Je ressors un poil ... déçu de ma lecture.
J'avais très envie de découvrir Janevsky suite aux avis de Noirdésir sur cet auteur, je le fais donc avec "Lilith" qui est dans le même univers que Sixella. Une bd qui a bénéficié d'une campagne de financement participative.
Un mélange d'érotisme et de science-fiction, qui me fait penser inévitablement à l'univers de Druuna de Serpieri, où on va suivre les aventures de la jolie professeur Sixella. Sur la planète Eden 347, celle-ci sera accompagnée d'iris, un robot qui a été reprogrammé puisqu'à la base il était dévolu aux plaisirs sexuels, elle va devoir étudier un Alien aux multiples tentacules appelé la Reine. Cette nouvelle Lilith extra-terrestre sera-t-elle un démon féminin ou celle qui verra mourir tous ses enfants ou encore la séductrice à l'appétit sexuel insatiable ?
Une lecture rapide malgré la pagination importante, de nombreuses pages sans textes, principalement pour les scènes de sexe (femme/femme et femme/robot). Une intrigue assez simpliste mais elle a su maintenir mon intérêt jusqu'à la dernière planche.
Le point fort est incontestablement le dessin au trait lèché, sensuel et à la sublime colorisation dans les mauves, bleus et oranges (on peut y retrouver un peu de Moebius). J'ai aussi beaucoup aimé la créativité de Janevsky dans les décors et l'ambiance rétro que dégage l'ensemble. La mise en page n'est pas en reste. J'aime beaucoup.
Une lecture qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais je compte bien m'y replonger de temps en temps pour profiter des superbes planches.
Une belle curiosité.
Xavier Dorison, plus vraiment besoin de le présenter tant la quantité de série de qualité, du moins à succès, est importante.
Joel Parnotte lui publie moins, j’ai lu Hong Kong Triad et Les Aquanautes, qui m’avait bien plus à l’époque de leur sorties, mais ça commence à dater.
Alors l’ambiance Marseille et sud de la France au début du vingtième siècle, j’ai beaucoup aimé, ce n’est pas le contexte le plus utilisé en toile de fond dans une série de bande dessinée, mais pour la coup cela m’a bien plus.
On suit les péripéties d’une bande d’enfants miséreux, pris dans un conflit entre deux groupes possédant des pouvoirs magique…
Dit comme ça, ça ne vend pas du rêve. Et effectivement, ça ne fait pas rêver. Les ficelles sont grosses, le bien le mal, et finalement où est le bien où est le mal… vous voyez le cliché, pas besoin d’épiloguer.
Les dessins par contre j’ai vraiment été agréablement surpris, Pernotte a énormément évolué depuis ses débuts, et je tiens vraiment à souligner la qualité graphique des albums, je guetterais avec plus d’attention ses futurs parutions, car ça a été une très bonne redécouverte.
Je pense qu’il y avait tous les ingrédients pour en faire une grande série, un auteur à succès et un dessinateur de talent, mais ça ne fait pas tout, et il manque ce petit truc (l’attachement aux personnages ? L’ambiance ? Je ne saurais l’expliquer), qui la ferait passer de série sympathique à lire et distrayante à excellente série.
Je ressors content et satisfait de ma lecture, mais elle ne sera pas marquante pour autant.
Voilà une série assez sympathique à lire.
Étant un grand fan de Corto Maltese, lorsque j’ai vu une série sur des aventures maritimes flirtant avec la piraterie, dans la première moitié du vingtième siècle, dans les mers de Chine, je me suis évidemment dis que c’était fait pour moi.
Alors évidement il y a des très gros clin d’œil à Corto, des cases entière sont inspirées de la ballade de la mer salée. Et évidement, elle n’atteint pas sa qualité.
Les premiers tomes de la série sont sous format feuilleton (journal Tintin), c’est très marqué, le dessins est débutant, le scénario assez fouillis, je me suis accroché pour avancer ma lecture.
