Dans un registre assez différent du Scott Pilgrim qui l'a fait connaître, Bryan Lee O'Malley publie avec "Seconds", une comédie romantique culinaire aux accents fantastiques, dont la réussite tient beaucoup à un dessin très "kawaii" qui fait sa marque de fabrique. Je pense que l'ouvrage vise plutôt un public féminin. Mais j'ai bien aimé cet album et je le recommande même si ma note serait plutôt un 3,5/5 qu'un 4/5.
Clarke sort de son registre habituel pour nous proposer une série d'histoires courtes, parfois très courtes dans lesquelles il met en scène le malaise existentiel de personnages en proie à une réalité déviante. Une femme n'existe qu'un jour sur deux. Un homme vit en différé, un autre se noie sans fin... Troublant. Cela peut faire penser aux Idées Noires de Franquin, en moins drôle et plus inquiétant.
Vincent, coiffeur trentenaire, mène une vie ennuyeuse. Entre un métier hérité de son père, son chat et une mère castratrice qui habite au-dessus de chez lui, il souffre d'une vie affective en jachère. Il croise un jour la route de Rosalie Blum, une femme d'une quarantaine d'années envers laquelle il ressent une étrange proximité. Il éprouve la sensation diffuse de l'avoir connue dans une vie antérieure. Il se met à la suivre, à l'espionner. En apparence, l'existence de cette femme célibataire est aussi morne que la sienne. Rosalie, de son coté, a remarqué son petit manège et a décidé de s'en amuser. Et si ce jeu pervers était le sel qui manquait dans leur vie?
Rosalie Blum est un roman graphique sensible et généreux qui prend le temps d'apprivoiser ses personnages et de nous les faire aimer. Je suis content d'avoir pu lire les trois tomes d'affilée grâce à l'intégrale, car le premier tome, bien que sympathique, est loin de montrer toute la richesse de ce roman graphique dont une grande partie du charme tient au dessin, délicieusement désuet.
Avec Porcelaine, les Britanniques Benjamin Read et Chris Wildgoose transposent le mythe de Frankenstein dans un décor steampunk et proposent un drame romantique haletant. Le personnage féminin principal, au caractère bien trempé, est attachant et le dessin élégant.
Je trouvais le premier tome sympathique, je trouve le deuxième superbe. J'espère que le troisième et dernier tome sera à la hauteur.
Pistolin, berger de son état, n'a pour seule richesse que son troupeau de moutons quand ce dernier est décimé, victime collatérale de la guerre à laquelle se livrent les mages. Accompagné de Myrtille, sa dernière brebis, il décide de partir en guerre contre la magie et ceux qui la pratiquent. Dans sa quête il rencontre Pâquerette, petite fée vulgaire et alcoolique. L'aventure commence, elle ne sera pas triste.
Lupano et Relom inventent la rural fantasy fromagère et cela a du goût. Traquemage s'impose d'emblée comme le chef-d’œuvre d'un genre dont il est, par l'instant, le seul représentant.
Depuis ses débuts, l'Américain Adrian Tomine s'est fait une spécialité de la nouvelle en bande dessinée, soit de courts récits, souvent sans véritable chute, mais avec un sens de la psychologie qui pourrait rappeler Raymond Carver ou T.C. Boyle.
Dans « Les Intrus », il propose six histoires qui varient beaucoup dans leur mise en page et leur mode de narration, six témoignages de sa maîtrise du langage de la bande dessinée. Ses récits mettent en scène la mesquinerie et les petites blessures de l'âme de gens ordinaires, englués dans une vie solitaire dans laquelle ils poursuivent de futiles chimères.
La favorite nous conte le récit douloureux d'une enfance martyre. Un enfant vit avec une grand-mère acariâtre et un grand-père au caractère insignifiant. Ils sont reclus dans un bâtisse cossue isolée, ultime témoin d'un mode de vie bourgeois. Il ne peut jamais sortir, son éducation est faite par sa grand-mère. Mais quel secret cache cette étrange maisonnée ?
Malgré un dessin en apparence austère, c'est un récit d'une vibrante humanité que nous propose Matthias Lehmann, dans cet album sensible qui était mon favori de la sélection d'Angoulême 2016.
David de Thuin est un auteur plein de ressources. Avec "Le corps à l'ombre", il nous propose non seulement un thriller bien ficellé, mais aussi un récit psychologique sur l'adolescence, sensible et attachant. Pour la touche d'originalité, on remarquera le parti pris, décalé, d'utiliser un traitement graphique à la Lewis Trondheim en utilisant des animaux anthropomorphisés.
