Alors, là, voici une très belle série jeunesse les amis !
Elle dispose de nombreux atouts ; d'abord Joris Chamblain, déjà auteur des "Carnets de Cerise" et de "Sorcières, sorcières", des séries qui ont déjà un chouette petit succès, au moins critique. Avec "Enola", il continue sur sa lancée, cette histoire d'une vétérinaire/psychologue pour animaux extraordinaires est certes assez basique dans la littérature pour enfants actuelle, mais il fallait trouver le bon angle, et aussi la bonne illustratrice.
Le bon angle, c'est ce côté moderne et en même temps intemporel, qui place la fillette dans notre époque sans vraiment y être, mais avec un ton résolument moderne. Joris Chamblain a aussi fait le choix de construire tous ces récits de la même manière : tandis qu'elle s'occupe d'un animal fantastique, une sous-intrigue propice à des gags simples, Enola est appelée au chevet d'un autre animal, ce qui constitue l'histoire principale. Simple, mais très efficace. Le tome 2 est construit selon le même schéma, avec des licornes.
La bonne illustratrice c'est Lucile Thibaudier, déjà à l'oeuvre sur "Sorcières, sorcières", qui affine encore son trait pour nous livrer des planches presque envoûtantes, avec une mise en couleurs magnifique, qui souligne à loisir son dessin si fin.
J'ai eu beaucoup de plaisir à suivre ces aventures d'Enola, et nul doute que les petites filles primo-lectrices (et les garçons aussi, pourquoi pas) en auront aussi, j'ai testé. A vous maintenant.
J’ai commencé à lire Bruno Brazil avec six ans. Beaucoup de surprises et de chocs se sont suivis au fil des années (la mort de quelques personnages, par exemple!).
Les scénarios de Greg sont du meilleur qui s’est fait au journal Tintin. Le dessin de Vance a progressé en qualité, jusqu’à "Sarabande à Sacramento" (le meilleur album de Vance, à mon avis).
Certaines histoires peuvent paraitre un peu datées aujourd'hui, mais la qualité du dessin et des scénarios reste globalement excellente. Les talents de Greg et de Vance sont bien mis en valeur, et je lis encore ces aventures avec plaisir. Je recommande la lecture et l’achat, pas seulement aux nostalgiques.
Dans un autre registre, Didier Tronchet nous a bien faire rire avec les "Damnés de la terre" et "Jean Claude Tergal". C'était de l'humour noir, grinçant, qui provoquait un rire plutôt désespéré.
Avec notre" Raoul Fulgurex", deux choses sautent aux yeux : Tronchet se révèle être un très bon scénariste, ce dont on ne doutait point et de plus son humour ici est du genre réjouissant, iconoclaste et qui pète le feu. Derrière tout cela on sent une envie jubilatoire de dézinguer à tout va en désacralisant les icônes de la BD.
Raoul est un looser, mais un looser magnifique, heureux de l'être, un looser, pourvu que sa dulcinée soit à ses côtés. Et ça y va, c'est la BD dans son ensemble qui en prend plein la tronche, même notre bon Tintin avec de bonnes joues rouges et ses envies de sexe n'est pas épargné.
C'est un peu con, mais d'une saine et bonne connerie, de celle qui fait du bien, muscle les zygomatiques. Ça détend et c'est le moins que l'on puisse demander pour ce genre de BD, aussi pour sortir de la grisaille, rien de tel qu'un petit coup de Raoul.
J'ai remarqué que bon nombre de manga estampillés début des années 2000 étaient facilement avisés sur ce site. Or, depuis quelques années, il y a une carence d'avis manifeste, ce qui est dommage. On retrouve d'ailleurs souvent les mêmes. Je me suis posé la question si ces mangas étaient précurseurs donc novateurs de quelque chose qui s'est malheureusement perdu dans la masse des productions actuelles. Actuellement, le manga se porte bien de manière générale.
Pour en revenir à ce titre, j'ai bien aimé cette histoire de parasite extraterrestre. Ce n'est pas nouveau dans l'idée mais original dans la construction et le déroulé.
Là encore, il n'y a pas d'effort de la part de l'éditeur pour nous le présenter dans un bon emballage. Le papier est vieilli et jauni. Cela ne donne pas envie de le lire s'il n'y avait pas cette couverture assez fascinante. Il est vrai que le graphisme date également un peu. Mais bon, il y a ce formidable scénario et ce message toujours d'actualité qui nous est délivré par l'auteur.
