Fascination de l'Inde pour nous autres occidentaux. Et oui, je donne cette note de franchement bien pour cette histoire que finalement je trouve assez originale. Le contexte tout d'abord, G. Bess nous en donne une illustration graphique que je trouve particulièrement fascinante et envoutante. Ses dessins des temples sur les bords du Gange sont saisissants de réalisme et traduisent vraiment bien l'ambiance de ferveur, de multitude qui vient y faire ses dévotions. Ajoutons que ses créatures démoniaques sont juste excellentes.
Il est vrai que le scénario pêche parfois, notamment en milieu de deuxième tome où la découverte du palais des vampires par le héros est un peu too much. Cependant au final nous avons là une histoire plutôt bien construite dont le graphisme est vraiment le premier atout. Et puis il est réjouissant de voir ce mythe du vampire déplacé dans un univers pour le moins original.
Je ne parlerai ici que des cinq premiers tomes qui forment une histoire complète, le dessinateur Adamov laissant la main pour la suite.
Lorsque paraît le premier tome nous sommes en 1985 et pour l'époque cette série fait belle figure par son caractère novateur et ce sur plusieurs points. Tout d'abord le contexte, nous sommes au Japon dans ce qui semble être le XIIIème siècle, pays et époque peu exploités dans le domaine de la bande dessinée. Ensuite le traitement de l'histoire : quelques scènes ou l'érotisme, le sexe sont montrés de manière assez crue.
Mine de rien au fil de l'histoire quelques idées reçues sur ce monde des samouraïs, par ailleurs fortement idéalisé dans notre société occidentale en prennent pour leur grade. Également en ce qui concerne la place de la femme dans la vie de l'époque, on peut d'ailleurs se demander si les choses ont beaucoup évolué dans ce pays. Toujours est il que cette histoire de vengeance sur fond d'amnésie est parfaitement construite et le lecteur se trouve pris au jeu. Les auteurs font intervenir une petite touche de fantastique en évoquant l'au-delà Nippon mais sans que cela ne nuise au cours du récit.
Au final, voilà une série qui pour moi fait partie des incontournables de la BD française, violente mais bien construite et dont le trait s'affine au fil des tomes. Tout bibliophile se doit de posséder ces cinq tomes.
Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Dalí, génie autoproclamé de la peinture surréaliste à l’égo surdimensionné et à la folie revendiquée, ne peut laisser indifférent. S’attaquer à un tel monstre pour en faire sa biographie relevait véritablement du défi. Edmond Baudoin, dessinateur adulé par la critique et une frange du public, ne devait pas ignorer qu’il s’aventurait sur un terrain glissant. En effet, comment raconter la vie de ce personnage haut en couleurs et imprévisible, comment dépeindre un artiste qui ne rentrait dans aucune case, et quand bien même il fut considéré comme un surréaliste en son temps, il a lui-même a eu quelques passes d’armes avec André Breton, qui estimait que l’Espagnol trahissait la philosophie du mouvement. D’ailleurs, Dalí pour sa part le clamait haut et fort : il rejetait l’art abstrait et ses modèles étaient les peintres classiques tels que Vermeer, Velasquez, De Vinci et Raphaël.
Pour cette commande du centre Pompidou à l’occasion d’une rétrospective, Edmond Baudoin s’en sort plutôt bien en ayant emprunté la voie la plus équilibrée pour un tel projet. Il fallait rester humble sans pour autant s’effacer derrière cet artiste très difficile à cerner, et dont les propos et les actions étaient souvent déconcertants. Oscillant comme à son habitude entre la peinture et la BD, Baudoin a ainsi donné libre cours à son talent, dans une démarche graphique et narrative établissant une connivence avec l’onirisme parfois morbide du maître. D’une part, il s’est inspiré des gimmicks picturaux de Dalí en se les appropriant de son trait charbonneux, avec une utilisation parcellaire de la couleur réussie. D’autre part il évite une narration trop linéaire, évitant toute interprétation hasardeuse, s’en tenant aux éléments de sa biographie et à ses déclarations, instaurant un dialogue permanent avec des personnages anonymes ou fictifs évoquant l’artiste.
