, et chacun farouchement attachés à leurs terres natales, qui ont pour point commun, entre autres, de lutter pour leur indépendance, ou du moins pour leur auto-détermination. Ils ont eu envie de raconter ensemble, et de manière croisée, une histoire dans ce contexte. C'est donc le printemps 1981, lorsque l'élection de François Mitterrand coïncide avec une action forte du FLNC, mais aussi des heurts violents en Irlande du Nord, qui est choisie comme cadre de l'histoire. Un ancrage temporel fort, qui rappelle des images pas forcément agréables, et même dramatiques, mais qui a le mérite également de bien poser le décor. A la fin du premier tome, nos deux personnages aux destins croisés vont s'engager dans la lutte active... Dans le second on va voir que celle-ci va fortement affecter leurs vies, et je trouve le boulot des auteurs vraiment intéressant, car les réactions des personnages ne sont pas galvaudées, ce sont des gens ordinaires qui ont des convictions, mais aussi des doutes. Les deux co-scénaristes ont enrichi leur histoire de romance, mais sans en faire trop, afin d'épaissir un peu leur récit. C'est Michel Espinosa (Oukase, chez Bamboo) qui se charge du boulot graphique, et ma foi, c'est du bon boulot : cases aérées, mise en scène serrée quand il le faut, on sent qu'il y a de la bouteille derrière. Pascal Nino complète avec ses couleurs chaleureuses en Corse et sa palette un peu plus triste en Irlande. Là encore, du solide. J'attends de pied ferme le tome 3, qui conclura ce récit.

07/06/2012 (MAJ le 24/11/2013) (modifier)
Par popi
Note: 4/5
Couverture de la série Universal War Two
Universal War Two

Ah la bonne surprise que voilà ! Ce premier tome du second cycle de la série Universal War (prévu en 6 tomes, comme le premier cycle) sert d'introduction et prend la peine de bien faire le lien avec le premier cycle tout en allant de l'avant. Beaucoup de mystères dans ce premier tome qui intrigue et donne envie d'en savoir plus. Niveaux dessins, c'est du très bon avec un mélange tradi/ordi que j'ai trouvé très équilibré et bien intégré. Mention spéciale aux plans larges très fouillés qui m'ont fait penser au dessin de Katsuhiro Otomo (excusez du peu !) Vivement le tome 2 !

24/11/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Young
Young

L'histoire de Victor "Young" Perez, très symbolique, semble dans l'air du temps. Mais Aurélien Ducoudray, scénariste de talent et de convictions, nous propose sa version, alors qu'une biopic s'annonce sur les écrans. L'histoire du jeune homme est simple : né à Tunis, alors colonie française, il se fait repérer par un entraîneur de boxe par ses qualités d'esquive et son habileté. Il gravit rapidement les marches de la renommée, jusqu'à devenir champion du monde de sa catégorie et être fiancé à une actrice en vue. Mais la chute n'est pas loin, laquelle sera suivie peu après par la déportation à Auschwitz (car il est juif), où Young pourra améliorer son ordinaire grâce à ses qualités. Mais la caractéristique aliénante de l'endroit reprend le dessus, et le jeune homme perd peu à peu le sens des réalités et mourra de façon tragique. Ducoudray décide de raconter l'histoire de son héros de façon hachée, alternant les époques pour que l'on mesure bien son parcours. seul reproche que je lui ferai, le choix de ne parler que de certaines époques : on ne sait pas ce qu'il se passe entre 1932 et 1938, par exemple. Eddy Vaccaro apporte son savoir-faire graphique à cette histoire, avec son noir et blanc puissant, expressif et précis. Une histoire triste, mais symbolique. A lire, forcément.

24/11/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Tyler Cross
Tyler Cross

Enfin un album qui sort du lot ! Au scénario, on retrouve tout le talent de Fabien Nury. Il sait composer un polar âpre et dur comme je les aime. J'avais déjà adoré le fameux Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle né de la collaboration de ces deux auteurs. C'est une parfaite alchimie pour un résultat plus que convaincant. Le dessin de Brüno n'est pourtant pas celui que je préfère dans la bd de manière générale mais il arrive à sublimer les personnages, à leur redonner vie. On oublie tout le reste et on se plonge dans le fin fond du Texas où règne souvent la loi du plus fort. Le cadrage à la manière cinématographique est tout simplement bluffant. Bref, c'est du plaisir à l'état pur ! Que dire de plus ? On aimerait bien retrouver Tyler Cross pour d'autres aventures mais ce one shot n'appelle pas de suites interminables. C'est unique et c'est finalement mieux comme cela !

