Comment on reconnait une bonne bd ? Au succès du nombre d'exemplaires vendus ? A l'avalanche de louanges de la part des critiques qu'ils soient professionnels ou lecteurs ? Je pense qu'il y a un peu de tout cela.
Undertaker est incontestablement une série au-dessus de la moyenne. Il y a de la virtuosité dans le scénario. Certes, ce premier tome démarre en fanfare. Cependant, c'est surtout les personnages à commencer par Jonas Crow le parfait anti-héros ainsi que la belle Rose. Les personnages secondaires sont également assez bien travaillés comme le shérif ou le vieux Cusco. La fin de ce tome laisse un suspense quasi insoutenable.
Que dire également du dessin qui est une merveille graphique de précision ? On est totalement sous le charme.
Cette série est bourrée d'action mais pas que. Elle fait incontestablement la différence. Certains préféreront de vieux western. Moi, je n'échangerais pour rien au monde. Ne vous y trompez pas: il ne manque rien à cette série.
J'affirmerais bien que tout amateur de BD qui se respecte se doit de jeter un œil sinon deux à ces Dingosdossiers. Plusieurs raisons à cela: En premier lieu ces bandes sont l’œuvre de deux monstres sacré de la BD qui à cette époque faisaient leurs premières armes, et lesquelles, en croquant les travers, petits et grands tracas de la vie quotidienne. Tout était passé à la moulinette d'un humour qui paraît aujourd'hui un peu potache voire désuet mais qui était profondément novateur pour l'époque.
C'est véritablement cet esprit qu'il faut retenir qui proposait un travail plus complexe qu'il n'y paraît, et je ne parle même pas du dessin que certains pourraient considérer comme simpliste. Non en fait c'est cette avalanche de gags sur un support de deux pages, concis, mais diablement efficace.
Sans doute aujourd'hui cet humour aurait 'il du mal à faire consensus mais ce côté foutraque, irrévérencieux, impertinent, à ouvert la voie à d'autres auteurs fameux. Il faut relire par petit morceaux ces planches d'anthologies.
J'ai été agréablement surpris par la première partie de ce diptyque passionnant à souhait. C'est sans doute l'une des meilleurs séries de l'année 2015.
Kersten, médecin d'Himmler: le titre ne laisse pas de place aux doutes. Kersten a bien soulagé les maux d'un homme ayant commis les pires atrocités au nom du nazisme. Aussi, on pourrait être en droit de penser que cet homme est condamnable également. Or, ce n'est pas le cas.
Pourtant, la Suède par le biais de son ministre va expulser cet homme sans ménagement en juin 1945. Le tout est de découvrir le secret qu'il cache. C'est habilement exploités car on ne lâche pas d'une case le parcours de cette enquête qui remonte un peu dans le temps à savoir 1939 où Himmler devient officiellement son patient.
Certes, le dessin ne paye pas trop de mine. C'est assez austère jusque dans la colorisation. Cependant, quelle belle maîtrise du scénario. Après vérification, je m'aperçois que cela traduit bien la réalité historique. J'avoue que je ne connaissais pas cette histoire: celle d'un homme prêt à sauver des milliers de vie en pactisant avec le diable.
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
J’ai longtemps hésité à lire cette série à cause du trait très singulier de Sfar qui ne m’attirait pas du tout. Mais les nombreux éloges m’ont finalement convaincu d’en tenter la lecture. Et bien m’en a pris car j’ai beaucoup apprécié les cinq premiers volumes.
Le récit est fin et si Sfar s’amuse (beaucoup) des dogmatismes, des fanatismes et des rigidités idéologiques des religions (du judaïsme notamment), il ne tombe pas dans la bête caricature ou la vulgarité.
Les dialogues sont intelligents, bien écrits et plein d’humour ; les personnages sont drôles et attachants. Seuls les dessins m’ont parfois un peu gêné au début car ils sont assez inégaux. Cependant, je dois bien reconnaitre que l’univers graphique de Sfar est diablement moderne et original.
Bref, Le chat du rabbin est une série brillante.
A lire et à relire.
je pensais que j'allais m'ennuyer avec du marivaudage politique austro-hongrois, au sein d'une cour impériale aux vieux shakos emplumés, mais ô surprise ! c'est tout le contraire qui s'est produit !
C'est un peu comme dans les films de Sissi, il y a de l'agitation dans cette famille impériale, une opposition d'humeur entre l'empereur François-Joseph et cet archiduc François-Ferdinand que je ne connaissais comme tout le monde, que par son assassinat à Sarajevo en 1914, événement fâcheux et tragique qui a été la gâchette ayant déclenché une guerre qui a fait 10 millions de morts.
