Les derniers avis (31999 avis)

Par bab
Note: 4/5
Couverture de la série Les Mains Invisibles
Les Mains Invisibles

Pour donner mon avis sur cette bd, je vais tacher de séparer le subjectif de l'objectif car on n'est clairement pas dans de la bd qui m'a fait rêver et dont la lecture m'a été facile. On n'est clairement pas dans de la bd que j'aime. Mais... Mais, Ville Tietäväinen nous livre ici une fiction basée sur une réalité dure et sans concession. A la différence d'un Craig Thompson qui, dans Habibi par exemple, met de la lumière dans son dessin, fait avancer son histoire à l'espoir; Tietäväinen s'immerge dans la noirceur sans laisser entrevoir à un seul instant un moment de bonheur pour ses personnages. Tietäväinen, fort de sa documentation et du temps passé au Maroc et en Espagne, arrive à exprimer le désespoir d'une vie qui fait basculer le destin d'un homme. Sa misère, ses motivations basées sur des chimères pour devenir clandestin et sa vie misérable en Europe. Son scénario ne nous épargne rien, et appuie des faits avec une belle (et très dure) justesse. Le rythme est lent mais mène vers l'inéducable avec la force du destin qui pèse sur cet homme. Au dessin, rien n'est fait pour alléger l'histoire. C'est sombre, très sombre jusqu'à la dernière planche tout en lumière. Mais l'esthétisme est là. Le trait, épais, allié à une mise en couleur vraiment soignée et réussie appuie parfaitement le propos. J'ai malgré tout trouvé parfois le cadrage un peu maladroit, manquant de lisibilité et m'obligeant à me demander ce que je regardais. Mais ce ne sont que quelques cases sur un beau roman graphique. Une bd à lire comme un témoignage. Si je n'ai pas aimé, si je n'ai pas été touché par le destin de Rachid, c'est que je crois que l'histoire de ce migrant marocain est tellement dure, qu'il a fallu que je mette rapidement de la distance avec ce livre. Et puis, chantilly sur les fraises, ça m'a définitivement convaincu de ne plus acheter ni fruits ni légumes provenant d'Espagne.

08/04/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Nuit de l'Empereur
La Nuit de l'Empereur

Malgré quelques légers défauts, cette bande dessinée ravira les amateurs d'Histoire et de Napoléon en particulier. Il met en effet en scène un moment très précis dans la saga de l'Empereur, un épisode durant la retraite de Russie qui se révèle plein d'action, de suspens et d'héroïsme. Face au risque d'être assassiné par un traître, Napoléon fait en effet le choix au moment de quitter Moscou de se faire remplacer par un sosie tandis que lui-même suit discrètement le gros de l'armée avec une petite escorte. Alors qu'une nuit glaciale menace de tomber, il se retrouve coupé de ses troupes et doit passer la nuit dans une petite ferme bientôt encerclée de cosaques. Et pour ne rien arranger, le sosie se fait enlever pendant ce temps là, créant le risque que, comme l'ennemi peut faire croire qu'il s'agit du véritable Empereur, ils l'obligent à abdiquer ou l'exécutent pour démoraliser les troupes françaises. Sauf erreur, il s'agit d'une fiction. Ces événements n'ont pas eu lieu mais ils sont parfaitement crédibles et... qui sait ? Car les auteurs ont bien travaillé le cadre historique de leur récit, les costumes, les dialogues ponctués de nombreux sobriquets militaires de l'époque, les personnages et leurs caractères. Et le rendu n'a rien de didactique ou pompeux : on est dans le véritable récit d'action et de suspens, à la différence près qu'il met en scène pour de bon l'Empereur des Français et sa garde rapprochée de vétérans de tous horizons, des vieilles Moustaches comme on les surnomme, qui prennent des allures de Sept Mercenaires tout en incluant au passage une aristocrate polonaise au caractère bien trempé. C'est prenant, réaliste, intéressant, parfois surprenant et on se demande comment cela va se finir. J'ai un léger regret au niveau du graphisme pour lequel j'aurais aimé ressentir davantage d'aisance technique. Le trait est un peu raide, les visages peu expressifs et pas toujours très faciles à distinguer. La narration n'est pas toujours parfaite non plus. J'ai été un peu perdu dans certaines scènes d'action, notamment le moment du retour à la ferme quand je me demandais qui était ce troisième groupe se demandant "Ben, et nous alors ?". Bref, ce n'est pas parfait mais c'est déjà très bien. Comme je le disais en introduction, c'est un diptyque qui ravira les amateurs d'Histoire, d'action et d'aventure à l'ancienne.

