C'est le premier album que je lis de ces auteurs et je dois dire que c'est une belle surprise.
C'est l'univers graphique tout à fait original qui m'a d'abord interpellé. Les dessins aux couleurs psychédéliques sont superbes et imposent une ambiance très « sixties » délicieusement rétro. Le trait d'Alexandre Clérisse est fluide et dynamique et apporte une jolie singularité dans la production actuelle.
Le scénario n'est pas en reste. Smolderen fait feu de tout bois en proposant une histoire complexe, pleine de rebondissements, qui mélange espionnage, thriller et récit d'initiation. Et ça fonctionne ! Difficile de lâcher l’Été Diabolik avant la fin. Le scénariste navigue habilement entre les deux époques de son récit.
Petit bémol, j'ai trouvé que certains pans de l'intrigue étaient vraiment trop gros. Je ne m'étends pas pour ne pas spoiler. Rien de gênant cependant.
Je ne peux qu'encourager la découverte de ce bel album.
Un très agréable moment de lecture !
Après Lydie, Le Beau Voyage, ou encore l'excellent Pendant que le roi de prusse..., Zidrou s'attaque à un nouveau thème délicat : l'adoption. Et une nouvelle fois il signe un récit puissant et parvient autant à émerveiller le lecteur qu'à toucher sa corde sensible. Quelle justesse dans le ton et dans l'ambiance donnée au récit. Quelle maîtrise dans l'approche et quel talent dans la façon d'aborder ce sujet pas simple. Que de choix judicieux opérés dans le déroulement de l'histoire.... Il me manque de superlatif pour exprimer toutes les qualités de cette BD.
Les émotions ressenties sont nombreuses, fréquentes et variées. On est inquiet de s'avoir si ce grand père va accepter cette petite fille venu du bout du monde. On est tout sourire de voir la gamine faire ses premières bêtises ou prononcer ses premiers mots en français. On est heureux de voir les liens qui se tissent enfin entre le grand père et la petite. On est sans voix devant le final de ce premier tome... C'est très fort.
Pour ne rien gâcher, petite cerise sur le gâteau, le dessin est magnifique et totalement en harmonie avec l'intrigue. Au final pas grand chose à dire si ce n'est que cette lecture trotte encore dans ma tête quelques jours après avoir refermé l'album. La suite c'est pour quand ?
Je découvre avec cet album Loo Hui Phang, et c’est plutôt une bonne pioche. J’étais déjà fan du travail de Peeters, et j’étais curieux de voir ce qu’il pouvait faire dans un univers western. Il est vrai qu’il excelle dans les histoires intimistes, jouant sur les sensations (voir Lupus ou Pilules bleues, pour citer deux séries de lui très différentes), et que c’est clairement sur ce registre que joue le scénario de Phang.
C’est donc un western atypique (comme pouvait l’être le récent Stern), loin des clichés du genre. Très loin même, puisque dans cet univers très machiste, c’est une relation ambigüe, flirtant avec l’homosexualité, qui est nouée entre les deux protagonistes principaux. A ma connaissance, seul Deadline avait déjà mêlé les deux univers.
Peu d’action finalement dans ce western, où l’intrigue progresse lentement, sensuelle, repoussant peu à peu les non-dits, les blocages et préventions des uns et des autres. Une chouette histoire en tout cas. J’aurais juste un petit bémol à ajouter concernant le côté vaguement fantastique, qui ne m’a pas toujours convaincu.
Le dessin de Peeters est très bon – c’est un euphémisme ! Il s’est là aussi affranchi des canons du genre, utilisant des couleurs chaudes, avec des tons presque tropicaux, la colorisation étant à l’unisson de cette charte graphique originale.
Un album original et hautement recommandable !
Le premier aspect qui m’aura marqué à la lecture de cet album, c’est la qualité du trait. Un style semi-réaliste à la fois très accessible et pourtant riche de détails sert en effet de support à ce récit historique. Ce trait est, de plus, bien soutenu par une colorisation nette et vive. Elle pourra paraître trop tranchée aux yeux de certains mais, de mon point de vue, elle est un des accroches-regards de l’album.