Je ne savais pas que l'empereur n'aimait pas son neveu, et je ne connaissais pas le caractère un peu frondeur de l'archiduc, pas plus que son goût pour une vie de famille simple et normale, sans étiquette. Cette lecture s'est donc avérée non seulement instructive mais aussi très plaisante, car la politique y est exposée de façon claire ; si j'avais appris l'Histoire de cette période de cette façon, je m'y serais certes intéressé de près.
On découvre que cette vieille saloperie d'empereur François-Joseph a utilisé son neveu comme un outil pour servir de basses manoeuvres politiques, on découvre le climat de tension qui règne dans cet Empire Austro-Hongrois composé d'une multitude d'Etats et de peuples disparates, impossibles à gouverner sereinement, ainsi qu'un partage surprenant de l'Europe lors de la séquence avec Guillaume II qui rend une visite officieuse à François-Ferdinand, il s'y voyait déjà le bougre, c'est fort bien exposé et pas ennuyeux ni pompeux. J'ai bien aimé aussi la leçon de géopolitique que fait l'archiduc à son fils, c'est une vision très savoureuse mais pleine de vérité.
Le dessin aide bien aussi à faire accepter cette Bd, à faire passer ces derniers instants de vie d'un homme qui au final, n'avait pas envie tant que ça de succéder à son oncle. Certains visages sont parfois un peu gauches ou déformés, mais l'ensemble est plaisant, et la grande page de l'attentat qui est le moment le plus important de l'album, met bien en valeur cet instant historique.
Le dossier de fin d'album complète parfaitement le sujet sur lequel j'ai enfin une vision plus claire sur cet acte déclencheur de la grande boucherie organisée qui a suivi, il aura fallu donc une Bd pour m'aider enfin à comprendre ce que je n'avais pas envie d'aller chercher dans des bouquins d'Histoire, après 35 ans d'incertitude... Un grand bravo aux auteurs !
Avec la pléthore d'histoires racontant de toutes les manières imaginables la colonisation humaine de l'espace, il paraitrait ardu à priori de dénicher quelque chose qui sorte du lot. Pourtant le franco-brésilien Leo tire son épingle du jeu avec les Mondes d'Aldébaran, qui narre les débuts de l'épopée coloniale humaine sur Aldébaran-4 à la fin du XXIIème siècle.
Ici point de délire futuriste et surréaliste, nous avons affaire à une société qui nous ressemble même si le développement technologique et économique parait encore en être à ses tâtonnements (il n'existe pas d'avions civils mais des dirigeables, l'architecture est modeste,etc). Les êtres humains, sans nouvelle de la Terre-Mère depuis un siècle au moins, apprennent donc à survivre sur cette planète lointaine qui semble paisible au premier regard mais qui dissimule en fait une nature étrange, indomptable, incongrue et hostile, qui représente l'intérêt principal de la saga. Le récit justement tourne autour du voyage de Marc Sorensen, Kim Keller et leurs acolytes dans cette faune et cette flore insolites, semblant être régie et télécommandée par une entité supérieure, consciente et protéiforme, connue sous le mystérieux nom de Mantrisse et constituant l'épicentre de l'intrigue.
Il faut reconnaître à Leo une remarquable créativité dans la conception des bêtes et des plantes, la plupart du temps crédibles, montant dans un crescendo de démesure au niveau de leur aspect au fil des tomes. Visuellement ça en jette, il n'y a rien à dire. Aussi l'apparition de la Mantrisse dans le dénouement final est grandiose et finement mise en scène.
Les bémols :
Ce qui est dommage c'est que le franco-brésililen soit plus doué pour dessiner les animaux que les êtres humains ; en effet il n'y en a pas un, homme comme femme, qui n'ai pas cette expression niaise et figée qui peut rendre la lecture pénible. C'est vraiment une grosse lacune et j'espère que Leo s'est amélioré dans les sagas suivantes que je compte lire.
Sans compter son amateurisme quand il s'agit de raconter les relations sentimentales entre les personnages. A certains moments ça vire vraiment à la catastrophe et on a l'impression de se retrouver devant un mauvais mélange entre soap opera et télénovelas sud-américaines. Cet aspect parfois indigeste crée un malheureux contraste avec les enjeux élevés de l'intrigue, et il faut toute la fascination suscité par la nature extraterrestre que l'on a sous les yeux pour réussir à passer outre. Là aussi encore une fois dommage, mais j'imagine qu'avec Aldébaran Leo en était à son premier coup d'essai, on peut lui pardonner : il a de la marge pour progresser et l'expérience aidant tous ces défauts s'amenuiseront.
