Avantage de cette BD : faire découvrir. Oui sans doute tout n'est-il pas véridique; les auteurs, par souci scénaristique ou autre se sont un peu emballés dans certains aspects de la vie d'Aliénor.
Personnellement j'avais entendu causer de la dame sans être de sa région (moi c'est plutôt Anne de Bretagne). Mais tout comme Isabelle la louve de France, voilà une BD qui au delà d'un aspect pédagogique certain n'est jamais prise de tête. En même temps quelle vie!
Le scénario est clair et rien n'empêche d'aller approfondir si on le souhaite.
Beau dessin.
Allez, un seul regret, cette série s'arrête alors que la vie de la dame n'est pas finie. J'aurais aimé voir Henri II Plantagenêt et surtout son fiston.
Majoration après parution du tome 4
Ça y est le tome 4 est paru! Franchement c'est vraiment bien. Comment dire les choses; nous avons là tous les ingrédients d'une grande saga d'aventure; aventure de sang, de mort, de pouvoir, oh combien, de traîtrise, de renoncements à des idéaux personnels qui confrontés à la réalité des choses se fracassent dans les larmes. Il y a dans la vie d'Aliénor tous les ingrédients pour en faire une fresque, un film qui reléguerait bien loin certaines sottises vues par ailleurs. En fait pour bien apprécier ce récit il faut se remettre à l'esprit deux choses importantes: d'une part l'époque, les hommes de ce temps n'étaient pas pires ni meilleurs qu'aujourd'hui mais disons que le contexte ne leur avait pas encore apporté ce vernis, dit de civilisation, qui de nos jours rend les choses plus feutrées, moins évidentes aux yeux du petit peuple; d'autre part l'âge de la dame en question; il fallait être superbement couillue, si je puis me permettre l'expression, pour agir comme elle l'a fait, dans ce monde d'homme où la place de la femme était ce que l'on connait.
J'imagine que d'autres l'ont dit avant moi, mais la vie d'Aliénor d'Aquitaine, reine de France, est un véritable roman. Le grand défi de cette série était de nous la montrer sans fard, avec ses doutes, ses interrogations, cette envie de vivre, de résister à une voie toute tracée que certains auraient voulu lui voir prendre.
Alors place à la BD, il y a maintenant un petit bout de temps en attaquant cette série j'avais peur de tomber sur un truc genre hagiographie pesante et chiante me déroulant une série de dates et m'expliquant que la dame avait largement contribué à la grandeur de la France. Bref du chiant bien lourdingue. Joie, bonheur rien de tout cela, pour ceux qui ont lu les premiers tomes ils savent de quoi il retourne, donc je m'adresserais plutôt aux nouveaux. Le dessin dans un style réaliste et superbement colorisé est une magnifique reconstitution des architectures de l'époque mais aussi des armes, des costumes, tout est nickel, je serais même tenté de dire qu’Aliénor est véritablement canon, l'était elle autant?
Quoiqu'il en soit cette série ne s'adresse en aucun cas aux seuls amoureux de l'histoire, comme je l'ai dit plus haut, il faut découvrir l'ensemble comme une geste, un véritable roman. Mes doutes quant à un arrêt de la série sont levés et nul doute que la période anglaise d’Aliénor, celle où elle devient une véritable reine de sang par amour pour ses fils, saura combler toutes mes attentes.
Encore un tome ou deux et cette série aura sa place dans les immanquables du thème histoire.
Le thriller à tendance fantastique a beau être un style complètement intégré à notre culture, il reste le parent pauvre en bandes dessinées où retranscrire une ambiance anxiogène particulière et faire ressentir tout bonnement la peur au sens viscéral du terme est bien plus compliqué que dans un roman ou un film.
Pourtant le premier essai d’Aurélien Rosset est un bon contre-exemple sans toutefois bouleverser les règles déjà établies. Emprise peut être perçu aussi bien comme un joli travail d’artisan qu’une série B bien huilée au sens noble et sans aucun second degré péjoratif.
Si l’originalité n’est pas de mise, le rythme est plutôt haletant et l’ajout de petites touches de fantastique parsemant le récit lui donnent une saveur toute particulière.
Dans une bourgade américaine, quelques faits divers inquiètent un flic banal qui va relier tous les points jusqu’à l’issue finale…
On sent l’auteur particulièrement investi et ayant complètement digéré le cahier des charges de rigueur dans un tel récit mais pour mieux le magnifier à travers quelques effets des plus sympathiques, l’horreur arrivant calmement parfois là où on ne l’attend pas. Coupures de presse et décors appropriés dans une ambiance moite achèvent de rendre cette Emprise des plus fréquentables.
La claque viendrait plutôt du style graphique plutôt original d’Aurélien Rosset qui utilise certains décadrages et décors (dont la traditionnelle scène de nuit) à bon escient et de façon spectaculaire. L’utilisation des couleurs n’est pas anodine et si ce n’est un trait trop simplifié pour quelques plans éloignés mais pour rester tout à fait honnête, on a franchement du mal à croire que cet album a été réalisé par une seule personne dont c’est le premier travail édité !
