Occitanie, aux alentours de l'An Mil, la campagne médiévale oscille entre misère, obscurantisme et violence. Un colpoteur fait la rencontre d'une meneuse de loups et ils parcourent ensemble les routes. Par meneuse de loups, ou meneux, il faut comprendre une personne capable de faire le lien entre la nature et les hommes, de comprendre et amadouer les animaux, et aussi d'apporter divers soins sous la forme de potions et de soutien psychologique. Cette dernière vit seule avec son ami chien-loup et elle apporte son aide aux gens qu'elle croise en échange du souper et d'un abri. Mais dans une ambiance de fin du monde, avec tous les signes avant-coureur de l'Apocalypse selon Saint-Jean, cette pérégrination est risquée. D'autant plus qu'il sévit dans la région un tueur d'enfants, un monstre qui écrase leur visage sans qu'on comprenne ses motivations, et la population locale est persuadée qu'il s'agit d'attaques de loups ou d'un autre animal à éradiquer.
J'ai beaucoup aimé la première moitié de l'album.
Le dessin est d'une belle qualité : soigné, avec une vraie personnalité, j'aime les courbes de son trait et la façon dont il représente les humains, les bêtes et les décors de la nature médiévale. Cela joue aussi beaucoup sur une mise en scène réussie et des couleurs très bien choisies.
L'histoire et les personnages sont très originaux. Même si l'on est placé d'emblée aux côtés des deux voyageurs, l'intrigue lève doucement seulement le voile de mystère autour de la meneuse. Et en parallèle, on est très intrigué par cette histoire de meurtres d'enfants et par le parcours en parallèle de ce moine sujet à des visions bibliques d'anges et de Dieu qui le désigne comme son élu pour préparer l'Apocalypse. C'est un récit dur mais envoutant, qui plonge le lecteur dans l'ambiance du moyen-âge et de ses superstitions.
Cependant, malgré un retournement de situation abrupt concernant l'un des personnages vers le milieu de l'album, j'ai trouvé peu à peu que le rythme se tassait, s'ankylosait, et mon esprit en est doucement venu à sortir de ma lecture avec un soupçon d'ennui à un moment donné. La grande scène conclusive, qui amène plus d'action, ne m'a pas davantage convaincu : outre la folie de l'un des protagonistes, j'ai eu du mal à apprécier ceux qui l'entouraient soudainement. Cette scène là m'est apparu moins réaliste que les précédentes, plus théatrale, et cela m'a amené à être un peu déçu par la fin de cette histoire.
C'est forcément une histoire de goût, mais je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'avec tous ces bons ingrédients, ce chouette cadre historique et ce beau graphisme, il y avait matière à produire une oeuvre plus solide et marquante de bout en bout.
Une sorte de « Bob l’éponge » pour très jeunes lecteurs (avec là aussi des personnages animaliers anthropomorphes vivant au fond de l’océan), avec des personnages un peu moins crétins, et une héroïne en leader – héroïne dynamique, qui ne recule pas devant les menaces et les risques de coup, les autres, ses copains, doivent la suivre !
C’est de l’aventure pour de rire, assez rythmé, avec un langage juste ce qu’il faut de familier pour accrocher les bambins des cours de récré.
Je ne suis clairement pas le cœur de cible. Mais je pense que les jeunes lecteurs (niveau école primaire) y trouveront leur bonheur.
D’autant plus que le dessin de Long, dans son style minimaliste mais efficace habituel (voir la série des Sardines par exemple) est lui aussi très lisible et adapté au lectorat visé.
Réalisées avant l’envol de Corto Maltese, ces récits s’en approchent par leur thématique, leur localisation (dans les mers et îles du Pacifique), c’est ainsi par beaucoup de côtés une ébauche de la Grande œuvre ultérieure, même s’il n’y a pas ici la poésie, une sorte de magie narrative qui irriguera « Corto » par la suite.
