Commençons par le dessin sur lequel je ne m'attarderais pas sauf à dire qu'il nous offre de magnifiques planches, de ce côté tout est donc OK.
C'est l'histoire qui m'a fait mettre cette note plus basse que la moyenne.
Lorsque l'on aborde la question des voyages dans le temps il faut tenir sa barque, on peut vite se casser la gueule. Je ne dirais pas que c'est le cas ici mais il me semble que pour nous faire passer la pilule D. Bajram s'est astreint à quelques circonvolutions qui n'allègent pas le propos. Qui à certains moments ne s'est pas retrouvé un poil paumé, je dit bien un poil, pour bien comprendre quand et où se trouvait tel ou tel personnage?
Après l'auteur tient sa barque, on s'intéresse à ses personnages un brin caricaturaux et l'ensemble tient la route.
Alors au final cette longue série se laisse lire avec plaisir, l'intrigue avance bien, un conseil de lecture pour amateurs de space opéra.
Après le remarquable diptyque La Mort de Staline, Fabien Nury et Thierry Robin revisitent une partie de l’histoire russe.
Moscou 1905, Sergei Alexandrovitch gouverneur dirige la ville avec autorité et va commettre un acte qui va précipiter sa perte.
Le récit de Fabien Nury, axé principalement sur les tourments de Sergei Alexandrovitch, est très bien mené, la trame principale de l’histoire est conforme à l’histoire même si je n’ai pas retrouvé certains faits dans des sources historiques.
Le dessin est très expressif, une mention spéciale pour le personnage principal dont les états d’âmes sont pratiquement lus sur son faciès, une très bonne dynamique de l’ensemble, plans rapprochés, éloignés, identification facile des personnages, diversité, enfin bref un dessin remarquable.
Incontestablement un des meilleurs opus de la série. Fatman nous plonge dans une sombre histoire remplie de coups tordus au sein de la mafia new yorkaise. Tout en flegme britannique Fatman, un roi de l'évasion dans son pays, se déplace au milieu de cette faune de truands avec beaucoup de nonchalance. Dans la deuxième moitié de l'histoire on voit bien qu'il ne faut tout de même pas trop le chatouiller et tout va crescendo jusqu'à un final très onirique où tous les éléments se mettent en place. On y retrouve le personnage de la jeune femme stressée en confidente de la dernière heure.
Le scénario est extrêmement bien maîtrisé, original et fluide. Du bon polar, si vous deviez n'en acheter qu'un seul de la série ce serait celui ci.
Dans Vivre vieux et gros, parodie décapante des ouvrages de développement personnel, Michel s’improvise coach en obésité féline. Dans Michel un chat sauvage, le matou doit quitter le doux confort de son appartement en ville pour suivre ses maîtres à la campagne, un monde inconnu plein de dangers et peuplé de chats sauvages… non castrés ! (les plus agressifs)
Signée de Leslie Plée, qui s’était fait connaître en 2009 en relatant via son blog son expérience peu concluante de libraire dans l’industrie culturelle (Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses), cette petite série est drôle et rafraîchissante. Le trait est savamment épuré. Car l’auteure exploite avec talent ce minimalisme stylé qui permet d’exprimer beaucoup avec un minimum d’effets, appliqués davantage sur le regard de son chat. Le minet possède quantité d’expressions – souvent rigolotes - qui s’accordent à merveille avec des textes caustiques, produisant ainsi un effet comique garanti.
Ça se lit très vite et avec jubilation, bref, ça se déguste sans faim comme un « tapas » à l’heure de l’apéro, justifiant ainsi pleinement le nom de la collection. En ce qui me concerne, aucun chat ne m’avait autant fait marrer depuis l’odieux Garfield. Mince, je crois que j’ai un faible pour les chats roux (et obèses).
Après l'indispensable Bone, revoilà Jeff Smith avec un projet tout aussi surprenant.
