Les derniers avis (31969 avis)

Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Dans l'intimité de Marie
Dans l'intimité de Marie

J'ai lu les six tomes parus à ce jour. Ce manga sort clairement du lot par la subtilité avec laquelle il traite ce qui n'aurait pu être qu'une comédie fantastique romantique de plus. Un adolescent se retrouve dans le corps de la jeune fille dont il est amoureux. A partir de là, aidé par une camarade de classe, il essaie de comprendre ce qui a pu se passer et comment sortir de cette situation. A moins qu'il n'y prenne goût... Le dessin et le découpage sont très bons. Seul (petit) souci, le découpage n'étant pas avare en cases pour mieux détailler les attitudes des personnages, un tome est lu en quinze minutes.

27/06/2016 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Freaks' Squeele
Freaks' Squeele

Freaks' Squeele est un condensé explosif de comics, manga et franco-belge. Maudoux, loin de se perdre dans toutes ces références, propose un univers de fantasy urbaine incroyable. En effet, Freaks' Squeele, fort de toutes ces références propose une série riche et vraiment originale. Ce que l'on remarque immédiatement, c'est le magnifique coup de crayon de l'auteur. Les planches sont extrêmement travaillées et un soin tout particulier est apporté aux très nombreux personnages. Le design est excellent et Maudoux prend le parti de les développer tout au long de son histoire. Les personnages principaux sont classes et charismatiques, ce qui est un élément essentiel dans ce type de production. L'humour, omniprésent, fait souvent mouche et participe à l'atmosphère particulière de la saga. Le rythme est effréné avec de nombreuses scènes d'action. Dynamiques et visuels, les combats sont un petit régal. Malheureusement, la seconde partie de la série baisse sensiblement en intensité et en intérêt. Maudoux réoriente son bébé vers une intrigue plus sombre qui contraste trop avec la première partie. La jonction est brutale, d'autant que le scénario tente d'évoluer vers plus de complexité sans parvenir à conserver toutes les qualités du début. Certains choix de narration sont frustrants et l'action perd souvent de sa saveur et son originalité car elle sert plus à meubler des scènes qu'à les enrichir. Vraiment dommage. Je reste tout de même mesuré. Si la seconde partie ne tient pas toutes ses promesses, elle reste tout de même de bon niveau. Freaks' Squeele est clairement une série à part qui regorge de qualités. Florent Maudoux a réussi à créer un univers incroyable qu'il faut absolument découvrir.

27/06/2016 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Stupor Mundi
Stupor Mundi

L’invention de la photographie pourrait-elle remonter au Moyen-âge ? Tel est le postulat de cette BD construite à la manière d’un polar. Cela peut paraître farfelu, mais d’après Néjib, les moyens techniques existaient pour faire de la photographie à l’époque, du moins en théorie. Le fait qu’elle n’ait pas été inventée avant le XIXe siècle fait partie des mystères de l’Histoire. L’auteur en profite pour avancer une théorie, des plus audacieuses, selon lequel le Saint Suaire serait un faux fabriqué selon les principes chimiques de la « camera oscura » à des fins de propagande. "Stupor Mundi" (Stupeur du monde), tel était le surnom de Frédéric II, empereur du Saint-Empire romain éclairé et érudit qui eut maille à partir avec la papauté. Celui-ci dût concilier son rôle de chef des croyants dans un monde menacé par l’obscurantisme et sa passion pour les sciences et la philosophie. A cette époque, les principales découvertes venaient d’Orient, là où la civilisation arabe connut un rayonnement majeur, mais malgré cela, les savants n’y étaient pas toujours à l’abri d’un imam intolérant. Frédéric II leur accordait volontiers sa protection pour leur permettre de mener leurs recherches l’esprit tranquille. S’inspirant librement de la vie du suzerain et de ses contemporains, Néjib a conçu un récit reposant sur l’opposition entre l’ombre et la lumière. Cette fameuse « camera oscura » sert de parabole pour illustrer de façon pertinente la lutte qui se jouait à l’époque entre le pouvoir politico-religieux et le monde des sciences et des arts, quelques siècles avant la philosophie des Lumières. Le personnage du savant Hannibal, en exil, apparaît pour sa part ambigu. S’il est bien du côté du savoir et des sciences, on devine qu’il est prêt à tout pour recevoir les lauriers de la gloire grâce à sa découverte. Peu engageant au premier abord, le dessin tient d’un minimaliste poussé mais chaque trait est à sa place, les perspectives et les cadrages semblent couler de source, en accord parfait avec l’histoire qui du coup reste d’une bonne fluidité. Les paroles alternent parfaitement avec les silences, ce qui, étant donné la teneur du sujet et une certaine complexité du scénario, est appréciable. Néjib a des choses à dire, il veut que ça se sache et pour cela va droit au but. Et ça fonctionne. Comment ne pas voir dans l’œuvre de cet auteur né en Tunisie un message adressé aux extrémistes religieux de son pays qui tentent d’avoir la mainmise sur le pouvoir politique ? Mais son message a également une portée universelle. Car c’est actuellement un vent maudit qui souffle sur tous les continents, alimenté par les peurs, la bêtise et l’ignorance. Si « Le Nom de la Rose » devait avoir son équivalent en bande dessinée, « Stupor Mundi » serait celui-là. Une des bonnes surprises de l’année, cela va sans dire.