Ce sont des récits d’aventure pure, au rythme un peu saccadé (des « relances » arrivant toutes les 2 ou 3 pages, les dangers arrivant et refluant comme les vagues du Pacifique). Mais les personnages ne sont pas très charismatiques, que ce soit Cormorant, ou Rand, le jeune Anglais qui se « déniaise » progressivement. Disons que ça se laisse lire (j’ai lu les deux épisodes parus dans l’édition Glénat).
La liaison entre les deux chapitres est d'ailleurs un peu brutale. A la fin du premier, Pratt annonce que ses personnages se séparent, Rand retourne en Angleterre (il aurait épousé Phoebe, la sœur de Cormorant) tandis que Cormorant part pour les Amériques et aurait participé à la guerre d’Indépendance. Du coup ça aurait pu faire la liaison avec les œuvres de Pratt se déroulant à cette époque dans les forêts du Nord-Est des futurs États-Unis. Mais en fait non, nous retrouvons tous nos héros là où nous les avions laissés, dans les îles du Pacifique. Pratt a changé d’avis ? A voulu poursuivre une histoire qui n’avait au départ pas prétention à se développer davantage ? Toujours est-il qu’il abandonne en chemin son bébé, pour laisser Fenzo seul à la barre – dans un style proche.
Un Pratt mineur, sans aucun doute, pas désagréable, pas inoubliable non plus.
Un petit aïe !
J’ai abordé l’aventure avec de bons échos en tête et en pensant que j’allais succomber. Ça a été le cas durant les deux premiers tiers … et puis d’un coup plus du tout dedans ?!
Déjà (vous allez rire), je dois avouer que connement je n’ai pas cru à la post face, je me suis dit qu’on nous faisait un coup à la Mickey's Craziest Adventures. Un moyen pour le scénariste de proposer une version fantasmée autour du Graal … et bin non !! C’est vraiment ce que ça prétend être, une quête moyenâgeuse oubliée, et en fait ça se ressent méchamment dans les péripéties. Hyper classique à tendances plates, ça m’a sauté aux yeux en milieu de lecture, la fin est complètement soporifique, pas de double sens ou de leçon à tirer juste le côté chevaleresque (et chrétien ^^).
Du coup je n’en tire rien, finalement un air de déjà vu et ça se révèle peu captivant. En fait, c’est du Disney avant l’heure, malgré des « tragédies » durant l’aventure, les sides kicks rigolos, on a droit à une belle happy end. Ça part adulte pour terminer petit enfant, le ton change gentiment accentué par cette dernière planche qui entérine mon ressenti.
J’en suis sorti plutôt amer. Par contre total respect pour le travail de recherche, un taf impressionnant.
Tout n’est pas non plus à jeter, les quelques traces d’humour bien que maladroites sont intéressantes pour l’époque et surtout le graphisme. Je découvre l’auteur, son travail est agréable à suivre, de chouettes couleurs, niveau trait c’est plutôt bon dans l’ensemble, il n’y a que cette planche sur la mort de Nimue qui m’a paru ridicule et amateur.
Donc voilà un récit qui ne m’a pas conquis néanmoins il possède les qualités graphique et culturelle. Affaire de goût.
2,5
Je suis sorti avec un avis mitigé de cette lecture et si j’ai traversé l’album plutôt avec plaisir, c’est avec moins d’enthousiasme que mon prédécesseur que je l’avise.
L’Association a fait un très beau travail éditorial, avec un album au format quasi carré, couverture épaisse, mise en pages très aérée. Le dessin, faussement simpliste, avec des airs de dessin de presse ou d’esquisse parfois, est très bien mis en valeur.
La simplicité du trait (relative, car il y a en fait un vrai travail) est parfaitement adaptée au récit et au ton employé pour le narrer. Car nous suivons, comme l’indique le titre, une bande « d’oisifs », quelques vieux bonhommes, chômeurs ou retraités, qui enchaînent les discussions, les élans velléitaires, autour d’un canon, d’une tournée partagée au bistrot ou chez l’un d’eux. Ce ne sont pas des propos de comptoir à proprement parler, des discussions de pochetrons comme dans Chez Francisque par exemple. David Prudhomme ne décrit pas de vieux beauf, il observe des êtres qui se ménagent un temps et un espace libre, une sorte de Libertalia de banlieue, tout juste perturbée sur la fin par l’arrivée d’un gamin.