Il ne faut donc pas bouder notre plaisir car cette série est franchement emballante et globalement réussie. Leo nous propose sa vision de la colonisation spatiale et parvient à capter notre imagination, à tel point qu'on finirait nous aussi par se voir parmi ces pionniers d'un monde futur, au beau milieu de cet environnement à la fois effroyable et captivant.
Comme quoi, le Brésil peut nous donner autre chose que le football-samba et l'hédonisme festif.
Le seul défaut de cette série est son titre : statique, pompeux, fermé, avec la voix glaçante de Malraux et son "entre ici Jean Moulin" en fond sonore. Sur le même genre de sujet, on a quand même l'allant ouvert et poétique de L'Envolée sauvage, l'humour énigmatique de La Guerre des Lulus.
Mais passé ce portail pompier (képis et rangers), l'histoire est touchante, nuancée, les personnages vraisemblables et attachants. Sous la forme du journal intime (une sorte de journal d'Anne Franck mais côté français catholique et occupé), le quotidien de la seconde guerre mondiale nous est montré, du côté des civils et des gens qui ne sont pas la cible de l'occupant (pas dans les réseaux de la résistance institutionnelle, pas juifs, pas tziganes, pas homosexuels, bref a priori sans raison de craindre pour leur peau).
Ce point de vue du citoyen lambda est vraiment le bon pour permettre à chacun de s'identifier aux personnages. Évidemment ce qui paraissait simple et proche de chacun de nous au début finit par se compliquer, et il faut bien prendre parti... Ce récit donne à voir une forme de patriotisme qui nous parait aujourd'hui désuet, mais qui imbibait la France de cette époque, avec différentes facettes qui peuvent aller de la fidélité à Pétain, sauveur de Verdun, aux petits actes d'inertie, voire de sabotage.
Pour le dessin, il est moins nuancé que celui de la guerre des Lulus, moins décidé que celui de l'envolée sauvage, mais il a une sorte de fraîcheur séduisante. Des contours à la Hergé mais avec des lumières blondes et des couleurs très élégantes.
Passez l'emballage rébarbatif et scolaire : Il suffit de l'ouvrir pour le dévorer tout entier !
Bernie Wrightson a toujours fait pour moi l'objet d'une admiration sans limite, ce gars a le crayon magique, il est très doué, a subi l'influence de grands maîtres comme Frazetta ou Ingels, et s'est très vite dirigé vers le domaine du fantastique, le pur, le seul, l'unique, celui qui vous fait frémir, qui vous prend aux tripes ou vous procure des sueurs froides, bref c'est tout à fait ce que j'aime.
Vers 1984, fasciné par le roman de Mary Shelley, il en illustre une transposition graphique sous forme d'une cinquantaine d'illustrations, intitulée "Frankenstein ou le Prométhée des temps modernes", qui avait été alors remarquée et même considérée comme un chef-d'oeuvre ; les dessins de Wrightson dans un noir et blanc rappelant les belles gravures du XIXème siècle, dans un style très gothique, dramatique, transcendé par les contrastes et un travail éblouissant sur les hachures, m'avaient vivement impressionné, lorsque j'avais eu l'occasion de le feuilleter en bibliothèque il y a quelques années.
Et voila que cet auteur génial, toujours hanté par Frankenstein, décide de revenir sur le sujet 30 ans après, alors que je le croyais passé en mode arrêt ; en fait il était en stand-by et se réservait pour trouver un scénariste capable de lui écrire un récit solide : il le trouve en la personne de Steve Niles, un spécialiste de l'horreur, et on sent bien ici qu'ils sont en parfaite osmose pour réussir à faire revivre la Créature. Mais cette fois, ce n'est plus un livre illustré, Wrightson réalise une véritable bande dessinée. Le résultat est proprement époustouflant au niveau graphique, je ne peux cacher mon admiration amplement justifiée pour ce gars qui n'a rien perdu de son coup de crayon pour vous créer une ambiance et des pleines pages ahurissantes, spécialement dans le détail et la finesse des contours, dans un déluge de noir et blanc, et de lavis grisé qui sont d'une incroyable force esthétique.
Niles et Wrightson ne cherchent pas à refaire une nouvelle adaptation du roman, ils imaginent une histoire différente qui n'est en fait que sa suite, en racontant ce qui est arrivé à la Créature après la fin du roman, son créateur Victor Frankenstein étant laissé pour mort. Ensevelie dans les glaces de l'Arctique, la Créature a survécu et va à nouveau côtoyer l'espèce humaine bien ingrate... un nouveau départ donc mais sans jamais perdre l'esprit du roman.
