Je le dis tout net : j’ai bien aimé le début de cette histoire qui apparait comme une longue biographie d’un auteur peu connu qui estime avoir raté sa vie. On va s’intéresser à ses jeunes années dans une école britannique de l'ère post-victorienne. J’ai apprécié également l’introduction qui se base directement sur une histoire vraie d’après le témoignage recueilli d’une certaine Anna.
Il faut dire que l’auteur est tombé sur un vieux manuscrit chez un vieux bouquiniste et qu’il a découvert cet auteur. Il a décidé d’en faire une bd d’au moins 6 tomes car il y aurait de la matière. C’est un personnage assez mystérieux qui se dessine devant nous. On pourra ne pas apprécier sa lâcheté devant les faits. Ce n’est pas un héros mais un homme que l’on découvre avec ses bons et ses mauvais côtés. C’est ce genre de portrait que j’aime bien car rien n’est manichéen.
Winston Smith : ce nom vous dira sans doute quelque chose. C'est en effet le héros du célèbre roman de Georges Orwell à savoir 1984. Or ce dernier a réellement existé puisque Georges Orwell s'est inspiré de la vie d'un reporter qui allait partout dans le monde. Il faut dire que les deux hommes ont eu l'occasion de bien se connaître notamment au cours de la Guerre d'Espagne.
Bref, il y a une certaine maîtrise de la part des auteurs ainsi qu’une certaine retenue pour ne pas tout nous délivrer tout de suite. Comme dit, il faudra suivre cette série prometteuse.
Note : 3.5/5
Cet album ressemble au premier tome d'une série d'enquêtes fantastiques dans une ambiance victorienne avec un couple de héros au caractère bien trempé. J'ai été surpris de découvrir qu'il s'agissait seulement d'un one-shot car il y a un très bon potentiel.
J'ai d'emblée été charmé par le dessin. Il est d'excellent niveau. Très bon autant pour les décors, très soignés et pleins de vie, que pour les personnages, dynamiques et pleins de personnalité.
L'histoire se déroule dans un cadre fin 19e siècle imaginaire, rappelant à la fois la France, l'Angleterre victorienne et la Nouvelle Angleterre américaine. Le style de Nicolas Bara s'adapte parfaitement à cette ambiance visuelle. Les couleurs sont un peu désaturées et légèrement tristes mais elles sont également de très bon niveau.
L'histoire commence comme beaucoup d'enquêtes surnaturelles du même type. D'abord une introduction avec la mise en scène du mystère initial, puis la présentation des deux héros qui vont être désignés pour enquêter sur le sujet. Tous deux sont riches et vivent dans de belles demeures. Le premier est un célibataire fier et sûr de lui, à la fois homme d'action et enquêteur scientifique, mais aussi très soucieux de son apparence physique et ses vêtements, bref quelqu'un de terre à terre. L'autre est une jolie veuve, plus adepte de mysticisme et de spirituel, et dotée d'un caractère indomptable.
Intéressante paire dont on se demande au départ s'ils se connaissaient déjà avant le début de l'enquête même si la suite tend à prouver que oui.
L'enquête en elle-même commence bien et on est vite plongé dans l'ambiance du récit. Il s'y ajoute en outre une sympathique touche d'humour apporté par la relation entre les deux héros.
Quand commencent à arriver les révélations, par contre, j'ai trouvé que les choses se déroulaient un peu vite, avec quelques coïncidences faciles et j'ai été un tout petit peu déçu. Là encore, j'ai eu le sentiment que le scénario aurait gagné à s'étaler sur au moins deux tomes pour être plus crédible et moins expédié par moment. Car j'avais bien envie de continuer à profiter de ces deux enquêteurs et de cet excellent dessin.
Un tout petit peu déçu donc car il y a du très bon dans cet album mais je trouve qu'il n'a pas été parfaitement exploité. Bonne lecture quand même et je suivrai ces auteurs.