25/06/2016 (modifier)
Couverture de la série L'Encyclopédie des Bébés
L'Encyclopédie des Bébés

Belle réussite que cette encyclopédie ! Et belle entrée en matière pour qui voudrait découvrir – si ce n’est pas encore fait ! – l’humour pince sans rire, à froid, et tout à fait loufoque de ce grand auteur. Comme d’habitude, le dessin relativement classique et un Noir et Blanc légèrement délavé sont au service de l’imagination de Goossens, qui n’a pas son pareil pour partir d’une situation tout à fait quelconque pour la faire dériver vers le n’importe quoi. Encore que, il y a de la poésie, de la folie douce dans cette tentative d’épuisement du thème. Il y a aussi et surtout un humour assez british, dont je suis vraiment fan, et qui fonctionne la plupart du temps ici. En particulier (mais pas seulement) lors des nombreux pseudo-débats opposant des spécialistes des bébés ou du n’importe quoi, avec des passages souvent hilarants de connerie, repoussant assez loin les limites de l’absurdité. Il faut être réceptif à cet humour, mais si c’est le cas, allez-y franchement, voilà une encyclopédie loin d’être rébarbative ! Les trois albums sont de niveau équivalent – et vous pouvez comme moi opter pour l’intégrale pour vous payer une bonne tranche de rigolade.

25/06/2016 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Alcoolique
Alcoolique

Très très bon album... Jonathan Ames s'y livre sans retenue, ou presque, et cette sincérité est particulièrement touchante dans sa simplicité. Car Ames ne nous cache rien, ou presque, entre ses frasques sexuelles, sa perception du 11 septembre, son rapport à son travail d'écrivain, et bien sûr son alcoolisme. Son alcoolisme, présenté comme une fuite par rapport à tous ses ennuis, personnels ou plus globaux. Ames parvient à nous faire suivre sa descente en enfer sans heurt, on a du mal à décrocher de la lecture, alors qu'en temps normal je dois vous avouer que ce genre de récit me gonfle assez rapidement. Haspier a un trait sûr, assez sobre, qui semble bien coller à l'esprit désenchanté de cette autobiographie. Un bien bel album, touchant.

24/06/2016 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Niourk
Niourk

C'est sans doute l'adaptation de Wul de cette collection que j'ai préférée. D'une part parce que j'avais lu ce roman dans ma jeunesse et qu'elle a eu son petit effet madeleine avec sans doute un de mes tous premiers romans de SF ; mais c'est aussi pour sa qualité intrinsèque, tant sur le plan de l'adaptation que de celui du dessin d'Olivier Vatine. En effet, sans avoir pleinement en mémoire le roman de Wul, les trois tomes qu'on nous propose sont bien équilibrés et assurent une narration très agréable et progressive avec la montée en puissance de notre jeune héros. Surtout que la mise en page et le découpage proposés jouent parfaitement cette partition pour nous assurer un récit très agréable à la lecture et qui a su traverser les ans. Car il ne faut pas oublier que ce roman fut à l'origine publié voilà quasi 60 ans (en 1957) ! Alors, avis aux amateurs de SF, si vous souhaitez redécouvrir ce classique des années 50/60, voilà sans doute l'un des meilleurs titres adaptés dans cette très belle collection de chez Ankama.

24/06/2016 (modifier)
Couverture de la série Pouvoirpoint
Pouvoirpoint

Est-il possible de faire un album de science-fiction traitant des travers de l’entreprise capitaliste ? Est-il possible de faire un album décrivant la difficile intégration d’un stagiaire dans une entreprise, le tout situé dans une station spatiale en plein cœur d’une guerre interstellaire ? Il semble qu’Erwann Surcouf ait répondu par l’affirmative à ces deux questions imbriquées… il réussit d’ailleurs d’emblée la symbiose des deux univers avec le nom des vaisseaux spatiaux, reprenant celui de « Star Trek » : l’Enterprise ! Dès le départ nos savons que ça se finit mal, et de courtes scènes s’intercalant entre la dizaine de chapitres nous le rappellent : l’histoire doit donc nous expliquer les causes de cette catastrophe ? Le héros est un pauvre stagiaire, timide et peu dégourdi (dont le visage est recouvert d’un masque en permanence), qui débarque dans une entreprise/vaisseau spatial très routinière. Je pensais que Surcouf allait surtout jouer sur le côté absurde, mais il n’en abuse pas et, même si plusieurs passages sont drôles, plusieurs humours cohabitent pour se moquer du monde de l’entreprise et des routines administratives (un peu de « Brazil » dans certains passages). Le titre fait une référence ironique au PowerPoint que le stagiaire est censé mettre à jour, depuis son intégration au service « communication, corpo-média & bonne ambiance »… Et ce n’est pas non plus toujours drôle. De manière insidieuse une atmosphère inquiétante se développe (les intermèdes entre les chapitres, la menace d’une société extra-terrestre, les Proximiens, une tension qui monte, etc) : on quitte la vie d’entreprise pour revenir à la science-fiction. Quelques clins d’œil à des classiques (Marilyn dans « Sept ans de réflexion » ; un pastiche d’une planche d’ Epoxy, etc), une colorisation tapante, pimentent cette histoire qui mêle les genres et s’avère être une belle réussite, que je vous recommande de découvrir. C’est drôle, sans être hilarant. Surtout, ce qui est original, c’est que Surcouf n’a pas cherché à en rajouter dans la méga science-fiction ultra innovante. Bien au contraire ! Les noms des personnages font dans le super banal, la colorisation (parfois très psychédélique), le look des personnages, et le design font plutôt penser à la fin des années 1970 (un peu le futur imaginé dans « Cosmos 1999 » ou « Star Trek ») et disques et cassettes renvoient aux années 1980. La science-fiction n’est ici pas un futur plus ou moins lointain, on navigue plutôt au futur antérieur ! En tout cas, c’est une lecture que je vous recommande, comme l’achat. Près de 200 pages bien remplies, avec une chute amusante…

