Je m’attendais à une bonne BD avec cette nouvelle série du duo du Clan des chimères, mais j’ai été surpris.
Surpris tout d’abord par les qualités graphiques de l’album. On a pu le voir tout au long de la série précédente, Michel Suro n’a cessé de progresser. Avec cette nouvelle époque (mais dans le même univers), il a encore fait un petit bond, et il a visiblement pris du plaisir à illustrer cette histoire. Le premier témoignage, évident, est la couverture, en rupture avec la construction précédente série, toutes construites selon un schéma presque immuable : un personnage au premier plan, et derrière lui des créatures ailées. Ici la couverture est de facture plus classique, assez proche de ce que pourrait la couverture d’une bande dessinée sur la piraterie, par exemple. Elle est proprement superbe, et nous indique d’emblée certains cadres où se situera l’histoire : ambiance maritime, donc peut-être voyage, exotisme… Ca donne envie. Le dessin de Suro est accompagné d’un traitement des couleurs très réussi, avec une gamme chromatique très large. Luca Malisan, par ailleurs dessinateur de La Croisade des enfants (Edition Soleil), a su magnifiquement s’adapter au style de facture classique de Michel Suro. Dommage cependant qu'il n'ait pas travaillé sur toute la série, c'est en effet Dimitri Fogolin qui a travaillé sur la fin. Ils ont su créer des ambiances très diversifiées, même si parfois les Européens du XVIIIème siècle ont un teint un peu bronzé. Par ailleurs Suro, qui a fait évoluer physiquement Abeau et Cylinia de façon assez crédible (même si Abeau me semble un peu moins réussi), nous propose un Weltman très proche physiquement de celui de Guérineau dans la série-mère.
Le Siècle des Ombres prend pied au XVIIIème siècle, celui des… Lumières. Le contre-pied pris par Corbeyran dans le choix du titre de la série est clair : alors que de nombreuses connaissances et découvertes se font jour un peu partout en Europe, il y a pourtant des choses qui restent obscures, des créatures qui œuvrent à l’abri des regards. Et une fois de plus, les Stryges n’y sont pas étrangères… Cette nouvelle série, la cinquième de l’univers, met en vedette non seulement Abeau et Cylinia, mais aussi Sandor Weltman. Trois êtres qui, si vous suivez la trame de l’univers des stryges, ont des pouvoirs très particuliers. Trois êtres très particuliers dont la première apparition avait laissé de fausses impressions sur leurs motivations exactes. Mais avec la fin du Clan des chimères et celle du second cycle du Chant des Stryges, les enjeux et les positionnements ont changé. Weltman est-il un dangereux manipulateur ? Pas sûr. Abeau et Cylinia œuvrent-ils pour le bien du monde ? Les cartes sont brouillées en 1751. Nous nous retrouvons avec deux factions rivales, qui courent cette fois après un météorite qui pourrait être lié aux créatures ailées que l’on nomme stryges… Et qui n’apparaissent pas de façon réelle dans ce premier épisode. Weltman devrait en être le personnage central, et il apparaît déjà avec une forte présence, sous les traits de Paul Henry Thiry, Baron d’Holbach. Si je ne m’abuse, c’est la première fois qu’un personnage historique réel apparaît et joue un rôle prépondérant dans cet univers. En 1751, celui-ci, né Allemand, vient d’obtenir la nationalité française, et s’apprête à participer à l’Encyclopédie, dirigée par Diderot et d’Alembert. C’est un personnage haut en couleurs, ouvertement anticlérical, athée, matérialiste et fataliste. Il dût parfois écrire sous des pseudonymes pour voir ses idées publiées. Il tenait une place centrale dans le microcosme des philosophes et des savants de cette époque bouillonnante. C’est donc un personnage symbolique, sans doute inspirateur de la Révolution (et à mon avis ce fait va être traité par la suite dans la série), qui prend les traits de Weltman, un homme qui se veut libre, libre penseur, qui est avide de connaissances et de bien d’autres choses. Weltman, qui, je l’ai dit, nous présente un visage très différent de ce qu’on savait de lui jusqu’à présent (enfin, sauf dans la fin du second cycle du Chant des Stryges).
La lecture des second et troisième tomes apporte également son lot de satisfaction pour l'amateur lambda de l'univers des stryges. La nature de Cylinia nous est, sinon expliquée, du moins révélée ; les relations des frère et soeur entre eux, mais aussi avec Weltman, franchissent un nouveau palier, permettant de complexifier l'intrigue, d'autant plus que la fin du tome 3 -mystérieusement ponctué par une "fin de l'épisode"- laisse sur une révélation qui, si elle n'est pas forcément surprenante, n'en est pas moins énorme. La lecture du tome 5 me semble un peu plus décevante que les précédents, il ne s'y passe pas grand-chose, hormis une scène de bataille impeccablement exécutée par Michel Suro, comme en témoigne une superbe double page. Le tome 6 apporte une belle réponse aux dernières questions laissées en suspens dans la série, et ne devrait pas décevoir les fans, même si on aimerait voir comment Weltman évolue par la suite...
