J'ai découvert cet auteur sur Vazahabe ! dont le récit se passait sur Madagascar à l'époque moderne. Nous voilà pas très loin de ce secteur de l'Océan indien en explorant le passé de l'île de la Réunion autrefois appelée l'île Bourbon en hommage à la famille royale française.
J'ai pu tout de suite constater les progrès sur le dessin. On dirait que l'auteur a changé son style mais on reconnait sa patte. C'est beaucoup plus abouti bien que j'avais déjà beaucoup apprécié son travail.
Je ne savais pas ce que c'était un marron. Non pas la châtaigne comestible ou encore la couleur de ce présent site. Désormais, je comprends mieux la signification symbolique de cette couleur. En effet, l'auteur a pris soin de bien nous expliquer le contexte historique avant de nous embarquer dans la fuite de cet ancien esclave. Il est clair qu'il faudra acquérir la liberté dans le sang. Rien ne nous sera épargné.
Le lecteur apprendra tout un pan de l'histoire oubliée concernant l'esclavage mais également le passé de l'île de la Réunion loin de ses requins mangeurs d'homme et de son volcan cracheur de feu qui font l'actualité.
Décidément, il semble que Backderf ait une attirance pour les personnages marginaux et décalés. Après Mon ami Dahmer, où il évoquait un camarade de classe qui devait par la suite devenir un célèbre serial killer, le dessinateur américain nous fait revivre, à travers ce « Baron », personnage fictif et déjanté, la période glorieuse (pour qui est fan de rock évidemment, car pour les évangélistes pudibonds et autres timbrés de Dieu, c’était une véritable malédiction) où la ville d’Akron se fit connaître autrement que comme capitale mondiale du caoutchouc, à savoir comme une pépinière de talents punk rock (Devo et Chrissie Hynde des Pretenders étant ses représentants les plus connus). La ville a vu défiler à The Bank (salle mythique dédiée à cette scène musicale) nombre de groupes et artistes emblématiques de ces années comme The Clash, Klaus Nomi, The Ramones, Ian Dury and the Blockheads…
Mais ce qui s’imposait alors comme une contre-culture ne plaisait pas à tout le monde, loin s’en faut. Les gardiens de la morale veillaient au grain, et n’hésitaient pas à surveiller les concerts et à interpeler violemment les artistes se livrant à des actes « inconvenants », voir notamment le passage édifiant (et drôle malgré tout) avec Wendy O.Williams and the Plasmatics.
Tirés de faits réels et de souvenirs personnels de Backderf, « Punk Rock et Mobile Homes » se veut aussi et surtout une évocation joyeuse et foutraque, qui rappelle par bien des aspects Les Fabuleux Freak Brothers, avec ce sympathique Baron qui au départ n’avait pas toutes les cartes en main pour se sortir d’un milieu sordide (sa famille vivait chichement dans un parc de mobile homes, avec pour seule distraction la télé et la picole), mais parvint à se distinguer par sa personnalité baroque et son aplomb hors du commun. De façon surprenante, l’auteur renforce par son graphisme vertical si particulier le côté hilarant de l’histoire, alors qu’il lui conférait une touche vaguement inquiétante dans Mon ami Dahmer. On ne peut pas dire que ce soit joli - d’ailleurs Backderf s’en moque bien de faire joli - mais c’est stylé et soigné, et au final on se dit que ces personnages rectangulaires pas trop sexys collent parfaitement à cet univers de contre-culture.
A lire pour se payer une bonne tranche de rigolade rock, d’un rire libérateur après le rire jaune de l’opus précédent, même si selon moi ce dernier se place tout de même au dessus.
3,5
Je suis un grand fan de Louis de Funès depuis que, lorsque j'étais enfant, une de mes grand-mère avait acheté une VHS de Rabbi Jacob. J'ai tout de suite aimé Louis de Funès et j'avais envie de découvrir ses films. Aujourd'hui, j'ai vu la plupart de ses classiques et il est toujours mon acteur préféré. Je trouve que ce type est un génie capable de rendre des films -comme Le grand restaurant- regardables.