Une très bonne surprise en dépit d’une fin que je trouve trop classique à mon sens mais les amateurs d’ambiance « Cthulhu » devraient se régaler !
Eh oui! cette BD qui a tout du truc commercial insupportable (avec des dessins qui rappellent ceux de Margaux Motin ou de Pénélope Bagieux, un coté sucré avec des filles et des gars bien roulés et jeunes, évidemment, un titre gnangnan à l'américaine, le coté donneur de leçon: je vais vous expliquer qui vous êtes en 10 leçons, des couleurs toujours gaies, les sketchs qui s'enchaînent en taches joufflues dans une orgie de blanc) a réussi à trouver grâce à mes yeux!
Et bien c'est que le message est juste finalement. Nos incompréhensions de genre sont mises en scène par le menu. Quand le dessin ne parle pas par lui-même, un petit personnage chauve, avec une blouse blanche, parfois ailé éclaire le problème soulevé par la situation. Je suppose qu'il s'agit de John Gray, l'auteur de l'essai original. Ce coté professeur un peu ridicule (il n'est vraiment pas gâté par la nature) qui a manifestement raison, replace en quelque sorte le couple glamour mais totalement à coté de la plaque à sa juste place : une image merdique qui ne peut pas fonctionner tel quel.
Bon, il n'y a que 48 pages mais je pense qu'elles valent le coup d'être lues, voire relues!
Je suis surprise du peu d'intérêt d'une majorité des avis, mais je pense que c'est une BD qui s'adresse surtout aux jeunes ados, et dans ce contexte, elle est vraiment réussie.
Les adultes y trouvent des invraisemblances, et c'est vrai que ce n'est pas Au nom de tous les miens, on est bien d'accord, mais cela ne rend pas pour autant le discours univoque et gnangnan. Il y a des personnages ambivalents, sur lesquels on s'appuie, et on s’aperçoit au bout du compte qu'ils n'étaient pas ceux qu'on croyait. Les bons ne sont pas forcément beaux, les méchants pas forcément laids, bref les invraisemblances ne détruisent pas le message de tolérance et de vigilance en même temps que le récit de la seconde guerre mondiale doit forcément transmettre. C'est une histoire aménagée à hauteur d'enfant mais pas simpliste pour autant.
Les péripéties (même invraisemblables, ne dit-on pas que la réalité dépasse parfois la fiction?) sont le vecteur nécessaire pour faire passer de vraies informations sur cette période. Les personnages sont attachants, par les dialogues mais aussi par un dessin et des couleurs vraiment habiles. Les décors ne sont pas négligés non plus, du Vel d'hiv à la campagne du sud de la France, des belles automobiles fessues aux voitures à cheval, des galetas aménagés aux grandes gares, les situations défilent dans leur diversité mais aussi dans une certaine unité stylistique.
Dans le second cycle, la place que prennent les histoires que raconte Ada aux autres enfants avant de s'endormir est une trouvaille de mise en scène assez réussie. Cela prépare les petits aux difficultés réelles et leur donne des repères qu'ils rappellent à eux dans la réalité.
Un très beau cadeau donc pour un jeune ado, garçon ou fille.
Aaaah, voici une bd western qui renoue avec les fondamentaux du genre. Il ne manque que Clint au générique et on s’y croirait !
Comme mes prédécesseurs, j’ai été plutôt conquis par ce premier opus du diptyque concocté par Lylian et secondé aux crayons par Augustin Lebon. La brute et le truand ne sont d'ailleurs jamais loin dans ces terres arides, tout comme cet énigmatique révérend qui prêche davantage par les armes que par la bible. La narration est de qualité, le rythme soutenu. L’originalité cède le pas à l’efficacité et ce n’est pas pour me déplaire.
Bref, voilà une histoire bien ficelée qui trouvera déjà son épilogue dans le prochain tome et servie par un outlaw du crayon aussi inconnu que diablement efficace.
MAJ après lecture du second opus
Suite aux déboires d'EP, on ne l'espérait plus. Mais voici le tome 2 qui vient conclure l'histoire ! On en sait enfin davantage sur les motivations du Révérend. Même si le tout reste classique, le dynamisme du récit est suffisant que pour passer un bon moment de lecture. La fin ne révolutionne pas le genre et pourrait même faire bailler les blasés du western. Pour ma part, ça tient la route et ça m'a diverti. Je n'en demande pas plus !
Après avoir révolutionné la bd de science-fiction en créant L'Incal dans les années 80, Jodoroswky récidive et enchaîne en enfantant la Caste des Méta-Barons, avec Juan Gimenez aux pinceaux.