C'est une série réellement prenante, aux ambiances réussies et au découpage impeccable.
En voyant pour la première fois la couverture du premier tome, je me suis dit "Tiens un nouveau style de dessin manga".
Moi qui n'aime pas les mangas standards pour leurs côtés stéréotypés (grands yeux enfantins, visages pointus et bouches grandes ouvertes), Kazuo Umezu a un superbe style de dessin classique pour une BD asiatique (évidemment Osamu Tezuka est mon mangaka favori en premier).
Après avoir lu "14 ans" sur un site en anglais ("Fourteen" de Kazuo Umezu) qui est très proche du comics américain, je suis tentée de lire Baptism en ayant les tomes en français car cette histoire m'intrigue et ses dessins sont très beaux et n'ont pas du tout vieilli actuellement.
Ce livre est bien glauque et quand même moins gore que l'adaptation en film "Baptism of Blood" en 1996 de la même histoire.
En résumé voici l'histoire de Matsuko Uehara, une ancienne actrice de cinéma surnommée "La sainte éternelle" sous le sobriquet d'Izumi Wakakusa. Celle-ci voit sa beauté se dégrader de jour en jour, et avec son médecin personnel, elle formente un plan afin de rester jeune et belle. Elle conçoit une magnifique petite fille appelée Sakura Uehara, née sous X. Mais à maintenant 10 ans, celle-ci découvrira le secret de sa mère Matsuko et le supplice va commencer pour la pauvre Sakura.
Avant de commander mon premier tome, j'ai commencé à lire les 3 premiers tomes sur internet en japonais. (Je possède les tome 1,3 et 4,donc j'évite de trop spoiler dessus.) Mais je comprenais bien les situations en regardant les cases et seul le tome 2 ne me tente pas du tout pour l'acheter à cause du conflit entre le maître d'école Tanigawa et son épouse Kazuyo, victime des machinations d'Izumi (vivant alors dans le corps de Sakura) afin de rompre avec son mari car il y a quelques pages qui m'ont gênée sur la relation "pédophile" entre la fillette et son maître d'école (la fillette étant évidemment Izumi qui souille le corps de Sakura physiquement et moralement).
Bref un superbe manga d'horreur qui a très bien vieilli même de nos jours et que je conseille aux fans de mangas horrifiques.
Ça fait plusieurs albums de Chabouté que j'avise en peu de temps et à chaque fois je dis tout le bien que je pense de son dessin. Ici je n'ai encore une fois rien à dire de ce côté là tant les choses ont un rendu magnifique. Dans le dépouillement, l'auteur est un des grands qui savent dessiner les paysages de neige comme personne. Ouais, nous autres on rigole en se disant que faire du blanc, il n'y a rien de plus simple. Ben si vous avez cinq minutes, essayez juste de faire un semblant de reproduction de la couverture de cet album! Ne rendons pas la tâche trop difficile, je vous permets de ne pas reproduire les taches de rouge!
Au-delà du dessin, il y a l'ambiance. On aime ou pas ce genre d'histoire, mais en aucun cas on ne peut dire que l'auteur est un maître dans cet exercice qui consiste en quelques traits, quelques cases, à vous plonger, à vous immerger dans son récit. D'accord ici c'est un peu facile, car tous les éléments sont réunis pour une sorte d'apothéose. Village paumé, enfoui sous la neige, population un brin attardée ou en tout cas rude et cachant de sombres secrets, etc... Tout est en place pour que le drame ait lieu.
Donc, donc, un très bon cru de Chabouté, à consommer sans modération.
Après Aliénor, Isabelle et Frédégonde, la collection Reines de Sang s'expatrie aux confins de l'Empire céleste à l'époque de l'ascension au pouvoir de Tseu Hi corollaire de la reine Victoria mais en plus sanglante, certains diraient radicale.
D'emblée, rendons hommage à un grand écrivain français : Lucien Bodard, fils de consul, élevé en Chine et qui nous a laissé de nombreux écrits sur ses années passées dans ce pays. L'écrit qui nous concerne est "La vallée des Roses", qui justement nous narre l'accession au pouvoir de Xhingzen, future Tseu Hi, quinze ans, belle, orgueilleuse et surtout ambitieuse jeune fille de l'ethnie Mandchoue.