En effet nous suivons les traces de Rasl, scientifique qui a découvert un étrange secret lui permettant de voyager entre les dimensions, et qui parvient à subvenir à ses besoins en trafiquant des oeuvres d'art. Mais cet avantage n'est pas sans conséquences, car chaque voyage l'affaiblit physiquement, et les créatures qu'il rencontre au fil de ses voyages ont un petit côté flippant, comme cette fillette...
A l'issue du premier volume l'histoire est teintée d'étrangeté, Jeff Smith ayant décidé d'en garder sous la semelle. C'est intrigant presque de bout en bout, on a encore peu d'éléments d'explication sur la Dérive, sur le tueur qui suit Rasl...
Graphiquement c'est très différent de Bone. On est dans un style semi-réaliste, et un environnement plus nettement urbain. Smith élargit sa palette, aidé aux couleurs par Steve Hamaker et Tom Gaadt.
A suivre...
Voilà donc de la BD pour adultes dont la lecture n'a rien de réjouissant, disons même qu'elle est franchement déprimante. Ceci dit les BD ne sont pas forcément toutes faites pour nous faire marrer. Ici Loisel, dont le dessin et les couleurs sont juste impeccables, ne fait pas dans la dentelle puisqu'il convoque pratiquement tous les travers de l'âme humaine.
Aussi bien dans le Londres qu'il décrit que sur l'île, les personnages se débattent entre veulerie, trahison, mensonge, leur but étant d'asservir l'autre.
Peter veut être le chef, Clochette, ah Clochette!, ne pense qu'à son bonheur, etc , etc.. Si l'on y regarde de plus près le seul bon de l'histoire c'est ce brave Mr Kundal et à mon sens dans une moindre mesure le Capitaine Crochet, même s'il est rattrapé par ses vieux démons à la recherche d'un trésor.
Walt Disney à côté c'est de la gnognotte! Ici c'est violent, voire nauséeux par certains aspects. Alors pour cet ancrage dans une réalité dérangeante mais hélas reflet du monde de l'époque et au combien actuel, je conseille vivement la lecture de cette série qui se doit de figurer sur vos rayonnages.
Que voilà un bien étrange one shot. Dufaux au scénario et Penet au dessin. Donc on se dit Dufaux, gage de qualité. Penet je ne connaissais pas, mais pour moi c'est une bonne découverte, le trait est très agréable et ses vampires sont diablement sexy de quelque bord qu'ils soient.
Donc, Joseph Staline au faîte de sa carrière se retrouve confronté à son passé. Non loin du camp où il était prisonnier politique du tsar, (le goulag est une vieille invention), se trouve un musée dans lequel, surveillé par le peintre qui l'a réalisée, se trouve une toile sur laquelle figure outre Staline, ses vieux camarades de jeunesse, d'avant la révolution.
Mais ces bons camarades s'effacent, disparaissent de la toile. Sur celle-ci figure également une mystérieuse jeune femme
L'on apprendra que si Staline s'est évadé du camp où il était prisonnier c'est en fait grâce à l'aide d'un vampire et de sa bande. Ils sont immortels bien sûr, Staline aurait voulu être comme eux, mais ceux-ci, plein de sagesse prémonitoire, lui prédisent un avenir où il n'aura pas besoin de l'immortalité des vampires pour rester dans l'histoire des hommes.
A ce stade ce que je pourrais dire de plus serait spoiler le récit. Venons-en au fond puisque la forme comme je l'ai dit, tant graphique, mise en page et couleurs me parait adéquate.
Je suis totalement incapable de mettre une note à cette heure, mais oui je sais, oh site chéri, qu'il va falloir que je me décide, j'oscille entre le pas mal et le franchement bien.
Staline et les vampires ; Du sang au goulag ; Staline, un amour de vampire, etc...
Dans tous les cas Mr Dufaux, chapeau ! Mais où vont-ils chercher tout ça ? Bon je vois bien l'idée ! Staline, vampire refoulé n'est devenu ce qu'il était qu'à cause d'une frustration de jeunesse, qui plus est vécue dans une période traumatisante de sa jeunesse. OK, je prends, au moins ça casse l'hagiographie (j'espère qu'ils en ont envoyé deux ou trois exemplaires Place du Colonel Fabien).
