Un diptyque franchement original mais qui n'a bien sûr rien de drôle. A la lecture de cette histoire je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ce tout petit ouvrage qui a connu un certain succès il y a quelques années : "Matin Brun". Dans un monde tout à fait ordinaire un pouvoir en place venait à décréter un certain nombre de règles fort inoffensives. Peu à peu, insidieusement, ces règles souvent d'aspect anodin, venaient bientôt empiéter sur la liberté et le libre arbitre des populations. Au bout du compte sans s'en apercevoir une dictature se mettait en place. Ce petit recueil compte 12 pages et on peut le trouver aux Editions Cheyne. Tout comme l'histoire de Tronchet, ce récit met l'accent sur les petite compromissions que nous sommes amenés à faire au jour le jour.
Alors oui Houppeland est tout sauf une gaudriole, son fond est résolument pessimiste mais à mon sens il se doit d'être lu afin d'en retirer la substantifique moelle.
Mais que oui, double oui, franc et massif. Je ne reviendrai pas sur le pitch de départ mais j'avais un peu peur en le lisant que les auteurs n'arrivent pas à tenir la distance. Mais, au fur et à mesure des épisodes, on finit par en apprendre plus sur le mystérieux GraveS et l'agent Shelter. Petit à petit, des connexions se mettent en place avec des éléments passés et c'est un vrai plaisir d'assister à cette construction scénaristique que je trouve personnellement plus qu'efficace.
En ce qui concerne le dessin je ne peux qu'en dire du bien, il est lisible, très élégant avec des cadrages innovants. Quant à la colorisation, elle est très bonne. Une série maline que je conseille à tous les amateurs de polars bien fichus, je dirais même intelligents.
Mis à part le dessin du tome 1 qui est franchement moyen voilà une série de SF et d'aventures qui possède des qualités évidentes. Le scénario est plutôt bien construit, les choses se tiennent et sont suffisamment intéressantes pour tenir le lecteur en haleine. Le personnage principal de Nash n'est pas un héros bodybuildé il possède des failles et même s'il se sort de toutes les situations dont certaines hautement improbables cela passe bien.
Voilà une série qui n'est pas prise de tête dont le but est de divertir ce qu'elle fait sans dommage. Pas forcément d'achat mais une lecture en bibliothèque ne peut pas faire de mal.
Un précédent avis semble regretter le parti pris idéologique de Lupano dans cette histoire. En effet il semble bien que les idées du bonhomme que je ne connais pas soit à gauche de l'échiquier politique Français. Hors donc, le posteur est même aller vomir, ben pas moi. Et puis l'honneur est sauf [Spoiler] pas de mort et pas de coup de feu, Bique, in mémoriam [Fin spoiler]. Voilà une BD qui s'inscrit dans une réalité sociale plutôt bien étudiée où tout le monde en prend un peu pour son grade. Coup de coeur donc, ne serait-ce que pour les deux personnages principaux au premier rang desquels je place en tête l'inénarrable Jacky scotché dans ses sixties et dont les rêves d'Amérique ne sont pas si ringards que cela. En suivant ces deux baltringues dont les réparties font mouche à chaque fois, personnellement, j'ai trouvé cette histoire plutôt bien fichue et si le discours peut avoir un côté bisounours ou politiquement très correct et bien tant mieux. Dans ce monde où il est bien vu de marcher sur la gueule de l'autre pour arriver à ses fins il est réjouissant de voir qu'il y a peut-être une autre voie.
Alors je remercie Mr Lupano pour cette histoire qui certainement ne révolutionnera pas le genre mais qui se trouve être fort divertissante en croquant des personnages atypiques et attachants lancés dans une aventure à la Audiard.
A lire.
J'étais très curieux de voir ce que pouvait donner la rencontre de deux genres peu souvent mélangés: le western et la bd érotique.
C'est plutôt une bonne surprise. Tout d'abord je trouve le dessin plutôt bon, en aquarelles, et la colorisation itou, avec des tons de flammes plus ou moins vives qui collent bien à l'histoire, où beaucoup de choses se consument.