Le dessin de Akihito Tomi est de toute beauté. C'est exactement le type de dessin que j'affectionne dans les seinen. On est proche de Wolfsmund (petit bijou), en moins carré peut-être, et en plus...plantureux. Alors oui, ce manga est plein de fan-service, et l'auteur n'hésite pas, dès que c'est possible, à montrer la superbe anatomie de son héroïne et d'autres personnages féminins... mais le dessin de Akihito Tomi est de toute beauté.
D'un point de vue scénaristique, il y a une nette évolution entre les deux tomes. Alors que le premier est constitué d'histoires courtes essentiellement humoristiques, destinées à présenter les personnages et leur anatomie (le dessin de Akihito Tomi est de toute beauté), le deuxième volume, que l'éditeur a eu la bonne idée de publier simultanément, nous lance vraiment dans l'aventure, on pense alors à Wolfsmund et même à L'Attaque des Titans et c'est passionnant.
Au sinon, je vous ai déjà dit que le dessin de Akihito Tomi était de toute beauté? Oui...ah ok...
C’est le premier « grand » album de Sardon que je lis, après les opuscules de la collection Patte de mouche ou son Nénéref, et il faut reconnaître que l’auteur passe plutôt bien le cap d’une plus grande pagination.
Mormol, le personnage central, est quelqu’un dont on ne sait pas grand-chose après la lecture de l’album. C’est une sorte de personnage lunaire, à mi-chemin de certains personnages incarnés par Pierre Richard et du Monsieur Hulot de Tati. C’est un personnage qui traverse ces aventures, la ville et la vie comme une sorte de somnambule et qui ne gagne pas forcément à être côtoyé.
En effet, il déclenche sur son passage une série d’événements plus ou moins catastrophiques, dont sont victimes ceux qui l’ont rencontré. Impassible, il poursuit pourtant son chemin, comme immunisé aux réactions des autres.
Comme pour Monsieur Hulot – mais en moins caustique, cela joue souvent sur un humour froid, pince sans rire.
Pour ce qui est de l’aspect graphique, c’est du traditionnel pour Sardon, avec un dessin en Noir et Blanc assez stylisé, en à-plats, que personnellement je trouve original et intéressant.
Un album à découvrir, petite balade sans prétention mais qui offre un bon moment de détente.
Note réelle 3,5/5.
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Seconds
Dans un registre assez différent du Scott Pilgrim qui l'a fait connaître, Bryan Lee O'Malley publie avec "Seconds", une comédie romantique culinaire aux accents fantastiques, dont la réussite tient beaucoup à un dessin très "kawaii" qui fait sa marque de fabrique. Je pense que l'ouvrage vise plutôt un public féminin. Mais j'ai bien aimé cet album et je le recommande même si ma note serait plutôt un 3,5/5 qu'un 4/5.
Réalités obliques
Clarke sort de son registre habituel pour nous proposer une série d'histoires courtes, parfois très courtes dans lesquelles il met en scène le malaise existentiel de personnages en proie à une réalité déviante. Une femme n'existe qu'un jour sur deux. Un homme vit en différé, un autre se noie sans fin... Troublant. Cela peut faire penser aux Idées Noires de Franquin, en moins drôle et plus inquiétant.
Rosalie Blum
Vincent, coiffeur trentenaire, mène une vie ennuyeuse. Entre un métier hérité de son père, son chat et une mère castratrice qui habite au-dessus de chez lui, il souffre d'une vie affective en jachère. Il croise un jour la route de Rosalie Blum, une femme d'une quarantaine d'années envers laquelle il ressent une étrange proximité. Il éprouve la sensation diffuse de l'avoir connue dans une vie antérieure. Il se met à la suivre, à l'espionner. En apparence, l'existence de cette femme célibataire est aussi morne que la sienne. Rosalie, de son coté, a remarqué son petit manège et a décidé de s'en amuser. Et si ce jeu pervers était le sel qui manquait dans leur vie? Rosalie Blum est un roman graphique sensible et généreux qui prend le temps d'apprivoiser ses personnages et de nous les faire aimer. Je suis content d'avoir pu lire les trois tomes d'affilée grâce à l'intégrale, car le premier tome, bien que sympathique, est loin de montrer toute la richesse de ce roman graphique dont une grande partie du charme tient au dessin, délicieusement désuet.
Porcelaine
Avec Porcelaine, les Britanniques Benjamin Read et Chris Wildgoose transposent le mythe de Frankenstein dans un décor steampunk et proposent un drame romantique haletant. Le personnage féminin principal, au caractère bien trempé, est attachant et le dessin élégant. Je trouvais le premier tome sympathique, je trouve le deuxième superbe. J'espère que le troisième et dernier tome sera à la hauteur.