C'est prodigieux, mirifique, sublimissime, courez l'acheter ou lisez-le en bibliothèque, mais n'hésitez pas... Je ne trouve pas les mots, je suis à court d'arguments, je ne sais comment convaincre les amateurs de fantastique pour les inciter à lire cette Bd, mais j'en ai dit assez... je n'ajouterai que ceci : c'est du grand art !
Wonderball pourrait être un nom de superhéros, ce n’est que la marque de la friandise style Kinder Surprise dont raffole l’inspecteur Spadaccini. Et si ce dernier adore les surprises, il va être servi, et de façon peu amène. Cette série, qui nous emmène dans la Californie des années 80 où le mouvement hippie n’est déjà plus qu’un souvenir, s’ouvre de façon convaincante avec ce tome au suspense aussi abrupt que les rues de Frisco. Certes, rien de révolutionnaire ici, mais les clichés propres au genre sont clairement assumés : un flic dans la lignée de Dirty Harry, de la violence et du sang, avec en toile de fond l’affaire Kennedy et une monstrueuse machination impliquant de puissantes organisations, notamment le FBI. Le tout assemblé avec brio par les scénaristes Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Fred Blanchard, également auteurs de la série Jour J.
Voilà un polar vitaminé qui plaira évidemment aux nostalgiques des séries et films policiers US de ces années-là, ainsi qu’aux amateurs de conspiration. Sous le trait classique mais efficace de Colin Wilson, l’ambiance du San Francisco post-Flower Pop sauce Bullit est très bien rendue.
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Mon avis sur le Tome 2 - Le Fantôme :
A l’image du premier, le second épisode reste d’une efficacité redoutable, avec tous les ingrédients nécessaire à un bon thriller. Fred Duval et Jean-Pierre Pécau tiennent solidement la barre narrative, soutenus par l’excellent coup de crayon de Colin Wilson, tant sur le plan du cadrage que du mouvement, qui nous immerge avec maestria dans cette diabolique machination politico-militaire dont une bonne partie se déroule dans les paysages de l’Ouest américain, très bien reproduits ici. Le format reste assez classique, mais c’est exactement ce qu’on demande à ce genre d’histoire. Le personnage de Wonderball, flic teigneux et addict aux œufs-surprise en chocolat, a tout du « héros culte » avec ses répliques cyniques. Car les dialogues sont également bien troussés, ce qui ne gâche rien. A noter l’apparition de présences féminines (à la plastique forcément irréprochable…), notamment Maggie, jolie flic de haut vol, qui devrait s’imposer de plus en plus au fil de la série, et d’une auto-stoppeuse un peu trop allumeuse pour être honnête dans ce désert déjà brûlant…
Ce « cliffhanger » plutôt macabre sur lequel se conclut « Wonderball : Le Fantôme » ne fera que renforcer l’envie de connaître la suite. Bien sûr, ça ne révolutionnera pas le genre, et certains pourront peut-être y voir une resucée de XIII, mais avec deux premiers tomes aussi captivants, cette série mérite qu’on lui laisse ses chances d’exister.
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Poverello est la deuxième bande dessinée de Robin après Le fils de Rembrandt paru en 2010 aux Editions Sarbacane. Au niveau du dessin, on mesure tout le chemin parcouru. Il y a incontestablement un réel progrès avec 3 ans de travail pour cette oeuvre un peu novatrice. Je suis véritablement tombé sous le charme.
C'est surtout au niveau de la mise en scène qu'il y a une certaine virtuosité. La vie d'un acteur gâté est chamboulé lorsqu'il accepte d'incarner le rôle de Poverello à savoir Saint-François d'Assise dont s'inspire actuellement notre bon pape. Cette oeuvre va jouer sur les deux tableaux et s'en tirer à merveille. Point de bondieuserie car je n'aurais pas supporté.
Attention car il s'agit d'un pavé de 600 pages mais qui se lit avec un certain bonheur grâce à une fluidité des scènes: 3 à 4 cases par page. Le texte n'est guère envahissant. C'est en tout cas une manière astucieuse d'aborder la vie de l'un des saints les plus célèbres.
En conclusion, c'est une belle découverte d'un auteur encore inconnu du grand public sauf pour les fans de Bayard Presse. Cependant, la tonalité ne sera guère enfantine avec quelques dessins de nus. Par ailleurs, on va passer de la superficialité, de l'argent facile, de l'égocentrisme, des aventures d'un soir à quelque chose d'autre, de plus humain, de plus beau, de plus sincère. Un livre qui rend étonnamment proche la quête de sens d’un saint très moderne.
