J'ai lu cet album sans avoir lu Famille nombreuse, mais c'est pas grave on n’est pas obligé de l'avoir lu pour comprendre 'Nos Vacances au bled'. De toute façon, la plupart des membres de la grosse famille de l'autrice ont pas de personnalité bien définie (en gros, les frères et les sœurs agissent comme n'importe quels frères et sœurs qu'on voit à la télé et il y en a pas un qui se démarque vraiment selon moi) alors c'est pas comme si le scénario devenait confus si on oubliait des noms ou des visages.
Ses vacances racontées par l'autrice sont globalement plaisantes, j'ai souvent souri aux anecdotes et le dessin est pas mal. Toutefois, j'avoue que toute la partie autour de la beauté féminine et les poils ne m'a pas du tout captivé, sans doute parce que je suis un gars et que franchement les poils sous les aisselles cela ne me dérange pas trop. J'ai beaucoup mieux aimé, par exemple, lorsqu'on voit la mère prendre en charge le chantier de la maison que la famille se fait construire en Tunisie après avoir vu que les ouvriers sont du genre pas très fiable.
Le genre d'album que j'emprunte à la bibliothèque et que je ne pense pas que je vais le relire un jour.
Contrairement à la Corée du Nord, autre pays communiste (mais pas le seul), Cuba est un pays qui s'est ouvert au monde, même s'il est constamment sous le joug du blocus américain. Le tourisme international a largement contribué à l'imagerie populaire du pays, celle d'un endroit lumineux, plein de gens très accueillants, un peu figé dans les années 1950 à cause de ce blocus.
Mais c'est également un pays où l'école et les soins sont gratuits, où la solidarité n'est pas un vain mot. C'est ce pays qu'Edo Brenes est allé découvrir avec sa compagne en 2016. Logés dans une pension de famille de la Havane, ils découvrent l'histoire de cette famille recomposée qui les accueille, mais aussi une autre famille, liée à l'une de leurs amis, au Costa Rica. Commence alors une série de saynètes dans plusieurs foyers familiaux dont on se doute qu'ils sont liés, et pas seulement parce qu'ils se croisent dans la rue. J'avoue que je trouvais ça sympa, mais sans plus, à l'instar de pas mal de BD-reportages sur tel ou tel pays, même s'il y avait cette petite couche d'authenticité.
Le dessin de Brenes est typique de la ligne claire, on sent clairement une influence d'Hergé et ses héritiers, dans un style cependant assez figé. On notera le choix d'une palette de couleurs assez large, pour rendre justice à l'ambiance de l'île. C'est plutôt agréable, même si ce dessin fait un peu "daté".
Et puis à la fin de l'album, au bout de 350 pages ou plus, Edo Brenes m'a cueilli. Le récit bascule dans le drame, avec un accident qui remet en cause beaucoup de choses martelées depuis le début.
Un voyage authentique.
BD déroutante dans le bon sens du terme, parsemée de gags volontiers surréalistes.
Très agréable à lire quand elle nous surprend temporellement, ses absurdités faisant souvent mouche. Mais elle gêne aussi aux entournures aujourd'hui, dans nos sociétés post "MeToo" : le regard masculin de l'auteur est par trop lubrique, certaines situations cherchant à émoustiller flirtent avec la patriarcale gratuité, reproduisent de tristes fantasmes masculins. Les bifurcations sexuelles freudiennes étaient légitimées par le sujet, mais elles sont ici un peu trop malhonnêtement accentuées.
Une lecture très intéressante néanmoins.
« Saudade » me rappelle un peu Better place (toujours aux éditions Komics initiative), à savoir une histoire sur le deuil chez l’enfant, avec ici la mort récente de la maman de Lara et Thomas.
L’auteur propose une réflexion intéressante sur la perte d’un proche, l’importance d’aller de l’avant, de s’entre-aider pour faire face à la douleur. Le message est simple et clair, le ton est mignon et touchant, et devrait surtout plaire aux enfants, je pense.
La mise en image de Melissa Garabeli est sublime, avec un trait tout en rondeur et des couleurs aquarelles du plus bel effet.
Un chouette album, que je recommande surtout aux enfants.
Je partais confiant et au final je ressors de ma lecture un chouïa déçu.
Je ne suis pas fan des deux auteurs dont je n'ai lu que Balade au bout du monde, c'est le nom de Nicolas Beuglet (L'Alchimiste) (journaliste, puis il tient différents postes à M6 pendant 15 ans et enfin romancier à succès) qui a attiré mon attention. Cette BD adapte son roman "Le Cri" qui a reçu le prix "Nouvelles Voix du Polar" en 2016 et dont j'avais entendu que du bien.