La lecture est rapide, globalement agréable, mais j’ai trouvé quelques longueurs – qui ressortent d’autant plus que tout est lent et que l’action est quasi inexistante. On s’attache au groupe, à leur collectif hédoniste plus qu’aux individus. A part ce personnage qui a une conception particulière du jardinage…
Une lecture sympathique, mais les amateurs d’action peuvent passer leur chemin !
Je me range complètement à l’avis de Cacal69.
Un 1er tome enchanteur, un album dense en péripéties (si on fait fi de certaines facilités) et solidement charpenté en terme de mise en page, franchement un régal, pour une 1ère œuvre bravo.
De la bonne aventure, la confrontation entre nos 2 héros littéraires est une chouette idée et fonctionne très bien (Némo n’apparaissant que dans la derniere partie).
Par contre, le 2ème n’est pas du même acabit, honnête mais je suis sorti moins scotché (alors que le Nautilus fait son apparition), une demi déception.
Ce qui explique le 3* (pour l’instant), j’espère que les auteurs prendront leurs temps sur le prochain, pour une conclusion à la hauteur.
En attendant, ça reste très bien fait et recommandable pour les amateurs.
MàJ après lecture dernier tome :
Rien d’honteux, les auteurs tiennent leur trilogie et leurs personnages, du divertissement honnête malgré de grosses ficelles et un léger abus de retournement de situation. Pas vraiment marquant mais sympathique à lire, par contre je déplore toujours des petits soucis d’échelle avec le Nautilus (la scène où il sort du fleuve m’a paru loupé à cause de ça)
Je reste sur le 3*.
Cet album contient deux histoires centrées sur le Joker mais différentes dans le ton.
La première histoire était sans doute la plus originale au moment de sa parution (depuis son concept a été repris, notamment dans Batman - White Knight). Elle développe la question de savoir ce que deviendrait le Joker s'il réussissait finalement à tuer Batman. En effet, depuis des années, et par exemple dans la fin de Killing Joke, il est clairement sous-entendu que le Joker ne serait pas le super-vilain qu'il est sans sa némésis, Batman, et qu'ils forment une sorte de duo de perpétuels antagonistes. Or dans cette histoire, Going Sane, le Joker est persuadé d'avoir éliminé Batman dans une explosion et a même jeté son corps meurtri dans une rivière gelée : le moteur de sa vie de méchant est donc calé, il n'a plus d'ennemi pour alimenter sa folie, et de facto le Joker disparait pour laisser la place à Joseph Kerr, un alter ego très sage et ignorant tout de son passé criminel. Celui-ci vit une vie morose mais rencontre une gentille femme qui a les mêmes goûts rétro et désuets que lui et ils tombent amoureux... Sauf que Batman n'est pas mort et qu'il va revenir.
Si le fond de cette histoire est assez intéressant, j'ai trouvé sa mise en scène assez ennuyeuse. Il y a beaucoup trop de monologues intérieurs, du Joker, de Batman, et même de l'amoureuse du Joseph Kerr. C'est verbeux, assez mou, et sans réelle surprise au final. La narration à base de flash-back se mélangeant au récit du temps présent dans le dernier chapitre est aussi un peu agaçante. Quant au dessin, il est élégant et joli mais un peu vieillot. D'ailleurs, le style de Joe Staton me fait pas mal penser ici à celui de John Romita Jr.
Quelques bonnes idées et une intéressante vision de la psychologie des personnages, mais une histoire qui m'a un peu ennuyé.