L'histoire en elle même tient la route, et la vengeance implacable des "Anges de Black City", encore plus violente que ce que leur avaient fait endurer leurs tortionnaires fait froid dans le dos.
C'est un album à réserver à un public averti, pour la violence et les scènes de sexe (elles-même souvent violentes, mais très bien rendues).
La fin de l'album ouvre sur une suite (dont la couverture apparaît au dos de l'album), et j'espère vraiment qu'elle sera publiée, ce premier tome m'ayant convaincu de suivre les aventures de ces nouvelles pétroleuses, qui n'ont pas trop froid aux yeux - même si ceux-ci sont "abimés". Ce serait en plus l'occasion de voir à l'oeuvre scénariste et dessinateur dans un autre cadre, plus franchement western, car ce premier tome se déroule quasiment en huis clos, d'abord dans un bordel, puis dans un saloon-hôtel (à part quelques scènes de transition).
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Une lecture du deuxième tome qui m’a un tout petit peu déçu.
L’ambiance d’ensemble reste la même – très violente, cela reste sombre, même les scènes d’extérieur semblent manquer de lumière. Beaucoup de rouge encore, mais plus de noir. On suit donc encore la vengeance des trois femmes muées en anges exterminatrices avec plaisir, mais j’ai trouvé cet opus un peu moins bon que le précédent.
Le dessin d’abord. Il est encore original, surtout pour ces thèmes (western et érotisme), tout en aquarelles, qui laissent sa chance à l’imagination.
Mais je l’ai trouvé plus brouillon que dans le premier tome, certains dessins étant difficiles à lire dans certains passages.
L’histoire quant à elle, m’a aussi paru un ton en dessous du premier opus. Les nombreuses scènes d’extérieur "aèrent" l’intrigue, alors que le premier tome laissait une impression de huis clos qui n’était pas sans renforcer la violence, l’oppression, omniprésente dans cette série.
Mais comme pour le dessin, j’ai trouvé ici l’intrigue moins limpide. Peut-être que le long flash back du milieu de l’album "ralentit" le rythme, je ne sais pas ?
Cela reste tout de même une série très originale, et largement au dessus de ce que la bande dessinée "pour adulte" peut nous proposer, avec ici une orientation marquée vers la violence.
Après la lecture du premier tome, j’envisageais de remonter ma note si la suite tenait ses promesses, mais ce deuxième opus me pousse à la maintenir à 3 étoiles – en attendant de revoir ça avec le troisième et dernier tome ?
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Le troisième et dernier tome clôt cette série dans une sorte de feu d'artifices de violence, celle-ci étant peut-être encore plus poussée que dans les tomes précédents.
Cela donne lieu à quelques flots d'hémoglobines, parfaitement assumés par ces "bêtes", c'est à dire ces femmes cherchant à se venger des humiliations subies. On en sait un peu plus sur la trajectoire de chacune, même si ces trajectoires ont tout d'une folie autodestructrice.
Le dessin n'est pas toujours très lisible (voir ma remarque pour le tome précédent), surtout dans les scènes de massacre. Mais il est quand même très beau !
Pour finir, je vais monter ma note à 4 étoiles. Je surnote peut-être cette série, mais dans un genre "strictement pour adulte", avec de très nombreuses scènes très explicites, il y a là une ambition au niveau du scénario et une qualité du dessin (très belles et très sombres aquarelles) qu'on ne retrouve que très rarement.
Une série originale qui mérite le coup d'œil - averti bien sûr !
Note réelle 3,5/5.
Lorsqu’on est plongeur soudeur pour une plate-forme pétrolière de la Nouvelle-Ecosse au Canada, c’est plutôt un métier dangereux car la mer ne pardonne pas la moindre erreur. On entre en effet dans le quotidien de ce futur père de famille qui semble la délaisser pour poursuivre une obsession.
