Les derniers avis (31997 avis)

Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Albatros
Albatros

J’ai conscience de nager à contre-courant mais j’ai beaucoup apprécié l’univers développé par Vincent. Et pour une première publi (et en solo sivouplé), c’est carrément pas mal (voire franchement bien). C’est un scénario qui mise beaucoup sur l’ambiance distillée et non sur l’action, même s’il se passe aussi beaucoup de choses. De ce point de vue, je peux comprendre la platitude du récit ressentie par certains même si, me concernant, il m’a porté. Le dessein de l’auteur de faire un focus sur Ombeline permet de la suivre dans l’affranchissement de sa condition de fille soumise pour devenir une femme indépendante. Cette évolution, qui ne se fera pas sans mal, est au cœur du récit et m’a séduit. Alors peu importe de ne pas connaître le but poursuivi par l’Albatros et son équipage (même si on peut le deviner), c’est accessoire et cela n’émousse pas l’intérêt que je peux porter à l’histoire. Côté dessin, c’est un trait déjà abouti avec une mise en couleur bien à propos. Il faut peut-être prendre le temps d’apprivoiser cette série pour que le charme opère, la deuxième lecture m’ayant davantage plu que la première. Pas une grande série, mais une série particulière, personnelle, centrée autour d’une personne cherchant à s’émanciper, et dans laquelle j’aime m’y replonger … Un peu comme avec un whisky Singleton.

03/06/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Hé ! Mademoiselle !
Hé ! Mademoiselle !

Les Crocodiles de Thomas Matthieu avait abordé exactement le même sujet à savoir le harcèlement de rue qui touche principalement les femmes. Or, je suis l’œuvre de Yatuu qui a déjà réalisé Moi, 20 ans, diplômée, motivée... Exploitée ! ainsi que Génération mal-logée !. Hé ! Mademoiselle est sa dernière production. Le principe est celui d’une fille qui se fait aborder lourdement dans la rue par un ou plusieurs mâles en chaleur. C’est tout de même à lire car c’est abordé de manière différente et sous l’angle assumé de l’humour. L’auteure semble être une spécialiste pour tourner en dérision certains problèmes de société pourtant difficiles. Les hommes sont traités comme des primates qu’il faut éduquer même si cela parait mission impossible. Elle ne tombe pas dans le stigmatisme car elle a inversé les rôles au cours de deux-trois gags ce qui donne une situation désopilante qui nous fait prendre conscience du phénomène. Par ailleurs, il y a encore des garçons bien mais ils payent pour tous les autres relous. Bref, la manière de lutter de l’auteure, c’est le gag et même s’il paraît agaçant à la longue. J’ai bien aimé le jeu « chercher le non relou » à la manière d’où est Charlie ? J’avoue ne pas avoir trouvé. Heureusement qu’il y a la réponse en fin de BD. J’apprécie toujours également la même fraîcheur du trait même si le décor est plutôt minimaliste. Bon point également pour retranscrire le doux langage des cités et de montrer certains hommes dans toute leur bassesse lamentable. Le rappel de la loi en fin de volume paraît dans ce contexte assez adéquat. C'est visiblement l'application qui semble poser problème. Les critiques n’ont en général pas été tendres avec cette œuvre qualifiée de parution estivale féminine revendicatrice. D'autres y ont vu une forme de trivialité confinant au malaise (sic !). Le pire étant toujours lorsqu'il s’agit de plume critique féminine traîtresse. Au contraire, j’ai trouvé cette BD décomplexée et assez intelligente dans le concept même si cela paraît moins élaboré que Les Crocodiles pourtant écrit par un homme.

03/06/2015 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Un petit livre oublié sur un banc
Un petit livre oublié sur un banc