07/04/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Martin Bonheur
Martin Bonheur

Un vrai bonheur, cet album... Comparer Martin, son héros, à Amélie Poulain serait présomptueux et un peu trompeur, mais il y a un peu de ça quand même, puisque le jeune homme est heureux parce qu'il fait le bien autour de lui... et se fait du bien lui-même. Bien sûr, l'arrivée d'Agathe va remettre pas mal de choses en question... Ou pas. Je me suis laissé prendre. Laissé prendre par l'atmosphère de ce village, peuplé de petits vieux et de deux jeunes hors saison, de ses maisons médiévales, de ses bords du fleuve, le plus petit de France. Par les portraits discrets, mais tellement attendrissants de ces mêmes petits vieux, même si au final on n'en croise qu'une demie-douzaine. De cette ambiance de village, où tout le monde se connaît, où tout le monde s'entraide. Ça a l'air vrai, et ça l'est, puisque Jérôme Félix, le scénariste, a vécu plusieurs mois dans cette bourgade normande, et s'est inspiré de son expérience pour raconter le séjour d'Agathe. A tout prendre, l'intrigue qui sert de fil conducteur est secondaire. cette histoire d'écrivain raté ou pas, ce quiproquo avec ce manuscrit qui passe de mains en mains... C'est plus un prétexte. Et puis il y a ces créatures étranges qui... non, lisez-le plutôt. Et pour nous régaler sur ce petit bijou, c'est Stéphane Louis qui est aux pinceaux. On a plutôt l'habitude de le voir sur des récits avec des héroïnes en spandex ou des vaisseaux hyper-profilés... Ici la récréation a été profitable, puisque montre qu'il est capable de tout dessiner, même un petit village de Normandie, où le plus gros délinquant est un toutou qui n'aime pas les personnes de couleur... A propos de couleurs, le boulot de Véra Daviet est superbe, la tâche a sans doute été plus compliquée que ce qu'on peut penser, mais on se croirait vraiment au bord de la Manche (ou presque). Allez, j'y retourne, vous venez avec moi à Veules-les-Roses ?

06/04/2015 (modifier)
Par Gaëlle
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Wika
Wika

De superbes dessins étayent une aventure haletante et poignante. Nos personnages aux traits soignés évoluent dans un univers féérique, sinistre et merveilleux tout à la fois. Bravo aux auteurs.

06/04/2015 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5
Couverture de la série Un homme de joie
Un homme de joie

Le scénario du premier tome est assez classique et pourtant j’ai été happé par ce récit, sûrement pas par l’acteur principal que je trouve pour l’instant un peu fade mais c’est l’ambiance, l’atmosphère bien rendue des années 30 qui fait la force de ce premier épisode. Le récit se déroule dans les années qui suivent le crash boursier ; Sacha, réfugié ukrainien, tente sa chance à New-York. L’accueil de la famille n’est pas des plus chaleureux, mais courageux et volontaire il se débrouille pas mal en vivant de petits boulots ; mais Tonio, petite frappe, fait irruption dans sa vie. Le dessin est le point fort de cette première partie, un dessin atypique de grande qualité qui capte le lecteur ; la colorisation, même si elle semble informatisée n'est pas en reste, New-York comme si vous y étiez ! Le premier tome de ce diptyque est prometteur, une histoire solide et prenante dessinée par le très prometteur David François.