Vient ensuite le fond. Et ce récit historique, librement adapté des écrits d’Alexis de Tocqueville (et plus précisément de « Quinze jours dans le désert »), s’est avéré aussi divertissant qu’instructif. Alexis de Tocqueville, dont je ne connaissais finalement que le nom, m'est apparu comme un penseur, un philosophe et un humaniste des plus intéressants. Sa quête d’un mode sociétal juste au travers d’un Ouest en voie de colonisation va le mener à quelques remises en question qui feront de ce récit un voyage exotique, initiatique... et désabusé. Témoins de la disparition d’une civilisation, Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont posent avant l’heure un regard écologiste et humaniste dont on ne peut que saluer la pertinence avec le recul (de près de deux siècles).
Plus qu’une biographie, ce récit est à la fois récit d’aventure et de réflexion. Il divertit et interpelle, nous donne à réfléchir sur l’évolution de nos sociétés sans nous assommer de rhétorique. Un bien bel album, en définitive.
Claude Paiement et Jean-Paul Eid se retrouvent plusieurs années après "Le naufragé de Memoria'" et ils ont produit une excellente histoire, bien mieux que leur première.
Il faut dire qu'une grande partie de l'action se situe dans le Québec des années 50, une période historique que j'aime beaucoup. On suit le destin d'une femme qui veut chanter à Montréal durant l'âge d'or des cabarets, ces endroits où on pouvait voir des spectacles tout en mangeant et buvant de l'alcool et qui étaient souvent tenus par la pègre. J'ai beaucoup aimé l'ambiance de cette époque et les auteurs montrent très bien que c'est la fin d'une époque et qu'une autre va bientôt arriver.
Parallèlement, on suit en 2002 un homme qui vient de découvrir sa vraie famille et qui va remonter dans ses racines. On devine facilement comment ces deux histoires sont liées, mais le scénario réserve des surprises. Le scénario est prenant et le dessin d'Eid est vraiment un des plus beaux de la bande dessinée québécoise.
Il existe pas mal d’albums ou de séries totalement muets, et cela n’entrave en rien la compréhension de la plupart des albums qui se sont essayés à cette « atrophie ». Mais Navo tente ici un pari assez original et risqué, puisque ce sont les « images » qu’il supprime, se contentant de phylactères et de textes en off, au milieu de « cases » (ici de vagues espaces aux couleurs pétantes), sur des strips généralement de trois cases.
Est-ce encore de la bande dessinée donc ? Oui et non. Mais en fait je m’en fiche ici, car le résultat est plutôt réussi.
C’est inégal évidemment vu le nombre important de strips. Mais globalement, j’ai trouvé ça drôle, l’ensemble surfant sur une vague d’humour con, parfois noir (avec un bon nombre de gags tournant autour du sexe : mais comme il n’y a pas d’image…).
J’ai en particulier bien rigolé en lisant les running gags autour du docteur Johnson !
Bref, un peu trash (mais pas trop), souvent drôle. Si ce genre d’humour vous plait (et que vous ne misez pas tout sur le dessin, qui plus est académique !), n’hésitez pas à acheter cette série atypique (je viens de me relire une nouvelle fois l’intégrale en m’esclaffant encore de gags très cons mais vraiment marrants).
Du coup, je monte jusqu’à quatre étoiles (note réelle 3,5/5).
Cette biographie partielle est plutôt surprenante.
Avant de nous proposer la biographie et l'héritage artistique du peintre adulé, Giorgia Marras s'est attachée au parcours de l'homme, qui en a laissé de larges témoignages écrits, aussi surprenant que cela puisse paraître.