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Undertaker
Comment on reconnait une bonne bd ? Au succès du nombre d'exemplaires vendus ? A l'avalanche de louanges de la part des critiques qu'ils soient professionnels ou lecteurs ? Je pense qu'il y a un peu de tout cela. Undertaker est incontestablement une série au-dessus de la moyenne. Il y a de la virtuosité dans le scénario. Certes, ce premier tome démarre en fanfare. Cependant, c'est surtout les personnages à commencer par Jonas Crow le parfait anti-héros ainsi que la belle Rose. Les personnages secondaires sont également assez bien travaillés comme le shérif ou le vieux Cusco. La fin de ce tome laisse un suspense quasi insoutenable. Que dire également du dessin qui est une merveille graphique de précision ? On est totalement sous le charme. Cette série est bourrée d'action mais pas que. Elle fait incontestablement la différence. Certains préféreront de vieux western. Moi, je n'échangerais pour rien au monde. Ne vous y trompez pas: il ne manque rien à cette série.
Les Dingodossiers
J'affirmerais bien que tout amateur de BD qui se respecte se doit de jeter un œil sinon deux à ces Dingosdossiers. Plusieurs raisons à cela: En premier lieu ces bandes sont l’œuvre de deux monstres sacré de la BD qui à cette époque faisaient leurs premières armes, et lesquelles, en croquant les travers, petits et grands tracas de la vie quotidienne. Tout était passé à la moulinette d'un humour qui paraît aujourd'hui un peu potache voire désuet mais qui était profondément novateur pour l'époque. C'est véritablement cet esprit qu'il faut retenir qui proposait un travail plus complexe qu'il n'y paraît, et je ne parle même pas du dessin que certains pourraient considérer comme simpliste. Non en fait c'est cette avalanche de gags sur un support de deux pages, concis, mais diablement efficace. Sans doute aujourd'hui cet humour aurait 'il du mal à faire consensus mais ce côté foutraque, irrévérencieux, impertinent, à ouvert la voie à d'autres auteurs fameux. Il faut relire par petit morceaux ces planches d'anthologies.
Kersten - Médecin d'Himmler
J'ai été agréablement surpris par la première partie de ce diptyque passionnant à souhait. C'est sans doute l'une des meilleurs séries de l'année 2015. Kersten, médecin d'Himmler: le titre ne laisse pas de place aux doutes. Kersten a bien soulagé les maux d'un homme ayant commis les pires atrocités au nom du nazisme. Aussi, on pourrait être en droit de penser que cet homme est condamnable également. Or, ce n'est pas le cas. Pourtant, la Suède par le biais de son ministre va expulser cet homme sans ménagement en juin 1945. Le tout est de découvrir le secret qu'il cache. C'est habilement exploités car on ne lâche pas d'une case le parcours de cette enquête qui remonte un peu dans le temps à savoir 1939 où Himmler devient officiellement son patient. Certes, le dessin ne paye pas trop de mine. C'est assez austère jusque dans la colorisation. Cependant, quelle belle maîtrise du scénario. Après vérification, je m'aperçois que cela traduit bien la réalité historique. J'avoue que je ne connaissais pas cette histoire: celle d'un homme prêt à sauver des milliers de vie en pactisant avec le diable. Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Le Chat du Rabbin
J’ai longtemps hésité à lire cette série à cause du trait très singulier de Sfar qui ne m’attirait pas du tout. Mais les nombreux éloges m’ont finalement convaincu d’en tenter la lecture. Et bien m’en a pris car j’ai beaucoup apprécié les cinq premiers volumes. Le récit est fin et si Sfar s’amuse (beaucoup) des dogmatismes, des fanatismes et des rigidités idéologiques des religions (du judaïsme notamment), il ne tombe pas dans la bête caricature ou la vulgarité. Les dialogues sont intelligents, bien écrits et plein d’humour ; les personnages sont drôles et attachants. Seuls les dessins m’ont parfois un peu gêné au début car ils sont assez inégaux. Cependant, je dois bien reconnaitre que l’univers graphique de Sfar est diablement moderne et original. Bref, Le chat du rabbin est une série brillante. A lire et à relire.