La série est un spin-off de l'Incal, et se concentre sur une famille de guerriers intergalactiques et omnipotents qui vivent en réclusion sur une planète de marbre perdu aux confins du cosmos, mais qui produit une pierre unique en son genre et essentielle à l'édification de tous les palais de l'Empire régnant sur les galaxies. Ainsi cette famille guerrière, les Castaka, vivent d'un commerce minéral stratégique et lucratif, mais sont aussi possesseurs d'une huile aux vertus miraculeuses, l'éphityte, qui va très vite attirer la convoitise du pouvoir impérial et va précipiter les Castaka vers une tragique destinée s'étendant sur plusieurs générations.
La construction narrative pensée par Jodorowsky est simple : deux tomes pour raconter les périples d'un méta-baron représentant une génération de Castaka, le tout formant une octalogie cohérente. D'Othon, nous passons à Aghnar, puis ensuite à Tête d'acier, puis enfin à Aghora et Sans-Nom, chacun initiant son descendant en le mutilant d'un membre ou d'un organe puis en le combattant à mort.
L'histoire nous est narrée par un robot au service de Sans-Nom et qui, avec son compagnon Lothar, forme un duo comique rappelant C3PO et R2D2 dans Star Wars.
Jodorowsky produit là un conte spatial et lyrique qui prend des allures de tragédie grecque , tout en y mélangeant ses habituelles marottes : le glauque, le sordide, et l'érotisme. On s'épuiserait à compter le nombre de scènes de mutilations, de tortures, de massacres, de corps nus, mais en même temps il faut saluer la puissante créativité conceptuelle et visuelle proposée, qui tombe certes quelquefois dans l'absurde : les cétacyborgs, les tarentulouves, les nones-putes, les singes volants, les vaisseaux improbables et pharaoniques, etc, etc...
L'effet d'émerveillement produit fonctionne d'ailleurs en grande partie grâce au dessin de Gimenez, grandiose, grandiloquent, totalement immersif, à fortiori lorsqu'il utilise toute une page pour nous faire profiter de plans fabuleux aux perspectives dantesques.
Ce n'est assurément pas le genre de bandes dessinées qui fera l'unanimité, les goûts de chacun ne se discutent pas et Jodorowsky possède un imaginaire bien particulier, cependant c'est une saga qui ne manque pas d'ambition et qui mérite l'attention de tout bédéphile qui se respecte. En ce qui me concerne je la considère comme un must de la bd de science-fiction, qui ne souffre pas de la comparaison avec l'Incal, son illustre aîné.
Oui, je suis parfaitement à la bourre pour découvrir cet album plébiscité par mes camarades. j'en profite pour les remercier, car en temps normal je n'y aurais sans doute même pas jeté un coup d'oeil.
Il a été dit beaucoup de choses à son sujet, tout ce qu'il fallait en dire peut-être. Mais je vais quand même vous dire pourquoi je lui mets cette belle note. Parce que comme beaucoup, j'ai été pris dans l'ambiance, particulièrement oppressante, malgré le fait que l'on soit pendant 85% du bouquin en pleine mer. Il faut dire que celle-ci est loin d'être calme, entre les tempêtes, les pirates et maints autres périls. Tous très bien dépeints par les deux auteurs, dans une osmose qui nous fait oublier l'absence de dialogues, une véritable performance.
Ce qui frappe aussi dans le récit, c'est son absolue simplicité, sa véracité, entre ce marin-pêcheur qui ne joue pas les surhommes et s'entiche de son seul compagnon et sa femme qui est prête à partager tout ce qu'elle sait, sans rien demander en retour, sauf si on a vu son mari... Une atmosphère bon enfant qui rend le récit charmant.
Vraiment sympa.
A première vue, "Roi Ours", signé de Mobidic, jeune auteure franco-mexicaine vivant à Bruxelles, a plutôt l’air d’une BD jeunesse. L’histoire mettant en scène cette jeune femme vivant parmi les animaux fait penser à une sorte de remake du "Livre de la jungle". Doté d’un cadrage très dynamique, ce dessin réaliste aux contours épais pour les personnages et les animaux, qui rappelle nos vieux cahiers de coloriage, a quelque chose d’assez enfantin. Pourtant, en y regardant de plus près, on se rend compte que cette production n’est pas vraiment destinée à un jeune public.
Et pour revenir au dessin, si je dois avouer être un peu réservé sur cette « grosse » ligne claire qui reste néanmoins élégante, j’ai en revanche été beaucoup plus séduit par la mise en couleur avec ses ambiances chaleureuses et ses délicates aquarelles qui font ressembler la jungle à un cocon protecteur, à l’image de ce merveilleux arbre-baignoire rempli de feuilles duveteuses. Quant à ce gros nounours blanc protecteur, qui n’aurait envie de redevenir un tout petit enfant et se lover au creux de son épaule ?