Pour ce faire elle a identifié les cases de souvenirs par une ambiance bleutée, laissant sa propre interprétation (qui constitue l'essentiel de l'album) en niveaux de gris, avec ce qui ressemble à du crayon à papier. L'ensemble est assez plaisant, même si un peu décousu par moments.
Ce parti-pris de ne PAS traiter le côté artistique est assez audacieux, et je le salue, derrière chaque artiste se trouve un homme. Sympathique.
3,5/5.
Un peu passé à la trappe depuis quelques années, le genre western ressort tranquillement des cartons ces derniers mois, avec quelques bonnes surprises, dont fait partie ce "Undertaker". Un peu blasé par le lancement marketing de la série qui à coup de superlatifs à n'en plus finir avait eu raison de ma curiosité, j'ai fini par me laisser tenter avec la sortie du 2e tome.
Et il faut bien le dire, c'est plutôt bien campé. Même moi qui ne suis pas spécialement un aficionados du western, j'ai passé un bon moment de lecture. Et c'est surtout la qualité du dessin de Ralph Meyer qui y a contribué. Wow ! Quel coup de crayon ! Certaines de ses planches sont tout bonnement magnifiques !
Côté scénario, là, à mon point de vue on a un puissant melting pot de clichés savamment travaillés façon élixir de bonimenteur. On nous promet tout et son contraire pour faire des miracles... et ça passe ma foi. On évite le goudron et les plumes, et sans pouvoir crier à l'arnaque, on se laisse prendre par le rythme soutenu et bien travaillé de la narration. Bon, on est quand même loin du génie qu'on nous a vendu, mais j'ai passé un agréable moment de lecture qui m'a même réconcilié avec le genre.
Alors, oui, cette série est à lire et découvrir, ne serait-ce que pour le dessin de Meyer.
Je suis tombée sur une page où un petit bougre à poil défiait une armée de nonnes à la pointe de l'épée, et je ne sais pas pourquoi ; ça m'a plu.
C'est plein de ressort, en même temps que de bons sentiments, et il me semble qu'on ne peut admettre les seconds sans le premier. C'est donc réussi.
Des personnages très différenciés, des petits des gros, des vieux des jeunes, des femmes, des hommes, des animaux, des robots, des humains. Des belles gueules et des moches, des bourrins et des intellos, bref ça fourmille agréablement.
Un scénario où des chevaliers déchus vont visiblement se trouver une nouvelle jeunesse au contact du turbulent petit Manille. C'est un premier tome et tous les personnages de la troupe n'ont pas encore pu montrer leur mesure, mais je dis que ça promet. "Y a du potentiel !", comme disent les agents immobiliers.
Après lecture du second tome, mon enthousiasme reste intact, le scénario s'enrichit d'une approche à plusieurs points de vues, puisque la troupe est séparée. Les couleurs et les décors restent un point faible mais pas rédhibitoire.
Un moment bien agréable de lecture pour un album jeunesse
3.5
Un livre formidable si comme moi on veut découvrir l'univers de Deadpool. J'avais déjà lu deux mini-séries le mettant en vedette, mais elles dataient des années 90 et il y a donc une grande période que je n'avais jamais lue encore.
Cet album regroupe plusieurs histoires de Deadpool (incluant sa première apparition dans un numéro de News mutants qui ne dure que quelques pages) et on voit différentes périodes de ce personnage, notamment lorsqu'il faisait équipe avec Câble. On retrouve les éléments que j'avais bien aimés dans le film: un mélange d'action, d'humour et parfois c'est un peu sérieux et touchant. Le personnage de Deadpool est charismatique et attachant.