J'ai beaucoup aimé car c'est un manga court et plutôt bien construit. Le dessin est de bonne facture avec un trait précis. On regrettera juste une édition qui n'a pas été franchement soigneuse. C'est d'ailleurs le gros défaut de ces mangas estampillés "années 2000".
Le terrorisme biologique fait peur. C'est un aspect qui a été rarement abordé. L'atmosphère sera un peu froide et glauque. Cependant, on est très vite prisonnier de ce récit pour ne plus le lâcher. J'avoue que c'est une enquête plutôt passionnante.
Au final, nous avons un manga de qualité qui ne faiblit pas au fil de ces trois tomes. C'est en tous cas plus abouti que Duds Hunt ou Reset du même auteur. Pour la petite histoire, on reverra l'un des héros de Reset pour filer un petit coup de main informatique à nos enquêteurs de la police.
Les Westerns pour de rire comme on dit par ici, je suis grand fan.
Le sujet n'est pas si étrange que cela car on en dénombre pas mal en franco-belge couramment comme le décevant Al Crane (à mes yeux) et le très chouette Z comme don Diego.
Ici c'était pourtant mal parti dès le départ. N'étant pas un grand fan du dessin de B-Gnet que je trouve parfois réussi comme brouillon, j'ai eu du mal à lire cette grande histoire à déguster par tranches de tortillas ou petites scénettes de 2 à 6 pages mais il y a une certaine consistance dans le déroulement certes classique de cette bande de desperados bien "cassos" et puis et puis....
C'est venu d'un coup comme ça et ça ne m'a plus lâché du reste de toute cette BD....
Quoi donc ? L'avais je oublié depuis les œuvres de Fabcaro et Fabrice Erre mais c'est le rire tout simplement !!!!
Parce qu'autant vous le dire tout de suite, Santiago ce n'est pas très intello mais c'est franchement tellement absurde que je me suis surpris de sourire et de rire des situations improbables et des bons jeux de mots.
Le talent de B-Gnet est d'avoir écrit un scénario simple et éculé avec une bande de desperados qui accumulent les gaffes sous la tutelle du terrrrrrrrible Santiago peu aidé par un sosie du sergent Garcia qui va vous exploser les côtes, le bien nommé Pablo.
Quelques références hilarantes sur la Petite Maison dans la Prairie, les codes des films de Sergio Leone un peu chamboulés et l'introduction de Chico euh pardon Jessica soit une demoiselle dans la bande achèveront ces 96 pages qui connaissent peu de baisses de régime vers un final anthologique en guise de miroir....
On ajoute au tout une jolie colorisation et on emballe le tout dans un chouette petit livre bien réalisé comme souvent chez cet éditeur et c'est parti pour 96 pages hilarantes dont vous vous féliciterez l'acquisition ! D'ors et déjà culte !
Il me fallait bien une œuvre d'exception pour mon 500ème avis sur le site marron ! <3
Coup de cœur, coup de cœur...
En réalité, je dois être super sensible à certaines histoires puisque celle-ci m'a fait verser littéralement quelques larmes... Est ce que c'est ça un coup de cœur ? En tout cas, si ça touche, c'est que quelque chose passe.
J'ai toujours le besoin d'avoir entre les mains un bel album qui par sa qualité en tant qu'objet me permet d'apprécier encore plus la qualité de l'histoire.
La tristesse de l'éléphant est un album souple, ce qui est en général un mauvais point. Mais lorsqu'on ouvre ce livre, ses pages sont tellement agréable à tourner qu'on oublie sa nature souple, l'impression est tout de même sur du 150g, imprimé en quadrichromie. Un beau livre.
Le dessin crayonné est doux, il pose les bases d'une histoire sobre, tout en nuances. Il permet d'entrer dans cette histoire tout en douceur. Je me répète mais ce mot qualifie vraiment l'ensemble.
Quant à cette quadrichromie, c'est très beau, elle crée des contrastes saisissants et apporte une luminosité à des moments propices. On n'en use, ni abuse de façon superflue.
L'histoire est celle de Louis, un garçon vivant à l'orphelinat.