Après lecture des deux tomes, je monte ma note d'un point et je conseille l'achat. Je ne pensais pas que le récit prendrais cette tournure, et j'ai au final été agréablement surpris par la façon dont Jim mène son récit d'un bout à l'autre, mais encore plus par le sujet de ce dytique ! Le début m'avait semblé bien sympathique, quoique sonnant assez ressemblant à ce que Jim savait déjà faire, mais la fin m'a convaincu que Jim avait une autre idée derrière la tête que de raconter sans cesse le même genre d'histoire. Au final, ce qu'on retrouve de manière régulière dans ses romans est ici plus mis au second plan (histoires de couples, doutes et recherches de certitudes ...) pour devenir un vibrant hommage au monde de la littérature et à sa puissance émotionnelle. Et ça, c'est bien sympathique pour un auteur de ce genre. Le premier tome du récit nous ouvrait sur une pléiade de possibilité, et j'ai trouvé ça agréable la façon dont Jim fermait progressivement toutes les pistes dans le deuxième tome, pour finalement conclure sur quelque chose de très beau, et à la fois très simple. La fin est superbe, et j'ai eu un grand sourire en lisant les derniers échanges entre les protagonistes, à la fois sincère et plein de vérité. Jim nous sort, mine de rien, des petites perles de dialogues et une très belle vision de la littérature. Et même de l'amour, thème central de son oeuvre jusqu'à présent. C'est intéressant la façon dont l'auteur se renouvelle dans le même genre. La BD ne mérite pas forcément un 4, mais en temps que tel, j'ai beaucoup apprécié ma lecture et je trouvais la fin belle, et j'en suis encore sous le charme. Si vous aimez Jim et son univers, n'hésitez pas à lire ce livre, ça change un peu de ce qu'il fait d'habitude.

17/03/2014 (MAJ le 03/06/2015) (modifier)
Couverture de la série L'Institution
L'Institution

On retrouve dans cet album un peu de la satire sociale habituelle des séries de Binet. Mais, contrairement à ce que j’attendais, ce n’est pas une critique au vitriol de l’Eglise et de ses « institutions ». C’est en fait que Binet s’est inspiré de sa propre histoire, et n’a pas cherché à charger la barque. Son expérience seule a suffi à nourrir cet album. Et il est franchement réussi ! C’est souvent drôle, on rit des « histoires », mais aussi du regard un peu ironique que Binet porte dessus. C’est drôle, mais aussi triste et poignant. En cela la fin, où Binet se retrouve seul alors que son père a oublié de venir voir le spectacle de fin d’année et de venir le chercher est dure, et signe le rejet de cette « éducation », que son père avait choisi pour lui, et que l’Eglise et certains de ses thuriféraires continuaient à proposer sans tenir compte de l’époque, qui n’était plus celle où cette vision du monde avait cours. Heureusement pour moi je n’ai pas eu à subir cet enfermement. Mais Binet a su avec cet album faire une critique de ce qu’il a subi sans tomber dans le pathos. C’est touchant, même si c’est aussi accablant. Un album triste et drôle donc, qui dessine la personnalité de Binet (et qui nous livre sans fard quelques moments forts de son enfance) et complète parfaitement l’autre pan de son œuvre, qui utilise des ficelles plus grosses pour critiquer les travers de notre société (voir Les Bidochon par exemple). A découvrir !

02/06/2015 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série La Maison aux Insectes
La Maison aux Insectes

J'avais bien aimé L'Ecole emportée, un classique du manga également réalisé par Kazuo Umezu en six tomes. Connaissant déjà les autres ouvrages de qualité édités par la maison du Lézard noir, je me suis laissé tenté par ce volume unique qui s'avère être composé de plusieurs histoires indépendantes. Néanmoins toutes les histoires ont en commun une noirceur sublimée par le dessin très sombre de l'auteur. il s'agit dans la majorité d'histoires de dépit amoureux, de tromperies entre un mari et sa femme, avec des personnages souvent torturés par leurs choix ou leurs actes passés et qui dérivent lentement vers la folie pure. Je ne qualifierai pas le genre d'horreur comme peut l'être ce que fait junji Ito avec un graphisme exubérant ; ici c'est plutôt du roman graphique mâtiné d'un gentil frisson, avec un style de dessin un peu daté de nos jours mais très efficace. Voilà du bon manga pour adulte aussi bien sur la forme que sur le fond et de plus dans une édition de très bonne qualité.