Pourtant, au-delà des apparences, "Roi Ours" s’avère être une fable tragique et cruelle sur la vengeance. Au départ naïve et bien disposée envers le monde et les siens, la jeune héroïne, dépitée par la mise à mort de son ours bien-aimé par son époux jaloux, finira par se soumettre corps et âme à une loi du talion aux accents chamaniques. Certaines scènes sont assez violentes et l’hémoglobine gicle. Le poison noir de la haine s’est répandu inéluctablement dans les eaux immaculées de la bienveillance comme le sang sur la soyeuse fourrure blanche du Roi Ours, et le chaos ressort victorieux en laissant derrière lui son champ de ruines. Le constat est pessimiste et lucide : quand la soif de vengeance est trop forte, les belles paroles apaisantes n’y peuvent rien changer. Ici, les bons sentiments ne sont pas de mise, et la fin laisse un goût amer. En résumé, « Roi Ours » n’est pas bisounours et ne s’adresse pas vraiment aux plus jeunes. Nul doute en tout cas que ce one-shot aura permis de révéler une auteure de talent à surveiller de près.
Voilà un auteur que j'aime bien et qui réussit toujours à trouver des scénarios surprenants. En l'occurrence, il se base sur une publicité organisée par l'office du tourisme australien pour un concours auquel ont participé plus de 330 000 candidats de 196 pays. Les heureux gagnants devaient découvrir pendant leur séjour vacances-travail une nature emblématique pour une expérience de rêve.
En 2013, c'était d'ailleurs une française qui a décroché le meilleur job du monde pour garder la grande barrière de corail. Bref, l'auteur s'ancre véritablement dans les réalités d'aujourd'hui. Cela fait du bien pour ceux qui aiment la modernité ou ceux qui en ont marre des vieilleries poussiéreuses qui donnent de l'asthme.
Bien entendu, les critiques fusent comme celle concernant la télé-réalité où les jeunes espèrent gagner la célébrité sans rien foutre ou la mériter. Tout semble aller dans le meilleur des mondes pour notre jeune héros en proie à un traumatisme du passé venu le hanter. Des choses mystérieuses se passent sur cette île totalement isolée du reste du monde.
Le suspense est d'ailleurs à son comble à la fin du premier tome et il ira en grandissant dans le second même si le final sera un peu décevant car nous n'aurons pas toutes les réponses. On flirte un peu avec le fantastique dans une atmosphère mi-horrifique. On va sortir des schémas classiques et cela étonne forcément.
C'est diablement bien mis en scène avec un dessin réaliste à la hauteur. Je suis en tout cas preneur de ce thriller se basant sur une réalité. Le meilleur job du monde, vraiment ?
Je suis complètement fan de cette série TV, j'ai vu toutes les saisons, et pourtant je ne suis pas un biker, ceux qui me connaissent savent aussi que je n'en ai ni le look de tatoué barbu et vêtu de cuir, ni une âme de rebelle...quoique parfois... enfin bon, tout simplement parce qu'il n'est pas nécessaire d'être un biker pur et dur pour comprendre et apprécier cette série. En 6 saisons haletantes et passionnantes aux odeurs d'asphalte, de vieux cuirs, de tequila, de bières et de testostérone, les Sons of Anarchy ont immergé le spectateur dans un univers à part, qui possède ses propres valeurs, ses propres codes de l'honneur et ses propres règles. D'une certaine manière, on peut considérer qu'ils reproduisent des schémas classiques de mafia, à la fois oppresseurs et protecteurs, et construisent une sorte de paix civile précaire sur fond de fausse terreur.
La tragédie familiale, les trafics, les dissensions au sein de SAMCRO, les luttes de territoires avec les autres gangs de leur région, et les virées en moto se croisent dans cette série parfois violente, admirablement écrite, mise en scène et jouée par des acteurs à gueules. Policier, organisations mafieuses, action, tragédie, coups de théâtre, ambiguité morale, comédie de moeurs... on retrouve tout ça dedans, sans fioritures, et tous les coups sont permis ; si on aime la moto, c'est un plus mais c'est pas indispensable. J'ai donc retrouvé tout ça dans cette Bd, content de voir Jax, Clay, Tig, Bobby, Chibs et les autres en mode dessin, même si certains sont un peu ratés graphiquement au niveau visage (Jax étant le plus raté je trouve).
J'ai pas souvenance qu'un épisode de la série TV aborde le sujet traité ici, disons que les auteurs s'inspirent de plusieurs situations qui s'en approchent, en tout cas, ils ont respecté parfaitement l'esprit qui reprend tous les ingrédients qu'on rencontre dans la série TV. Et pourtant j'avais un peu peur en voyant ce comics, peur que le sujet, les personnages et le ton si particulier de la série soient galvaudés ou gâchés, mais il n'en est rien. Seul le dessin n'est pas tout à fait à la hauteur de l'ambition d'une telle Bd, c'est un graphisme assez conventionnel, pas exceptionnel, ni trop travaillé, mais qui reste correct, et surtout fidèle aux standards de qualité imposés par la série TV.
