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Couverture de la série Donjon Zenith
Donjon Zenith

Voilà le cœur de l’univers expansionniste de Donjon (qui a rempli quelques rayonnages avec sa grosse trentaine d’albums en quelques années !), et sûrement l’une des meilleures réussites de cet ensemble. Sfar et Trondheim ont su créer un univers cohérent – même si ce n’est pas forcément l’adjectif qui vient à l’esprit lorsque l’on évoque cette série et ses personnages. Ici, ce sont le canard Herbert et le dragon Marvin qui sont au centre de ces aventures assez drôles (même s’ils sont entourés de nombreux personnages pas toujours secondaires). C’est par là qu’il faut entrer dans l’univers Donjon (même si rapidement il faudra intercaler des épisodes de Donjon monsters). Une caricature de l’univers Héroïc-Fantasy, qui est en passe de devenir une référence du genre : sous couvert de détourner et de faire rire, les auteurs ont su ici bâtir une série intelligente usant des images et stéréotypes liés au genre. « Donjon », c’est finalement l’œuvre de grands enfants qui écrivent pour des grands enfants : mais « chut », il ne faut pas le dire, cela ne ferait pas sérieux… A découvrir, à tout âge !

07/06/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Les Ogres-Dieux
Les Ogres-Dieux

Les ogres-dieux m'ont surpris par son récit gargantuesque et surtout par son graphisme un peu gothique. J'ai tout de suite adhéré à l'histoire de ce clan familial. La lecture a été facile et agréable. On entre tout de suite dans ce conte pour adultes et on ne le lâche plus jusqu'à la fin. Par ailleurs, l'originalité est de mise dans ce royaume des ogres. Bon, le cannibalisme m'a un peu rebuté mais c'est une histoire d'ogres ! Il est question d'un déterminisme familial ou plutôt d'une révolte qui couve au sein du royaume pour faire chuter l'ordre établi et chancelant. J'aurais sans doute souhaité une autre fin plus éclatante encore. Manger ou être mangé, tel est le dilemme à prendre en considération.

06/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Et patati et patata...
Et patati et patata...

Cet album rassemble une série d’histoires courtes publiées dans Pilote de la fin des années 1960 au milieu des années 1970. Alexis s’en donne à cœur joie pour pasticher la France pompidolienne et giscardienne. Certes, certaines références ont un peu vieilli (c'est peut-être le seul reproche que l'on peut faire à cet album), mais pas trop finalement, et l’humour d’Alexis fait encore mouche. Dans ces histoires plus ou moins longues (d’une à 5-6 pages), Alexis présente une sorte de rubrique « sociétale », mais en traitant de l’actualité sur un ton décalé. Un humour souvent pince sans rire, doucement ironique, faussement sérieux, qui donne des résultats souvent poilants. Seul, ou parfois avec l’aide de ses complices Breketch, Lob ou Vidal, Alexis réussit là à nous présenter quelques bijoux d’humour gentiment noir. Comme c’est une parodie de rubrique « société », on a beaucoup de texte et l’humour joue aussi sur la lourdeur volontairement accentuée parfois de ces textes. Un ensemble qui s’approche souvent des séries conçues à la même époque par deux génies de la Bande dessinée, à savoir Goscinny et Gotlib dans Les Dingodossiers ou Rubrique-à-Brac. Mais on trouve aussi ce ton faussement scientifique pour présenter de la grosse déconne chez Goossens. Ce qui rapproche aussi Alexis de son ami Gotlib, c’est son coup de crayon, d’un excellent classicisme, ce qui accentue le côté « sérieux » de l’ensemble. Tout n’est pas excellent, mais beaucoup de choses sont très drôles (j’ai en particulier beaucoup aimé la longue rubrique présentant l’adaptation de la société française à l’absence de pétrole !). Un album et un auteur à redécouvrir !

06/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Litchi  Hikari Club
Litchi Hikari Club

Les mangas se divisent en plusieurs catégories en fonction de leurs thèmes et du public auxquels ils sont destinés. N'étant pas un grand connaisseur du genre je ne saurais donc vous préciser le nom japonais auquel celui-ci correspond. Quoiqu'il en soit cette histoire est pour moi une bonne découverte, il faut dire que j'avais été plutôt refroidi par le genre manga tant ce que j'avais lu ne m'avais que très moyennement convaincu. Ici l'auteur Usamaru Furuya, adapte une pièce de théâtre portant le même titre que ce manga. Il y est question d'un groupe de collégiens qui se réunissent tous les soirs dans un ancien complexe industriel désaffecté, rempli des déchets de la civilisation. Ces garçons projettent de construire un robot. Le chef des collégiens, Zéra, nomme celui-ci Litchi, ce fruit étant la source d'énergie qui anime cette machine. Sa mission: capturer de jolies filles. La première qui est enlevée n'obéit pas aux garçons, elle révèle son nom à Litchi et bientôt une étrange histoire d'amour prend naissance. Peu à peu la machine s'humanise et développe des émotions et des pensées qui lui sont propres. Racontée de cette manière l'histoire n'offre pas un intérêt folichon et l'on se dit que l'on est en face d'une énième transposition du mythe du célèbre baron Frankenstein et de sa créature. Alors certes il y a de cela dans ce manga mais pas uniquement sinon je vous conseillerais de passer votre chemin. Le plus intéressant ici se sont les relations entre les membres du groupe de collégiens. Face au redoutable et despotique Zéra, ses camarades entretiennent de relations ou le pouvoir prend toute sa place. Quel rapport face à l'autorité? Le pouvoir rend t-il fou? L'intrigue repose donc sur la rébellion d'un collégien contre l'autorité de Zéra avec une connotation homosexuelle, absente dans la pièce. Les relations entre les individus sont donc ici très complexes et fort bien rendu dans ce manga qui propose une lecture finalement assez fluide ou l'on ne se perd pas trop. Le dessin est classique dans le genre et offre de jolies planches. Une lecture agréable avec des scènes assez crues et violentes pour un manga qui sort un peu de l'ordinaire. A lire.