02/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Guide Sublime
Guide Sublime

Dieu que c’est jubilatoire, dieu que c’est crétin. Bienvenue dans l’univers du dictateur le plus crétin que l’on puisse imaginer, celui qui impose la moustache aux hommes et la frange aux femmes (oui, je sais, il a un concurrent en Corée du Nord), celui qui affame son peuple pour son plaisir personnel (oui, je sais, il a de la concurrence… chez tous les chefs d’états du monde)… celui qui stigmatise ce pouvoir absolu, grotesque, déconnecté du réel… En exacerbant les défauts de son sublimissime dictateur, Fabrice Erre nous livre une parodie délirante de l’absurdité humaine. Humaine dans toute sa splendeur, dans toute sa crétinerie. Le style est direct, franc, drôle et déprimant à la fois car si j’ai ri à chaudes larmes à plus d’une occasion, derrière cette parodie se cachent constamment de tristes réalités. Et c’est bien pour ça que cet album est si plaisant ! Le style est absurde, la critique est pertinente ! La structure se découpe en courts gags qui, réunis, forment une histoire complète avec ses rebondissements et revirements. Tout n’est pas d’égale valeur et si j’ai franchement apprécié ce premier tome, je crains que, sur la durée, ce genre de concept atteigne rapidement ses limites. Or, si logiquement il devrait s’agir d’un one-shot, l’auteur s’est laissé la possibilité de continuer l’aventure. Quoiqu’il en soit, en ce qui concerne cet album, je ne bouderai pas mon plaisir. Il recèle quelques passages tellement crétins qu’ils en deviennent jubilatoires et même si j’ai ressenti une baisse de niveau sur la fin, mon sentiment demeure très positif. Franchement pas mal du tout ! A lire si vous aimez l’humour noir (mais tendre) et crétin.

02/06/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Z comme don Diego
Z comme don Diego

Pour une fois je ne comprends pas tous les ressentis négatifs sur Z comme Don Diego ! Mais, mais, mais cette petite série est juste GÉNIALE ! Comment pouvait-il en être autrement avec ce duo ? L’inspiré Fabcaro aidé des dessins cartoon Tex Avery de Fabrice Erre ? Si Zorro a longtemps été détourné en films, on a vu peu de cas similaires en bd. Reprendre un personnage populaire dans sa version la plus reconnue (celle de la vieille série Disney qui a bercé mon enfance) et en détourner tous les codes dans des mini gags avec continuité dans un gaufrier de 6 cases était un pari risqué ! J’aurais vu davantage Trondheim réussir un tel exercice comme il l’a déjà fait dans le Pays des 3 Sourires ou Bludzee mais il n’en a effectivement pas l’exclusivité et voit une certaine relève jouissive se constituer avec ces deux Fabrice. Ici Don Diego est un égocentrique dépressif qui n’a de yeux que pour la belle Sexoualidad, qui elle n’en pince que pour les justiciers masqués (car oui il y en a un autre inédit :) ). Bernardo, le fidèle acolyte muet s’en prend plein la gueule. Le père de Zorro manque à chaque fois de dévoiler la double identité de son fils et les méchants sont très méchants ! Florilège de gags sur un thème connu et rabattu, tout ne fait pas rire aux larmes mais la qualité ne baisse pas d’un pouce dans la continuité d’une histoire plutôt maîtrisée. On a bien l’impression que les auteurs savent exactement où ils mettent les pieds et également où ils vont. Chacun des tomes a sa propre identité et les détournements nonsensiques sont légion sans jamais être vulgaires ou répétitifs. Le trait enlevé de Fabrice Erre correspond tout à fait à mes attentes. Ok les décors passent un peu au second plan mais ils sont bien là et on n’est jamais perdu avec le découpage des planches plus subtil qu’il n’y parait. Un excellent moment avec cette série qui semble terminée, les auteurs ayant eu le bon réflexe de l’arrêter bien avant que le public ne s’en lasse ou que les idées soient taries. Pas grave, ces deux-là ne manquent ni de talent ni d’idées et mon petit doigt me dit qu’ils iront bien plus loin que Tornado, la fidèle monture de Zorro !

02/06/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Panthers in the hole
Panthers in the hole

