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Couverture de la série La Bulle De Bertold
La Bulle De Bertold

Voilà un album qui développe un univers assez original, futuriste – même si on souhaite ne jamais voir se réaliser ce monde froid et oppressant, dans lequel l’Intendance, dictature impersonnelle qui régit la société, punit les déviants en les amputant (la peine maximum consiste à amputer de tous ses membres le meurtrier ou le rebelle). Certaines des victimes de cette terrible répression se trouvent réunis dans un théâtre où, avec des prothèses, ils deviennent acteurs pour divertir la populace. Acteurs et cobayes, voire marionnettes, puisque les moindres de leurs gestes sont téléguidés, programmés. Au milieu de cette scène monstrueuse – on rencontre dans les rues des personnages proches de ceux de Tod Browning dans « Freaks », Bertold, dernier arrivant dans la troupe d’amputés, mène la révolte et apporte des sentiments là où ils étaient auparavant proscrits. J’ai vraiment aimé cet album de Science-Fiction (qui a reçu le prix Utopiales SF en 2005). on peut juste regretter que l'intrigue ne soit pas plus étoffée (comme la personnalité ou l'histoire des protagonistes), et que la fin soit un peu brutale. Mais je dois dire qu’en plus d'une intrigue intéressante, on a là un dessin vraiment très sombre et très beau. Ce qui fait une raison de plus de s’intéresser à cet album de deux auteurs argentins que je découvre ici, et qui m’incite à pousser jusqu’aux quatre étoiles !

28/08/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série La Mélodie de Jenny
La Mélodie de Jenny

Il est vrai que le dessin de ce manga est magnifique. Les personnages sont saisissants de réalisme notamment dans leur expression. C’est un style graphique que j’affectionne dans le manga. Cela élève tout de suite le niveau. La lecture devient un plaisir. Sur le fond, ces trois nouvelles connaîtront un dénouement à chaque fois tragique bien que les thèmes retenus seront toujours positifs. Il est question surtout de la rivalité entre le Japon et les USA et même de la guerre entre ces deux nations que tout va opposer. Cela nous donnera un point de vue assez intéressant pour reconnaître que les jaunes n’étaient pas tous des pourris dans l’âme. Il y a même une humanité qui est saisissante même si parfois, on ne comprend pas leurs choix. Dans la même situation, j’ai eu l’impression que j’aurais agi différemment. Mais bon. Le destin peut briser des personnes à tout jamais. Au final, une œuvre terrible et émouvante pour découvrir l’histoire mouvementée de l’Empire du soleil levant.

28/08/2014 (modifier)
Couverture de la série Mars !
Mars !

Voilà deux auteurs qui publient de plus en plus, et chez des éditeurs de moins en moins confidentiels ! Et qui se retrouvent une nouvelle fois pour un duo infernal, après leur collaboration réussie dans la série Z comme don Diego. Ceux qui ont lu et apprécié leur précédente production se retrouveront ici en terrain connu, puisqu’on y retrouve le même dessin de Fabrice Erre, grossier, un peu simple et difforme, voire caricatural, mais réussi et adapté à l’histoire ! Et surtout le texte de Fabcaro, qui fait le sel de cet album, que Fluide Glacial publie dans un format inhabituel pour eux, à l’italienne presque carré. Je résume rapidement l’histoire : la France envoie vers Mars une expédition de trois spationautes. Outre ces trois individus pas vraiment futés, on rencontre les huiles et autres techniciens assistant au décollage de la fusée, le président de la République essayant d’utiliser cette mission pour remonter dans les sondages (toute ressemblance avec un personnage actuel serait totalement fortuite !) et un couple de Français lambda commentant le tout devant leur téléviseur (couple ayant pas mal d’accointances avec celui des Bidochon !). J’allais oublier une femme de ménage… Vous l’avez compris, ce n’est pas un album historique ou scientifique… On a là une suite de strips de trois cases (deux séries par page) constituant une histoire complète. Chaque strip est conclu par un gag. Le ton est résolument à l’humour con, débile, mais vraiment assumé jusqu’au bout du bout. Tout n’est pas réussi (je n’ai pas vraiment aimé les gags tournant autour de la femme de ménage), mais la plupart sont quand même bons et l’album est plutôt poilant – si tant est qu’on aime ce genre d’humour crétin, ce qui est mon cas. Note réelle 3,5/5.