06/06/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Mutafukaz
Mutafukaz

Voila une BD que je découvre sur les conseils de l'excellent camarade PAco et qu'il me vante avec tant de fougue que je me dit allons y! Mais hop là, le bougre peut s'enflammer d'un rien aussi j'y vais tranquillement et en faisant abstraction des ses louanges dithyrambiques. Aller, ne faisons pas languir nos lecteurs plus longtemps. C'est foutrement foutraque mais fichtrement bien foutu. Le visuel pourrait laisser penser que nous sommes en face d'un truc moitié manga, moitié comics, moitié délire sous mescal, (je sais ça fait trois moitiés) mais la grande force de Run est de tenir son scénario. Çà a beau sauter dans tous les sens, se prendre des gnons, des coups de flingues en pleines tronche, l'ensemble reste parfaitement lisible. Il y a une véritable richesse autour du background; de la baraque du vendeur de pizzas au catcheur dans son jacuzzi, bref la liste serait trop longue à faire mais la ville de Dark Meat City est finalement très crédible même si les aventures de nos deux héros sont, et bien bordéliques à souhait. Après ma lecture je me suis pris à penser à Tarentino s'emparant du scénario! Bon vous l'aurez compris j'ai vraiment apprécié cette BD, bourrée de référence dont l'auteur arrive cependant à se dégager pour nous mitonner un truc à sa sauce d'une grande originalité. Allez je file de ce pas lire la suite!

05/06/2015 (MAJ le 05/06/2015) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Cimetière des Sargasses (Sargasses)
Le Cimetière des Sargasses (Sargasses)

Commençons par un petit mot sur la préface sur le préface de Mr Uderzo. Bigre, voilà un homme qui cogne aussi fort que son gaulois, là ce n'est pas sur les romains mais sur la BD et les auteurs dits modernes. Ça veut dire quoi? Avec tout le respect que je dois à cet auteur, il me semble bon de lui dire que lorsqu'on dessine, quelque part on s'ouvre à l'autre et logiquement l'on doit être ouvert aux autres. Dans la massive production actuelle de BD tout n'est pas bon, mais est ce une raison pour descendre un mec qui en a chié pour imaginer, dessiner une histoire. Le fait d'avoir un nom dans ce milieu ne permet pas de tenir des propos aussi radicaux. Sargasses, déjà le nom est un appel à notre imaginaire collectif. Pour peu que l'on ait lu quelques romans d'aventures et maritimes qui plus est, on ne peut ignorer ce nom synonyme de moiteur, de navires encalminés, de créatures mystérieuse enfouies sous ses algues qui s'étendent à perte de vue et promptes à surgir de ce magma pour engloutir les pauvres marins. Ce climat est-il bien rendu dans cette histoire?, oui et non. Oui au niveau du dessin par ailleurs fort correct avec des planches très travaillées dans un style il est vrai un peu ancien mais pas franchement vieillot tout de même. Non et là je pense que le principal défaut se sont les dialogues qui sonnent parfois un peu too much. Seul le personnage du marin rescapé sauve l'ensemble et arrive à créer un certaine tension narrative, peu après l'arrivée à la cité des sargasses nous offre des pages véritablement grandioses. Si je note cette BD ainsi c'est parce qu'elle possède ce petit soupçon de parfum d'aventure maritime dont je suis friand. Mettez moi des bateaux, à voiles de préférence, et d'emblée ma note s'envole. Plus sérieusement je sais rester objectif mais il n'empêche qu'ici j'ai trouvé un récit bien troussé, empreint de mystère et il me tarde de voir la suite.