Ce récit s'appuie sur des informations rendues publiques aux États-Unis en 1977 : le projet Mk-Ultra. Cette opération s'étalant des années 1950 à 1973 était dirigée par la CIA. Ce projet secret impliquait l’utilisation de drogues (LSD) sur des sujets non consentants (jusqu'en 1964) dans le but de développer des techniques de contrôle mental. Un vrai scénario de science-fiction pendant la guerre froide.
Un récit qui va faire voyager, de la Norvège à une île perdue au milieu de l'océan Atlantique en passant par la France. Le point de départ sera la mort suspecte d'un patient avec le chiffre 488 gravé sur le front dans un hôpital psychiatrique de la banlieue d'Oslo : Gaustad (bien connu pour son acte de résistance pendant la seconde guerre mondiale, soyez curieux).
Et pour mener cette enquête, on va avoir droit à un sacré bout de femme, Sarah Geringën qui a un beau curriculum vitæ, deux années dans les forces spéciales et autant dans l'armée. Grande, élancée et froide comme le marbre, elle ne serre jamais la main, mais d'une rare efficacité. On n'a pas envie de s'y frotter.
J'ai particulièrement aimé le début de l'intrigue qui fait très thriller, surtout la partie se situant en Norvège. Par contre je n'ai pas adhéré à la partie qui se base sur les expériences de la CIA, elles ont pris de trop grosses proportions à mon goût et les facilités scénaristiques m'ont un peu chagriné. Par contre je dois reconnaître que Makyo a su maintenir un climat sous tension de la première à la dernière page et une belle maîtrise dans le rythme soutenu du récit.
Le travail de Laval NG est remarquable, il est pour beaucoup dans le climat oppressant du récit. Un dessin poisseux et froid aux lignes floues et à la colorisation pastelle dans les tons bleus/verts où juste le roux de la chevelure de Sarah tranche.
Je ne sais pas ce que vaut cette adaptation par rapport au roman, mais elle reste une lecture recommandable.
J'avais trouvé le premier tome en occasion et il m'avait beaucoup plu, m'incitant à aller trouver l'intégrale pour voir la suite et fin de cette ouverture prometteuse. Si je suis content d'avoir lu l'ensemble, je suis bien d'accord avec tout les avis précédent : la série n'est clairement pas fini au tome 3 et ne comporte pas de suite, malheureusement. C'est le gros point noir de la série, qui s'achève avec beaucoup trop de questions et n'a conclu qu'un seul arc narratif, clairement sans avoir terminé son histoire qu'elle invite à poursuivre par sa dernière planche.
Si je poursuit dans les défauts, je dirais que j'en ai eu un au niveau du dessin : il est clairement dans un style qui convient à une histoire de fantasy, mais j'ai trouvé que le rendu (surtout au niveau des couleurs) aurait mérité de plus grandes cases. Le décor chargé et l'action parfois trop envahissante donne une sensation de lecture chargée et complexe. Les pages enchainent très vite les interactions, comme si les auteurs avaient du condenser l'ensemble dans un format trop étroit pour eux. C'est dommage, la BD aurait gagnée à être plus aérée et claire, avec d'ailleurs un jeu sur les couleurs qui aurait pu être plus étoffé. Le côté terne ressort trop des pages.
Pour le reste, j'ai bien aimé cette histoire qui n'est pas finie. Il y a un bon début qui entraine dans un monde sympathique, aux codes bien ancrés mais qui se joue sur un tableau pas forcément habituel. L'échange de corps ce n'est pas le scénario le plus connu, et l'idée me plait bien. Associé au fameuses 32 cartes servant de catalyseur magique. Je suis frustré qu'il n'y ait pas plus, mais le développement est intéressant. L'apparition du golem à la fin soulève des questions intéressantes et je pense que les auteurs avaient une idée en tête, qui me semble arriver par petites touches, et je pense avoir deviné dans quelles directions ils souhaitaient aller. Maintenant je ne pourrais jamais confirmer ou infirmer cette hypothèse.
Dans la question de la fantasy très classique, il n'y a rien d'original mais que du très plaisant. Si vous êtes amateur du genre, ça vous plaira sans doute.
