Ramenée au temps de "lecture" lambda d'un enfant de 3 à 6 ans, cette lecture n'est pas si rapide. Car il est long le voyage de Folia, qui est séparée de son Folio et vit de grandes aventures...
Le rythme et le découpage me semblent vraiment adéquats pour des jeunes lecteurs, et le fait que l'album soit muet aide bien à son assimilation, mais oblige également le parent à tenir son petit bout en haleine par le ton et l'emphase. Le dessin de Charles Masson, s'il n'est pas typique des albums pour enfants -et ce, malgré son style semi-réaliste habituel-, est toutefois très clair et très lisible, gracieusement mis en couleurs par Bruno Waro et Stéphane Bertaud (Guy Raives pour la couverture).
Dans le deuxième tome Lilou est en vacances à Angkor, dans un récit plus empreint d'aventure, toujours superbement mis en images. Chouette série.
Je vais relever un peu la note de cette oeuvre qui vient de remporter un prix (celui du public) lors du festival d'Angoulême 2014. Autant Come Prima ne m'avait guère convaincu, autant j'ai été séduit par cette oeuvre très originale tirée d'une histoire vraie.
C'est l'histoire d'un couple hors du commun lors de la Première Guerre Mondiale et les années folles qui ont suivi. La psychologie sera de mise pour une interprétation hors pair. Il est question du respect des normes et surtout de leur transgression. Sexe, amour, jalousie, passion: un cocktail vraiment explosif. Même la mise en scène via l'enchaînement des cases est singulière. Il y a également un glissement progressif de Paul. Bref, tout semble parfaitement dosé.
Pour moi, c'est cette oeuvre qui aurait dû remporter le grand prix. Il n'y a pas photo. Mais bon, ce n'est déjà pas si mal. Et puis, les planches sont simplement magnifiques. La confusion des genres et le traumatisme de la guerre portent cette bd à un très haut niveau. En tout cas, c'est d'une rare intelligence.
Ahhhhh mais oui, voilà un très bel album !
Réalisé de façon très "simple", avec une structure rudimentaire (6 cases par page), il conte une histoire universelle, celle d'un garçon persécuté par un camarade à l'école et au-dehors.Le cadre choisi, les paysages enneigés d'Amérique du Nord, n'est que le prétexte pour mettre en scène l'orignal du titre, en quelque sorte son ange protecteur. L'histoire est tellement simple, universelle, qu'elle pourrait presque se passer de dialogues.
Le dessin de Max de Radiguès est simple, très ligne claire nouvelle génération, mais en même temps terriblement efficace, bien que maladroit par moments (notamment sur les animaux).
Une belle découverte.
J'ai lu la version qui avait été publiée par l'éditeur québécois La courte échelle (ce qui est étrange vu qu'habituellement il ne publie que des romans) et donc je ne sais pas ce que la version d'Alter Comics vaut.
Cette histoire est considérée par Neil Gaiman comme un chef d'oeuvre et je suis presque d'accord avec lui. Si je ne classerais pas ce one-shot parmi mes œuvres cultes, j'ai passé un très bon moment de lecture. L'auteure retranscrit bien les problèmes qu'on peut avoir à l'adolescence et je me demande si elle n’aurait pas un peu de vécu les malheurs d'Anya vu que l'auteure est aussi une immigrante russe comme son personnage.
Les personnages sont attachants et j'ai aimé le côté fantastique qu'apporte le fantôme. La morale de l'histoire est bien trouvée selon moi. J'adore le dessin de l'auteure et j'espère qu'elle fera plus de bandes dessinées.
Voilà un duo d'Antoine efficace et surprenant !
Ozanam, que j'avais apprécié dans un tout autre registre chez Ankama dans la non moins surprenante série Doggybags, puis adoré dans King David avec Guillaume Singelin chez KSTR ; Carrion aux dessin, que je découvre avec cet album...
C'est donc sur une trame faussement fantastique que nous nous retrouvons catapulté en pleine période médiévale dans un royaume dont le roi se meurt, mais où comme bien souvent, les prétendants à sa succession sont légions, et bien décidés à s'octroyer par tous les moyens possibles, surtout les pires, ce trône qu'ils convoitent.
