Comme son titre l'indique, c'est une pièce de théâtre.
Mais comme son titre ne l'indique pas, il n'est nullement question de "petite mort", il s'agit d'une comédie bourgeoise, à mi-chemin entre "les dix petits nègres" (pour son coté vieille Angleterre corsetée, mais teintée d'humour absurde) et la règle du jeu (pour son scénario tragi-comique bien ficelé, où la police finit par venir mettre son nez).
Les dialogues sont particulièrement bien tournés, le rythme est rapide, l'ambiance absurde et pleine de rebondissement. Mais ce qui me fait mettre 4 étoiles c'est le dessin.
Il a une originalité exquise dans le paysage actuel de la bande dessinée. Probablement peint à l'acrylique avec une pâte dans les visages qui leur donne une épaisseur marquante. Les cernés ont tendance à s'engraisser en tâches lorsque l'envie lui en prend, mais sans jamais nuire ni à la lisibilité ni à l'expression. Au contraire cela laisse entrevoir un mystère qui nous échappe.
Les couleurs très cacophoniques par moment, et la justesse des lumières (en particulier sur les visages) donnent un aspect étrange et riche à la fois à cet intérieur anglais et une certaine subtilité aux personnages. j'allais oublier des fautes de perspectives, ou d'anatomie, qui pourront gêner certains mais qui contribuent à l'atmosphère bancale de cette maison peuplées de fous dangereux mais courtois.
Bref un drame bourgeois plein de malices, dans un ambiance originale.
Charlier et Mitacq ont d'abord et surtout commis, à partir de 1955, La Patrouille des Castors pour le magasine Spirou, une bande dessinée scoute pour enfants sages, qui fleure bon les années 1950…
Puis les deux auteurs ont voulu produire des aventures un peu plus sombres, et surtout plus adolescentes, ce que ne permettaient pas les gentils scouts, même s'ils vieillissaient en devenant des pionniers (à partir du tome 15). Les deux auteurs ont donc profité de la naissance de Pilote (en 1959) pour créer, en parallèle, le personnage de Jacques Le Gall, sorte de grand pionnier rouquin et solitaire, jeune adulte adepte des longues randonnées pédestres en short, pataugas et sac à dos, toujours prêt à rendre service à son prochain, et à se plonger dans les ennuis par amour de la vérité et de la justice. Entre 1959 et 1966, il ne vivra que 6 aventures, mais elles dépassent en exotisme et en intensité celles des jeunes gens de la patrouille des Castors.
Les deux auteurs sont alors au sommet de leur art.
Mitacq, qui maîtrise à la perfection le style réaliste qu'il a développé dans La Patrouille des Castors, se livre dans les aventures de Jacques le Gall à un grand numéro, en particulier dans les trois albums qui sont réalisés au lavis, parce que la rédaction de Pilote estime que cette série “mineure” – par rapport à Astérix, Tanguy et Laverdure et Barbe-Rouge, excusez du peu… – ne vaut pas sa mise en couleurs ; du coup, le dessin est magnifique et chacune des planches est un petit chef d'œuvre. Mais si le style graphique de la série est si délié, c'est parce que, débordé par la nécessité de mener de front deux séries paraissant en épisodes à un rythme soutenu, son dessinateur officiel fait régulièrement appel à son ami René Follet, génial et discret illustrateur qui n'a alors que quelques épisodes des Belles Histoire de l'Oncle Paul à son actif, afin d'en réaliser les crayonnés. Jacques Le Gall y gagne un dynamisme et une élégance auxquels le trait un peu rigide de Mitacq n'aurait jamais pu prétendre. La griffe de Follet se reconnaît particulièrement dans les deux derniers épisodes, Le Secret des Templiers et Les naufrageurs qui portent très nettement la marque de ce grand monsieur.
À cette époque, Jean-Michel Charlier est au mieux de sa forme. Il anime une bonne dizaine de séries en parallèle tout en coprésidant la naissance de Pilote. Pour Jacques le Gall, il fournit quelques uns des meilleurs scénarii de sa longue et prolifique carrière. Malheureusement, surchargé de travail et accaparé par ses nombreuses obligations, il ne parvient pas à suivre le rythme stakhanoviste de ses dessinateurs et les aventures de Jacques Le Gall cessent au bout de six albums. Il faut aussi admettre que ces histoires ne sont pas toutes du même niveau.
La publication en album des aventures de Jacques Le Gall a été très tardive. Ils ont d'abord été repris en épisodes dans Le journal de Spirou à la fin des années 1970, puis publiés en album dans deux collections différentes et dans le désordre au début des années 1980, avant d'être présentés dans les volumes n°13 et 14 de la collection tout Mitacq à la fin des années 1990. L'habitude semble prise de séparer les trois épisodes en couleur des trois épisodes au lavis, sans respect pour la chronologie de parution initiale. Pour clarifier, je rétablis cet ordre chronologique.
