Les derniers avis (31979 avis)

Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série Sept frères
Sept frères

Cela faisait longtemps que je n'avais plus rien lu de Didier Convard dont l'attachement aux Francs-Maçons n'est plus à démontrer et dont j'attends encore et toujours la fin hypothétique de sa saga Neige. Mais bon passons. "Sept" est une série concept qui aura fait couler pas mal d'encre, en bien comme en mal. Jonchée de petits chefs d’œuvre comme "Sept Yakusas" et également d'autres bien moins inspirées comme Sept guerrières. Néanmoins, impossible de s'y ennuyer tant le concept me parait intéressant avec ses qualités comme ses défauts. Justement, à propos de défauts, Convard ne déroge pas à la règle en présentant ses sept personnages tour à tour dans deux époques distinctes. Époques distinctes ? Tiens tiens.... En effet le sujet mérite un peu plus d'attention avant de poursuivre.... En effet sept anciens résistants impliqués dans la franc-maçonnerie et tous arrêtés en 1943 après avoir été balancés par l'un d'entre eux sont mystérieusement convoqués par un Corbeau à une nouvelle séance... C'est le moment pour tous de se remémorer des souvenirs douloureux pour la plupart et de faire ressortir des plaies qui ne seront jamais cicatrisées...mais également de régler leur compte une fois pour toutes avec ce passé malmené. Outre l'intrigue et les nombreux flashbacks entre 1943 et 1951, le récit est passionnant à lire, le portrait dressé de ces 7 fantômes et de la France sous occupation est magnifiée par le trait précis et inspiré du trop rare Hervé Boivin dont le style change radicalement de Pretty Little Nightmares. Alors certes l'image "angélique" allouée à la Franc-Maçonnerie ne me plait guère n'étant pas du tout fan de ce genre de communautés et l'intrigue à la "Dix Petits Nègres" est d'autant plus palpitante que sa conclusion sera plutôt décevante par manque d'intérêt pour la résolution de l'énigme.... Mais revenir sans cesse en arrière pour "combler" les flashbacks, tenter d'y lire des indices et relever les "énormités" du traitre forcément menteur est sacrément ludique et prenant. Le sombre visage de notre Histoire est également raconté de façon réaliste, touchant et pas forcément manichéen. L'exercice peut paraître vain et l'avis de eric2vzoul tout à fait respectable mais voilà, j'ai néanmoins passé un très bon moment de lecture avec l'envie probable de relire tout ceci... Un très bon cru de la série Sept.

08/02/2016 (modifier)
Par Puma
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un peu de bois et d'acier
Un peu de bois et d'acier

Le graphisme de Chabouté se reconnaît immédiatement avec, comme Comès ou Marc-Antoine Mathieu, que du Noir, ou que du blanc ; ce n'est donc pas du Noir & Blanc, mais du Noir ou Blanc. Jamais de gris ! L'impact visuel de ce tout blanc ou tout noir est comme à son habitude chez cet auteur, très réussi, et percute efficacement. Une des histoires le plus optimistes de l'auteur, avec la vue pendant toute le livre épais, de ce qui se passa autour d'un même banc depuis sa création jusqu'à sa fin de carrière. C'est osé d'en faire un sujet de BD, et la mayonnaise prend. Avec les choses les plus simples de la terre, le quotidien de tout un chacun. Ici, pas besoin de vampires, de sorcelleries, d'extra-terrestres, de super-Héros, de presque super héros, de délires spatio-temporels, de trolls, et que sais-je encore, de tout l'arsenal du mauvais scénariste qui ne sait plus rien pondre comme scénario, sans ces artifices à deux balles. Ici, c'est du talent brut ! Le talent du vrai alchimiste qui vous fait de l'or avec trois fois rien ! Le seul reproche qui empêche un bon 5 * ; on a peine, en tant que lecteur, à s'attacher au personnage principal de l'histoire ... un banc public ! Bravo encore une nouvelle fois, Mr Chabouté ! Vous êtes un courant d'air frais dans l'univers de la BD !