François-Ferdinand
je pensais que j'allais m'ennuyer avec du marivaudage politique austro-hongrois, au sein d'une cour impériale aux vieux shakos emplumés, mais ô surprise ! c'est tout le contraire qui s'est produit ! C'est un peu comme dans les films de Sissi, il y a de l'agitation dans cette famille impériale, une opposition d'humeur entre l'empereur François-Joseph et cet archiduc François-Ferdinand que je ne connaissais comme tout le monde, que par son assassinat à Sarajevo en 1914, événement fâcheux et tragique qui a été la gâchette ayant déclenché une guerre qui a fait 10 millions de morts. Je ne savais pas que l'empereur n'aimait pas son neveu, et je ne connaissais pas le caractère un peu frondeur de l'archiduc, pas plus que son goût pour une vie de famille simple et normale, sans étiquette. Cette lecture s'est donc avérée non seulement instructive mais aussi très plaisante, car la politique y est exposée de façon claire ; si j'avais appris l'Histoire de cette période de cette façon, je m'y serais certes intéressé de près. On découvre que cette vieille saloperie d'empereur François-Joseph a utilisé son neveu comme un outil pour servir de basses manoeuvres politiques, on découvre le climat de tension qui règne dans cet Empire Austro-Hongrois composé d'une multitude d'Etats et de peuples disparates, impossibles à gouverner sereinement, ainsi qu'un partage surprenant de l'Europe lors de la séquence avec Guillaume II qui rend une visite officieuse à François-Ferdinand, il s'y voyait déjà le bougre, c'est fort bien exposé et pas ennuyeux ni pompeux. J'ai bien aimé aussi la leçon de géopolitique que fait l'archiduc à son fils, c'est une vision très savoureuse mais pleine de vérité. Le dessin aide bien aussi à faire accepter cette Bd, à faire passer ces derniers instants de vie d'un homme qui au final, n'avait pas envie tant que ça de succéder à son oncle. Certains visages sont parfois un peu gauches ou déformés, mais l'ensemble est plaisant, et la grande page de l'attentat qui est le moment le plus important de l'album, met bien en valeur cet instant historique. Le dossier de fin d'album complète parfaitement le sujet sur lequel j'ai enfin une vision plus claire sur cet acte déclencheur de la grande boucherie organisée qui a suivi, il aura fallu donc une Bd pour m'aider enfin à comprendre ce que je n'avais pas envie d'aller chercher dans des bouquins d'Histoire, après 35 ans d'incertitude... Un grand bravo aux auteurs !
Aldébaran
Avec la pléthore d'histoires racontant de toutes les manières imaginables la colonisation humaine de l'espace, il paraitrait ardu à priori de dénicher quelque chose qui sorte du lot. Pourtant le franco-brésilien Leo tire son épingle du jeu avec les Mondes d'Aldébaran, qui narre les débuts de l'épopée coloniale humaine sur Aldébaran-4 à la fin du XXIIème siècle. Ici point de délire futuriste et surréaliste, nous avons affaire à une société qui nous ressemble même si le développement technologique et économique parait encore en être à ses tâtonnements (il n'existe pas d'avions civils mais des dirigeables, l'architecture est modeste,etc). Les êtres humains, sans nouvelle de la Terre-Mère depuis un siècle au moins, apprennent donc à survivre sur cette planète lointaine qui semble paisible au premier regard mais qui dissimule en fait une nature étrange, indomptable, incongrue et hostile, qui représente l'intérêt principal de la saga. Le récit justement tourne autour du voyage de Marc Sorensen, Kim Keller et leurs acolytes dans cette faune et cette flore insolites, semblant être régie et télécommandée par une entité supérieure, consciente et protéiforme, connue sous le mystérieux nom de Mantrisse et constituant l'épicentre de l'intrigue. Il faut reconnaître à Leo une remarquable créativité dans la conception des bêtes et des plantes, la plupart du temps crédibles, montant dans un crescendo de démesure au niveau de leur aspect au fil des tomes. Visuellement ça en jette, il n'y a rien à dire. Aussi l'apparition de la Mantrisse dans le dénouement final est grandiose et finement mise en scène. Les bémols : Ce qui est dommage c'est que le franco-brésililen soit plus doué pour dessiner les animaux que les êtres humains ; en effet il n'y en a pas un, homme comme femme, qui n'ai pas cette expression niaise et figée qui peut rendre la lecture pénible. C'est vraiment une grosse lacune et j'espère que Leo s'est amélioré dans les sagas suivantes que je compte lire. Sans compter son amateurisme quand il s'agit de raconter les relations sentimentales entre les personnages. A certains moments ça vire vraiment à la catastrophe et on a l'impression de se retrouver devant un mauvais mélange entre soap opera et télénovelas sud-américaines. Cet aspect parfois indigeste crée un malheureux contraste avec les enjeux élevés de l'intrigue, et il faut toute la fascination suscité par la nature extraterrestre que l'on a sous les yeux pour réussir à passer outre. Là aussi encore une fois dommage, mais j'imagine qu'avec Aldébaran Leo en était à son premier coup d'essai, on peut lui pardonner : il a de la marge pour progresser et l'expérience aidant tous ces défauts s'amenuiseront. Il ne faut donc pas bouder notre plaisir car cette série est franchement emballante et globalement réussie. Leo nous propose sa vision de la colonisation spatiale et parvient à capter notre imagination, à tel point qu'on finirait nous aussi par se voir parmi ces pionniers d'un monde futur, au beau milieu de cet environnement à la fois effroyable et captivant. Comme quoi, le Brésil peut nous donner autre chose que le football-samba et l'hédonisme festif.