1959 • Jacques Le Gall contre l’ombre
C'est l'album qui voit apparaître le personnage, d'apparence encore très juvénile. Jacques le Gall, perdu dans une sombre forêt par une nuit d'orage, découvre par hasard les activités crapuleuses d'un gang de trafiquants qui utilisent les ruines d'un château médiéval pour cacher leurs méfaits. L'histoire est classique et très datée, mais les ambiances de forêts pluvieuse, de ruines gothiques et de souterrains humides sont magnifiées par le lavis.
1961 • Le Lac de l’épouvante
Alors qu'il randonne dans les Alpes autrichiennes, Jacques Le Gall entre par hasard en possession d'une carte qui indique l'emplacement d'un trésor nazi. En pleine Guerre froide, agents secrets et anciens SS se mettent à ses trousses. Encore une histoire au lavis, avec des ambiances angoissantes, tant dans la nature grandiose et sauvage que dans Berlin à l'époque à le Mur est érigé. Magistral !
1962-63 • L'œil de Kali suivi de La déesse noire
Héritier d'un fabuleux joyau, Jacques Le Gall se lance à la recherche du temple perdu de la déesse Kali. C'est déjà un défi, mais l'odyssée devient franchement périlleuse lorsqu'il s'agit de parcourir les Indes avec à ses trousses les forces de police, les étrangleurs thugs et des truands avides. Ce sont deux albums en couleur, bien réalisés, mais qui accumulent les clichés sur les Indes (cobras, éléphants, tigres, fakirs et autres maharadjas…) et constituent un récit très classique de “course-poursuite au trésor” (voir Tiger Joe, écrit aussi par Charlier, pour la version africaine, avec l'ivoire comme MacGuffin à la place des émeraudes).
1965 • Le Secret des Templiers
Le meilleur album de la série. À mon sens, c'est même l'un des meilleurs albums de la BD franço-belge classique. Alors qu'il est perdu la nuit sous la pluie (d'accord, Charlier ne se foule pas en matière d'entrée en matière… mais quand on aime la rando…), Jacques Le Gall sauve la vie d'un homme qui recherche le trésor disparu des templiers. Il décide de l'aider dans sa quête, mais les templiers, qui n'ont pas tous disparu sous Philippe le Bel, ne sont pas d'accord du tout… Dernier retour au lavis, le résultat est somptueux. On est à l'apogée de la bande dessinée classique, avant mai 68, quand on avait le droit de prendre au sérieux les récits d'aventure sans relativisme ni ironie. Et bon sang que c'est bon !
1966 • Les Naufrageurs
Alors qu'il séjourne sur une île déserte de Méditerranée, Jacques Le Gall est témoin d'une baraterie. Il se lance aux trousses des truands, aidé par un jeune Africain dont le père a disparu. Un album en couleurs, dont les rebondissements, un peu trop rocambolesques ne convainquent guère malgré un rythme narratif soutenu. Mais c'est aussi l'album dans lequel le trait de René Follet est le plus évident.
En résumé, les meilleurs albums sont ceux qui se déroulent dans une atmosphère glauque et grisâtre, sous la pluie et en en Europe continentale. Je conseille particulièrement la vieille édition en grand format, intitulée Premières aventures.
Les vrais amateurs de bande dessinée classique devraient être comblés ! Personnellement, je ne vois pas pourquoi la nostalgie devrait être une maladie honteuse.
Si vous préférez les œuvres plus modernes, fuyez… mais vous ne savez pas ce que vous perdez…
Ma critique sera toute simple: j'ai adoré. J'avais déjà grandement apprécié Un petit goût de noisette. Là, nous avons une histoire complète qui s'inspire du propre vécu de l'auteure ayant des racines avec le Laos. C'est une quête sur soi-même et sur ses origines familiales.
J'aime non seulement le style graphique semi-réaliste mais également la pensée profonde de l'auteure sur le monde qui nous entoure en France. J'arrive à percevoir également la souffrance de ces déracinés qui tentent de s'intégrer coûte que coûte afin d'éviter le racisme ambiant. Avoir des origines étrangères n'est pas forcément bien vu. Vanyda va encore plus loin dans son analyse pour finalement la pondérer vers la fin ce qui révèle une grande justesse.