Puis à partir du tome 4, le trait s’affirme, les scénarios sont mieux construit, j’ai pris beaucoup plus de plaisir à suivre ses aventures.
Et au final je ressort assez satisfait de ma lecture. Une bonne série d’aventure dépaysante, typique des années 1980 tant par le dessin que par le scénario.
Il est amusant de voir les débuts de Gine que j’ai aimé dans Finkel, et Le Triangle Secret.
Il ne révolutionne pas le genre, mais il s’en sort très bien et répond au cahier des charges que j’attend pour ce genre la.
À noter que dans l’intégrale 1 sortie aux éditions du Long Bec, ce trouve une compilation de mini-récits faisant de nombreux clin d’œil à des séries du journal Tintin (Corentin…), et qui je suppose ont dû être publiés dans ce journal.
À lire avec plaisir, pour ce changer les idées et voyager un peu, sans en attendre grand chose.
Marabout semble s'être spécialisé dans les one-shot où les autrices parlent de leurs problèmes.
Ici, l'autrice parle des problèmes qu'elle rencontre comme petite femme. On devine facile certains problèmes comme le fait que tout est trop grand ou qu'on est victime de blagues souvent pas très drôle sur les petits. L'autrice aborde plusieurs sujets et parle de sa vie en générale. J'ai bien aimé le couple qu'elle forme avec un homme très grand, ils sont mignons ensemble.
Globalement, le livre se laisse lire sans problème, le dessin est sympathique et j'ai aimé la plupart de l'album. La seule partie qui m'a vraiment ennuyé est lorsqu'elle montre comment bien s'habiller quand on est une femme de petite taille, mais en même temps c'est normal ça s'adresse aux lectrices petites et pas au mâle de taille normale que je suis. Parlons de mâle, une partie que j'ai bien aimée est lorsque l'autrice donne la parole à un homme de petite taille qui explique les problèmes qu'il subit lui aussi.
Le genre d'album que j'aime bien emprunter à la bibliothèque.
Je découvre l’univers de Borja González avec cet album, j’en suis sorti assez dubitatif. Il y a des choses que j’ai adoré, d’autres beaucoup moins.
Le visuel est vraiment sympa, ça me fait pensé à du Mignola, l’ambiance un peu gothique aussi d’ailleurs.
Chaque image est bien travaillée, l’auteur maîtrise son sujet, il a su se démarquer de son aîné et impose une certaine patte personnelle, avec ses personnages sans visages et une narration très lente. On peut déplorer une certaine absence d’émotions dans ce style et c’est un peu galère à reconnaître les personnages. J’ai même trouvé comique les fois où l’auteur fait référence à la couleur des yeux ou aux regards ?!
C’est assez spécial mais en vrai ça ne me déplaît pas du tout, je ne demandais qu’à être envoûter totalement.
Sauf que c’est le récit qui coince un peu, qu’est ce que c’est abscon !!
Ok l’ambiance est bien posée, mélancolique toussa toussa, mais faut pas oublier à un moment de donner des clés aux lecteurs ?! Les « on ne sait pas pourquoi » de Mac Arthur sont très bien vus ;)
Un univers bizarre, des femmes dans un château, les hommes à la chasse, alors que l’on pensait être au moyen âge. Nous croiserons immeubles et voitures à l’abandon.
C’est beau, il y a du travail mais ça m’embête de le dire, c’est un peu chiant. Je n’ai pas trop saisi où l’auteur voulait nous embarquer, à moitié envoûté, tout en métaphore.
Je jetterais quand même un œil à ses autres productions.
2,5
Je ne connaissais pas ce conte d’Andersen, ici adapté par un de ses compatriotes. Disons que c’est un récit assez classique, où l’on suit une mère qui refuse de voir mourir son enfant, et qui va partir à la poursuite de la mort, dans un long périple, pour le lui arracher, refusant le destin, la fatalité, la résignation. Illustrant sans doute l’amour maternel en son plus haut point, le récit évite d’être trop édifiant. Mais il est linéaire, et surtout vite lu (peu de textes et de péripéties finalement).