Il semble difficile de construire une famille équilibrée quand on a soi-même des problèmes psychiques de construction d’identité. Il faut dire que le père de notre Jack Joseph s’est noyé lorsqu’il avait 10 ans et depuis, il vît avec ce souvenir traumatisant. C’est donc une exploration de son intérieur que l’on va vivre à cette lecture.
Quand on perd un être cher, cela laisse malheureusement des traces, des souvenirs, des cicatrices morales qui ne se referment jamais. Il faut affronter ses peurs pour parvenir à s’en sortir d’autant que les faits se sont produits durant la nuit d’Halloween. L’ombre du fantôme de son père plane. Et puis, il y a la culpabilité et l’affreuse vérité.
C’est un album typiquement introspectif mais qui fait du bien. On n’est pas dans l’action et les effets spéciaux mais dans une véritable dimension humaine. C’est le genre de lecture que j’affectionne d’autant que l’auteur a fait des efforts pour bâtir une véritable intrigue qui se tient. Bref, c’est profond et c’est le cas de le dire avec ce soudeur sous-marinier.
une bd de super héro franchouillard, ça n'augure pas le thème que je pourrais apprécier de prime abord et pour tout dire, je me suis laissé tenter uniquement par la couverture très classe.
Comme quoi, on a des fois de bonnes surprises car, à la lecture, ce cycle en 4 tomes est plutôt très bien fichu pour placer un contexte propice au futurs diptyques ou one shot.
Le dessin n'est pas trop ma tasse de thé mais reste quand même agréable et dynamique.
Le parti de faire figurer la ville et l’électronique-informatique comme acteur majeur de l'évolution humaine vers les personnages extraordinairement doués tient bien la route pour ne pas dire très bien senti et les persos sont charismatiques, y compris les méchants, je regrette juste que le main vilain pose trop de perches sur sa nature avant de faire son coming out et quelques incompréhensions comme le silver surfer qui sert pas à grand chose (mais qui sait, dans à l'avenir peut-être). Les protagonistes secondaires sont bien travaillés également, et ça donne une oeuvre réjouissante et donne à réfléchir.
Tout bon, en attendant une suite éventuelle avec plaisir.
Il est des moments de grâce improbables que l’on n’a pas vu venir et qui procurent un émerveillement tout à fait merveilleux.
Contexte : me revoilà proche des 2000 albums il va falloir refaire un nouveau tri, celui-ci s’annonce difficile car plus de 700 albums sont partis depuis 5 ans, ah si les deux rangées du bas dans la bibliothèque là, il doit y avoir encore du gras. Tiens 6 albums Tetfol, encore un vieux truc pour gamins parus dans tintin dans les années 70, on va quand même les relire avant de les faire partir.
Rhaaaaa
Quelle redécouverte, quelle surprise… A noter qu’il y a généralement plusieurs histoires dans un tome. Le scénario du tome 1 assez classique nous présente les origines de Tetfol, rien d’extraordinaire mais histoire bien ficelée avec une bonne synthèse narration-dessin sans pour autant montrer une technique géniale. Et puis une histoire courte à la fin tout à fait merveilleuse qui éveille les sens et la curiosité. On est alors obligé de lire le tome 2 et là commence le rêve.
Magnifique tome 2 rempli de symboles, de poésie, sortant des chemins scénaristiques confortables pour présenter des personnages plus complexes qu’une lecture superficielle pourrait laisser voir, les dessins progressent en particulier dans la scénarisation du poétique, on commence à le palper dans le trait.
Viennent ensuite l’apogée les tomes 3 et 4 sont des bijoux de poésie, de merveilleux présentés au lecteur dans un écrin de lumière tout à fait extraordinaire. Nous ne sommes pas dans un conte avec des sentiments bien-pensants remplis de conventions, ici le lecteur n’est pas confortable, il se voit dans ses faiblesses, les arêtes du récit sont dures à nos confortables et individualistes réflexes. Le dessin a trouvé son âme et les couleurs, les traits font exploser la poésie du texte, l’hymne à la civilisation.