08/02/2016 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Grand Méchant Renard
Le Grand Méchant Renard

C'est frais, rythmé, drôle et loin de ce qu'on a l'habitude de trouver dans les bacs de nos librairies en rayons jeunesse, alors pourquoi bouder notre plaisir : petits et grands cet album vous tend les bras ! On sent que Benjamin Renner a le sens du rythme, (sans doute son expérience dans l'animation) car ce ne sont certainement pas les quelques 200 pages de l'album qui auront freiné ma lecture ! On dévore cette BD tant on est pris par la narration débridée de l'auteur ! Il faut dire que la brochette de personnages que nous cuisine Benjamin Renner est des plus efficace et cocasse ! Entre un renard qui se voudrait grand, fort et méchant, des poules hystériques ou encore un chien qui déborde d'énergie pour réussir à ne pas en branler une, on a de quoi se dérider sérieusement les zygomatiques ! Tout cela est renforcé par le trait souple et très expressif qu'il leur donne ; j'ai vraiment été impressionné par la finesse de ces expressions qui donnent véritablement vie à ces personnages. Bref, une petite pépite à lire et à partager si vous avez envie de passer un délicieux moment de détente et de rigolade en toute simplicité !

08/02/2016 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Grand Méchant Renard
Le Grand Méchant Renard

Revisiter les contes de notre enfance pour mieux les détourner reste un exercice souvent périlleux et casse-gueule. Casse-gueule parce que le résultat peut être catastrophique s'il en devient trop référentiel et parodique par contre Benjamin Renner s'en sort admirablement avec ce petit bijou d'humour et de tendresse en utilisant les codes classiques (les grands méchants loup et renard face aux gentils poussins) dans un rythme effréné digne des meilleurs cartoons de la Warner. Par un dessin simple et affranchi de bordures, les couleurs pastel renvoient inconsciemment au procédé d'illustration. Elles apportent surtout un confort nécessaire pour une lecture rapide et survoltée sur les mésaventures d'un Renard qui se voudrait méchant en élevant des poussins volés dans le but de les dévorer avec son mentor le Loup. Mais rien ne va se passer comme prévu... Riche en péripéties et en galeries de personnages tous aussi loufoques les uns que les autres avec une poule « stallonisée », un chien aussi actif qu'un préposé communal le vendredi à 15h ou un cochon et un lapin réduits au rôle de Laurel & Hardy, pas le temps de s'ennuyer dans ce récit génial que je recommande aussi bien aux petits qu'aux grands ! P.S : à noter que mon édition contient également un récit supplémentaire plus court sur Noël avec des animaux tout aussi loufoques, certes pas aussi drôle mais tout aussi agréable et fun à lire !

08/02/2016 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série L'Esprit du 11 janvier
L'Esprit du 11 janvier

