La meilleure bande dessinée que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui. Les dessins sont superbes et le scénario est tout simplement génial. Si vous aimez les histoires de complot, d'extraterrestres c'est une série à suivre d'urgence. Christophe Bec vous emmène dans une histoire qui fait référence à la mythologie, au futur et au présent, autour de plusieurs personnages clés. Si comme moi vous aimez la science fiction, le fantastique cette bande dessinée est à acheter les yeux fermés. C'est vraiment la bande dessinée que j'attendais.
Les éditions Mosquito se spécialisent peut-être dans la publication d’auteurs italiens (Micheluzzi, Toppi, Battaglia etc.), mais s’intéressent aussi à d’autres horizons. Zhang Xiaoyu est un auteur Chinois assez populaire dans son pays (il a à son actif plus de 20 albums), dont Mosquito publia déjà un album en 2013 (« La vengeance de Masheng » – encore non listé sur le site au moment où j’écris ces lignes).
2014 débute donc avec la parution du one-shot « Le temple flottant », et paf ! grosse claque graphique. Matez donc les planches dans la galerie. Le découpage est maitrisé, le dessin dynamique au possible (voir scène du saut en cerf-volant), et les couleurs lumineuses. Vraiment un plaisir pour les yeux.
L’histoire est un conte oriental, donc on retrouve forcément les poncifs du genre, mais l’intrigue est rondement menée, et la fin satisfaisante.
Un des tout meilleurs contes qu’il m’ait été donné de lire ces dernières années. Espérons que Mosquito continue à publier le catalogue de cet auteur ! Un coup de cœur.
Ma fébrilité fut grande en ouvrant ce nouvel épisode de l’univers « Avant Watchmen ». Rorschach est sans doute le personnage le plus emblématique de l’arc original, et les fans (dont je fais partie !) attendaient Brian Azzarello au tournant.
Et je ressors de ma lecture satisfait, ouf ! Sur le fond l’histoire n’apporte certes pas grand-chose au personnage, mais nous permet de nous replonger dans cet esprit manichéen et sans compromis tellement attachant. Si vous aviez aimé les passages racontant les escapades nocturnes de Rorschach agrémentées d’extraits de son journal intime, alors vous allez adorer cet arc. Brian Azzarello a selon moi réussi le pari de ne pas trahir la personnalité complexe du personnage original, ce qui n’était pas donné. Certaines critiques ont trouvé son invitation envers la serveuse pas très crédible, mais moi cela ne m’a pas choqué plus que cela. Sa demande est tellement froide et calculée, presque enfantine.
Le dessin de Bermejo est magnifique, dans un style hyperréaliste, et les planches sont vraiment superbes.
Un arc intéressant, à voir comme un bonus « deleted scenes » de la série originale.
L’avis de PAco est éloquent, mais j’en remets une couche.
Je ne crois pas spécialement au coup de foudre BD, mais cet album me fit de l’œil de son étagère, avec son élégante couverture et son format à l’italienne. Le résumé au dos et le dessin finirent de me convaincre : l’union fut instantanée !
L’intrigue débute comme un polar assez classique, mais dérape rapidement et tombe dans le fantastique-horreur. Les rêves éveillés du protagoniste et la montée en puissance de la violence m’ont happé, et je n’ai pas pu reposer l’album avant d’en lire son dénouement. Alors certes, les réponses fournies ne sont que partielles et pas très cartésiennes, et d’une manière générale je ne conseillerais pas cet album aux amateurs de polars bien carrés où tout s’explique à la fin. PAco parle de Lynch, et là je crois que tout est dit. Mais moi je suis tombé sous le charme, c’est un album que je pense relire, ce qui ne m’arrive pas souvent.
Le dessin est certes classique, mais élégant et maitrisé, et la couleur marron ajoute un cachet indéniable ;)
Allez, un coup de cœur pour moi aussi !