Traquemage
Pistolin, berger de son état, n'a pour seule richesse que son troupeau de moutons quand ce dernier est décimé, victime collatérale de la guerre à laquelle se livrent les mages. Accompagné de Myrtille, sa dernière brebis, il décide de partir en guerre contre la magie et ceux qui la pratiquent. Dans sa quête il rencontre Pâquerette, petite fée vulgaire et alcoolique. L'aventure commence, elle ne sera pas triste. Lupano et Relom inventent la rural fantasy fromagère et cela a du goût. Traquemage s'impose d'emblée comme le chef-d’œuvre d'un genre dont il est, par l'instant, le seul représentant.
Les Intrus
Depuis ses débuts, l'Américain Adrian Tomine s'est fait une spécialité de la nouvelle en bande dessinée, soit de courts récits, souvent sans véritable chute, mais avec un sens de la psychologie qui pourrait rappeler Raymond Carver ou T.C. Boyle. Dans « Les Intrus », il propose six histoires qui varient beaucoup dans leur mise en page et leur mode de narration, six témoignages de sa maîtrise du langage de la bande dessinée. Ses récits mettent en scène la mesquinerie et les petites blessures de l'âme de gens ordinaires, englués dans une vie solitaire dans laquelle ils poursuivent de futiles chimères.
La Favorite
La favorite nous conte le récit douloureux d'une enfance martyre. Un enfant vit avec une grand-mère acariâtre et un grand-père au caractère insignifiant. Ils sont reclus dans un bâtisse cossue isolée, ultime témoin d'un mode de vie bourgeois. Il ne peut jamais sortir, son éducation est faite par sa grand-mère. Mais quel secret cache cette étrange maisonnée ? Malgré un dessin en apparence austère, c'est un récit d'une vibrante humanité que nous propose Matthias Lehmann, dans cet album sensible qui était mon favori de la sélection d'Angoulême 2016.
Le Corps à l'ombre
David de Thuin est un auteur plein de ressources. Avec "Le corps à l'ombre", il nous propose non seulement un thriller bien ficellé, mais aussi un récit psychologique sur l'adolescence, sensible et attachant. Pour la touche d'originalité, on remarquera le parti pris, décalé, d'utiliser un traitement graphique à la Lewis Trondheim en utilisant des animaux anthropomorphisés.
Stravaganza - La Reine au Casque de Fer
Le dessin de Akihito Tomi est de toute beauté. C'est exactement le type de dessin que j'affectionne dans les seinen. On est proche de Wolfsmund (petit bijou), en moins carré peut-être, et en plus...plantureux. Alors oui, ce manga est plein de fan-service, et l'auteur n'hésite pas, dès que c'est possible, à montrer la superbe anatomie de son héroïne et d'autres personnages féminins... mais le dessin de Akihito Tomi est de toute beauté. D'un point de vue scénaristique, il y a une nette évolution entre les deux tomes. Alors que le premier est constitué d'histoires courtes essentiellement humoristiques, destinées à présenter les personnages et leur anatomie (le dessin de Akihito Tomi est de toute beauté), le deuxième volume, que l'éditeur a eu la bonne idée de publier simultanément, nous lance vraiment dans l'aventure, on pense alors à Wolfsmund et même à L'Attaque des Titans et c'est passionnant. Au sinon, je vous ai déjà dit que le dessin de Akihito Tomi était de toute beauté? Oui...ah ok...
Mormol
C’est le premier « grand » album de Sardon que je lis, après les opuscules de la collection Patte de mouche ou son Nénéref, et il faut reconnaître que l’auteur passe plutôt bien le cap d’une plus grande pagination. Mormol, le personnage central, est quelqu’un dont on ne sait pas grand-chose après la lecture de l’album. C’est une sorte de personnage lunaire, à mi-chemin de certains personnages incarnés par Pierre Richard et du Monsieur Hulot de Tati. C’est un personnage qui traverse ces aventures, la ville et la vie comme une sorte de somnambule et qui ne gagne pas forcément à être côtoyé. En effet, il déclenche sur son passage une série d’événements plus ou moins catastrophiques, dont sont victimes ceux qui l’ont rencontré. Impassible, il poursuit pourtant son chemin, comme immunisé aux réactions des autres. Comme pour Monsieur Hulot – mais en moins caustique, cela joue souvent sur un humour froid, pince sans rire. Pour ce qui est de l’aspect graphique, c’est du traditionnel pour Sardon, avec un dessin en Noir et Blanc assez stylisé, en à-plats, que personnellement je trouve original et intéressant. Un album à découvrir, petite balade sans prétention mais qui offre un bon moment de détente. Note réelle 3,5/5.