3.5
J'avais déjà lu deux intégrales portant sur les années 60 il y a de cela plusieurs mois, mais je ne voulais pas donner mon avis avant d'avoir pu lire le run de Walter Simonson, considéré comme le meilleur auteur de Thor.
Les histoires de Simonson sont effectivement très bonnes. On retrouve le monde d'Asgard et les dieux de la mythologie nordiques qui sont très intéressants, mais l'auteur n'oublie pas la terre et on retrouve aussi certains ennemis de Thor humains comme l'Homme Absorbant. Les histoires sont très prenantes et il y a un bon mélange d'action, de drame et d'humour. C'est incroyable comment avec Simonson TOUT semble épique ! Son dessin est dynamique et la qualité ne souffre pas lorsque Sal Buscema reprend le dessin vers la fin du run.
Pour ce qui est des histoires des années 60 que j'ai lues, elles sont vieillis quoique la plupart des histoires ne sont pas mauvaises. La qualité est inégale et va du sympathique au bof. Je trouve que l'intérêt de ses vieux comics vient surtout du fait que durant ses années l'univers de Marvel était en train de se construire et c'est intéressant de voir comment étaient les personnages au début, quelles idées ont continues à être utilisé alors que d'autres furent oubliées. Un bon exemple est les méchants Cobra et Hyde qui ont commencé à affronter Thor en solo et puis ensuite ils ont formé un duo et puis après ils furent utilisé contre d'autre super-héros moins puissant que Thor comme Capitain America ou Daredevil.
Emmanuel Guibert développe ici une idée toute simple, mais efficace, proche de l’Oubapo : utiliser trois fois la même suite de dialogues ou commentaires, qui se font suite dans trois situations différentes et successives de la vie d’un homme et d’une femme, allant du quelconque à l’érotisme.
On devine un peu à l’avance les situations, mais j’ai quand même trouvée amusante et très bien faite cette histoire courte.
L’Association l’a publiée dans un bel écrin, avec couverture et dos toilés, c’est un bel objet. Alors qu’au fond, on aurait tout aussi bien pu retrouver cet album dans leur collection Patte de mouche, le format s’y prêterait très bien.
Alors du coup, le débat semble lancé sur le rapport coût/temps de lecture. J’avoue que, comme Jetjet, je fais généralement abstraction du prix lorsque le plaisir de lecture est au rendez-vous – ce qui est le cas ici (je n’achète pas des livres au kilo, et conçois que les petits éditeurs prennent des risques et survivent dans d’autres conditions que les gros…).
De plus, j’ai pu le trouver en occasion peu cher.
Toujours est-il que cette courte mais très agréable lecture est hautement recommandable !
C'est avec circonspection que je me suis attaqué à la lecture de cet album tant le graphisme de Toni Fejzula est surprenant. Et autant ce n'est pas la couverture, qu'à titre personnel je trouve assez ratée (et qui gâche complètement l'effet de surprise liée à l'histoire qu'on nous propose -celui qui a choisi la couv' devait vraiment pas avoir lu l'album !!! ), que le trait et la colorisation du reste de l'album qui m'a pleinement conquis. Voilà un moment que je n'avais pas été surpris par le travail graphique d'un auteur, et là c'est une très bonne surprise.
"Veil" nous plonge dans une grande cité bien sombre, où nous allons nous réveiller en compagnie d'une jeune femme nue, dans une station de métro désaffectée, entourée de rats. On ne sait pas qui elle est... et elle ne semble pas le savoir non plus... L'intrigue va se construire sur la recherche de qui est cette étrange femme aux pouvoirs dangereux. Si l'ensemble est un peu prévisible (merci la couverture...), c'est rondement mené et efficace et j'ai passé un réel bon moment de lecture.
Et ce plaisir, comme je vous le disais plus haut tient essentiellement au graphisme de Toni Fejzula. Singulier, tant dans la mise en couleur que dans son trait un peu anguleux, il donne le ton et l'ambiance à cette histoire fantastique de la meilleure des manières.