Sa carrure ronde, son tempérament "bonne pâte" font de lui ''l’éléphant''. Il essuie régulièrement moqueries et mauvais tours. Il est le souffre douleur parfait pour ses camarades. Celui qui subit sans rien dire.
Les rares moments d’échappatoires pour Louis sont conditionnés par la venue du cirque de Marcos et de la petite Clara.
Une histoire très touchante qui aborde des sujets sensibles et délicats comme le harcèlement, l'isolement et la maladie mais aussi l'amour et le courage.
Si vous aimez les belles histoires touchantes, celles qui font mouche sans artifices, qui caressent le cœur pour mieux le retourner, il faut lire "La tristesse de l’éléphant".
Il y avait très longtemps que je n'avais pas lu une Bd de Cosey depuis Jonathan ; en fait je me suis aperçu que je ne connaissais que cette Bd de lui, il était donc temps que je m'intéresse à ses autres travaux, et d'emblée je vois que le dessin est bien plus maîtrisé, plus travaillé, moins grossier que sur Jonathan, ça fait plaisir, encore que j'aimais bien le dessin sur Jonathan dans sa naïveté.
Dès le début avec le décor neigeux, on ne sait pas où on va tomber, ça peut se diriger vers un récit d'aventure ou policier, et puis une fois que Homer est dans sa maison et que la conversation téléphonique s'engage avec la fillette sur fond d'images du Vietnam, le récit prend toute sa dimension et devient tour à tour nostalgique, désenchanté, âpre, lucide, douloureux par endroits... bref très humain et surtout très chaleureux.
C'est un récit d'atmosphère à la narration entrecoupée, aux dialogues d'une grande justesse et avec toute la subtilité et la retenue de Cosey, bien mis en valeur par le dessin soigné et la mise en page. Les cadrages, les cases larges de différents formats, et le procédé d'alternance d'images employé dans cette Bd est original et très réussi, ça rend ce récit doux-amer et touchant. Les nombreuses cases muettes ont aussi quelque chose de contemplatif, comme dans pratiquement toute l'oeuvre de Cosey, et on peut d'ailleurs adopter d'abord une phase d'observation en détaillant les images, puis une phase de lecture proprement dite où on découvre le fond de cette histoire.
Quant à l'âge de la fillette, ça ne m'a pas dérangé ou étonné, contrairement à ce que signalent certains commentaires précédents ; de mon côté, à 11 ans, j'étais assez précoce, donc je ne trouve rien à redire là-dessus.
Un très bel album qui rend serein et confiant dans l'être humain (il en reste encore).
Très bon début pour cette série prometteuse. Décidément, après le château des étoiles qui est un beau livre, les éditions rue de Sèvre remettent le couvert en nous proposant un bel album joliment emballé. Il y a une vraie cohérence dans l’esthétisme extérieur.
Le graphisme et les couleurs sont très agréables.
Dès les premières pages nous entrons dans un monde réel, où les protagonistes n'ont absolument rien de fantastique. Les héros sont des personnages dénués de talents exceptionnels. Ils font le travail d'un cirque de quartier, d'ailleurs le public ne s'y trompe pas puisque les bancs des spectateurs sont quasiment vides.
Du moins sauf pour un homme...
Un savant complétement enchanté par le spectacle, voyant des dons spectaculaires chez les artistes au lieu de trucages grossiers.
Ce savant a une particularité assez loufoque, il perd la mémoire de ce qu'il a fait la veille. Par contre le lendemain, il se souviens de l'avant veille...
Ces trous de mémoires créent des situations vraiment amusantes.
Cette équipée sera missionnée pour aller sauver l'humanité qui court, d'après le savant, un immense danger.
Sans aller dans la bd concept, nous avons une histoire assez originale, un très joli visuel d'ensemble pour qu'elle mérite notre attention.
Un très bon album jeunesse.
Violette autour du Monde s'appelle Viola Giramondo en version originale. Cette série, créée en 2013, est l'oeuvre de deux auteurs italiens issus de l'école Disney. Si elle garde la tendresse et l'optimisme forcené des œuvres du fameux studio, elle possède son âme et sa personnalité propres. Elle a su en tout cas séduire Frédéric Brrémaud qui a assuré sa traduction et son adaptation en français pour les éditions Dargaud.
Et elle m'a fortement séduit également.