Allez je me décide et pour cette dernière blagounette je mets la note ci-dessus pour l'idée et un dessin au top pour moi.
Avec Compagnon, cet album était celui de la collection Before Watchmen que j'étais le moins pressé de lire. Laurie Jupiter est en effet le personnage qui m'a le moins intéressé dans le chef d'oeuvre d'Alan Moore et de savoir que le récit se situait en plein Flower Power avec une part importante de la communauté hippie et des drogues dans son intrigue, ça ne me motivait pas du tout.
Eh bien j'avais tort, car ce fut une excellente lecture, presque aussi bonne à mes yeux que Minutemen, le meilleur album de la collection à mes yeux.
D'abord il y a l'excellent dessin d'Amanda Conner. Très soigné et très agréable, il donne aux personnages des visages et expressions excellentes. La jeune Laurie notamment est rendue très expressive et très attachante.
Ensuite il y a un scénario parfaitement bien mené. Il redonne vie d'excellente manière aux anciens Minutemen vieillissants, Sally Jupiter, Hollis Mason et un Comédien plus détestable que jamais. Mais surtout il donne une vraie profondeur et intérêt au personnage de Laurie, avec une jeunesse très mi-figue mi-raisin sous l'influence d'une mère trop possessive et exigeante mais pourtant indéniablement aimante, puis une adolescence rebelle où elle va découvrir par elle-même son envie de devenir justicière.
L'intrigue mélange récits d'adolescence dans les années hippies et peu à peu enquête policière et combat contre un dangereux complot bien intégré dans cette époque si spéciale.
Après un récit dense et bien agréable, j'ai particulièrement apprécié la conclusion du récit, la métamorphose et le retour de Laurie devenue pour de bon le Spectre Soyeux, tout en restant jeune d'esprit et prête à tomber amoureuse du Dr Manhattan. Avec les mêmes qualités que la lecture de Minutemen, je trouve que ce récit est à la fois très respectueux de l'oeuvre de Moore tout en l'approfondissant et en lui apportant une facette supplémentaire, rendant ici le personnage du Spectre Soyeux particulièrement attachant et sympathique.
Ah, et j'ai aussi bien aimé les quelques touches humoristiques en clins d’œil aux évènements futurs imaginés par Moore, comme notamment la réflexion "je ne sortirai jamais avec un gars comme ça : trop ringard !".
Bref, je suis heureux de pouvoir ranger cet album à côté de Watchmen dans ma bibliothèque.
A la découverte du premier tome de cette série, je me suis trouvé subjugué.
Comme il l'avait déjà fait pour Blues 46 par exemple, Eric Stalner renoue avec la couleur directe et offre des planches magnifiques dessinées sur des papiers de différentes couleurs, ce qui ne doit pas être si fréquent et permet de créer des jeux de lumières absolument superbes et joliment nuancés. Le décor bucolique et champêtre de la Sicile à l'aube des années 50 se prête fort bien au ton contemplatif du départ de la série et le scénario n'est pas en reste puisque dès que l'histoire se lance, on s'attache aux personnages, touchants et très expressifs. Enfin, autre point capital, le fantastique s'insère dans l'intrigue de façon originale et captivante : via un film amateur d'origine inconnue, en noir et blanc, tourné au sein d'un décor irréel et enchanteur.
Et vraiment, on ne dira jamais assez à quel point cette première apparition de personnages fantasmagoriques dans le premier tome est remarquable. Le plus beau fantastique est celui qui demeure inexpliqué : il émane de ce jardin étrange et hors du temps capturé sur ces images mouvantes une nostalgie et une innocence profondes, qui renvoient à un imaginaire collectif romantique et sublime. Cette rencontre improbable entre deux mondes crée une émotion difficilement descriptible. Des sentiments comparables m'avaient étreint en finissant le premier diptyque d'Algernon Woodcock, ou durant le premier tome de Sasmira, par exemple (lorsque Stan découvre le domaine abandonné, dans une ambiance crépusculaire et romantique à souhait), mais rares sont les auteurs à avoir réussi le mélange réel/fantastique avec une telle grâce et sans jamais tomber dans le commun ou le vulgaire.
