En voila une BD qui te vous bouscule allègrement l'intellect. Démarrant comme un gentil petit polar avec un mystère autour du grand père et d'une blonde un brin fatale, notre héros et particulièrement votre serviteur se trouvent au final embarqués dans une furieuse histoire qui n'est pas à recommander aux lecteurs à tendances paranoïdes.
Effectivement c'est pas du récit linéaire où les bons et les méchants sont repérables au premier coup d’œil et le côté malin de l'histoire est de nous embarquer quasiment à chaque page sur une fausse piste. L'on se dit, ben oui c'est clair le gars va se réveiller en HP, et paf de nouvelles embrouilles lui tombent sur le râble.
C'est pas forcément mon style de BD, mais j'avoue que parfois il est bon de se faire balloter comme à bord d'un grand huit infernal. Une réponse ou des réponses viennent clore ce récit alambiqué mais tout de même aisé à suivre. Il y a un rythme métronomique, obsessionnel dans cette histoire ponctuée, détail important, par un dessin, en noir et blanc auquel s'ajoute quelques taches de sépia, dessin, également obsessionnel ?, dans la présentation des cases ( huit par pages ).
Certainement à relire pour en goûter tout le sel, c'est pour moi une excellente découverte et aussi un coup de cœur.
Attiré par la couverture de cet album et l'univers de Mike Mignola que je ne connaissais qu'à travers de nombreuses illustrations de Hellboy glanées sur le net, j'étais curieux d'enfin découvrir cet univers.
Initialement réalisé par Mignola et John Arcudi pour le grand John Severin (The incredible Hulk, Craked) âgé de plus de 90 ans, celui-ci décédera avant d'avoir pu aller très loin dans le projet. Ce sont donc Laurence Campbell et Jason Latour qui vont boucler cet album en réalisant chacun un chapitre.
L'action (et c'est pas ce qui va manquer !) se situe pendant la Seconde Guerre Mondiale. L'armée américaine va littéralement larguer un homme dans une armure de combat ultra-sophistiquée en plein territoire français pour combattre le super-vilain des Forces de l'Axe : la Flamme Noire (cf. B.P.R.D.).
Pour ceux (comme moi) qui découvriraient l'univers de Hellboy, on ne perd pas de temps en présentation : place à l'action. Tout aussi déconcertés que les G.I. au sol qui voient cet "arme secrète" leur tomber dessus et assurer le taff, on se laisse bercer par la narration et les événements très rythmés et servis par le dessin de Jason Latour et le savoir-faire de Mignola.
Le second chapitre avec Laurence Campbell opposera notre Sledgehammer à la terrible Flamme Noire dans une opération lancée pour récupérer un prototype d'avion dérobé par l'armée allemande.
Si j'ai beaucoup apprécié le rythme et la qualité narrative de ces deux épisodes, j'avoue avoir un faible pour la première à cause du trait de Jason Latour. Ne connaissant le travail d'aucun de ces deux dessinateurs, j'ai trouvé le premier plus personnel et original de ce qui se fait dans la tradition du comics. Il valorise par ailleurs parfaitement toute la psychologie des différents personnages qu'a développé Mignola.
Il n'empêche que certaines planches des Laurence Campbell sont assez époustouflantes ! Je pense à celles de combat entre Sledgehammer et la Flamme Noire en plein ciel, c'est assez prodigieux !
Voilà donc un album que je recommande chaudement, tant aux novices de cet univers qu'à ceux qui suivent sont évolutions et ses circonvolutions autour de Hellboy.
J’ai bien aimé de bons moments. Il faut dire que j’aime le style de cet auteur qui nous transporte dans une certaine intimité et un rapport totalement différent avec les femmes par exemple. Il est souvent question de tromperie pour assouvir ses fantasmes comme une incitation à le faire. Les chantres de la moralité et de la fidélité doivent s’arracher leurs cheveux, c’est clair.
Pour une fois, nous avons droit à une succession de petites nouvelles. La première m’a paru assez marquante sur le fait qu’on voit trop vite les enfants grandir en tant que père et qu’on regrette souvent lorsqu’ils étaient en bas âge. On peut le vivre comme un deuil. Cette idée n’avait jamais été exploitée dans la bd. Et pourtant, cela me parle.
L’ensemble m’a fait passer de beaux moments de lecture. Cela porte bien son titre !
Le jury d’Angoulême ne s’y est pas trompé, ce « Carnet de santé foireuse » est tout à fait remarquable. Pozla réussit, par le biais de l’humour, à nous faire partager et même apprécier un récit autobiographique sur ses « problèmes de tuyauterie », qui, il faut bien le dire, pourrait de prime abord rebuter. En effet, qui aurait réellement envie qu’un proche lui raconte en long, en large et en travers, ses déboires intestinaux, a fortiori un inconnu - sauf peut-être pour ceux qui connaissent déjà cet auteur à travers sa série Monkey Bizness ?
