Les derniers avis (31979 avis)

Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série RN 83
RN 83

Voilà donc une série concept qui prend pour cadre la nationale 83 qui relie Strasbourg à Lyon, elle explore les abords de cette route, et plus particulièrement des lieux emblématiques, chargés d'histoires ou de rumeurs. Nous suivons Sandra à bord d'une voiture volée et poursuivie par deux inspecteurs de police, la voiture de ceux-ci percute la jeune femme et l'envoie au fossé. Plus tard Sandra se réveille indemne dans une chambre d'hôtel où la propriétaire des lieux se livre à un véritable interrogatoire pour savoir d’où elle vient et qui elle est. Sandra raconte son histoire sans se douter que les deux policiers n'en ont pas fini avec elle. Par ailleurs cet hôtel où elle a trouvé refuge ne semble pas être ce qu'il semble de prime abord. Ah!, la belle et bonne chose que voilà, puissante, originale d'une construction impeccable et qui lorgne discrètement vers A. Hitchcock, tant le scénariste Fabrice Linck sait nous distiller avec parcimonie des éléments qui tendent vers un final que personnellement je n'avais pas vu venir. A ses côtés au dessin l'italien Federico Volpini qui nous propose un dessin au trait réaliste, sans esbroufe mais rudement efficace qui arrive sans peine à créer une ambiance assez glauque malgré des couleurs plutôt chaudes. Découvert dernièrement à Angoulême ce duo d'auteurs réellement sympathiques, (merci pour la discussion et la dédicace les gars!) sera sans conteste à suivre. Coup de cœur pour moi et j'invite tous les amateurs de polars légèrement saupoudré de fantastique à faire l'achat séance tenante.

06/02/2016 (modifier)
Couverture de la série Miss Pas Touche
Miss Pas Touche

La collection Poisson Pilote permet à Dargaud d’accueillir les nouvelles vagues d’auteurs, et cette série est parmi les mieux réussies. Le dessin du duo Kerascoët est proche de celui de Blain ou de Sfar (plutôt de Sfar d’ailleurs), simple et discret, mais intéressant. Avec une utilisation de couleurs souvent pétantes. J’ai vraiment bien aimé les deux premier tomes, qui présentent le cadre, les personnages, et cette « miss pas touche » assez improbable. Un personnage qui prend rapidement de la consistance, comme l’intrigue d’ailleurs, qui n’utilise la chronique de mœurs (un bordel de luxe fréquenté par le gotha) que comme un décor pour ce qui devient rapidement une enquête policière. Ces deux albums sont vraiment bien fichus. J’ai été un peu déçu par le troisième, où parfois la mièvrerie guette, et qui pour les trois quart peine à redonner du rythme à l’histoire. La fin est meilleure, comme le quatrième tome, mais c’est clair que ce second cycle est inférieur au premier. Avec une héroïne qui relève l’exploit de rester vierge dans un bordel ! – même si elle est rapidement déniaisée (pas au sens sexuel il est vrai) et gagne en maturité (alors même que sa personnalité m’a semblé moins affermie dans le deuxième cycle ?), c’est quand même une série sympathique, qui offre un bon moment de lecture. On peut envisager de n’acheter que les deux premiers albums (ce sont eux qui justifient ces quatre étoiles), les suivants étant moins captivants. Note réelle 3,5/5.

06/02/2016 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor
Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor

Ah Kriss de Valnor... L'une des méchantes les plus marquantes de la BD franco-belge. A la fois cruelle et belle, fascinante autant qu'énigmatique. Dans le sillage d'un Thorgal qui montre ses limites, Yves Sente donne donc un nouveau sursaut à la série en créant ce spin off centré sur les personnages secondaires de la trame principale. Kriss valait bien l'honneur d'ouvrir le bal. Et quel bal ! Nous allons enfin connaître la jeunesse de la belle guerrière... Ce diptyque est ma foi plutôt réussi. L'histoire me semble assez bien menée, et j'imaginais bien la fillette dans une position telle, subissant les brimades puis remontant la pente grâce à Sigwald... Et c'est toujours sympa de croiser Pied d'arbre, c'est l'un des personnages secondaires dont je regrette le plus la disparition... Mais je m'égare. Le récit est plutôt bien mené donc, même si j'ai eu l'impression que la seconde partie était un peu précipitée pour amener à la rencontre avec Thorgal, et proposer une fin... qui n'en est pas vraiment une, mais il fallait s'y attendre. Yves Sente s'est adjoint les services graphiques de Giulio de Vita, dont j'avais admiré le joli boulot sur James Healer, et celui-ci s'avère d'emblée le dessinateur idéal. Il rend discrètement hommage au trait de Rosinski tout en gardant le caractère si fin de son trait, plus fin que celui de son collègue. Je ne sais pas si c'est lui qui réalise les couleurs sur cet album, mais je les trouve en accord total avec les Thorgal de la grande époque. Petit bémol sur la seconde partie, où certains portrait de Kriss sont moins réussis. On a l'impression qu'elle a 15 ans sur pas mal de cases. cette impression est renforcée par l'arrivée de roman Surzhenko au tome 6. Kriss n'a plus la quarantaine d'années qu'elle est censée avoir, mais bien moins. Mais curieusement c'est le seul personnage dans ce cas, les autres sont bien exécutés. Peut-être n'a-t-il pas eu le temps de se l'approprier ? Idem pour Jolan, qui n'apparaît que sur quelques cases. Je ne sais pas si cette perte de qualité graphique est liée au débarquement d'Yves Sente, mais dans le tome 5 j'ai senti un fléchissement narratif assez net. De Vita semble avoir du mal à se défaire du bourbier des alliances que doit nouer Kriss, et du coup le récit me semble assez brouillon. Le tandem Dorison-mariolle reprend le récit au tome 6, dans un récit qui constitue une parenthèse sans conséquences, peut-être le temps pour les nouveaux scénaristes de s'installer. Ce tome 6 est peut-être le plus faible de la série, mais ne jugeons pas dessus.