Par cet ouvrage pas forcément des plus accessibles (et comment pourrait-il l’être étant donné la personnalité complexe et torturée du maître ?) qui ravira forcément les aficionados de Dalí (et de Baudoin), le lecteur moins averti pourra toujours faire connaissance avec cet être hors-normes, et au mieux admirer les dessins de l’auteur français.
Reste un bémol selon moi : il aurait été souhaitable dans la chronologie des dernières pages d’accompagner les mentions des œuvres de Dalí de leurs reproductions. En effet, bien que le personnage jouisse encore d’une grande notoriété, ses peintures ne sont pas forcément connues de tous, même si je sais bien qu’aujourd’hui, il est très facile de se renseigner sur internet…
En ce qui me concerne, je ne suis pas suffisamment fan de l’artiste pour avoir en tête toutes les œuvres citées. De la même façon, je reconnais les qualités incontestables du dessin de Baudoin, mais je ne peux pas dire qu’il me touche plus que ça. Étonnamment, l’absence de structure narrative n’est pas gênante pour ce qui ressemble presque plus à un beau-livre ou un livre d’art qu’à une bande dessinée, même pour ceux qui apprécient les histoires bien racontées, et j’en fais partie je l’avoue.
Il va sans dire que l’ouvrage est digne d’intérêt et constitue un hommage équilibré sur cet artiste qui aura marqué le XXe siècle.
Le terme est sans doute galvaudé mais c'est le premier qui me vient à l'esprit après le lecture de cette BD : vintage. Tant dans le trait utilisé que dans les couleurs très typées années 50. Couleurs chaudes et finalement plutôt bien adaptées au Cuba d'avant Castro.
Pour ce qui est du scénario, la mécanique est parfaitement rodée avec certains archétypes du polar de ce temps là, les seconds couteaux, la belle dangereuse et vénéneuse à souhait.
Tous les codes du road-movie sont appliqués à la lettre et il ne faut donc pas chercher une originalité grandiose à cette histoire, mais ça fonctionne bien et procure un sentiment de lecture fort plaisant. Qu'il est bon parfois de se laisser balader. Pour les amateurs de polars c'est à lire, les autres y trouveront de quoi les contenter, le contexte Cubain du début est dépaysant.
Un très bon manga qui montre les problèmes dont peuvent souffrir les handicapés et aussi les problèmes d'intimidation au Japon. J'ai lu qu'apparemment certaines personnes au Japon n'aiment pas trop ce manga qui présente une "mauvaise" image de la société japonaise. C'est vrai que plusieurs personnages sont montrés comme des hypocrites et les adultes de l'école comme des gros incompétents.
L'histoire est bien construite. J'aime bien le fait que les personnages sont plus profonds qu'ils ne semblent à première vue. Le personnage de Shoya qui essaie de se racheter après avoir agi comme un gros con durant son enfance est très intéressant. J'aime bien la manière dont le manga montre les conséquences de l'intimidation et comment tout ne se règle pas facilement juste parce que Shoya est désolé d'avoir embêté Shoko, la fille sourde. Surtout l'intrigue est captivante et je ne savais jamais ce qui allait arriver ensuite. J'ai lu les 4 tomes d'un trait et j'espère que la suite sera du même niveau.
André Roussimoff, alias « André le Géant », fut une star mondiale du catch dans les années 70-80. A la fois champion incontesté et « bête de foire », ce géant faisait sensation partout où il se produisait. Mais derrière le masque d’invincibilité transparaissait un être doux et profondément seul, conscient que ses jours étaient comptés en raison d’un problème hormonal.
Cet album à la narration hyper fluide, doté d’un graphisme noir et blanc stylé et tout en rondeur, retrace la vie de ce champion de catch hors-normes. Il est probable que seuls les amateurs de catch se souviendront du personnage, mais on n’est pas obligé d’apprécier la discipline pour appréhender cette bande dessinée qui s’adresse à tous publics. Un rien enfantin, le trait colle très bien à l’histoire de ce « gros bébé gentil » projeté trop vite dans un milieu impitoyable et cupide qui ne resplendissait que par les projecteurs et les paillettes des costumes kitsch des catcheurs.