Se déroulant à la fin du XIXe siècle, elle met en scène une jeune fille de bientôt douze ans, membre d'un cirque regroupant comme une grande et belle famille des individus de toutes origines. Avec eux, elle voyage partout dans le monde et fait des rencontres et des découvertes pleines d'humour et de poésie. C'est ainsi qu'elle croisera notamment la route du peintre Toulouse-Lautrec à Paris, du compositeur Dvořák en Amérique ou encore qu'elle parcourra les étendues enneigées d'Asie Centrale. A chaque fois, ce seront des occasions de partager avec des cultures différentes, des points de vue philosophiques empreints d'ouverture au monde et de poésie.
Le dessin de Stefano Turconi est très beau. Coloré, rond et orienté vers la jeunesse, son style est très maîtrisé, agréable et charmant. Il ajoute à l'âme du récit et en accentue l'attrait par une esthétique chaude et douce. J'apprécie notamment beaucoup son travail sur la couleur.
Officiellement, les histoires s'adressent à des enfants de 8 à 12 ans. Je dirais qu'elles conviennent peut-être plus à des lecteurs un peu plus âgés ou adultes car l'action y laisse souvent la place à la discussion et à la contemplation. Il y a beaucoup de dialogues qui tiennent de la philosophie ou de la poésie. C'est beau, c'est très juste, mais cela pourrait ne plaire qu'aux jeunes lecteurs les plus romantiques. A l'inverse, cela parlera beaucoup à des lecteurs adultes à condition qu'ils puissent passer outre un léger côté édulcoré.
En effet, dans cette série, outre les sourires permanents de la majorité des personnages, il y a un aspect "tout le monde est beau, tout le monde est gentil" qui pourrait rebuter certains lecteurs. Mais cela contribue à une ambiance qui finalement sait se rendre charmante. La série aborde des sujets parfois graves mais en ressort toujours avec une vision positive. C'est une fenêtre ouverte vers l'optimisme et la découverte de la beauté du monde et des êtres humains.
Une belle bouffée de fraîcheur colorée et de tendresse intelligente.
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Enola et les animaux extraordinaires
Alors, là, voici une très belle série jeunesse les amis ! Elle dispose de nombreux atouts ; d'abord Joris Chamblain, déjà auteur des "Carnets de Cerise" et de "Sorcières, sorcières", des séries qui ont déjà un chouette petit succès, au moins critique. Avec "Enola", il continue sur sa lancée, cette histoire d'une vétérinaire/psychologue pour animaux extraordinaires est certes assez basique dans la littérature pour enfants actuelle, mais il fallait trouver le bon angle, et aussi la bonne illustratrice. Le bon angle, c'est ce côté moderne et en même temps intemporel, qui place la fillette dans notre époque sans vraiment y être, mais avec un ton résolument moderne. Joris Chamblain a aussi fait le choix de construire tous ces récits de la même manière : tandis qu'elle s'occupe d'un animal fantastique, une sous-intrigue propice à des gags simples, Enola est appelée au chevet d'un autre animal, ce qui constitue l'histoire principale. Simple, mais très efficace. Le tome 2 est construit selon le même schéma, avec des licornes. La bonne illustratrice c'est Lucile Thibaudier, déjà à l'oeuvre sur "Sorcières, sorcières", qui affine encore son trait pour nous livrer des planches presque envoûtantes, avec une mise en couleurs magnifique, qui souligne à loisir son dessin si fin. J'ai eu beaucoup de plaisir à suivre ces aventures d'Enola, et nul doute que les petites filles primo-lectrices (et les garçons aussi, pourquoi pas) en auront aussi, j'ai testé. A vous maintenant.
Bruno Brazil
J’ai commencé à lire Bruno Brazil avec six ans. Beaucoup de surprises et de chocs se sont suivis au fil des années (la mort de quelques personnages, par exemple!). Les scénarios de Greg sont du meilleur qui s’est fait au journal Tintin. Le dessin de Vance a progressé en qualité, jusqu’à "Sarabande à Sacramento" (le meilleur album de Vance, à mon avis). Certaines histoires peuvent paraitre un peu datées aujourd'hui, mais la qualité du dessin et des scénarios reste globalement excellente. Les talents de Greg et de Vance sont bien mis en valeur, et je lis encore ces aventures avec plaisir. Je recommande la lecture et l’achat, pas seulement aux nostalgiques.