Le tome 6 nous raconte une histoire de bannis, même bannis ils trouvent le moyen de s'entre-tuer, et il n’y a qu’un externe à leur guerre qui va les réunir et leur redonner espoir. Pour leur malheur, leur refus de changer les entraînera dans leur perte. Il y a du Don Juan dans cet opus
Le dernier tome mélange les mythes pour une création tout à fait réussie, une fois encore notre héros n’est pas tout puissant et les messages tout en nuance rendent le récit tout à fait passionnant.
Une fois ces tomes avalés on se dit que nombre de très gros succès du 9eme art postérieurs n’ont finalement rien inventé et qu’une matière incroyable réside dans ces opus. On se dit aussi que le lectorat de Tintin des années 70 n’était peut-être pas le meilleur pour ce genre et que le journal « (À suivre)» aurait probablement donné une meilleure place à cet auteur qui par la suite, à part dans Le Maître des brumes, n’arrivera pas à retrouver une telle poésie dans ses lignes.
Non seulement les opus ne partiront pas, mais il va me falloir trouver le tome 5 manquant. J’aurais en l’espace de plusieurs soirées retrouvé une poésie non formatée loin des blockbusters actuels. Le dessin nettement moins inspiré du cinéma que dans les productions actuelles trouve une sensibilité exacerbée non ressentie depuis fort longtemps, les scénarios moins implacables et moins confortables pour le lecteur que les productions actuelles rendent la lecture beaucoup plus riche et durable. Si l’opus échappe au ultime aujourd’hui, peut-être qu’une prochaine relecture nivellera par le haut une série qui me semble injustement oubliée.
C'est un titre peu connu de l'excellente collection "Aire libre". On est ici plongé dans le Paris des années 1870 avec comme toile de fond l'avancée des Prussiens sur la capitale après leur victoire à Wissembourg (ma jolie ville natale) et le début de la sanglante Commune.
J'ai adoré le récit de ce peintre dans cette ambiance impressionniste. Après le déjeuner sur l'herbe, on a droit à une toile digne de Claude Monet. La femme à l'ombrelle est également présente comme un clin d'oeil. Les amateurs de peinture vont pouvoir se régaler.
Le souci du détail historique est présent jusque dans les rues et les cafés de Paris ainsi que ses fêtes foraines où l'on avait le droit de tirer au choix sur Napoléon 3 ou Thiers. Jamais une Bd n'avait réussi pareille transposition. C'est une réussite ! Le final est réellement époustouflant. On ne peut s'empêcher de revenir sur la couverture qui prend tout son sens. Ami lecteur, cette Bd vaut de l'or. Une richesse exceptionnelle !
Pour la petite histoire, j'ai toujours voulu acquérir cette bd mais elle n'est plus sur le marché depuis longtemps. On peut la retrouver chez des bouquinistes vendue aux alentours de 50€. Je n'arrive pas à voir ce qui pourrait justifier un tel prix et une telle inflation : sans doute l'effet rareté. Oui, cette bd vaut de l'or.
Que voilà une affaire rondement menée ! Je parle ici de mon engouement pour cette lecture qu'une fois entamée je n'ai plus lâchée, mais également du scénario diabolique et hautement addictif concocté par Frank Giroud. Dans la série "Secrets" je crois bien qu'il ne s'est rien fait de mieux. Le changement subtil tant au niveau physique que psychique du personnage principal est une réussite. Par petites touches nous le voyons changer progressivement au gré de son enquête. Les différents éléments ou indices qui aideront à la compréhension finale de l'histoire sont distillés de fort belle manière et c'est un régal de s'y replonger après coup.
Un mot du dessin bien sûr, sans quoi cette histoire ne serait pas ce qu'elle est. Dans un style réaliste et avec une colorisation parfaitement maitrisée, il est en parfaite adéquation avec l'histoire.
S'il ne fallait lire qu'une histoire de cette série, c'est indéniablement celle-ci qu'il faut choisir. Lecture hautement recommandée.