Le seconde histoire présente un Joker dans son rôle classique de méchant mais avec comme originalité cette fois qu'il est arrêté pour un crime qu'il n'a pas commis et qu'à cause de cela il est condamné à mort et à rejoindre le couloir de la mort dans une vraie prison, et non plus l'asile d'Arkham auquel il est habitué. Et paradoxalement, c'est Batman qui va venir à son secours car, poussé par sa motivation fondamentale qui est de rendre la justice, il ne peut pas laisser le Joker se faire condamner à la place du vrai meurtrier. Il va donc mener l'enquête, aidé de Robin, pour retrouver ce dernier, tandis que le Joker égrène les jours avant son exécution et doit réagir aux actes des autres prisonniers de droit commun.
Le dessin de Graham Nolan est moins élégant que celui de Joe Staton, mais il est maîtrisé techniquement et il fonctionne très bien dans certaines scènes où le Joker pète les plombs, comme l'image reprise sur la couverture de l'album notamment.
L'enquête tient la route, avec une fausse piste qui va tromper autant Batman que le lecteur. Le comportement du Joker est un peu particulier dans cette histoire : il alterne entre sa folie violente habituelle et des moments bien plus humains où il n'en mène pas large. C'est un peu étonnant et je ne sais pas si ça colle vraiment bien au personnage. Mais j'ai trouvé cette histoire intéressante et plutôt prenante : pas mal donc.
Le titre de cette fiche ne ment pas : "Longtemps réclamée par les lecteurs du Journal Spirou".
Ces histoires font partie de celles que beaucoup attendent lorsque sort le prochain numéro. Pas forcément inoubliable mais un vrai bon moment d'absurde, à la croisée de Titeuf, des premiers Larcenet et de Bob l'éponge.
Quelle bande de bras cassés. Chaque idée entraîne une cata qui entrainera un autre désastre.
Le dessin est simple mais les trognes tordantes. C'est concon mais prêt à dérider jeunes et moins jeunes.
C'était ma bd de jeunesse de prédilection aux côtés des albums souples de Dupuis.
La nostalgie me rendra donc peu objectif.
La critique de Greg est assez dure mais plutôt vraie.
Mais je trouve qu'il ya tout de même a pas mal d'albums qui sortent plutôt du schéma un peu caricatural de scénario évoqué:
Km 357
Le retour de Steve Warson
Route de nuit
Mach 1 pour Steve Warson
Les casse-cou
Les chevaliers de Koenigsfeld
Cauchemar
ou encore Concerto pour pilotes
Mais ce n'est que mon humble avis
Même si Jason est loin d’être mon mythe préféré, je reconnais beaucoup de mérite à cette trilogie.
Déjà le graphisme est plutôt bon, un style classique mais pas avare en détails, des planches visibles et fluides.
Ensuite j’ai apprécié que l’histoire soit bien complète, pas de manque détecté cette fois, bien au contraire.
En plus du périple avec les argonautes, nous aurons l’origine de la toison (que j’ignorais) et surtout l’après périple tout aussi intéressant, une adaptation fidèle et didactique.
Par contre, je rejoins l’avis de Ro sur l’aventure en elle même, elle souffre clairement de la comparaison avec les autres mythes d’Hercule ou d’Ulysse. Beaucoup de péripéties durant ce voyage, mais à mes yeux, ça manque de souffle, ce qui ne le rend pas des plus trépidant.
Tellement dommage surtout à la vue du casting des argonautes, assez transparents pour la plupart. Le pire c’est que même Jason me semble en retrait, j’aime qu’il ne soit pas fils de Dieux (ça change pour une fois), mais je le trouve tellement transparent vers la fin, il agit mais sans Médée point de toison.
En fait, je trouve que LE personnage du mythe c’est elle, même si cette dernière n’apparaît que sur la fin, elle éclipse tellement les autres, une femme forte et terrible. A ce propos, je ne peux d’ailleurs que vous conseiller l’excellent Médée de Peña et Le Callet, qui la réhabilite d’une certaine façon.
Un beau travail d’adaptation, complet et fidèle, malheureusement mes reproches sur la force du mythe m’empêche de monter au franchement bien.