J'ai trouvé cette biographie pas mal. J'ai bien aimé découvrir l'enfance de Louis de Funès quoique j'ai l'impression que certaines anecdotes ont été inventées (par exemple, le premier rôle qu'à eu de Funès au théâtre lorsqu'il était enfant était le rôle d'un gendarme et, drôle de coïncidence, son dernier rôle avant de mourir était un gendarme). Malgré ça, je trouve que c'est une bonne biographie qui montre bien le parcours de Louis de Funès. Je connaissais déjà certaines anecdotes, mais cela ne m'a pas du tout dérangé de lire des choses que je savais déjà.
Le dessin réaliste est beau et la narration est dynamique. C'est à lire si on aime l'acteur.
Il est à noter que par erreur il est indiqué que Louis de Funès a fait son premier film à 41 ans alors qu'il avait 31 ans ! C'est le genre de petit détail qui m'énerve !
Chacun pourra se retrouver dans ces petites madeleines de Proust aux parfums hétéroclites, rock alternatif, brit-pop, chanson française « engagée », pop « eau précieuse » du Top 50, variétoche sirupeuse… Fabcaro, on l’aime bien, avec sa manière de ne pas se prendre au sérieux, c’est un peu un pote, tout ce qu’il raconte ici, on l’a plus ou moins vécu... De son trait un peu crade mais plaisant et très expressif, il sait immanquablement surprendre et provoquer le fou-rire avec ces petites saynètes musicales d’une page, alliant avec brio créativité et humour potache pour trentenaires - et désormais quadras – régressifs, voire plus si affinités…
« Like a steak machine » contient ses petites perles mémorables. Par exemple, l’évocation des soirées entre potes où à un moment il fallait que quelqu’un se mette à entonner « Dirty Old Town », finissant par provoquer chez Fabcaro le dégoût pour cette « chanson magnifique ». Ou encore, la compétition au lycée pour faire partie de l’élite des connaisseurs, avec une véritable hiérarchie notamment entre ceux qui étaient « branchés » (des groupes obscurs mais encensés par la critique musicale confidentielle), les intellos (fans de Hubert-Felix Thiéfaine aux lyrics non moins obscurs), les médiocres (fans de Pink Floyd) et les ringards (ceux pour qui la musique se définissait en fonction des tubes de l’été), le péché ultime étant d’apprécier les artistes à succès.
Ça se mange sans faim, sans pain, éventuellement à l’heure de l’apéro ou des tapas (j’étais à Barcelone quand je l’ai lu) ça ne prend pas la tête, d’ailleurs ça se lit presque trop vite. Mais ça confirme que Fabcaro est un des meilleurs de sa génération dans son domaine, aux côtés de Boulet qui pratique le même type d’humour avec un dessin assez similaire, et que comme lui, j’aurais mis un certain temps à découvrir.
Après Agence Quanta, j'enchaîne sur Brane zéro qui contient la même thématique à savoir le voyage dans une bulle spatio-temporelle. Ces deux titres sont parus durant la même période. C'est à croire que c'est devenu le thème à la mode.
Pour autant, on se situe dans une science-fiction moins enfantine, plus adulte, plus mature et plus dure. Le monde du futur est un univers totalement dévasté par de mystérieuses créatures qui ont anéanti la race humaine. On a véritablement peur pour notre jeune héros car la traque est omniprésente.
J'ai bien aimé ce titre qui sera un diptyque. On sent des influences majeures mais avec une pointe d'originalité. C'est un jeune auteur qui a encore tout à prouver mais qui se débrouille pas si mal. Le récit est fluide ce qui a rendu la lecture particulièrement agréable. Il y a certes pas mal d'interrogations mais nul doute que le second tome nous apportera les réponses.
L’œuvre est monumentale. Un récit dense. Le coup de génie est que tout l’aspect mythologique a été gommé pour laisser place à une histoire plus "terre à terre" où il est question d'honneur et de loyauté.