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Aliénor - La Légende noire
Avantage de cette BD : faire découvrir. Oui sans doute tout n'est-il pas véridique; les auteurs, par souci scénaristique ou autre se sont un peu emballés dans certains aspects de la vie d'Aliénor. Personnellement j'avais entendu causer de la dame sans être de sa région (moi c'est plutôt Anne de Bretagne). Mais tout comme Isabelle la louve de France, voilà une BD qui au delà d'un aspect pédagogique certain n'est jamais prise de tête. En même temps quelle vie! Le scénario est clair et rien n'empêche d'aller approfondir si on le souhaite. Beau dessin. Allez, un seul regret, cette série s'arrête alors que la vie de la dame n'est pas finie. J'aurais aimé voir Henri II Plantagenêt et surtout son fiston. Majoration après parution du tome 4 Ça y est le tome 4 est paru! Franchement c'est vraiment bien. Comment dire les choses; nous avons là tous les ingrédients d'une grande saga d'aventure; aventure de sang, de mort, de pouvoir, oh combien, de traîtrise, de renoncements à des idéaux personnels qui confrontés à la réalité des choses se fracassent dans les larmes. Il y a dans la vie d'Aliénor tous les ingrédients pour en faire une fresque, un film qui reléguerait bien loin certaines sottises vues par ailleurs. En fait pour bien apprécier ce récit il faut se remettre à l'esprit deux choses importantes: d'une part l'époque, les hommes de ce temps n'étaient pas pires ni meilleurs qu'aujourd'hui mais disons que le contexte ne leur avait pas encore apporté ce vernis, dit de civilisation, qui de nos jours rend les choses plus feutrées, moins évidentes aux yeux du petit peuple; d'autre part l'âge de la dame en question; il fallait être superbement couillue, si je puis me permettre l'expression, pour agir comme elle l'a fait, dans ce monde d'homme où la place de la femme était ce que l'on connait. J'imagine que d'autres l'ont dit avant moi, mais la vie d'Aliénor d'Aquitaine, reine de France, est un véritable roman. Le grand défi de cette série était de nous la montrer sans fard, avec ses doutes, ses interrogations, cette envie de vivre, de résister à une voie toute tracée que certains auraient voulu lui voir prendre. Alors place à la BD, il y a maintenant un petit bout de temps en attaquant cette série j'avais peur de tomber sur un truc genre hagiographie pesante et chiante me déroulant une série de dates et m'expliquant que la dame avait largement contribué à la grandeur de la France. Bref du chiant bien lourdingue. Joie, bonheur rien de tout cela, pour ceux qui ont lu les premiers tomes ils savent de quoi il retourne, donc je m'adresserais plutôt aux nouveaux. Le dessin dans un style réaliste et superbement colorisé est une magnifique reconstitution des architectures de l'époque mais aussi des armes, des costumes, tout est nickel, je serais même tenté de dire qu’Aliénor est véritablement canon, l'était elle autant? Quoiqu'il en soit cette série ne s'adresse en aucun cas aux seuls amoureux de l'histoire, comme je l'ai dit plus haut, il faut découvrir l'ensemble comme une geste, un véritable roman. Mes doutes quant à un arrêt de la série sont levés et nul doute que la période anglaise d’Aliénor, celle où elle devient une véritable reine de sang par amour pour ses fils, saura combler toutes mes attentes. Encore un tome ou deux et cette série aura sa place dans les immanquables du thème histoire.
Emprise
Le thriller à tendance fantastique a beau être un style complètement intégré à notre culture, il reste le parent pauvre en bandes dessinées où retranscrire une ambiance anxiogène particulière et faire ressentir tout bonnement la peur au sens viscéral du terme est bien plus compliqué que dans un roman ou un film. Pourtant le premier essai d’Aurélien Rosset est un bon contre-exemple sans toutefois bouleverser les règles déjà établies. Emprise peut être perçu aussi bien comme un joli travail d’artisan qu’une série B bien huilée au sens noble et sans aucun second degré péjoratif. Si l’originalité n’est pas de mise, le rythme est plutôt haletant et l’ajout de petites touches de fantastique parsemant le récit lui donnent une saveur toute particulière. Dans une bourgade américaine, quelques faits divers inquiètent un flic banal qui va relier tous les points jusqu’à l’issue finale… On sent l’auteur particulièrement investi et ayant complètement digéré le cahier des charges de rigueur dans un tel récit mais pour mieux le magnifier à travers quelques effets des plus sympathiques, l’horreur arrivant calmement parfois là où on ne l’attend pas. Coupures de presse et décors appropriés dans une ambiance moite achèvent de rendre cette Emprise des plus fréquentables. La claque viendrait plutôt du style graphique plutôt original d’Aurélien Rosset qui utilise certains décadrages et décors (dont la traditionnelle scène de nuit) à bon escient et de façon spectaculaire. L’utilisation des couleurs n’est pas anodine et si ce n’est un trait trop simplifié pour quelques plans éloignés mais pour rester tout à fait honnête, on a franchement du mal à croire que cet album a été réalisé par une seule personne dont c’est le premier travail édité ! Une très bonne surprise en dépit d’une fin que je trouve trop classique à mon sens mais les amateurs d’ambiance « Cthulhu » devraient se régaler !