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La Voix des bêtes, la faim des hommes
Occitanie, aux alentours de l'An Mil, la campagne médiévale oscille entre misère, obscurantisme et violence. Un colpoteur fait la rencontre d'une meneuse de loups et ils parcourent ensemble les routes. Par meneuse de loups, ou meneux, il faut comprendre une personne capable de faire le lien entre la nature et les hommes, de comprendre et amadouer les animaux, et aussi d'apporter divers soins sous la forme de potions et de soutien psychologique. Cette dernière vit seule avec son ami chien-loup et elle apporte son aide aux gens qu'elle croise en échange du souper et d'un abri. Mais dans une ambiance de fin du monde, avec tous les signes avant-coureur de l'Apocalypse selon Saint-Jean, cette pérégrination est risquée. D'autant plus qu'il sévit dans la région un tueur d'enfants, un monstre qui écrase leur visage sans qu'on comprenne ses motivations, et la population locale est persuadée qu'il s'agit d'attaques de loups ou d'un autre animal à éradiquer. J'ai beaucoup aimé la première moitié de l'album. Le dessin est d'une belle qualité : soigné, avec une vraie personnalité, j'aime les courbes de son trait et la façon dont il représente les humains, les bêtes et les décors de la nature médiévale. Cela joue aussi beaucoup sur une mise en scène réussie et des couleurs très bien choisies. L'histoire et les personnages sont très originaux. Même si l'on est placé d'emblée aux côtés des deux voyageurs, l'intrigue lève doucement seulement le voile de mystère autour de la meneuse. Et en parallèle, on est très intrigué par cette histoire de meurtres d'enfants et par le parcours en parallèle de ce moine sujet à des visions bibliques d'anges et de Dieu qui le désigne comme son élu pour préparer l'Apocalypse. C'est un récit dur mais envoutant, qui plonge le lecteur dans l'ambiance du moyen-âge et de ses superstitions. Cependant, malgré un retournement de situation abrupt concernant l'un des personnages vers le milieu de l'album, j'ai trouvé peu à peu que le rythme se tassait, s'ankylosait, et mon esprit en est doucement venu à sortir de ma lecture avec un soupçon d'ennui à un moment donné. La grande scène conclusive, qui amène plus d'action, ne m'a pas davantage convaincu : outre la folie de l'un des protagonistes, j'ai eu du mal à apprécier ceux qui l'entouraient soudainement. Cette scène là m'est apparu moins réaliste que les précédentes, plus théatrale, et cela m'a amené à être un peu déçu par la fin de cette histoire. C'est forcément une histoire de goût, mais je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'avec tous ces bons ingrédients, ce chouette cadre historique et ce beau graphisme, il y avait matière à produire une oeuvre plus solide et marquante de bout en bout.
Simone se bastonne
Une sorte de « Bob l’éponge » pour très jeunes lecteurs (avec là aussi des personnages animaliers anthropomorphes vivant au fond de l’océan), avec des personnages un peu moins crétins, et une héroïne en leader – héroïne dynamique, qui ne recule pas devant les menaces et les risques de coup, les autres, ses copains, doivent la suivre ! C’est de l’aventure pour de rire, assez rythmé, avec un langage juste ce qu’il faut de familier pour accrocher les bambins des cours de récré. Je ne suis clairement pas le cœur de cible. Mais je pense que les jeunes lecteurs (niveau école primaire) y trouveront leur bonheur. D’autant plus que le dessin de Long, dans son style minimaliste mais efficace habituel (voir la série des Sardines par exemple) est lui aussi très lisible et adapté au lectorat visé.