Avec cette épopée, le terme "Tragédie Grecque" prend toute sont ampleur, il n'est pas galvaudé. Entre sacrifices et dévotion, les protagonistes sont aspirés dans un tourbillon infernal.
Pour la partie graphique, je serai moins enthousiaste. Je trouve qu'il manque une certaine fluidité surtout pour les scènes d'actions. Les personnages sont trop figés, trop rigides. Par contre les gros plans sur les visages sont d'une grande qualité, ils sont mis en valeur.
Le dessins est le point faible de la série mais c'est sûr que là on tient quelque chose de magistral.
J'ai tellement de peine en refermant cet ouvrage qui nous donne un véritable aperçu des femmes au Yémen. C'est un pays rongé par la pauvreté où la tradition fait loi. Les femmes yéménites doivent être voilées de la tête aux pieds : point barre.
La première histoire concerne Sahiba qui avait le malheur de regarder le paysage par sa fenêtre sans être voilée. Elle sera abattue comme un chien par son cousin de mari auquel on l'a livrée en pâture à l'âge de 11 ans. Pour la justification, c'est l'honneur de la famille qui a été bafoué car on a vu son visage ou, comble de malheur, ses chevilles. Voilà pour l'ambiance de cette BD reportage retraçant la condition des femmes.
Bien sûr, on pourra me rétorquer que j'ai des yeux d'occidental qui ne respecte pas la culture de soumission de ces femmes. Il y a certes quelques avantages à être voilé comme les économies sur le maquillage ou les vêtements. Mais bon, je n'arrive pas à accepter cette tradition qui est basée sur la réputation. C'est au-delà de mes forces.
Le monde d'Aïcha est peuplé de femmes qui ont des rêves et des désirs de liberté. Certaines de ces femmes ont fait avancer un petit peu les choses tout en respectant les règles. Elles ont quand même dû payer le prix.
Le dessin en noir et blanc colle à merveille pour cet ouvrage qui fait dans la simplicité. Cela a été réalisé à partir des impressions de voyage de la photo-reporter Agnès Montanari, profondément marquée par son voyage au Yémen et sa rencontre avec les femmes de ce pays traditionaliste musulman pour ne pas dire archaïque.
C'est bien d'avoir donné la parole à ces femmes. On verra leur photo à la fin de cet ouvrage. J'espère qu'un jour, elles pourront être libérées et vivre dans une société plus moderne et moins obscurantiste. C'est tout ce que je leur souhaite.
Je connais cette BD depuis longtemps mais je retardais toujours sa lecture à cause du film du même nom avec le magistral Eric Cantona qui dans le film est parfait. On ne dira jamais assez de bien de Tonino Benacquista auteur de polar français qui a participé au renouveau du genre dans les années 90.
On trouve donc un scénario simple mais pas simpliste plutôt bien ficelé qui met en scène un commissaire de police obèse, (lointain cousin du Adamsberg de Varga) qui décide au détour d'une enquête de changer de vie. Ici pas de folles chevauchées à travers la ville pour coffrer des malfrats, pas de bagarres générales à grand renfort de flingues, non tout est dans la psychologie magnifiquement mise en images par Ferrandez.
Ce n'est certes pas le polar du siècle mais il fait plus que mériter un coup d’œil.
Les auteurs avaient déjà réalisé un Sarkozy et ses femmes. Ils ne voulaient probablement pas être en reste devant son successeur. Il est vrai que la saga est beaucoup plus intéressante avec la rivalité entre Ségolène Royal et Valérie Trierweiller. Cette dernière s'est fait connaître auprès des Français lors de son tweet célèbre pour soutenir le candidat se présentant contre sa rivale. Hollande devient ainsi une véritable star de la BD après son fameux Campagne présidentielle : 200 jours dans les pas du candidat François Hollande , Moi, Président : Ma vie quotidienne à l'Élysée ou encore Monde de merde.
