Vraiment sympa cette série et pourtant je ne suis pas trop preneur de ces BD qui mettent en scène des animaux qui se comportent et parlent comme des humains. Ici nous sommes dans un monde où l'onirique est très présent. Le thème de la fête pour oublier, tout oublier, est vraiment bien trouvé. Tous ces personnages qui tournent, qui s'enivrent de musique, de déguisements, de nourriture au point d'oublier pourquoi ils sont là, ce qu'est le sens de leurs vies. Dit comme cela on pourrait penser que nous sommes face à une BD un peu chiante sur le sens de la vie et la vacuité des choses.
En fait tout est très bien tourné, nos héros, un peu malgré eux, sont obligés de sortir de ce monde et vont découvrir que finalement leurs vies si futiles ont finalement un sens. Pas forcément le sens qu'ils pensaient mais dirigé par d'autres. Je ne sais pas si je me trompe mais certains côtés m'ont beaucoup fait penser à La Nef des fous.
Le dessin, que faire d'autre que se pâmer! Une totale maîtrise du trait et de la couleur. Chaque personnage est à sa place : le capitaine déchu imbu de son poste, petit riquiqui avec une barbe professionnelle; le méchant, carré d'épaules avec une vilaine tête d'aigle; etc...
Je n'ai pas parlé de la maman! (c'est froid la banquise!); et on s'en fiche si c'est pas possible de s'y balader comme ça, voir d'y dormir au pôle nord, non vraiment du beau et grand dessin.
Laissons planer le mystère ce qui a conduit les humains à cet état...
Vivement conseillable +++++
Tout d’abord il faut bien préciser qu’il s’agit ici de l’adaptation d’un roman de Jean Teulé, une biographie romancée de la fin de règne du roi Charles IX. La BD n’a donc pas vocation à être un texte universitaire hyper rigoureux sur le plan de la vérité historique, les critiques sur le manque de véracité historique de certains faits n’ont pas trop lieu d’être je pense. Catherine de Médicis a eu un rôle plus nuancé voire controversé dans le massacre de la Saint-Barthélemy, cherchant même à apaiser les tensions entre catholiques et protestants, alors qu’ici elle est complètement avide de sang et à l’origine de l’idée du massacre.
Ceci dit, je n’ai jamais lu de livres de Jean Teulé mais c’est un écrivain qui m’intéresse car il semble s’être fait une spécialité de prendre un sujet historique sérieux et dramatique comme le massacre des huguenots, et d’y mêler un humour noir cynique, souvent odieux et parfois décalé.
C’est ce qui rend cette BD si attirante. On ne sait pas trop si on doit en rire ou en pleurer. On apprend d’un côté des choses très intéressantes, pour peu que l’on soit passionné d’histoire, comme l’origine du 1er avril, la célébration du nouvel an ou juste mettre un nom sur le roi auteur de l’un des massacres les plus honteux de notre histoire. Et d’un autre côté on peut se payer une bonne tranche de rigolade avec les turpitudes et la folie (ou la connerie on ne sait jamais trop) de ce roi pathétique.
Charles IX fait partie des rois les plus minables de l’histoire de France, un de mes préférés, avec Charles VIII mort en se cognant la tête sur une poutre à 27 ans.
Je n’ai pas des masses apprécié le dessin de Guérineau sur Le Chant des Stryges (pour ne pas dire détesté), mais là je l’ai trouvé sublime. Ajoutez à cela des cadrages, des choix de couleurs et un découpage intelligents. J’ai découvert un autre auteur, le contraste est saisissant pour moi.
Je crois qu’on peut parler de must-have dans le genre historique. J’ai entendu dire que Guérineau préparait une « suite » toujours durant les guerres de religion, centrée cette fois-ci sur l’assassinat du duc de Guise par les « 45 » d’Henri III, frère cadet de Charles IX. J’attends de voir si ça se confirme impatiemment.
Une Patte de mouche vraiment sympa, dans laquelle Edmond Baudoin tente de reconstituer la vie aventureuse de son grand père aux Etats-Unis dans le dernier tiers du XIXème siècle.
C’est une biographie amoureuse et imparfaite, incomplète (Baudoin regrette certains trous, qu’il aurait pu combler à une époque avec d’autres membres de sa famille), et peut-être en partie fantasmée.
