Les derniers avis (32031 avis)

Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Harpignies
Harpignies

Harpignies était un célèbre peintre du XIXème siècle connu pour ses représentations de la nature. Il aimait peindre les arbres et les paysages. Son nom est tombé dans l’oubli car il y a eu une succession de vagues et de courants plus modernistes qui ont entériné cette manière de peindre. Pour autant, il a connu le succès de son vivant en étant de multiples fois décoré par la IIIème République. C’est tout l’itinéraire d’un artiste oublié ! Son descendant est un jeune adulte qui se trouve être l’un des deux auteurs. Sa famille a dû vendre aux enchères l’un des derniers tableaux qu’elle possédait pour des raisons de moyens. A partir de ce fait, les auteurs ont élaboré une histoire qui n’a plus rien d’autobiographique à moins que. Il s’agissait de faire le lien entre deux êtres qu’une centaine d’années séparent et qui ont pour goût commun à la fois la musique et la peinture. J’ai bien aimé l’originalité de ce récit fantasmé qui nous fait alors sortir de l’ombre un honnête peintre. Son successeur ne sera pas si honnête que cela s’il n’était pas tombé sous le charme venimeux d’une belle jeune femme aux accents vénaux pour devenir un vulgaire faussaire. Outre ce faux pas, ce couple va pouvoir s’en sortir grâce à la créativité musicale. Le trait du dessin m’a littéralement séduit malgré son classicisme style Hergé. C’est assez bizarre moi qui suis un adorateur du trait réaliste. On arrive à ressentir les émotions des personnages. Il y a comme quelque chose d’assez sensuel. Bref, on est tout de suite captivé par une histoire vivante et sensible sur le croisement de deux destins.

25/08/2014 (modifier)
Couverture de la série Jack L'Eventreur (Soleil)
Jack L'Eventreur (Soleil)

Cette histoire de Jack l'Eventreur, je la connais par coeur, j'ai lu des tas de bouquins, vu des docs sur des chaînes câblées, et plusieurs films. Je n'ai pas lu heureusement From Hell, et je ne sais pas si je le lirai, mais lorsque j'ai ouvert le tome 1 de ce diptyque, j'avais l'étrange impression d'avoir vu le même traitement ailleurs. Il s'agit d'une très bonne adaptation du TV-film du même titre réalisé en 1988 par David Wickes, co-prod anglo-U.S. de prestige où Michael Caine incarnait l'inspecteur Frederick Abberline ; ce TV-film a été diffusé soit en 2 parties de 2h, soit en mini-série de 4 épisodes, il a été vendu et salué dans plusieurs pays, récoltant de nombreux prix dont un pour Caine qui y livre une interprétation particulièrement brillante. On retrouve donc dans cette Bd les mêmes personnages, outre Abberline, son adjoint George, le commissaire Warren, Lusk le chef du comité de vigilance, avec le même discours de lutte des classes ; on entrevoit aussi furtivement l'acteur Richard Mansfield qui joue sur scène "Dr Jekyll et Mr Hyde", et bien-sûr les infortunées prostituées victimes de l'Eventreur. La Bd joue sur le même registre trottoirs mouillés, rues sombres et enfumées par le smog, aspect grouillant et ambiance populaire du Whitechapel de 1888. Le dessin restitue parfaitement tout ça, de même que la mise en page, les cadrages, les angles de vue un peu tordus contribuent à une sorte de malaise troublant et de frisson imprégnés dans les murs humides de ce quartier sordide des docks londoniens. L'histoire suit les grandes lignes des faits connus, mais s'écarte légèrement du TV-film qui proposait une théorie audacieuse, mais plausible. Ici, la fin est beaucoup plus troublante, sinon j'y ai retrouvé la même fascination pour le macabre et le caractère morbide qui circulent sur le mythe sanglant de Jack, à une époque où Londres est une ville monstrueuse, tentaculaire et rongée par la misère et la débauche des bas-quartiers. L'imagination romanesque a fait de cette histoire criminelle l'une des plus grandes légendes urbaines de tous les temps, et une des figures les plus étonnantes du folklore britannique. Le tome 2 embraye sur un autre récit qui n'a plus rien à voir avec le fameux TV-film, mais qui est une continuité du tome précédent, Abberline se rendant en France pour enquêter sur des meurtres similaires à ceux de Jack. La fin de ce tome renvoie habilement au tome 1, mais la théorie choisie du coupable pourra surprendre, surtout avec sa dernière phrase. J'aime bien le dessin un peu torturé qui correspond aux ambiances troubles de cette époque, et il est amusant de voir des monuments célèbres qui en 1888, étaient encore en construction tels le Tower Bridge de Londres (avec une double page spectaculaire) ou le Sacré-Coeur de Paris. Narration et dessin, tout est bon, tout est réuni pour savourer une Bd de qualité.