Alors, avis aux amateurs de fantastique, ne vous laissez pas intimider par cette couverture peu vendeuse et laissez vous tenter !
Bikini Atoll est la dernière production de Christophe Bec. Cela se rapproche un peu du Meilleur Job du Monde qui se passait également dans une belle île paradisiaque du Pacifique. On nous vend souvent du rêve. On part en vacances en toute sérénité. On se retrouve à vivre un enfer. Bref, c’est toujours le même principe. Simplement quelques ingrédients vont changer comme la radioactivité qui peut générer des mutations génétiques comme un requin plus grand ou un monstre tout droit sorti de la série X-Files.
C’est toujours aussi efficace avec notre auteur qui va droit au but. On a tout de même le temps de s’appesantir un peu sur le groupe de jeunes gens assez hétéroclites. On va suivre leur disparition progressive dans ce thriller horrifique. C‘est un scénario très classique mais bien réalisé. Je suis quand même un peu surpris par le manque d’inventivité.
Pour autant, le divertissement est totalement assuré sur Bikini Atoll. Un mot sur le dessin pour dire qu'il est fort bien traité à la manière des comics. Bref, vous aurez compris qu’on ne trouvera pas que des maillots de bains deux pièces mais également toutes les conséquences de la monstruosité de notre monde. Un conseil cependant : éviter cette destination pour vos prochaines vacances !
Avec cette adaptation de "Ô vous, frères humains" d'Albert Cohen, Luz nous en met plein la tronche. Car ce texte édité en 1972 nous racontant la très brutale expérience de l'auteur avec l'antisémitisme le jour de ses dix ans, est malheureusement toujours d'actualité...
C'est avec un trait très personnel, tout en noir et blanc, articulé autour d'une mise en page des plus somptueuses que Luz s'approprie le texte d'Albert Cohen. Il le fait si bien qu'il se contente juste de quelques mots de ci, de là, eux aussi déformés graphiquement pour encore mieux accentuer son propos. Plus besoin de texte pour souligner la bêtise, la violence et le mal qui découlent de ce racisme primaire, ils s'imposent d'eux même sur chaque page en écrasant ce pauvre Albert de dix ans qui prend conscience pour la première fois de sa vie de la haine.
Choix audacieux mais judicieux que celui de faire abstraction du texte pour mieux nous talocher et nous faire pleinement ressentir ce que cet enfant vient de subir. Ses compositions de planches arrachant un faux air de Sempé torturé sont d'une efficacité redoutable et accentuent d'autant plus le texte d'Albert Cohen qui clôt cet ouvrage et que reprend pour le coup mot pour mot Luz. C'est simple, mais d'une force singulière.
Je ne peux donc qu'en conseiller fortement la lecture !
Jack Barton, un vieux flic blasé et acariâtre, part sur un coup de tête retrouver un braqueur de banque repenti, Frank Foster, qu’il avait fait arrêter 25 ans auparavant. Ce dernier est devenu le bon samaritain d’une petite ville américaine. Bon père de famille, mari aimant, fervent chrétien et voisin exemplaire, il semble désormais mener une vie simple et vertueuse. La nouvelle rencontre des deux hommes les replongent dans leur passé et dans cette sombre histoire de braquages qui avait tant défrayée la chronique.
Sous des allures de polar, Marc Malès propose un roman graphique particulièrement ambitieux.
Par son scénario d’abord. L’histoire, peu évidente d’accès au début, est narrée d’une main de maitre. Le lecteur est volontairement un peu perdu mais les éléments-clés de l’intrigue, divulgués avec habileté et parcimonie, permettent progressivement de s’approprier le récit et d’en savourer toute la complexité, jusqu’à une chute qui éclaire tous les mystères. La culpabilité et de la rédemption, thèmes centraux de l’histoire, sont traités avec beaucoup de finesse et d’intelligence.