A cette époque la condition des femmes est tout simplement une horreur, quand elles ne sont pas noyées à la naissance elles subissent les désidératas de leurs pères qui les marient contre leur gré. Xhingzen, sans éducation particulière est une jeune fille hors de son temps, ou plutôt en avance sur celui-ci. Une seule solution s'offre à elle, devenir une des multiples concubines de l'empereur, et surtout être remarquée par lui. En effet, et cela est véridique, à l'âge de 25 ans si elles n'avaient jamais été convoquées par l'empereur elles étaient jetées à la rue et devenaient de simples prostituées. Dans le roman de Bodard on suit tout le calvaire de cette très jeune fille qui doit apprendre d'un eunuque tous les arts de l'amour et mettre sa vallée des roses à la disposition de son amant. Dans le roman, le lien intime mais obligatoirement chaste entre les deux jeunes gens est parfaitement rendu, ici dans la BD il est forcément édulcoré (nombre de page oblige). Et puis la future Tseu Hi rencontre l'empereur. Là aussi un petit souci historique, il se trouve que le grand empereur préférait chez les femmes "la porte de derrière", aussi pour les concubines qui trouvaient le summum de leurs pouvoir dans le fait d'être enceintes, la difficulté était grande de faire croire à leur impérial amant qu'il s'aventurait au bon endroit. C'est par un subterfuge que la véritable Tseu Hi parvint finalement à donner un héritier mâle à la Chine.
Alors cette adaptation, qu'en penser? Pour les néophytes qui ne connaissent pas l'histoire de la Chine je dirais que c'est une excellente première approche. Pour les autres qui sont plus au fait des évènements de cette période, je dirais que c'est une bonne lecture des évènements de l'époque quoique un peu rapide. Dans ce premier tome, commencent à être évoquées les puissances étrangères, la France et l'Angleterre qui inondaient littéralement la Chine d'opium en vue d'asservir le peuple et déstabiliser le pouvoir en place.
Mon avis final est que nous avons là un bien bel ouvrage, dessiné de belle manière dans un style réaliste, mais je ne pourrais que conseiller l'ouvrage de Mr Bodard, dans un style à nul autre pareil, qui se lit comme un roman d'aventure.
J'ai bien aimé ce diptyque qui parle de la douleur d'un homme à avoir perdu un être très cher à savoir son amoureuse Monica. Baltus va alors développer le pouvoir de voir dans l'avenir bien malgré lui. Cette expérience mystérieuse le conduira à New-York dans le second tome et près de 20 ans après. Il fera de nouvelles rencontres qui lui donneront la force d'affronter ses démons, mais à quel prix ?
C'est un récit plein d'émotion et qui baigne dans une certaine ambiance mélancolique. J'ai apprécié le fait de pouvoir m'identifier parfaitement à ce jeune photographe qui vit alors une grave douleur intime. L'apparition de son don s'explique par la tragédie. J'ai bien aimé également le trait simple et souple de la dessinatrice. Cela s'inscrit dans une certaine poésie de l'âme. Cette bd est fort réussie. Simplement, il faut lire les deux tomes pour comprendre le cheminement.
Ah les beaux baltringues! Pas un pour rattraper les autres. Escrocs à la petite semaine ces messieurs vivotent de petites combines où les minables rackets leur permettent tout juste de se la jouer gros durs. Alors forcément quand une tuile dégringole sur le nez de l'un d'entre eux, leurs réactions ne sont pas les plus appropriées qui soient.
Vraiment bien vu tous ces braves gens, du "héros" jusqu'aux personnages secondaires. D'un polar somme toute assez classique les auteurs mettent en place une implacable mécanique où la bobine du destin se déroule gentiment sans s'occuper de ce qu'il y a sur son passage. Si l'ensemble peut paraître caricatural, il n'en est en fait rien. Grâce à un petit je ne sais quoi, on sort du classique Mafia/truands et tutti quanti.
Voilà donc une excellente histoire qui vous prend et ne vous lâche plus jusqu'à son terme, donc pour un scénario au cordeau et des personnages vraiment attachants, (Ah le Maurice!) je ne peux que conseiller l'achat.
Ah! ce bon Sherlock, que de bons souvenirs se rattachent à cette lecture. La mécanique des petits détails avec lesquels notre héros arrivait à déterminer l'origine d'un homme, ce qu'il avait mangé le midi et j'en passe. C'est donc avec une certaine fébrilité que je me suis attaqué à la lecture de ces trois premiers tomes.
Tout d'abord un dessin splendide, tout en nuances, avec un remarquable travail sur les détails (je me souviens de ce bateau dans le tome trois, magnifique!). Ces tons monochromes qui de premier abord peuvent sembler ternes, se révèlent à l'usage parfaitement cadrer avec l'ambiance très victorienne de l'ensemble.
Au niveau de l'histoire c'est bougrement original. Car en fait ce que tout le monde se dit c'est "Et si Sherlock Holmes n'était pas mort?". Pour résoudre l'énigme de cette mort ou du moins de la disparition, c'est le Docteur Watson qui s'y colle et l'idée est excellente car elle met en avant celui qui dans les romans de Conan Doyle n'était qu'un faire valoir, un souffre douleur, quoiqu'il en soit un personnage un peu relégué au second plan même s'il était le narrateur des enquêtes. Non content de nous dresser, enfin un véritable portrait de Watson, qui finalement le méritait bien, Luc Brunschwiq nous entraîne dans les méandres de la famille Holmes qui compte quelques éléments rendus fort intéressants par ce scénario captivant.
C'est en tous points excellent et la suite me tarde d'arriver.