Et contre toute attente, le lecteur finit par s’attacher à ce doux géant, voué au rôle de « babyface » durant les matchs, très rarement agressif malgré les provocations et les regards insistants auquel il avait droit plus souvent qu’à son tour. Si sa taille gigantesque a été sa planche de salut pour quitter son bled de Seine-et-Marne et connaître ensuite une carrière internationale, elle fut parallèlement sa malédiction. L’acromégalie dont il souffrait, trouble hormonal dont les principales caractéristiques sont une augmentation anormale des membres et le risque de mort prématurée, finit par devenir son calvaire.
« André le Géant - La vie du Géant ferré » constitue une découverte plaisante, que les expressions parfois typées de la traductrice québécoise Sophie Chisogne ne viennent en rien gâter, bien au contraire. D’ailleurs, cela paraît fort légitime dans la mesure où celui que l’on qualifiait aussi de « huitième merveille du monde » passa une partie de sa vie au Québec. Avec cette biographie touchante, Box Brown se révèle incontestablement comme un auteur à suivre.
J'ai beaucoup aimé le début de ce récit car cela part d'une bonne idée à savoir un livre qui ferait le tour des gens et pourquoi pas du monde. L'intrigue se focalise sur une amatrice qui cherche à savoir qui est l'inconnu qui a déposé le livre sur un banc en entourant certains mots qui forment alors des phrases. Bref, on est dans ce qu'on pourrait appeler un thriller littéraire. Les rats de bibliothèques vont aimer, mais pas que. Les romantiques également.
J'aime également beaucoup cet auteur qui sait cerner l'âme des gens et de l'entourage. Parfait exemple avec cette collègue de travail peu disponible. Ou encore ce nouveau père de famille qui ne dirait pas non à une nouvelle aventure. Bref, Jim serait le chantre d'une certaine modernité ou du moins de la vie contemporaine. Cela change de ces vieux schnocks qui nous resservent toujours le même plat. Là, on a droit à tout autre chose.
C'est traité avec beaucoup de délicatesse avec un scénario certes léger mais sincère. J'avoue ne pas avoir trop apprécié la fin croyant à un one shot. Je suis rassuré de savoir que cela sera un diptyque avec, et on l'espère, une conclusion digne de ce nom.
La seconde partie s'enchaîne directement avec une fausse piste qui conduira à la tromperie pour cette jeune femme en quête du parfait amour dans une vie qui confère à l'ennui. Cependant, on aura droit à l'explication de tout ce mystère tout à la fin. Le dessin fait dans la fraîcheur et le scénario dans la tendresse. C'est en tout cas assez prenant.
Un petit livre oublié sur un banc n'attend que vous. A qui le tour ?
Attention, manga controversé !
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la série divise les posteurs du site. En ce qui me concerne, je suis plutôt un « supporter » d’Hellsing.
Certes, le scénario est mince mais l’univers sombre et complètement décalé m’a très vite fait accrocher à la série (que j’avais découverte en animé) et j’ai lu les dix volumes avec beaucoup de plaisir. L’action, violente et omniprésente, est très bien rendue. Les (très nombreux) combats sont intéressants et particulièrement dynamiques, même si l’auteur en abuse dans les derniers tomes. Hellsing est vraiment une série qui décoiffe !
Côte dessins, les premiers chapitres sont assez moyens mais très vite le graphisme s’améliore très sensiblement par la suite. Le design des personnages (Alucard notamment) est excellent et donne une personnalité visuelle à la série.
Valeur sûre du manga d’action, Hellsing est une saga vraiment sympa.
3.5 / 5
J'ai testé cette collection Secrets avec ce diptyque, et j'en suis ressorti vraiment enthousiasmé ; je précise que je ne suis pas tellement d'accord avec le classement en genre policier, c'est plutôt du roman graphique..
C'est bien dans le style de Giroud d'échafauder un récit de ce type, aux ramifications et aux racines profondes et douloureuse, où le côté prenant et intense sont sans cesse présents, sans relachement, avec une narration extrêmement bien conçue, claire et pas plombée par des complexités scénaristiques, des longueurs inutiles ou des raccourcis malvenus ; pas de remplissage donc, chaque scène est à sa place. La progression de l'intrigue est remarquable, le fond est bouleversant, et tout s'imbrique de façon parfaite. Le lecteur découvre un premier secret peu valorisant, puis un second secret plus odieux, mais aussi peut essayer de comprendre la souffrance d'une femme, c'est très adroitement agencé, bien écrit, avec des dialogues mesurés, un peu de pathos par endroits mais à dose très légère, sinon ça aurait été insupportable.