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Houppeland
Un diptyque franchement original mais qui n'a bien sûr rien de drôle. A la lecture de cette histoire je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ce tout petit ouvrage qui a connu un certain succès il y a quelques années : "Matin Brun". Dans un monde tout à fait ordinaire un pouvoir en place venait à décréter un certain nombre de règles fort inoffensives. Peu à peu, insidieusement, ces règles souvent d'aspect anodin, venaient bientôt empiéter sur la liberté et le libre arbitre des populations. Au bout du compte sans s'en apercevoir une dictature se mettait en place. Ce petit recueil compte 12 pages et on peut le trouver aux Editions Cheyne. Tout comme l'histoire de Tronchet, ce récit met l'accent sur les petite compromissions que nous sommes amenés à faire au jour le jour. Alors oui Houppeland est tout sauf une gaudriole, son fond est résolument pessimiste mais à mon sens il se doit d'être lu afin d'en retirer la substantifique moelle.
100 bullets
Mais que oui, double oui, franc et massif. Je ne reviendrai pas sur le pitch de départ mais j'avais un peu peur en le lisant que les auteurs n'arrivent pas à tenir la distance. Mais, au fur et à mesure des épisodes, on finit par en apprendre plus sur le mystérieux GraveS et l'agent Shelter. Petit à petit, des connexions se mettent en place avec des éléments passés et c'est un vrai plaisir d'assister à cette construction scénaristique que je trouve personnellement plus qu'efficace. En ce qui concerne le dessin je ne peux qu'en dire du bien, il est lisible, très élégant avec des cadrages innovants. Quant à la colorisation, elle est très bonne. Une série maline que je conseille à tous les amateurs de polars bien fichus, je dirais même intelligents.
Nash
Mis à part le dessin du tome 1 qui est franchement moyen voilà une série de SF et d'aventures qui possède des qualités évidentes. Le scénario est plutôt bien construit, les choses se tiennent et sont suffisamment intéressantes pour tenir le lecteur en haleine. Le personnage principal de Nash n'est pas un héros bodybuildé il possède des failles et même s'il se sort de toutes les situations dont certaines hautement improbables cela passe bien. Voilà une série qui n'est pas prise de tête dont le but est de divertir ce qu'elle fait sans dommage. Pas forcément d'achat mais une lecture en bibliothèque ne peut pas faire de mal.
Ma révérence
Un précédent avis semble regretter le parti pris idéologique de Lupano dans cette histoire. En effet il semble bien que les idées du bonhomme que je ne connais pas soit à gauche de l'échiquier politique Français. Hors donc, le posteur est même aller vomir, ben pas moi. Et puis l'honneur est sauf [Spoiler] pas de mort et pas de coup de feu, Bique, in mémoriam [Fin spoiler]. Voilà une BD qui s'inscrit dans une réalité sociale plutôt bien étudiée où tout le monde en prend un peu pour son grade. Coup de coeur donc, ne serait-ce que pour les deux personnages principaux au premier rang desquels je place en tête l'inénarrable Jacky scotché dans ses sixties et dont les rêves d'Amérique ne sont pas si ringards que cela. En suivant ces deux baltringues dont les réparties font mouche à chaque fois, personnellement, j'ai trouvé cette histoire plutôt bien fichue et si le discours peut avoir un côté bisounours ou politiquement très correct et bien tant mieux. Dans ce monde où il est bien vu de marcher sur la gueule de l'autre pour arriver à ses fins il est réjouissant de voir qu'il y a peut-être une autre voie. Alors je remercie Mr Lupano pour cette histoire qui certainement ne révolutionnera pas le genre mais qui se trouve être fort divertissante en croquant des personnages atypiques et attachants lancés dans une aventure à la Audiard. A lire.