Il fallait donc un certain culot pour se lancer dans un tel exercice. Mais Pozla ne manque pas d’autodérision… Il met ainsi ses tripes sur la table au propre comme au figuré, et les déroule sur un peu moins de 400 pages. Et question tripes, il faut tout de même les avoir bien accrochées pour rentrer – aussi profondément - dans l’intimité corporelle de l’auteur qui nous fait vivre toutes les étapes de sa maladie. Mais heureusement, le style de dessin avant tout humoristique, et donc schématique, permet de mettre de la distance tout en proposant une représentation appuyée mais caricaturale d’entrailles peu ragoûtantes et autres conduits digestifs. Au fil des pages, la maladie se fait plus prégnante. Très vite, le corps n’est plus que douleur. Le grand téléphone blanc devient son confident de chaque heure face à qui seul son trou de balle s’exprime, non sans une certaine grandiloquence, lui ôte la parole, fait de lui un mutant protéiforme, un monstre difforme et avachi, une masse dégoulinante de boyaux, une usine à caca, un invraisemblable instrument à vent, une tuyauterie infernale… et la douleur, toujours cette sacrée douleur…
Puis arrive le moment où on touche le fond, où la folie alliée à la douleur est prête à le happer, mais où l’instinct de survie est le plus fort. Instant de l’électrochoc salvateur. Soudainement, le dessin se fait alors plus poétique, plus onirique, oserais-je dire proche du merveilleux, à certains moments c’est tout simplement sublime. Comme si l’auteur avait transcendé sa souffrance grâce à son art exutoire et antalgique.
Malgré la tournure comique de l’ouvrage, difficile d’avoir le cœur à rire aux éclats mais la plupart du temps, on garde le sourire aux lèvres, donc non, cela n’est jamais glauque. Guidé sans doute par une pulsion créatrice résultant d’une si rude expérience, le récit, qui semble commencer comme une potacherie quelconque, évolue doucement vers un objet artistique d’une puissance hors normes. Comme une quête, par moments extrêmement émouvante, à travers d’interminables dédales organiques pour trouver – enfin – la lumineuse délivrance, le Graal crohnien, d’une évidence telle qu’aucun ponte hospitalier n’aurait été en mesure de le prescrire : le régime ancestral, l’ « alimentation de type originelle », la voie vers la rémission, voire la guérison…
Avec cette lecture, la réalité la plus âpre de notre condition de mammifère organique nous saute à la tronche et nous avale littéralement, mais ce carnet de voyage au bout de l’enfer intestinal vaut bien un renard. Seul petit bémol : on aurait aimé voir le contenu de ces casseroles évoquées à la fin par le psychothérapeute, mais Pozla demeure beaucoup plus pudique dans l’étalage de ses boyaux cervicaux que de ses boyaux ventraux. Pour le reste, il appartient au lecteur de décider s’il s’agit de l’ouvrage idéal à lire aux toilettes… si c’est le cas, ça sera à coup sûr dans les toilettes d’un quatre étoiles…
En voyant le titre de cette Bd, je croyais avoir à faire à quelque chose tournant autour du Mont Saint-Michel, à cause de l'îlot granitique de Tombelaine qui voisine avec le Mont et qu'on aperçoit très bien depuis le Bec d'Andaine ; je crois qu'il est interdit d'y aller à marée basse car c'est une réserve ornithologique.
L'action se passe quand même en Normandie, mais plus au nord de la presqu'île du Cotentin, à Saint-Vaast-la-Hougue, agréable petit port de pêche réputé pour ses huîtres. Je m'y suis souvent arrêté car il est idéalement situé pour explorer le bout de la presqu'île et la côte en évitant l'affluence de Cherbourg ; j'y ai donc reconnu l'île de Tatihou et le donjon du fort de La Hougue, aujourd'hui terrain militaire mais dont une promenade longe le rempart. Le dessinateur a dû bien se documenter car il reproduit les lieux parfaitement, avec notamment une belle vue aérienne dans le tome 1.
Tombelaine est ici le nom d'un manoir familial que le héros de cette Bd souhaite récupérer. Mais la plus grande part de l'action est située en Chine au temps de la révolte des Boxers au tout début du 20ème siècle. C'est donc une Bd historique dans la grande tradition, elle relate la destinée d'un homme déraciné de sa terre natale, séparé de celle qu'il aime et embarqué malgré lui dans l'aventure d'un événement historique majeur.
Chaillet , rôdé dans le domaine de la BD historique, écrit un récit trépidant aux multiples rebondissements, où se rejoignent aventure, Histoire et sentiments sur un ton romanesque tel qu'on en voyait dans les vieux feuilletons.