En tout cas, nous avons une gentille chronique sociale très positive dans un monde multiculturelle qui serait presque un souhait. Entre ici et ailleurs est un véritable réussite comme je les aime avec une héroïne fort sympathique. C'est actuel et résolument ancré dans une réalité non fantasmée. C'est frais et joyeux à la fois. C'est beau !
La lecture de Mezek a été un bon moment. Pas une grande lecture, mais une très bonne lecture. Pourquoi?
Tout d'abord le trait de Julliard est toujours aussi beau. Ses personnages sont agréables à regarder, les mise en situation très jolies également. Les batailles aériennes souffrent la comparaison avec Huguault mais cela reste de très belle facture.
L'histoire est intelligente et même si elle ne semble pas "trépidante", elle comporte son lot de rebondissements. C'est surtout ce background historique sur la naissance d'Israel et les premiers pas de son aviation militaire, avec le recours à du matériel et des pilotes étrangers et notamment allemands, les premiers errements politiques de cet état qui expliquent en partie certaines mouvances d'aujourd'hui, l'antipathie entre les mercenaires et les pilotes israélites. C'est instructif. Je suis ressorti de ma lecture moins stupide qu'en y entrant et surtout avec une envie d'informations, pari gagné donc pour ce bouquin.
que rajouter de plus? J'arrive après la bataille et tout a déjà été dit sur le contenu : un dessin expressif et dynamique, des contes d'enfance revisités avec humour et détachement et un happy end pour ce livre aux personnages animaliers.
Mais c'est que j'ai simplement a-d-o-r-é! C'est bien simple : je l'ai déjà prêté et re-prêté, fait l'article auprès de mes fréquentations y compris aux réfractaires aux phylactères!!
Ne courez pas chez votre libraire : précipitez vous y!!!
note : 4.5/5
Glenn Gould était le plus "jazzy" et le plus "allumé" des interprètes de Bach au piano !
Un personnalité unique qui s'appropriait totalement les œuvres même les plus abstraites et vous les restituait à sa mode, plein d'énergie, comme rarement voire jamais entendues ainsi. Les exégètes seront heurtés de tant d'iconoclastie musicale, pendant que les autres hurleront "Au Génie".
Il est tellement personnel dans son interprétation du répertoire que pour l'anecdote, lors d'un concerto pour piano en public, l'immense chef d'orchestre américain Léonard Bernstein avant de commencer son concert s'est adressé à la salle pour lui annoncer à peu près dans ces termes :
"Après la répétition, l'orchestre interprétera l'oeuvre en accord avec le pianiste mais je suis totalement en opposition avec ce parti pris pour jouer ce concerto" (No Comment)
Et bienvenue dans l'univers de Gould ...
Il était sur scène également assez étrange, car il préférait toujours sa chaise complètement démantibulée et qui ne ressemblait à rien, au siège réglables en hauteur, large et confortable, que l'on met à disposition de tout pianiste en concert !
Le livre me refait vivre cet étrange personnage, artiste des orteils jusqu'aux bout des ongles, et m'en apprend aussi sur sa jeunesse, sa vie affective, et ses tics et autres tocs.
Et sur la difficulté psychologique d'être un soliste. Sacerdoce de renoncements pour atteindre l'ultime parcelle de son art, et toujours en grande solitude.
Je peux comprendre que celui qui est étranger à la musique dite "classique" et aux pianistes en général, n'aient que peu d'intérêt à lire cet ouvrage. Pour eux, je ne conseille pas l'achat.
Mais pour les autres sans doute en très très grande minorité, découvrir ainsi ce pianiste est surprenant et réalisé avec beaucoup de sensibilité et de finesse, parfaitement en phase avec le personnage.
Le traitement graphique particulier et original m'a fort plus.
Parce que cet univers me parle, et que cette BD m'a apporté un grand bol d'air à être au côté d'un soliste que je ne connaissais que par sa discographie et sa fameuse chaise, pour ce beau moment de lecture, un très personnel 4 *.
Ce recueil de strips plus ou moins longs (qui vont d’un dessin pleine page à une dizaine sur plusieurs pages) aborde des sujets plus anodins que sa série phare, Mafalda, dans laquelle Quino tentait de glisser quelques idées politiques – dans le contexte de la dictature en Argentine (même si c’était un peu édulcoré dans la bouche de Mafalda).
Ici la restauration, le monde du travail, les transports et autres banalités sont détournées par le dessin de Quino. Y traine un humour tantôt noir, tantôt désuet, qui n’est pas sans rappeler Sempé parfois. C’est que la poésie n’est pas éloignée de cet univers. Le côté noir le rapproche aussi du travail de Serre (même si c’est moins poussé).