"Sin Titulo", c'est le genre de thriller qui vous accroche d'emblée en vous chopant par le colbac pour vous trainer jusqu'à la fin d'un récit vécu comme une plongée dans un monde hypnotique qu'on ne maîtrise pas, où tout est dans l'ambiance et le ressenti.
C'est prenant, flippant, un peu comme un Lynch mal digéré au p'tit dej et qui vous prend aux tripes. Cameron Stewart pause son style, impose son rythme avec une narration maîtrisée des plus efficaces et s'appuie pour ça sur une gaufrier de 8 cases qu'il ne lâche pas de bout en bout. Il vient le loger dans un format à l'italienne que j'affectionne énormément et qui donne son cachet à l'album.
Graphiquement il développe un noir et blanc racé, tout en ligne claire où viennent se poser des aplats de noir profond et de sépia pour toute colorisation. Ambiance assurée !
Maintenant que je vous ai posé le cadre, attaquons le fond. Derrière une mise en bouche très réaliste, Cameron Stewart nous lance sur les pas d'Alex Mackay qui apprend le décès de son grand-père au bout d'un mois. A la suite de cette nouvelle des questions commencent à apparaître et le mystère à s'installer pour ne plus nous lâcher. Tout le monde plonge... Le rêve (ou cauchemar ?) semble rattraper la réalité pour aller flirter avec le fantastique... ou pas. Alex s'embourbe ; hypnotisés nous suivons, tout aussi largués que lui alors que tout s'accélère. On s'accroche, on résiste, on veut savoir...
Et ? Et la réponse tombe. Ou plutôt une réponse... Je n'en dirais pas plus. Les amateurs d'histoires un peu alambiquées ou torturées y trouveront plus que leur compte. Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié le voyage, et je crois que je vais rapidement attaquer une seconde lecture pour en apprécier toute les subtilités.
Hostile Holster a décidément de très bonnes cartouches en magasin ! On est loin des pétards mouillés que certains thrillers montés en épingle à coup de marketing nous offrent malheureusement trop souvent... Un vrai plaisir que cette lecture que je ramène d'Angoulême, en ayant même eu la chance de rencontrer Cameron Stewart le temps d'une dédicace.
Je ne peux qu'en recommander chaudement la lecture !
Ah la Guerre des Lulus, ou le conflit de 14-18 par le petit bout de la lorgnette, ou plutôt au travers du regards d'un groupe d'enfants...
J'aime bien ce genre d'histoire, cela donne une autre dimension aux récits historiques. Les enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, mais ne sont pas forcément plus débrouillards que ceux de Seuls, par exemple. Certains argueront peut-être qu'ils ne comprendront pas pourquoi ils ne partent pas, fuyant cette guerre qui les dépasse (comme elle dépasse presque tout le monde) pour trouver un meilleur refuge plus loin, mais la réponse est évidente, car l'orphelinat, la forêt et le village attenant sont le seul univers qu'ils ont probablement jamais connu... La représentation de l'enfance me semble plutôt fine, et Régis Hautière se montre à la hauteur d'une posture qui aurait pu être casse-gueule, il s'en tire pas mal, même si je trouve que les enfants ne provoquent pas autant d'empathie qu'ils devraient. Dans le tome 2 il se passe beaucoup de choses, et le récit va sans doute prendre une tournure plus sombre après les mois d'insouciance...
Côté dessin, Hardoc fait un super boulot, avec ce style semi-réaliste immédiatement accessible, une petite influence loisellienne bien digérée pour un trait plus net, plus assuré. Un choix de mise en scène qui m'a autant surpris que séduit, le fait de "filmer" les protagonistes à hauteur d'homme, comme s'ils étaient adultes, cela aide à identifier les héros et donc à bien rentrer dans le récit. Une autre particularité, certains décors sont déformés, un peu comme si on les regardait à travers une vitre faussant la perspective...
J'attends la suite, qui s'annonce déjà (Hardoc vient de commencer le tome 3).