Une BD très sympathique qui parle de jeunesse et d'amitié, dans un enrobage assez surprenant que je ne dévoilerai pas. Partant d'une histoire classique de disparition au lendemain d'une soirée arrosée, une jeune fille de 14 ans recherche sa meilleure pote qui n'est plus là. Ses recherches sont entrecoupées de BD qu'elle dessine, en personnage découpés. Le tout s'orientant progressivement dans une histoire moins simple que je n'aurais cru.
Le début me faisait penser à une BD sur la jeunesse et les conséquences de nos actes, l'insouciance d'une jeunesse face aux difficultés du monde etc … Mais progressivement le récit se dessine comme une réflexion sur l'amitié et la découverte de la réalité du monde. La jeune fille disparue devient le prétexte d'une exploration d'un monde d'adulte que l'héroïne, Fédérica, ne connait pas. Mais dont elle découvrira certains aspects qu'on n'aurait pas soupçonné de prime abord.
J'ai aimé la façon dont le récit se construit progressivement, entre famille et amis, jeunes et adultes, réalité et bande dessinée. L'auteure joue habillement de codes habituels de ce genre de récit pour parler de choses plus sérieuses et profondes, notamment des thématiques que je ne m'attendais pas à voir au vue du récit. Mais l'intégration est bien faite et rien ne semble débouler au hasard. Lorsque les thématiques plus graves arrivent, j'ai trouvé qu'elles étaient pertinentes et faisaient un bon écho à la quête d'une ado qui grandit en quelques heures, face à toutes ces révélations. La fin est mignonne et reste sur une note positive, ce qui est agréable après tout ce qui a été développé. Mais je trouve que prédomine les traits d'esprits et dialogues qui parsèment l'œuvre, sur la considération du monde et j'aime le fait que la BD n'évoque pas clairement la place que doit prendre la jeunesse dedans. C'est un constat en même temps qu'une invitation à venir prendre sa place là-dedans, conscient des réalités.
Une bien belle BD qui plaira sans doute pas mal à de jeunes personnes.
Intéressant ouvrage, qui tente de clarifier un peu la complexité du jeu politique dans l'Afrique centrale et les difficultés rencontrés sur place aussi bien par les locaux que par les ONG. L'histoire tente de brasser plusieurs sujets, à l'insar d'un Ptiluc dans "Jeux sans frontières", avec un versant spiritualité plus prononcé. L'histoire parle de religions, de tendances spirituelles ou du fanatisme.
Le dessin, très coloré, m'avait déjà attiré l'œil sur Un amour de Stradivarius que j'avais apprécié, même si je trouve un aspect parfois un peu brouillon. Il arrive à bien retranscrire la lumière particulière des pays plus au sud et donne un aspect vivant à des paysages pas forcément rempli. L'apparition de la forêt en fin de BD rajoute un nouveau paysage à l'ensemble, donnant l'impression de se trouver au Nigeria.
L'histoire s'inscrit dans un pays imaginaire, ce qui est à mon sens dommage. J'aurais bien aimé voir des aspects proches de politiciens réels, sans pour autant perdre en force dans le propos. D'autre part j'aurais aimé voir apparaitre les quelques figures contestataires de cette Afrique subordonnée aux anciens colonisateurs (comme Sankara) et leur tristes destins. Je suis un peu moins enthousiaste à l'idée de commenter l'Afrique sans parler de ce qui est aussi brisé par l'Occident dès lors qu'on ne s'aligne pas sur leurs volontés.
En soi, c'est une BD qui a ses intérêts, notamment sur la question de la spiritualité en Afrique, entre religions monothéistes, déviances sectaires liées aux propos politique, mais aussi renouveau spirituel (ici le rastafarisme) en adéquation avec de nouvelles valeurs et volontés. Quelques mots sont prononcés sur les questions d'ONG et maladies, ou de sécheresse et famine. C'est une toile de fond du propos, montrer une Afrique entre dirigeant dans un luxe ostentatoire et citoyens dans différentes situations, déchirés dans des conflits qui ne les concernent même pas. Et l'histoire dessus rajoute quelques notes sur la volonté qui mène les gens ici, les pousse à venir.
En soi, une bonne BD, pas la meilleure mais agréable et qui s'inscrit dans la continuité de plein d'autres BD sur le même sujet. Ni indispensable ni a jeter, une lecture sympa !
N’ayant jamais eu en main l’album d’origine publié par Losfeld (inaccessible autant financièrement que physiquement), j’avise l’album paru quelques années plus tard chez les Humanos, qui reprend l’histoire d’origine, « Le mystère des abîmes », auquel s’ajoutent 3 histoires courtes.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette histoire fait bien son âge. Je parle de l’époque de création/publication (milieu des années 1960), mais aussi de l’âge de Druillet, alors auteur débutant – et ça se voit (autant que se devine son potentiel).