J’avoue nettement préférer cet aspect de l’œuvre de Quino, plus intéressant que Mafalda – même si peut-être moins connu. Même si celui-ci n'est pas mon préféré, je n’ai été déçu par aucun album de Quino dans cette veine.
Cet album est plutôt original dans sa forme. En effet, il y a souvent une déconstruction des planches, avec absence de case, un peu comme le faisait Druillet. Et comme lui, Arthur Qwak multiplie les explosions de lumière – dans des couleurs et des tons plus froids et, disons le tout de suite, avec un dessin et une colorisation qui me touchent nettement moins.
C’est parfois dur à suivre, à lire, du fait du découpage donc, mais aussi parce que l’intrigue est un peu compliquée à suivre je trouve. J’ai une ou deux fois dû faire une pause et un retour en arrière pour ne pas perdre le fil de l’histoire.
L’histoire, donc. Elle est un peu alambiquée. Mais Qwak donne un rythme assez élevé, qu’accentue son découpage. Le personnage de Lola est assez complexe, comme l’est le monde dépeint parfois comme un baisodrome : ce qui fait que ce n’est pas forcément tout public !
Avis mitigé donc. Une histoire dynamique, un habillage original, mais aussi une lecture pas toujours fluide et un dessin et une colorisation qui ne m’accrochent pas trop.
A feuilleter avant d’envisager un achat.
Note réelle 3,5/5.
Bienvenue chez les tarés !
Il n'y a que les États-Unis pour donner naissance à ce genre de malades pittoresques.
Un groupe de “survivalistes” s'est retiré loin de la civilisation et des hommes afin d'attendre la fin du monde. Ils sont persuadés qu'elle est imminente ; ils en observent les prémices en attendant : crise économique, changements climatiques, pandémies, bug de l'an 2000, tensions sociales, guerre nucléaire, météorites scélérates ou supervolcans… Peu importe quelle sera la cause de l'apocalypse, l'humanité va bientôt être décimée, ils n'ont aucun doute là-dessus.
Alors, ils se préparent pour le grand soir et se donnent les moyens de survivre le temps que la planète redevienne habitable. Derrière leurs barbelés, sous leur campement de mobil-homes, ils ont creusé des abris-bunkers où ils entassent de la nourriture, du matériel et des armes, beaucoup d'armes.
Mélange d'anarchisme libertarien et de fascisme eschatologique, leur doctrine paranoïaque les amène à fuir la société et à craindre tout ce qui vit à l'extérieur.
Un jour, sans prévenir, leurs enfants les exécutent, non pour se libérer de leur influence malsaine et rejoindre le monde normal, mais pour s'enfoncer plus avant dans leur délire… Bien sûr, tout se met à dérailler.
Les auteurs construisent un implacable thriller autour de l'histoire de ces adolescents pulsionnels, déchirés entre crainte, remords et espoirs. C'est brutal, saignant, immoral et assez désespérant, et j'ai dévoré d'une traite les quinze chapitres de ce gros thriller.
Les personnages a priori haïssables dévoilent des caractères tourmentés et complexes que le scénario met en valeur par petites touches très efficaces. On en viendrait presque à les plaindre par moments…
Le dessin est nerveux et sort de la production standardisée des auteurs de comics. Je n'aime pas trop la manière dont Christmas dessine les visages et il n'est pas simple de distinguer les nombreux personnages au début, mais heureusement, leur nombre se restreint assez vite…
Huis-clos étouffant, course poursuite dans les immensités enneigées, thriller rural, peinture sociale, Sheltered est un récit qui s'inspire du meilleur du cinéma hollywoodien. Les clins d'œil à Quentin Tarantino, aux frères Coen ou à Michael Cimino abondent. Ce one-shot dense fait honneur au thriller tout en dévoilant un pan peu reluisant de la culture nord-américaine.
Moi j'ai bien aimé cet album.
Parce qu'à partir d'un sujet somme toute anodin, la vie d'enfant d'un artiste connu surtout dans son pays lointain, Geneviève Marot à nous conter une histoire très sympathique, faite des petites anecdotes drôles, tendres ou tristes du quotidien de ce gamin d'un petit village malgache, et au final, à délivrer un message universel : "vis ton rêve".
Le ton est donc empathique, et le dessin, réalisé à base d'aquarelles, permet d'accroître cette empathie, car l'auteure s'y montre vraiment très à l'aise, renforçant l'expressivité des personnages, et réduisant les décors et la mise en scène à l'essentiel. C'est un peu dommage toutefois, on aurait aimé voir un peu plus la faune et la flore malgaches.
Mais cet album est authentique et frais, ne boudons pas notre plaisir.