Mais cela se laisse lire sans problème. D’autant plus que le dessin de Madsen – dont je découvre ici le travail – est vraiment très bon et surtout très beau. J’ai aussi bien aimé sa colorisation.
Une lecture agréable, même s’il ne faut pas s’attendre à une histoire très alambiquée.
Mouais. Un album pas désagréable, mais que je vais oublier tout aussi rapidement que je l’ai lu je pense.
En effet, ce récit d’un Européen débarquant à Johannesburg post apartheid est lisible, mais peu marquant. Après une entame insistant sur la criminalité, l’insécurité extrême qui semble y régner, cet aspect est ensuite presque laissé au second plan. Notre bonhomme traverse la ville et le récit sans que l’on puisse s’attacher à quelque chose en particulier. Ni critique sociale, ni journal de voyage (comme pouvait le faire Delisle), c’est une sorte de roman graphique un peu vide, même s’il se laisse lire.
Le dessin même de Rabaté est ici très simple, comme si nous était livrée une version dessinée sur le vif, au fil des événements, cela donne un rendu un peu brouillon (et la couverture – pas très jolie d’ailleurs – de l’édition originale du Seuil que j’ai eue sous la main renforce cet aspect crayonné).
A réserver aux complétistes de l’auteur, et plutôt à emprunter. Je suis sorti quelque peu déçu de ma lecture.
Note réelle 2,5/5.
Je ne connaissais pas du tout ce Jérôme Bigras et en le découvrant, lui et sa présentation, je m'imaginais une petite série B cheap, underground et démodée. Et pourtant non seulement ça a très bien vieilli, mais surtout elle fourmille de bonnes idées et d'un humour qui n'a pas vieilli et qui marche souvent très bien.
L'auteur joue beaucoup sur le média BD lui-même, avec de nombreux gags rappelant les idées de l'OuBaPo : jeux entre le recto et le verso d'une page, mises en abymes à plusieurs niveaux, sauts dans le temps d'une case à une autre, histoire dont vous êtes le héros où il faut se rendre à telle ou telle case selon vos choix, pages à regarder en transparence pour voir apparaitre les dessins du verso, et autres idées du même genre. Même s'il n'y a là rien d'exceptionnellement novateur, d'autres ayant déjà testé la majorité de ces concepts auparavant, ça marche souvent bien.
L'humour également fonctionne. A base d'absurde, de comique de situation et de répliques percutantes, il m'a souvent vraiment fait rire. J'ai aussi aimé les quelques expressions québécoises présentes ici et là, pas trop heureusement pour un lecteur français, car elles ajoutent à l'impact et la vie des dialogues humoristiques.
Et le dessin est bon lui aussi, avec un trait maîtrisé et des personnages aux bouilles amusantes.
Pourtant, je ne peux pas dire que j'ai complètement aimé cette BD. Déjà parce que toutes les histoires ne sont pas aussi drôles, certaines étant même légèrement ennuyeuses.
Et ensuite parce que j'ai un sentiment de confusion dans la mise en page, de trop grande densité. On sent que l'auteur veut en dire énormément dans le format de 2 pages auquel il est souvent contraint par la publication initiale dans le magazine Croc et qu'il s'y sent à l'étroit. Cela se ressent dans le dessin qui a l'air condensé, avec des personnages qui ont l'air de sortir des cases tellement ils s'y sentent coincés, beaucoup de détails, de dialogues partout, et le tout ressort avec cette même impression visuelle que certains vieux comics underground que je trouve pénibles à lire. Cela ne coule pas bien à la lecture et ça fatigue à la longue. Les mêmes histoires et les mêmes gags auraient gagné à être étalés sur plus de pages, avec une mise en scène plus aérée et un rythme mieux géré, moins échevelé.
Ce n'est donc pas parfait mais j'ai quand même été agréablement surpris par cette lecture typiquement québécoise.