Disons-le tout de suite, c’est bourré de défauts. Graphiquement, des erreurs de proportions parfois, un trait hésitant, avec des personnages peu expressifs (Lone Sloane lui-même semble porter un masque en permanence). Et Druillet est encore un peu tributaire du gaufrier classique. Pas de planches déstructurées, comme ce sera souvent le cas par la suite.
La narration est souvent plombée par un texte trop abondant, un peu lourd, et l’histoire elle-même semble portée par une forte improvisation, l’intrigue est très linéaire et très peu « creusée », une suite d’aventures SF dans lesquelles le héros, Sloane, est ballotté, loin du personnage dominateur et plus charismatique que développera Druillet dans les aventures futures de Lone Sloane.
Ceci étant dit, c’est quand même une œuvre intéressante. Sur des bases très classiques, vaguement inspirées de Flash Gordon (comme le sera Buzzelli dans Zasafir la prisonnière - un certain trait rageur le rapproche aussi de ce premier Druillet), Druillet part sur quelque chose de plus personnel, même si c’est inabouti et brouillon.
Même ressenti au niveau du dessin. J’ai parlé des défauts, mais son trait nerveux, visiblement au Rotring, est à la fois maladroit et intéressant. Souvent épuré pour les décors (donnant l’impression – renforcé par l’utilisation d’une sorte de stylo – de simples crayonnés), son dessin se révèle parfois baroque, foisonnant (ces passages annoncent la forme que prendra son travail à l’avenir).
Les deux petites histoires qui suivent sont assez moyennes, mais on y décèle quelques petits changements, plus en phase avec l’époque (plus d’arrondis virant parfois au psychédélique, totalement absent de la longue histoire originelle, apparition d’un personnage aux traits de Salvador Dali).
Quant à la dernière histoire, elle est très différente du reste. Visuellement plus forte, colorisée, avec un dessin fortement inspiré par Moebius, on y retrouve le Druillet « classique », celui de La Nuit, du reste de Lone Sloane, de Salammbô, avec des cases faisant voler le gaufrier traditionnel (la couverture de l’édition des Humanos en est l’illustration, même si, du coup, elle n’est pas représentative de la majorité du contenu de cet album, qui est intéressant pour connaître les débuts d’un grand auteur, mais qui est encore plein de défauts et qui n’est pas encore habité par les envolées plus ou moins délirantes qui « signeront » l’œuvre de Druillet.
A lire à l’occasion, et peut-être à réserver aux amateurs de cet auteur singulier. Ma note tient compte de l'aspect quasi historique de l'album.
Note réelle 2,5/5.
Je ne sais pas si cet album est, comme certains le soulignent, le « chef d’œuvre » d’Eisner. C’est en tout cas celui auquel j’ai le plus spontanément accroché. On est loin ici de ses thématiques urbaines et de lutte contre l’antisémitisme qui dominent son œuvre. C’est un roman graphique qui joue sur l’histoire (la guerre froide) et la science-fiction, avec quelques touches d’humour loufoque parfois.
Justement, les surenchères, les péripéties parfois grotesques, voilà ce que j’aurais aimé voir prendre le dessus sur le récit central. C’est un récit intéressant, qui brasse pas mal de thématiques : la rivalité Est-Ouest à propos de conquête spatiale avec rivalité entre espions du KGB et ceux de la CIA, l’indépendance d’un pays africain (et sa domination par un dictateur à la Mobutu), la toute-puissance des multinationales, et des sujets éthiques sur le contrôle des connaissances et des relations avec d’hypothétiques extra-terrestres.
On le voit c’est assez dense. Et ça l’est d’autant plus que les personnages sont eux aussi très nombreux à se croiser (j’ai oublié la mafia, et ceux qui cherchent à échapper à leur vengeance, des chercheurs en mal de financement prêts à tout, et des sectes d’illuminés !). C’est un peu trop en fait. Car en sus le texte est souvent très – trop – abondant, avec des bulles bien remplies, le tout étant parfois un chouia indigeste. Le dessin est lui très fluide et agréable, rien à dire de ce côté-là.
Mais ça reste une lecture intéressante et recommandable.
Note réelle 3,5/5.