30/12/2010 (MAJ le 06/02/2016) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série La Fille maudite du capitaine pirate
La Fille maudite du capitaine pirate

Quelle énergie mes amis, quelle énergie ! Jeremy Bastian est une incroyable découverte. Sa série propose une histoire échevelée, d'une inventivité à faire pâlir les plus grands fabulistes de l'Histoire, une histoire qui part un peu dans tous les sens, mais où justement la fille maudite du capitaine pirate ne perd pas son objectif de vue, à savoir retrouver son père. Bastian transfère le motif de la quête à l'ancienne dans le monde de la piraterie, et c'est tout bonnement très prenant. Et pour illustrer cette histoire qui mêle bouffonnerie, exubérance et mascarade, il nous donne à admirer son trait éminemment élégant, mais aussi d'un pointillisme qui confine à la maniaquerie médicalement inquiétante. Les détails sont juste incroyables. Une vraie bouffée d'air frais !

05/02/2016 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Ici
Ici

L'intérêt du Festival d’Angoulême est de donner un éclairage sur des œuvres que je n'aurais sans nul doute jamais lues. Par le passé, j'avais découvert "5000 kilomètres par seconde" de Manuele Fior ou encore Pinocchio de Winshluss, que j'avais adoré. Malgré mes nombreuses lectures, je n'avais pas encore entendu parler de Ici de Richard McGuire,qui a obtenu le fauve d'Or cette année. Je me suis donc précipité chez mon libraire pour découvrir ce véritable OVNI. Est-ce une bande dessinée ou un exercice de style qui s'étend sur près de 300 pages ? Au lecteur de juger. Dans cet ouvrage, pas de personnage principal mais un lieu (un séjour), pas d'intrigue mais le temps, le temps qui passe, de la création de la terre à l'an 2300, ce qui n'est pas pour rappeler un livre comme "Alpha...directions". En découvrant au fil des pages l'évolution de cette pièce à travers les âges, je ne me suis pas ennuyé une seconde. C'est habilement amené, et en n'optant pas justement pour un ordre chronologique, Richard McGuire joue avec le lecteur. Les dessins sont certes tirés cordeau et rappellent un peu ceux de Chris Ware. Un album très original, qui peut se relire à l'infini tant les détails changent presque à chaque page (un tableau, le papier peint, le mobilier etc.) J'avoue que cet ouvrage ne trouvera pas un large public, mais je vous invite à le découvrir tant il tranche avec la production actuelle.

05/02/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La Guerre des Lulus
La Guerre des Lulus

Enfin j'ai lu cette série et je ne suis pas déçu. Elle mérite vraiment autant d'avis positifs. Déjà je trouve le dessin très sympathique. Il se dégage une atmosphère qui me donne envie de lire l'histoire. Le scénario raconte comment des jeunes enfants se retrouvent dans les lignes allemandes durant la Première Guerre mondiale. On voit donc le déroulement de la guerre de leur point de vue d'enfants. Le ton est très juste et le comportement des enfants est très réaliste. Ils sont à la fois un peu insouciants et ils ont peur de l'ennemi, peur qui vient en partie de la propagande des adultes (les Allemands mangent les enfants !). Le seul truc qui me dérange, c'est que parfois j'avais l'impression que la personnalité des 4 garçons est un peu interchangeable même si les auteurs leur donnent des caractéristiques spécifiques (l'un est plus intello par exemple). Une série prenante et j'espère que la suite va être de la même qualité.