Je ne m'attendais pas du tout à une BD documentaire aussi bien détaillée sur les coulisses du pouvoir et notamment de la vie intime d'un certain François Hollande alias Monsieur 3%. La couverture est assez humoristique. La BD l'est un peu moins en faisant plutôt dans le ton sarcastique. Ainsi, ni Ségolène, ni Valérie ne sont montrées comme des femmes très sympathiques, au contraire ! Les portraits dressés seront sans concession.
L'action de la BD s'arrête en en février 2013 soit avant la fameuse répudiation publique. Dommage que l'épisode "Daft Punk" avec Julie Gayet ne soit pas relaté car c'était toute une histoire dont la France se souvient de celui qui se présentait comme le candidat normal et irréprochable sur sa vie privée. Bon, c'était une affaire de timing. Par contre, nous assistons à l'ascension de l'homme politique en vue de la présidentielle de 2012 et on occulte complètement l'affaire DSK survenue en 2011. Sans cette digression avec cette femme de ménage, le destin de cet homme aurait été sans doute différent.
J'ai bien aimé cette BD car le trait spontané du dessinateur colle à merveille avec cette succession d'anecdotes croustillantes. C'est très agréable à la lecture. La dimension politique n'a pas été occultée et c'est ce que j'ai fort apprécié. Le réalisme et l'authenticité priment.
Au final, une BD enquête sur les coulisses d'un président pas comme les autres : un gentil homme très vite dépassé par les femmes ou les événements...
Ce premier tomes est très bon.
Je trouve le scénario prenant. Le scénariste mélange habillement différentes intrigues où on retrouve de la manipulation et de la politique qui sont deux sujets que j'adore. Les personnages sont charismatiques, l'intrigue est bien maîtrisée et intelligente et j'ai bien envie de lire la suite. La seule chose que je n'ai pas trop aimée, c'est que parfois je ne me retrouvais pas dans toutes ces intrigues. Heureusement, il a suffi que je relises certains passages et j'ai mieux compris.
Le dessin est pas mal. J'aime surtout les décors et les couleurs.
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J'ai découvert cet auteur sur Vazahabe ! dont le récit se passait sur Madagascar à l'époque moderne. Nous voilà pas très loin de ce secteur de l'Océan indien en explorant le passé de l'île de la Réunion autrefois appelée l'île Bourbon en hommage à la famille royale française. J'ai pu tout de suite constater les progrès sur le dessin. On dirait que l'auteur a changé son style mais on reconnait sa patte. C'est beaucoup plus abouti bien que j'avais déjà beaucoup apprécié son travail. Je ne savais pas ce que c'était un marron. Non pas la châtaigne comestible ou encore la couleur de ce présent site. Désormais, je comprends mieux la signification symbolique de cette couleur. En effet, l'auteur a pris soin de bien nous expliquer le contexte historique avant de nous embarquer dans la fuite de cet ancien esclave. Il est clair qu'il faudra acquérir la liberté dans le sang. Rien ne nous sera épargné. Le lecteur apprendra tout un pan de l'histoire oubliée concernant l'esclavage mais également le passé de l'île de la Réunion loin de ses requins mangeurs d'homme et de son volcan cracheur de feu qui font l'actualité.