Le dessin réaliste de B. Capo illustre joliment cette série mouvementée et très bien documentée ; son trait s'est considérablement amélioré depuis Loïc Francoeur, il livre de beaux décors chinois, très fidèles et bien détaillés, notamment une image aérienne de la Cité interdite à Pékin, et de nombreux temples et portes monumentales.
Les auteurs ont aussi dû s'inspirer du film "les 55 jours de Pékin", grosse production hollywoodienne de 1963 réalisée par Nicholas Ray relatant cette révolte chinoise soutenue par la perfide impératrice Tseu-Hi contre les légations étrangères entourant la Cité interdite. J'ai en effet retrouvé au fil des albums de nombreux plans et situations évoqués dans ce film.
La série reste injustement méconnue, elle est certes conventionnelle et ne renouvelle pas la BD d'aventure historique, mais la lecture reste très agréable.
Je précise enfin que le posteur de cette série a fait une erreur : le décor français n'est pas celui de la Bretagne, mais de la Normandie (c'est comme si on disait à un Lorrain qu'il est Alsacien, ou à un Basque qu'il est Béarnais).
J’avais déjà beaucoup aimé Cendres du même auteur, mais « Murderabilia » m’a encore plus enthousiasmé.
L’histoire est vraiment originale, et glauque au possible. Je ne connaissais même pas le terme « Murderabilia » (contraction des mots anglais « muder » et « memorabilia » - voir Wikipédia), cette activité qui consiste à collectionner des objets en rapport avec des meurtres connus. Le lieu de l’action, une petite bourgade isolée américaine remplie de dégénérés, complète le tableau pittoresque.
La narration est parfaite, l’intrigue est prenante et bien construite, les personnages intéressants (notamment le « héros » et le collectionneur), impossible de refermer l’album avant le dénouement final. Ce dernier est bien vu et a réussi à me surprendre.
Le dessin est très stylé, simple en apparence, mais finalement assez détaillé, et les couleurs sont vraiment belles, et contribuent grandement à l’atmosphère de l’histoire. J’adore l’alternance de toutes petites cases et de cases plus grandes. Et puis quelle couverture !
Une réussite totale, et un coup de cœur !
C’est très courageux de la part de Riad Sattouf que de livrer son autobiographie basée sur les souvenirs qu’il a conservé enfant sur un monde dont il percevait à peine les règles.
Fruit de l’amour d’une Bretonne et d’un étudiant Syrien exilé à Paris, le jeune Riad va rapidement retourner avec ses parents dans la Libye puis la Syrie des années 80...
Son père, convaincu de la place du peuple Arabe dans la société de l’avenir (cf. le titre), prend la place principale dans un récit pudique mais sans tabous et s’autorisant une grande part d’humilité.
En effet la grande force de ce récit est de n’être en aucun point moralisateur. Juste le constat d’une époque, de mœurs différentes et de coutumes inconnues en Occident dont le décalage peut prêter à sourire voire à rire car Sattouf maîtrise complètement le sens de son récit, entre souvenirs et anecdotes.
Le trait rond et la jolie bichromie (différente en fonction du pays visité) rendent l’ensemble ludique et agréable à lire d’autant plus que les ellipses sont rares et donnent une clarté toute simple et évidente à ce récit. Le personnage du père de Riad est un élément comique en soi. Athée convaincu mais tiraillé par la tradition et la fierté de ses origines, il devient un personnage tantôt burlesque tantôt décalé. Riad Sattouf préfère mettre en retrait le caractère docile mais essentiel de sa mère lors de leurs pérégrinations entre plusieurs pays… Traditions, enseignements, petits moments intimistes, rien ne manque lors de ce quotidien ni même quelques pages cruelles rompant avec la bonne humeur apparente du récit (mise à mort d’un chien errant et encore plus grave, d’une femme enceinte hors mariage).
A aucun moment Riad Sattouf ne porte de jugement. Chaque personnage est habilement construit entre réflexions, calembours et annotations. Le seul reproche fait lors de la lecture du second tome émanerait plutôt du caractère redondant du récit, les bonnes surprises du premier laissant place à une mécanique parfaitement huilée.
Riad Sattouf dépeint un entre monde qui est le sien : entre l’ennui de la Bretagne et les mœurs étranges des Syriens, l’écart constant de deux cultures ne manque pas d’amour ni d’humour. Pas étonnant dès lors que cette curieuse bd remporte l’adhésion à son passage et délivre à sa façon une révolution toutes en nuances… Mr. Sattouf est très très fort. Il est dit que cet ouvrage découle de l’échec de son second film « Jacky au Royaume des Filles », tentative couillue et sympathique d’inverser les rôles dans une dictature matriarcale. Le succès de « L’Arabe du Futur » en contrepartie démontre finalement que l’expérience du vécu ne sera jamais remplacée par la satire sociale et religieuse !
Bravo et vivement la suite !