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Nos vacances au bled
J'ai lu cet album sans avoir lu Famille nombreuse, mais c'est pas grave on n’est pas obligé de l'avoir lu pour comprendre 'Nos Vacances au bled'. De toute façon, la plupart des membres de la grosse famille de l'autrice ont pas de personnalité bien définie (en gros, les frères et les sœurs agissent comme n'importe quels frères et sœurs qu'on voit à la télé et il y en a pas un qui se démarque vraiment selon moi) alors c'est pas comme si le scénario devenait confus si on oubliait des noms ou des visages. Ses vacances racontées par l'autrice sont globalement plaisantes, j'ai souvent souri aux anecdotes et le dessin est pas mal. Toutefois, j'avoue que toute la partie autour de la beauté féminine et les poils ne m'a pas du tout captivé, sans doute parce que je suis un gars et que franchement les poils sous les aisselles cela ne me dérange pas trop. J'ai beaucoup mieux aimé, par exemple, lorsqu'on voit la mère prendre en charge le chantier de la maison que la famille se fait construire en Tunisie après avoir vu que les ouvriers sont du genre pas très fiable. Le genre d'album que j'emprunte à la bibliothèque et que je ne pense pas que je vais le relire un jour.
Touristes à la Havane
Contrairement à la Corée du Nord, autre pays communiste (mais pas le seul), Cuba est un pays qui s'est ouvert au monde, même s'il est constamment sous le joug du blocus américain. Le tourisme international a largement contribué à l'imagerie populaire du pays, celle d'un endroit lumineux, plein de gens très accueillants, un peu figé dans les années 1950 à cause de ce blocus. Mais c'est également un pays où l'école et les soins sont gratuits, où la solidarité n'est pas un vain mot. C'est ce pays qu'Edo Brenes est allé découvrir avec sa compagne en 2016. Logés dans une pension de famille de la Havane, ils découvrent l'histoire de cette famille recomposée qui les accueille, mais aussi une autre famille, liée à l'une de leurs amis, au Costa Rica. Commence alors une série de saynètes dans plusieurs foyers familiaux dont on se doute qu'ils sont liés, et pas seulement parce qu'ils se croisent dans la rue. J'avoue que je trouvais ça sympa, mais sans plus, à l'instar de pas mal de BD-reportages sur tel ou tel pays, même s'il y avait cette petite couche d'authenticité. Le dessin de Brenes est typique de la ligne claire, on sent clairement une influence d'Hergé et ses héritiers, dans un style cependant assez figé. On notera le choix d'une palette de couleurs assez large, pour rendre justice à l'ambiance de l'île. C'est plutôt agréable, même si ce dessin fait un peu "daté". Et puis à la fin de l'album, au bout de 350 pages ou plus, Edo Brenes m'a cueilli. Le récit bascule dans le drame, avec un accident qui remet en cause beaucoup de choses martelées depuis le début. Un voyage authentique.
La Mer à boire
BD déroutante dans le bon sens du terme, parsemée de gags volontiers surréalistes. Très agréable à lire quand elle nous surprend temporellement, ses absurdités faisant souvent mouche. Mais elle gêne aussi aux entournures aujourd'hui, dans nos sociétés post "MeToo" : le regard masculin de l'auteur est par trop lubrique, certaines situations cherchant à émoustiller flirtent avec la patriarcale gratuité, reproduisent de tristes fantasmes masculins. Les bifurcations sexuelles freudiennes étaient légitimées par le sujet, mais elles sont ici un peu trop malhonnêtement accentuées. Une lecture très intéressante néanmoins.
Saudade (Willian/Garabeli)
« Saudade » me rappelle un peu Better place (toujours aux éditions Komics initiative), à savoir une histoire sur le deuil chez l’enfant, avec ici la mort récente de la maman de Lara et Thomas. L’auteur propose une réflexion intéressante sur la perte d’un proche, l’importance d’aller de l’avant, de s’entre-aider pour faire face à la douleur. Le message est simple et clair, le ton est mignon et touchant, et devrait surtout plaire aux enfants, je pense. La mise en image de Melissa Garabeli est sublime, avec un trait tout en rondeur et des couleurs aquarelles du plus bel effet. Un chouette album, que je recommande surtout aux enfants.