Grand père ne peut plus se déplacer, les montagnes qui poussent sur son dos, sont devenues trop imposantes, trop lourdes pour lui permettre d'entreprendre son dernier voyage. Il faut dire que c'est un grand père, ses jambes ne sont plus de première jeunesse.
Son petit fils voudrait l'accompagner pour ce dernier voyage. Afin de pouvoir l'aider à se déplacer, il lui promet de ramener le vent qui souffle tout en haut de la montagne. Celui qui est assez puissant pour soulever les montagnes. En échange, grand père promet de l'attendre, de ne pas partir sans lui.
Le voyage de l'enfant est un récit initiatique. Il rencontrera des pierres qui ne trouvent un sens à la vie qui si elles roulent, des personnages étranges dans un univers onirique.
Cette bande dessinée est à mon sens un vrai petit bijou. Autant pour les enfants que pour les plus grands. Les grands thèmes abordés sont la transmission, le courage et l'amour, la disparition d'un proche.
Tant par le trait délicat, que par ces douces couleurs pastels, chaque page respire la poésie. Il n'y a rien de criard, pas de contraste violent, tout le décor, les personnages sont plantés en douceur.
On sent bien venir les ficelles de l’histoire, ce qui rend le récit un peu attendu. Pourtant quelques surprises nous happent sans que l'on sache vraiment pourquoi. Il y a une vraie puissance poétique dans ce livre. A tel point que pour la première fois j'ai failli verser ma petite larme à la lecture d'une BD.
Si vous aviez aimé Yaxin "Le faune Gabriel". Vous pouvez vous procurer l'homme montagne sans hésiter.
En bref, je le recommande à tout ceux qui aiment les belles histoires qui touchent le cœur tout en douceur.
Certes, on pourrait reprocher aux auteurs d’être de parti pris, et d’occulter le rôle qu’a pu jouer la CGT dans ce début de guerre froide (l’action se passe en 1950), alors que la direction du PC qui la contrôlait virait au stalinisme. Et donc de ne présenter que « le bon côté » de ses militants.
Mais ce serait en fait à la fois injuste et une erreur. En effet, il n’est pas question ici des appareils dirigeants, mais de militants de base, souvent à la pointe de la résistance durant les années d’occupation – et qui faisaient face parfois en 1950 aux mêmes policiers qui les traquaient sous Vichy (au moment où la lutte contre les communistes prenait le pas sur toute autre considération) !
Et surtout, les auteurs donnent un éclairage signifiant avec en exergue un extrait d’ « Une histoire populaire des Etats-Unis », d’Howard Zinn. Ils suivent son exemple en choisissant les luttes populaires – victorieuses pour narrer l’histoire (ici d’une ville, Brest, au temps de la reconstruction).
Ceci étant dit, c’est un bel album, qui se lit très bien, et qui rend vraiment un bel hommage au combat de ces hommes, de ces militants (qu’ils soient ouvriers ou documentariste). Et le dossier final, conséquent, est vraiment un réel plus, en présentant les faits et protagonistes à qui l’album redonne vie, mais aussi le travail des auteurs (documentation, croquis).
Voilà un album à lire – et ce d’autant plus que de nos jours, la notion d’engagement, à la fois galvaudée et méprisée, aurait de bonnes raisons de se voir redonner ses lettres de noblesse.
Le sujet est original, ça commence avec de minables petits tours de passe-passe de rue pour évoluer vers de l'illusion de prestige grâce à cette fameuse et mystérieuse pierre noire détenue par Nelson. Je ne sais pas comment Corbeyran va faire pour expliquer la disparition du gamin, j'espère qu'il ne va pas nous sortir un truc foireux qu'il a déjà employé dans d'autres Bd. Pour l'instant, ça fonctionne bien, une part de fantastique s'invite dans cette histoire axée sur le monde de la magie, un sujet peu évoqué en BD finalement..
La lecture est rapide, l'ensemble est rondement mené, c'est du Corbeyran et ça se voit, il va vite, utilise des raccourcis scénaristiques et des simplifications, mais la narration n'en souffre pas, au contraire, ça la dynamise, je préfère ça à des circonvolutions qui égarent et ennuient le lecteur.
Le dessin est sans génie mais très agréable, j'adore les cadrages et les plans en plongée et contre-plongée déclinés en longues cases verticales ou en demi-pages en hauteur, c'est un effet qui imprime un style très plaisant ; les personnages ont des traits plutôt simplifiés par rapport aux décors plus soignés, mais j'aime bien ce style graphique, ça me rappelle certains petits formats de ma jeunesse parce que ça donne l'impression que c'est dessiné vite et bien, mais au contraire, je sens que le dessinateur doit y passer du temps et s'appliquer.
Voila donc une très bonne histoire, avec une ambiance intéressante, un décor XIXème bien recrée et souvent fascinant, et des rouages classiques de dramatisation, qui au premier abord peut sembler compliquée, mais étonnamment limpide, centrée autour d'un mystère dont je suis bien curieux de découvrir la solution. Pour l'instant, c'est captivant, espérons que ça dure..