Avis sur le tome 2 : L'effet de surprise étant passé, j'ai trouvé ce second tome bien moins percutant et bien plus répétitif. Attention cela ne veut pas dire qu'il n'est pas bon mais le côté redondant de ce looooong récit n'apporte finalement pas beaucoup plus à la verve et la fraicheur du premier. Cela reste néanmoins très très bon en espérant que le 3ème tome retrouve un peu la spontanéité du début et qu'il me surprenne à nouveau ! Riad Sattouf a un tel niveau d'écriture que j'en deviens exigeant ! Ce qui n'est pas forcément négatif finalement. ;)
Certes « Trop vieux pour toi » n’est pas le premier roman graphique à traiter de l’angoisse paternelle (voir notre joli thème Maternité / paternité).
Mais cet album parvient à apporter un point de vue diffèrent et intéressant. Xavier a 48 ans, a déjà un enfant, sort tout juste d’un divorce assez difficile, et souhaitait « profiter un peu de la vie ». Une grossesse inattendue chamboule ses projets, et il a peur, tout simplement. Peur d’être trop vieux, de ne pas avoir le courage et l’énergie de « remettre ça », peur de mourir trop tôt et d’abandonner sa femme et son enfant. Peur de la réaction de son fils quand il lui annoncera la nouvelle. Son manque d’enthousiasme est bien entendu difficile à vivre pour sa compagne, qui est jeune et vit sa première grossesse.
S’ajoute à ce tableau la perte récente de son frère, et le deuil qui va avec… Là aussi la réflexion est intéressante, le frère avait une petite fille qui se retrouve donc sans papa, et il ne peut s’empêcher de dresser des parallèles, de débattre de la chose avec le « fantôme » de son frère.
Le dessin est aussi très joli. Il est la plupart du temps assez classique, mais l’auteur se permet parfois des écarts créatifs du plus bel effet, tout en symbolisme.
Un album recommandable, qui m’a beaucoup touché.
Les Souliers rouges fait partie de cette rafale de "nouvelles" séries historiques que l'ont rouve chez grand Angle, lesquelles ont parfois un "truc" en plus qui leur donne un parfum particulier. C'est le cas pour ce diptyque, qui se base sur l'histoire du beau-père du scénariste, lequel a vécu quelques aventures surprenantes pendant l'Occupation. Bien sûr l'histoire va virer à l'aigre, mais le jeune homme d'alors gardera une trace indélébile de cette époque.
Le sujet de la série est d'abord une amitié forte entre un jeune homme de la terre et un russe blanc érudit et ouvert. Cette histoire est vraiment prenante, je n'ai pu la lâcher avant d'avoir lu les deux albums qui la racontent. Gérard Cousseau, plutôt connu pour ses albums d'humour sous le pseudo de Gégé, s'y révèle plutôt adroit. Il faut dire que c'est assez émouvant, et même un peu personnel. Le récit s'achève sur une belle séquence, qui ajoute une dimension fabulesque à cette histoire dans l'Histoire.
Côté dessin, je découvre le boulot de Damien Cuvillier, qui avait déjà travaillé avec Cousseau sur Les Sauveteurs en mer, et qui dans son style semi-réaliste, montre de très belles dispositions. J'ai véritablement été charmé par ses séquences se déroulant dans la nature bretonne, sans démériter sur les scènes d'intérieur.
Vraiment un très bon moment de lecture, que je recommande.
Tant je suis resté dubitatif devant tant de succès pour la série mère "Le 3ème Testament" dont je ne comprenais pas le tant d'attrait devant un tel scénario assez artificiellement construit et très peu naturel, ajouté au dessin entre Marini pour le dynamisme et Chabbert pour quelques vues surprenantes en plongées ou contre-plongées, mais qui dans les deux cas de figures, était largement inférieur tant à celui de Marini qu'à celui de Chabbert,
bref,
après lecture de cette série mère, je n'y ai vraiment pas trouvé grand chose de bon qui vaille davantage qu'un pénible 2 étoiles pour un dessin souvent imprécis ou inachevé, et un scénario vraiment bof avec un dernier tome à mon sens complètement raté par une fin improbable d'une trame qui a finalement dépassé les capacités intellectuelles de son auteur.
C'est donc avec un certain à priori plutôt suspicieux que j'ai appréhendé la lecture du premier tome de cette nouvelle série Julius, et des suivants, par pure curiosité.
Et bien, mon avis change !
On dirait que le scénariste s'est recadré (il était temps) et le dessin, en changeant de dessinateurs (principalement Montaigne) est à mon sens devenu plus "stable" et homogène (je me comprends), sans fulgurance, mais sans réelle prise à défaut. Du bon boulot bien fait.
Du coup, sans renier pour ma part et à mes yeux l'échec du premier volet ("le 3ème testament" 4 tomes), je trouve ce second volet "Julius" assez interressant et original.