Cela se lit en tout cas très bien, le dessin tout en fausses esquisses accompagnant agréablement la remontée de ces souvenirs d’un autre.
A noter que Baudoin a développé l’histoire de son grand père et sa rencontre avec les Indiens dans un album paru en 2013, « Les enfants de Sitting Bull ».
Une excellente série, assurément.
Le scénario est original, mêlant habilement fantastique, frissons, suspense, émotion, et j'en passe, bref, cette lecture ne laisse pas indifférent.
Le tome 1 est particulièrement généreux en sentiments d'effroi, chair de poule garantie sur certains passages !!!
Le graphisme de Gabriel Rodriguez est magnifique, et pourtant, a priori, ce genre n'est pas ma tasse de thé.
Cependant, ce dessin aux couleurs informatisées est très travaillé, dans les moindres détails, même les polices utilisées dans les phylactères ne sont pas choisies au hasard.
Grâce à quelques bonus en fin d'album, on peut encore mieux apprécier ce travail, en le redécouvrant étape par étape.
Les plans utilisés sont très variés, très originaux eux aussi, et permettent toujours de saisir l'atmosphère de la double page en cours d'un coup d’œil.
La lecture est donc très fluide, ce qui est une qualité essentielle.
J'étais un peu réservé sur l'ambiance dans laquelle pouvait se passer certaines scènes, particulièrement le lycée, car j'avais peur d'y retrouver les impayables clichés vomis années après années dans les séries TV abrutissantes destinées aux ados, et que j'avais pu aussi découvrir pendant mon enfance.
Néanmoins, on ne retrouve pas ce côté lourdingue, manichéen ,et démodé des clichés de la belle pom pom-girl, du footballeur costaud avec un pois-chiche dans la tête, et autres.
J'ai tout de même quelques griefs sur cette série, en fait, seulement sur le tome 4, qui m'a tout de même un peu déçu, car il n'est pas à la hauteur des trois précédents.
Dans cet opus, il faut attendre de passer la moitié des pages pour que l'action débute vraiment. En gros, jusqu'à ce que le petit autiste rencontre le fantôme de Sam Lesser.
Avant, je trouve que les auteurs ne respectent vraiment pas les lecteurs.
Déjà, ce tome contient beaucoup moins de pages que les autres, et je ne trouve donc pas normal qu'il soit aussi cher.
De plus, la première partie, un peu mollassonne, est composée d'un premier chapitre dessiné à la Bill Watterson, ce qui m'est apparu des plus dispensables, car ça casse vraiment le côté sérieux du récit.
Ensuite, dans les chapitres suivants, l'action est menée bien trop rapidement, les scènes se déroulent après que les auteurs aient appuyé sur "avance rapide", même les moments importants, sans complexe.
Franchement, le minimum aurait été de développer les scènes dans lesquelles la dame en noir/Zack attaque les enfants Locke, Ty en premier lieu.
Là, on a droit à un enchaînement de pages de deux cases, et démerde toi avec ça, lecteur.
Enfin, on nous fait découvrir pas mal de nouvelles clés dans cet album, pourquoi pas, mais c'est trop. La plupart d'entre elles n'apporte rien à l'intrigue, et on a l'impression que c'est juste du meublage en attendant que l'action arrive.
Heureusement donc que la deuxième partie du tome 4 vaut le coup, sinon, j'aurais été plus sévère dans ma note.
Et franchement, vu comment ce tome se termine, il est clair que l'on a très très envie de se ruer sur la suite.
Au final, une série récente de très bonne qualité, dont je vous conseille la lecture (et même l'achat, ce qui n'est pas rien venant de moi !) .
J'espère juste que Joe Hill sait où il mène sa barque et qu'il ne nous égarera pas dans des méandres inutiles et tirés par les cheveux ou manquant d'originalité.
Edit: Je viens de lire le tome 5 après avoir relu les 4 premiers. La relecture fut très plaisante, j'ai redécouvert les nombreux détails et recoupements entre les différents tomes, qui ne m'avaient pas frappés de prime abord.
Même le tome 4 qui m'avait un peu déçu par rapport aux 3 premiers m'a plus contenté que lors de ma première lecture.
Quant au tome 5, j'en reste sur le cul...Pondre un scénario aussi original, bien ficelé, intrigant, et crédible....Gros coup de chapeau. J'en mets un p'tit coup de coeur.