24/08/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Salammbô
Salammbô

Ben oui je sais je suis le premier à mettre un avis aussi favorable sur cette série. Dans ces années là, Druillet était un ovni et en même temps une de ses planches était reproduite dans mon livre de français, ce qui d'ailleurs m'a fait le découvrir. A l'époque mais quelle claque!, pour changer ça changeait! En plus il se trouve que j'avais lu Salammbô qui au delà du style (plutôt bon d'ailleurs), racontait l'histoire d'un barbare amoureux et qui pour une prêtresse se révoltait contre Carthage. Récits de batailles qui m'ont marqué. Alors voir un type qui racontait cette histoire en BD avec ces images là et en plus la transposait dans un monde de SF...RhaaaLoveli. Oui c'est chargé, mais j'aime. Les décors où souvent les corps s'entremêlent fourmillent de détails, les lettrages parfois difficiles à lire sont fait dans une écriture novatrice pour l'époque, bref vous l'aurez compris j'aime tout. Même les couleurs ne me rebutent pas. Mon seul regret, que Druillet n'est pas été réalisateur, mais alors quel film!!! Bon en plus vous avez vu mon pseudo

23/08/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Konungar
Konungar

Classée en Médieval-Fantastique, cette série aurait pu trouver sa place dans la Fantasy. Mélange de mythologies nordique, grecque où l'on retrouve les centaures, les guerriers berzerkers mais aussi des trolls; on aurait pu imaginer que cela crée un grand fourre tout un peu indigeste. Au final il n'en est rien, le scénario est parfaitement maîtrisé et l'on suit cette histoire avec beaucoup de plaisir. Alors certes les filles sont belles et les mecs balèzes, mais ça aussi ça fait partie des codes. Au dessin Juzhen, que je ne connaissais pas, assure. Il fait même beaucoup plus (à suivre).

23/08/2014 (modifier)
Couverture de la série Lance Crow Dog
Lance Crow Dog

A première vue, cette série développe des situations très classiques avec des personnages un peu stéréotypés et quelques clichés inévitables dans ce type de Bd policière. Son personnage principal d'enquêteur métis du FBI, avec une moitié Sioux oglala et une moitié irlandaise, peut le rapprocher un peu de James Healer (aide à la police tribale, recherche des racines, enquêtes dans une nature sauvage...), sans compter qu'il est très attachant, ainsi que son équipière Helen. Et puis finalement, on s'y laisse prendre, ces enquêtes développent une ambiance intéressante au sein de superbes paysages, et livre quelques infos sur la culture indienne. De plus, le dessin est joli, le tout est solide et permet une lecture agréable et sans ennui. Cette série m'a beaucoup fait penser à Coeur de Tonnerre, polar social de 1992 avec Val Kilmer, Sam Shepard et Graham Greene, où avait lieu une enquête trouble au sein d'une réserve Sioux du Dakota ; ce film dénonçait en même temps le désespoir, l'alcoolisme et la misère qui minent certaines réserves indiennes de nos jours. On retrouve dans cette Bd quelques éléments identiques. Au final, cette Bd qui n'était pas partie pour m'enthousiasmer particulièrement, se retrouve avec 4 étoiles, j'assume pleinement cette note...

23/08/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série IAN
IAN

Avis portant sur l'intégrale N&B Voilà une BD très sympa et même plus, sur le thème des I.A. Une histoire qui n'est pas manichéenne, où le héros n'est pas brut de décoffrage. Il se pose des questions sur ce qu'il est, sa place dans un monde normal. Pas de grandes envolées philosophiques prises de tête, mais juste de quoi nous permettre d'adhérer au personnage. Le dessin dans sa version noir et blanc passe beaucoup mieux qu'avec la couleur, il est très fluide et agréable. A noter une préface de Moebius et une interview des auteurs en fin.