Vrai cote 3,7/5
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En voila une BD qui te vous bouscule allègrement l'intellect. Démarrant comme un gentil petit polar avec un mystère autour du grand père et d'une blonde un brin fatale, notre héros et particulièrement votre serviteur se trouvent au final embarqués dans une furieuse histoire qui n'est pas à recommander aux lecteurs à tendances paranoïdes. Effectivement c'est pas du récit linéaire où les bons et les méchants sont repérables au premier coup d’œil et le côté malin de l'histoire est de nous embarquer quasiment à chaque page sur une fausse piste. L'on se dit, ben oui c'est clair le gars va se réveiller en HP, et paf de nouvelles embrouilles lui tombent sur le râble. C'est pas forcément mon style de BD, mais j'avoue que parfois il est bon de se faire balloter comme à bord d'un grand huit infernal. Une réponse ou des réponses viennent clore ce récit alambiqué mais tout de même aisé à suivre. Il y a un rythme métronomique, obsessionnel dans cette histoire ponctuée, détail important, par un dessin, en noir et blanc auquel s'ajoute quelques taches de sépia, dessin, également obsessionnel ?, dans la présentation des cases ( huit par pages ). Certainement à relire pour en goûter tout le sel, c'est pour moi une excellente découverte et aussi un coup de cœur.
Sledgehammer 44
Attiré par la couverture de cet album et l'univers de Mike Mignola que je ne connaissais qu'à travers de nombreuses illustrations de Hellboy glanées sur le net, j'étais curieux d'enfin découvrir cet univers. Initialement réalisé par Mignola et John Arcudi pour le grand John Severin (The incredible Hulk, Craked) âgé de plus de 90 ans, celui-ci décédera avant d'avoir pu aller très loin dans le projet. Ce sont donc Laurence Campbell et Jason Latour qui vont boucler cet album en réalisant chacun un chapitre. L'action (et c'est pas ce qui va manquer !) se situe pendant la Seconde Guerre Mondiale. L'armée américaine va littéralement larguer un homme dans une armure de combat ultra-sophistiquée en plein territoire français pour combattre le super-vilain des Forces de l'Axe : la Flamme Noire (cf. B.P.R.D.). Pour ceux (comme moi) qui découvriraient l'univers de Hellboy, on ne perd pas de temps en présentation : place à l'action. Tout aussi déconcertés que les G.I. au sol qui voient cet "arme secrète" leur tomber dessus et assurer le taff, on se laisse bercer par la narration et les événements très rythmés et servis par le dessin de Jason Latour et le savoir-faire de Mignola. Le second chapitre avec Laurence Campbell opposera notre Sledgehammer à la terrible Flamme Noire dans une opération lancée pour récupérer un prototype d'avion dérobé par l'armée allemande. Si j'ai beaucoup apprécié le rythme et la qualité narrative de ces deux épisodes, j'avoue avoir un faible pour la première à cause du trait de Jason Latour. Ne connaissant le travail d'aucun de ces deux dessinateurs, j'ai trouvé le premier plus personnel et original de ce qui se fait dans la tradition du comics. Il valorise par ailleurs parfaitement toute la psychologie des différents personnages qu'a développé Mignola. Il n'empêche que certaines planches des Laurence Campbell sont assez époustouflantes ! Je pense à celles de combat entre Sledgehammer et la Flamme Noire en plein ciel, c'est assez prodigieux ! Voilà donc un album que je recommande chaudement, tant aux novices de cet univers qu'à ceux qui suivent sont évolutions et ses circonvolutions autour de Hellboy.
De beaux moments
J’ai bien aimé de bons moments. Il faut dire que j’aime le style de cet auteur qui nous transporte dans une certaine intimité et un rapport totalement différent avec les femmes par exemple. Il est souvent question de tromperie pour assouvir ses fantasmes comme une incitation à le faire. Les chantres de la moralité et de la fidélité doivent s’arracher leurs cheveux, c’est clair. Pour une fois, nous avons droit à une succession de petites nouvelles. La première m’a paru assez marquante sur le fait qu’on voit trop vite les enfants grandir en tant que père et qu’on regrette souvent lorsqu’ils étaient en bas âge. On peut le vivre comme un deuil. Cette idée n’avait jamais été exploitée dans la bd. Et pourtant, cela me parle. L’ensemble m’a fait passer de beaux moments de lecture. Cela porte bien son titre !