Les Hommes viennent de Mars, les Femmes viennent de Venus
Eh oui! cette BD qui a tout du truc commercial insupportable (avec des dessins qui rappellent ceux de Margaux Motin ou de Pénélope Bagieux, un coté sucré avec des filles et des gars bien roulés et jeunes, évidemment, un titre gnangnan à l'américaine, le coté donneur de leçon: je vais vous expliquer qui vous êtes en 10 leçons, des couleurs toujours gaies, les sketchs qui s'enchaînent en taches joufflues dans une orgie de blanc) a réussi à trouver grâce à mes yeux! Et bien c'est que le message est juste finalement. Nos incompréhensions de genre sont mises en scène par le menu. Quand le dessin ne parle pas par lui-même, un petit personnage chauve, avec une blouse blanche, parfois ailé éclaire le problème soulevé par la situation. Je suppose qu'il s'agit de John Gray, l'auteur de l'essai original. Ce coté professeur un peu ridicule (il n'est vraiment pas gâté par la nature) qui a manifestement raison, replace en quelque sorte le couple glamour mais totalement à coté de la plaque à sa juste place : une image merdique qui ne peut pas fonctionner tel quel. Bon, il n'y a que 48 pages mais je pense qu'elles valent le coup d'être lues, voire relues!
L'Envolée sauvage
Je suis surprise du peu d'intérêt d'une majorité des avis, mais je pense que c'est une BD qui s'adresse surtout aux jeunes ados, et dans ce contexte, elle est vraiment réussie. Les adultes y trouvent des invraisemblances, et c'est vrai que ce n'est pas Au nom de tous les miens, on est bien d'accord, mais cela ne rend pas pour autant le discours univoque et gnangnan. Il y a des personnages ambivalents, sur lesquels on s'appuie, et on s’aperçoit au bout du compte qu'ils n'étaient pas ceux qu'on croyait. Les bons ne sont pas forcément beaux, les méchants pas forcément laids, bref les invraisemblances ne détruisent pas le message de tolérance et de vigilance en même temps que le récit de la seconde guerre mondiale doit forcément transmettre. C'est une histoire aménagée à hauteur d'enfant mais pas simpliste pour autant. Les péripéties (même invraisemblables, ne dit-on pas que la réalité dépasse parfois la fiction?) sont le vecteur nécessaire pour faire passer de vraies informations sur cette période. Les personnages sont attachants, par les dialogues mais aussi par un dessin et des couleurs vraiment habiles. Les décors ne sont pas négligés non plus, du Vel d'hiv à la campagne du sud de la France, des belles automobiles fessues aux voitures à cheval, des galetas aménagés aux grandes gares, les situations défilent dans leur diversité mais aussi dans une certaine unité stylistique. Dans le second cycle, la place que prennent les histoires que raconte Ada aux autres enfants avant de s'endormir est une trouvaille de mise en scène assez réussie. Cela prépare les petits aux difficultés réelles et leur donne des repères qu'ils rappellent à eux dans la réalité. Un très beau cadeau donc pour un jeune ado, garçon ou fille.
Le Révérend
Aaaah, voici une bd western qui renoue avec les fondamentaux du genre. Il ne manque que Clint au générique et on s’y croirait ! Comme mes prédécesseurs, j’ai été plutôt conquis par ce premier opus du diptyque concocté par Lylian et secondé aux crayons par Augustin Lebon. La brute et le truand ne sont d'ailleurs jamais loin dans ces terres arides, tout comme cet énigmatique révérend qui prêche davantage par les armes que par la bible. La narration est de qualité, le rythme soutenu. L’originalité cède le pas à l’efficacité et ce n’est pas pour me déplaire. Bref, voilà une histoire bien ficelée qui trouvera déjà son épilogue dans le prochain tome et servie par un outlaw du crayon aussi inconnu que diablement efficace. MAJ après lecture du second opus Suite aux déboires d'EP, on ne l'espérait plus. Mais voici le tome 2 qui vient conclure l'histoire ! On en sait enfin davantage sur les motivations du Révérend. Même si le tout reste classique, le dynamisme du récit est suffisant que pour passer un bon moment de lecture. La fin ne révolutionne pas le genre et pourrait même faire bailler les blasés du western. Pour ma part, ça tient la route et ça m'a diverti. Je n'en demande pas plus !