En effet, si le début du récit mené par Ozanam nous laisse croire un temps à une chasse à la bête monstrueuse, on comprends vite de quoi il retourne. Et sans rien dévoiler de l'intrigue, cette habile mise en scène donne encore plus de saveur au récit. S'il faut un certain temps pour se familiariser avec les nombreux prétendants, cela n'en rajoute pas moins aux fausses pistes et écheveaux qui composent cette intrigue.
Carrion, quant à lui impose un style nerveux au trait fin, épuré et hachuré pour les ombrages qui, s'il surprend un peu au début, est très efficace et juste. Sa mise en couleur est aussi bien gérée et colle parfaitement à l'ambiance du récit. Du bon boulot !
Un premier tome qui pose donc les bases d'un récit ancré dans une intrigue accrocheuse, qui donne envie d'en savoir plus. Espérons que la suite soit du même ressort et qu'on accouche pas d'une souris...
(3.5/5 en attendant de voir comment tout cela évolue)
*** Lecture du 2nd tome ***
Et bien, voilà un essai très bien transformé ! Je passe ma note à 4/5 après le lecture de ce second tome, qui, s'il clôt l'intrigue principale, ne semble pas non plus fermer la porte à une suite qui nous permettrait d'approfondir cet univers si riche que nous a concocté Antoine Ozanam...
Déjà, Carrion nous gratifie pour ce second tome d'une couverture sublime ! Une seule envie à sa vue, plonger à corps perdu et retrouver cette meute qui cours après cet os : le pouvoir... Mais avant de se taper la moelle, il faudra s'arranger de la barbaque et du sang qui l'habillent. Et les costumes de certains vont prendre cher !
Le rythme s'accélère, les masques tombent et des vérités se font souvent au fil de la lame, et tout prends petit à petit forme pour notre plus grand plaisir. A nous lecteur de rester vigilent et de ne pas se laisser piéger ou égarer, car la lecture qu'Ozanam nous propose demande toute notre attention. Ce qui n'est pas un mal dans un genre qui tombe souvent dans la facilité scénaristique et s'assoie régulièrement sur l'originalité et la complexité pour se contenter de formules éculées...
On nous ouvre une nouvelle porte, sachons en profiter et s'émerveiller de ce bol d'air frais dans la fantasy que nous proposent Ozanam et Carrion, en espérant que celle-ci ne se referme pas trop vite et que nous aurons rapidement droit à un nouveau développement en ce Royaume d'Etelkoz...
Depuis certains chapitres de Histoire du Far West, je savais que Serpieri excellait dans la description fidèle du monde indien. Admiratif de cet univers indien, cette Bd ne pouvait que me ravir. L'auteur réussit ici de superbes images et des visages d'Indiens burinés ou vêtus de costumes traditionnels qui permettent de constater sa bonne documentation sur cette culture, et embellie par son trait magnifique et puissant où dominent les hachures, ainsi qu'une colorisation dans des tons d'ocre superbes.
Le récit en lui-même traite d'une triste réalité de l'Ouest : l'extermination d'un peuple noble, fier et beau ; il fait aussi référence à un chef-d'oeuvre de John Ford, la Prisonnière du Désert, avec en plus une scène et une image clin d'oeil calquée sur celle du film, lorsque Sarah présente les scalps sous le tipi ; si vous revisionnez ce film, vous comprendrez tout de suite.
Ce sujet fort est un peu desservi par la narration peu rigoureuse, mais dans l'ensemble, c'est un bel album, facile à trouver en occase (je l'ai trouvé à Angoulême chez Forbideen Zone, dans l'édition d'origine Dargaud).
(3,5/5)
Toujours très agréable à lire, ces carnets de voyage de Guy Delisle.
Je place cet opus sur la 3e marche du podium, derrière Chroniques de Jérusalem et Pyongyang, mais devant Shenzhen.
Son fameux trait épuré est toujours au rendez-vous. Il permet une lecture rapide, agréable, fluide, non-ennuyeuse. Les mimiques des personnages sont volontiers comiques.
La structure du récit est un peu différente que dans les autres chroniques, puisqu'ici l'histoire est découpée en différentes séquences qui racontent chacune une anecdote particulière.
Ma principale critique consiste au fait que ces anecdotes sont de saveur variable: on voit du drôle, de l'étonnant, du choquant, mais aussi parfois de la platitude...Heureusement rarement.