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Petite mort en un acte
Comme son titre l'indique, c'est une pièce de théâtre. Mais comme son titre ne l'indique pas, il n'est nullement question de "petite mort", il s'agit d'une comédie bourgeoise, à mi-chemin entre "les dix petits nègres" (pour son coté vieille Angleterre corsetée, mais teintée d'humour absurde) et la règle du jeu (pour son scénario tragi-comique bien ficelé, où la police finit par venir mettre son nez). Les dialogues sont particulièrement bien tournés, le rythme est rapide, l'ambiance absurde et pleine de rebondissement. Mais ce qui me fait mettre 4 étoiles c'est le dessin. Il a une originalité exquise dans le paysage actuel de la bande dessinée. Probablement peint à l'acrylique avec une pâte dans les visages qui leur donne une épaisseur marquante. Les cernés ont tendance à s'engraisser en tâches lorsque l'envie lui en prend, mais sans jamais nuire ni à la lisibilité ni à l'expression. Au contraire cela laisse entrevoir un mystère qui nous échappe. Les couleurs très cacophoniques par moment, et la justesse des lumières (en particulier sur les visages) donnent un aspect étrange et riche à la fois à cet intérieur anglais et une certaine subtilité aux personnages. j'allais oublier des fautes de perspectives, ou d'anatomie, qui pourront gêner certains mais qui contribuent à l'atmosphère bancale de cette maison peuplées de fous dangereux mais courtois. Bref un drame bourgeois plein de malices, dans un ambiance originale.
Jacques Le Gall
Charlier et Mitacq ont d'abord et surtout commis, à partir de 1955, La Patrouille des Castors pour le magasine Spirou, une bande dessinée scoute pour enfants sages, qui fleure bon les années 1950… Puis les deux auteurs ont voulu produire des aventures un peu plus sombres, et surtout plus adolescentes, ce que ne permettaient pas les gentils scouts, même s'ils vieillissaient en devenant des pionniers (à partir du tome 15). Les deux auteurs ont donc profité de la naissance de Pilote (en 1959) pour créer, en parallèle, le personnage de Jacques Le Gall, sorte de grand pionnier rouquin et solitaire, jeune adulte adepte des longues randonnées pédestres en short, pataugas et sac à dos, toujours prêt à rendre service à son prochain, et à se plonger dans les ennuis par amour de la vérité et de la justice. Entre 1959 et 1966, il ne vivra que 6 aventures, mais elles dépassent en exotisme et en intensité celles des jeunes gens de la patrouille des Castors. Les deux auteurs sont alors au sommet de leur art. Mitacq, qui maîtrise à la perfection le style réaliste qu'il a développé dans La Patrouille des Castors, se livre dans les aventures de Jacques le Gall à un grand numéro, en particulier dans les trois albums qui sont réalisés au lavis, parce que la rédaction de Pilote estime que cette série “mineure” – par rapport à Astérix, Tanguy et Laverdure et Barbe-Rouge, excusez du peu… – ne vaut pas sa mise en couleurs ; du coup, le dessin est magnifique et chacune des planches est un petit chef d'œuvre. Mais si le style graphique de la série est si délié, c'est parce que, débordé par la nécessité de mener de front deux séries paraissant en épisodes à un rythme soutenu, son dessinateur officiel fait régulièrement appel à son ami René Follet, génial et discret illustrateur qui n'a alors que quelques épisodes des Belles Histoire de l'Oncle Paul à son actif, afin d'en réaliser les crayonnés. Jacques Le Gall y gagne un dynamisme et une élégance auxquels le trait un peu rigide de Mitacq n'aurait jamais pu prétendre. La griffe de Follet se reconnaît particulièrement dans les deux derniers épisodes, Le Secret des Templiers et Les naufrageurs qui portent très nettement la marque de ce grand monsieur. À cette époque, Jean-Michel Charlier est au mieux de sa forme. Il anime une bonne dizaine de séries en parallèle tout en coprésidant la naissance de Pilote. Pour Jacques le Gall, il fournit quelques uns des meilleurs scénarii de sa longue et prolifique carrière. Malheureusement, surchargé de travail et accaparé par ses nombreuses obligations, il ne parvient pas à suivre le rythme stakhanoviste de ses dessinateurs et les aventures de Jacques Le Gall cessent au bout de six albums. Il faut aussi admettre que ces histoires ne sont pas toutes du même niveau. La publication en album des aventures de Jacques Le Gall a été très tardive. Ils ont d'abord été repris en épisodes dans Le journal de Spirou à la fin des années 1970, puis publiés en album dans deux collections différentes et dans le désordre au début des années 1980, avant d'être présentés dans les volumes n°13 et 14 de la collection tout Mitacq à la fin des années 1990. L'habitude semble prise de séparer les trois épisodes en couleur des trois épisodes au lavis, sans respect pour la chronologie de parution initiale. Pour clarifier, je rétablis cet ordre chronologique. 1959 • Jacques Le Gall contre l’ombre
C'est l'album qui voit apparaître le personnage, d'apparence encore très juvénile. Jacques le Gall, perdu dans une sombre forêt par une nuit d'orage, découvre par hasard les activités crapuleuses d'un gang de trafiquants qui utilisent les ruines d'un château médiéval pour cacher leurs méfaits. L'histoire est classique et très datée, mais les ambiances de forêts pluvieuse, de ruines gothiques et de souterrains humides sont magnifiées par le lavis.