Le premier tome est donc une véritable découverte, et l'enchantement se poursuit avec le second, moins contemplatif mais intelligemment rythmé et qui permet aux protagonistes de se révéler davantage.
Hélas ! Cette BD échappe à la mention "coup de coeur" du fait de son troisième tome, où l'action se déroule trop vite et dans lequel certains raccourcis semblent utilisés. Il faut dire que le succès de la série n'a pas été au rendez-vous et que Glénat a imposé à Stalner une clôture sur ce troisième tome, alors qu'un quatrième était prévu. Hélas, cela se sent : la "grande chasse" est violente et sans merci, mais finalement très brève. Des personnages disparaissent sans qu'on ait le temps de s'en émouvoir ou de s'arrêter. Le rythme est en décalage complet avec le début de l'histoire, et cela nuit à son bon déroulement. Ce n'est évidemment pas un ratage complet, certains passages restent prenants, mais on finit ce triptyque avec un goût d'amertume, le potentiel déployé à l'origine n'ayant pas été exploité au mieux.
Il n'empêche que cela reste une très bonne série, bien classée dans ma bibliothèque personnelle et à découvrir impérativement !
3.5
Un très bon one-shot. L'idée que les couples qui s'aiment se mettent à se figer est très intéressante et je trouve que l'auteur réussit à exploiter cette idée à merveille. La réaction des gens me semble très crédible. La narration est fluide et j'ai lu l'album sans aucun problème.
J'avoue que je ne me suis pas attaché émotionnellement aux personnages et l'histoire d'amour vers la fin est moins intéressante que le reste de l'album, mais heureusement les dernières pages sont tout bonnement excellentes. Le dessin en noir et blanc de Cyril Bonin est très bien maîtrisé quoiqu'il ne fait pas partie de mes dessinateurs préférés.
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Universal War One
Commençons par le dessin sur lequel je ne m'attarderais pas sauf à dire qu'il nous offre de magnifiques planches, de ce côté tout est donc OK. C'est l'histoire qui m'a fait mettre cette note plus basse que la moyenne. Lorsque l'on aborde la question des voyages dans le temps il faut tenir sa barque, on peut vite se casser la gueule. Je ne dirais pas que c'est le cas ici mais il me semble que pour nous faire passer la pilule D. Bajram s'est astreint à quelques circonvolutions qui n'allègent pas le propos. Qui à certains moments ne s'est pas retrouvé un poil paumé, je dit bien un poil, pour bien comprendre quand et où se trouvait tel ou tel personnage? Après l'auteur tient sa barque, on s'intéresse à ses personnages un brin caricaturaux et l'ensemble tient la route. Alors au final cette longue série se laisse lire avec plaisir, l'intrigue avance bien, un conseil de lecture pour amateurs de space opéra.
Mort au Tsar
Après le remarquable diptyque La Mort de Staline, Fabien Nury et Thierry Robin revisitent une partie de l’histoire russe. Moscou 1905, Sergei Alexandrovitch gouverneur dirige la ville avec autorité et va commettre un acte qui va précipiter sa perte. Le récit de Fabien Nury, axé principalement sur les tourments de Sergei Alexandrovitch, est très bien mené, la trame principale de l’histoire est conforme à l’histoire même si je n’ai pas retrouvé certains faits dans des sources historiques. Le dessin est très expressif, une mention spéciale pour le personnage principal dont les états d’âmes sont pratiquement lus sur son faciès, une très bonne dynamique de l’ensemble, plans rapprochés, éloignés, identification facile des personnages, diversité, enfin bref un dessin remarquable.