Le décor des 2 époques est également très bien documenté, Giroud est très fort pour recréer une époque, rappelons-nous la restitution du Paris des années 50 dans la série Mandrill.
Tout cet environnement est souligné par un dessin agréable et bien clair, une sorte d'élégance du trait tout en finesse malgré des petits défauts de proportion le plus souvent dans les visages déformés (surtout Marie-Louise et Philippe) ; une élégance qui frôle le semi-réalisme, car les décors ne sont pas toujours ultra détaillés, il y a juste ce qu'il faut, mais l'ensemble s'accorde fort bien au sujet.
Giroud boucle donc de façon magistrale un récit parfaitement dosé, avec une certaine pudeur, en mettant en exergue les drames familiaux et les secrets de famille qui peuvent se révéler redoutables, honteux ou intolérables, jusqu'à briser ou désunir des personnes. C'est un sujet ingrat qu'il a su développer intelligemment, et cette histoire va m'inciter à lire quelques autres titres de cette collection.
Je ne suis pas un grand adepte de la montagne, origine oblige, quoique, mais voilà une histoire qui me donne envie d'aller m'égarer sur des pentes neigeuses, si en plus il y a un hôtel perdu tout en haut de la montagne je prends. Sous prétexte d'aller à la recherche de son frère un écrivain va découvrir l'amour à l'occasion d'une avalanche spectaculaire et retrouver le génie de la création littéraire.
C'est beau , c'est calme et l'on arrive à sentir cet air des cimes. En lisant cette histoire il ne faut pas rechercher à tout prix le sensationnel ou du grand spectacle, simplement se laisser porter par les impressions. Que dire sinon qu'il faut lire cette histoire, avec une belle fin, quoique convenue, mais suffisamment efficace pour combler les lecteurs.
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Le Vampire de Bénarès
Fascination de l'Inde pour nous autres occidentaux. Et oui, je donne cette note de franchement bien pour cette histoire que finalement je trouve assez originale. Le contexte tout d'abord, G. Bess nous en donne une illustration graphique que je trouve particulièrement fascinante et envoutante. Ses dessins des temples sur les bords du Gange sont saisissants de réalisme et traduisent vraiment bien l'ambiance de ferveur, de multitude qui vient y faire ses dévotions. Ajoutons que ses créatures démoniaques sont juste excellentes. Il est vrai que le scénario pêche parfois, notamment en milieu de deuxième tome où la découverte du palais des vampires par le héros est un peu too much. Cependant au final nous avons là une histoire plutôt bien construite dont le graphisme est vraiment le premier atout. Et puis il est réjouissant de voir ce mythe du vampire déplacé dans un univers pour le moins original.
Le Vent des Dieux
Je ne parlerai ici que des cinq premiers tomes qui forment une histoire complète, le dessinateur Adamov laissant la main pour la suite. Lorsque paraît le premier tome nous sommes en 1985 et pour l'époque cette série fait belle figure par son caractère novateur et ce sur plusieurs points. Tout d'abord le contexte, nous sommes au Japon dans ce qui semble être le XIIIème siècle, pays et époque peu exploités dans le domaine de la bande dessinée. Ensuite le traitement de l'histoire : quelques scènes ou l'érotisme, le sexe sont montrés de manière assez crue. Mine de rien au fil de l'histoire quelques idées reçues sur ce monde des samouraïs, par ailleurs fortement idéalisé dans notre société occidentale en prennent pour leur grade. Également en ce qui concerne la place de la femme dans la vie de l'époque, on peut d'ailleurs se demander si les choses ont beaucoup évolué dans ce pays. Toujours est il que cette histoire de vengeance sur fond d'amnésie est parfaitement construite et le lecteur se trouve pris au jeu. Les auteurs font intervenir une petite touche de fantastique en évoquant l'au-delà Nippon mais sans que cela ne nuise au cours du récit. Au final, voilà une série qui pour moi fait partie des incontournables de la BD française, violente mais bien construite et dont le trait s'affine au fil des tomes. Tout bibliophile se doit de posséder ces cinq tomes.