Par ses personnages ensuite. Malès se concentre essentiellement sur ses deux personnages principaux. Foster et Barton sont extrêmement soignés, tant dans leur personnalité et leur psychologie, que dans leur passé ou leur design. Plus semblables qu’on pourrait le croire de prime abord, ils se dévoilent petit à petit au lecteur et gagnent en ambiguïté et en intérêt.
Les personnages secondaires, souvent discrets, n’en sont pas moins criants de réalisme.
Par ses dessins enfin. Je ne suis d’habitude pas fou du noir et blanc mais il faut bien reconnaitre que le rendu visuel est impressionnant, que ce soit par la qualité des planches, du cadrage ou du rendu général de l’époque. Par ailleurs, il accentue l’ambiance sombre et tragique du récit.
Au final, Sous le regard est un album profond, exigeant et intelligent.
Un bien bel ouvrage.
Fabien Nury adapte Jack London dans un album qui sent le soleil et les embruns. Nous sommes dans les îles Salomon, immiscés dans le petit monde des plus riches négociants en perles. Le plus riche d'entre eux, Parlay annonce à ses confrères qu'il est décidé à vendre ses perles. Tels des rapaces, ils se réunissent sur son île... pour ce qui s'avèrera une funeste chasse au trésor.
L'album est dessiné par un Eric Henninot au sommet de son art. Son dessin réaliste d'une maitrise exceptionnelle n'a plus rien à envie aux grands maîtres du genre (Giraud, Hermann...).
Dans un registre assez différent du Scott Pilgrim qui l'a fait connaître, Bryan Lee O'Malley publie avec "Seconds", une comédie romantique culinaire aux accents fantastiques, dont la réussite tient beaucoup à un dessin très "kawaii" qui fait sa marque de fabrique. Je pense que l'ouvrage vise plutôt un public féminin. Mais j'ai bien aimé cet album et je le recommande même si ma note serait plutôt un 3,5/5 qu'un 4/5.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Une vie - Winston Smith (1903-1984) - La Biographie retrouvée
Je le dis tout net : j’ai bien aimé le début de cette histoire qui apparait comme une longue biographie d’un auteur peu connu qui estime avoir raté sa vie. On va s’intéresser à ses jeunes années dans une école britannique de l'ère post-victorienne. J’ai apprécié également l’introduction qui se base directement sur une histoire vraie d’après le témoignage recueilli d’une certaine Anna. Il faut dire que l’auteur est tombé sur un vieux manuscrit chez un vieux bouquiniste et qu’il a découvert cet auteur. Il a décidé d’en faire une bd d’au moins 6 tomes car il y aurait de la matière. C’est un personnage assez mystérieux qui se dessine devant nous. On pourra ne pas apprécier sa lâcheté devant les faits. Ce n’est pas un héros mais un homme que l’on découvre avec ses bons et ses mauvais côtés. C’est ce genre de portrait que j’aime bien car rien n’est manichéen. Winston Smith : ce nom vous dira sans doute quelque chose. C'est en effet le héros du célèbre roman de Georges Orwell à savoir 1984. Or ce dernier a réellement existé puisque Georges Orwell s'est inspiré de la vie d'un reporter qui allait partout dans le monde. Il faut dire que les deux hommes ont eu l'occasion de bien se connaître notamment au cours de la Guerre d'Espagne. Bref, il y a une certaine maîtrise de la part des auteurs ainsi qu’une certaine retenue pour ne pas tout nous délivrer tout de suite. Comme dit, il faudra suivre cette série prometteuse.