Edit 2/9/14: dernier tome décevant...Celui-ci est bâclé, le rythme de la narration n'y est plus, l'histoire devient confuse, alors que, jusque là, les rouages étaient parfaitement huilés. Quant à la fin, c'est le coup de grâce. En voulant à tout prix faire un happy end, nos auteurs ont carrément dépassé les bornes du possible, et ne cherchent même plus à nous conter une histoire logique.
Je baisse ma note de 5 à 4/5.
( 238 )
Rabaté signe le scénario de cet album et une nouvelle fois il nous raconte une histoire qui devrait ravir plus d’un lecteur. S’il avait touché la corde sensible de belle manière avec Les Petits Ruisseaux, on est sur un genre radicalement différent ici. On a un album bien plus léger mais le ton décalé apporte une touche d’humour remarquable.
Il est question d’un mari cocu qui sort de prison, 20 ans après avoir essayé d’assassiner sa femme et son amant. Son intention première une fois à l’air libre ? Terminer ce qu’il n’a pas accompli et enfin se venger. Il va donc espionner la nouvelle famille de sa femme pour peaufiner son plan… et ce qu’il va voir est autant inattendu que comique. Il découvre une famille digne d’un des meilleurs épisodes de « confessions intimes ». Des bouseux, alcooliques, sales, voleurs, caricaturaux … toutes les tares possibles cumulées en une seule et même famille.
Plus l’histoire avance et plus notre héros en découvre. Et le lecteur avec. Tout ça est raconté avec finesse dans les dialogues et dans la mise en scène. C’est décalé, c’est surprenant, c’est amusant. La construction du récit est excellente et on se régale pages après pages à découvrir cette invraisemblable famille. Mais ce n’est pas tout, car notre ex-mari échafaude son plan tout au long de l’histoire et là aussi c’est assez tordu et il y a matière à amuser le lecteur jusqu’à la fin.
Et bien qu’assez simple le dessin est en adéquation avec le scénario, on obtient au final un album très réussi.
Fatale est l'adaptation d'un roman noir de Jean-Patrick Manchette. Il met en scène une trouble et belle femme, visiblement mortelle, qui vient d'arriver dans une petite ville portuaire à priori Normande et s'intègre insidieusement à son élite bourgeoise dans un but mystérieux.
C'est Doug Headline qui réalise l'adaptation du scénario au format bande dessinée et c'est Max Cabanes qui réalise le dessin.
Ce dernier est excellent. Cabanes a un trait décidément formidable et il soigne particulièrement son oeuvre ici. Les décors et les personnages sont superbes. Je n'ai que deux regrets. Le premier est une légère inconstance des visages, à peine visible. Le second vient de la colorisation, terne et sombre puisque devant s'adapter à la noirceur du récit, qui masque parfois le trait et ne met pas vraiment en valeur la beauté du dessin.
Le scénario est intéressant, dense et bien mené. Les manigances de la belle héroïne sont intrigantes. Et quand on n'a pas lu le résumé de l'album, on cherche vraiment à comprendre son but mystérieux jusqu'à ce qu'enfin la vérité soit révélée. L'intrigue se révèle alors intelligente et originale.
Différentes petites choses m'ont un peu déplu néanmoins.
D'abord il y a le fait que je n'aime pas les romans noirs, et que leur ambiance, qui se veut réaliste mais est le plus souvent cynique et caricaturalement sombre, ne me plait pas. L'héroïne, notamment, est très froide et peu attachante. Mais c'est une histoire de goûts personnels.
Ensuite il y a un moment clé du récit qui manque de clarté, quand l'héroïne se retrouve face à une dangereuse assemblée de personnages. Il m'a fallu relire ce passage et y réfléchir un moment pour comprendre comment certains personnages avaient appris ce qu'ils savaient ainsi que la raison de leur présence en ce lieu et de la proposition qu'ils font à l'héroïne.
Enfin il y a les événements de fin d'album, la partie action du récit, qui m'ont paru un peu trop faciles. Difficile d'en dire plus sans dévoiler l'intrigue mais disons que l'héroïne a un peu trop de réussite dans la bataille, un peu trop de chance, d'autant plus quand on voit son état physique à ce moment là.