J'ai un peu de mal avec les comics réunissant plusieurs super-héros comme les Avengers ou la Ligue de Justice, côté DC. Cela sonne toujours un peu faux à mon goût. Je suis pourtant extrêmement friand de comics, je voue un culte à Batman et Spider-man et apprécie nombre d'autres héros (Wolverine, Hulk ou Flash entre autres). Mais je ne saurais pas trop dire pourquoi, j'ai du mal quand ils se réunissent, j'aime tellement l'idée qu'ils doivent être un peu seul contre tous que de les voir évoluer en synergie me pose problème (j'aimerais d'ailleurs bien savoir si je suis le seul à penser ainsi). J'apprécie pourtant fortement les équipes comme les Gardiens de la Galaxie mais je les considère comme étant un ensemble homogène. Là, avec les Avengers, y'a un truc qui cloche, qui me gêne, comme si cette réunion de supers n'était que trop artificielle.
Néanmoins, j'ai apprécié les films du MCU, justement pour cet aspect, c'est paradoxal... ou pas en fait ! Le MCU a justement été conçu pour réunir les supers (parce que réalisé après la lecture des comics) alors que les comics Marvel ne les ont finalement réunis, me semble-t-il, qu'a posteriori, à des fins évidemment mercantiles. Et ça ne marche que moyennement, à mon avis.
Age of Ultron ne déroge pas à la règle. La trame du scénario tient la route avec cette IA qui prend le pouvoir sur les humains, se rendant compte que le problème de notre planète vient justement de ces humains qui la peuplent et qui la gouvernent. Le "personnage" d'Ultron est parfait en cela, froid, pragmatique, dénué de sentiments. J'ai apprécié ma lecture et je voulais savoir comment nos super allaient s'en sortir (et donc l'humanité dénuée de pouvoir, en creux, même si celle-ci est totalement absente de l'ouvrage). Le dessin est un chouette dessin de comics, tel que je l'apprécie dans ce genre d’œuvre.
Mais, comme je l'ai largement mentionné en introduction, je suis resté sur ma faim. Et je pense sincèrement que les raisons évoquées ci-dessus expliquent cela. Trop de supers avec inévitablement l'impression que certains ne sont là que pour répondre à une sorte de cahier des charges quant à leur seule présence tellement ils ne servent pas à grand chose. Et en fait, en dehors d'embrouiller le récit en le complexifiant trop là où cela ne doit pas être le cas, leurs présences n'apportent rien au récit. C'est dommage.
Un autre défaut a gêné ma lecture. Comme si l'auteur n'avait pas le temps de développer certains arcs scénaristiques, il se permet des ellipses qui affaiblissent considérablement la continuité des péripéties de nos héros. Si j'étais un poil sarcastique, je pourrai tout à fait mettre cela sur le fait qu'à la place de développer telle scène ou tel enchaînement, il a vite dû donner une ligne de dialogue à ce super-héros qui devait apparaître coûte que coûte, cahier des charges oblige. Je n'en sais strictement rien mais cela m'a traversé l'esprit à plusieurs reprises durant ma lecture.
Bref, j'ai passé un moment loin d'être désagréable à la lecture de cet Age of Ultron mais je le répète, il y a un truc qui ne fonctionne pas tout à fait...
Je vais rester dans la moyenne, un album qui se laisse bien lire mais qui marquera peu.
D’ailleurs je suis un peu déçu d’apprendre que les premières pages avaient déjà été publiées dans un autre recueil sur la thématique des transports en commun, à la base cette histoire n’appelait pas de suite particulière.
Heureusement les auteurs ont suffisamment de talents pour que le lecteur ne s’en rende pas compte, il n’y a pas de coupure ou de soucis de transition qui accentueraient ce côté artificiel.
On retrouve la patte des auteurs, un récit du quotidien, citadin et un peu bobo. Notre héros un peu perdu, a gagné au loto, il n’aura pas la réaction de monsieur tout le monde.
Le ton développé est léger, l’histoire sans être surprenante est fluide, aidée par une mise en page et des couleurs agréables.
Sympa mais dispensable.