Comme toujours, on apprend énormément de choses sur ces microcosmes que représentent ces dictatures fermées au monde, c'est un pur régal. Ca donne une fois de plus envie d'en savoir plus sur le pays visité par notre célèbre dessinateur Canadien et Français d'adoption.
Les fans de Delisle comme moi, y trouveront leur compte, c'est certain.
(279)
Ethan Ringler semblait de prime abord bien banale comme série. Un jeune homme, avec ses sombres mystères débarque à New-York en quête de vérités sur lui même et se retrouve embarqué dans des histoires mafieuses plus ou moins malgré lui.
Le premier album conforte un peu cette impression, il faut bien l'avouer, par un dessin aux airs de déjà-vu pour l'époque décrite, et par cette trame somme toute assez classique.
Pourtant, les déboires de notre jeune aristocrate prennent rapidement des allures bien plus attrayantes par la suite. Les personnages s'enchainent, dotés d'un charisme certain mais également d'un traitement juste ne les rendant jamais vraiment trop archétypaux en gentils et méchants. Ethan en devient d'ailleurs plus un spectateur qu'un acteur majeur au fur et à mesure des épisodes. Dotés d'une écriture maline et peu avares en rebondissements, ces chapitres nous délivrent de bon moments de bravoure, de tension et d'émotion. Cependant, le revers de cette médaille est que sur 4 volets, le but premier de notre anti-héros est mis en recul. Bien trop peu de révélations d'ailleurs car l'intrigue de son arrivée en Amérique semble rencardée aux oubliettes et on se demande comment le cinquième et dernier volume va pouvoir arranger la chose.
Force est de constater qu'il y arrive habilement, de façon un peu précipitée, donnant ce sentiment de série clôt avant l'heure et en n'évitant pas les raccourcis, mais avec suffisamment d'intelligence pour fermer tous les arcs scénaristiques jetés précédemment d'une part, et en nous proposant une conclusion positivement surprenante, mettant en abyme nos réflexions passées sur Ethan Ringler et la galerie de gueules visitées par son biais, ne le rendant pas si distancié d'eux.
Une bonne surprise.
Avec ce prequel sur les Minutemen, Darwyn Cooke rend un bel hommage à la série Watchmen dont on sent qu'il est un grand fan. Cette histoire s'intègre très bien dans la continuité de l'oeuvre d'Alan Moore et je n'aurais aucun mal à la considérer comme canon.
Darwyn Cooke nous offre plein de références à l'oeuvre originelle, que ce soit dans le scénario, le décor et la mise en page.
Comme Dave Gibbons, il joue un peu sur les planches, avec quelques jeux graphiques sur les pages d'introduction et de conclusion de ses chapitres. Cela sonne un tout petit peu artificiel puisqu'on sent qu'il veut faire "comme l'oeuvre originale" mais c'est sympa et ça rend globalement bien. Et j'aime beaucoup le classicisme un peu rétro du style de Cooke.
Comme Alan Moore, il offre un scénario dense, profond et sombre. En fait, je l'ai trouvé plus sombre encore que Watchmen. On y retrouve davantage à mes yeux de scènes dures, presque dérangeantes. Même si le scénario de Moore était empli de moments particulièrement cruels, notamment durant les enquêtes de Rorschach ou avec le récit du Black Freighter, j'ai trouvé que l'intrigue de Darwyn Cooke insistait un peu plus sur le sujet.
Ce que j'ai aimé enfin et surtout, c'est à quel point il intensifie l'histoire des Minutemen par rapport à ce que Watchmen nous laissait savoir. Il leur crée en effet un lourd passé, complexe et inattendu. Il y a de vraies surprises sur la nature des membres de ce groupe, sur leur fonctionnement, et sur ce qui va découler de leurs relations. On s'attache à certains et on en vient à nettement moins apprécier d'autres. Et on comprend pourquoi les protagonistes ont voulu s'en tenir à une histoire officielle qui cache ce qu'il s'est vraiment passé.