Bref, il y a du très bon dans cet ouvrage, graphisme, idée du scénario et déroulement de l'intrigue, mais aussi quelques petites déceptions, ambiance générale, clarté et réalisme des événements finaux. Ces dernières sont cependant négligeables par rapport à la qualité de l'ensemble et les amateurs de polar noir pourraient bien adorer cet ouvrage. Moi qui n'en suis pas un, j'y vois en tout cas un récit noir et original qui sort du lot et mérite la lecture.
Ce fut pour moi un régal la lecture du périple de Timok le barbare et Yu lien, leurs pérégrinations à travers l'Asie Centrale, l'Empire du Milieu et le Sud Est asiatique. L'auteur fait référence à Charlemagne et au pape Léon III ce qui permet de situer un peu l'histoire entre 795 et 816.
Amour, amitié, trahison, tous les ingrédients sont là pour nous faire une belle épopée de fureur et de sang.
Loisel reprend à son compte le très célèbre Peter Pan, mais il signe ici une oeuvre noire à souhait au ton vraisemblablement très adulte qui dépeint tous les travers de l'humanité.
A la lecture des premières pages on ressent comme une sorte de choc devant autant de personnages sordides et vulgaires, cela sonne comme un contre pied total mais rudement bien trouvé car dans l'inconscient des gens Peter Pan reste ce gentil garçon qui combat les méchants pirates avec sa gentille fée clochette.
C'est clair qu'on est à des années lumière de la version édulcorée pour enfants de Walt Disney, d'ailleurs on peut dire que ce sont des histoires complètement différentes puisque l'auteur nous dépeint ici les origines de ce héros bien connu de tous : Qui était-il avant de venir sur l'île aux pirates ? D'où lui vient ce surnom de Peter Pan ? Qui sont les enfants perdus et le capitaine Crochet ? et bien d'autres questions encore.
L'histoire est tellement bien écrite qu'elle en devient vite envoûtante au point que l'on veut lire l'ensemble d'une traite ; de plus le rendu visuel est lui aussi d'une excellente qualité.
Il demeure juste, pour ma part, un petit bémol en ce qui concerne la fin que je trouve un poil décevante, mais au vu des événements et toujours pour rester dans ce thème de "l'avant Walt Disney" elle sonne presque comme une évidence.
Bref, voilà une série d'une très bonne qualité autant scénaristique que visuelle et qui reste pour moi une des meilleures de Loisel.
Depuis quelques années, les uchronies semblent être devenues très à la mode dans la BD, telles un sous-genre à part entière de la science-fiction. Ainsi, cette série, dont l’action se déroule dans une Europe où la guerre de 14-18 n’aurait pas eu lieu, s’annonce pleine de promesses. Dotée d’un dessin classique mais élégant, elle bénéficie d’un découpage efficace, avec des couleurs sobres à la tonalité sombre, le tout convenant bien à ce genre de récit. Si j’ai parlé de SF, cela n’en reste pas moins avant tout un polar, avec aussi un soupçon de fantastique (le « sixième sens » de l’inspecteur Faure)
L’idée justement de mêler les trois genres est intéressante, en outre cela ne nuit nullement à la cohérence de l’ensemble. J’ai moi-même été vite embarqué dans cette histoire mystérieuse à la narration fluide. Maintenant, il est difficile de juger d’une série qui n’en est qu’à son premier tome (quatre étant prévus), mais celui-ci m’a d’emblée séduit. Par ailleurs, j’y ai retrouvé un peu l’univers étonnant des « Cités obscures » de Peeters et Schuiten, qui reste pour moi une œuvre culte dans le genre. J’ignore si mon opinion variera avec les tomes suivants, en tout cas, j’ai très envie de connaître la suite.
Un polar bien noir dont l’action se déroule en 1948, une enquête sur des crimes de sang apparemment sans lien logique. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai suivi cette histoire, le rythme est excellent et le final surprenant. Petit bémol, pour certains passages j’aurais aimé un développement plus important ou moins d’empressement dans le final.
Le dessin aux traits épais et aux couleurs sombres rend très bien l’ambiance d’après guerre.
Un one shot d’excellente facture, un récit assez dur pour nous rappeler que nous ne vivons pas chez les bisounours.