Raoul Fulgurex
Dans un autre registre, Didier Tronchet nous a bien faire rire avec les "Damnés de la terre" et "Jean Claude Tergal". C'était de l'humour noir, grinçant, qui provoquait un rire plutôt désespéré. Avec notre" Raoul Fulgurex", deux choses sautent aux yeux : Tronchet se révèle être un très bon scénariste, ce dont on ne doutait point et de plus son humour ici est du genre réjouissant, iconoclaste et qui pète le feu. Derrière tout cela on sent une envie jubilatoire de dézinguer à tout va en désacralisant les icônes de la BD. Raoul est un looser, mais un looser magnifique, heureux de l'être, un looser, pourvu que sa dulcinée soit à ses côtés. Et ça y va, c'est la BD dans son ensemble qui en prend plein la tronche, même notre bon Tintin avec de bonnes joues rouges et ses envies de sexe n'est pas épargné. C'est un peu con, mais d'une saine et bonne connerie, de celle qui fait du bien, muscle les zygomatiques. Ça détend et c'est le moins que l'on puisse demander pour ce genre de BD, aussi pour sortir de la grisaille, rien de tel qu'un petit coup de Raoul.
Parasite
J'ai remarqué que bon nombre de manga estampillés début des années 2000 étaient facilement avisés sur ce site. Or, depuis quelques années, il y a une carence d'avis manifeste, ce qui est dommage. On retrouve d'ailleurs souvent les mêmes. Je me suis posé la question si ces mangas étaient précurseurs donc novateurs de quelque chose qui s'est malheureusement perdu dans la masse des productions actuelles. Actuellement, le manga se porte bien de manière générale. Pour en revenir à ce titre, j'ai bien aimé cette histoire de parasite extraterrestre. Ce n'est pas nouveau dans l'idée mais original dans la construction et le déroulé. Là encore, il n'y a pas d'effort de la part de l'éditeur pour nous le présenter dans un bon emballage. Le papier est vieilli et jauni. Cela ne donne pas envie de le lire s'il n'y avait pas cette couverture assez fascinante. Il est vrai que le graphisme date également un peu. Mais bon, il y a ce formidable scénario et ce message toujours d'actualité qui nous est délivré par l'auteur.
Manhole
J'ai beaucoup aimé car c'est un manga court et plutôt bien construit. Le dessin est de bonne facture avec un trait précis. On regrettera juste une édition qui n'a pas été franchement soigneuse. C'est d'ailleurs le gros défaut de ces mangas estampillés "années 2000". Le terrorisme biologique fait peur. C'est un aspect qui a été rarement abordé. L'atmosphère sera un peu froide et glauque. Cependant, on est très vite prisonnier de ce récit pour ne plus le lâcher. J'avoue que c'est une enquête plutôt passionnante. Au final, nous avons un manga de qualité qui ne faiblit pas au fil de ces trois tomes. C'est en tous cas plus abouti que Duds Hunt ou Reset du même auteur. Pour la petite histoire, on reverra l'un des héros de Reset pour filer un petit coup de main informatique à nos enquêteurs de la police.