1961 • Le Lac de l’épouvante
Alors qu'il randonne dans les Alpes autrichiennes, Jacques Le Gall entre par hasard en possession d'une carte qui indique l'emplacement d'un trésor nazi. En pleine Guerre froide, agents secrets et anciens SS se mettent à ses trousses. Encore une histoire au lavis, avec des ambiances angoissantes, tant dans la nature grandiose et sauvage que dans Berlin à l'époque à le Mur est érigé. Magistral !
1962-63 • L'œil de Kali suivi de La déesse noire
Héritier d'un fabuleux joyau, Jacques Le Gall se lance à la recherche du temple perdu de la déesse Kali. C'est déjà un défi, mais l'odyssée devient franchement périlleuse lorsqu'il s'agit de parcourir les Indes avec à ses trousses les forces de police, les étrangleurs thugs et des truands avides. Ce sont deux albums en couleur, bien réalisés, mais qui accumulent les clichés sur les Indes (cobras, éléphants, tigres, fakirs et autres maharadjas…) et constituent un récit très classique de “course-poursuite au trésor” (voir Tiger Joe, écrit aussi par Charlier, pour la version africaine, avec l'ivoire comme MacGuffin à la place des émeraudes).
1965 • Le Secret des Templiers
Le meilleur album de la série. À mon sens, c'est même l'un des meilleurs albums de la BD franço-belge classique. Alors qu'il est perdu la nuit sous la pluie (d'accord, Charlier ne se foule pas en matière d'entrée en matière… mais quand on aime la rando…), Jacques Le Gall sauve la vie d'un homme qui recherche le trésor disparu des templiers. Il décide de l'aider dans sa quête, mais les templiers, qui n'ont pas tous disparu sous Philippe le Bel, ne sont pas d'accord du tout… Dernier retour au lavis, le résultat est somptueux. On est à l'apogée de la bande dessinée classique, avant mai 68, quand on avait le droit de prendre au sérieux les récits d'aventure sans relativisme ni ironie. Et bon sang que c'est bon !
1966 • Les Naufrageurs
Alors qu'il séjourne sur une île déserte de Méditerranée, Jacques Le Gall est témoin d'une baraterie. Il se lance aux trousses des truands, aidé par un jeune Africain dont le père a disparu. Un album en couleurs, dont les rebondissements, un peu trop rocambolesques ne convainquent guère malgré un rythme narratif soutenu. Mais c'est aussi l'album dans lequel le trait de René Follet est le plus évident.
En résumé, les meilleurs albums sont ceux qui se déroulent dans une atmosphère glauque et grisâtre, sous la pluie et en en Europe continentale. Je conseille particulièrement la vieille édition en grand format, intitulée Premières aventures.
Les vrais amateurs de bande dessinée classique devraient être comblés ! Personnellement, je ne vois pas pourquoi la nostalgie devrait être une maladie honteuse.
Si vous préférez les œuvres plus modernes, fuyez… mais vous ne savez pas ce que vous perdez…
Entre ici et ailleurs
Ma critique sera toute simple: j'ai adoré. J'avais déjà grandement apprécié Un petit goût de noisette. Là, nous avons une histoire complète qui s'inspire du propre vécu de l'auteure ayant des racines avec le Laos. C'est une quête sur soi-même et sur ses origines familiales. J'aime non seulement le style graphique semi-réaliste mais également la pensée profonde de l'auteure sur le monde qui nous entoure en France. J'arrive à percevoir également la souffrance de ces déracinés qui tentent de s'intégrer coûte que coûte afin d'éviter le racisme ambiant. Avoir des origines étrangères n'est pas forcément bien vu. Vanyda va encore plus loin dans son analyse pour finalement la pondérer vers la fin ce qui révèle une grande justesse. En tout cas, nous avons une gentille chronique sociale très positive dans un monde multiculturelle qui serait presque un souhait. Entre ici et ailleurs est un véritable réussite comme je les aime avec une héroïne fort sympathique. C'est actuel et résolument ancré dans une réalité non fantasmée. C'est frais et joyeux à la fois. C'est beau !