28/08/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série J'aurai ta peau, Dominique A.
J'aurai ta peau, Dominique A.

« Il ne faut pas souhaiter la mort des gens, ça les fait vivre plus longtemps. ». Quand on est l’auteur de tels textes, comment s’étonner de recevoir un courrier anonyme menaçant de vous faire la peau ? En même temps, quand on n’a pas la notoriété de Lady Gaga, on peut se dire surpris d’être menacé par un dingue… J’ai trouvé très originale l’idée de départ, consistant à faire d’un chanteur existant le personnage central d’un thriller sarcastique. Dominique A, personnalité très discrète à l’écart de l’arène frivole des « people », ne manque pas lui-même d’exprimer sa surprise et sa gêne en préface, « obligé de faire bonne figure auprès de [ses] amis que ça faisait marrer. » Et marrant, pour sûr ça l’est… La présence de Philippe « Louxor » Katerine, « copine » du chanteur à la scène comme à la ville, ajoute une touche loufoque à ce récit peu conventionnel. Tout comme le fan éperdu, sosie plus vrai que nature de son idole, qui le suit comme son ombre, ne faisant que renforcer le malaise du sieur A. Plutôt bien construite, cette histoire bénéficie d’un graphisme innovant, avec des couleurs décalées à l’assemblage très arty. Ce n’est pas si courant en BD et c’est très plaisant à voir. Et comme je le disais, il y a pas mal d’humour, avec quelques répliques bien senties, par exemple lorsque Katerine justifie la lettre de menaces adressée à son pote : « Vingt ans de chansons d’auteur ! Mais ça a dû finir par énerver quelqu’un ! ». Sans jamais trouver le temps long jusqu’au dénouement, on finira par découvrir que le mobile du corbeau était on ne peut plus prosaïque… On peut dire que les auteurs l’ont un peu malmené le pauvre Dom, mais c’est sans doute parce qu’ils l’aimaient bien. Pourtant, le principal intéressé s’est prêté au jeu, avouant avec humour en préface n’avoir pas voulu passer pour ce qu’il était s’il ne l’avait pas fait. Ah ah ! On pourra en conclure qu’il n’est pas si austère que ça, A…

27/08/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série L'Outremangeur
L'Outremangeur

Cela faisait un petit moment que je voulais découvrir cette BD et bien m’en a pris. L’histoire est originale avec trois beaux personnages tout en pudeur : l’ombrageux commissaire Séléna, qui soigne sa déprime par la boulimie, la jeune Elsa, belle et hautaine, soupçonnée d’avoir tué son père adoptif, et la voisine, Gabrielle, brisée par la perte de son compagnon injustement assassiné dans une affaire de drogue. On comprendra peu à peu ce qui lie si mystérieusement ces personnages et pourquoi Séléna impose à Elsa ses têtes-a-têtes quotidiens en échange de sa liberté. Les non-dits, très bien exprimés par le cadrage et le dessin réaliste de Ferrandez, y apparaissent presque plus importants que les mots, qui en quelque sorte ne servent qu’à expliquer l’intrigue. Face à ces mots qui font souvent si mal, les silences et les regards semblent être les seuls remèdes pour apaiser les blessures des trois protagonistes. En somme, une très belle histoire parfaitement menée, qui démontre que la force de caractère, en l’occurrence celle dont fait preuve le commissaire, peut faire des miracles lorsqu’elle est gouvernée par l’altruisme. En outre, ceux qui souffrent de surpoids pourraient sans aucun doute y trouver quelques clés, en admettant que l’aspect du récit consacré à cette problématique soit aussi réaliste qu’il n’y paraît.