Santiago
Les Westerns pour de rire comme on dit par ici, je suis grand fan. Le sujet n'est pas si étrange que cela car on en dénombre pas mal en franco-belge couramment comme le décevant Al Crane (à mes yeux) et le très chouette Z comme don Diego. Ici c'était pourtant mal parti dès le départ. N'étant pas un grand fan du dessin de B-Gnet que je trouve parfois réussi comme brouillon, j'ai eu du mal à lire cette grande histoire à déguster par tranches de tortillas ou petites scénettes de 2 à 6 pages mais il y a une certaine consistance dans le déroulement certes classique de cette bande de desperados bien "cassos" et puis et puis.... C'est venu d'un coup comme ça et ça ne m'a plus lâché du reste de toute cette BD.... Quoi donc ? L'avais je oublié depuis les œuvres de Fabcaro et Fabrice Erre mais c'est le rire tout simplement !!!! Parce qu'autant vous le dire tout de suite, Santiago ce n'est pas très intello mais c'est franchement tellement absurde que je me suis surpris de sourire et de rire des situations improbables et des bons jeux de mots. Le talent de B-Gnet est d'avoir écrit un scénario simple et éculé avec une bande de desperados qui accumulent les gaffes sous la tutelle du terrrrrrrrible Santiago peu aidé par un sosie du sergent Garcia qui va vous exploser les côtes, le bien nommé Pablo. Quelques références hilarantes sur la Petite Maison dans la Prairie, les codes des films de Sergio Leone un peu chamboulés et l'introduction de Chico euh pardon Jessica soit une demoiselle dans la bande achèveront ces 96 pages qui connaissent peu de baisses de régime vers un final anthologique en guise de miroir.... On ajoute au tout une jolie colorisation et on emballe le tout dans un chouette petit livre bien réalisé comme souvent chez cet éditeur et c'est parti pour 96 pages hilarantes dont vous vous féliciterez l'acquisition ! D'ors et déjà culte ! Il me fallait bien une œuvre d'exception pour mon 500ème avis sur le site marron ! <3
La Tristesse de l'éléphant
Coup de cœur, coup de cœur... En réalité, je dois être super sensible à certaines histoires puisque celle-ci m'a fait verser littéralement quelques larmes... Est ce que c'est ça un coup de cœur ? En tout cas, si ça touche, c'est que quelque chose passe. J'ai toujours le besoin d'avoir entre les mains un bel album qui par sa qualité en tant qu'objet me permet d'apprécier encore plus la qualité de l'histoire. La tristesse de l'éléphant est un album souple, ce qui est en général un mauvais point. Mais lorsqu'on ouvre ce livre, ses pages sont tellement agréable à tourner qu'on oublie sa nature souple, l'impression est tout de même sur du 150g, imprimé en quadrichromie. Un beau livre. Le dessin crayonné est doux, il pose les bases d'une histoire sobre, tout en nuances. Il permet d'entrer dans cette histoire tout en douceur. Je me répète mais ce mot qualifie vraiment l'ensemble. Quant à cette quadrichromie, c'est très beau, elle crée des contrastes saisissants et apporte une luminosité à des moments propices. On n'en use, ni abuse de façon superflue. L'histoire est celle de Louis, un garçon vivant à l'orphelinat. Sa carrure ronde, son tempérament "bonne pâte" font de lui ''l’éléphant''. Il essuie régulièrement moqueries et mauvais tours. Il est le souffre douleur parfait pour ses camarades. Celui qui subit sans rien dire. Les rares moments d’échappatoires pour Louis sont conditionnés par la venue du cirque de Marcos et de la petite Clara. Une histoire très touchante qui aborde des sujets sensibles et délicats comme le harcèlement, l'isolement et la maladie mais aussi l'amour et le courage. Si vous aimez les belles histoires touchantes, celles qui font mouche sans artifices, qui caressent le cœur pour mieux le retourner, il faut lire "La tristesse de l’éléphant".
Saigon-Hanoi
Il y avait très longtemps que je n'avais pas lu une Bd de Cosey depuis Jonathan ; en fait je me suis aperçu que je ne connaissais que cette Bd de lui, il était donc temps que je m'intéresse à ses autres travaux, et d'emblée je vois que le dessin est bien plus maîtrisé, plus travaillé, moins grossier que sur Jonathan, ça fait plaisir, encore que j'aimais bien le dessin sur Jonathan dans sa naïveté. Dès le début avec le décor neigeux, on ne sait pas où on va tomber, ça peut se diriger vers un récit d'aventure ou policier, et puis une fois que Homer est dans sa maison et que la conversation téléphonique s'engage avec la fillette sur fond d'images du Vietnam, le récit prend toute sa dimension et devient tour à tour nostalgique, désenchanté, âpre, lucide, douloureux par endroits... bref très humain et surtout très chaleureux. C'est un récit d'atmosphère à la narration entrecoupée, aux dialogues d'une grande justesse et avec toute la subtilité et la retenue de Cosey, bien mis en valeur par le dessin soigné et la mise en page. Les cadrages, les cases larges de différents formats, et le procédé d'alternance d'images employé dans cette Bd est original et très réussi, ça rend ce récit doux-amer et touchant. Les nombreuses cases muettes ont aussi quelque chose de contemplatif, comme dans pratiquement toute l'oeuvre de Cosey, et on peut d'ailleurs adopter d'abord une phase d'observation en détaillant les images, puis une phase de lecture proprement dite où on découvre le fond de cette histoire. Quant à l'âge de la fillette, ça ne m'a pas dérangé ou étonné, contrairement à ce que signalent certains commentaires précédents ; de mon côté, à 11 ans, j'étais assez précoce, donc je ne trouve rien à redire là-dessus. Un très bel album qui rend serein et confiant dans l'être humain (il en reste encore).