La fin offre cependant une révélation qui ne m'a qu'à moitié convaincu. Elle tient la route vis-à-vis des motivations de celui qui la fait même si la force cruelle et un peu folle de ce qu'il révèle n'est pas tellement mise en valeur dans la narration, à mon goût. Par contre, avec cette révélation, je réalise que je ne comprends pas le comportement d'un autre personnage, celui qui a justement succombé à cette machination. Si justement ce n'était pas lui le coupable mais juste un suspect facile, pourquoi a-t-il agi aussi violemment sur la fin ?
Bref, je pense que la conclusion de cette intrigue aurait mérité d'être un petit peu plus travaillée pour être plus claire, plus cohérente et du coup dégager davantage d'émotion.
En tout cas, c'est un achat et une lecture que je ne regrette pas et je la rangerais sans hésitation aux côtés de Watchmen dans ma bibliothèque, comme un prequel et une extension réellement acceptable de l'univers imaginé par Alan Moore, un ouvrage d'un niveau certes moindre que le chef d'oeuvre original mais de très bonne qualité quand même.
Pas vraiment attiré par la BD à caractère historique, ce sont les critiques glanées par ici, le nom de Jean Teulé et la couverture très réussie de l'album qui ont fini de me convaincre de me pencher sur cet album.
Et franchement je ne le regrette pas ! L'approche de ce tragique épisode de notre histoire est vraiment réussie, et Richard Guérineau a vraiment su retranscrire le ton d'écriture que je connais de Jean Teulé (même si je n'ai pas lu celui-ci). Le cynisme et l'humour noir donnent toute sa saveur caustique à cet album qui relate la faiblesse qui conduira Charles IX dans les affres d'une folie qui lui sera fatale.
Ajoutez à cela un graphisme clair, expressif et une colorisation très maitrisée qui sait parfaitement rendre les ambiances et les tensions qui nous sont proposées au fil de l'album, et vous ne pouvez que plonger dans ce récit sans pouvoir le lâcher avant son terme. Guérineau s'amuse, jouant à faire évoluer son graphisme de façon intelligente, en y glissant quelques clins d’œil, et au final, ce qui dans le fond est plutôt tragique, concourt à nous proposer un album assez jouissif à la lecture.
Un album à ne pas manquer !
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Une aventure de Lilou
Ramenée au temps de "lecture" lambda d'un enfant de 3 à 6 ans, cette lecture n'est pas si rapide. Car il est long le voyage de Folia, qui est séparée de son Folio et vit de grandes aventures... Le rythme et le découpage me semblent vraiment adéquats pour des jeunes lecteurs, et le fait que l'album soit muet aide bien à son assimilation, mais oblige également le parent à tenir son petit bout en haleine par le ton et l'emphase. Le dessin de Charles Masson, s'il n'est pas typique des albums pour enfants -et ce, malgré son style semi-réaliste habituel-, est toutefois très clair et très lisible, gracieusement mis en couleurs par Bruno Waro et Stéphane Bertaud (Guy Raives pour la couverture). Dans le deuxième tome Lilou est en vacances à Angkor, dans un récit plus empreint d'aventure, toujours superbement mis en images. Chouette série.
Mauvais genre
Je vais relever un peu la note de cette oeuvre qui vient de remporter un prix (celui du public) lors du festival d'Angoulême 2014. Autant Come Prima ne m'avait guère convaincu, autant j'ai été séduit par cette oeuvre très originale tirée d'une histoire vraie. C'est l'histoire d'un couple hors du commun lors de la Première Guerre Mondiale et les années folles qui ont suivi. La psychologie sera de mise pour une interprétation hors pair. Il est question du respect des normes et surtout de leur transgression. Sexe, amour, jalousie, passion: un cocktail vraiment explosif. Même la mise en scène via l'enchaînement des cases est singulière. Il y a également un glissement progressif de Paul. Bref, tout semble parfaitement dosé. Pour moi, c'est cette oeuvre qui aurait dû remporter le grand prix. Il n'y a pas photo. Mais bon, ce n'est déjà pas si mal. Et puis, les planches sont simplement magnifiques. La confusion des genres et le traumatisme de la guerre portent cette bd à un très haut niveau. En tout cas, c'est d'une rare intelligence.