3.5
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Terre mécanique
Vraiment sympa cette série et pourtant je ne suis pas trop preneur de ces BD qui mettent en scène des animaux qui se comportent et parlent comme des humains. Ici nous sommes dans un monde où l'onirique est très présent. Le thème de la fête pour oublier, tout oublier, est vraiment bien trouvé. Tous ces personnages qui tournent, qui s'enivrent de musique, de déguisements, de nourriture au point d'oublier pourquoi ils sont là, ce qu'est le sens de leurs vies. Dit comme cela on pourrait penser que nous sommes face à une BD un peu chiante sur le sens de la vie et la vacuité des choses. En fait tout est très bien tourné, nos héros, un peu malgré eux, sont obligés de sortir de ce monde et vont découvrir que finalement leurs vies si futiles ont finalement un sens. Pas forcément le sens qu'ils pensaient mais dirigé par d'autres. Je ne sais pas si je me trompe mais certains côtés m'ont beaucoup fait penser à La Nef des fous. Le dessin, que faire d'autre que se pâmer! Une totale maîtrise du trait et de la couleur. Chaque personnage est à sa place : le capitaine déchu imbu de son poste, petit riquiqui avec une barbe professionnelle; le méchant, carré d'épaules avec une vilaine tête d'aigle; etc... Je n'ai pas parlé de la maman! (c'est froid la banquise!); et on s'en fiche si c'est pas possible de s'y balader comme ça, voir d'y dormir au pôle nord, non vraiment du beau et grand dessin. Laissons planer le mystère ce qui a conduit les humains à cet état... Vivement conseillable +++++
Charly 9
Tout d’abord il faut bien préciser qu’il s’agit ici de l’adaptation d’un roman de Jean Teulé, une biographie romancée de la fin de règne du roi Charles IX. La BD n’a donc pas vocation à être un texte universitaire hyper rigoureux sur le plan de la vérité historique, les critiques sur le manque de véracité historique de certains faits n’ont pas trop lieu d’être je pense. Catherine de Médicis a eu un rôle plus nuancé voire controversé dans le massacre de la Saint-Barthélemy, cherchant même à apaiser les tensions entre catholiques et protestants, alors qu’ici elle est complètement avide de sang et à l’origine de l’idée du massacre. Ceci dit, je n’ai jamais lu de livres de Jean Teulé mais c’est un écrivain qui m’intéresse car il semble s’être fait une spécialité de prendre un sujet historique sérieux et dramatique comme le massacre des huguenots, et d’y mêler un humour noir cynique, souvent odieux et parfois décalé. C’est ce qui rend cette BD si attirante. On ne sait pas trop si on doit en rire ou en pleurer. On apprend d’un côté des choses très intéressantes, pour peu que l’on soit passionné d’histoire, comme l’origine du 1er avril, la célébration du nouvel an ou juste mettre un nom sur le roi auteur de l’un des massacres les plus honteux de notre histoire. Et d’un autre côté on peut se payer une bonne tranche de rigolade avec les turpitudes et la folie (ou la connerie on ne sait jamais trop) de ce roi pathétique. Charles IX fait partie des rois les plus minables de l’histoire de France, un de mes préférés, avec Charles VIII mort en se cognant la tête sur une poutre à 27 ans. Je n’ai pas des masses apprécié le dessin de Guérineau sur Le Chant des Stryges (pour ne pas dire détesté), mais là je l’ai trouvé sublime. Ajoutez à cela des cadrages, des choix de couleurs et un découpage intelligents. J’ai découvert un autre auteur, le contraste est saisissant pour moi. Je crois qu’on peut parler de must-have dans le genre historique. J’ai entendu dire que Guérineau préparait une « suite » toujours durant les guerres de religion, centrée cette fois-ci sur l’assassinat du duc de Guise par les « 45 » d’Henri III, frère cadet de Charles IX. J’attends de voir si ça se confirme impatiemment.
Made In U.S.
Une Patte de mouche vraiment sympa, dans laquelle Edmond Baudoin tente de reconstituer la vie aventureuse de son grand père aux Etats-Unis dans le dernier tiers du XIXème siècle. C’est une biographie amoureuse et imparfaite, incomplète (Baudoin regrette certains trous, qu’il aurait pu combler à une époque avec d’autres membres de sa famille), et peut-être en partie fantasmée. Cela se lit en tout cas très bien, le dessin tout en fausses esquisses accompagnant agréablement la remontée de ces souvenirs d’un autre. A noter que Baudoin a développé l’histoire de son grand père et sa rencontre avec les Indiens dans un album paru en 2013, « Les enfants de Sitting Bull ».