05/06/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Enola et les animaux extraordinaires
Enola et les animaux extraordinaires

"Enola et les animaux merveilleux" : une petite série jeunesse vouée à devenir grande ! Si à mon goût la couverture n'est pas à la hauteur de son contenu et la dessert un peu, c'est du coup une agréable surprise quand on attaque sa lecture. Lucile Thibaudier donne vie de façon très colorée et tout en poésie aux aventures que nous a concoctées Joris Chamblain. Ce dernier n'en est pas à son coup d'essai, car son autre série du moment Les Carnets de Cerise caracole un peu partout dans les librairies de façon très méritée. Ici, nous faisons connaissance avec Enola, une vétérinaire un peu spéciale : elle soigne les animaux des contes et légendes ! Dans ce premier opus, c'est une gargouille qu'elle va devoir "soigner", ou plutôt comprendre la raison de ses agissements. Tout cela est très dynamique, plein d'humour et construit sur une narration très efficace qui plaira à coup sûr à un public que je ciblerai dans la tranche 8-10 ans idéalement. Le seul reproche que je ferais c'est sa faible pagination (32 p.) ; on a vite fait le tour de ce titre, surtout quand on est un adulte... Après, ça ne m'a pas empêché d'apprécier cet album pour toutes ses autres qualités ! Vivement la suite ! *** Après lecture du tome 2 *** J'avoue avoir été un peu moins séduit par ce deuxième tome... Serais-je plus gargouille que licorne ? Ou la bonne surprise du 1er tome se serait-elle émoussée ? Peut-être un petit peu des deux... En tout cas si graphiquement le résultat est toujours au rendez-vous, c'est plus l'histoire de ce second album de la série que j'ai trouvé moins intéressant. Question de goût peut-être... La série n'en reste pas moins très recommandable pour le jeune public, surtout s'il est friand de fantastique (et adepte des licornes :p )

05/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Lamort & Cie
Lamort & Cie

Max Andersson est un auteur assez original, que l’Association sort de l’anonymat – en tous les cas en France. Cet album regroupe un grand nombre d’histoires plus ou moins longues. La plus longue est une sorte de road movie macabre où apparaît Lamort, qui donne son titre à l’album – et, il faut bien le dire, le ton aussi ! Car que ce soient les histoires longues ou les petits strips de quelques cases, il faut dire qu’on est dans une ambiance morbide, glauque, violente. Mais on trouve aussi des passages touchants, poétiques, emplis d’un humour noir très grinçant. Andersson développe une vision très noire de la société – il n’y a qu’à voir la dernière histoire, une des plus longues, qui détruit le mythe du Père Noël ! Certains personnages récurrents, comme Bagnolet (une petite voiture évoluant dans un univers moins suaves que le Cars de Pixar/Disney !) ou l’inadapté Johnny Flingo (un personnage pistolet qui tire sur ses amis) reviennent hanter cet univers déjanté. Le dessin est très underground, très fouillé (beaucoup de détails sur certaines planches) et Andersson n’hésite pas à jouer sur une poésie surréaliste en donnant vie à des objets (comme les pylônes de la couverture, une pompe à essence, etc…). Pour l’achat, c’est à feuilleter avant ! Mais je ne regrette pas du tout le mien, car j’ai découvert un auteur et son imaginaire très intéressants. Et je vais de ce pas lire l’autre album de l’auteur que je possède, lui aussi paru chez l’Association ! Note réelle 3,5/5.

04/06/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Rémina
Rémina

3.5 Junji Ito est un auteur intéressant et je suis triste de ne pas pouvoir lire d'avantage son oeuvre. Son dessin est excellent pour l'horreur. J'aime particulièrement comment il représente la folie de ses personnages. Cette histoire d'horreur où une planète mystère dévore la terre semble surtout montrer l'horreur dont sont capables les hommes. Après avoir adulé Rémina et son père, la plupart des personnages vont se mettre à les détester et à vouloir les tuer alors qu'ils n'ont rien fait de mal. J'ai un peu l'impression que l'auteur voulait dénoncer plusieurs travers de la société car plusieurs personnages se révèlent être de vrais salauds. Malgré le fait que le gros de l'album peut se résumer à des poursuites, j'ai trouvé que le récit était bien maîtrisé et il y a assez de suspense pour me donner envie de lire jusqu'à la fin. Sinon, l'histoire un peu bonus est sympa, mais pas transcendante.

04/06/2015 (modifier)
Couverture de la série Laisse autant le vent emporter tout
Laisse autant le vent emporter tout

Le titre de l’album donne une bonne idée du contenu : c’est vraiment du n’importe quoi, ça part dans tous les sens, en détournant les repères connus de tous dans un humour potache que j’aime beaucoup. C’est du Goossens quoi ! Dans des rubriques plus ou moins longues, l’inénarrable Goossens développe un certain nombre de thèmes (divers sports, l’amour, les cocus, les véhicules à deux roues, etc…). Sous des airs faussement scientifiques, avec un commentaire qui se veut dépassionné et neutre, Goossens va jusqu’au bout d’idées totalement délirantes. On est proche ici de son compère de chez Fluide, le maître Gotlib pour l’absurde développé et le ton adopté. Le dessin est bon, classique pour Goossens, qui mêle ici Noir et Blanc et couleur. C’est un album par lequel on peut découvrir l’œuvre de ce grand humoriste, pour peu qu’on soit réceptif aux troisième ou quatrième degrés de lecture. Note réelle 3,5/5.

03/06/2015 (modifier)