23/11/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Victor Hugo, Aux frontières de l'exil
Victor Hugo, Aux frontières de l'exil

Pour ma part j'ai l'édition Canal BD de ce magnifique ouvrage. Magnifique d'abord sur le plan visuel. Laurent Paturaud rentre dans la cour des grands dessinateurs avec cet album, qui lui permet d'explorer les décors et les costume d'il y a 150 ans, d'une manière éclatante. Je ne dirais pas qu'on est dans l'ultra-réalisme, il y a un côté encore un peu trop "propre" dans sont rait, mais chaque case, ou presque, est d'une précision et d'une finition remarquables. Je me suis pas mal arrêté dans ma lecture pour admirer son travail. Paturaud est au niveau de Philippe Delaby (Murena) sur cet album, bien que l'époque soit plus "facile" en termes de témoignages. Sur le plan de l'histoire, j'avais cru (et peut-être craint) que la scénariste nous livre simplement une tranche de vie du célèbre écrivain, certes déterminante dans son oeuvre, mais peut-être trop intimiste pour être véritablement intéressante au-delà des fanatiques d'Hugo. Mais ce n'était là qu'une des facettes de son récit, puisqu'en filigrane nous avons son combat pour l'abolition de la peine de mort au travers d'un exemple particulier, la place qu'a tenu le spiritisme dans la vie de l'écrivain, sa vie sentimentale riche et mouvementée, tout autant que les racines de son oeuvre, comme Les Misérables, ou encore son goût pour le voyage, contrarié par son exil volontaire dans les îles anglo-normandes. De nombreuses dimensions, qui incitent à se documenter sur la vie passionnante de l'écrivain. Dans l'édition Canal BD, un cahier graphique aborde rapidement tous ces éléments, et les nombreuses recherches de personnages par Paturaud permettent de prolonger quelques minutes encore les délices visuels. Masterclass.

22/11/2013 (modifier)
Par dut
Note: 4/5
Couverture de la série Tenzing - Sur le toit du monde avec Edmund Hillary
Tenzing - Sur le toit du monde avec Edmund Hillary

J'adore la montagne et j'apprécie donc aussi particulièrement les BD sur la montagne et l'alpinisme. Ce thème entraîne souvent de l'aventure, du danger, des dessins magnifiques représentant des paysages magnifiques, bref je suis client ! Tenzing ne déroge pas à la règle, le dessin est très bon, certaines planches de montagne sont superbes, et la couleur flatte l’œil ! Après niveau histoire, on sent un gros boulot pour essayer d'avoir une histoire qui colle à ce qui s'est vraiment passé (un supplément de quelques pages raconte un peu plus en détails). Le récit est fluide, captivant. Pour moi l'objectif est rempli ! Une bonne BD d'aventure sur la montagne qui raconte un exploit majeur dans l'histoire de l'humanité, à savoir les 1ers homme sur le toit du monde. Mais ma référence en BD de montagne, restera Le Sommet des dieux de Taniguchi, un vrai chef d'oeuvre...

22/11/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Psycho-Investigateur (Simon Radius)
Psycho-Investigateur (Simon Radius)

Originale et intelligente BD que celle-ci. J’ai été captivé lors de la lecture et n’ai pu refermer l’ouvrage avant d’en connaître la fin, bien que mes yeux se fermaient de fatigue. Déjà, l’objet est beau (une intégrale luxueuse à un prix plus qu’abordable) au format mastock avec un papier de qualité et une couverture de toute beauté. L’intrigue est prenante. Sacré défi que de représenter l’inconscient ou les souvenirs et Benoît Dahan s’en sort plus que bien grâce à des trouvailles audacieuses graphiques ou de mises en pages. Les perspectives des décors sont souvent exagérées et cela confère beaucoup de dynamisme à l’aventure. J’ai bien aimé également le soin apporté aux intérieurs des logements des différents protagonistes, semblant vraiment habités par quelqu’un de « vivant » grâce à plein de petits détails qui révèlent sa personnalité. Les personnages sont expressifs et beaucoup sont assez attachants. Les couleurs sont agréables à l’œil tout autant que le dessin. Simon Radius va être confronté lors de ses enquêtes psys à la paranoïa, les personnalités multiples, le transfert, le traumatisme, la manipulation psychologique ainsi que la haine viscérale que lui porte le lieutenant de police, Padovani. Le récit est fluide et se lit sans peine, ce qui est appréciable pour une enquête de « psycho-investigation ». Excellent album dont je recommande au moins la lecture, mais il serait dommage de passer à coté pour la somme modique qu’il coûte.