Capitaine Cormorant
Réalisées avant l’envol de Corto Maltese, ces récits s’en approchent par leur thématique, leur localisation (dans les mers et îles du Pacifique), c’est ainsi par beaucoup de côtés une ébauche de la Grande œuvre ultérieure, même s’il n’y a pas ici la poésie, une sorte de magie narrative qui irriguera « Corto » par la suite. Ce sont des récits d’aventure pure, au rythme un peu saccadé (des « relances » arrivant toutes les 2 ou 3 pages, les dangers arrivant et refluant comme les vagues du Pacifique). Mais les personnages ne sont pas très charismatiques, que ce soit Cormorant, ou Rand, le jeune Anglais qui se « déniaise » progressivement. Disons que ça se laisse lire (j’ai lu les deux épisodes parus dans l’édition Glénat). La liaison entre les deux chapitres est d'ailleurs un peu brutale. A la fin du premier, Pratt annonce que ses personnages se séparent, Rand retourne en Angleterre (il aurait épousé Phoebe, la sœur de Cormorant) tandis que Cormorant part pour les Amériques et aurait participé à la guerre d’Indépendance. Du coup ça aurait pu faire la liaison avec les œuvres de Pratt se déroulant à cette époque dans les forêts du Nord-Est des futurs États-Unis. Mais en fait non, nous retrouvons tous nos héros là où nous les avions laissés, dans les îles du Pacifique. Pratt a changé d’avis ? A voulu poursuivre une histoire qui n’avait au départ pas prétention à se développer davantage ? Toujours est-il qu’il abandonne en chemin son bébé, pour laisser Fenzo seul à la barre – dans un style proche. Un Pratt mineur, sans aucun doute, pas désagréable, pas inoubliable non plus.
Le Chevalier au Dragon
Un petit aïe ! J’ai abordé l’aventure avec de bons échos en tête et en pensant que j’allais succomber. Ça a été le cas durant les deux premiers tiers … et puis d’un coup plus du tout dedans ?! Déjà (vous allez rire), je dois avouer que connement je n’ai pas cru à la post face, je me suis dit qu’on nous faisait un coup à la Mickey's Craziest Adventures. Un moyen pour le scénariste de proposer une version fantasmée autour du Graal … et bin non !! C’est vraiment ce que ça prétend être, une quête moyenâgeuse oubliée, et en fait ça se ressent méchamment dans les péripéties. Hyper classique à tendances plates, ça m’a sauté aux yeux en milieu de lecture, la fin est complètement soporifique, pas de double sens ou de leçon à tirer juste le côté chevaleresque (et chrétien ^^). Du coup je n’en tire rien, finalement un air de déjà vu et ça se révèle peu captivant. En fait, c’est du Disney avant l’heure, malgré des « tragédies » durant l’aventure, les sides kicks rigolos, on a droit à une belle happy end. Ça part adulte pour terminer petit enfant, le ton change gentiment accentué par cette dernière planche qui entérine mon ressenti. J’en suis sorti plutôt amer. Par contre total respect pour le travail de recherche, un taf impressionnant. Tout n’est pas non plus à jeter, les quelques traces d’humour bien que maladroites sont intéressantes pour l’époque et surtout le graphisme. Je découvre l’auteur, son travail est agréable à suivre, de chouettes couleurs, niveau trait c’est plutôt bon dans l’ensemble, il n’y a que cette planche sur la mort de Nimue qui m’a paru ridicule et amateur. Donc voilà un récit qui ne m’a pas conquis néanmoins il possède les qualités graphique et culturelle. Affaire de goût. 2,5
L'Oisiveraie
Je suis sorti avec un avis mitigé de cette lecture et si j’ai traversé l’album plutôt avec plaisir, c’est avec moins d’enthousiasme que mon prédécesseur que je l’avise. L’Association a fait un très beau travail éditorial, avec un album au format quasi carré, couverture épaisse, mise en pages très aérée. Le dessin, faussement simpliste, avec des airs de dessin de presse ou d’esquisse parfois, est très bien mis en valeur. La simplicité du trait (relative, car il y a en fait un vrai travail) est parfaitement adaptée au récit et au ton employé pour le narrer. Car nous suivons, comme l’indique le titre, une bande « d’oisifs », quelques vieux bonhommes, chômeurs ou retraités, qui enchaînent les discussions, les élans velléitaires, autour d’un canon, d’une tournée partagée au bistrot ou chez l’un d’eux. Ce ne sont pas des propos de comptoir à proprement parler, des discussions de pochetrons comme dans Chez Francisque par exemple. David Prudhomme ne décrit pas de vieux beauf, il observe des êtres qui se ménagent un temps et un espace libre, une sorte de Libertalia de banlieue, tout juste perturbée sur la fin par l’arrivée d’un gamin. La lecture est rapide, globalement agréable, mais j’ai trouvé quelques longueurs – qui ressortent d’autant plus que tout est lent et que l’action est quasi inexistante. On s’attache au groupe, à leur collectif hédoniste plus qu’aux individus. A part ce personnage qui a une conception particulière du jardinage… Une lecture sympathique, mais les amateurs d’action peuvent passer leur chemin !