La Caste des Méta-barons
Après avoir révolutionné la bd de science-fiction en créant L'Incal dans les années 80, Jodoroswky récidive et enchaîne en enfantant la Caste des Méta-Barons, avec Juan Gimenez aux pinceaux. La série est un spin-off de l'Incal, et se concentre sur une famille de guerriers intergalactiques et omnipotents qui vivent en réclusion sur une planète de marbre perdu aux confins du cosmos, mais qui produit une pierre unique en son genre et essentielle à l'édification de tous les palais de l'Empire régnant sur les galaxies. Ainsi cette famille guerrière, les Castaka, vivent d'un commerce minéral stratégique et lucratif, mais sont aussi possesseurs d'une huile aux vertus miraculeuses, l'éphityte, qui va très vite attirer la convoitise du pouvoir impérial et va précipiter les Castaka vers une tragique destinée s'étendant sur plusieurs générations. La construction narrative pensée par Jodorowsky est simple : deux tomes pour raconter les périples d'un méta-baron représentant une génération de Castaka, le tout formant une octalogie cohérente. D'Othon, nous passons à Aghnar, puis ensuite à Tête d'acier, puis enfin à Aghora et Sans-Nom, chacun initiant son descendant en le mutilant d'un membre ou d'un organe puis en le combattant à mort. L'histoire nous est narrée par un robot au service de Sans-Nom et qui, avec son compagnon Lothar, forme un duo comique rappelant C3PO et R2D2 dans Star Wars. Jodorowsky produit là un conte spatial et lyrique qui prend des allures de tragédie grecque , tout en y mélangeant ses habituelles marottes : le glauque, le sordide, et l'érotisme. On s'épuiserait à compter le nombre de scènes de mutilations, de tortures, de massacres, de corps nus, mais en même temps il faut saluer la puissante créativité conceptuelle et visuelle proposée, qui tombe certes quelquefois dans l'absurde : les cétacyborgs, les tarentulouves, les nones-putes, les singes volants, les vaisseaux improbables et pharaoniques, etc, etc... L'effet d'émerveillement produit fonctionne d'ailleurs en grande partie grâce au dessin de Gimenez, grandiose, grandiloquent, totalement immersif, à fortiori lorsqu'il utilise toute une page pour nous faire profiter de plans fabuleux aux perspectives dantesques. Ce n'est assurément pas le genre de bandes dessinées qui fera l'unanimité, les goûts de chacun ne se discutent pas et Jodorowsky possède un imaginaire bien particulier, cependant c'est une saga qui ne manque pas d'ambition et qui mérite l'attention de tout bédéphile qui se respecte. En ce qui me concerne je la considère comme un must de la bd de science-fiction, qui ne souffre pas de la comparaison avec l'Incal, son illustre aîné.
Un océan d'amour
Oui, je suis parfaitement à la bourre pour découvrir cet album plébiscité par mes camarades. j'en profite pour les remercier, car en temps normal je n'y aurais sans doute même pas jeté un coup d'oeil. Il a été dit beaucoup de choses à son sujet, tout ce qu'il fallait en dire peut-être. Mais je vais quand même vous dire pourquoi je lui mets cette belle note. Parce que comme beaucoup, j'ai été pris dans l'ambiance, particulièrement oppressante, malgré le fait que l'on soit pendant 85% du bouquin en pleine mer. Il faut dire que celle-ci est loin d'être calme, entre les tempêtes, les pirates et maints autres périls. Tous très bien dépeints par les deux auteurs, dans une osmose qui nous fait oublier l'absence de dialogues, une véritable performance. Ce qui frappe aussi dans le récit, c'est son absolue simplicité, sa véracité, entre ce marin-pêcheur qui ne joue pas les surhommes et s'entiche de son seul compagnon et sa femme qui est prête à partager tout ce qu'elle sait, sans rien demander en retour, sauf si on a vu son mari... Une atmosphère bon enfant qui rend le récit charmant. Vraiment sympa.
Roi Ours
A première vue, "Roi Ours", signé de Mobidic, jeune auteure franco-mexicaine vivant à Bruxelles, a plutôt l’air d’une BD jeunesse. L’histoire mettant en scène cette jeune femme vivant parmi les animaux fait penser à une sorte de remake du "Livre de la jungle". Doté d’un cadrage très dynamique, ce dessin réaliste aux contours épais pour les personnages et les animaux, qui rappelle nos vieux cahiers de coloriage, a quelque chose d’assez enfantin. Pourtant, en y regardant de plus près, on se rend compte que cette production n’est pas vraiment destinée à un jeune public. Et pour revenir au dessin, si je dois avouer être un peu réservé sur cette « grosse » ligne claire qui reste néanmoins élégante, j’ai en revanche été beaucoup plus séduit par la mise en couleur avec ses ambiances chaleureuses et ses délicates aquarelles qui font ressembler la jungle à un cocon protecteur, à l’image de ce merveilleux arbre-baignoire rempli de feuilles duveteuses. Quant à ce gros nounours blanc protecteur, qui n’aurait envie de redevenir un tout petit enfant et se lover au creux de son épaule ? Pourtant, au-delà des apparences, "Roi Ours" s’avère être une fable tragique et cruelle sur la vengeance. Au départ naïve et bien disposée envers le monde et les siens, la jeune héroïne, dépitée par la mise à mort de son ours bien-aimé par son époux jaloux, finira par se soumettre corps et âme à une loi du talion aux accents chamaniques. Certaines scènes sont assez violentes et l’hémoglobine gicle. Le poison noir de la haine s’est répandu inéluctablement dans les eaux immaculées de la bienveillance comme le sang sur la soyeuse fourrure blanche du Roi Ours, et le chaos ressort victorieux en laissant derrière lui son champ de ruines. Le constat est pessimiste et lucide : quand la soif de vengeance est trop forte, les belles paroles apaisantes n’y peuvent rien changer. Ici, les bons sentiments ne sont pas de mise, et la fin laisse un goût amer. En résumé, « Roi Ours » n’est pas bisounours et ne s’adresse pas vraiment aux plus jeunes. Nul doute en tout cas que ce one-shot aura permis de révéler une auteure de talent à surveiller de près.