Le seul truc qui m'a déçu c'est l'histoire où Deadpool et la vieille femme aveugle retournent dans le temps par erreur et se retrouvent dans un vieux numéro de Spider-Man. J'avais lu que c'était génial, mais j'ai "juste" trouvé cela sympa sans plus et certains gags sont un peu trop lourds.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
L'Eté Diabolik
C'est le premier album que je lis de ces auteurs et je dois dire que c'est une belle surprise. C'est l'univers graphique tout à fait original qui m'a d'abord interpellé. Les dessins aux couleurs psychédéliques sont superbes et imposent une ambiance très « sixties » délicieusement rétro. Le trait d'Alexandre Clérisse est fluide et dynamique et apporte une jolie singularité dans la production actuelle. Le scénario n'est pas en reste. Smolderen fait feu de tout bois en proposant une histoire complexe, pleine de rebondissements, qui mélange espionnage, thriller et récit d'initiation. Et ça fonctionne ! Difficile de lâcher l’Été Diabolik avant la fin. Le scénariste navigue habilement entre les deux époques de son récit. Petit bémol, j'ai trouvé que certains pans de l'intrigue étaient vraiment trop gros. Je ne m'étends pas pour ne pas spoiler. Rien de gênant cependant. Je ne peux qu'encourager la découverte de ce bel album. Un très agréable moment de lecture !
L'Adoption
Après Lydie, Le Beau Voyage, ou encore l'excellent Pendant que le roi de prusse..., Zidrou s'attaque à un nouveau thème délicat : l'adoption. Et une nouvelle fois il signe un récit puissant et parvient autant à émerveiller le lecteur qu'à toucher sa corde sensible. Quelle justesse dans le ton et dans l'ambiance donnée au récit. Quelle maîtrise dans l'approche et quel talent dans la façon d'aborder ce sujet pas simple. Que de choix judicieux opérés dans le déroulement de l'histoire.... Il me manque de superlatif pour exprimer toutes les qualités de cette BD. Les émotions ressenties sont nombreuses, fréquentes et variées. On est inquiet de s'avoir si ce grand père va accepter cette petite fille venu du bout du monde. On est tout sourire de voir la gamine faire ses premières bêtises ou prononcer ses premiers mots en français. On est heureux de voir les liens qui se tissent enfin entre le grand père et la petite. On est sans voix devant le final de ce premier tome... C'est très fort. Pour ne rien gâcher, petite cerise sur le gâteau, le dessin est magnifique et totalement en harmonie avec l'intrigue. Au final pas grand chose à dire si ce n'est que cette lecture trotte encore dans ma tête quelques jours après avoir refermé l'album. La suite c'est pour quand ?
L'Odeur des garçons affamés
Je découvre avec cet album Loo Hui Phang, et c’est plutôt une bonne pioche. J’étais déjà fan du travail de Peeters, et j’étais curieux de voir ce qu’il pouvait faire dans un univers western. Il est vrai qu’il excelle dans les histoires intimistes, jouant sur les sensations (voir Lupus ou Pilules bleues, pour citer deux séries de lui très différentes), et que c’est clairement sur ce registre que joue le scénario de Phang. C’est donc un western atypique (comme pouvait l’être le récent Stern), loin des clichés du genre. Très loin même, puisque dans cet univers très machiste, c’est une relation ambigüe, flirtant avec l’homosexualité, qui est nouée entre les deux protagonistes principaux. A ma connaissance, seul Deadline avait déjà mêlé les deux univers. Peu d’action finalement dans ce western, où l’intrigue progresse lentement, sensuelle, repoussant peu à peu les non-dits, les blocages et préventions des uns et des autres. Une chouette histoire en tout cas. J’aurais juste un petit bémol à ajouter concernant le côté vaguement fantastique, qui ne m’a pas toujours convaincu. Le dessin de Peeters est très bon – c’est un euphémisme ! Il s’est là aussi affranchi des canons du genre, utilisant des couleurs chaudes, avec des tons presque tropicaux, la colorisation étant à l’unisson de cette charte graphique originale. Un album original et hautement recommandable !