Le Cri
Je partais confiant et au final je ressors de ma lecture un chouïa déçu. Je ne suis pas fan des deux auteurs dont je n'ai lu que Balade au bout du monde, c'est le nom de Nicolas Beuglet (L'Alchimiste) (journaliste, puis il tient différents postes à M6 pendant 15 ans et enfin romancier à succès) qui a attiré mon attention. Cette BD adapte son roman "Le Cri" qui a reçu le prix "Nouvelles Voix du Polar" en 2016 et dont j'avais entendu que du bien. Ce récit s'appuie sur des informations rendues publiques aux États-Unis en 1977 : le projet Mk-Ultra. Cette opération s'étalant des années 1950 à 1973 était dirigée par la CIA. Ce projet secret impliquait l’utilisation de drogues (LSD) sur des sujets non consentants (jusqu'en 1964) dans le but de développer des techniques de contrôle mental. Un vrai scénario de science-fiction pendant la guerre froide. Un récit qui va faire voyager, de la Norvège à une île perdue au milieu de l'océan Atlantique en passant par la France. Le point de départ sera la mort suspecte d'un patient avec le chiffre 488 gravé sur le front dans un hôpital psychiatrique de la banlieue d'Oslo : Gaustad (bien connu pour son acte de résistance pendant la seconde guerre mondiale, soyez curieux). Et pour mener cette enquête, on va avoir droit à un sacré bout de femme, Sarah Geringën qui a un beau curriculum vitæ, deux années dans les forces spéciales et autant dans l'armée. Grande, élancée et froide comme le marbre, elle ne serre jamais la main, mais d'une rare efficacité. On n'a pas envie de s'y frotter. J'ai particulièrement aimé le début de l'intrigue qui fait très thriller, surtout la partie se situant en Norvège. Par contre je n'ai pas adhéré à la partie qui se base sur les expériences de la CIA, elles ont pris de trop grosses proportions à mon goût et les facilités scénaristiques m'ont un peu chagriné. Par contre je dois reconnaître que Makyo a su maintenir un climat sous tension de la première à la dernière page et une belle maîtrise dans le rythme soutenu du récit. Le travail de Laval NG est remarquable, il est pour beaucoup dans le climat oppressant du récit. Un dessin poisseux et froid aux lignes floues et à la colorisation pastelle dans les tons bleus/verts où juste le roux de la chevelure de Sarah tranche. Je ne sais pas ce que vaut cette adaptation par rapport au roman, mais elle reste une lecture recommandable.
Elias le maudit
J'avais trouvé le premier tome en occasion et il m'avait beaucoup plu, m'incitant à aller trouver l'intégrale pour voir la suite et fin de cette ouverture prometteuse. Si je suis content d'avoir lu l'ensemble, je suis bien d'accord avec tout les avis précédent : la série n'est clairement pas fini au tome 3 et ne comporte pas de suite, malheureusement. C'est le gros point noir de la série, qui s'achève avec beaucoup trop de questions et n'a conclu qu'un seul arc narratif, clairement sans avoir terminé son histoire qu'elle invite à poursuivre par sa dernière planche. Si je poursuit dans les défauts, je dirais que j'en ai eu un au niveau du dessin : il est clairement dans un style qui convient à une histoire de fantasy, mais j'ai trouvé que le rendu (surtout au niveau des couleurs) aurait mérité de plus grandes cases. Le décor chargé et l'action parfois trop envahissante donne une sensation de lecture chargée et complexe. Les pages enchainent très vite les interactions, comme si les auteurs avaient du condenser l'ensemble dans un format trop étroit pour eux. C'est dommage, la BD aurait gagnée à être plus aérée et claire, avec d'ailleurs un jeu sur les couleurs qui aurait pu être plus étoffé. Le côté terne ressort trop des pages. Pour le reste, j'ai bien aimé cette histoire qui n'est pas finie. Il y a un bon début qui entraine dans un monde sympathique, aux codes bien ancrés mais qui se joue sur un tableau pas forcément habituel. L'échange de corps ce n'est pas le scénario le plus connu, et l'idée me plait bien. Associé au fameuses 32 cartes servant de catalyseur magique. Je suis frustré qu'il n'y ait pas plus, mais le développement est intéressant. L'apparition du golem à la fin soulève des questions intéressantes et je pense que les auteurs avaient une idée en tête, qui me semble arriver par petites touches, et je pense avoir deviné dans quelles directions ils souhaitaient aller. Maintenant je ne pourrais jamais confirmer ou infirmer cette hypothèse. Dans la question de la fantasy très classique, il n'y a rien d'original mais que du très plaisant. Si vous êtes amateur du genre, ça vous plaira sans doute.