Les Enfants de la Résistance
Le seul défaut de cette série est son titre : statique, pompeux, fermé, avec la voix glaçante de Malraux et son "entre ici Jean Moulin" en fond sonore. Sur le même genre de sujet, on a quand même l'allant ouvert et poétique de L'Envolée sauvage, l'humour énigmatique de La Guerre des Lulus. Mais passé ce portail pompier (képis et rangers), l'histoire est touchante, nuancée, les personnages vraisemblables et attachants. Sous la forme du journal intime (une sorte de journal d'Anne Franck mais côté français catholique et occupé), le quotidien de la seconde guerre mondiale nous est montré, du côté des civils et des gens qui ne sont pas la cible de l'occupant (pas dans les réseaux de la résistance institutionnelle, pas juifs, pas tziganes, pas homosexuels, bref a priori sans raison de craindre pour leur peau). Ce point de vue du citoyen lambda est vraiment le bon pour permettre à chacun de s'identifier aux personnages. Évidemment ce qui paraissait simple et proche de chacun de nous au début finit par se compliquer, et il faut bien prendre parti... Ce récit donne à voir une forme de patriotisme qui nous parait aujourd'hui désuet, mais qui imbibait la France de cette époque, avec différentes facettes qui peuvent aller de la fidélité à Pétain, sauveur de Verdun, aux petits actes d'inertie, voire de sabotage. Pour le dessin, il est moins nuancé que celui de la guerre des Lulus, moins décidé que celui de l'envolée sauvage, mais il a une sorte de fraîcheur séduisante. Des contours à la Hergé mais avec des lumières blondes et des couleurs très élégantes. Passez l'emballage rébarbatif et scolaire : Il suffit de l'ouvrir pour le dévorer tout entier !
Frankenstein - Le monstre est vivant
Bernie Wrightson a toujours fait pour moi l'objet d'une admiration sans limite, ce gars a le crayon magique, il est très doué, a subi l'influence de grands maîtres comme Frazetta ou Ingels, et s'est très vite dirigé vers le domaine du fantastique, le pur, le seul, l'unique, celui qui vous fait frémir, qui vous prend aux tripes ou vous procure des sueurs froides, bref c'est tout à fait ce que j'aime. Vers 1984, fasciné par le roman de Mary Shelley, il en illustre une transposition graphique sous forme d'une cinquantaine d'illustrations, intitulée "Frankenstein ou le Prométhée des temps modernes", qui avait été alors remarquée et même considérée comme un chef-d'oeuvre ; les dessins de Wrightson dans un noir et blanc rappelant les belles gravures du XIXème siècle, dans un style très gothique, dramatique, transcendé par les contrastes et un travail éblouissant sur les hachures, m'avaient vivement impressionné, lorsque j'avais eu l'occasion de le feuilleter en bibliothèque il y a quelques années. Et voila que cet auteur génial, toujours hanté par Frankenstein, décide de revenir sur le sujet 30 ans après, alors que je le croyais passé en mode arrêt ; en fait il était en stand-by et se réservait pour trouver un scénariste capable de lui écrire un récit solide : il le trouve en la personne de Steve Niles, un spécialiste de l'horreur, et on sent bien ici qu'ils sont en parfaite osmose pour réussir à faire revivre la Créature. Mais cette fois, ce n'est plus un livre illustré, Wrightson réalise une véritable bande dessinée. Le résultat est proprement époustouflant au niveau graphique, je ne peux cacher mon admiration amplement justifiée pour ce gars qui n'a rien perdu de son coup de crayon pour vous créer une ambiance et des pleines pages ahurissantes, spécialement dans le détail et la finesse des contours, dans un déluge de noir et blanc, et de lavis grisé qui sont d'une incroyable force esthétique. Niles et Wrightson ne cherchent pas à refaire une nouvelle adaptation du roman, ils imaginent une histoire différente qui n'est en fait que sa suite, en racontant ce qui est arrivé à la Créature après la fin du roman, son créateur Victor Frankenstein étant laissé pour mort. Ensevelie dans les glaces de l'Arctique, la Créature a survécu et va à nouveau côtoyer l'espèce humaine bien ingrate... un nouveau départ donc mais sans jamais perdre l'esprit du roman. C'est prodigieux, mirifique, sublimissime, courez l'acheter ou lisez-le en bibliothèque, mais n'hésitez pas... Je ne trouve pas les mots, je suis à court d'arguments, je ne sais comment convaincre les amateurs de fantastique pour les inciter à lire cette Bd, mais j'en ai dit assez... je n'ajouterai que ceci : c'est du grand art !