Locke & Key
Une excellente série, assurément. Le scénario est original, mêlant habilement fantastique, frissons, suspense, émotion, et j'en passe, bref, cette lecture ne laisse pas indifférent. Le tome 1 est particulièrement généreux en sentiments d'effroi, chair de poule garantie sur certains passages !!! Le graphisme de Gabriel Rodriguez est magnifique, et pourtant, a priori, ce genre n'est pas ma tasse de thé. Cependant, ce dessin aux couleurs informatisées est très travaillé, dans les moindres détails, même les polices utilisées dans les phylactères ne sont pas choisies au hasard. Grâce à quelques bonus en fin d'album, on peut encore mieux apprécier ce travail, en le redécouvrant étape par étape. Les plans utilisés sont très variés, très originaux eux aussi, et permettent toujours de saisir l'atmosphère de la double page en cours d'un coup d’œil. La lecture est donc très fluide, ce qui est une qualité essentielle. J'étais un peu réservé sur l'ambiance dans laquelle pouvait se passer certaines scènes, particulièrement le lycée, car j'avais peur d'y retrouver les impayables clichés vomis années après années dans les séries TV abrutissantes destinées aux ados, et que j'avais pu aussi découvrir pendant mon enfance. Néanmoins, on ne retrouve pas ce côté lourdingue, manichéen ,et démodé des clichés de la belle pom pom-girl, du footballeur costaud avec un pois-chiche dans la tête, et autres. J'ai tout de même quelques griefs sur cette série, en fait, seulement sur le tome 4, qui m'a tout de même un peu déçu, car il n'est pas à la hauteur des trois précédents. Dans cet opus, il faut attendre de passer la moitié des pages pour que l'action débute vraiment. En gros, jusqu'à ce que le petit autiste rencontre le fantôme de Sam Lesser. Avant, je trouve que les auteurs ne respectent vraiment pas les lecteurs. Déjà, ce tome contient beaucoup moins de pages que les autres, et je ne trouve donc pas normal qu'il soit aussi cher. De plus, la première partie, un peu mollassonne, est composée d'un premier chapitre dessiné à la Bill Watterson, ce qui m'est apparu des plus dispensables, car ça casse vraiment le côté sérieux du récit. Ensuite, dans les chapitres suivants, l'action est menée bien trop rapidement, les scènes se déroulent après que les auteurs aient appuyé sur "avance rapide", même les moments importants, sans complexe. Franchement, le minimum aurait été de développer les scènes dans lesquelles la dame en noir/Zack attaque les enfants Locke, Ty en premier lieu. Là, on a droit à un enchaînement de pages de deux cases, et démerde toi avec ça, lecteur. Enfin, on nous fait découvrir pas mal de nouvelles clés dans cet album, pourquoi pas, mais c'est trop. La plupart d'entre elles n'apporte rien à l'intrigue, et on a l'impression que c'est juste du meublage en attendant que l'action arrive. Heureusement donc que la deuxième partie du tome 4 vaut le coup, sinon, j'aurais été plus sévère dans ma note. Et franchement, vu comment ce tome se termine, il est clair que l'on a très très envie de se ruer sur la suite. Au final, une série récente de très bonne qualité, dont je vous conseille la lecture (et même l'achat, ce qui n'est pas rien venant de moi !) . J'espère juste que Joe Hill sait où il mène sa barque et qu'il ne nous égarera pas dans des méandres inutiles et tirés par les cheveux ou manquant d'originalité. Edit: Je viens de lire le tome 5 après avoir relu les 4 premiers. La relecture fut très plaisante, j'ai redécouvert les nombreux détails et recoupements entre les différents tomes, qui ne m'avaient pas frappés de prime abord. Même le tome 4 qui m'avait un peu déçu par rapport aux 3 premiers m'a plus contenté que lors de ma première lecture. Quant au tome 5, j'en reste sur le cul...Pondre un scénario aussi original, bien ficelé, intrigant, et crédible....Gros coup de chapeau. J'en mets un p'tit coup de coeur. Edit 2/9/14: dernier tome décevant...Celui-ci est bâclé, le rythme de la narration n'y est plus, l'histoire devient confuse, alors que, jusque là, les rouages étaient parfaitement huilés. Quant à la fin, c'est le coup de grâce. En voulant à tout prix faire un happy end, nos auteurs ont carrément dépassé les bornes du possible, et ne cherchent même plus à nous conter une histoire logique. Je baisse ma note de 5 à 4/5. ( 238 )