Dali par Baudoin
Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, Dalí, génie autoproclamé de la peinture surréaliste à l’égo surdimensionné et à la folie revendiquée, ne peut laisser indifférent. S’attaquer à un tel monstre pour en faire sa biographie relevait véritablement du défi. Edmond Baudoin, dessinateur adulé par la critique et une frange du public, ne devait pas ignorer qu’il s’aventurait sur un terrain glissant. En effet, comment raconter la vie de ce personnage haut en couleurs et imprévisible, comment dépeindre un artiste qui ne rentrait dans aucune case, et quand bien même il fut considéré comme un surréaliste en son temps, il a lui-même a eu quelques passes d’armes avec André Breton, qui estimait que l’Espagnol trahissait la philosophie du mouvement. D’ailleurs, Dalí pour sa part le clamait haut et fort : il rejetait l’art abstrait et ses modèles étaient les peintres classiques tels que Vermeer, Velasquez, De Vinci et Raphaël. Pour cette commande du centre Pompidou à l’occasion d’une rétrospective, Edmond Baudoin s’en sort plutôt bien en ayant emprunté la voie la plus équilibrée pour un tel projet. Il fallait rester humble sans pour autant s’effacer derrière cet artiste très difficile à cerner, et dont les propos et les actions étaient souvent déconcertants. Oscillant comme à son habitude entre la peinture et la BD, Baudoin a ainsi donné libre cours à son talent, dans une démarche graphique et narrative établissant une connivence avec l’onirisme parfois morbide du maître. D’une part, il s’est inspiré des gimmicks picturaux de Dalí en se les appropriant de son trait charbonneux, avec une utilisation parcellaire de la couleur réussie. D’autre part il évite une narration trop linéaire, évitant toute interprétation hasardeuse, s’en tenant aux éléments de sa biographie et à ses déclarations, instaurant un dialogue permanent avec des personnages anonymes ou fictifs évoquant l’artiste. Par cet ouvrage pas forcément des plus accessibles (et comment pourrait-il l’être étant donné la personnalité complexe et torturée du maître ?) qui ravira forcément les aficionados de Dalí (et de Baudoin), le lecteur moins averti pourra toujours faire connaissance avec cet être hors-normes, et au mieux admirer les dessins de l’auteur français. Reste un bémol selon moi : il aurait été souhaitable dans la chronologie des dernières pages d’accompagner les mentions des œuvres de Dalí de leurs reproductions. En effet, bien que le personnage jouisse encore d’une grande notoriété, ses peintures ne sont pas forcément connues de tous, même si je sais bien qu’aujourd’hui, il est très facile de se renseigner sur internet… En ce qui me concerne, je ne suis pas suffisamment fan de l’artiste pour avoir en tête toutes les œuvres citées. De la même façon, je reconnais les qualités incontestables du dessin de Baudoin, mais je ne peux pas dire qu’il me touche plus que ça. Étonnamment, l’absence de structure narrative n’est pas gênante pour ce qui ressemble presque plus à un beau-livre ou un livre d’art qu’à une bande dessinée, même pour ceux qui apprécient les histoires bien racontées, et j’en fais partie je l’avoue. Il va sans dire que l’ouvrage est digne d’intérêt et constitue un hommage équilibré sur cet artiste qui aura marqué le XXe siècle.
Perico
Le terme est sans doute galvaudé mais c'est le premier qui me vient à l'esprit après le lecture de cette BD : vintage. Tant dans le trait utilisé que dans les couleurs très typées années 50. Couleurs chaudes et finalement plutôt bien adaptées au Cuba d'avant Castro. Pour ce qui est du scénario, la mécanique est parfaitement rodée avec certains archétypes du polar de ce temps là, les seconds couteaux, la belle dangereuse et vénéneuse à souhait. Tous les codes du road-movie sont appliqués à la lettre et il ne faut donc pas chercher une originalité grandiose à cette histoire, mais ça fonctionne bien et procure un sentiment de lecture fort plaisant. Qu'il est bon parfois de se laisser balader. Pour les amateurs de polars c'est à lire, les autres y trouveront de quoi les contenter, le contexte Cubain du début est dépaysant.