Wonderball
Wonderball pourrait être un nom de superhéros, ce n’est que la marque de la friandise style Kinder Surprise dont raffole l’inspecteur Spadaccini. Et si ce dernier adore les surprises, il va être servi, et de façon peu amène. Cette série, qui nous emmène dans la Californie des années 80 où le mouvement hippie n’est déjà plus qu’un souvenir, s’ouvre de façon convaincante avec ce tome au suspense aussi abrupt que les rues de Frisco. Certes, rien de révolutionnaire ici, mais les clichés propres au genre sont clairement assumés : un flic dans la lignée de Dirty Harry, de la violence et du sang, avec en toile de fond l’affaire Kennedy et une monstrueuse machination impliquant de puissantes organisations, notamment le FBI. Le tout assemblé avec brio par les scénaristes Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Fred Blanchard, également auteurs de la série Jour J. Voilà un polar vitaminé qui plaira évidemment aux nostalgiques des séries et films policiers US de ces années-là, ainsi qu’aux amateurs de conspiration. Sous le trait classique mais efficace de Colin Wilson, l’ambiance du San Francisco post-Flower Pop sauce Bullit est très bien rendue.
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Mon avis sur le Tome 2 - Le Fantôme :
A l’image du premier, le second épisode reste d’une efficacité redoutable, avec tous les ingrédients nécessaire à un bon thriller. Fred Duval et Jean-Pierre Pécau tiennent solidement la barre narrative, soutenus par l’excellent coup de crayon de Colin Wilson, tant sur le plan du cadrage que du mouvement, qui nous immerge avec maestria dans cette diabolique machination politico-militaire dont une bonne partie se déroule dans les paysages de l’Ouest américain, très bien reproduits ici. Le format reste assez classique, mais c’est exactement ce qu’on demande à ce genre d’histoire. Le personnage de Wonderball, flic teigneux et addict aux œufs-surprise en chocolat, a tout du « héros culte » avec ses répliques cyniques. Car les dialogues sont également bien troussés, ce qui ne gâche rien. A noter l’apparition de présences féminines (à la plastique forcément irréprochable…), notamment Maggie, jolie flic de haut vol, qui devrait s’imposer de plus en plus au fil de la série, et d’une auto-stoppeuse un peu trop allumeuse pour être honnête dans ce désert déjà brûlant…
Ce « cliffhanger » plutôt macabre sur lequel se conclut « Wonderball : Le Fantôme » ne fera que renforcer l’envie de connaître la suite. Bien sûr, ça ne révolutionnera pas le genre, et certains pourront peut-être y voir une resucée de XIII, mais avec deux premiers tomes aussi captivants, cette série mérite qu’on lui laisse ses chances d’exister.
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Poverello
Poverello est la deuxième bande dessinée de Robin après Le fils de Rembrandt paru en 2010 aux Editions Sarbacane. Au niveau du dessin, on mesure tout le chemin parcouru. Il y a incontestablement un réel progrès avec 3 ans de travail pour cette oeuvre un peu novatrice. Je suis véritablement tombé sous le charme. C'est surtout au niveau de la mise en scène qu'il y a une certaine virtuosité. La vie d'un acteur gâté est chamboulé lorsqu'il accepte d'incarner le rôle de Poverello à savoir Saint-François d'Assise dont s'inspire actuellement notre bon pape. Cette oeuvre va jouer sur les deux tableaux et s'en tirer à merveille. Point de bondieuserie car je n'aurais pas supporté. Attention car il s'agit d'un pavé de 600 pages mais qui se lit avec un certain bonheur grâce à une fluidité des scènes: 3 à 4 cases par page. Le texte n'est guère envahissant. C'est en tout cas une manière astucieuse d'aborder la vie de l'un des saints les plus célèbres. En conclusion, c'est une belle découverte d'un auteur encore inconnu du grand public sauf pour les fans de Bayard Presse. Cependant, la tonalité ne sera guère enfantine avec quelques dessins de nus. Par ailleurs, on va passer de la superficialité, de l'argent facile, de l'égocentrisme, des aventures d'un soir à quelque chose d'autre, de plus humain, de plus beau, de plus sincère. Un livre qui rend étonnamment proche la quête de sens d’un saint très moderne.