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Les Ombres

Note: 3.25/5
(3.25/5 pour 4 avis)

Etrange errance onirique...


Ecole Emile Cohl Immigration clandestine

Une salle d’interrogatoire à la lumière crue. Une chaise, un bureau. C’est dans ce décor dépouillé que l’exilé n° 214 voit son destin se sceller. Au terme d’un long périple, tête baissée, dos voûté, il demande l’asile. Poussé à l’aveu, il doit, pour obtenir le précieux sésame, revenir sur son passé et sur les raisons qui l’ont contraint à l’errance. Lui et sa sœur n’avaient d’autre choix que de fuir leur terre natale mise à feu et à sang par des cavaliers sanguinaires. Effrayés et sans repères, ils ont traversé les forêts, les déserts, les villes et les mers : une véritable épopée peuplée d’êtres aussi mystérieux qu’effrayants, de l’ogre capitaliste au serpent-passeur, des sirènes trompeuses à ces ombres frémissantes et omniprésentes, comme des voix venues de l’au-delà. L’odyssée de deux enfants érigés malgré eux en symboles des minorités opprimées luttant pour leur survie et leur liberté. (texte : Editions Phébus)

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 03 Octobre 2013
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Ombres
Les notes (4)
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06/10/2013 | Spooky
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Par Gaston
Note: 3/5
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Le point fort de ce one-shot est sans aucun doute son dessin que je trouve excellent. Le dessinateur a un style très intéressant et plusieurs de ses planches sont un régal pour les yeux ! Au niveau du scénario, ce n'est pas mal et j'ai été un peu touché. L'histoire est clairement une allégorie sur les réfugiés. J'aime bien le monde étrange rempli de métaphores dont j'ai souvent compris la signification (je pense notamment au passage avec le géant cow-boy qui exploite des gens dans son usine). Sauf que malgré ses qualités je n'ai pas réussi à lire cet album avec passion et je trouve que le scénario s'étire un peu trop vers la fin. Cela reste à lire juste pour le beau visuel, mais je conseille plus un emprunt à la bibliothèque.

16/09/2014 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Les Ombres, c'est une fable métaphorique sur les éxilés, quels qu'ils soient, même si la forme de l'intrigue laisse deviner qu'il s'agit en priorité d'évoquer le parcours des sans-papiers africains demandeurs d'asile en Europe. Perte de leur foyer et de leur famille, danger immédiat et permanent, fuite de leur pays, traversée du désert, paiement de passeurs souvent peu scrupuleux, traversée de la mer, maladies, espoir puis déception face au mur bureaucratique à l'arrivée... Tout cela, c'est la traduction terre-à-terre de ce récit, mais ce n'est pas l'essentiel car ce sont surtout les émotions qui font la force de cette bande dessinée. L'émotion créée par son graphisme original et évocateur. L'émotion par sa forme de fable universelle et onirique. L'émotion enfin par la perte progressive de personnages assez attachants et par les tourments du dernier survivant. Je n'ai pas totalement accroché du fait du manichéisme que j'ai ressenti dans le message d'ensemble, les pauvres exilés contre tous les méchants du monde dont les occidentaux égoïstes, mais ce léger ressentiment ne m'a pas empêché de trouver agréable et belle cette lecture pleine de sincérité et d'émotion.

23/02/2014 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
L'avatar du posteur Pierig

Cette œuvre bénéficie d’une identité graphique forte. Elle en impose aussi par son format hors norme. L’univers créé par Vincent Zabus est à la croisée des chemins : mi-onirique, mi-réaliste. Le récit relate un sujet malheureusement intemporel : l’exil. Déchirures familiales, traversée du désert, compagnons d’infortune accompagneront un jeune homme et sa petite sœur dans la recherche vaine d’un monde meilleur. La touche onirique omniprésente permet de matérialiser les angoisses et peurs de ces indésirables. C’est un récit intense, rude, sans concession qui décrit le vécu de ces exilés. En faisant évoluer les protagonistes dans un monde vierge de tout repère, les auteurs évitent de se rattacher à une époque ou à un événement historique particulier. Cette universalité est accentuée graphiquement au niveau du frère et de la sœur par le port d’un masque. Ils restent ainsi des anonymes, des porte-drapeaux des exclus et apatrides. Très très bel ouvrage !

25/11/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Spooky

D'abord, le choc visuel. Hippolyte est un esthète de tout premier choix, il livre ici un album à l'ambiance étrange, oscillant entre onirisme et épopée. Ses personnages, qui ont tous des masques ou des visages grimaçants, impriment instantanément la rétine. Entre Miyazaki, Sfar et de Crécy, le bonhomme a un univers tout à fait particuliers, qui insuffle une dimension étonnante au récit de Vincent Zabus. Lequel, comédien de théâtre, a transposé sur le papier l'une de ses pièces, dans une sorte de sarabande où s'entrechoquent exode dramatique, guerriers sanguinaires, enfance sacrifiée et décors contrastés. Une vision véritablement dantesque pour une histoire à la limite du conte, du rêve et de l'Histoire. Très surprenant, à voir avant tout, même si l'ouvrage est imposant (184 pages).

06/10/2013 (modifier)