24/06/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Temps des Marguerite
Le Temps des Marguerite

Le Temps des Marguerite présente un concept intéressant et bien mené. En haut de l'album, le récit se déroule en 1910. En bas de l'album, il se déroule en 2010. A chacune de ces deux époques, une petite fille nommée Marguerite, l'une descendante de l'autre, vivent dans la même maison et se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Et un jour, par la magie d'une malle mystérieuse trouvée au grenier, les deux héroïnes échangent leur place et leur vie. L'une se retrouve à découvrir un futur d'abord effrayant mais auquel elle se fait finalement très bien. Tandis que l'autre découvre un passé où les petites filles ont peu de liberté et où l'état d'esprit des gens est parfois très différents de celui de nos jours mais qui finalement ne manque pas de charme. Le concept est amusant. Et j'ai apprécié le fait que, contrairement à un à-priori qui me faisait croire que le récit serait très léger et s'adresserait uniquement à des enfants, le scénario ne manque pas d'intelligence et évite les stéréotypes faciles et la mièvrerie. Les avantages et défauts des deux époques sont bien montrés et les réactions des deux fillettes ne manquent pas de finesse et de vivacité d'esprit. Quant au dessin, il est un peu simple dans le trait mais charmant dans son style et sa colorisation, avec une ambiance chromatique pour chaque époque. Bref, charmant est le mot que je retiendrais pour cet album qui mérite d'être lu.

23/06/2016 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série L'Adoption
L'Adoption

En entamant ma lecture, je n’avais pas remarqué que cet album appelait une suite. Du coup, je fus surpris par le final un peu rude … qui sert finalement de tremplin pour le tome suivant. Ouf ! :) Zidrou reste fidèle à lui-même en axant son propos sur la complexité des relations humaines (familiales en particulier). Il choisit cette fois ci comme décors l’adoption (sujet délicat s’il en est). Je pense qu’il ne s’en tire pas trop mal en évitant l’écueil de trop en faire tout en parsemant son récit de dialogues savoureux. L’originalité du propos, au-delà du sujet traité, réside dans la relation entre Qinaya et son papy d’adoption. Cette petite fille va casser la carapace de cet homme rustre et bougon d’apparence. C’est bien amené et assez prenant. Côté dessin, le trait laissé au stade de crayonné donne un aspect feutré et doux, accentué par la mise en couleurs. A recommander.

23/06/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Sentier lumineux
Le Sentier lumineux

Je dois avouer qu’avant de découvrir cet album, je n’avais même pas entendu parler de ce conflit armé ayant ravagé le Pérou dans les années 80. Les auteurs (tous nés à Lima !) ont réalisé un album exemplaire, qui parvient à montrer les horreurs du conflit, mais aussi à les expliquer, à analyser le contexte historique et social, dans la BD même, mais aussi dans de courts articles textuels venant s’intercaler entre chaque chapitre (je vous rassure, ces derniers n’alourdissent pas trop la lecture). On COMPREND l’horreur vécue par les paysans et les indigènes, pris en tenaille entre les « terroristes » communistes et l’armée. Cette dernière a commis des crimes impardonnables, dans la plus grande indifférence du gouvernement. A ce jour, seule une faible proportion de ces criminels de guerre a été condamnée, malgré le militantisme d’Amnesty International. La lecture est éprouvante. Pas à cause de la narration, qui est au petit oignons, malgré un texte assez présent (un mal nécessaire). Non, à cause du contenu même : les auteurs n’hésitent pas à dessiner la guerre dans toute son horreur : exécutions sommaires d’hommes, femmes et enfants, viols, tortures, fosses communes. Surtout qu’ils agrémentent leurs planches de quelques photos d’époque (comme Didier Lefèvre et Emmanuel Guibert dans Le Photographe), ce qui ajoute un poids supplémentaires aux images. Un album édifiant, instructif, et parfaitement réalisé… à mettre entre toutes les mains !

23/06/2016 (modifier)