La Grande évasion - Fatman
Incontestablement un des meilleurs opus de la série. Fatman nous plonge dans une sombre histoire remplie de coups tordus au sein de la mafia new yorkaise. Tout en flegme britannique Fatman, un roi de l'évasion dans son pays, se déplace au milieu de cette faune de truands avec beaucoup de nonchalance. Dans la deuxième moitié de l'histoire on voit bien qu'il ne faut tout de même pas trop le chatouiller et tout va crescendo jusqu'à un final très onirique où tous les éléments se mettent en place. On y retrouve le personnage de la jeune femme stressée en confidente de la dernière heure. Le scénario est extrêmement bien maîtrisé, original et fluide. Du bon polar, si vous deviez n'en acheter qu'un seul de la série ce serait celui ci.
Michel Plée
Dans Vivre vieux et gros, parodie décapante des ouvrages de développement personnel, Michel s’improvise coach en obésité féline. Dans Michel un chat sauvage, le matou doit quitter le doux confort de son appartement en ville pour suivre ses maîtres à la campagne, un monde inconnu plein de dangers et peuplé de chats sauvages… non castrés ! (les plus agressifs) Signée de Leslie Plée, qui s’était fait connaître en 2009 en relatant via son blog son expérience peu concluante de libraire dans l’industrie culturelle (Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses), cette petite série est drôle et rafraîchissante. Le trait est savamment épuré. Car l’auteure exploite avec talent ce minimalisme stylé qui permet d’exprimer beaucoup avec un minimum d’effets, appliqués davantage sur le regard de son chat. Le minet possède quantité d’expressions – souvent rigolotes - qui s’accordent à merveille avec des textes caustiques, produisant ainsi un effet comique garanti. Ça se lit très vite et avec jubilation, bref, ça se déguste sans faim comme un « tapas » à l’heure de l’apéro, justifiant ainsi pleinement le nom de la collection. En ce qui me concerne, aucun chat ne m’avait autant fait marrer depuis l’odieux Garfield. Mince, je crois que j’ai un faible pour les chats roux (et obèses).
RASL
Après l'indispensable Bone, revoilà Jeff Smith avec un projet tout aussi surprenant. En effet nous suivons les traces de Rasl, scientifique qui a découvert un étrange secret lui permettant de voyager entre les dimensions, et qui parvient à subvenir à ses besoins en trafiquant des oeuvres d'art. Mais cet avantage n'est pas sans conséquences, car chaque voyage l'affaiblit physiquement, et les créatures qu'il rencontre au fil de ses voyages ont un petit côté flippant, comme cette fillette... A l'issue du premier volume l'histoire est teintée d'étrangeté, Jeff Smith ayant décidé d'en garder sous la semelle. C'est intrigant presque de bout en bout, on a encore peu d'éléments d'explication sur la Dérive, sur le tueur qui suit Rasl... Graphiquement c'est très différent de Bone. On est dans un style semi-réaliste, et un environnement plus nettement urbain. Smith élargit sa palette, aidé aux couleurs par Steve Hamaker et Tom Gaadt. A suivre...
Peter Pan
Voilà donc de la BD pour adultes dont la lecture n'a rien de réjouissant, disons même qu'elle est franchement déprimante. Ceci dit les BD ne sont pas forcément toutes faites pour nous faire marrer. Ici Loisel, dont le dessin et les couleurs sont juste impeccables, ne fait pas dans la dentelle puisqu'il convoque pratiquement tous les travers de l'âme humaine. Aussi bien dans le Londres qu'il décrit que sur l'île, les personnages se débattent entre veulerie, trahison, mensonge, leur but étant d'asservir l'autre. Peter veut être le chef, Clochette, ah Clochette!, ne pense qu'à son bonheur, etc , etc.. Si l'on y regarde de plus près le seul bon de l'histoire c'est ce brave Mr Kundal et à mon sens dans une moindre mesure le Capitaine Crochet, même s'il est rattrapé par ses vieux démons à la recherche d'un trésor. Walt Disney à côté c'est de la gnognotte! Ici c'est violent, voire nauséeux par certains aspects. Alors pour cet ancrage dans une réalité dérangeante mais hélas reflet du monde de l'époque et au combien actuel, je conseille vivement la lecture de cette série qui se doit de figurer sur vos rayonnages.