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Lilith
Je ressors un poil ... déçu de ma lecture. J'avais très envie de découvrir Janevsky suite aux avis de Noirdésir sur cet auteur, je le fais donc avec "Lilith" qui est dans le même univers que Sixella. Une bd qui a bénéficié d'une campagne de financement participative. Un mélange d'érotisme et de science-fiction, qui me fait penser inévitablement à l'univers de Druuna de Serpieri, où on va suivre les aventures de la jolie professeur Sixella. Sur la planète Eden 347, celle-ci sera accompagnée d'iris, un robot qui a été reprogrammé puisqu'à la base il était dévolu aux plaisirs sexuels, elle va devoir étudier un Alien aux multiples tentacules appelé la Reine. Cette nouvelle Lilith extra-terrestre sera-t-elle un démon féminin ou celle qui verra mourir tous ses enfants ou encore la séductrice à l'appétit sexuel insatiable ? Une lecture rapide malgré la pagination importante, de nombreuses pages sans textes, principalement pour les scènes de sexe (femme/femme et femme/robot). Une intrigue assez simpliste mais elle a su maintenir mon intérêt jusqu'à la dernière planche. Le point fort est incontestablement le dessin au trait lèché, sensuel et à la sublime colorisation dans les mauves, bleus et oranges (on peut y retrouver un peu de Moebius). J'ai aussi beaucoup aimé la créativité de Janevsky dans les décors et l'ambiance rétro que dégage l'ensemble. La mise en page n'est pas en reste. J'aime beaucoup. Une lecture qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais je compte bien m'y replonger de temps en temps pour profiter des superbes planches. Une belle curiosité.
Aristophania
Xavier Dorison, plus vraiment besoin de le présenter tant la quantité de série de qualité, du moins à succès, est importante. Joel Parnotte lui publie moins, j’ai lu Hong Kong Triad et Les Aquanautes, qui m’avait bien plus à l’époque de leur sorties, mais ça commence à dater. Alors l’ambiance Marseille et sud de la France au début du vingtième siècle, j’ai beaucoup aimé, ce n’est pas le contexte le plus utilisé en toile de fond dans une série de bande dessinée, mais pour la coup cela m’a bien plus. On suit les péripéties d’une bande d’enfants miséreux, pris dans un conflit entre deux groupes possédant des pouvoirs magique… Dit comme ça, ça ne vend pas du rêve. Et effectivement, ça ne fait pas rêver. Les ficelles sont grosses, le bien le mal, et finalement où est le bien où est le mal… vous voyez le cliché, pas besoin d’épiloguer. Les dessins par contre j’ai vraiment été agréablement surpris, Pernotte a énormément évolué depuis ses débuts, et je tiens vraiment à souligner la qualité graphique des albums, je guetterais avec plus d’attention ses futurs parutions, car ça a été une très bonne redécouverte. Je pense qu’il y avait tous les ingrédients pour en faire une grande série, un auteur à succès et un dessinateur de talent, mais ça ne fait pas tout, et il manque ce petit truc (l’attachement aux personnages ? L’ambiance ? Je ne saurais l’expliquer), qui la ferait passer de série sympathique à lire et distrayante à excellente série. Je ressors content et satisfait de ma lecture, mais elle ne sera pas marquante pour autant.
Capitaine Sabre
Voilà une série assez sympathique à lire. Étant un grand fan de Corto Maltese, lorsque j’ai vu une série sur des aventures maritimes flirtant avec la piraterie, dans la première moitié du vingtième siècle, dans les mers de Chine, je me suis évidemment dis que c’était fait pour moi. Alors évidement il y a des très gros clin d’œil à Corto, des cases entière sont inspirées de la ballade de la mer salée. Et évidement, elle n’atteint pas sa qualité. Les premiers tomes de la série sont sous format feuilleton (journal Tintin), c’est très marqué, le dessins est débutant, le scénario assez fouillis, je me suis accroché pour avancer ma lecture. Puis à partir du tome 4, le trait s’affirme, les scénarios sont mieux construit, j’ai pris beaucoup plus de plaisir à suivre ses aventures. Et au final je ressort assez satisfait de ma lecture. Une bonne série d’aventure dépaysante, typique des années 1980 tant par le dessin que par le scénario. Il est amusant de voir les débuts de Gine que j’ai aimé dans Finkel, et Le Triangle Secret. Il ne révolutionne pas le genre, mais il s’en sort très bien et répond au cahier des charges que j’attend pour ce genre la. À noter que dans l’intégrale 1 sortie aux éditions du Long Bec, ce trouve une compilation de mini-récits faisant de nombreux clin d’œil à des séries du journal Tintin (Corentin…), et qui je suppose ont dû être publiés dans ce journal. À lire avec plaisir, pour ce changer les idées et voyager un peu, sans en attendre grand chose.