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Le Siècle des Ombres
Je m’attendais à une bonne BD avec cette nouvelle série du duo du Clan des chimères, mais j’ai été surpris. Surpris tout d’abord par les qualités graphiques de l’album. On a pu le voir tout au long de la série précédente, Michel Suro n’a cessé de progresser. Avec cette nouvelle époque (mais dans le même univers), il a encore fait un petit bond, et il a visiblement pris du plaisir à illustrer cette histoire. Le premier témoignage, évident, est la couverture, en rupture avec la construction précédente série, toutes construites selon un schéma presque immuable : un personnage au premier plan, et derrière lui des créatures ailées. Ici la couverture est de facture plus classique, assez proche de ce que pourrait la couverture d’une bande dessinée sur la piraterie, par exemple. Elle est proprement superbe, et nous indique d’emblée certains cadres où se situera l’histoire : ambiance maritime, donc peut-être voyage, exotisme… Ca donne envie. Le dessin de Suro est accompagné d’un traitement des couleurs très réussi, avec une gamme chromatique très large. Luca Malisan, par ailleurs dessinateur de La Croisade des enfants (Edition Soleil), a su magnifiquement s’adapter au style de facture classique de Michel Suro. Dommage cependant qu'il n'ait pas travaillé sur toute la série, c'est en effet Dimitri Fogolin qui a travaillé sur la fin. Ils ont su créer des ambiances très diversifiées, même si parfois les Européens du XVIIIème siècle ont un teint un peu bronzé. Par ailleurs Suro, qui a fait évoluer physiquement Abeau et Cylinia de façon assez crédible (même si Abeau me semble un peu moins réussi), nous propose un Weltman très proche physiquement de celui de Guérineau dans la série-mère. Le Siècle des Ombres prend pied au XVIIIème siècle, celui des… Lumières. Le contre-pied pris par Corbeyran dans le choix du titre de la série est clair : alors que de nombreuses connaissances et découvertes se font jour un peu partout en Europe, il y a pourtant des choses qui restent obscures, des créatures qui œuvrent à l’abri des regards. Et une fois de plus, les Stryges n’y sont pas étrangères… Cette nouvelle série, la cinquième de l’univers, met en vedette non seulement Abeau et Cylinia, mais aussi Sandor Weltman. Trois êtres qui, si vous suivez la trame de l’univers des stryges, ont des pouvoirs très particuliers. Trois êtres très particuliers dont la première apparition avait laissé de fausses impressions sur leurs motivations exactes. Mais avec la fin du Clan des chimères et celle du second cycle du Chant des Stryges, les enjeux et les positionnements ont changé. Weltman est-il un dangereux manipulateur ? Pas sûr. Abeau et Cylinia œuvrent-ils pour le bien du monde ? Les cartes sont brouillées en 1751. Nous nous retrouvons avec deux factions rivales, qui courent cette fois après un météorite qui pourrait être lié aux créatures ailées que l’on nomme stryges… Et qui n’apparaissent pas de façon réelle dans ce premier épisode. Weltman devrait en être le personnage central, et il apparaît déjà avec une forte présence, sous les traits de Paul Henry Thiry, Baron d’Holbach. Si je ne m’abuse, c’est la première fois qu’un personnage historique réel apparaît et joue un rôle prépondérant dans cet univers. En 1751, celui-ci, né Allemand, vient d’obtenir la nationalité française, et s’apprête à participer à l’Encyclopédie, dirigée par Diderot et d’Alembert. C’est un personnage haut en couleurs, ouvertement anticlérical, athée, matérialiste et fataliste. Il dût parfois écrire sous des pseudonymes pour voir ses idées publiées. Il tenait une place centrale dans le microcosme des philosophes et des savants de cette époque bouillonnante. C’est donc un personnage symbolique, sans doute inspirateur de la Révolution (et à mon avis ce fait va être traité par la suite dans la série), qui prend les traits de Weltman, un homme qui se veut libre, libre penseur, qui est avide de connaissances et de bien d’autres choses. Weltman, qui, je l’ai dit, nous présente un visage très différent de ce qu’on savait de lui jusqu’à présent (enfin, sauf dans la fin du second cycle du Chant des Stryges). La lecture des second et troisième tomes apporte également son lot de satisfaction pour l'amateur lambda de l'univers des stryges. La nature de Cylinia nous est, sinon expliquée, du moins révélée ; les relations des frère et soeur entre eux, mais aussi avec Weltman, franchissent un nouveau palier, permettant de complexifier l'intrigue, d'autant plus que la fin du tome 3 -mystérieusement ponctué par une "fin de l'épisode"- laisse sur une révélation qui, si elle n'est pas forcément surprenante, n'en est pas moins énorme. La lecture du tome 5 me semble un peu plus décevante que les précédents, il ne s'y passe pas grand-chose, hormis une scène de bataille impeccablement exécutée par Michel Suro, comme en témoigne une superbe double page. Le tome 6 apporte une belle réponse aux dernières questions laissées en suspens dans la série, et ne devrait pas décevoir les fans, même si on aimerait voir comment Weltman évolue par la suite... C'est une série réellement prenante, aux ambiances réussies et au découpage impeccable.