Carnet de santé foireuse
Le jury d’Angoulême ne s’y est pas trompé, ce « Carnet de santé foireuse » est tout à fait remarquable. Pozla réussit, par le biais de l’humour, à nous faire partager et même apprécier un récit autobiographique sur ses « problèmes de tuyauterie », qui, il faut bien le dire, pourrait de prime abord rebuter. En effet, qui aurait réellement envie qu’un proche lui raconte en long, en large et en travers, ses déboires intestinaux, a fortiori un inconnu - sauf peut-être pour ceux qui connaissent déjà cet auteur à travers sa série Monkey Bizness ? Il fallait donc un certain culot pour se lancer dans un tel exercice. Mais Pozla ne manque pas d’autodérision… Il met ainsi ses tripes sur la table au propre comme au figuré, et les déroule sur un peu moins de 400 pages. Et question tripes, il faut tout de même les avoir bien accrochées pour rentrer – aussi profondément - dans l’intimité corporelle de l’auteur qui nous fait vivre toutes les étapes de sa maladie. Mais heureusement, le style de dessin avant tout humoristique, et donc schématique, permet de mettre de la distance tout en proposant une représentation appuyée mais caricaturale d’entrailles peu ragoûtantes et autres conduits digestifs. Au fil des pages, la maladie se fait plus prégnante. Très vite, le corps n’est plus que douleur. Le grand téléphone blanc devient son confident de chaque heure face à qui seul son trou de balle s’exprime, non sans une certaine grandiloquence, lui ôte la parole, fait de lui un mutant protéiforme, un monstre difforme et avachi, une masse dégoulinante de boyaux, une usine à caca, un invraisemblable instrument à vent, une tuyauterie infernale… et la douleur, toujours cette sacrée douleur… Puis arrive le moment où on touche le fond, où la folie alliée à la douleur est prête à le happer, mais où l’instinct de survie est le plus fort. Instant de l’électrochoc salvateur. Soudainement, le dessin se fait alors plus poétique, plus onirique, oserais-je dire proche du merveilleux, à certains moments c’est tout simplement sublime. Comme si l’auteur avait transcendé sa souffrance grâce à son art exutoire et antalgique. Malgré la tournure comique de l’ouvrage, difficile d’avoir le cœur à rire aux éclats mais la plupart du temps, on garde le sourire aux lèvres, donc non, cela n’est jamais glauque. Guidé sans doute par une pulsion créatrice résultant d’une si rude expérience, le récit, qui semble commencer comme une potacherie quelconque, évolue doucement vers un objet artistique d’une puissance hors normes. Comme une quête, par moments extrêmement émouvante, à travers d’interminables dédales organiques pour trouver – enfin – la lumineuse délivrance, le Graal crohnien, d’une évidence telle qu’aucun ponte hospitalier n’aurait été en mesure de le prescrire : le régime ancestral, l’ « alimentation de type originelle », la voie vers la rémission, voire la guérison… Avec cette lecture, la réalité la plus âpre de notre condition de mammifère organique nous saute à la tronche et nous avale littéralement, mais ce carnet de voyage au bout de l’enfer intestinal vaut bien un renard. Seul petit bémol : on aurait aimé voir le contenu de ces casseroles évoquées à la fin par le psychothérapeute, mais Pozla demeure beaucoup plus pudique dans l’étalage de ses boyaux cervicaux que de ses boyaux ventraux. Pour le reste, il appartient au lecteur de décider s’il s’agit de l’ouvrage idéal à lire aux toilettes… si c’est le cas, ça sera à coup sûr dans les toilettes d’un quatre étoiles…
Tombelaine
En voyant le titre de cette Bd, je croyais avoir à faire à quelque chose tournant autour du Mont Saint-Michel, à cause de l'îlot granitique de Tombelaine qui voisine avec le Mont et qu'on aperçoit très bien depuis le Bec d'Andaine ; je crois qu'il est interdit d'y aller à marée basse car c'est une réserve ornithologique. L'action se passe quand même en Normandie, mais plus au nord de la presqu'île du Cotentin, à Saint-Vaast-la-Hougue, agréable petit port de pêche réputé pour ses huîtres. Je m'y suis souvent arrêté car il est idéalement situé pour explorer le bout de la presqu'île et la côte en évitant l'affluence de Cherbourg ; j'y ai donc reconnu l'île de Tatihou et le donjon du fort de La Hougue, aujourd'hui terrain militaire mais dont une promenade longe le rempart. Le dessinateur a dû bien se documenter car il reproduit les lieux parfaitement, avec notamment une belle vue aérienne dans le tome 1. Tombelaine est ici le nom d'un manoir familial que le héros de cette Bd souhaite récupérer. Mais la plus grande part de l'action est située en Chine au temps de la révolte des Boxers au tout début du 20ème siècle. C'est donc une Bd historique dans la grande tradition, elle relate la destinée d'un homme déraciné de sa terre natale, séparé de celle qu'il aime et embarqué malgré lui dans l'aventure d'un événement historique majeur. Chaillet , rôdé dans le domaine de la BD historique, écrit un récit trépidant aux multiples rebondissements, où se rejoignent aventure, Histoire et sentiments sur un ton romanesque tel qu'on en voyait dans les vieux feuilletons. Le dessin réaliste de B. Capo illustre joliment cette série mouvementée et très bien documentée ; son trait s'est considérablement amélioré depuis Loïc Francoeur, il livre de beaux décors chinois, très fidèles et bien détaillés, notamment une image aérienne de la Cité interdite à Pékin, et de nombreux temples et portes monumentales. Les auteurs ont aussi dû s'inspirer du film "les 55 jours de Pékin", grosse production hollywoodienne de 1963 réalisée par Nicholas Ray relatant cette révolte chinoise soutenue par la perfide impératrice Tseu-Hi contre les légations étrangères entourant la Cité interdite. J'ai en effet retrouvé au fil des albums de nombreux plans et situations évoqués dans ce film. La série reste injustement méconnue, elle est certes conventionnelle et ne renouvelle pas la BD d'aventure historique, mais la lecture reste très agréable. Je précise enfin que le posteur de cette série a fait une erreur : le décor français n'est pas celui de la Bretagne, mais de la Normandie (c'est comme si on disait à un Lorrain qu'il est Alsacien, ou à un Basque qu'il est Béarnais).