Orignal
Ahhhhh mais oui, voilà un très bel album ! Réalisé de façon très "simple", avec une structure rudimentaire (6 cases par page), il conte une histoire universelle, celle d'un garçon persécuté par un camarade à l'école et au-dehors.Le cadre choisi, les paysages enneigés d'Amérique du Nord, n'est que le prétexte pour mettre en scène l'orignal du titre, en quelque sorte son ange protecteur. L'histoire est tellement simple, universelle, qu'elle pourrait presque se passer de dialogues. Le dessin de Max de Radiguès est simple, très ligne claire nouvelle génération, mais en même temps terriblement efficace, bien que maladroit par moments (notamment sur les animaux). Une belle découverte.
La Vie hantée d'Anya (Le Fantôme d'Anya)
J'ai lu la version qui avait été publiée par l'éditeur québécois La courte échelle (ce qui est étrange vu qu'habituellement il ne publie que des romans) et donc je ne sais pas ce que la version d'Alter Comics vaut. Cette histoire est considérée par Neil Gaiman comme un chef d'oeuvre et je suis presque d'accord avec lui. Si je ne classerais pas ce one-shot parmi mes œuvres cultes, j'ai passé un très bon moment de lecture. L'auteure retranscrit bien les problèmes qu'on peut avoir à l'adolescence et je me demande si elle n’aurait pas un peu de vécu les malheurs d'Anya vu que l'auteure est aussi une immigrante russe comme son personnage. Les personnages sont attachants et j'ai aimé le côté fantastique qu'apporte le fantôme. La morale de l'histoire est bien trouvée selon moi. J'adore le dessin de l'auteure et j'espère qu'elle fera plus de bandes dessinées.
L'Ombre blanche
Voilà un duo d'Antoine efficace et surprenant ! Ozanam, que j'avais apprécié dans un tout autre registre chez Ankama dans la non moins surprenante série Doggybags, puis adoré dans King David avec Guillaume Singelin chez KSTR ; Carrion aux dessin, que je découvre avec cet album... C'est donc sur une trame faussement fantastique que nous nous retrouvons catapulté en pleine période médiévale dans un royaume dont le roi se meurt, mais où comme bien souvent, les prétendants à sa succession sont légions, et bien décidés à s'octroyer par tous les moyens possibles, surtout les pires, ce trône qu'ils convoitent. En effet, si le début du récit mené par Ozanam nous laisse croire un temps à une chasse à la bête monstrueuse, on comprends vite de quoi il retourne. Et sans rien dévoiler de l'intrigue, cette habile mise en scène donne encore plus de saveur au récit. S'il faut un certain temps pour se familiariser avec les nombreux prétendants, cela n'en rajoute pas moins aux fausses pistes et écheveaux qui composent cette intrigue. Carrion, quant à lui impose un style nerveux au trait fin, épuré et hachuré pour les ombrages qui, s'il surprend un peu au début, est très efficace et juste. Sa mise en couleur est aussi bien gérée et colle parfaitement à l'ambiance du récit. Du bon boulot ! Un premier tome qui pose donc les bases d'un récit ancré dans une intrigue accrocheuse, qui donne envie d'en savoir plus. Espérons que la suite soit du même ressort et qu'on accouche pas d'une souris... (3.5/5 en attendant de voir comment tout cela évolue) *** Lecture du 2nd tome *** Et bien, voilà un essai très bien transformé ! Je passe ma note à 4/5 après le lecture de ce second tome, qui, s'il clôt l'intrigue principale, ne semble pas non plus fermer la porte à une suite qui nous permettrait d'approfondir cet univers si riche que nous a concocté Antoine Ozanam... Déjà, Carrion nous gratifie pour ce second tome d'une couverture sublime ! Une seule envie à sa vue, plonger à corps perdu et retrouver cette meute qui cours après cet os : le pouvoir... Mais avant de se taper la moelle, il faudra s'arranger de la barbaque et du sang qui l'habillent. Et les costumes de certains vont prendre cher ! Le rythme s'accélère, les masques tombent et des vérités se font souvent au fil de la lame, et tout prends petit à petit forme pour notre plus grand plaisir. A nous lecteur de rester vigilent et de ne pas se laisser piéger ou égarer, car la lecture qu'Ozanam nous propose demande toute notre attention. Ce qui n'est pas un mal dans un genre qui tombe souvent dans la facilité scénaristique et s'assoie régulièrement sur l'originalité et la complexité pour se contenter de formules éculées... On nous ouvre une nouvelle porte, sachons en profiter et s'émerveiller de ce bol d'air frais dans la fantasy que nous proposent Ozanam et Carrion, en espérant que celle-ci ne se referme pas trop vite et que nous aurons rapidement droit à un nouveau développement en ce Royaume d'Etelkoz...