23/08/2014 (modifier)
Par mcfly
Note: 4/5
Couverture de la série Trois Christs
Trois Christs

Bajram est ici très loin de UW1/UW2. Pourtant encore une fois l'auteur explore une piste avec intelligence. Pour ma part, cette BD est un exercice de style tant au niveau graphique que narratif. L'idée sous-jacente est de montrer au lecteur comment des faits peuvent être déformés à partir des mêmes images et des mêmes textes, en racontant 3 versions très différentes de l'histoire du linceul du christ. Un peu comme ce brave Sean dans le film "12 hommes en colère" qui arrive à retourner en la faveur de l'accusé des éléments qui semblaient jouer, au départ, contre lui. J'insiste sur le fait que les 3 récits présentés par l'auteur sont logiques, même le troisième, pourtant ce dernier est jugé ridicule quand on le lit. Je crois que c'est d'ailleurs l'objectif de Bajram pour qui cette troisième version, vraisemblablement celle présentée par l'église, qu'il éclaire par des faits scientifiques, se retrouve dénuée de tout fondement et ridicule. C'est une démonstration par l'absurde "à la Bajram"... En bref, cette BD n'est malgré tout pas un coup de cœur, mais vaut très certainement le détour si on comprend comment elle a été construite (ce qui est expliqué en annexe).

23/08/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Les Larmes d'opium
Les Larmes d'opium

Il a fallu un vide grenier pour que je fasse l'acquisition de cette série et c'est franchement bien. Etonnant de trouver ce petit bijou, à l'époque je ne l'avais pas vu passer. Le truc sympa c'est la construction du récit qui nous montre un homme qui ne dit pas un mot mais dont on sent qu'il a vécu des choses terribles. Peu à peu on découvre ce qui va le pousser à accomplir une vengeance pour laquelle il n'avait pas calculé tous les enjeux. Ca avance rapidement, sans temps mort. Le découpage et le dessin en couleur directe est vif et incisif. Un très bon polar passé un peu inaperçu à sa sortie qui mérite d'être (re)découvert.

22/08/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Anahire
Anahire

Voilà une série très originale de par son scénario et son graphisme. Dans une cité repliée sur elle même, les habitants vivent dans un domaine de castes avec au sommet un "clergé" d'"artisans", "d'esthètes" chargés de mettre à mort tel ou tel selon un système arbitraire. Le début de 1er tome demande de s'accrocher, pas facile de s'y retrouver avec ce foisonnement de personnages. Je ne suis pas du même avis que ceux qui pensent que cette série aurait gagné à se conclure en deux tomes. Au contraire cela permet aux auteurs d'installer leur monde qui est très fouillé. Après l'histoire est bien sûr ce qu'elle est mais je n'ai pas eu l'impression que cela traînait en longueur. Au niveau du dessin, c'est vraiment magnifique. Dans les décors de la cité d'Anahire, dans les costumes tout est très travaillé. Il est d'ailleurs à regretter que le tome 4 diffère un peu des précédents, le trait devenant plus propre. Au final voilà une série qui sort de la production habituelle, aussi originale et plaisante par son histoire que par son traitement graphique. A acquérir.

22/08/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Block 109
Block 109

Pas franchement un adepte des jeux vidéos dont il s'inspire par moment je trouve cet album franchement bien foutu. L'uchronie est ici élevée au rang de grand art et surtout parfaitement maîtrisée. Le scénario est très ambitieux, il construit une histoire où Hitler est mort dans un attentat mais où le pouvoir nazi est toujours en place. Hormis L'URSS tous les autres états ont été vaincus, et il s'agit ici d'une lutte de pouvoir au sein des instances dirigeantes du IIIème Reich. L'intrigue est complexe et demande un peu d'effort surtout qu'à certaines case le dessin peut se révéler approximatif au niveau des visages. Le dessin qui utilise beaucoup de sépia est dynamique, en fait à certains moments on se croirait à lire un story board de film ce qui ne nuit en rien à le qualité de l'ouvrage. A lire et à faire connaitre.

21/08/2014 (modifier)