Le Concile des arbres
Note : 3.5/5 Cet album ressemble au premier tome d'une série d'enquêtes fantastiques dans une ambiance victorienne avec un couple de héros au caractère bien trempé. J'ai été surpris de découvrir qu'il s'agissait seulement d'un one-shot car il y a un très bon potentiel. J'ai d'emblée été charmé par le dessin. Il est d'excellent niveau. Très bon autant pour les décors, très soignés et pleins de vie, que pour les personnages, dynamiques et pleins de personnalité. L'histoire se déroule dans un cadre fin 19e siècle imaginaire, rappelant à la fois la France, l'Angleterre victorienne et la Nouvelle Angleterre américaine. Le style de Nicolas Bara s'adapte parfaitement à cette ambiance visuelle. Les couleurs sont un peu désaturées et légèrement tristes mais elles sont également de très bon niveau. L'histoire commence comme beaucoup d'enquêtes surnaturelles du même type. D'abord une introduction avec la mise en scène du mystère initial, puis la présentation des deux héros qui vont être désignés pour enquêter sur le sujet. Tous deux sont riches et vivent dans de belles demeures. Le premier est un célibataire fier et sûr de lui, à la fois homme d'action et enquêteur scientifique, mais aussi très soucieux de son apparence physique et ses vêtements, bref quelqu'un de terre à terre. L'autre est une jolie veuve, plus adepte de mysticisme et de spirituel, et dotée d'un caractère indomptable. Intéressante paire dont on se demande au départ s'ils se connaissaient déjà avant le début de l'enquête même si la suite tend à prouver que oui. L'enquête en elle-même commence bien et on est vite plongé dans l'ambiance du récit. Il s'y ajoute en outre une sympathique touche d'humour apporté par la relation entre les deux héros. Quand commencent à arriver les révélations, par contre, j'ai trouvé que les choses se déroulaient un peu vite, avec quelques coïncidences faciles et j'ai été un tout petit peu déçu. Là encore, j'ai eu le sentiment que le scénario aurait gagné à s'étaler sur au moins deux tomes pour être plus crédible et moins expédié par moment. Car j'avais bien envie de continuer à profiter de ces deux enquêteurs et de cet excellent dessin. Un tout petit peu déçu donc car il y a du très bon dans cet album mais je trouve qu'il n'a pas été parfaitement exploité. Bonne lecture quand même et je suivrai ces auteurs.
Thor - L'intégrale
3.5 J'avais déjà lu deux intégrales portant sur les années 60 il y a de cela plusieurs mois, mais je ne voulais pas donner mon avis avant d'avoir pu lire le run de Walter Simonson, considéré comme le meilleur auteur de Thor. Les histoires de Simonson sont effectivement très bonnes. On retrouve le monde d'Asgard et les dieux de la mythologie nordiques qui sont très intéressants, mais l'auteur n'oublie pas la terre et on retrouve aussi certains ennemis de Thor humains comme l'Homme Absorbant. Les histoires sont très prenantes et il y a un bon mélange d'action, de drame et d'humour. C'est incroyable comment avec Simonson TOUT semble épique ! Son dessin est dynamique et la qualité ne souffre pas lorsque Sal Buscema reprend le dessin vers la fin du run. Pour ce qui est des histoires des années 60 que j'ai lues, elles sont vieillis quoique la plupart des histoires ne sont pas mauvaises. La qualité est inégale et va du sympathique au bof. Je trouve que l'intérêt de ses vieux comics vient surtout du fait que durant ses années l'univers de Marvel était en train de se construire et c'est intéressant de voir comment étaient les personnages au début, quelles idées ont continues à être utilisé alors que d'autres furent oubliées. Un bon exemple est les méchants Cobra et Hyde qui ont commencé à affronter Thor en solo et puis ensuite ils ont formé un duo et puis après ils furent utilisé contre d'autre super-héros moins puissant que Thor comme Capitain America ou Daredevil.