Alors que viennent tout juste de passer les commémorations des tragiques événements du 7 janvier 2015, les éditions Delcourt publient « L’Esprit du 11 janvier – Une enquête mythologique » sous la plume de Serge Lehman et le coup de crayon de Stéphane Gess. Voilà un duo que je n’attendais pas particulièrement dans ce registre, plutôt habitué à les voir graviter du côté de la SF que de l’actualité. Même s’il est vrai que pour une fois j’aurais préféré me farcir une mauvaise fiction, la réalité étant toute autre, et ces personnes que j’admirais tant pour certaines, auront bien cher payé leur indéniable goût pour la provocation et la liberté d’expression. Nos deux auteurs se connaissent donc bien, puisque ce sont eux (avec Fabrice Colin) qui ont réalisé la réjouissante série « La Brigade Chimérique » éditée chez l’Atalante il y a déjà quelques années, suivi de quelques spin off comme « L’homme truqué » et leur dernière série toujours en cours, « L’œil de la nuit », où ils poursuivent leur exploration et développement sur les super héros européens. Vous me direz que ces « allégories fantastiques » bardées de super héros « à la française » n’ont pas grand-chose à voir avec ce nouvel album et les attentats de Charlie… Et pourtant, en y regardant de plus près, deux aspects développés dans ces productions très différentes viennent à se téléscoper : le Mythe et l’Esprit. Lehman et Gess, à travers les feuilletonistes qu’ils utilisent dans leurs séries, refont de ces super héros des icônes en renouant avec un imaginaire collectif. Et c’est là que le lien se fait. Si on se réfère au sous titre de cet album, notre scénariste se lance dans une « Enquête mythologique ». Et c’est vrai que tous les ingrédients sont là ; il ne reste plus qu’à filtrer le gruau des événements et leur traitement médiatique pour que ce fil d’Ariane voit le jour. Si des icônes sont tombées, un certain « Esprit » serait né de cette tragédie… Mais Serge Lehman tue d’emblée le « suspense » quant à ce fameux « Esprit du 11 janvier ». Dès la première page, qui situe le début de son enquête durant l’été 2015, il écrit : « Six mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, il ne reste rien de l’Esprit du 11 janvier. […] Tout est comme avant. Tout est pire qu’avant. Le 11 janvier est mort. » Mais alors quoi ? Ça y est tout est plié ? Chacun a pu faire jouer sa bonne conscience le temps d’une journée, décrocher le mot « fraternité » des frontons pour lui faire battre le pavé… et puis plus rien ? Retour au sacro-saint individualisme qui prédomine ? Ça, Serge Lehman ne s’étend pas dessus, il en fait juste l’amer constat. Ce qui l’intéresse, ce sont tous les faits qui ont permis l’émergence de ce phénomène rare, quasi unique, qui vous marque à vie, non pas seulement vous, mais une société entière. En partant de la sortie du dernier roman de Houellebecq (le mage !) qui allait aussi faire la une de Charlie le jour de l’attentat, puis en passant au crible tous les événements et les réactions qui se sont enchaînées, jusqu’à cette chiure de pigeon sur l’épaule de Hollande au cours du défilé commémoratif où se sont bousculés les « Grands de ce monde », Serge Lehman relève tout pour faire résonner les coïncidences et ces menus événements qui mis bout à bout ont permis l’émergence de cet « Esprit » et la construction de ce qui s’apparente aujourd’hui à un mythe. Car ne nous leurrons pas. Si aujourd’hui (d’autant plus avec les nouveaux attentats de novembre), le soufflé est retombé et cet Esprit s’est bien volatilisé, il n’en reste pas moins, et à leur corps défendant, que de nouvelles icônes sont nées. J’ai beaucoup apprécié le traitement graphique de Gess pour coucher cette « Histoire ». Tout à la fois sobre et épais dans son encrage, il n’est pas sans me faire penser au graphisme de Mike Mignola sur « Hellboy » et ses séries connexes (qui comme par hasard traitent des personnages aux supers pouvoirs en s’inspirant des mythes et de l’Histoire). Gess ne s’encombre pas de couleur pour cet album. Tout est ici juste posé pour servir le propos de Lehman, tout en jonglant entre mythe et réalité. Il remplit donc parfaitement son rôle d’iconographe, tout en y insufflant sa touche personnelle et parfaire la réussite de cet album. Car s’emparer d’un tel sujet était plutôt le genre d’exercice casse gueule, tant les récupérations tous azimuts ont malheureusement fleuri sur ces tombes (quand on n'y a pas craché…). Ici on évite le produit commercial pour nous proposer une lecture subjective et personnelle de cette tragédie ; si certains n’y verront que délire et élucubrations, j’ai quant à moi pris plaisir à découvrir cette relecture des événements qui façonna cet « Esprit du 11 janvier »… tout éphémère fut-il.