Les P'tites Meufs - Le Quotidien des femmes de moins d'1,60m
Marabout semble s'être spécialisé dans les one-shot où les autrices parlent de leurs problèmes. Ici, l'autrice parle des problèmes qu'elle rencontre comme petite femme. On devine facile certains problèmes comme le fait que tout est trop grand ou qu'on est victime de blagues souvent pas très drôle sur les petits. L'autrice aborde plusieurs sujets et parle de sa vie en générale. J'ai bien aimé le couple qu'elle forme avec un homme très grand, ils sont mignons ensemble. Globalement, le livre se laisse lire sans problème, le dessin est sympathique et j'ai aimé la plupart de l'album. La seule partie qui m'a vraiment ennuyé est lorsqu'elle montre comment bien s'habiller quand on est une femme de petite taille, mais en même temps c'est normal ça s'adresse aux lectrices petites et pas au mâle de taille normale que je suis. Parlons de mâle, une partie que j'ai bien aimée est lorsque l'autrice donne la parole à un homme de petite taille qui explique les problèmes qu'il subit lui aussi. Le genre d'album que j'aime bien emprunter à la bibliothèque.
Bleu à la lumière du jour
Je découvre l’univers de Borja González avec cet album, j’en suis sorti assez dubitatif. Il y a des choses que j’ai adoré, d’autres beaucoup moins. Le visuel est vraiment sympa, ça me fait pensé à du Mignola, l’ambiance un peu gothique aussi d’ailleurs. Chaque image est bien travaillée, l’auteur maîtrise son sujet, il a su se démarquer de son aîné et impose une certaine patte personnelle, avec ses personnages sans visages et une narration très lente. On peut déplorer une certaine absence d’émotions dans ce style et c’est un peu galère à reconnaître les personnages. J’ai même trouvé comique les fois où l’auteur fait référence à la couleur des yeux ou aux regards ?! C’est assez spécial mais en vrai ça ne me déplaît pas du tout, je ne demandais qu’à être envoûter totalement. Sauf que c’est le récit qui coince un peu, qu’est ce que c’est abscon !! Ok l’ambiance est bien posée, mélancolique toussa toussa, mais faut pas oublier à un moment de donner des clés aux lecteurs ?! Les « on ne sait pas pourquoi » de Mac Arthur sont très bien vus ;) Un univers bizarre, des femmes dans un château, les hommes à la chasse, alors que l’on pensait être au moyen âge. Nous croiserons immeubles et voitures à l’abandon. C’est beau, il y a du travail mais ça m’embête de le dire, c’est un peu chiant. Je n’ai pas trop saisi où l’auteur voulait nous embarquer, à moitié envoûté, tout en métaphore. Je jetterais quand même un œil à ses autres productions. 2,5
L'Histoire d'une mère
Je ne connaissais pas ce conte d’Andersen, ici adapté par un de ses compatriotes. Disons que c’est un récit assez classique, où l’on suit une mère qui refuse de voir mourir son enfant, et qui va partir à la poursuite de la mort, dans un long périple, pour le lui arracher, refusant le destin, la fatalité, la résignation. Illustrant sans doute l’amour maternel en son plus haut point, le récit évite d’être trop édifiant. Mais il est linéaire, et surtout vite lu (peu de textes et de péripéties finalement). Mais cela se laisse lire sans problème. D’autant plus que le dessin de Madsen – dont je découvre ici le travail – est vraiment très bon et surtout très beau. J’ai aussi bien aimé sa colorisation. Une lecture agréable, même s’il ne faut pas s’attendre à une histoire très alambiquée.