Baptism
En voyant pour la première fois la couverture du premier tome, je me suis dit "Tiens un nouveau style de dessin manga". Moi qui n'aime pas les mangas standards pour leurs côtés stéréotypés (grands yeux enfantins, visages pointus et bouches grandes ouvertes), Kazuo Umezu a un superbe style de dessin classique pour une BD asiatique (évidemment Osamu Tezuka est mon mangaka favori en premier). Après avoir lu "14 ans" sur un site en anglais ("Fourteen" de Kazuo Umezu) qui est très proche du comics américain, je suis tentée de lire Baptism en ayant les tomes en français car cette histoire m'intrigue et ses dessins sont très beaux et n'ont pas du tout vieilli actuellement. Ce livre est bien glauque et quand même moins gore que l'adaptation en film "Baptism of Blood" en 1996 de la même histoire. En résumé voici l'histoire de Matsuko Uehara, une ancienne actrice de cinéma surnommée "La sainte éternelle" sous le sobriquet d'Izumi Wakakusa. Celle-ci voit sa beauté se dégrader de jour en jour, et avec son médecin personnel, elle formente un plan afin de rester jeune et belle. Elle conçoit une magnifique petite fille appelée Sakura Uehara, née sous X. Mais à maintenant 10 ans, celle-ci découvrira le secret de sa mère Matsuko et le supplice va commencer pour la pauvre Sakura. Avant de commander mon premier tome, j'ai commencé à lire les 3 premiers tomes sur internet en japonais. (Je possède les tome 1,3 et 4,donc j'évite de trop spoiler dessus.) Mais je comprenais bien les situations en regardant les cases et seul le tome 2 ne me tente pas du tout pour l'acheter à cause du conflit entre le maître d'école Tanigawa et son épouse Kazuyo, victime des machinations d'Izumi (vivant alors dans le corps de Sakura) afin de rompre avec son mari car il y a quelques pages qui m'ont gênée sur la relation "pédophile" entre la fillette et son maître d'école (la fillette étant évidemment Izumi qui souille le corps de Sakura physiquement et moralement). Bref un superbe manga d'horreur qui a très bien vieilli même de nos jours et que je conseille aux fans de mangas horrifiques.
La Bête
Ça fait plusieurs albums de Chabouté que j'avise en peu de temps et à chaque fois je dis tout le bien que je pense de son dessin. Ici je n'ai encore une fois rien à dire de ce côté là tant les choses ont un rendu magnifique. Dans le dépouillement, l'auteur est un des grands qui savent dessiner les paysages de neige comme personne. Ouais, nous autres on rigole en se disant que faire du blanc, il n'y a rien de plus simple. Ben si vous avez cinq minutes, essayez juste de faire un semblant de reproduction de la couverture de cet album! Ne rendons pas la tâche trop difficile, je vous permets de ne pas reproduire les taches de rouge! Au-delà du dessin, il y a l'ambiance. On aime ou pas ce genre d'histoire, mais en aucun cas on ne peut dire que l'auteur est un maître dans cet exercice qui consiste en quelques traits, quelques cases, à vous plonger, à vous immerger dans son récit. D'accord ici c'est un peu facile, car tous les éléments sont réunis pour une sorte d'apothéose. Village paumé, enfoui sous la neige, population un brin attardée ou en tout cas rude et cachant de sombres secrets, etc... Tout est en place pour que le drame ait lieu. Donc, donc, un très bon cru de Chabouté, à consommer sans modération.