Les Bêtes de Black City
J'étais très curieux de voir ce que pouvait donner la rencontre de deux genres peu souvent mélangés: le western et la bd érotique. C'est plutôt une bonne surprise. Tout d'abord je trouve le dessin plutôt bon, en aquarelles, et la colorisation itou, avec des tons de flammes plus ou moins vives qui collent bien à l'histoire, où beaucoup de choses se consument. L'histoire en elle même tient la route, et la vengeance implacable des "Anges de Black City", encore plus violente que ce que leur avaient fait endurer leurs tortionnaires fait froid dans le dos. C'est un album à réserver à un public averti, pour la violence et les scènes de sexe (elles-même souvent violentes, mais très bien rendues). La fin de l'album ouvre sur une suite (dont la couverture apparaît au dos de l'album), et j'espère vraiment qu'elle sera publiée, ce premier tome m'ayant convaincu de suivre les aventures de ces nouvelles pétroleuses, qui n'ont pas trop froid aux yeux - même si ceux-ci sont "abimés". Ce serait en plus l'occasion de voir à l'oeuvre scénariste et dessinateur dans un autre cadre, plus franchement western, car ce premier tome se déroule quasiment en huis clos, d'abord dans un bordel, puis dans un saloon-hôtel (à part quelques scènes de transition). ************************************************************************** Une lecture du deuxième tome qui m’a un tout petit peu déçu. L’ambiance d’ensemble reste la même – très violente, cela reste sombre, même les scènes d’extérieur semblent manquer de lumière. Beaucoup de rouge encore, mais plus de noir. On suit donc encore la vengeance des trois femmes muées en anges exterminatrices avec plaisir, mais j’ai trouvé cet opus un peu moins bon que le précédent. Le dessin d’abord. Il est encore original, surtout pour ces thèmes (western et érotisme), tout en aquarelles, qui laissent sa chance à l’imagination. Mais je l’ai trouvé plus brouillon que dans le premier tome, certains dessins étant difficiles à lire dans certains passages. L’histoire quant à elle, m’a aussi paru un ton en dessous du premier opus. Les nombreuses scènes d’extérieur "aèrent" l’intrigue, alors que le premier tome laissait une impression de huis clos qui n’était pas sans renforcer la violence, l’oppression, omniprésente dans cette série. Mais comme pour le dessin, j’ai trouvé ici l’intrigue moins limpide. Peut-être que le long flash back du milieu de l’album "ralentit" le rythme, je ne sais pas ? Cela reste tout de même une série très originale, et largement au dessus de ce que la bande dessinée "pour adulte" peut nous proposer, avec ici une orientation marquée vers la violence. Après la lecture du premier tome, j’envisageais de remonter ma note si la suite tenait ses promesses, mais ce deuxième opus me pousse à la maintenir à 3 étoiles – en attendant de revoir ça avec le troisième et dernier tome ? ******************************************* Le troisième et dernier tome clôt cette série dans une sorte de feu d'artifices de violence, celle-ci étant peut-être encore plus poussée que dans les tomes précédents. Cela donne lieu à quelques flots d'hémoglobines, parfaitement assumés par ces "bêtes", c'est à dire ces femmes cherchant à se venger des humiliations subies. On en sait un peu plus sur la trajectoire de chacune, même si ces trajectoires ont tout d'une folie autodestructrice. Le dessin n'est pas toujours très lisible (voir ma remarque pour le tome précédent), surtout dans les scènes de massacre. Mais il est quand même très beau ! Pour finir, je vais monter ma note à 4 étoiles. Je surnote peut-être cette série, mais dans un genre "strictement pour adulte", avec de très nombreuses scènes très explicites, il y a là une ambition au niveau du scénario et une qualité du dessin (très belles et très sombres aquarelles) qu'on ne retrouve que très rarement. Une série originale qui mérite le coup d'œil - averti bien sûr ! Note réelle 3,5/5.