Mezek
La lecture de Mezek a été un bon moment. Pas une grande lecture, mais une très bonne lecture. Pourquoi? Tout d'abord le trait de Julliard est toujours aussi beau. Ses personnages sont agréables à regarder, les mise en situation très jolies également. Les batailles aériennes souffrent la comparaison avec Huguault mais cela reste de très belle facture. L'histoire est intelligente et même si elle ne semble pas "trépidante", elle comporte son lot de rebondissements. C'est surtout ce background historique sur la naissance d'Israel et les premiers pas de son aviation militaire, avec le recours à du matériel et des pilotes étrangers et notamment allemands, les premiers errements politiques de cet état qui expliquent en partie certaines mouvances d'aujourd'hui, l'antipathie entre les mercenaires et les pilotes israélites. C'est instructif. Je suis ressorti de ma lecture moins stupide qu'en y entrant et surtout avec une envie d'informations, pari gagné donc pour ce bouquin.
Le Grand Méchant Renard
que rajouter de plus? J'arrive après la bataille et tout a déjà été dit sur le contenu : un dessin expressif et dynamique, des contes d'enfance revisités avec humour et détachement et un happy end pour ce livre aux personnages animaliers. Mais c'est que j'ai simplement a-d-o-r-é! C'est bien simple : je l'ai déjà prêté et re-prêté, fait l'article auprès de mes fréquentations y compris aux réfractaires aux phylactères!! Ne courez pas chez votre libraire : précipitez vous y!!! note : 4.5/5
Glenn Gould - Une vie à contretemps
Glenn Gould était le plus "jazzy" et le plus "allumé" des interprètes de Bach au piano ! Un personnalité unique qui s'appropriait totalement les œuvres même les plus abstraites et vous les restituait à sa mode, plein d'énergie, comme rarement voire jamais entendues ainsi. Les exégètes seront heurtés de tant d'iconoclastie musicale, pendant que les autres hurleront "Au Génie". Il est tellement personnel dans son interprétation du répertoire que pour l'anecdote, lors d'un concerto pour piano en public, l'immense chef d'orchestre américain Léonard Bernstein avant de commencer son concert s'est adressé à la salle pour lui annoncer à peu près dans ces termes : "Après la répétition, l'orchestre interprétera l'oeuvre en accord avec le pianiste mais je suis totalement en opposition avec ce parti pris pour jouer ce concerto" (No Comment) Et bienvenue dans l'univers de Gould ... Il était sur scène également assez étrange, car il préférait toujours sa chaise complètement démantibulée et qui ne ressemblait à rien, au siège réglables en hauteur, large et confortable, que l'on met à disposition de tout pianiste en concert ! Le livre me refait vivre cet étrange personnage, artiste des orteils jusqu'aux bout des ongles, et m'en apprend aussi sur sa jeunesse, sa vie affective, et ses tics et autres tocs. Et sur la difficulté psychologique d'être un soliste. Sacerdoce de renoncements pour atteindre l'ultime parcelle de son art, et toujours en grande solitude. Je peux comprendre que celui qui est étranger à la musique dite "classique" et aux pianistes en général, n'aient que peu d'intérêt à lire cet ouvrage. Pour eux, je ne conseille pas l'achat. Mais pour les autres sans doute en très très grande minorité, découvrir ainsi ce pianiste est surprenant et réalisé avec beaucoup de sensibilité et de finesse, parfaitement en phase avec le personnage. Le traitement graphique particulier et original m'a fort plus. Parce que cet univers me parle, et que cette BD m'a apporté un grand bol d'air à être au côté d'un soliste que je ne connaissais que par sa discographie et sa fameuse chaise, pour ce beau moment de lecture, un très personnel 4 *.
Panorama
Ce recueil de strips plus ou moins longs (qui vont d’un dessin pleine page à une dizaine sur plusieurs pages) aborde des sujets plus anodins que sa série phare, Mafalda, dans laquelle Quino tentait de glisser quelques idées politiques – dans le contexte de la dictature en Argentine (même si c’était un peu édulcoré dans la bouche de Mafalda). Ici la restauration, le monde du travail, les transports et autres banalités sont détournées par le dessin de Quino. Y traine un humour tantôt noir, tantôt désuet, qui n’est pas sans rappeler Sempé parfois. C’est que la poésie n’est pas éloignée de cet univers. Le côté noir le rapproche aussi du travail de Serre (même si c’est moins poussé). J’avoue nettement préférer cet aspect de l’œuvre de Quino, plus intéressant que Mafalda – même si peut-être moins connu. Même si celui-ci n'est pas mon préféré, je n’ai été déçu par aucun album de Quino dans cette veine.