Punk Rock et mobile homes
Décidément, il semble que Backderf ait une attirance pour les personnages marginaux et décalés. Après Mon ami Dahmer, où il évoquait un camarade de classe qui devait par la suite devenir un célèbre serial killer, le dessinateur américain nous fait revivre, à travers ce « Baron », personnage fictif et déjanté, la période glorieuse (pour qui est fan de rock évidemment, car pour les évangélistes pudibonds et autres timbrés de Dieu, c’était une véritable malédiction) où la ville d’Akron se fit connaître autrement que comme capitale mondiale du caoutchouc, à savoir comme une pépinière de talents punk rock (Devo et Chrissie Hynde des Pretenders étant ses représentants les plus connus). La ville a vu défiler à The Bank (salle mythique dédiée à cette scène musicale) nombre de groupes et artistes emblématiques de ces années comme The Clash, Klaus Nomi, The Ramones, Ian Dury and the Blockheads… Mais ce qui s’imposait alors comme une contre-culture ne plaisait pas à tout le monde, loin s’en faut. Les gardiens de la morale veillaient au grain, et n’hésitaient pas à surveiller les concerts et à interpeler violemment les artistes se livrant à des actes « inconvenants », voir notamment le passage édifiant (et drôle malgré tout) avec Wendy O.Williams and the Plasmatics. Tirés de faits réels et de souvenirs personnels de Backderf, « Punk Rock et Mobile Homes » se veut aussi et surtout une évocation joyeuse et foutraque, qui rappelle par bien des aspects Les Fabuleux Freak Brothers, avec ce sympathique Baron qui au départ n’avait pas toutes les cartes en main pour se sortir d’un milieu sordide (sa famille vivait chichement dans un parc de mobile homes, avec pour seule distraction la télé et la picole), mais parvint à se distinguer par sa personnalité baroque et son aplomb hors du commun. De façon surprenante, l’auteur renforce par son graphisme vertical si particulier le côté hilarant de l’histoire, alors qu’il lui conférait une touche vaguement inquiétante dans Mon ami Dahmer. On ne peut pas dire que ce soit joli - d’ailleurs Backderf s’en moque bien de faire joli - mais c’est stylé et soigné, et au final on se dit que ces personnages rectangulaires pas trop sexys collent parfaitement à cet univers de contre-culture. A lire pour se payer une bonne tranche de rigolade rock, d’un rire libérateur après le rire jaune de l’opus précédent, même si selon moi ce dernier se place tout de même au dessus.
Louis de Funès - Une vie de folie et de grandeur
3,5 Je suis un grand fan de Louis de Funès depuis que, lorsque j'étais enfant, une de mes grand-mère avait acheté une VHS de Rabbi Jacob. J'ai tout de suite aimé Louis de Funès et j'avais envie de découvrir ses films. Aujourd'hui, j'ai vu la plupart de ses classiques et il est toujours mon acteur préféré. Je trouve que ce type est un génie capable de rendre des films -comme Le grand restaurant- regardables. J'ai trouvé cette biographie pas mal. J'ai bien aimé découvrir l'enfance de Louis de Funès quoique j'ai l'impression que certaines anecdotes ont été inventées (par exemple, le premier rôle qu'à eu de Funès au théâtre lorsqu'il était enfant était le rôle d'un gendarme et, drôle de coïncidence, son dernier rôle avant de mourir était un gendarme). Malgré ça, je trouve que c'est une bonne biographie qui montre bien le parcours de Louis de Funès. Je connaissais déjà certaines anecdotes, mais cela ne m'a pas du tout dérangé de lire des choses que je savais déjà. Le dessin réaliste est beau et la narration est dynamique. C'est à lire si on aime l'acteur. Il est à noter que par erreur il est indiqué que Louis de Funès a fait son premier film à 41 ans alors qu'il avait 31 ans ! C'est le genre de petit détail qui m'énerve !
Like a steak machine
Chacun pourra se retrouver dans ces petites madeleines de Proust aux parfums hétéroclites, rock alternatif, brit-pop, chanson française « engagée », pop « eau précieuse » du Top 50, variétoche sirupeuse… Fabcaro, on l’aime bien, avec sa manière de ne pas se prendre au sérieux, c’est un peu un pote, tout ce qu’il raconte ici, on l’a plus ou moins vécu... De son trait un peu crade mais plaisant et très expressif, il sait immanquablement surprendre et provoquer le fou-rire avec ces petites saynètes musicales d’une page, alliant avec brio créativité et humour potache pour trentenaires - et désormais quadras – régressifs, voire plus si affinités… « Like a steak machine » contient ses petites perles mémorables. Par exemple, l’évocation des soirées entre potes où à un moment il fallait que quelqu’un se mette à entonner « Dirty Old Town », finissant par provoquer chez Fabcaro le dégoût pour cette « chanson magnifique ». Ou encore, la compétition au lycée pour faire partie de l’élite des connaisseurs, avec une véritable hiérarchie notamment entre ceux qui étaient « branchés » (des groupes obscurs mais encensés par la critique musicale confidentielle), les intellos (fans de Hubert-Felix Thiéfaine aux lyrics non moins obscurs), les médiocres (fans de Pink Floyd) et les ringards (ceux pour qui la musique se définissait en fonction des tubes de l’été), le péché ultime étant d’apprécier les artistes à succès. Ça se mange sans faim, sans pain, éventuellement à l’heure de l’apéro ou des tapas (j’étais à Barcelone quand je l’ai lu) ça ne prend pas la tête, d’ailleurs ça se lit presque trop vite. Mais ça confirme que Fabcaro est un des meilleurs de sa génération dans son domaine, aux côtés de Boulet qui pratique le même type d’humour avec un dessin assez similaire, et que comme lui, j’aurais mis un certain temps à découvrir.