Une lecture assez tétanisante que celle-ci. Oh bien sûr, je n'ai pas attendu cet album pour savoir que les prisons américaines regorgeaient de personnes innocentes pour certaines, accusées et condamnées à tort pour d'autres. Mais nous avons là une, ou plutôt trois histoires symptomatiques, qui illustrent bien l'basurdité du système pénal américain. Alors pour le coup, il s'agit de trois personnes de couleur, qui plus est activistes des Black Panthers, mais le récit n'appuie pas vraiment sur ces faits, bien que l'atmosphère raciste du sud des Etats-Unis soit en partie à l'origine des ennuis de nos trois condamnés. Le récit réussit ce tour de force de rester sobre, d'éviter la passion et l'aveuglement. les deux auteurs ont su garder la tête froide, et traiter le sujet avec le recul nécessaire. Du coup on se retrouve avec une histoire qui, bien qu'expressément dramatique, se refuse à verser dans le pathos, se montrant factuelle autant que possible. Et rappelons que si la Louisiane n' pas aboli la peine de mort, le sort de ces hommes aurait aussi pu être tout autre... Je suis un peu plus dubitatif sur le dessin. Réalisé en niveaux de noir, il réussit à installer des ambiances très agréables, malgré le peu de possibilités qu'offre le milieu carcéral décrit dans l'histoire. Mais il y a parfois un peu de laisser-aller sur des morphologies, ce qui indique un niveau amateur par endroits. Mais l'ensemble est tout de même plutôt réussi, et permet de donner une belle note à ce one-shot qui comporte en outre de nombreux bonus récapitulant les faits et ce qui les entoiure, comme le soutien unique qui entoure dles "Trois d'Angola".

01/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Pouvoir des innocents
Le Pouvoir des innocents

A l'heure de poster mon 700ème avis, il me fallait trouver une série qui sorte un peu de l'ordinaire. Quoi de mieux donc que de trouver, dans un genre que j’affectionne, cette histoire de Brunschwig et Hirn ? Le scénario, tout d'abord, est construit de manière très maligne en utilisant le procédé des flashbacks et en fouillant la personnalité des différents personnages. Ce récit est foisonnant de par le nombre de thèmes qu'il aborde. Des sans-abris aux laissés pour compte de la société américaine en passant par la collusion des deux principaux partis politiques avec le monde louche de la pègre qu'elle soit maffieuse ou non. Nous verrons également les affres de la réinsertion des anciens combattants du Vietnam au travers du personnage de Logan. Certains pourraient trouver que, justement, cette profusion de thèmes nuit à la compréhension de l'ensemble. Je trouve au contraire, et c'est ce qui fait le talent de Brunschwig, qu'il ne nous perd pas en route et surtout qu'il n'oublie pas son histoire. Je ne mets pas culte car quelques détails déjà notés par d'autres posteurs me font également un peu tiquer. C'est par exemple cette bonté surnaturelle de Jessica que je trouve un peu too much. Alors certes il y a un message derrière tout ça qui tendrait à exiger plus de vertu chez nos hommes politiques mais l'héroïne est par trop parfaite, limite naïve pour me convenir totalement. Cependant plus on avance dans l'histoire, et notamment grâce aux flashback, plus on s'aperçoit que les personnages ne sont pas aussi manichéens qu'il y parait (sauf la réserve Jessica ci-dessus). Au final nous avons donc un scénario d'une rigueur quasi militaire, millimétré et tiré au cordeau et qui jamais ne s'égare en digressions inutiles. Plus que divertissant, il éclaire sur les us et coutumes des puissants de ce monde tout en s'ancrant dans une réalité non fantasmée. J'ai bien apprécié le dessin de Laurent Hirn qui dans un style réaliste sait donner de l'expressivité aux personnages. Plus que recommandable donc. Si vous aimez les scénarios malins, cette série est à lire d'urgence.

01/06/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Clichés de Bosnie
Clichés de Bosnie

Clichés de Bosnie fait partie d'un genre que j'affectionne: la bd documentaire qui nous permet de découvrir des pays ravagés par la guerre. Nous avons eu un grave conflit en plein coeur de l'Europe dans les années 90 causant la mort de plus de 100000 personnes. Si seulement ces pays avaient connu le destin de s'unir à l'Union Européenne qui nous a protégé de la guerre depuis plus de 70 ans. Non, ils ont connu le communisme et l'assimilation forcée sous un Etat fédéral. J'ai bien aimé les moments un peu poignants de cette bd durant la campagne de cette mission humanitaire en Bosnie. Les personnages sont plus vivants que nature. Les photographies à la fin le prouvent. Le titre est à double sens. A la fois, il indique qu'il faut combattre les clichés sur ce pays. Par ailleurs, l'auteur est un photographe professionnel qui doit prendre des clichés. L'ambiance est assez festive ce qui nous fait un peu de bien car le sujet est grave avec la découverte de ces charniers et de cette misère humaine. Bref, les scènes comiques alternent avec les passages difficiles. C'est bien réalisé.

31/05/2015 (modifier)