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Cet album est plutôt original dans sa forme. En effet, il y a souvent une déconstruction des planches, avec absence de case, un peu comme le faisait Druillet. Et comme lui, Arthur Qwak multiplie les explosions de lumière – dans des couleurs et des tons plus froids et, disons le tout de suite, avec un dessin et une colorisation qui me touchent nettement moins. C’est parfois dur à suivre, à lire, du fait du découpage donc, mais aussi parce que l’intrigue est un peu compliquée à suivre je trouve. J’ai une ou deux fois dû faire une pause et un retour en arrière pour ne pas perdre le fil de l’histoire. L’histoire, donc. Elle est un peu alambiquée. Mais Qwak donne un rythme assez élevé, qu’accentue son découpage. Le personnage de Lola est assez complexe, comme l’est le monde dépeint parfois comme un baisodrome : ce qui fait que ce n’est pas forcément tout public ! Avis mitigé donc. Une histoire dynamique, un habillage original, mais aussi une lecture pas toujours fluide et un dessin et une colorisation qui ne m’accrochent pas trop. A feuilleter avant d’envisager un achat. Note réelle 3,5/5.
Sheltered - Un récit pré-apocalyptique
Bienvenue chez les tarés ! Il n'y a que les États-Unis pour donner naissance à ce genre de malades pittoresques. Un groupe de “survivalistes” s'est retiré loin de la civilisation et des hommes afin d'attendre la fin du monde. Ils sont persuadés qu'elle est imminente ; ils en observent les prémices en attendant : crise économique, changements climatiques, pandémies, bug de l'an 2000, tensions sociales, guerre nucléaire, météorites scélérates ou supervolcans… Peu importe quelle sera la cause de l'apocalypse, l'humanité va bientôt être décimée, ils n'ont aucun doute là-dessus. Alors, ils se préparent pour le grand soir et se donnent les moyens de survivre le temps que la planète redevienne habitable. Derrière leurs barbelés, sous leur campement de mobil-homes, ils ont creusé des abris-bunkers où ils entassent de la nourriture, du matériel et des armes, beaucoup d'armes. Mélange d'anarchisme libertarien et de fascisme eschatologique, leur doctrine paranoïaque les amène à fuir la société et à craindre tout ce qui vit à l'extérieur. Un jour, sans prévenir, leurs enfants les exécutent, non pour se libérer de leur influence malsaine et rejoindre le monde normal, mais pour s'enfoncer plus avant dans leur délire… Bien sûr, tout se met à dérailler. Les auteurs construisent un implacable thriller autour de l'histoire de ces adolescents pulsionnels, déchirés entre crainte, remords et espoirs. C'est brutal, saignant, immoral et assez désespérant, et j'ai dévoré d'une traite les quinze chapitres de ce gros thriller. Les personnages a priori haïssables dévoilent des caractères tourmentés et complexes que le scénario met en valeur par petites touches très efficaces. On en viendrait presque à les plaindre par moments… Le dessin est nerveux et sort de la production standardisée des auteurs de comics. Je n'aime pas trop la manière dont Christmas dessine les visages et il n'est pas simple de distinguer les nombreux personnages au début, mais heureusement, leur nombre se restreint assez vite… Huis-clos étouffant, course poursuite dans les immensités enneigées, thriller rural, peinture sociale, Sheltered est un récit qui s'inspire du meilleur du cinéma hollywoodien. Les clins d'œil à Quentin Tarantino, aux frères Coen ou à Michael Cimino abondent. Ce one-shot dense fait honneur au thriller tout en dévoilant un pan peu reluisant de la culture nord-américaine.
Sous le tamarinier de Betioky
Moi j'ai bien aimé cet album. Parce qu'à partir d'un sujet somme toute anodin, la vie d'enfant d'un artiste connu surtout dans son pays lointain, Geneviève Marot à nous conter une histoire très sympathique, faite des petites anecdotes drôles, tendres ou tristes du quotidien de ce gamin d'un petit village malgache, et au final, à délivrer un message universel : "vis ton rêve". Le ton est donc empathique, et le dessin, réalisé à base d'aquarelles, permet d'accroître cette empathie, car l'auteure s'y montre vraiment très à l'aise, renforçant l'expressivité des personnages, et réduisant les décors et la mise en scène à l'essentiel. C'est un peu dommage toutefois, on aurait aimé voir un peu plus la faune et la flore malgaches. Mais cet album est authentique et frais, ne boudons pas notre plaisir.