Le Meilleur Job du Monde
Voilà un auteur que j'aime bien et qui réussit toujours à trouver des scénarios surprenants. En l'occurrence, il se base sur une publicité organisée par l'office du tourisme australien pour un concours auquel ont participé plus de 330 000 candidats de 196 pays. Les heureux gagnants devaient découvrir pendant leur séjour vacances-travail une nature emblématique pour une expérience de rêve. En 2013, c'était d'ailleurs une française qui a décroché le meilleur job du monde pour garder la grande barrière de corail. Bref, l'auteur s'ancre véritablement dans les réalités d'aujourd'hui. Cela fait du bien pour ceux qui aiment la modernité ou ceux qui en ont marre des vieilleries poussiéreuses qui donnent de l'asthme. Bien entendu, les critiques fusent comme celle concernant la télé-réalité où les jeunes espèrent gagner la célébrité sans rien foutre ou la mériter. Tout semble aller dans le meilleur des mondes pour notre jeune héros en proie à un traumatisme du passé venu le hanter. Des choses mystérieuses se passent sur cette île totalement isolée du reste du monde. Le suspense est d'ailleurs à son comble à la fin du premier tome et il ira en grandissant dans le second même si le final sera un peu décevant car nous n'aurons pas toutes les réponses. On flirte un peu avec le fantastique dans une atmosphère mi-horrifique. On va sortir des schémas classiques et cela étonne forcément. C'est diablement bien mis en scène avec un dessin réaliste à la hauteur. Je suis en tout cas preneur de ce thriller se basant sur une réalité. Le meilleur job du monde, vraiment ?
Sons of Anarchy
Je suis complètement fan de cette série TV, j'ai vu toutes les saisons, et pourtant je ne suis pas un biker, ceux qui me connaissent savent aussi que je n'en ai ni le look de tatoué barbu et vêtu de cuir, ni une âme de rebelle...quoique parfois... enfin bon, tout simplement parce qu'il n'est pas nécessaire d'être un biker pur et dur pour comprendre et apprécier cette série. En 6 saisons haletantes et passionnantes aux odeurs d'asphalte, de vieux cuirs, de tequila, de bières et de testostérone, les Sons of Anarchy ont immergé le spectateur dans un univers à part, qui possède ses propres valeurs, ses propres codes de l'honneur et ses propres règles. D'une certaine manière, on peut considérer qu'ils reproduisent des schémas classiques de mafia, à la fois oppresseurs et protecteurs, et construisent une sorte de paix civile précaire sur fond de fausse terreur. La tragédie familiale, les trafics, les dissensions au sein de SAMCRO, les luttes de territoires avec les autres gangs de leur région, et les virées en moto se croisent dans cette série parfois violente, admirablement écrite, mise en scène et jouée par des acteurs à gueules. Policier, organisations mafieuses, action, tragédie, coups de théâtre, ambiguité morale, comédie de moeurs... on retrouve tout ça dedans, sans fioritures, et tous les coups sont permis ; si on aime la moto, c'est un plus mais c'est pas indispensable. J'ai donc retrouvé tout ça dans cette Bd, content de voir Jax, Clay, Tig, Bobby, Chibs et les autres en mode dessin, même si certains sont un peu ratés graphiquement au niveau visage (Jax étant le plus raté je trouve). J'ai pas souvenance qu'un épisode de la série TV aborde le sujet traité ici, disons que les auteurs s'inspirent de plusieurs situations qui s'en approchent, en tout cas, ils ont respecté parfaitement l'esprit qui reprend tous les ingrédients qu'on rencontre dans la série TV. Et pourtant j'avais un peu peur en voyant ce comics, peur que le sujet, les personnages et le ton si particulier de la série soient galvaudés ou gâchés, mais il n'en est rien. Seul le dessin n'est pas tout à fait à la hauteur de l'ambition d'une telle Bd, c'est un graphisme assez conventionnel, pas exceptionnel, ni trop travaillé, mais qui reste correct, et surtout fidèle aux standards de qualité imposés par la série TV.