Sestrières
Une BD très sympathique qui parle de jeunesse et d'amitié, dans un enrobage assez surprenant que je ne dévoilerai pas. Partant d'une histoire classique de disparition au lendemain d'une soirée arrosée, une jeune fille de 14 ans recherche sa meilleure pote qui n'est plus là. Ses recherches sont entrecoupées de BD qu'elle dessine, en personnage découpés. Le tout s'orientant progressivement dans une histoire moins simple que je n'aurais cru. Le début me faisait penser à une BD sur la jeunesse et les conséquences de nos actes, l'insouciance d'une jeunesse face aux difficultés du monde etc … Mais progressivement le récit se dessine comme une réflexion sur l'amitié et la découverte de la réalité du monde. La jeune fille disparue devient le prétexte d'une exploration d'un monde d'adulte que l'héroïne, Fédérica, ne connait pas. Mais dont elle découvrira certains aspects qu'on n'aurait pas soupçonné de prime abord. J'ai aimé la façon dont le récit se construit progressivement, entre famille et amis, jeunes et adultes, réalité et bande dessinée. L'auteure joue habillement de codes habituels de ce genre de récit pour parler de choses plus sérieuses et profondes, notamment des thématiques que je ne m'attendais pas à voir au vue du récit. Mais l'intégration est bien faite et rien ne semble débouler au hasard. Lorsque les thématiques plus graves arrivent, j'ai trouvé qu'elles étaient pertinentes et faisaient un bon écho à la quête d'une ado qui grandit en quelques heures, face à toutes ces révélations. La fin est mignonne et reste sur une note positive, ce qui est agréable après tout ce qui a été développé. Mais je trouve que prédomine les traits d'esprits et dialogues qui parsèment l'œuvre, sur la considération du monde et j'aime le fait que la BD n'évoque pas clairement la place que doit prendre la jeunesse dedans. C'est un constat en même temps qu'une invitation à venir prendre sa place là-dedans, conscient des réalités. Une bien belle BD qui plaira sans doute pas mal à de jeunes personnes.
Les Heures Noires
Intéressant ouvrage, qui tente de clarifier un peu la complexité du jeu politique dans l'Afrique centrale et les difficultés rencontrés sur place aussi bien par les locaux que par les ONG. L'histoire tente de brasser plusieurs sujets, à l'insar d'un Ptiluc dans "Jeux sans frontières", avec un versant spiritualité plus prononcé. L'histoire parle de religions, de tendances spirituelles ou du fanatisme. Le dessin, très coloré, m'avait déjà attiré l'œil sur Un amour de Stradivarius que j'avais apprécié, même si je trouve un aspect parfois un peu brouillon. Il arrive à bien retranscrire la lumière particulière des pays plus au sud et donne un aspect vivant à des paysages pas forcément rempli. L'apparition de la forêt en fin de BD rajoute un nouveau paysage à l'ensemble, donnant l'impression de se trouver au Nigeria. L'histoire s'inscrit dans un pays imaginaire, ce qui est à mon sens dommage. J'aurais bien aimé voir des aspects proches de politiciens réels, sans pour autant perdre en force dans le propos. D'autre part j'aurais aimé voir apparaitre les quelques figures contestataires de cette Afrique subordonnée aux anciens colonisateurs (comme Sankara) et leur tristes destins. Je suis un peu moins enthousiaste à l'idée de commenter l'Afrique sans parler de ce qui est aussi brisé par l'Occident dès lors qu'on ne s'aligne pas sur leurs volontés. En soi, c'est une BD qui a ses intérêts, notamment sur la question de la spiritualité en Afrique, entre religions monothéistes, déviances sectaires liées aux propos politique, mais aussi renouveau spirituel (ici le rastafarisme) en adéquation avec de nouvelles valeurs et volontés. Quelques mots sont prononcés sur les questions d'ONG et maladies, ou de sécheresse et famine. C'est une toile de fond du propos, montrer une Afrique entre dirigeant dans un luxe ostentatoire et citoyens dans différentes situations, déchirés dans des conflits qui ne les concernent même pas. Et l'histoire dessus rajoute quelques notes sur la volonté qui mène les gens ici, les pousse à venir. En soi, une bonne BD, pas la meilleure mais agréable et qui s'inscrit dans la continuité de plein d'autres BD sur le même sujet. Ni indispensable ni a jeter, une lecture sympa !