A Silent voice
Un très bon manga qui montre les problèmes dont peuvent souffrir les handicapés et aussi les problèmes d'intimidation au Japon. J'ai lu qu'apparemment certaines personnes au Japon n'aiment pas trop ce manga qui présente une "mauvaise" image de la société japonaise. C'est vrai que plusieurs personnages sont montrés comme des hypocrites et les adultes de l'école comme des gros incompétents. L'histoire est bien construite. J'aime bien le fait que les personnages sont plus profonds qu'ils ne semblent à première vue. Le personnage de Shoya qui essaie de se racheter après avoir agi comme un gros con durant son enfance est très intéressant. J'aime bien la manière dont le manga montre les conséquences de l'intimidation et comment tout ne se règle pas facilement juste parce que Shoya est désolé d'avoir embêté Shoko, la fille sourde. Surtout l'intrigue est captivante et je ne savais jamais ce qui allait arriver ensuite. J'ai lu les 4 tomes d'un trait et j'espère que la suite sera du même niveau.
André le géant
André Roussimoff, alias « André le Géant », fut une star mondiale du catch dans les années 70-80. A la fois champion incontesté et « bête de foire », ce géant faisait sensation partout où il se produisait. Mais derrière le masque d’invincibilité transparaissait un être doux et profondément seul, conscient que ses jours étaient comptés en raison d’un problème hormonal. Cet album à la narration hyper fluide, doté d’un graphisme noir et blanc stylé et tout en rondeur, retrace la vie de ce champion de catch hors-normes. Il est probable que seuls les amateurs de catch se souviendront du personnage, mais on n’est pas obligé d’apprécier la discipline pour appréhender cette bande dessinée qui s’adresse à tous publics. Un rien enfantin, le trait colle très bien à l’histoire de ce « gros bébé gentil » projeté trop vite dans un milieu impitoyable et cupide qui ne resplendissait que par les projecteurs et les paillettes des costumes kitsch des catcheurs. Et contre toute attente, le lecteur finit par s’attacher à ce doux géant, voué au rôle de « babyface » durant les matchs, très rarement agressif malgré les provocations et les regards insistants auquel il avait droit plus souvent qu’à son tour. Si sa taille gigantesque a été sa planche de salut pour quitter son bled de Seine-et-Marne et connaître ensuite une carrière internationale, elle fut parallèlement sa malédiction. L’acromégalie dont il souffrait, trouble hormonal dont les principales caractéristiques sont une augmentation anormale des membres et le risque de mort prématurée, finit par devenir son calvaire. « André le Géant - La vie du Géant ferré » constitue une découverte plaisante, que les expressions parfois typées de la traductrice québécoise Sophie Chisogne ne viennent en rien gâter, bien au contraire. D’ailleurs, cela paraît fort légitime dans la mesure où celui que l’on qualifiait aussi de « huitième merveille du monde » passa une partie de sa vie au Québec. Avec cette biographie touchante, Box Brown se révèle incontestablement comme un auteur à suivre.
Un petit livre oublié sur un banc
J'ai beaucoup aimé le début de ce récit car cela part d'une bonne idée à savoir un livre qui ferait le tour des gens et pourquoi pas du monde. L'intrigue se focalise sur une amatrice qui cherche à savoir qui est l'inconnu qui a déposé le livre sur un banc en entourant certains mots qui forment alors des phrases. Bref, on est dans ce qu'on pourrait appeler un thriller littéraire. Les rats de bibliothèques vont aimer, mais pas que. Les romantiques également. J'aime également beaucoup cet auteur qui sait cerner l'âme des gens et de l'entourage. Parfait exemple avec cette collègue de travail peu disponible. Ou encore ce nouveau père de famille qui ne dirait pas non à une nouvelle aventure. Bref, Jim serait le chantre d'une certaine modernité ou du moins de la vie contemporaine. Cela change de ces vieux schnocks qui nous resservent toujours le même plat. Là, on a droit à tout autre chose. C'est traité avec beaucoup de délicatesse avec un scénario certes léger mais sincère. J'avoue ne pas avoir trop apprécié la fin croyant à un one shot. Je suis rassuré de savoir que cela sera un diptyque avec, et on l'espère, une conclusion digne de ce nom. La seconde partie s'enchaîne directement avec une fausse piste qui conduira à la tromperie pour cette jeune femme en quête du parfait amour dans une vie qui confère à l'ennui. Cependant, on aura droit à l'explication de tout ce mystère tout à la fin. Le dessin fait dans la fraîcheur et le scénario dans la tendresse. C'est en tout cas assez prenant. Un petit livre oublié sur un banc n'attend que vous. A qui le tour ?