08/02/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Pizza Roadtrip
Pizza Roadtrip

Mettre 3 étoiles aurait été une hérésie voire une imposture intellectuelle. Il faut savoir reconnaître des auteurs de talent quand on les voit à l’oeuvre. El Diablo et Cha le sont incontestablement comme le prouve d’ailleurs leur dernière série Un homme de goût. Leur précédente œuvre que voilà possédait déjà un graphisme et une construction de scénario sans faute. Certes, on pourra me dire que la pizza est loin d’être de la haute gastronomie mais là, c’est une véritable tuerie. Oui, il faut être un homme de goût ! L’ouvrage en soi a été publié de manière impeccable avec un papier de haute qualité. Bref, l’emballage de cette pizza sera dans un carton de qualité. Rudy, Mathilde et Romuald sont les trois principaux protagonistes de ce thriller qui se joue presque en huis clos et dont l’objectif est de se débarrasser d’un encombrant paquet. On pourra reprocher un langage de cité un peu vulgaire mais ne faut-il pas vivre dans l’air du temps ? On se laissera aisément embarquer dans cette histoire mêlée de quelques flash-back. Au final, nous saurons si la pizza a bien été livrée mais surtout qui l’a commandée. Et cela vaut le détour.

08/02/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Emprise
Emprise

Ben mes aïeux!! Pour une première BD c'est ce qui s'appelle un coup de maitre. Aurélien Rosset est sans conteste un auteur complet à suivre, il a parfaitement digéré le cahier des charges et une fois que l'on aura dit qu'il connait son Stephen King, son Denis Lehane et un soupçon de Lovecraft, sur le bout des doigts, il ne faudrait pas s'arrêter là. A. Rosset va bien au delà, non seulement il a assimilé les codes du genre mais il ne s’emploie pas à nous donner un bête copier coller, genre, regardez comme je suis balèze j'ai tout compris. Non il va plus loin et se réapproprie le genre du thriller fantastique avec un style tout ce qu'il y a de personnel. La chose n'était pas forcément évidente tant ce type d'histoire est ultra balisée, les lecteurs attendant l'auteur au tournant sinon du plagiat, ou pire du vulgaire nanar. C'est dense, foutrement bien construit ; peu à peu le récit s'enrichit d'éléments tant fantastiques que permettant de relancer la mécanique du scénario qui installe une atmosphère, une ambiance digne des plus grands. Un simple feuilletage des planches suffit à accrocher le regard et là encore on ne peut qu'être bluffé par tant de maturité dans le trait, les cadrages et la gestion des couleurs. Redisons que cet ouvrage est l’œuvre d'une seule personne ce qui à mon sens rajoute du bonus si le besoin s'en faisait sentir. Forcément un coup de cœur pour l'amateur des auteurs sus nommés que je suis et pour la maitrise tant graphique que scénaristique. P.S: Ajoutons, ce qui ne gâte rien, que ce jeune auteur ne se prend pas le chou, est accessible ; en somme fort sympathique.

07/02/2016 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Combats
Combats

Le côté battant de Daniel Goossens n’a jamais vraiment sauté aux yeux. Désormais, avec cet album au titre percutant c’est chose faite. Il faut aussi admirer cette couverture tout en élégance et en glamour, en mode slip kangourou qui en a sous le capot… Ce nouveau recueil d’histoires courtes, avec ou sans Georges et Louis, cet encombrant mais ô combien incontournable duo alter e-Goossenien, nous emmène une fois de plus aux confins de l’Humour absurdien, une drôle de galaxie où l’auteur de cet objet à peine identifiable semble avoir dérivé trop longtemps… D’ailleurs, lorsqu’on a refermé le livre, on n’a pas vraiment compris où résidaient les fameux « combats » du titre, à moins que cela ne soit qu’une allusion à l’effort désespérément vain de Goossens de s’en tenir à un scénario cohérent se concluant sur une chute digne de ce nom… Et pourtant, il est difficile de résister à cet humour tout en flegme. Le rire surgit au détour d’une case sans qu’on s’y attende, à la vue d’un détail parfois insignifiant qui se dilate soudainement dès qu’on le fixe et finit par exploser en mille éclats de lune (car rappelons-le, Goossens pratique un humour lunaire capable de propulser le lecteur sur une orbite où il pourra se gausser en contemplant une insignifiante humanité se prenant pour ce qu’elle n’est pas). Avec toujours ce dessin réaliste aux visages grotesques et pleurnichards, souvent crispés à force de ne pas vouloir affronter la vérité tragique de leur destin dérisoire. Certes, Goossens fait toujours du Goossens mais il le fait bien, parvenant toujours à nous surprendre tant son humour est en décalage et ses gags inattendus. Cela pourra en dérouter certains mais une fois appréhendé l’univers délirant de notre chercheur fou, on devient éternellement inconditionnel. Ce "Combats" comporte même un invité surprise en la personne d’Edika, frère d’armes fluidien et double de l’auteur, version potache et gros nénés.