Lone Sloane 66
N’ayant jamais eu en main l’album d’origine publié par Losfeld (inaccessible autant financièrement que physiquement), j’avise l’album paru quelques années plus tard chez les Humanos, qui reprend l’histoire d’origine, « Le mystère des abîmes », auquel s’ajoutent 3 histoires courtes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette histoire fait bien son âge. Je parle de l’époque de création/publication (milieu des années 1960), mais aussi de l’âge de Druillet, alors auteur débutant – et ça se voit (autant que se devine son potentiel). Disons-le tout de suite, c’est bourré de défauts. Graphiquement, des erreurs de proportions parfois, un trait hésitant, avec des personnages peu expressifs (Lone Sloane lui-même semble porter un masque en permanence). Et Druillet est encore un peu tributaire du gaufrier classique. Pas de planches déstructurées, comme ce sera souvent le cas par la suite. La narration est souvent plombée par un texte trop abondant, un peu lourd, et l’histoire elle-même semble portée par une forte improvisation, l’intrigue est très linéaire et très peu « creusée », une suite d’aventures SF dans lesquelles le héros, Sloane, est ballotté, loin du personnage dominateur et plus charismatique que développera Druillet dans les aventures futures de Lone Sloane. Ceci étant dit, c’est quand même une œuvre intéressante. Sur des bases très classiques, vaguement inspirées de Flash Gordon (comme le sera Buzzelli dans Zasafir la prisonnière - un certain trait rageur le rapproche aussi de ce premier Druillet), Druillet part sur quelque chose de plus personnel, même si c’est inabouti et brouillon. Même ressenti au niveau du dessin. J’ai parlé des défauts, mais son trait nerveux, visiblement au Rotring, est à la fois maladroit et intéressant. Souvent épuré pour les décors (donnant l’impression – renforcé par l’utilisation d’une sorte de stylo – de simples crayonnés), son dessin se révèle parfois baroque, foisonnant (ces passages annoncent la forme que prendra son travail à l’avenir). Les deux petites histoires qui suivent sont assez moyennes, mais on y décèle quelques petits changements, plus en phase avec l’époque (plus d’arrondis virant parfois au psychédélique, totalement absent de la longue histoire originelle, apparition d’un personnage aux traits de Salvador Dali). Quant à la dernière histoire, elle est très différente du reste. Visuellement plus forte, colorisée, avec un dessin fortement inspiré par Moebius, on y retrouve le Druillet « classique », celui de La Nuit, du reste de Lone Sloane, de Salammbô, avec des cases faisant voler le gaufrier traditionnel (la couverture de l’édition des Humanos en est l’illustration, même si, du coup, elle n’est pas représentative de la majorité du contenu de cet album, qui est intéressant pour connaître les débuts d’un grand auteur, mais qui est encore plein de défauts et qui n’est pas encore habité par les envolées plus ou moins délirantes qui « signeront » l’œuvre de Druillet. A lire à l’occasion, et peut-être à réserver aux amateurs de cet auteur singulier. Ma note tient compte de l'aspect quasi historique de l'album. Note réelle 2,5/5.
L'Appel de l'Espace
Je ne sais pas si cet album est, comme certains le soulignent, le « chef d’œuvre » d’Eisner. C’est en tout cas celui auquel j’ai le plus spontanément accroché. On est loin ici de ses thématiques urbaines et de lutte contre l’antisémitisme qui dominent son œuvre. C’est un roman graphique qui joue sur l’histoire (la guerre froide) et la science-fiction, avec quelques touches d’humour loufoque parfois. Justement, les surenchères, les péripéties parfois grotesques, voilà ce que j’aurais aimé voir prendre le dessus sur le récit central. C’est un récit intéressant, qui brasse pas mal de thématiques : la rivalité Est-Ouest à propos de conquête spatiale avec rivalité entre espions du KGB et ceux de la CIA, l’indépendance d’un pays africain (et sa domination par un dictateur à la Mobutu), la toute-puissance des multinationales, et des sujets éthiques sur le contrôle des connaissances et des relations avec d’hypothétiques extra-terrestres. On le voit c’est assez dense. Et ça l’est d’autant plus que les personnages sont eux aussi très nombreux à se croiser (j’ai oublié la mafia, et ceux qui cherchent à échapper à leur vengeance, des chercheurs en mal de financement prêts à tout, et des sectes d’illuminés !). C’est un peu trop en fait. Car en sus le texte est souvent très – trop – abondant, avec des bulles bien remplies, le tout étant parfois un chouia indigeste. Le dessin est lui très fluide et agréable, rien à dire de ce côté-là. Mais ça reste une lecture intéressante et recommandable. Note réelle 3,5/5.