Les Spectaculaires
Très bon début pour cette série prometteuse. Décidément, après le château des étoiles qui est un beau livre, les éditions rue de Sèvre remettent le couvert en nous proposant un bel album joliment emballé. Il y a une vraie cohérence dans l’esthétisme extérieur. Le graphisme et les couleurs sont très agréables. Dès les premières pages nous entrons dans un monde réel, où les protagonistes n'ont absolument rien de fantastique. Les héros sont des personnages dénués de talents exceptionnels. Ils font le travail d'un cirque de quartier, d'ailleurs le public ne s'y trompe pas puisque les bancs des spectateurs sont quasiment vides. Du moins sauf pour un homme... Un savant complétement enchanté par le spectacle, voyant des dons spectaculaires chez les artistes au lieu de trucages grossiers. Ce savant a une particularité assez loufoque, il perd la mémoire de ce qu'il a fait la veille. Par contre le lendemain, il se souviens de l'avant veille... Ces trous de mémoires créent des situations vraiment amusantes. Cette équipée sera missionnée pour aller sauver l'humanité qui court, d'après le savant, un immense danger. Sans aller dans la bd concept, nous avons une histoire assez originale, un très joli visuel d'ensemble pour qu'elle mérite notre attention. Un très bon album jeunesse.
Violette autour du Monde
Violette autour du Monde s'appelle Viola Giramondo en version originale. Cette série, créée en 2013, est l'oeuvre de deux auteurs italiens issus de l'école Disney. Si elle garde la tendresse et l'optimisme forcené des œuvres du fameux studio, elle possède son âme et sa personnalité propres. Elle a su en tout cas séduire Frédéric Brrémaud qui a assuré sa traduction et son adaptation en français pour les éditions Dargaud. Et elle m'a fortement séduit également. Se déroulant à la fin du XIXe siècle, elle met en scène une jeune fille de bientôt douze ans, membre d'un cirque regroupant comme une grande et belle famille des individus de toutes origines. Avec eux, elle voyage partout dans le monde et fait des rencontres et des découvertes pleines d'humour et de poésie. C'est ainsi qu'elle croisera notamment la route du peintre Toulouse-Lautrec à Paris, du compositeur Dvořák en Amérique ou encore qu'elle parcourra les étendues enneigées d'Asie Centrale. A chaque fois, ce seront des occasions de partager avec des cultures différentes, des points de vue philosophiques empreints d'ouverture au monde et de poésie. Le dessin de Stefano Turconi est très beau. Coloré, rond et orienté vers la jeunesse, son style est très maîtrisé, agréable et charmant. Il ajoute à l'âme du récit et en accentue l'attrait par une esthétique chaude et douce. J'apprécie notamment beaucoup son travail sur la couleur. Officiellement, les histoires s'adressent à des enfants de 8 à 12 ans. Je dirais qu'elles conviennent peut-être plus à des lecteurs un peu plus âgés ou adultes car l'action y laisse souvent la place à la discussion et à la contemplation. Il y a beaucoup de dialogues qui tiennent de la philosophie ou de la poésie. C'est beau, c'est très juste, mais cela pourrait ne plaire qu'aux jeunes lecteurs les plus romantiques. A l'inverse, cela parlera beaucoup à des lecteurs adultes à condition qu'ils puissent passer outre un léger côté édulcoré. En effet, dans cette série, outre les sourires permanents de la majorité des personnages, il y a un aspect "tout le monde est beau, tout le monde est gentil" qui pourrait rebuter certains lecteurs. Mais cela contribue à une ambiance qui finalement sait se rendre charmante. La série aborde des sujets parfois graves mais en ressort toujours avec une vision positive. C'est une fenêtre ouverte vers l'optimisme et la découverte de la beauté du monde et des êtres humains. Une belle bouffée de fraîcheur colorée et de tendresse intelligente.