Le Linge sale
Rabaté signe le scénario de cet album et une nouvelle fois il nous raconte une histoire qui devrait ravir plus d’un lecteur. S’il avait touché la corde sensible de belle manière avec Les Petits Ruisseaux, on est sur un genre radicalement différent ici. On a un album bien plus léger mais le ton décalé apporte une touche d’humour remarquable. Il est question d’un mari cocu qui sort de prison, 20 ans après avoir essayé d’assassiner sa femme et son amant. Son intention première une fois à l’air libre ? Terminer ce qu’il n’a pas accompli et enfin se venger. Il va donc espionner la nouvelle famille de sa femme pour peaufiner son plan… et ce qu’il va voir est autant inattendu que comique. Il découvre une famille digne d’un des meilleurs épisodes de « confessions intimes ». Des bouseux, alcooliques, sales, voleurs, caricaturaux … toutes les tares possibles cumulées en une seule et même famille. Plus l’histoire avance et plus notre héros en découvre. Et le lecteur avec. Tout ça est raconté avec finesse dans les dialogues et dans la mise en scène. C’est décalé, c’est surprenant, c’est amusant. La construction du récit est excellente et on se régale pages après pages à découvrir cette invraisemblable famille. Mais ce n’est pas tout, car notre ex-mari échafaude son plan tout au long de l’histoire et là aussi c’est assez tordu et il y a matière à amuser le lecteur jusqu’à la fin. Et bien qu’assez simple le dessin est en adéquation avec le scénario, on obtient au final un album très réussi.
Fatale (Manchette/Cabanes)
Fatale est l'adaptation d'un roman noir de Jean-Patrick Manchette. Il met en scène une trouble et belle femme, visiblement mortelle, qui vient d'arriver dans une petite ville portuaire à priori Normande et s'intègre insidieusement à son élite bourgeoise dans un but mystérieux. C'est Doug Headline qui réalise l'adaptation du scénario au format bande dessinée et c'est Max Cabanes qui réalise le dessin. Ce dernier est excellent. Cabanes a un trait décidément formidable et il soigne particulièrement son oeuvre ici. Les décors et les personnages sont superbes. Je n'ai que deux regrets. Le premier est une légère inconstance des visages, à peine visible. Le second vient de la colorisation, terne et sombre puisque devant s'adapter à la noirceur du récit, qui masque parfois le trait et ne met pas vraiment en valeur la beauté du dessin. Le scénario est intéressant, dense et bien mené. Les manigances de la belle héroïne sont intrigantes. Et quand on n'a pas lu le résumé de l'album, on cherche vraiment à comprendre son but mystérieux jusqu'à ce qu'enfin la vérité soit révélée. L'intrigue se révèle alors intelligente et originale. Différentes petites choses m'ont un peu déplu néanmoins. D'abord il y a le fait que je n'aime pas les romans noirs, et que leur ambiance, qui se veut réaliste mais est le plus souvent cynique et caricaturalement sombre, ne me plait pas. L'héroïne, notamment, est très froide et peu attachante. Mais c'est une histoire de goûts personnels. Ensuite il y a un moment clé du récit qui manque de clarté, quand l'héroïne se retrouve face à une dangereuse assemblée de personnages. Il m'a fallu relire ce passage et y réfléchir un moment pour comprendre comment certains personnages avaient appris ce qu'ils savaient ainsi que la raison de leur présence en ce lieu et de la proposition qu'ils font à l'héroïne. Enfin il y a les événements de fin d'album, la partie action du récit, qui m'ont paru un peu trop faciles. Difficile d'en dire plus sans dévoiler l'intrigue mais disons que l'héroïne a un peu trop de réussite dans la bataille, un peu trop de chance, d'autant plus quand on voit son état physique à ce moment là. Bref, il y a du très bon dans cet ouvrage, graphisme, idée du scénario et déroulement de l'intrigue, mais aussi quelques petites déceptions, ambiance générale, clarté et réalisme des événements finaux. Ces dernières sont cependant négligeables par rapport à la qualité de l'ensemble et les amateurs de polar noir pourraient bien adorer cet ouvrage. Moi qui n'en suis pas un, j'y vois en tout cas un récit noir et original qui sort du lot et mérite la lecture.