L'Indienne blanche
Depuis certains chapitres de Histoire du Far West, je savais que Serpieri excellait dans la description fidèle du monde indien. Admiratif de cet univers indien, cette Bd ne pouvait que me ravir. L'auteur réussit ici de superbes images et des visages d'Indiens burinés ou vêtus de costumes traditionnels qui permettent de constater sa bonne documentation sur cette culture, et embellie par son trait magnifique et puissant où dominent les hachures, ainsi qu'une colorisation dans des tons d'ocre superbes. Le récit en lui-même traite d'une triste réalité de l'Ouest : l'extermination d'un peuple noble, fier et beau ; il fait aussi référence à un chef-d'oeuvre de John Ford, la Prisonnière du Désert, avec en plus une scène et une image clin d'oeil calquée sur celle du film, lorsque Sarah présente les scalps sous le tipi ; si vous revisionnez ce film, vous comprendrez tout de suite. Ce sujet fort est un peu desservi par la narration peu rigoureuse, mais dans l'ensemble, c'est un bel album, facile à trouver en occase (je l'ai trouvé à Angoulême chez Forbideen Zone, dans l'édition d'origine Dargaud).
Chroniques Birmanes
(3,5/5) Toujours très agréable à lire, ces carnets de voyage de Guy Delisle. Je place cet opus sur la 3e marche du podium, derrière Chroniques de Jérusalem et Pyongyang, mais devant Shenzhen. Son fameux trait épuré est toujours au rendez-vous. Il permet une lecture rapide, agréable, fluide, non-ennuyeuse. Les mimiques des personnages sont volontiers comiques. La structure du récit est un peu différente que dans les autres chroniques, puisqu'ici l'histoire est découpée en différentes séquences qui racontent chacune une anecdote particulière. Ma principale critique consiste au fait que ces anecdotes sont de saveur variable: on voit du drôle, de l'étonnant, du choquant, mais aussi parfois de la platitude...Heureusement rarement. Comme toujours, on apprend énormément de choses sur ces microcosmes que représentent ces dictatures fermées au monde, c'est un pur régal. Ca donne une fois de plus envie d'en savoir plus sur le pays visité par notre célèbre dessinateur Canadien et Français d'adoption. Les fans de Delisle comme moi, y trouveront leur compte, c'est certain. (279)
Ethan Ringler, Agent fédéral
Ethan Ringler semblait de prime abord bien banale comme série. Un jeune homme, avec ses sombres mystères débarque à New-York en quête de vérités sur lui même et se retrouve embarqué dans des histoires mafieuses plus ou moins malgré lui. Le premier album conforte un peu cette impression, il faut bien l'avouer, par un dessin aux airs de déjà-vu pour l'époque décrite, et par cette trame somme toute assez classique. Pourtant, les déboires de notre jeune aristocrate prennent rapidement des allures bien plus attrayantes par la suite. Les personnages s'enchainent, dotés d'un charisme certain mais également d'un traitement juste ne les rendant jamais vraiment trop archétypaux en gentils et méchants. Ethan en devient d'ailleurs plus un spectateur qu'un acteur majeur au fur et à mesure des épisodes. Dotés d'une écriture maline et peu avares en rebondissements, ces chapitres nous délivrent de bon moments de bravoure, de tension et d'émotion. Cependant, le revers de cette médaille est que sur 4 volets, le but premier de notre anti-héros est mis en recul. Bien trop peu de révélations d'ailleurs car l'intrigue de son arrivée en Amérique semble rencardée aux oubliettes et on se demande comment le cinquième et dernier volume va pouvoir arranger la chose. Force est de constater qu'il y arrive habilement, de façon un peu précipitée, donnant ce sentiment de série clôt avant l'heure et en n'évitant pas les raccourcis, mais avec suffisamment d'intelligence pour fermer tous les arcs scénaristiques jetés précédemment d'une part, et en nous proposant une conclusion positivement surprenante, mettant en abyme nos réflexions passées sur Ethan Ringler et la galerie de gueules visitées par son biais, ne le rendant pas si distancié d'eux. Une bonne surprise.