06/04/2015 (modifier)
Couverture de la série La Colère de Fantômas
La Colère de Fantômas

Belle découverte que cet ouvrage. Tout d'abord, découverte d'une histoire que je ne connaissais absolument pas dans sa version originale. Comme le dit très bien le scénariste dans sa préface on est très loin du "pitre au masque bleu, poursuivi par un clown, à bord d'une DS volante" que tout le monde connait par le cinéma. On découvre une facette tout à fait différente de Fantômas, mais bien plus intéressante. Découverte ensuite d'une dessinatrice, Julie Rocheleau. Son dessin est assez particulier mais il me plait beaucoup, surtout ses couleurs. Les scènes d'action ne sont pas toujours très claires, mais ça ajoute justement au mystère de l'histoire. Espérons que la suite sera à la hauteur :) Après lecture des 3 tomes qui forment le premier cycle, ma note reste la même. L'histoire est excellente jusqu'au bout. Et après relecture des deux premiers tomes, le dessin des scènes d'action ne me pose plus aucun problème. A recommander sans aucun problème... et vivement le cycle suivant !

17/12/2013 (MAJ le 06/04/2015) (modifier)
Par bab
Note: 4/5
Couverture de la série La Colère de Fantômas
La Colère de Fantômas

Acheté les yeux fermés sur les conseils de mon ami Pol (je profite d'ailleurs de cet avis pour le remercier chaudement), j'ai découvert la Colère de Fantômas, là, comme ça, sans trop savoir à quoi m'attendre. Et bien m'en a pris d'écouter mon ami Pol (que je remercie toujours chaudement), parce que cette bd est géniale. D'un point de vue scénario, c'est superbement bien mené (ça m'a donné envie de lire les romans tiens !), un rythme très maîtrisé, une narration sans faille, des personnages attachants avec une vraie profondeur. L'humour (très bien maîtrisé, on est aux antipodes des films avec Louis de Funès) apporte le contrepoint parfait à la noirceur, la violence et la psyché torturée de Fantômas. Car, c'est quand même très violent et très noir comme bd. Le dessin vient apporter toute sa dimension à cette histoire, où la noirceur des personnages est parfaitement rendue par un souci du cadrage et des ambiances. Les ambiances, Julie Rocheleau les maîtrise parfaitement avec un trait atypique, tiré au cordeau et une représentation de la violence explicite mais non ostentatoire. Sa mise en couleur presque pastel, que j'ai trouvée vraiment très jolie, vient équilibrer le tout. A eux deux, Julie Rocheleau et Olivier Bocquet, nous ont délivré une vraie bande dessinée comme je les aime. Une vraie histoire combinée à des dessins superbes. A lire absolument en attendant avec impatience de nouvelles aventures de Fantômas par nos auteurs.

06/04/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le Sourire des Marionnettes
Le Sourire des Marionnettes

Jean Dytar est l'auteur que j'ai découvert et qui me semble être le plus prometteur pour l'avenir. J'avoue avoir totalement été subjugué par La Vision de Bacchus qui a été un véritable coup de coeur ainsi qu'une grande découverte pour ne pas dire un coup de maître. Cinq ans auparavant, il avait produit le prometteur sourire des marionnettes. Il est vrai que le style graphique ainsi que la structure du scénario ont complètement évolué en mieux. Pour autant, on sentait déjà l'ambition de produire quelque chose de puissant philosophiquement et d'inventif. J'ai juste un peu été déçu par une fin que je n'arrive pas vraiment à comprendre dans les motivations du personnage principal à savoir un ingénieux astrologue iranien. Pour le reste, cela va plus loin qu'un simple conte persan. On remonte aux sources même du mouvement des assassins et du fanatisme religieux.