27/08/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Le Sermon du Tengu sur les arts martiaux
Le Sermon du Tengu sur les arts martiaux

Les éditions Budo, spécialisées dans les arts martiaux, développent leur catalogue en proposant des adaptations fidèles des grands classiques de la littérature japonaise en version manga. Ayant pratiqué judo et aïkido pendant plusieurs années, j’étais curieux de voir ce que pouvaient donner ces versions illustrées de grands textes japonais sur le sujet car tout en méconnaissant les textes originaux, les préceptes et les idées philosophiques qui fondent ces pratiquent ne m’étaient pas inconnues. C’est donc avec cet album que j’ai attaqué mes lectures, attiré par une couverture intrigante. Et cette adaptation de l’œuvre de Issai Chozanshi proposée par le scénariste écossais Sean Michael Wilson et illustrée par la japonaise Michiru Morikawa m’a fait plutôt bonne impression. A travers l’enchaînement de courtes histoires de personnages croisant la route d’animaux ou de créatures fantastiques, on (re)découvre les préceptes et les bases qui fondent la voie qui devrait servir de fil rouge aux pratiquants de ces arts martiaux. Si certains passages pourront sembler plus clair à quelqu’un possédant déjà quelques notions des sujets abordés, l’ensemble reste très accessible et permet au débutant ou au non initié de poser les premiers jalons d’une voie à suivre pour parfaire son développement personnel. Il est d’autant plus aisé de se laisser bercer par ces petites histoires que le dessin de Michiru Morikawa est vraiment bon et agréable. On sent beaucoup de recherche dans le découpage des planches et un souci de s’accorder au texte pour produire une narration fluide : une quête là aussi d’un équilibre plutôt bien réussie, surtout quand il s’agit parfois d’illustrer des concepts ou des idées loin d’êtres figuratifs… Le découpage de cet album comptant quand même 160 pages en courts récits est aussi agréable, car il permet de fractionner sa lecture, de prendre le temps et de laisser à ces idées et ces préceptes le temps de faire leur chemin avant d’attaquer le suivant. Enfin, la postface qui clôt ce recueil (qui aurait eu à mon goût autant sa place en préface) est très bonne. Courte, concise, elle remet en seulement 3 pages tout ce qui nous a été développé en image en perspective en apportant des précisions historiques et sociétales qui peuvent échapper aux occidentaux que nous sommes. Vous l’aurez compris, ce « Sermon du Tengu » est donc une très bonne surprise parmi mes lectures de cet été. Je ne peux qu’en recommander la lecture, que vous soyez pratiquant ou non d’un art martial.

26/08/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Fagin le Juif
Fagin le Juif

C’est en examinant les illustrations des éditions originales d’Oliver Twist que Monsieur Eisner, lui-même d’origine juive et contemporain de la Seconde guerre mondiale, se mit en tête de combattre les stéréotypes persistants sur l’ethnicité juive, notamment en publiant cette BD inspirée du célèbre roman victorien. Faisant preuve d’honnêteté, il reconnaît lui-même avoir été victime de ce type de préjugés à ses débuts en mettant en scène un jeune afro-américain dans sa série The Spirit, ce qui l’oblige à une certaine indulgence vis-à-vis de Dickens. Lorsqu’il le fait intervenir comme personnage à la fin de l’histoire, il laisse éclater sa colère contre l’écrivain anglais par le biais de Fagin, décrit dans Olivier Twist comme un « criminel juif », mais se met également dans la peau de Dickens en lui faisant dire que si son roman manquait d’équité, il avait été écrit sans arrières pensées antisémites, seulement pour témoigner d’une réalité sociale. Il faut savoir qu’à l’époque de sa publication, son auteur avait tenté de modifier les passages les plus sensibles, mais il était déjà trop tard… On comprend l’agacement de Will Eisner en consultant ces illustrations du XVIIIème et XIXème siècles reproduites à la fin du livre, tout à fait conformes à l’odieuse propagande hitlérienne mais peu dérangeantes avant la Shoah. Bien que vivant sur le sol européen, les Juifs y sont systématiquement dépeints avec des traits sémites, le corps vouté et la mine patibulaire, ayant toujours l’air de manigancer une affaire juteuse, tandis que les « Européens » ont fière posture, sont dotés d’un visage rond et un nez fin. A cet égard, Eisner nous prodigue un petit cours judicieux sur l’histoire du judaïsme en Angleterre, rappelant que les premiers Juifs venus dans ce pays étaient séfarades et, ayant dû fuir l’Inquisition en Espagne et au Portugal, purent s’assimiler sans mal à la faveur d’un commerce florissant. A l’inverse, les Ashkénazes, chassés par les pogroms d’Allemagne et d’Europe de l’est, n’arrivèrent que beaucoup plus tard (au XVIIIème). Si leur physionomie pouvaient les faire passer inaperçus dans la population, ils étaient en revanche appauvris et analphabètes, ce qui les confinait dans des quartiers sordides où ils devaient voler pour survivre. Pour Dickens, Moses Fagin ne pouvait être qu’ashkénaze, donc loin du portrait qui en a été fait dans Oliver Twist, et c’est ainsi qu’il l’a représenté dans sa bande. A partir de ce personnage, Will Eisner a ainsi recréé un récit à part entière, où l’on suit avec empathie le vieux bandit depuis son enfance jusqu’à sa vieillesse (alors qu’il vient d’être condamné à la pendaison), en passant par son séjour au bagne. C’est mené tambour battant, avec ce sens du rythme et de l’ellipse propre à l’auteur qui sait comme personne conter des histoires avec cette charmante touche désuète. En noir et blanc comme d’habitude, le trait, précis et enlevé, est toujours agréable à détailler. Une œuvre salutaire à lire voire à enseigner dans les écoles !