Murderabilia
J’avais déjà beaucoup aimé Cendres du même auteur, mais « Murderabilia » m’a encore plus enthousiasmé. L’histoire est vraiment originale, et glauque au possible. Je ne connaissais même pas le terme « Murderabilia » (contraction des mots anglais « muder » et « memorabilia » - voir Wikipédia), cette activité qui consiste à collectionner des objets en rapport avec des meurtres connus. Le lieu de l’action, une petite bourgade isolée américaine remplie de dégénérés, complète le tableau pittoresque. La narration est parfaite, l’intrigue est prenante et bien construite, les personnages intéressants (notamment le « héros » et le collectionneur), impossible de refermer l’album avant le dénouement final. Ce dernier est bien vu et a réussi à me surprendre. Le dessin est très stylé, simple en apparence, mais finalement assez détaillé, et les couleurs sont vraiment belles, et contribuent grandement à l’atmosphère de l’histoire. J’adore l’alternance de toutes petites cases et de cases plus grandes. Et puis quelle couverture ! Une réussite totale, et un coup de cœur !
L'Arabe du futur
C’est très courageux de la part de Riad Sattouf que de livrer son autobiographie basée sur les souvenirs qu’il a conservé enfant sur un monde dont il percevait à peine les règles. Fruit de l’amour d’une Bretonne et d’un étudiant Syrien exilé à Paris, le jeune Riad va rapidement retourner avec ses parents dans la Libye puis la Syrie des années 80... Son père, convaincu de la place du peuple Arabe dans la société de l’avenir (cf. le titre), prend la place principale dans un récit pudique mais sans tabous et s’autorisant une grande part d’humilité. En effet la grande force de ce récit est de n’être en aucun point moralisateur. Juste le constat d’une époque, de mœurs différentes et de coutumes inconnues en Occident dont le décalage peut prêter à sourire voire à rire car Sattouf maîtrise complètement le sens de son récit, entre souvenirs et anecdotes. Le trait rond et la jolie bichromie (différente en fonction du pays visité) rendent l’ensemble ludique et agréable à lire d’autant plus que les ellipses sont rares et donnent une clarté toute simple et évidente à ce récit. Le personnage du père de Riad est un élément comique en soi. Athée convaincu mais tiraillé par la tradition et la fierté de ses origines, il devient un personnage tantôt burlesque tantôt décalé. Riad Sattouf préfère mettre en retrait le caractère docile mais essentiel de sa mère lors de leurs pérégrinations entre plusieurs pays… Traditions, enseignements, petits moments intimistes, rien ne manque lors de ce quotidien ni même quelques pages cruelles rompant avec la bonne humeur apparente du récit (mise à mort d’un chien errant et encore plus grave, d’une femme enceinte hors mariage). A aucun moment Riad Sattouf ne porte de jugement. Chaque personnage est habilement construit entre réflexions, calembours et annotations. Le seul reproche fait lors de la lecture du second tome émanerait plutôt du caractère redondant du récit, les bonnes surprises du premier laissant place à une mécanique parfaitement huilée. Riad Sattouf dépeint un entre monde qui est le sien : entre l’ennui de la Bretagne et les mœurs étranges des Syriens, l’écart constant de deux cultures ne manque pas d’amour ni d’humour. Pas étonnant dès lors que cette curieuse bd remporte l’adhésion à son passage et délivre à sa façon une révolution toutes en nuances… Mr. Sattouf est très très fort. Il est dit que cet ouvrage découle de l’échec de son second film « Jacky au Royaume des Filles », tentative couillue et sympathique d’inverser les rôles dans une dictature matriarcale. Le succès de « L’Arabe du Futur » en contrepartie démontre finalement que l’expérience du vécu ne sera jamais remplacée par la satire sociale et religieuse ! Bravo et vivement la suite ! Avis sur le tome 2 : L'effet de surprise étant passé, j'ai trouvé ce second tome bien moins percutant et bien plus répétitif. Attention cela ne veut pas dire qu'il n'est pas bon mais le côté redondant de ce looooong récit n'apporte finalement pas beaucoup plus à la verve et la fraicheur du premier. Cela reste néanmoins très très bon en espérant que le 3ème tome retrouve un peu la spontanéité du début et qu'il me surprenne à nouveau ! Riad Sattouf a un tel niveau d'écriture que j'en deviens exigeant ! Ce qui n'est pas forcément négatif finalement. ;)