Très bonne surprise que cette série... qui pourtant ne doit pas m'être spécialement destinée.
Quatre sœurs raconte les aventures de... (perdu)... cinq sœurs, et là, déjà ma curiosité est titillée. Aucune précision ne nous est donnée pour expliquer cette incongruité... mais c'est le genre de petit détail qui me plait. Et puis chacune de ces cinq sœur n'a-t-elle pas finalement... quatre sœurs (si si, recomptez pour vous en convaincre) ?
Le ton et la forme font résolument penser à la littérature pour adolescentes. Il s'agit d'ailleurs d'une adaptation. C'est simple, facétieux, empli de bons sentiments (même si l'une de ces cinq sœurs est quand même bien garce sur les bords), teinté de fantastique (elles sont orphelines mais toutes croisent au détour des couloirs de leur labyrinthique maison (un personnage à part entière, cette maison !) les fantômes de leurs parents) et respectueux d'une certaine morale.
Franchement, c'est très agréable à lire. Chacune de ces sœurs est bien typée et attachante mais aucunes ne se ressemblent. Les caractères sont bien trempés mais les prises de bec ne sont pas méchantes. Cela pourrait donner un truc bien mielleux et pourtant il n'en est rien ! Non, c'est juste sympa, vif, spirituel à l'occasion, simple... chouette, quoi !
Le dessin contribue pleinement aux sentiments de fraicheur et de vivacité qui se dégagent de ces pages. Cati Baur parvient à garder une grande simplicité dans son trait et donc une immédiateté dans la lecture... tout en dotant ses cases de profondeur. Une profondeur qui n'apparait souvent qu'en seconde lecture.
En définitive, et bien j'attends déjà la suite avec impatience ! Une série à découvrir, assurément, que vous soyez une jeune fille en fleur (comme moi) ou pas !
On a là au niveau graphique et au niveau des sujets traités – et de la manière de les traiter, un album représentatif de ce que Charlie Hebdo peut produire.
Avec une économie de moyens (décors, couleurs…), Faujour développe un humour cinglant, très noir et très cynique, que j’ai trouvé très bon. Même si beaucoup de dessins font référence à l’actualité de l’époque de production, ils sont souvent drôles en eux-mêmes, sans référence précise, j’ai bien ri à la lecture de cet album.
Alors bien sûr ça ne donne pas dans la dentelle, et on ne cherche pas forcément la nuance ou l’argumentation, mais, avec un dessin à la Binet et un humour à la Reiser, on tient là une vision au vitriol de certains thèmes, comme le sexe, la politique, ou la connerie humaine en tout genre. Comme souvent chez les auteurs de Charlie Hebdo, la religion, l’armée et la police ne sont pas franchement mises en valeur.
A lire donc !
Note réelle 3,5/5.
Dans une très belle édition, avec des dessins de félins magnifiques et des doubles planches de paysages variés aux couleurs homogènes, ce "seigneurs de Bagdad" permet de suivre une histoire dans l'Histoire. Bien sûr, la fin arrive trop vite et on regrette de devoir quitter ces animaux attachants.
J'ai passé un agréable moment de lecture dans ce que je croyais être une bd typiquement humoristique. Il faut dire que la couverture ainsi que le personnage de Tarzan prêtent plutôt à sourire. Et pourtant, cela va plus loin et tout en subtilité.
Nous allons avoir droit à une évocation de la vie de l'acteur Johnny Weissmuller qui a donné naissance au mythe mais avec un mélange des genres entre réalité et fiction. C'est assez bien orchestré avec de bonnes trouvailles. Le dessin est impeccable. On en redemande pour la suite qui clôturera ce diptyque.
En conclusion, une biographie imaginaire qui a du punch, de l'humour mais également de l'émotion.