Tseu Hi - La Dame dragon
Après Aliénor, Isabelle et Frédégonde, la collection Reines de Sang s'expatrie aux confins de l'Empire céleste à l'époque de l'ascension au pouvoir de Tseu Hi corollaire de la reine Victoria mais en plus sanglante, certains diraient radicale. D'emblée, rendons hommage à un grand écrivain français : Lucien Bodard, fils de consul, élevé en Chine et qui nous a laissé de nombreux écrits sur ses années passées dans ce pays. L'écrit qui nous concerne est "La vallée des Roses", qui justement nous narre l'accession au pouvoir de Xhingzen, future Tseu Hi, quinze ans, belle, orgueilleuse et surtout ambitieuse jeune fille de l'ethnie Mandchoue. A cette époque la condition des femmes est tout simplement une horreur, quand elles ne sont pas noyées à la naissance elles subissent les désidératas de leurs pères qui les marient contre leur gré. Xhingzen, sans éducation particulière est une jeune fille hors de son temps, ou plutôt en avance sur celui-ci. Une seule solution s'offre à elle, devenir une des multiples concubines de l'empereur, et surtout être remarquée par lui. En effet, et cela est véridique, à l'âge de 25 ans si elles n'avaient jamais été convoquées par l'empereur elles étaient jetées à la rue et devenaient de simples prostituées. Dans le roman de Bodard on suit tout le calvaire de cette très jeune fille qui doit apprendre d'un eunuque tous les arts de l'amour et mettre sa vallée des roses à la disposition de son amant. Dans le roman, le lien intime mais obligatoirement chaste entre les deux jeunes gens est parfaitement rendu, ici dans la BD il est forcément édulcoré (nombre de page oblige). Et puis la future Tseu Hi rencontre l'empereur. Là aussi un petit souci historique, il se trouve que le grand empereur préférait chez les femmes "la porte de derrière", aussi pour les concubines qui trouvaient le summum de leurs pouvoir dans le fait d'être enceintes, la difficulté était grande de faire croire à leur impérial amant qu'il s'aventurait au bon endroit. C'est par un subterfuge que la véritable Tseu Hi parvint finalement à donner un héritier mâle à la Chine. Alors cette adaptation, qu'en penser? Pour les néophytes qui ne connaissent pas l'histoire de la Chine je dirais que c'est une excellente première approche. Pour les autres qui sont plus au fait des évènements de cette période, je dirais que c'est une bonne lecture des évènements de l'époque quoique un peu rapide. Dans ce premier tome, commencent à être évoquées les puissances étrangères, la France et l'Angleterre qui inondaient littéralement la Chine d'opium en vue d'asservir le peuple et déstabiliser le pouvoir en place. Mon avis final est que nous avons là un bien bel ouvrage, dessiné de belle manière dans un style réaliste, mais je ne pourrais que conseiller l'ouvrage de Mr Bodard, dans un style à nul autre pareil, qui se lit comme un roman d'aventure.
Les Echos invisibles
J'ai bien aimé ce diptyque qui parle de la douleur d'un homme à avoir perdu un être très cher à savoir son amoureuse Monica. Baltus va alors développer le pouvoir de voir dans l'avenir bien malgré lui. Cette expérience mystérieuse le conduira à New-York dans le second tome et près de 20 ans après. Il fera de nouvelles rencontres qui lui donneront la force d'affronter ses démons, mais à quel prix ? C'est un récit plein d'émotion et qui baigne dans une certaine ambiance mélancolique. J'ai apprécié le fait de pouvoir m'identifier parfaitement à ce jeune photographe qui vit alors une grave douleur intime. L'apparition de son don s'explique par la tragédie. J'ai bien aimé également le trait simple et souple de la dessinatrice. Cela s'inscrit dans une certaine poésie de l'âme. Cette bd est fort réussie. Simplement, il faut lire les deux tomes pour comprendre le cheminement.
Ocean City
Ah les beaux baltringues! Pas un pour rattraper les autres. Escrocs à la petite semaine ces messieurs vivotent de petites combines où les minables rackets leur permettent tout juste de se la jouer gros durs. Alors forcément quand une tuile dégringole sur le nez de l'un d'entre eux, leurs réactions ne sont pas les plus appropriées qui soient. Vraiment bien vu tous ces braves gens, du "héros" jusqu'aux personnages secondaires. D'un polar somme toute assez classique les auteurs mettent en place une implacable mécanique où la bobine du destin se déroule gentiment sans s'occuper de ce qu'il y a sur son passage. Si l'ensemble peut paraître caricatural, il n'en est en fait rien. Grâce à un petit je ne sais quoi, on sort du classique Mafia/truands et tutti quanti. Voilà donc une excellente histoire qui vous prend et ne vous lâche plus jusqu'à son terme, donc pour un scénario au cordeau et des personnages vraiment attachants, (Ah le Maurice!) je ne peux que conseiller l'achat.
Holmes
Ah! ce bon Sherlock, que de bons souvenirs se rattachent à cette lecture. La mécanique des petits détails avec lesquels notre héros arrivait à déterminer l'origine d'un homme, ce qu'il avait mangé le midi et j'en passe. C'est donc avec une certaine fébrilité que je me suis attaqué à la lecture de ces trois premiers tomes. Tout d'abord un dessin splendide, tout en nuances, avec un remarquable travail sur les détails (je me souviens de ce bateau dans le tome trois, magnifique!). Ces tons monochromes qui de premier abord peuvent sembler ternes, se révèlent à l'usage parfaitement cadrer avec l'ambiance très victorienne de l'ensemble. Au niveau de l'histoire c'est bougrement original. Car en fait ce que tout le monde se dit c'est "Et si Sherlock Holmes n'était pas mort?". Pour résoudre l'énigme de cette mort ou du moins de la disparition, c'est le Docteur Watson qui s'y colle et l'idée est excellente car elle met en avant celui qui dans les romans de Conan Doyle n'était qu'un faire valoir, un souffre douleur, quoiqu'il en soit un personnage un peu relégué au second plan même s'il était le narrateur des enquêtes. Non content de nous dresser, enfin un véritable portrait de Watson, qui finalement le méritait bien, Luc Brunschwiq nous entraîne dans les méandres de la famille Holmes qui compte quelques éléments rendus fort intéressants par ce scénario captivant. C'est en tous points excellent et la suite me tarde d'arriver.