06/02/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cher pays de notre enfance
Cher pays de notre enfance

Mon documentaire préféré de Davodeau. Il faut dire qu'il traite d'un sujet que j'aime particulièrement, à savoir la politique française et plus précisément les magouilles des politiciens. On suit donc Davodeau et un journaliste tout le long de l'album. Ils font un reportage sur les années de terreurs du SAC. Ils recueilleront plusieurs témoignages et certains de ces témoins ont encore peur de parler ! Au fil de l'album les auteurs abordent les différentes activités du SAC, la mort d'un juge d'instruction et le suicide suspect de Robert Boulin. Je savais déjà certaines choses sur le SAC et la mort de Boulin mais j'ai aussi appris de nouvelles choses et, d'ailleurs, même lorsque les auteurs parlaient de trucs que je savais déjà, j'étais captivé. Cet album est bien fait. On parle de plusieurs choses sans que cela soit trop académique et j'étais captivé du début jusqu'à la fin. Je trouve cela ironique que Charles Pasqua, dont le nom revient souvent dans le reportage et que les auteurs ont essayé d'interviewer sans succès, soit mort lorsque la bande dessinée était pratiquement complète.

06/02/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Roy des Ribauds
Le Roy des Ribauds

Ce projet date d'avant la parution de Block 109 et les aventures suivantes dans le même univers. J'avais dit tout le bien que je pense de la chose, chapeau bas! Nos deux auteurs allaient ils récidiver dans le domaine du thriller médiéval, force est de dire que mission accomplie. Hors donc il advint qu'un triste sire, devint Roy des Ribauds sous le règne de Philippe II Auguste. Roi des bas fonds, des confréries de tire laines et de malandrins, il règne sans partage sur les vilains des lieux secrets de la capitale. Dire que j'ai attendu longtemps pour lire cette série est un euphémisme, largement vantée par mes petits camarades Angoumoisins, ce je ne sais quoi de trop de louanges me donnait plus à fuir la chose qu'à m'y jeter corps et âme. Puis un jour il faut bien sauter le pas, et là mes coquins je dois dire en toute humilité que j'ai pris une sorte de baffe. Au niveau du scénario, bien sûr, l'on ne peut s'empêcher de penser aux "Rois maudits" de Druon, mais Vincent Brugeas est un petit malin qui sait se démarquer de la chose en apportant à son histoire une touche de modernité. La dédicace qu'il ma offerte fait d'ailleurs clairement référence au"Parrain" de Coppola. Peu de temps morts, une intrigue sur les rails où la tension dramatique va crescendo, que du bonheur et une fois la lecture entamée, plus moyen de s'arrêter. Ronan Toulhoat est le magnifique dessinateur de cette histoire; de ses gueules fracassées, cabossées, il tire une expressivité redoutable le tout magnifié par une colorisation qui mélange les ocres, les rouges pour donner à l'ensemble une véritable force. Si un certain Cimmérien avait vécu sous Philippe Auguste il aurait pu avoir les traits de notre Tristan. Cela pour dire que la série, dont nous verrons la conclusion dans le troisième tome possède un aspect farouche, sombre et anti politiquement correct plutôt jouissif. Si ce n'est déjà fait, que comme moi auparavant vous êtes un brin hésitant, plus d'atermoiements, foncez!

06/02/2016 (modifier)