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Prométhée
La meilleure bande dessinée que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui. Les dessins sont superbes et le scénario est tout simplement génial. Si vous aimez les histoires de complot, d'extraterrestres c'est une série à suivre d'urgence. Christophe Bec vous emmène dans une histoire qui fait référence à la mythologie, au futur et au présent, autour de plusieurs personnages clés. Si comme moi vous aimez la science fiction, le fantastique cette bande dessinée est à acheter les yeux fermés. C'est vraiment la bande dessinée que j'attendais.
Le Temple flottant
Les éditions Mosquito se spécialisent peut-être dans la publication d’auteurs italiens (Micheluzzi, Toppi, Battaglia etc.), mais s’intéressent aussi à d’autres horizons. Zhang Xiaoyu est un auteur Chinois assez populaire dans son pays (il a à son actif plus de 20 albums), dont Mosquito publia déjà un album en 2013 (« La vengeance de Masheng » – encore non listé sur le site au moment où j’écris ces lignes). 2014 débute donc avec la parution du one-shot « Le temple flottant », et paf ! grosse claque graphique. Matez donc les planches dans la galerie. Le découpage est maitrisé, le dessin dynamique au possible (voir scène du saut en cerf-volant), et les couleurs lumineuses. Vraiment un plaisir pour les yeux. L’histoire est un conte oriental, donc on retrouve forcément les poncifs du genre, mais l’intrigue est rondement menée, et la fin satisfaisante. Un des tout meilleurs contes qu’il m’ait été donné de lire ces dernières années. Espérons que Mosquito continue à publier le catalogue de cet auteur ! Un coup de cœur.
Before Watchmen - Rorschach
Ma fébrilité fut grande en ouvrant ce nouvel épisode de l’univers « Avant Watchmen ». Rorschach est sans doute le personnage le plus emblématique de l’arc original, et les fans (dont je fais partie !) attendaient Brian Azzarello au tournant. Et je ressors de ma lecture satisfait, ouf ! Sur le fond l’histoire n’apporte certes pas grand-chose au personnage, mais nous permet de nous replonger dans cet esprit manichéen et sans compromis tellement attachant. Si vous aviez aimé les passages racontant les escapades nocturnes de Rorschach agrémentées d’extraits de son journal intime, alors vous allez adorer cet arc. Brian Azzarello a selon moi réussi le pari de ne pas trahir la personnalité complexe du personnage original, ce qui n’était pas donné. Certaines critiques ont trouvé son invitation envers la serveuse pas très crédible, mais moi cela ne m’a pas choqué plus que cela. Sa demande est tellement froide et calculée, presque enfantine. Le dessin de Bermejo est magnifique, dans un style hyperréaliste, et les planches sont vraiment superbes. Un arc intéressant, à voir comme un bonus « deleted scenes » de la série originale.
Sin Titulo
L’avis de PAco est éloquent, mais j’en remets une couche. Je ne crois pas spécialement au coup de foudre BD, mais cet album me fit de l’œil de son étagère, avec son élégante couverture et son format à l’italienne. Le résumé au dos et le dessin finirent de me convaincre : l’union fut instantanée ! L’intrigue débute comme un polar assez classique, mais dérape rapidement et tombe dans le fantastique-horreur. Les rêves éveillés du protagoniste et la montée en puissance de la violence m’ont happé, et je n’ai pas pu reposer l’album avant d’en lire son dénouement. Alors certes, les réponses fournies ne sont que partielles et pas très cartésiennes, et d’une manière générale je ne conseillerais pas cet album aux amateurs de polars bien carrés où tout s’explique à la fin. PAco parle de Lynch, et là je crois que tout est dit. Mais moi je suis tombé sous le charme, c’est un album que je pense relire, ce qui ne m’arrive pas souvent. Le dessin est certes classique, mais élégant et maitrisé, et la couleur marron ajoute un cachet indéniable ;) Allez, un coup de cœur pour moi aussi !