Brane zéro
Après Agence Quanta, j'enchaîne sur Brane zéro qui contient la même thématique à savoir le voyage dans une bulle spatio-temporelle. Ces deux titres sont parus durant la même période. C'est à croire que c'est devenu le thème à la mode. Pour autant, on se situe dans une science-fiction moins enfantine, plus adulte, plus mature et plus dure. Le monde du futur est un univers totalement dévasté par de mystérieuses créatures qui ont anéanti la race humaine. On a véritablement peur pour notre jeune héros car la traque est omniprésente. J'ai bien aimé ce titre qui sera un diptyque. On sent des influences majeures mais avec une pointe d'originalité. C'est un jeune auteur qui a encore tout à prouver mais qui se débrouille pas si mal. Le récit est fluide ce qui a rendu la lecture particulièrement agréable. Il y a certes pas mal d'interrogations mais nul doute que le second tome nous apportera les réponses.
L'Âge de Bronze
L’œuvre est monumentale. Un récit dense. Le coup de génie est que tout l’aspect mythologique a été gommé pour laisser place à une histoire plus "terre à terre" où il est question d'honneur et de loyauté. Avec cette épopée, le terme "Tragédie Grecque" prend toute sont ampleur, il n'est pas galvaudé. Entre sacrifices et dévotion, les protagonistes sont aspirés dans un tourbillon infernal. Pour la partie graphique, je serai moins enthousiaste. Je trouve qu'il manque une certaine fluidité surtout pour les scènes d'actions. Les personnages sont trop figés, trop rigides. Par contre les gros plans sur les visages sont d'une grande qualité, ils sont mis en valeur. Le dessins est le point faible de la série mais c'est sûr que là on tient quelque chose de magistral.
Le Monde d'Aïcha - Luttes et espoirs des femmes au Yémen
J'ai tellement de peine en refermant cet ouvrage qui nous donne un véritable aperçu des femmes au Yémen. C'est un pays rongé par la pauvreté où la tradition fait loi. Les femmes yéménites doivent être voilées de la tête aux pieds : point barre. La première histoire concerne Sahiba qui avait le malheur de regarder le paysage par sa fenêtre sans être voilée. Elle sera abattue comme un chien par son cousin de mari auquel on l'a livrée en pâture à l'âge de 11 ans. Pour la justification, c'est l'honneur de la famille qui a été bafoué car on a vu son visage ou, comble de malheur, ses chevilles. Voilà pour l'ambiance de cette BD reportage retraçant la condition des femmes. Bien sûr, on pourra me rétorquer que j'ai des yeux d'occidental qui ne respecte pas la culture de soumission de ces femmes. Il y a certes quelques avantages à être voilé comme les économies sur le maquillage ou les vêtements. Mais bon, je n'arrive pas à accepter cette tradition qui est basée sur la réputation. C'est au-delà de mes forces. Le monde d'Aïcha est peuplé de femmes qui ont des rêves et des désirs de liberté. Certaines de ces femmes ont fait avancer un petit peu les choses tout en respectant les règles. Elles ont quand même dû payer le prix. Le dessin en noir et blanc colle à merveille pour cet ouvrage qui fait dans la simplicité. Cela a été réalisé à partir des impressions de voyage de la photo-reporter Agnès Montanari, profondément marquée par son voyage au Yémen et sa rencontre avec les femmes de ce pays traditionaliste musulman pour ne pas dire archaïque. C'est bien d'avoir donné la parole à ces femmes. On verra leur photo à la fin de cet ouvrage. J'espère qu'un jour, elles pourront être libérées et vivre dans une société plus moderne et moins obscurantiste. C'est tout ce que je leur souhaite.