26/08/2014 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Mort au Tsar
Mort au Tsar

Après le très réussi La Mort de Staline Fabien Nury & Thierry Robin nous reviennent avec "Mort au Tsar", véritable chronique d'une mort annoncée du Grand Duc Sergueï Alexandrovitch, gouverneur général de Moscou et accessoirement oncle du Tsar Nicolas II, en 1905. Fort bien documenté, on entre dans l'intimité des Romanov et on suit avec avidité l'instant fatal. Dans une Russie où les prémisses de la révolution d'octobre se font sentir, Fabien Nury nous propose là un récit haletant, surprenant (les lettres de menaces de mort, par exemple, sont d'une grande courtoisie) et réussit presque à rendre le Grand Duc sympathique. Le style de Thierry Robin colle parfaitement à l'histoire, avec des doubles pages saisissantes sur l'armée tirant sur la foule. Proposé sous la forme d'un diptyque, cet album peut toutefois se lire comme un one shot. (le second volume sera, je crois, la même histoire sous l'angle des scélérats - terme regroupant les anarchistes et les révolutionnaires- chez les Romanov). Un très bon album pour débuter cette rentrée.

26/08/2014 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série La Chute d'un ange
La Chute d'un ange

Paris 1948, ce one shot commence par deux morts apparemment sans lien l’une avec l’autre. Notamment celle d’un influent homme de presse, assassiné chez lui par un rôdeur. L’histoire tourne autour de cet assassinat et de l’enquête de police qui va devoir l’élucider. On suit pas à pas l’avancée de l’enquête. Celle-ci s’avère très crédible : des recherches menées jusqu’aux interrogatoires en passant par la découverte d’indices puis de suspects : tout se tient. L’ambiance de ce Paris d’après-guerre est également bien rendue. On a entre les mains un bon polar avec une intrigue intelligemment construite… jusqu’au dénouement que je n’avais pas vu venir. La fin est surprenante, fortement bien trouvée et vient bouleverser quelques certitudes. Un retournement final efficace et très bien vu qui fait basculer une BD de pas mal à franchement bien. Contrat rempli.

26/08/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Kanopé
Kanopé

J’ai lu ce récit de science-fiction sans a priori malgré une couverture peu engageante. Je dois bien avouer que cela m’a bien plu. L’auteure est pourtant une novice en la matière. J’ai envie de lui dire qu’elle a franchement réussi son pari tant au niveau de la forme que sur le fond : en un mot « bravo ! ». Voici une histoire originale qui m’a littéralement séduit. L’avenir de la planète est plutôt bien pensé car il est clair que l’accroissement de la population mêlée à l’épuisement des ressources naturelles et l’impossibilité de rejoindre d’autres planètes beaucoup trop éloignées vont conduire à une situation catastrophique. Paradoxalement, alors que les plantes et les animaux ont disparu de la surface de la planète, l’Amazonie a été préservée grâce à un accident nucléaire. C’est dans ce contexte qu’on va se plonger dans ce récit passionnant. 124 pages de pur bonheur dans un monde post-apocalyptique d’un genre nouveau. Je n’ai qu’un seul souhait : retrouver les aventures de cette femme mi-sauvage. J’espère qu’un jour une suite sera envisagée. C’est un excellent divertissement mais qui appelle également à une réflexion écologique sur l’avenir de la planète. Bref, une belle découverte !

26/08/2014 (modifier)