Sin Titulo
"Sin Titulo", c'est le genre de thriller qui vous accroche d'emblée en vous chopant par le colbac pour vous trainer jusqu'à la fin d'un récit vécu comme une plongée dans un monde hypnotique qu'on ne maîtrise pas, où tout est dans l'ambiance et le ressenti. C'est prenant, flippant, un peu comme un Lynch mal digéré au p'tit dej et qui vous prend aux tripes. Cameron Stewart pause son style, impose son rythme avec une narration maîtrisée des plus efficaces et s'appuie pour ça sur une gaufrier de 8 cases qu'il ne lâche pas de bout en bout. Il vient le loger dans un format à l'italienne que j'affectionne énormément et qui donne son cachet à l'album. Graphiquement il développe un noir et blanc racé, tout en ligne claire où viennent se poser des aplats de noir profond et de sépia pour toute colorisation. Ambiance assurée ! Maintenant que je vous ai posé le cadre, attaquons le fond. Derrière une mise en bouche très réaliste, Cameron Stewart nous lance sur les pas d'Alex Mackay qui apprend le décès de son grand-père au bout d'un mois. A la suite de cette nouvelle des questions commencent à apparaître et le mystère à s'installer pour ne plus nous lâcher. Tout le monde plonge... Le rêve (ou cauchemar ?) semble rattraper la réalité pour aller flirter avec le fantastique... ou pas. Alex s'embourbe ; hypnotisés nous suivons, tout aussi largués que lui alors que tout s'accélère. On s'accroche, on résiste, on veut savoir... Et ? Et la réponse tombe. Ou plutôt une réponse... Je n'en dirais pas plus. Les amateurs d'histoires un peu alambiquées ou torturées y trouveront plus que leur compte. Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié le voyage, et je crois que je vais rapidement attaquer une seconde lecture pour en apprécier toute les subtilités. Hostile Holster a décidément de très bonnes cartouches en magasin ! On est loin des pétards mouillés que certains thrillers montés en épingle à coup de marketing nous offrent malheureusement trop souvent... Un vrai plaisir que cette lecture que je ramène d'Angoulême, en ayant même eu la chance de rencontrer Cameron Stewart le temps d'une dédicace. Je ne peux qu'en recommander chaudement la lecture !
La Guerre des Lulus
Ah la Guerre des Lulus, ou le conflit de 14-18 par le petit bout de la lorgnette, ou plutôt au travers du regards d'un groupe d'enfants... J'aime bien ce genre d'histoire, cela donne une autre dimension aux récits historiques. Les enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, mais ne sont pas forcément plus débrouillards que ceux de Seuls, par exemple. Certains argueront peut-être qu'ils ne comprendront pas pourquoi ils ne partent pas, fuyant cette guerre qui les dépasse (comme elle dépasse presque tout le monde) pour trouver un meilleur refuge plus loin, mais la réponse est évidente, car l'orphelinat, la forêt et le village attenant sont le seul univers qu'ils ont probablement jamais connu... La représentation de l'enfance me semble plutôt fine, et Régis Hautière se montre à la hauteur d'une posture qui aurait pu être casse-gueule, il s'en tire pas mal, même si je trouve que les enfants ne provoquent pas autant d'empathie qu'ils devraient. Dans le tome 2 il se passe beaucoup de choses, et le récit va sans doute prendre une tournure plus sombre après les mois d'insouciance... Côté dessin, Hardoc fait un super boulot, avec ce style semi-réaliste immédiatement accessible, une petite influence loisellienne bien digérée pour un trait plus net, plus assuré. Un choix de mise en scène qui m'a autant surpris que séduit, le fait de "filmer" les protagonistes à hauteur d'homme, comme s'ils étaient adultes, cela aide à identifier les héros et donc à bien rentrer dans le récit. Une autre particularité, certains décors sont déformés, un peu comme si on les regardait à travers une vitre faussant la perspective... J'attends la suite, qui s'annonce déjà (Hardoc vient de commencer le tome 3).