Jack Joseph - Soudeur sous-marin
Lorsqu’on est plongeur soudeur pour une plate-forme pétrolière de la Nouvelle-Ecosse au Canada, c’est plutôt un métier dangereux car la mer ne pardonne pas la moindre erreur. On entre en effet dans le quotidien de ce futur père de famille qui semble la délaisser pour poursuivre une obsession. Il semble difficile de construire une famille équilibrée quand on a soi-même des problèmes psychiques de construction d’identité. Il faut dire que le père de notre Jack Joseph s’est noyé lorsqu’il avait 10 ans et depuis, il vît avec ce souvenir traumatisant. C’est donc une exploration de son intérieur que l’on va vivre à cette lecture. Quand on perd un être cher, cela laisse malheureusement des traces, des souvenirs, des cicatrices morales qui ne se referment jamais. Il faut affronter ses peurs pour parvenir à s’en sortir d’autant que les faits se sont produits durant la nuit d’Halloween. L’ombre du fantôme de son père plane. Et puis, il y a la culpabilité et l’affreuse vérité. C’est un album typiquement introspectif mais qui fait du bien. On n’est pas dans l’action et les effets spéciaux mais dans une véritable dimension humaine. C’est le genre de lecture que j’affectionne d’autant que l’auteur a fait des efforts pour bâtir une véritable intrigue qui se tient. Bref, c’est profond et c’est le cas de le dire avec ce soudeur sous-marinier.
Masqué
une bd de super héro franchouillard, ça n'augure pas le thème que je pourrais apprécier de prime abord et pour tout dire, je me suis laissé tenter uniquement par la couverture très classe. Comme quoi, on a des fois de bonnes surprises car, à la lecture, ce cycle en 4 tomes est plutôt très bien fichu pour placer un contexte propice au futurs diptyques ou one shot. Le dessin n'est pas trop ma tasse de thé mais reste quand même agréable et dynamique. Le parti de faire figurer la ville et l’électronique-informatique comme acteur majeur de l'évolution humaine vers les personnages extraordinairement doués tient bien la route pour ne pas dire très bien senti et les persos sont charismatiques, y compris les méchants, je regrette juste que le main vilain pose trop de perches sur sa nature avant de faire son coming out et quelques incompréhensions comme le silver surfer qui sert pas à grand chose (mais qui sait, dans à l'avenir peut-être). Les protagonistes secondaires sont bien travaillés également, et ça donne une oeuvre réjouissante et donne à réfléchir. Tout bon, en attendant une suite éventuelle avec plaisir.
Tetfol
Il est des moments de grâce improbables que l’on n’a pas vu venir et qui procurent un émerveillement tout à fait merveilleux. Contexte : me revoilà proche des 2000 albums il va falloir refaire un nouveau tri, celui-ci s’annonce difficile car plus de 700 albums sont partis depuis 5 ans, ah si les deux rangées du bas dans la bibliothèque là, il doit y avoir encore du gras. Tiens 6 albums Tetfol, encore un vieux truc pour gamins parus dans tintin dans les années 70, on va quand même les relire avant de les faire partir. Rhaaaaa Quelle redécouverte, quelle surprise… A noter qu’il y a généralement plusieurs histoires dans un tome. Le scénario du tome 1
assez classique nous présente les origines de Tetfol, rien d’extraordinaire mais histoire bien ficelée avec une bonne synthèse narration-dessin sans pour autant montrer une technique géniale. Et puis une histoire courte à la fin tout à fait merveilleuse qui éveille les sens et la curiosité. On est alors obligé de lire le tome 2 et là commence le rêve.
Magnifique tome 2
rempli de symboles, de poésie, sortant des chemins scénaristiques confortables pour présenter des personnages plus complexes qu’une lecture superficielle pourrait laisser voir, les dessins progressent en particulier dans la scénarisation du poétique, on commence à le palper dans le trait.
Viennent ensuite l’apogée les tomes 3 et 4
sont des bijoux de poésie, de merveilleux présentés au lecteur dans un écrin de lumière tout à fait extraordinaire. Nous ne sommes pas dans un conte avec des sentiments bien-pensants remplis de conventions, ici le lecteur n’est pas confortable, il se voit dans ses faiblesses, les arêtes du récit sont dures à nos confortables et individualistes réflexes. Le dessin a trouvé son âme et les couleurs, les traits font exploser la poésie du texte, l’hymne à la civilisation.