05/02/2016 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série L'Aigle sans orteils
L'Aigle sans orteils

Plutôt du genre réfractaire au cyclisme sportif, j'ai mis un certain (pour ne pas dire long) moment à me décider avant de me lancer dans la lecture de cet album. Ce sont les critiques souvent dithyrambiques à son égard qui m'ont poussées à franchir le pas. Et bien m'en a pris ! Car ne serait-ce que pour le dessin de Lax et les ambiances qu'il sait nous retranscrire, on est très vite embarqué dans son récit sur la vie d'Amédée Fario. Son trait dynamique et sa mise en couleur à l'aquarelle subliment les paysages de montagne d'où est originaire notre protagoniste. Mais ce qui m'a également séduit, c'est que loin de se contenter du parcours de notre cycliste pour réussir à participer au Tour de France, il inscrit son histoire dans l'Histoire, avec des rencontres de personnages secondaires passionnants avec lesquels Amédée va tisser des liens d'amitié, voire d'amour. Tout cela se fait dans un naturel étonnant qui rend le tout d'une rare fluidité et une narration impeccable. Un album plus que recommandable pour tout amateur de cyclisme, mais pas seulement ! Alors ne faite pas comme moi et ne ratez pas l'occasion de le lire s'il vous passe sous la main !

05/02/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Un certain Cervantès
Un certain Cervantès

Ce qui aurait pu être un énième road-movie américain parvient à se détacher du lot grâce à un personnage central vraiment attachant, et au parallèle dressé entre celui-ci et Miguel de Cervantès, auteur de Don Quichotte. Ce parallèle est non seulement bien vu et habillement mis en scène, mais apporte surtout une réflexion passionnante sur notre monde, et sur ce qui a changé (ou pas !) au cours des siècles. Lax est un conteur de génie, et ce qui aurait pu être une histoire lourde et encombrée de références obscures est parfaitement maitrisé d’un point de vue narratif, et la lecture est aisée et agréable. J’ai personnellement englouti l’album d’une traite, malgré le nombre de pages conséquent (200). Le dessin est réussi et transporte le lecteur dans l’Amérique profonde… dépaysement garanti. Un album excellent en tous points, et qui mérite largement sa place parmi les « prix lecteurs BDTheque 2015 ».

05/02/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Aristide broie du noir
Aristide broie du noir

Un album à l’ambiance très « Tim Burton », comme cela a déjà été noté dans les autres avis, et finalement assez adulte, malgré les dessins mignons et enfantins (voir aussi Coeur de pierre des mêmes auteurs). L’histoire est belle et remplie de poésie, et la fin est très jolie. Le dessin est de toute beauté, et représente les rêves et cauchemars d’Aristide avec beaucoup de créativité. Un véritable plaisir pour les yeux. Un album recommandable, qui m’a émerveillé, mais un peu moins touché que Coeur de pierre.

05/02/2016 (modifier)
Couverture de la série L'Homme de l'Année - 1886
L'Homme de l'Année - 1886

Récemment, j'ai vu un excellent documentaire sur Histoire qui relatait toute les étapes de la construction de la statue de la Liberté offerte aux Américains en 1886 ; cette statue archi célèbre fut initiée dès 1865 par un jeune sculpteur alsacien, qui sera aidé et encouragé par le député Laboulaye (qui apparait dans cet album) puis par Ferdinand de Lesseps, à l'origine du projet du canal de Suez. Au départ, Bartholdi avait imaginé une gigantesque statue pour l'Egypte, tournée vers la mer Rouge, mais le khédive la refusa poliment, ce projet avorté est montré dans la Bd, comme d'ailleurs la plupart des étapes de sa construction qui sera tournée cette fois vers la jeune démocratie américaine, mais les auteurs se sont délibérément intéressé à l'étape finale : la recherche d'un visage ayant assez de noblesse pour incarner toutes les vertus véhiculées par cette grande oeuvre. C'est donc l'histoire d'un grand monument où sont évoqués différents projets de Bartholdi comme le fameux Lion de Belfort ou encore la participation de Gustave Eiffel qui a conçu la structure métallique intérieure de la grande dame. La recherche d'un modèle pour ce visage est acharnée, Bartholdi exécute des centaines de croquis et de dessins, mais rien ne va ; il sera finalement trouvé en la personne d'une inconnue ayant réellement existé (j'ai appris ce fait par le doc vu sur Histoire, et il est retranscrit ici d'une façon un peu romancée). A travers cette recherche, la Bd pose un regard intéressant sur la vie politique, artistique, économique et sociale parisienne, on y croise plusieurs célébrités comme Victor Hugo, Gambetta et de nombreux peintres ; de même que l'impressionnisme ce nouveau courant pictural est raillé par les élites et les critiques. Voici donc un récit très bien relaté, très instructif, plaisant dans sa narration, servi par un très bon dessin clair et fluide que j'ai particulièrement apprécié, même s'il n'est pas renversant ; je ne sais pas quelle est la part de chacun des 2 dessinateurs, mais l'ensemble est bien réalisé, les visages connus sont fidèles, et l'inauguration de la statue à New York en dernière page, permet de dessiner à la perfection Lady Liberty sur son immense piédestal. Du beau travail qui plaira à un large public.

05/02/2016 (modifier)