Koba
Que voilà un bien étrange one shot. Dufaux au scénario et Penet au dessin. Donc on se dit Dufaux, gage de qualité. Penet je ne connaissais pas, mais pour moi c'est une bonne découverte, le trait est très agréable et ses vampires sont diablement sexy de quelque bord qu'ils soient. Donc, Joseph Staline au faîte de sa carrière se retrouve confronté à son passé. Non loin du camp où il était prisonnier politique du tsar, (le goulag est une vieille invention), se trouve un musée dans lequel, surveillé par le peintre qui l'a réalisée, se trouve une toile sur laquelle figure outre Staline, ses vieux camarades de jeunesse, d'avant la révolution. Mais ces bons camarades s'effacent, disparaissent de la toile. Sur celle-ci figure également une mystérieuse jeune femme L'on apprendra que si Staline s'est évadé du camp où il était prisonnier c'est en fait grâce à l'aide d'un vampire et de sa bande. Ils sont immortels bien sûr, Staline aurait voulu être comme eux, mais ceux-ci, plein de sagesse prémonitoire, lui prédisent un avenir où il n'aura pas besoin de l'immortalité des vampires pour rester dans l'histoire des hommes. A ce stade ce que je pourrais dire de plus serait spoiler le récit. Venons-en au fond puisque la forme comme je l'ai dit, tant graphique, mise en page et couleurs me parait adéquate. Je suis totalement incapable de mettre une note à cette heure, mais oui je sais, oh site chéri, qu'il va falloir que je me décide, j'oscille entre le pas mal et le franchement bien. Staline et les vampires ; Du sang au goulag ; Staline, un amour de vampire, etc... Dans tous les cas Mr Dufaux, chapeau ! Mais où vont-ils chercher tout ça ? Bon je vois bien l'idée ! Staline, vampire refoulé n'est devenu ce qu'il était qu'à cause d'une frustration de jeunesse, qui plus est vécue dans une période traumatisante de sa jeunesse. OK, je prends, au moins ça casse l'hagiographie (j'espère qu'ils en ont envoyé deux ou trois exemplaires Place du Colonel Fabien). Allez je me décide et pour cette dernière blagounette je mets la note ci-dessus pour l'idée et un dessin au top pour moi.
Before Watchmen - Le Spectre Soyeux
Avec Compagnon, cet album était celui de la collection Before Watchmen que j'étais le moins pressé de lire. Laurie Jupiter est en effet le personnage qui m'a le moins intéressé dans le chef d'oeuvre d'Alan Moore et de savoir que le récit se situait en plein Flower Power avec une part importante de la communauté hippie et des drogues dans son intrigue, ça ne me motivait pas du tout. Eh bien j'avais tort, car ce fut une excellente lecture, presque aussi bonne à mes yeux que Minutemen, le meilleur album de la collection à mes yeux. D'abord il y a l'excellent dessin d'Amanda Conner. Très soigné et très agréable, il donne aux personnages des visages et expressions excellentes. La jeune Laurie notamment est rendue très expressive et très attachante. Ensuite il y a un scénario parfaitement bien mené. Il redonne vie d'excellente manière aux anciens Minutemen vieillissants, Sally Jupiter, Hollis Mason et un Comédien plus détestable que jamais. Mais surtout il donne une vraie profondeur et intérêt au personnage de Laurie, avec une jeunesse très mi-figue mi-raisin sous l'influence d'une mère trop possessive et exigeante mais pourtant indéniablement aimante, puis une adolescence rebelle où elle va découvrir par elle-même son envie de devenir justicière. L'intrigue mélange récits d'adolescence dans les années hippies et peu à peu enquête policière et combat contre un dangereux complot bien intégré dans cette époque si spéciale. Après un récit dense et bien agréable, j'ai particulièrement apprécié la conclusion du récit, la métamorphose et le retour de Laurie devenue pour de bon le Spectre Soyeux, tout en restant jeune d'esprit et prête à tomber amoureuse du Dr Manhattan. Avec les mêmes qualités que la lecture de Minutemen, je trouve que ce récit est à la fois très respectueux de l'oeuvre de Moore tout en l'approfondissant et en lui apportant une facette supplémentaire, rendant ici le personnage du Spectre Soyeux particulièrement attachant et sympathique. Ah, et j'ai aussi bien aimé les quelques touches humoristiques en clins d’œil aux évènements futurs imaginés par Moore, comme notamment la réflexion "je ne sortirai jamais avec un gars comme ça : trop ringard !". Bref, je suis heureux de pouvoir ranger cet album à côté de Watchmen dans ma bibliothèque.