Trop vieux pour toi
Certes « Trop vieux pour toi » n’est pas le premier roman graphique à traiter de l’angoisse paternelle (voir notre joli thème Maternité / paternité). Mais cet album parvient à apporter un point de vue diffèrent et intéressant. Xavier a 48 ans, a déjà un enfant, sort tout juste d’un divorce assez difficile, et souhaitait « profiter un peu de la vie ». Une grossesse inattendue chamboule ses projets, et il a peur, tout simplement. Peur d’être trop vieux, de ne pas avoir le courage et l’énergie de « remettre ça », peur de mourir trop tôt et d’abandonner sa femme et son enfant. Peur de la réaction de son fils quand il lui annoncera la nouvelle. Son manque d’enthousiasme est bien entendu difficile à vivre pour sa compagne, qui est jeune et vit sa première grossesse. S’ajoute à ce tableau la perte récente de son frère, et le deuil qui va avec… Là aussi la réflexion est intéressante, le frère avait une petite fille qui se retrouve donc sans papa, et il ne peut s’empêcher de dresser des parallèles, de débattre de la chose avec le « fantôme » de son frère. Le dessin est aussi très joli. Il est la plupart du temps assez classique, mais l’auteur se permet parfois des écarts créatifs du plus bel effet, tout en symbolisme. Un album recommandable, qui m’a beaucoup touché.
Les Souliers rouges
Les Souliers rouges fait partie de cette rafale de "nouvelles" séries historiques que l'ont rouve chez grand Angle, lesquelles ont parfois un "truc" en plus qui leur donne un parfum particulier. C'est le cas pour ce diptyque, qui se base sur l'histoire du beau-père du scénariste, lequel a vécu quelques aventures surprenantes pendant l'Occupation. Bien sûr l'histoire va virer à l'aigre, mais le jeune homme d'alors gardera une trace indélébile de cette époque. Le sujet de la série est d'abord une amitié forte entre un jeune homme de la terre et un russe blanc érudit et ouvert. Cette histoire est vraiment prenante, je n'ai pu la lâcher avant d'avoir lu les deux albums qui la racontent. Gérard Cousseau, plutôt connu pour ses albums d'humour sous le pseudo de Gégé, s'y révèle plutôt adroit. Il faut dire que c'est assez émouvant, et même un peu personnel. Le récit s'achève sur une belle séquence, qui ajoute une dimension fabulesque à cette histoire dans l'Histoire. Côté dessin, je découvre le boulot de Damien Cuvillier, qui avait déjà travaillé avec Cousseau sur Les Sauveteurs en mer, et qui dans son style semi-réaliste, montre de très belles dispositions. J'ai véritablement été charmé par ses séquences se déroulant dans la nature bretonne, sans démériter sur les scènes d'intérieur. Vraiment un très bon moment de lecture, que je recommande.
Le Troisième Testament - Julius
Tant je suis resté dubitatif devant tant de succès pour la série mère "Le 3ème Testament" dont je ne comprenais pas le tant d'attrait devant un tel scénario assez artificiellement construit et très peu naturel, ajouté au dessin entre Marini pour le dynamisme et Chabbert pour quelques vues surprenantes en plongées ou contre-plongées, mais qui dans les deux cas de figures, était largement inférieur tant à celui de Marini qu'à celui de Chabbert, bref, après lecture de cette série mère, je n'y ai vraiment pas trouvé grand chose de bon qui vaille davantage qu'un pénible 2 étoiles pour un dessin souvent imprécis ou inachevé, et un scénario vraiment bof avec un dernier tome à mon sens complètement raté par une fin improbable d'une trame qui a finalement dépassé les capacités intellectuelles de son auteur. C'est donc avec un certain à priori plutôt suspicieux que j'ai appréhendé la lecture du premier tome de cette nouvelle série Julius, et des suivants, par pure curiosité. Et bien, mon avis change ! On dirait que le scénariste s'est recadré (il était temps) et le dessin, en changeant de dessinateurs (principalement Montaigne) est à mon sens devenu plus "stable" et homogène (je me comprends), sans fulgurance, mais sans réelle prise à défaut. Du bon boulot bien fait. Du coup, sans renier pour ma part et à mes yeux l'échec du premier volet ("le 3ème testament" 4 tomes), je trouve ce second volet "Julius" assez interressant et original. Vrai cote 3,7/5