Nautilus
Je me range complètement à l’avis de Cacal69. Un 1er tome enchanteur, un album dense en péripéties (si on fait fi de certaines facilités) et solidement charpenté en terme de mise en page, franchement un régal, pour une 1ère œuvre bravo. De la bonne aventure, la confrontation entre nos 2 héros littéraires est une chouette idée et fonctionne très bien (Némo n’apparaissant que dans la derniere partie). Par contre, le 2ème n’est pas du même acabit, honnête mais je suis sorti moins scotché (alors que le Nautilus fait son apparition), une demi déception. Ce qui explique le 3* (pour l’instant), j’espère que les auteurs prendront leurs temps sur le prochain, pour une conclusion à la hauteur. En attendant, ça reste très bien fait et recommandable pour les amateurs. MàJ après lecture dernier tome : Rien d’honteux, les auteurs tiennent leur trilogie et leurs personnages, du divertissement honnête malgré de grosses ficelles et un léger abus de retournement de situation. Pas vraiment marquant mais sympathique à lire, par contre je déplore toujours des petits soucis d’échelle avec le Nautilus (la scène où il sort du fleuve m’a paru loupé à cause de ça) Je reste sur le 3*.
Joker - Fini de rire
Cet album contient deux histoires centrées sur le Joker mais différentes dans le ton. La première histoire était sans doute la plus originale au moment de sa parution (depuis son concept a été repris, notamment dans Batman - White Knight). Elle développe la question de savoir ce que deviendrait le Joker s'il réussissait finalement à tuer Batman. En effet, depuis des années, et par exemple dans la fin de Killing Joke, il est clairement sous-entendu que le Joker ne serait pas le super-vilain qu'il est sans sa némésis, Batman, et qu'ils forment une sorte de duo de perpétuels antagonistes. Or dans cette histoire, Going Sane, le Joker est persuadé d'avoir éliminé Batman dans une explosion et a même jeté son corps meurtri dans une rivière gelée : le moteur de sa vie de méchant est donc calé, il n'a plus d'ennemi pour alimenter sa folie, et de facto le Joker disparait pour laisser la place à Joseph Kerr, un alter ego très sage et ignorant tout de son passé criminel. Celui-ci vit une vie morose mais rencontre une gentille femme qui a les mêmes goûts rétro et désuets que lui et ils tombent amoureux... Sauf que Batman n'est pas mort et qu'il va revenir. Si le fond de cette histoire est assez intéressant, j'ai trouvé sa mise en scène assez ennuyeuse. Il y a beaucoup trop de monologues intérieurs, du Joker, de Batman, et même de l'amoureuse du Joseph Kerr. C'est verbeux, assez mou, et sans réelle surprise au final. La narration à base de flash-back se mélangeant au récit du temps présent dans le dernier chapitre est aussi un peu agaçante. Quant au dessin, il est élégant et joli mais un peu vieillot. D'ailleurs, le style de Joe Staton me fait pas mal penser ici à celui de John Romita Jr. Quelques bonnes idées et une intéressante vision de la psychologie des personnages, mais une histoire qui m'a un peu ennuyé. Le seconde histoire présente un Joker dans son rôle classique de méchant mais avec comme originalité cette fois qu'il est arrêté pour un crime qu'il n'a pas commis et qu'à cause de cela il est condamné à mort et à rejoindre le couloir de la mort dans une vraie prison, et non plus l'asile d'Arkham auquel il est habitué. Et paradoxalement, c'est Batman qui va venir à son secours car, poussé par sa motivation fondamentale qui est de rendre la justice, il ne peut pas laisser le Joker se faire condamner à la place du vrai meurtrier. Il va donc mener l'enquête, aidé de Robin, pour retrouver ce dernier, tandis que le Joker égrène les jours avant son exécution et doit réagir aux actes des autres prisonniers de droit commun. Le dessin de Graham Nolan est moins élégant que celui de Joe Staton, mais il est maîtrisé techniquement et il fonctionne très bien dans certaines scènes où le Joker pète les plombs, comme l'image reprise sur la couverture de l'album notamment. L'enquête tient la route, avec une fausse piste qui va tromper autant Batman que le lecteur. Le comportement du Joker est un peu particulier dans cette histoire : il alterne entre sa folie violente habituelle et des moments bien plus humains où il n'en mène pas large. C'est un peu étonnant et je ne sais pas si ça colle vraiment bien au personnage. Mais j'ai trouvé cette histoire intéressante et plutôt prenante : pas mal donc.