Quatre soeurs
Très bonne surprise que cette série... qui pourtant ne doit pas m'être spécialement destinée. Quatre sœurs raconte les aventures de... (perdu)... cinq sœurs, et là, déjà ma curiosité est titillée. Aucune précision ne nous est donnée pour expliquer cette incongruité... mais c'est le genre de petit détail qui me plait. Et puis chacune de ces cinq sœur n'a-t-elle pas finalement... quatre sœurs (si si, recomptez pour vous en convaincre) ? Le ton et la forme font résolument penser à la littérature pour adolescentes. Il s'agit d'ailleurs d'une adaptation. C'est simple, facétieux, empli de bons sentiments (même si l'une de ces cinq sœurs est quand même bien garce sur les bords), teinté de fantastique (elles sont orphelines mais toutes croisent au détour des couloirs de leur labyrinthique maison (un personnage à part entière, cette maison !) les fantômes de leurs parents) et respectueux d'une certaine morale. Franchement, c'est très agréable à lire. Chacune de ces sœurs est bien typée et attachante mais aucunes ne se ressemblent. Les caractères sont bien trempés mais les prises de bec ne sont pas méchantes. Cela pourrait donner un truc bien mielleux et pourtant il n'en est rien ! Non, c'est juste sympa, vif, spirituel à l'occasion, simple... chouette, quoi ! Le dessin contribue pleinement aux sentiments de fraicheur et de vivacité qui se dégagent de ces pages. Cati Baur parvient à garder une grande simplicité dans son trait et donc une immédiateté dans la lecture... tout en dotant ses cases de profondeur. Une profondeur qui n'apparait souvent qu'en seconde lecture. En définitive, et bien j'attends déjà la suite avec impatience ! Une série à découvrir, assurément, que vous soyez une jeune fille en fleur (comme moi) ou pas !
Restons digne !
On a là au niveau graphique et au niveau des sujets traités – et de la manière de les traiter, un album représentatif de ce que Charlie Hebdo peut produire. Avec une économie de moyens (décors, couleurs…), Faujour développe un humour cinglant, très noir et très cynique, que j’ai trouvé très bon. Même si beaucoup de dessins font référence à l’actualité de l’époque de production, ils sont souvent drôles en eux-mêmes, sans référence précise, j’ai bien ri à la lecture de cet album. Alors bien sûr ça ne donne pas dans la dentelle, et on ne cherche pas forcément la nuance ou l’argumentation, mais, avec un dessin à la Binet et un humour à la Reiser, on tient là une vision au vitriol de certains thèmes, comme le sexe, la politique, ou la connerie humaine en tout genre. Comme souvent chez les auteurs de Charlie Hebdo, la religion, l’armée et la police ne sont pas franchement mises en valeur. A lire donc ! Note réelle 3,5/5.
Les Seigneurs de Bagdad (Pride of Baghdad)
Dans une très belle édition, avec des dessins de félins magnifiques et des doubles planches de paysages variés aux couleurs homogènes, ce "seigneurs de Bagdad" permet de suivre une histoire dans l'Histoire. Bien sûr, la fin arrive trop vite et on regrette de devoir quitter ces animaux attachants.
Johnny Jungle
J'ai passé un agréable moment de lecture dans ce que je croyais être une bd typiquement humoristique. Il faut dire que la couverture ainsi que le personnage de Tarzan prêtent plutôt à sourire. Et pourtant, cela va plus loin et tout en subtilité. Nous allons avoir droit à une évocation de la vie de l'acteur Johnny Weissmuller qui a donné naissance au mythe mais avec un mélange des genres entre réalité et fiction. C'est assez bien orchestré avec de bonnes trouvailles. Le dessin est impeccable. On en redemande pour la suite qui clôturera ce diptyque. En conclusion, une biographie imaginaire qui a du punch, de l'humour mais également de l'émotion.