Tocqueville - Vers un nouveau monde
Le premier aspect qui m’aura marqué à la lecture de cet album, c’est la qualité du trait. Un style semi-réaliste à la fois très accessible et pourtant riche de détails sert en effet de support à ce récit historique. Ce trait est, de plus, bien soutenu par une colorisation nette et vive. Elle pourra paraître trop tranchée aux yeux de certains mais, de mon point de vue, elle est un des accroches-regards de l’album. Vient ensuite le fond. Et ce récit historique, librement adapté des écrits d’Alexis de Tocqueville (et plus précisément de « Quinze jours dans le désert »), s’est avéré aussi divertissant qu’instructif. Alexis de Tocqueville, dont je ne connaissais finalement que le nom, m'est apparu comme un penseur, un philosophe et un humaniste des plus intéressants. Sa quête d’un mode sociétal juste au travers d’un Ouest en voie de colonisation va le mener à quelques remises en question qui feront de ce récit un voyage exotique, initiatique... et désabusé. Témoins de la disparition d’une civilisation, Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont posent avant l’heure un regard écologiste et humaniste dont on ne peut que saluer la pertinence avec le recul (de près de deux siècles). Plus qu’une biographie, ce récit est à la fois récit d’aventure et de réflexion. Il divertit et interpelle, nous donne à réfléchir sur l’évolution de nos sociétés sans nous assommer de rhétorique. Un bien bel album, en définitive.
La Femme aux cartes postales
Claude Paiement et Jean-Paul Eid se retrouvent plusieurs années après "Le naufragé de Memoria'" et ils ont produit une excellente histoire, bien mieux que leur première. Il faut dire qu'une grande partie de l'action se situe dans le Québec des années 50, une période historique que j'aime beaucoup. On suit le destin d'une femme qui veut chanter à Montréal durant l'âge d'or des cabarets, ces endroits où on pouvait voir des spectacles tout en mangeant et buvant de l'alcool et qui étaient souvent tenus par la pègre. J'ai beaucoup aimé l'ambiance de cette époque et les auteurs montrent très bien que c'est la fin d'une époque et qu'une autre va bientôt arriver. Parallèlement, on suit en 2002 un homme qui vient de découvrir sa vraie famille et qui va remonter dans ses racines. On devine facilement comment ces deux histoires sont liées, mais le scénario réserve des surprises. Le scénario est prenant et le dessin d'Eid est vraiment un des plus beaux de la bande dessinée québécoise.
La Bande pas dessinée
Il existe pas mal d’albums ou de séries totalement muets, et cela n’entrave en rien la compréhension de la plupart des albums qui se sont essayés à cette « atrophie ». Mais Navo tente ici un pari assez original et risqué, puisque ce sont les « images » qu’il supprime, se contentant de phylactères et de textes en off, au milieu de « cases » (ici de vagues espaces aux couleurs pétantes), sur des strips généralement de trois cases. Est-ce encore de la bande dessinée donc ? Oui et non. Mais en fait je m’en fiche ici, car le résultat est plutôt réussi. C’est inégal évidemment vu le nombre important de strips. Mais globalement, j’ai trouvé ça drôle, l’ensemble surfant sur une vague d’humour con, parfois noir (avec un bon nombre de gags tournant autour du sexe : mais comme il n’y a pas d’image…). J’ai en particulier bien rigolé en lisant les running gags autour du docteur Johnson ! Bref, un peu trash (mais pas trop), souvent drôle. Si ce genre d’humour vous plait (et que vous ne misez pas tout sur le dessin, qui plus est académique !), n’hésitez pas à acheter cette série atypique (je viens de me relire une nouvelle fois l’intégrale en m’esclaffant encore de gags très cons mais vraiment marrants). Du coup, je monte jusqu’à quatre étoiles (note réelle 3,5/5).