Bienvenue à Jobourg
Mouais. Un album pas désagréable, mais que je vais oublier tout aussi rapidement que je l’ai lu je pense. En effet, ce récit d’un Européen débarquant à Johannesburg post apartheid est lisible, mais peu marquant. Après une entame insistant sur la criminalité, l’insécurité extrême qui semble y régner, cet aspect est ensuite presque laissé au second plan. Notre bonhomme traverse la ville et le récit sans que l’on puisse s’attacher à quelque chose en particulier. Ni critique sociale, ni journal de voyage (comme pouvait le faire Delisle), c’est une sorte de roman graphique un peu vide, même s’il se laisse lire. Le dessin même de Rabaté est ici très simple, comme si nous était livrée une version dessinée sur le vif, au fil des événements, cela donne un rendu un peu brouillon (et la couverture – pas très jolie d’ailleurs – de l’édition originale du Seuil que j’ai eue sous la main renforce cet aspect crayonné). A réserver aux complétistes de l’auteur, et plutôt à emprunter. Je suis sorti quelque peu déçu de ma lecture. Note réelle 2,5/5.
Jérôme Bigras
Je ne connaissais pas du tout ce Jérôme Bigras et en le découvrant, lui et sa présentation, je m'imaginais une petite série B cheap, underground et démodée. Et pourtant non seulement ça a très bien vieilli, mais surtout elle fourmille de bonnes idées et d'un humour qui n'a pas vieilli et qui marche souvent très bien. L'auteur joue beaucoup sur le média BD lui-même, avec de nombreux gags rappelant les idées de l'OuBaPo : jeux entre le recto et le verso d'une page, mises en abymes à plusieurs niveaux, sauts dans le temps d'une case à une autre, histoire dont vous êtes le héros où il faut se rendre à telle ou telle case selon vos choix, pages à regarder en transparence pour voir apparaitre les dessins du verso, et autres idées du même genre. Même s'il n'y a là rien d'exceptionnellement novateur, d'autres ayant déjà testé la majorité de ces concepts auparavant, ça marche souvent bien. L'humour également fonctionne. A base d'absurde, de comique de situation et de répliques percutantes, il m'a souvent vraiment fait rire. J'ai aussi aimé les quelques expressions québécoises présentes ici et là, pas trop heureusement pour un lecteur français, car elles ajoutent à l'impact et la vie des dialogues humoristiques. Et le dessin est bon lui aussi, avec un trait maîtrisé et des personnages aux bouilles amusantes. Pourtant, je ne peux pas dire que j'ai complètement aimé cette BD. Déjà parce que toutes les histoires ne sont pas aussi drôles, certaines étant même légèrement ennuyeuses. Et ensuite parce que j'ai un sentiment de confusion dans la mise en page, de trop grande densité. On sent que l'auteur veut en dire énormément dans le format de 2 pages auquel il est souvent contraint par la publication initiale dans le magazine Croc et qu'il s'y sent à l'étroit. Cela se ressent dans le dessin qui a l'air condensé, avec des personnages qui ont l'air de sortir des cases tellement ils s'y sentent coincés, beaucoup de détails, de dialogues partout, et le tout ressort avec cette même impression visuelle que certains vieux comics underground que je trouve pénibles à lire. Cela ne coule pas bien à la lecture et ça fatigue à la longue. Les mêmes histoires et les mêmes gags auraient gagné à être étalés sur plus de pages, avec une mise en scène plus aérée et un rythme mieux géré, moins échevelé. Ce n'est donc pas parfait mais j'ai quand même été agréablement surpris par cette lecture typiquement québécoise.