L'Homme Montagne
Grand père ne peut plus se déplacer, les montagnes qui poussent sur son dos, sont devenues trop imposantes, trop lourdes pour lui permettre d'entreprendre son dernier voyage. Il faut dire que c'est un grand père, ses jambes ne sont plus de première jeunesse. Son petit fils voudrait l'accompagner pour ce dernier voyage. Afin de pouvoir l'aider à se déplacer, il lui promet de ramener le vent qui souffle tout en haut de la montagne. Celui qui est assez puissant pour soulever les montagnes. En échange, grand père promet de l'attendre, de ne pas partir sans lui. Le voyage de l'enfant est un récit initiatique. Il rencontrera des pierres qui ne trouvent un sens à la vie qui si elles roulent, des personnages étranges dans un univers onirique. Cette bande dessinée est à mon sens un vrai petit bijou. Autant pour les enfants que pour les plus grands. Les grands thèmes abordés sont la transmission, le courage et l'amour, la disparition d'un proche. Tant par le trait délicat, que par ces douces couleurs pastels, chaque page respire la poésie. Il n'y a rien de criard, pas de contraste violent, tout le décor, les personnages sont plantés en douceur. On sent bien venir les ficelles de l’histoire, ce qui rend le récit un peu attendu. Pourtant quelques surprises nous happent sans que l'on sache vraiment pourquoi. Il y a une vraie puissance poétique dans ce livre. A tel point que pour la première fois j'ai failli verser ma petite larme à la lecture d'une BD. Si vous aviez aimé Yaxin "Le faune Gabriel". Vous pouvez vous procurer l'homme montagne sans hésiter. En bref, je le recommande à tout ceux qui aiment les belles histoires qui touchent le cœur tout en douceur.
Un homme est mort
Certes, on pourrait reprocher aux auteurs d’être de parti pris, et d’occulter le rôle qu’a pu jouer la CGT dans ce début de guerre froide (l’action se passe en 1950), alors que la direction du PC qui la contrôlait virait au stalinisme. Et donc de ne présenter que « le bon côté » de ses militants. Mais ce serait en fait à la fois injuste et une erreur. En effet, il n’est pas question ici des appareils dirigeants, mais de militants de base, souvent à la pointe de la résistance durant les années d’occupation – et qui faisaient face parfois en 1950 aux mêmes policiers qui les traquaient sous Vichy (au moment où la lutte contre les communistes prenait le pas sur toute autre considération) ! Et surtout, les auteurs donnent un éclairage signifiant avec en exergue un extrait d’ « Une histoire populaire des Etats-Unis », d’Howard Zinn. Ils suivent son exemple en choisissant les luttes populaires – victorieuses pour narrer l’histoire (ici d’une ville, Brest, au temps de la reconstruction). Ceci étant dit, c’est un bel album, qui se lit très bien, et qui rend vraiment un bel hommage au combat de ces hommes, de ces militants (qu’ils soient ouvriers ou documentariste). Et le dossier final, conséquent, est vraiment un réel plus, en présentant les faits et protagonistes à qui l’album redonne vie, mais aussi le travail des auteurs (documentation, croquis). Voilà un album à lire – et ce d’autant plus que de nos jours, la notion d’engagement, à la fois galvaudée et méprisée, aurait de bonnes raisons de se voir redonner ses lettres de noblesse.
Black Stone
Le sujet est original, ça commence avec de minables petits tours de passe-passe de rue pour évoluer vers de l'illusion de prestige grâce à cette fameuse et mystérieuse pierre noire détenue par Nelson. Je ne sais pas comment Corbeyran va faire pour expliquer la disparition du gamin, j'espère qu'il ne va pas nous sortir un truc foireux qu'il a déjà employé dans d'autres Bd. Pour l'instant, ça fonctionne bien, une part de fantastique s'invite dans cette histoire axée sur le monde de la magie, un sujet peu évoqué en BD finalement.. La lecture est rapide, l'ensemble est rondement mené, c'est du Corbeyran et ça se voit, il va vite, utilise des raccourcis scénaristiques et des simplifications, mais la narration n'en souffre pas, au contraire, ça la dynamise, je préfère ça à des circonvolutions qui égarent et ennuient le lecteur. Le dessin est sans génie mais très agréable, j'adore les cadrages et les plans en plongée et contre-plongée déclinés en longues cases verticales ou en demi-pages en hauteur, c'est un effet qui imprime un style très plaisant ; les personnages ont des traits plutôt simplifiés par rapport aux décors plus soignés, mais j'aime bien ce style graphique, ça me rappelle certains petits formats de ma jeunesse parce que ça donne l'impression que c'est dessiné vite et bien, mais au contraire, je sens que le dessinateur doit y passer du temps et s'appliquer. Voila donc une très bonne histoire, avec une ambiance intéressante, un décor XIXème bien recrée et souvent fascinant, et des rouages classiques de dramatisation, qui au premier abord peut sembler compliquée, mais étonnamment limpide, centrée autour d'un mystère dont je suis bien curieux de découvrir la solution. Pour l'instant, c'est captivant, espérons que ça dure..