Munch avant Munch
Cette biographie partielle est plutôt surprenante. Avant de nous proposer la biographie et l'héritage artistique du peintre adulé, Giorgia Marras s'est attachée au parcours de l'homme, qui en a laissé de larges témoignages écrits, aussi surprenant que cela puisse paraître. Pour ce faire elle a identifié les cases de souvenirs par une ambiance bleutée, laissant sa propre interprétation (qui constitue l'essentiel de l'album) en niveaux de gris, avec ce qui ressemble à du crayon à papier. L'ensemble est assez plaisant, même si un peu décousu par moments. Ce parti-pris de ne PAS traiter le côté artistique est assez audacieux, et je le salue, derrière chaque artiste se trouve un homme. Sympathique. 3,5/5.
Undertaker
Un peu passé à la trappe depuis quelques années, le genre western ressort tranquillement des cartons ces derniers mois, avec quelques bonnes surprises, dont fait partie ce "Undertaker". Un peu blasé par le lancement marketing de la série qui à coup de superlatifs à n'en plus finir avait eu raison de ma curiosité, j'ai fini par me laisser tenter avec la sortie du 2e tome. Et il faut bien le dire, c'est plutôt bien campé. Même moi qui ne suis pas spécialement un aficionados du western, j'ai passé un bon moment de lecture. Et c'est surtout la qualité du dessin de Ralph Meyer qui y a contribué. Wow ! Quel coup de crayon ! Certaines de ses planches sont tout bonnement magnifiques ! Côté scénario, là, à mon point de vue on a un puissant melting pot de clichés savamment travaillés façon élixir de bonimenteur. On nous promet tout et son contraire pour faire des miracles... et ça passe ma foi. On évite le goudron et les plumes, et sans pouvoir crier à l'arnaque, on se laisse prendre par le rythme soutenu et bien travaillé de la narration. Bon, on est quand même loin du génie qu'on nous a vendu, mais j'ai passé un agréable moment de lecture qui m'a même réconcilié avec le genre. Alors, oui, cette série est à lire et découvrir, ne serait-ce que pour le dessin de Meyer.
Les Chevaliers de la Chouette
Je suis tombée sur une page où un petit bougre à poil défiait une armée de nonnes à la pointe de l'épée, et je ne sais pas pourquoi ; ça m'a plu. C'est plein de ressort, en même temps que de bons sentiments, et il me semble qu'on ne peut admettre les seconds sans le premier. C'est donc réussi. Des personnages très différenciés, des petits des gros, des vieux des jeunes, des femmes, des hommes, des animaux, des robots, des humains. Des belles gueules et des moches, des bourrins et des intellos, bref ça fourmille agréablement. Un scénario où des chevaliers déchus vont visiblement se trouver une nouvelle jeunesse au contact du turbulent petit Manille. C'est un premier tome et tous les personnages de la troupe n'ont pas encore pu montrer leur mesure, mais je dis que ça promet. "Y a du potentiel !", comme disent les agents immobiliers. Après lecture du second tome, mon enthousiasme reste intact, le scénario s'enrichit d'une approche à plusieurs points de vues, puisque la troupe est séparée. Les couleurs et les décors restent un point faible mais pas rédhibitoire. Un moment bien agréable de lecture pour un album jeunesse
Deadpool - Je suis Deadpool
3.5 Un livre formidable si comme moi on veut découvrir l'univers de Deadpool. J'avais déjà lu deux mini-séries le mettant en vedette, mais elles dataient des années 90 et il y a donc une grande période que je n'avais jamais lue encore. Cet album regroupe plusieurs histoires de Deadpool (incluant sa première apparition dans un numéro de News mutants qui ne dure que quelques pages) et on voit différentes périodes de ce personnage, notamment lorsqu'il faisait équipe avec Câble. On retrouve les éléments que j'avais bien aimés dans le film: un mélange d'action, d'humour et parfois c'est un peu sérieux et touchant. Le personnage de Deadpool est charismatique et attachant. Le seul truc qui m'a déçu c'est l'histoire où Deadpool et la vieille femme aveugle retournent dans le temps par erreur et se retrouvent dans un vieux numéro de Spider-Man. J'avais lu que c'était génial, mais j'ai "juste" trouvé cela sympa sans plus et certains gags sont un peu trop lourds.