Va & Vient
Emmanuel Guibert développe ici une idée toute simple, mais efficace, proche de l’Oubapo : utiliser trois fois la même suite de dialogues ou commentaires, qui se font suite dans trois situations différentes et successives de la vie d’un homme et d’une femme, allant du quelconque à l’érotisme. On devine un peu à l’avance les situations, mais j’ai quand même trouvée amusante et très bien faite cette histoire courte. L’Association l’a publiée dans un bel écrin, avec couverture et dos toilés, c’est un bel objet. Alors qu’au fond, on aurait tout aussi bien pu retrouver cet album dans leur collection Patte de mouche, le format s’y prêterait très bien. Alors du coup, le débat semble lancé sur le rapport coût/temps de lecture. J’avoue que, comme Jetjet, je fais généralement abstraction du prix lorsque le plaisir de lecture est au rendez-vous – ce qui est le cas ici (je n’achète pas des livres au kilo, et conçois que les petits éditeurs prennent des risques et survivent dans d’autres conditions que les gros…). De plus, j’ai pu le trouver en occasion peu cher. Toujours est-il que cette courte mais très agréable lecture est hautement recommandable !
Veil
C'est avec circonspection que je me suis attaqué à la lecture de cet album tant le graphisme de Toni Fejzula est surprenant. Et autant ce n'est pas la couverture, qu'à titre personnel je trouve assez ratée (et qui gâche complètement l'effet de surprise liée à l'histoire qu'on nous propose -celui qui a choisi la couv' devait vraiment pas avoir lu l'album !!! ), que le trait et la colorisation du reste de l'album qui m'a pleinement conquis. Voilà un moment que je n'avais pas été surpris par le travail graphique d'un auteur, et là c'est une très bonne surprise. "Veil" nous plonge dans une grande cité bien sombre, où nous allons nous réveiller en compagnie d'une jeune femme nue, dans une station de métro désaffectée, entourée de rats. On ne sait pas qui elle est... et elle ne semble pas le savoir non plus... L'intrigue va se construire sur la recherche de qui est cette étrange femme aux pouvoirs dangereux. Si l'ensemble est un peu prévisible (merci la couverture...), c'est rondement mené et efficace et j'ai passé un réel bon moment de lecture. Et ce plaisir, comme je vous le disais plus haut tient essentiellement au graphisme de Toni Fejzula. Singulier, tant dans la mise en couleur que dans son trait un peu anguleux, il donne le ton et l'ambiance à cette histoire fantastique de la meilleure des manières. Alors, avis aux amateurs de fantastique, ne vous laissez pas intimider par cette couverture peu vendeuse et laissez vous tenter !
Bikini Atoll
Bikini Atoll est la dernière production de Christophe Bec. Cela se rapproche un peu du Meilleur Job du Monde qui se passait également dans une belle île paradisiaque du Pacifique. On nous vend souvent du rêve. On part en vacances en toute sérénité. On se retrouve à vivre un enfer. Bref, c’est toujours le même principe. Simplement quelques ingrédients vont changer comme la radioactivité qui peut générer des mutations génétiques comme un requin plus grand ou un monstre tout droit sorti de la série X-Files. C’est toujours aussi efficace avec notre auteur qui va droit au but. On a tout de même le temps de s’appesantir un peu sur le groupe de jeunes gens assez hétéroclites. On va suivre leur disparition progressive dans ce thriller horrifique. C‘est un scénario très classique mais bien réalisé. Je suis quand même un peu surpris par le manque d’inventivité. Pour autant, le divertissement est totalement assuré sur Bikini Atoll. Un mot sur le dessin pour dire qu'il est fort bien traité à la manière des comics. Bref, vous aurez compris qu’on ne trouvera pas que des maillots de bains deux pièces mais également toutes les conséquences de la monstruosité de notre monde. Un conseil cependant : éviter cette destination pour vos prochaines vacances !