22/11/2013 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Reanimator
Reanimator

J'ai enfin réussi à me procurer dans une bourse de bandes dessinées ce one shot qui me faisait envie depuis plusieurs années . Je me suis d'ailleurs empressé de le lire pour mon plus grand plaisir et je vais vous avouer que je ne regrette absolument pas mon achat. Même si j'avais lu la nouvelle originale de H.P Lovecraft intitulée "Herbert West , réanimateur" je ne suis pas ennuyé une seule seconde durant ma lecture . Je n'en ai pas parlé plus tôt mais je vous confirme que j'avais vu et adoré l'adaptation cinématographique réalisée par Stuart Gordon en 1985 connue sous le titre "Re-Animator" , même si celle-ci n'est pas toujours fidèle à la nouvelle, car elle en est librement inspirée. Et oui j'avais beaucoup aimé ce film gore , mais bon j'avais 28 ans de moins, vous pourrez donc me pardonner mes goûts cinématographiques car depuis ils ont légèrement évolué. Je me rappelle encore de la phrase d'accroche apparaissant sur l'affiche lors de sa sortie en salle à l'époque: Il se prend pour Dieu, mais Dieu a horreur de la concurrence. Comment ne voulez-vous pas rire avec ce genre de "tagline" (traduction anglaise de phrase d'accroche)? D'ailleurs je me marre à chaque fois que je revois ce nanar devenu culte pour des allumés dans mon genre. Il faut quand même que je vous rassure en vous annonçant qu'après avoir revu récemment cette série z , je ne peux que lui préférer la nouvelle originale et maintenant cette adaptation en bande dessinée. Ce one shot ,très fidèle à l'œuvre originale, nous narre l'histoire d'un médecin doué mais légèrement fou qui a découvert le moyen de ramener les morts à la vie. Accompagné durant presque toute sa "carrière" par un autre médecin ( le narrateur de cette histoire)qui lui servira d'assistant, il ne cessera jamais de se lancer dans des expériences morbides, glauques et démentielles ce qui l'amènera à sa perte. Ce récit m'a énormément intéressé car il traite bien évidemment de morts-vivants , je devrais plutôt dire zombies pour les aficionados de ce genre de créatures. D'ailleurs il faut rappeler que Lovecraft a écrit cette nouvelle en 1922 et qu'il est donc l'un des premiers auteurs de romans d'horreur à avoir utilisé ces "monstres" qui sont aujourd'hui très à la mode. Le dessin de Florent Calvez m'a beaucoup plu et je trouve que la couleur sépia utilisée dans ce one-shot s'adapte parfaitement à ce récit angoissant et finalement très prenant. Je trouve que son dessin est beaucoup plus agréable que dans ses albums plus récents, je pense en particulier à Sept personnages ce décevant one-shot de la collection Sept. Par contre j'avais déjà beaucoup apprécié le trait de ce dessinateur dans U-29 une autre adaptation d'une nouvelle de H.P Lovecraft intitulée Le Temple . Je conseille donc aux amateurs de Lovecraft de se plonger dans ce très bel album, je ne pense pas qu'ils le regretteront. Ils auront peut-être même envie de revoir Re-Animator, sait-on jamais?

21/11/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Diagnostics
Diagnostics

Il est rare que je sois enthousiaste pour les oeuvres expérimentales, mais là j'ai été très agréablement surpris. Car en partant de l'idée d'illustrer des syndromes qui altèrent la perception, les deux auteurs espagnols nous donnent une lecture vraiment surprenante, chavirante, même par moments. Leurs héroïnes semblent basculer tout près de la folie, mais elles restent profondément humaines, fragiles, touchantes, et par conséquent, belles. Inspiré par "Twilight Zone et la série "Eerie", Diego Agrimbau nous agrippe dans ces univers intérieurs si particuliers, et ne nous lâche qu'à la fin des six récits, tous finement ciselés. Le dessin de Lucas Varela est dans une ligne claire assez moderne, mais pas figée, au service du propos, donc visuellement diversifié. Surprenant. A voir autant qu'à lire.

21/11/2013 (modifier)