Before Watchmen - Minutemen
Avec ce prequel sur les Minutemen, Darwyn Cooke rend un bel hommage à la série Watchmen dont on sent qu'il est un grand fan. Cette histoire s'intègre très bien dans la continuité de l'oeuvre d'Alan Moore et je n'aurais aucun mal à la considérer comme canon. Darwyn Cooke nous offre plein de références à l'oeuvre originelle, que ce soit dans le scénario, le décor et la mise en page. Comme Dave Gibbons, il joue un peu sur les planches, avec quelques jeux graphiques sur les pages d'introduction et de conclusion de ses chapitres. Cela sonne un tout petit peu artificiel puisqu'on sent qu'il veut faire "comme l'oeuvre originale" mais c'est sympa et ça rend globalement bien. Et j'aime beaucoup le classicisme un peu rétro du style de Cooke. Comme Alan Moore, il offre un scénario dense, profond et sombre. En fait, je l'ai trouvé plus sombre encore que Watchmen. On y retrouve davantage à mes yeux de scènes dures, presque dérangeantes. Même si le scénario de Moore était empli de moments particulièrement cruels, notamment durant les enquêtes de Rorschach ou avec le récit du Black Freighter, j'ai trouvé que l'intrigue de Darwyn Cooke insistait un peu plus sur le sujet. Ce que j'ai aimé enfin et surtout, c'est à quel point il intensifie l'histoire des Minutemen par rapport à ce que Watchmen nous laissait savoir. Il leur crée en effet un lourd passé, complexe et inattendu. Il y a de vraies surprises sur la nature des membres de ce groupe, sur leur fonctionnement, et sur ce qui va découler de leurs relations. On s'attache à certains et on en vient à nettement moins apprécier d'autres. Et on comprend pourquoi les protagonistes ont voulu s'en tenir à une histoire officielle qui cache ce qu'il s'est vraiment passé. La fin offre cependant une révélation qui ne m'a qu'à moitié convaincu. Elle tient la route vis-à-vis des motivations de celui qui la fait même si la force cruelle et un peu folle de ce qu'il révèle n'est pas tellement mise en valeur dans la narration, à mon goût. Par contre, avec cette révélation, je réalise que je ne comprends pas le comportement d'un autre personnage, celui qui a justement succombé à cette machination. Si justement ce n'était pas lui le coupable mais juste un suspect facile, pourquoi a-t-il agi aussi violemment sur la fin ? Bref, je pense que la conclusion de cette intrigue aurait mérité d'être un petit peu plus travaillée pour être plus claire, plus cohérente et du coup dégager davantage d'émotion. En tout cas, c'est un achat et une lecture que je ne regrette pas et je la rangerais sans hésitation aux côtés de Watchmen dans ma bibliothèque, comme un prequel et une extension réellement acceptable de l'univers imaginé par Alan Moore, un ouvrage d'un niveau certes moindre que le chef d'oeuvre original mais de très bonne qualité quand même.
Charly 9
Pas vraiment attiré par la BD à caractère historique, ce sont les critiques glanées par ici, le nom de Jean Teulé et la couverture très réussie de l'album qui ont fini de me convaincre de me pencher sur cet album. Et franchement je ne le regrette pas ! L'approche de ce tragique épisode de notre histoire est vraiment réussie, et Richard Guérineau a vraiment su retranscrire le ton d'écriture que je connais de Jean Teulé (même si je n'ai pas lu celui-ci). Le cynisme et l'humour noir donnent toute sa saveur caustique à cet album qui relate la faiblesse qui conduira Charles IX dans les affres d'une folie qui lui sera fatale. Ajoutez à cela un graphisme clair, expressif et une colorisation très maitrisée qui sait parfaitement rendre les ambiances et les tensions qui nous sont proposées au fil de l'album, et vous ne pouvez que plonger dans ce récit sans pouvoir le lâcher avant son terme. Guérineau s'amuse, jouant à faire évoluer son graphisme de façon intelligente, en y glissant quelques clins d’œil, et au final, ce qui dans le fond est plutôt tragique, concourt à nous proposer un album assez jouissif à la lecture. Un album à ne pas manquer !