Age of Ultron
J'ai un peu de mal avec les comics réunissant plusieurs super-héros comme les Avengers ou la Ligue de Justice, côté DC. Cela sonne toujours un peu faux à mon goût. Je suis pourtant extrêmement friand de comics, je voue un culte à Batman et Spider-man et apprécie nombre d'autres héros (Wolverine, Hulk ou Flash entre autres). Mais je ne saurais pas trop dire pourquoi, j'ai du mal quand ils se réunissent, j'aime tellement l'idée qu'ils doivent être un peu seul contre tous que de les voir évoluer en synergie me pose problème (j'aimerais d'ailleurs bien savoir si je suis le seul à penser ainsi). J'apprécie pourtant fortement les équipes comme les Gardiens de la Galaxie mais je les considère comme étant un ensemble homogène. Là, avec les Avengers, y'a un truc qui cloche, qui me gêne, comme si cette réunion de supers n'était que trop artificielle. Néanmoins, j'ai apprécié les films du MCU, justement pour cet aspect, c'est paradoxal... ou pas en fait ! Le MCU a justement été conçu pour réunir les supers (parce que réalisé après la lecture des comics) alors que les comics Marvel ne les ont finalement réunis, me semble-t-il, qu'a posteriori, à des fins évidemment mercantiles. Et ça ne marche que moyennement, à mon avis. Age of Ultron ne déroge pas à la règle. La trame du scénario tient la route avec cette IA qui prend le pouvoir sur les humains, se rendant compte que le problème de notre planète vient justement de ces humains qui la peuplent et qui la gouvernent. Le "personnage" d'Ultron est parfait en cela, froid, pragmatique, dénué de sentiments. J'ai apprécié ma lecture et je voulais savoir comment nos super allaient s'en sortir (et donc l'humanité dénuée de pouvoir, en creux, même si celle-ci est totalement absente de l'ouvrage). Le dessin est un chouette dessin de comics, tel que je l'apprécie dans ce genre d’œuvre. Mais, comme je l'ai largement mentionné en introduction, je suis resté sur ma faim. Et je pense sincèrement que les raisons évoquées ci-dessus expliquent cela. Trop de supers avec inévitablement l'impression que certains ne sont là que pour répondre à une sorte de cahier des charges quant à leur seule présence tellement ils ne servent pas à grand chose. Et en fait, en dehors d'embrouiller le récit en le complexifiant trop là où cela ne doit pas être le cas, leurs présences n'apportent rien au récit. C'est dommage. Un autre défaut a gêné ma lecture. Comme si l'auteur n'avait pas le temps de développer certains arcs scénaristiques, il se permet des ellipses qui affaiblissent considérablement la continuité des péripéties de nos héros. Si j'étais un poil sarcastique, je pourrai tout à fait mettre cela sur le fait qu'à la place de développer telle scène ou tel enchaînement, il a vite dû donner une ligne de dialogue à ce super-héros qui devait apparaître coûte que coûte, cahier des charges oblige. Je n'en sais strictement rien mais cela m'a traversé l'esprit à plusieurs reprises durant ma lecture. Bref, j'ai passé un moment loin d'être désagréable à la lecture de cet Age of Ultron mais je le répète, il y a un truc qui ne fonctionne pas tout à fait...
Un peu avant la fortune
Je vais rester dans la moyenne, un album qui se laisse bien lire mais qui marquera peu. D’ailleurs je suis un peu déçu d’apprendre que les premières pages avaient déjà été publiées dans un autre recueil sur la thématique des transports en commun, à la base cette histoire n’appelait pas de suite particulière. Heureusement les auteurs ont suffisamment de talents pour que le lecteur ne s’en rende pas compte, il n’y a pas de coupure ou de soucis de transition qui accentueraient ce côté artificiel. On retrouve la patte des auteurs, un récit du quotidien, citadin et un peu bobo. Notre héros un peu perdu, a gagné au loto, il n’aura pas la réaction de monsieur tout le monde. Le ton développé est léger, l’histoire sans être surprenante est fluide, aidée par une mise en page et des couleurs agréables. Sympa mais dispensable.