Les Cavaliers de l'Apocadispe
Le titre de cette fiche ne ment pas : "Longtemps réclamée par les lecteurs du Journal Spirou". Ces histoires font partie de celles que beaucoup attendent lorsque sort le prochain numéro. Pas forcément inoubliable mais un vrai bon moment d'absurde, à la croisée de Titeuf, des premiers Larcenet et de Bob l'éponge. Quelle bande de bras cassés. Chaque idée entraîne une cata qui entrainera un autre désastre. Le dessin est simple mais les trognes tordantes. C'est concon mais prêt à dérider jeunes et moins jeunes.
Michel Vaillant
C'était ma bd de jeunesse de prédilection aux côtés des albums souples de Dupuis. La nostalgie me rendra donc peu objectif. La critique de Greg est assez dure mais plutôt vraie. Mais je trouve qu'il ya tout de même a pas mal d'albums qui sortent plutôt du schéma un peu caricatural de scénario évoqué: Km 357 Le retour de Steve Warson Route de nuit Mach 1 pour Steve Warson Les casse-cou Les chevaliers de Koenigsfeld Cauchemar ou encore Concerto pour pilotes Mais ce n'est que mon humble avis
Jason et la Toison d'or
Même si Jason est loin d’être mon mythe préféré, je reconnais beaucoup de mérite à cette trilogie. Déjà le graphisme est plutôt bon, un style classique mais pas avare en détails, des planches visibles et fluides. Ensuite j’ai apprécié que l’histoire soit bien complète, pas de manque détecté cette fois, bien au contraire. En plus du périple avec les argonautes, nous aurons l’origine de la toison (que j’ignorais) et surtout l’après périple tout aussi intéressant, une adaptation fidèle et didactique. Par contre, je rejoins l’avis de Ro sur l’aventure en elle même, elle souffre clairement de la comparaison avec les autres mythes d’Hercule ou d’Ulysse. Beaucoup de péripéties durant ce voyage, mais à mes yeux, ça manque de souffle, ce qui ne le rend pas des plus trépidant. Tellement dommage surtout à la vue du casting des argonautes, assez transparents pour la plupart. Le pire c’est que même Jason me semble en retrait, j’aime qu’il ne soit pas fils de Dieux (ça change pour une fois), mais je le trouve tellement transparent vers la fin, il agit mais sans Médée point de toison. En fait, je trouve que LE personnage du mythe c’est elle, même si cette dernière n’apparaît que sur la fin, elle éclipse tellement les autres, une femme forte et terrible. A ce propos, je ne peux d’ailleurs que vous conseiller l’excellent Médée de Peña et Le Callet, qui la réhabilite d’une certaine façon. Un beau travail d’adaptation, complet et fidèle, malheureusement mes reproches sur la force du mythe m’empêche de monter au franchement bien.