Poupée d'Ivoire
Ce fut pour moi un régal la lecture du périple de Timok le barbare et Yu lien, leurs pérégrinations à travers l'Asie Centrale, l'Empire du Milieu et le Sud Est asiatique. L'auteur fait référence à Charlemagne et au pape Léon III ce qui permet de situer un peu l'histoire entre 795 et 816. Amour, amitié, trahison, tous les ingrédients sont là pour nous faire une belle épopée de fureur et de sang.
Peter Pan
Loisel reprend à son compte le très célèbre Peter Pan, mais il signe ici une oeuvre noire à souhait au ton vraisemblablement très adulte qui dépeint tous les travers de l'humanité. A la lecture des premières pages on ressent comme une sorte de choc devant autant de personnages sordides et vulgaires, cela sonne comme un contre pied total mais rudement bien trouvé car dans l'inconscient des gens Peter Pan reste ce gentil garçon qui combat les méchants pirates avec sa gentille fée clochette. C'est clair qu'on est à des années lumière de la version édulcorée pour enfants de Walt Disney, d'ailleurs on peut dire que ce sont des histoires complètement différentes puisque l'auteur nous dépeint ici les origines de ce héros bien connu de tous : Qui était-il avant de venir sur l'île aux pirates ? D'où lui vient ce surnom de Peter Pan ? Qui sont les enfants perdus et le capitaine Crochet ? et bien d'autres questions encore. L'histoire est tellement bien écrite qu'elle en devient vite envoûtante au point que l'on veut lire l'ensemble d'une traite ; de plus le rendu visuel est lui aussi d'une excellente qualité. Il demeure juste, pour ma part, un petit bémol en ce qui concerne la fin que je trouve un poil décevante, mais au vu des événements et toujours pour rester dans ce thème de "l'avant Walt Disney" elle sonne presque comme une évidence. Bref, voilà une série d'une très bonne qualité autant scénaristique que visuelle et qui reste pour moi une des meilleures de Loisel.
Metropolis (Delcourt)
Depuis quelques années, les uchronies semblent être devenues très à la mode dans la BD, telles un sous-genre à part entière de la science-fiction. Ainsi, cette série, dont l’action se déroule dans une Europe où la guerre de 14-18 n’aurait pas eu lieu, s’annonce pleine de promesses. Dotée d’un dessin classique mais élégant, elle bénéficie d’un découpage efficace, avec des couleurs sobres à la tonalité sombre, le tout convenant bien à ce genre de récit. Si j’ai parlé de SF, cela n’en reste pas moins avant tout un polar, avec aussi un soupçon de fantastique (le « sixième sens » de l’inspecteur Faure) L’idée justement de mêler les trois genres est intéressante, en outre cela ne nuit nullement à la cohérence de l’ensemble. J’ai moi-même été vite embarqué dans cette histoire mystérieuse à la narration fluide. Maintenant, il est difficile de juger d’une série qui n’en est qu’à son premier tome (quatre étant prévus), mais celui-ci m’a d’emblée séduit. Par ailleurs, j’y ai retrouvé un peu l’univers étonnant des « Cités obscures » de Peeters et Schuiten, qui reste pour moi une œuvre culte dans le genre. J’ignore si mon opinion variera avec les tomes suivants, en tout cas, j’ai très envie de connaître la suite.
La Chute d'un ange
Un polar bien noir dont l’action se déroule en 1948, une enquête sur des crimes de sang apparemment sans lien logique. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai suivi cette histoire, le rythme est excellent et le final surprenant. Petit bémol, pour certains passages j’aurais aimé un développement plus important ou moins d’empressement dans le final. Le dessin aux traits épais et aux couleurs sombres rend très bien l’ambiance d’après guerre. Un one shot d’excellente facture, un récit assez dur pour nous rappeler que nous ne vivons pas chez les bisounours. 3.5