Ô vous, frères humains
Avec cette adaptation de "Ô vous, frères humains" d'Albert Cohen, Luz nous en met plein la tronche. Car ce texte édité en 1972 nous racontant la très brutale expérience de l'auteur avec l'antisémitisme le jour de ses dix ans, est malheureusement toujours d'actualité... C'est avec un trait très personnel, tout en noir et blanc, articulé autour d'une mise en page des plus somptueuses que Luz s'approprie le texte d'Albert Cohen. Il le fait si bien qu'il se contente juste de quelques mots de ci, de là, eux aussi déformés graphiquement pour encore mieux accentuer son propos. Plus besoin de texte pour souligner la bêtise, la violence et le mal qui découlent de ce racisme primaire, ils s'imposent d'eux même sur chaque page en écrasant ce pauvre Albert de dix ans qui prend conscience pour la première fois de sa vie de la haine. Choix audacieux mais judicieux que celui de faire abstraction du texte pour mieux nous talocher et nous faire pleinement ressentir ce que cet enfant vient de subir. Ses compositions de planches arrachant un faux air de Sempé torturé sont d'une efficacité redoutable et accentuent d'autant plus le texte d'Albert Cohen qui clôt cet ouvrage et que reprend pour le coup mot pour mot Luz. C'est simple, mais d'une force singulière. Je ne peux donc qu'en conseiller fortement la lecture !
Sous son regard
Jack Barton, un vieux flic blasé et acariâtre, part sur un coup de tête retrouver un braqueur de banque repenti, Frank Foster, qu’il avait fait arrêter 25 ans auparavant. Ce dernier est devenu le bon samaritain d’une petite ville américaine. Bon père de famille, mari aimant, fervent chrétien et voisin exemplaire, il semble désormais mener une vie simple et vertueuse. La nouvelle rencontre des deux hommes les replongent dans leur passé et dans cette sombre histoire de braquages qui avait tant défrayée la chronique. Sous des allures de polar, Marc Malès propose un roman graphique particulièrement ambitieux. Par son scénario d’abord. L’histoire, peu évidente d’accès au début, est narrée d’une main de maitre. Le lecteur est volontairement un peu perdu mais les éléments-clés de l’intrigue, divulgués avec habileté et parcimonie, permettent progressivement de s’approprier le récit et d’en savourer toute la complexité, jusqu’à une chute qui éclaire tous les mystères. La culpabilité et de la rédemption, thèmes centraux de l’histoire, sont traités avec beaucoup de finesse et d’intelligence. Par ses personnages ensuite. Malès se concentre essentiellement sur ses deux personnages principaux. Foster et Barton sont extrêmement soignés, tant dans leur personnalité et leur psychologie, que dans leur passé ou leur design. Plus semblables qu’on pourrait le croire de prime abord, ils se dévoilent petit à petit au lecteur et gagnent en ambiguïté et en intérêt. Les personnages secondaires, souvent discrets, n’en sont pas moins criants de réalisme. Par ses dessins enfin. Je ne suis d’habitude pas fou du noir et blanc mais il faut bien reconnaitre que le rendu visuel est impressionnant, que ce soit par la qualité des planches, du cadrage ou du rendu général de l’époque. Par ailleurs, il accentue l’ambiance sombre et tragique du récit. Au final, Sous le regard est un album profond, exigeant et intelligent. Un bien bel ouvrage.
Fils du Soleil
Fabien Nury adapte Jack London dans un album qui sent le soleil et les embruns. Nous sommes dans les îles Salomon, immiscés dans le petit monde des plus riches négociants en perles. Le plus riche d'entre eux, Parlay annonce à ses confrères qu'il est décidé à vendre ses perles. Tels des rapaces, ils se réunissent sur son île... pour ce qui s'avèrera une funeste chasse au trésor. L'album est dessiné par un Eric Henninot au sommet de son art. Son dessin réaliste d'une maitrise exceptionnelle n'a plus rien à envie aux grands maîtres du genre (Giraud, Hermann...).
Seconds
Dans un registre assez différent du Scott Pilgrim qui l'a fait connaître, Bryan Lee O'Malley publie avec "Seconds", une comédie romantique culinaire aux accents fantastiques, dont la réussite tient beaucoup à un dessin très "kawaii" qui fait sa marque de fabrique. Je pense que l'ouvrage vise plutôt un public féminin. Mais j'ai bien aimé cet album et je le recommande même si ma note serait plutôt un 3,5/5 qu'un 4/5.