L'Outremangeur
Je connais cette BD depuis longtemps mais je retardais toujours sa lecture à cause du film du même nom avec le magistral Eric Cantona qui dans le film est parfait. On ne dira jamais assez de bien de Tonino Benacquista auteur de polar français qui a participé au renouveau du genre dans les années 90. On trouve donc un scénario simple mais pas simpliste plutôt bien ficelé qui met en scène un commissaire de police obèse, (lointain cousin du Adamsberg de Varga) qui décide au détour d'une enquête de changer de vie. Ici pas de folles chevauchées à travers la ville pour coffrer des malfrats, pas de bagarres générales à grand renfort de flingues, non tout est dans la psychologie magnifiquement mise en images par Ferrandez. Ce n'est certes pas le polar du siècle mais il fait plus que mériter un coup d’œil.
Hollande et ses 2 femmes
Les auteurs avaient déjà réalisé un Sarkozy et ses femmes. Ils ne voulaient probablement pas être en reste devant son successeur. Il est vrai que la saga est beaucoup plus intéressante avec la rivalité entre Ségolène Royal et Valérie Trierweiller. Cette dernière s'est fait connaître auprès des Français lors de son tweet célèbre pour soutenir le candidat se présentant contre sa rivale. Hollande devient ainsi une véritable star de la BD après son fameux Campagne présidentielle : 200 jours dans les pas du candidat François Hollande , Moi, Président : Ma vie quotidienne à l'Élysée ou encore Monde de merde. Je ne m'attendais pas du tout à une BD documentaire aussi bien détaillée sur les coulisses du pouvoir et notamment de la vie intime d'un certain François Hollande alias Monsieur 3%. La couverture est assez humoristique. La BD l'est un peu moins en faisant plutôt dans le ton sarcastique. Ainsi, ni Ségolène, ni Valérie ne sont montrées comme des femmes très sympathiques, au contraire ! Les portraits dressés seront sans concession. L'action de la BD s'arrête en en février 2013 soit avant la fameuse répudiation publique. Dommage que l'épisode "Daft Punk" avec Julie Gayet ne soit pas relaté car c'était toute une histoire dont la France se souvient de celui qui se présentait comme le candidat normal et irréprochable sur sa vie privée. Bon, c'était une affaire de timing. Par contre, nous assistons à l'ascension de l'homme politique en vue de la présidentielle de 2012 et on occulte complètement l'affaire DSK survenue en 2011. Sans cette digression avec cette femme de ménage, le destin de cet homme aurait été sans doute différent. J'ai bien aimé cette BD car le trait spontané du dessinateur colle à merveille avec cette succession d'anecdotes croustillantes. C'est très agréable à la lecture. La dimension politique n'a pas été occultée et c'est ce que j'ai fort apprécié. Le réalisme et l'authenticité priment. Au final, une BD enquête sur les coulisses d'un président pas comme les autres : un gentil homme très vite dépassé par les femmes ou les événements...
Le Roy des Ribauds
Ce premier tomes est très bon. Je trouve le scénario prenant. Le scénariste mélange habillement différentes intrigues où on retrouve de la manipulation et de la politique qui sont deux sujets que j'adore. Les personnages sont charismatiques, l'intrigue est bien maîtrisée et intelligente et j'ai bien envie de lire la suite. La seule chose que je n'ai pas trop aimée, c'est que parfois je ne me retrouvais pas dans toutes ces intrigues. Heureusement, il a suffi que je relises certains passages et j'ai mieux compris. Le dessin est pas mal. J'aime surtout les décors et les couleurs.