Vito
A la découverte du premier tome de cette série, je me suis trouvé subjugué. Comme il l'avait déjà fait pour Blues 46 par exemple, Eric Stalner renoue avec la couleur directe et offre des planches magnifiques dessinées sur des papiers de différentes couleurs, ce qui ne doit pas être si fréquent et permet de créer des jeux de lumières absolument superbes et joliment nuancés. Le décor bucolique et champêtre de la Sicile à l'aube des années 50 se prête fort bien au ton contemplatif du départ de la série et le scénario n'est pas en reste puisque dès que l'histoire se lance, on s'attache aux personnages, touchants et très expressifs. Enfin, autre point capital, le fantastique s'insère dans l'intrigue de façon originale et captivante : via un film amateur d'origine inconnue, en noir et blanc, tourné au sein d'un décor irréel et enchanteur. Et vraiment, on ne dira jamais assez à quel point cette première apparition de personnages fantasmagoriques dans le premier tome est remarquable. Le plus beau fantastique est celui qui demeure inexpliqué : il émane de ce jardin étrange et hors du temps capturé sur ces images mouvantes une nostalgie et une innocence profondes, qui renvoient à un imaginaire collectif romantique et sublime. Cette rencontre improbable entre deux mondes crée une émotion difficilement descriptible. Des sentiments comparables m'avaient étreint en finissant le premier diptyque d'Algernon Woodcock, ou durant le premier tome de Sasmira, par exemple (lorsque Stan découvre le domaine abandonné, dans une ambiance crépusculaire et romantique à souhait), mais rares sont les auteurs à avoir réussi le mélange réel/fantastique avec une telle grâce et sans jamais tomber dans le commun ou le vulgaire. Le premier tome est donc une véritable découverte, et l'enchantement se poursuit avec le second, moins contemplatif mais intelligemment rythmé et qui permet aux protagonistes de se révéler davantage. Hélas ! Cette BD échappe à la mention "coup de coeur" du fait de son troisième tome, où l'action se déroule trop vite et dans lequel certains raccourcis semblent utilisés. Il faut dire que le succès de la série n'a pas été au rendez-vous et que Glénat a imposé à Stalner une clôture sur ce troisième tome, alors qu'un quatrième était prévu. Hélas, cela se sent : la "grande chasse" est violente et sans merci, mais finalement très brève. Des personnages disparaissent sans qu'on ait le temps de s'en émouvoir ou de s'arrêter. Le rythme est en décalage complet avec le début de l'histoire, et cela nuit à son bon déroulement. Ce n'est évidemment pas un ratage complet, certains passages restent prenants, mais on finit ce triptyque avec un goût d'amertume, le potentiel déployé à l'origine n'ayant pas été exploité au mieux. Il n'empêche que cela reste une très bonne série, bien classée dans ma bibliothèque personnelle et à découvrir impérativement !
Amorostasia
3.5 Un très bon one-shot. L'idée que les couples qui s'aiment se mettent à se figer est très intéressante et je trouve que l'auteur réussit à exploiter cette idée à merveille. La réaction des gens me semble très crédible. La narration est fluide et j'ai lu l'album sans aucun problème. J'avoue que je ne me suis pas attaché émotionnellement aux personnages et l'histoire d'amour vers la fin est moins intéressante que le reste de l'album, mais heureusement les dernières pages sont tout bonnement excellentes. Le dessin en noir et blanc de Cyril Bonin est très bien maîtrisé quoiqu'il ne fait pas partie de mes dessinateurs préférés.