06/04/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Photographe
Le Photographe

Allez les gars, en fait ce qui pose problème, c'est le genre. Sommes-nous dans de la BD? Du documentaire? Un reportage photos? Une hagiographie de MSF? Ben je dirais qu'au final c'est rien de tout cela et en même temps un peu de tout. Hey, genre le mec comment y veut pas se mouiller! Bon, après relecture des trois tomes je dit chapeau bas, d'abord parce que c'est un ouvrage qui fait preuve de pédagogie. Il nous en apprend tant et plus sur un pays, quelques unes de ses coutumes, mais surtout ce que peut vivre un peuple en guerre. J'ai mis énormément de temps avant de m'atteler à cette lecture. J'avais peur, après ce que j'avais pu entendre, d'être confronté à un bête collage de photos un peu chiantes de gars crapahutant dans la montagne cernés par des barbus hirsutes. Que nenni! D'autres camarades sur cet avis ont été extrêmement pertinents. Cette trilogie a pris un peu d'âge mais à mon sens elle devrait faire office de thématique obligatoire dans les classes de nos chères têtes blondes afin que celles-ci aient une vision un peu plus claire du merveilleux monde dans lequel nous vivons! Sans manichéisme aucun, c'est un récit profondément humain. Pas récent, mais sûrement d'actualité!!

05/04/2015 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
Couverture de la série Alix
Alix

Classique parmi les classiques, "Alix" est lz série qui a fait aimer l'Antiquité à nombre de lecteurs déclenchant même chez eux des vocations, comme l'envie d'enseigner l'histoire. Bien sûr, cette série peut aujourd'hui souffrir la comparaison avec d'autres séries historiques comme Murena, d'autant qu'après que Jacques Martin ait cessé de dessiner la série, ses successeurs ont été pour le moins catastrophiques, nous offrant un dessin figé digne des années 50. Ce n'est qu'avec la reprise de Marc Jailloux que la série retrouve de son lustre d'antan. Toutefois, le Alix de Jacques Martin, c'est à dire celui des 19 premiers albums, demeure remarquable. La série qui s'étale sur plus de 30 ans a bien sûr évolué, notamment au niveau du dessin mais c'est surtout au moment de la parution du "Dernier Spartiate" que l'auteur atteint son sommet, d'autant que les couleurs sont remarquables de luminosité et de clarté. Il faut rappeler à cet égard que Jacques Martin faisait partie du studio Hergé, et que les couleurs sont du même niveau que celles des "Tintin." Il suffit de se reporter aux séries parues à l'époque pour constater que celles ci n'ont pas eu droit au même privilège. À partir de "Iorix le Grand", les histoires quittent le format des 62 planches pour passer brièvement à 54 puis 46, ce qui ne permettra plus aux récits de conserver la même densité. Bien sur, Martin a toujours conservé un grand souci dans la véracité historique, même s'il a tout de même pris certaines libertés avec l'histoire (Le Cheval de Troie qui est dérobé, Vercingétorix qui s'échappe des prisons romaines pour regagner la Gaule). Mais Martin se servait également des histoires d'Alix pour mieux cerner l'histoire contemporaine. Ainsi lorsqu'il se rend en Mésopotamie où règne un Roi autoritaire dans "La tour de Babel", cela fait furieusement penser au Sha d'Iran qui dirige l'Iran d'une main de fer. Bien sûr on retrouve chez Alix des personnages récurrents comme le sinistre Arbacès ou Héraklion, mais chaque histoire est indépendante à la différence de Murena où chaque histoire n'est qu'un épisode d'un plus vaste récit. Si la série a connu des hauts et des bas, elle retrouve aujourd'hui sa qualité d'antan avec Marc Jailloux à la baguette mais aussi avec la série Alix Senator, qui vient donner plus de densité à des personnages, qui en manquaient peut être à une époque où Alix paraissait dans la presse pour enfant qu'il ne fallait pas heurter. Aujourd'hui encore, Alix reste une série à lire et à relire

05/04/2015 (modifier)