Hellsing
Attention, manga controversé ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que la série divise les posteurs du site. En ce qui me concerne, je suis plutôt un « supporter » d’Hellsing. Certes, le scénario est mince mais l’univers sombre et complètement décalé m’a très vite fait accrocher à la série (que j’avais découverte en animé) et j’ai lu les dix volumes avec beaucoup de plaisir. L’action, violente et omniprésente, est très bien rendue. Les (très nombreux) combats sont intéressants et particulièrement dynamiques, même si l’auteur en abuse dans les derniers tomes. Hellsing est vraiment une série qui décoiffe ! Côte dessins, les premiers chapitres sont assez moyens mais très vite le graphisme s’améliore très sensiblement par la suite. Le design des personnages (Alucard notamment) est excellent et donne une personnalité visuelle à la série. Valeur sûre du manga d’action, Hellsing est une saga vraiment sympa. 3.5 / 5
Secrets - L'écharde
J'ai testé cette collection Secrets avec ce diptyque, et j'en suis ressorti vraiment enthousiasmé ; je précise que je ne suis pas tellement d'accord avec le classement en genre policier, c'est plutôt du roman graphique.. C'est bien dans le style de Giroud d'échafauder un récit de ce type, aux ramifications et aux racines profondes et douloureuse, où le côté prenant et intense sont sans cesse présents, sans relachement, avec une narration extrêmement bien conçue, claire et pas plombée par des complexités scénaristiques, des longueurs inutiles ou des raccourcis malvenus ; pas de remplissage donc, chaque scène est à sa place. La progression de l'intrigue est remarquable, le fond est bouleversant, et tout s'imbrique de façon parfaite. Le lecteur découvre un premier secret peu valorisant, puis un second secret plus odieux, mais aussi peut essayer de comprendre la souffrance d'une femme, c'est très adroitement agencé, bien écrit, avec des dialogues mesurés, un peu de pathos par endroits mais à dose très légère, sinon ça aurait été insupportable. Le décor des 2 époques est également très bien documenté, Giroud est très fort pour recréer une époque, rappelons-nous la restitution du Paris des années 50 dans la série Mandrill. Tout cet environnement est souligné par un dessin agréable et bien clair, une sorte d'élégance du trait tout en finesse malgré des petits défauts de proportion le plus souvent dans les visages déformés (surtout Marie-Louise et Philippe) ; une élégance qui frôle le semi-réalisme, car les décors ne sont pas toujours ultra détaillés, il y a juste ce qu'il faut, mais l'ensemble s'accorde fort bien au sujet. Giroud boucle donc de façon magistrale un récit parfaitement dosé, avec une certaine pudeur, en mettant en exergue les drames familiaux et les secrets de famille qui peuvent se révéler redoutables, honteux ou intolérables, jusqu'à briser ou désunir des personnes. C'est un sujet ingrat qu'il a su développer intelligemment, et cette histoire va m'inciter à lire quelques autres titres de cette collection.
A la recherche de Peter Pan
Je ne suis pas un grand adepte de la montagne, origine oblige, quoique, mais voilà une histoire qui me donne envie d'aller m'égarer sur des pentes neigeuses, si en plus il y a un hôtel perdu tout en haut de la montagne je prends. Sous prétexte d'aller à la recherche de son frère un écrivain va découvrir l'amour à l'occasion d'une avalanche spectaculaire et retrouver le génie de la création littéraire. C'est beau , c'est calme et l'on arrive à sentir cet air des cimes. En lisant cette histoire il ne faut pas rechercher à tout prix le sensationnel ou du grand spectacle, simplement se laisser porter par les impressions. Que dire sinon qu'il faut lire cette histoire, avec une belle fin, quoique convenue, mais suffisamment efficace pour combler les lecteurs.