Le tome 6
nous raconte une histoire de bannis, même bannis ils trouvent le moyen de s'entre-tuer, et il n’y a qu’un externe à leur guerre qui va les réunir et leur redonner espoir. Pour leur malheur, leur refus de changer les entraînera dans leur perte. Il y a du Don Juan dans cet opus
Le dernier tome
mélange les mythes pour une création tout à fait réussie, une fois encore notre héros n’est pas tout puissant et les messages tout en nuance rendent le récit tout à fait passionnant.
Une fois ces tomes avalés on se dit que nombre de très gros succès du 9eme art postérieurs n’ont finalement rien inventé et qu’une matière incroyable réside dans ces opus. On se dit aussi que le lectorat de Tintin des années 70 n’était peut-être pas le meilleur pour ce genre et que le journal « (À suivre)» aurait probablement donné une meilleure place à cet auteur qui par la suite, à part dans Le Maître des brumes, n’arrivera pas à retrouver une telle poésie dans ses lignes.
Non seulement les opus ne partiront pas, mais il va me falloir trouver le tome 5 manquant. J’aurais en l’espace de plusieurs soirées retrouvé une poésie non formatée loin des blockbusters actuels. Le dessin nettement moins inspiré du cinéma que dans les productions actuelles trouve une sensibilité exacerbée non ressentie depuis fort longtemps, les scénarios moins implacables et moins confortables pour le lecteur que les productions actuelles rendent la lecture beaucoup plus riche et durable. Si l’opus échappe au
ultime aujourd’hui, peut-être qu’une prochaine relecture nivellera par le haut une série qui me semble injustement oubliée.
L'Exécution
C'est un titre peu connu de l'excellente collection "Aire libre". On est ici plongé dans le Paris des années 1870 avec comme toile de fond l'avancée des Prussiens sur la capitale après leur victoire à Wissembourg (ma jolie ville natale) et le début de la sanglante Commune. J'ai adoré le récit de ce peintre dans cette ambiance impressionniste. Après le déjeuner sur l'herbe, on a droit à une toile digne de Claude Monet. La femme à l'ombrelle est également présente comme un clin d'oeil. Les amateurs de peinture vont pouvoir se régaler. Le souci du détail historique est présent jusque dans les rues et les cafés de Paris ainsi que ses fêtes foraines où l'on avait le droit de tirer au choix sur Napoléon 3 ou Thiers. Jamais une Bd n'avait réussi pareille transposition. C'est une réussite ! Le final est réellement époustouflant. On ne peut s'empêcher de revenir sur la couverture qui prend tout son sens. Ami lecteur, cette Bd vaut de l'or. Une richesse exceptionnelle ! Pour la petite histoire, j'ai toujours voulu acquérir cette bd mais elle n'est plus sur le marché depuis longtemps. On peut la retrouver chez des bouquinistes vendue aux alentours de 50€. Je n'arrive pas à voir ce qui pourrait justifier un tel prix et une telle inflation : sans doute l'effet rareté. Oui, cette bd vaut de l'or.
Secrets - L'Angélus
Que voilà une affaire rondement menée ! Je parle ici de mon engouement pour cette lecture qu'une fois entamée je n'ai plus lâchée, mais également du scénario diabolique et hautement addictif concocté par Frank Giroud. Dans la série "Secrets" je crois bien qu'il ne s'est rien fait de mieux. Le changement subtil tant au niveau physique que psychique du personnage principal est une réussite. Par petites touches nous le voyons changer progressivement au gré de son enquête. Les différents éléments ou indices qui aideront à la compréhension finale de l'histoire sont distillés de fort belle manière et c'est un régal de s'y replonger après coup. Un mot du dessin bien sûr, sans quoi cette histoire ne serait pas ce qu'elle est. Dans un style réaliste et avec une colorisation parfaitement maitrisée, il est en parfaite adéquation avec l'histoire. S'il ne fallait lire qu'une histoire de cette série, c'est indéniablement celle-ci qu'il faut choisir. Lecture hautement recommandée.