On ressort de ce petit pavé de 20cm de coté comme au matin après un rêve bizarre. On est atteint. Son univers ne vous lâche pas vraiment, et les questions restent sans réponse. On est comme passé à la machine à laver.
Au retour d'Angoulême c'est le premier livre que j'ai lu. On suit un gros garçon joufflu en culotte courte, portant des chaussures improbables et une casquette à carreaux gonflée comme un coussin : c'est le portrait craché du souffre douleur : pas comme les autres. Sa mère l'aime sans l'écouter, les enfants de son âge le terrorisent, les cailloux lui parlent, il lit puis se glisse dans la forêt toute proche où il se retrouve en présence de deux personnages qu'on pourrait appeler des fées ...
Le dessin a une force étrange, l'aquarelle (rose et verte, pour faune et flore ?) donne le sentiment d'être enfermée dans le trait, comme le personnage dans sa vie de désespoir. Le lecteur balance entre dégoût et émerveillement, cela me rappelle la phrase de Baudelaire : "le beau est toujours bizarre". L'élégance des couleurs et des formes végétales englobent des personnages rougeots qui ont presque un caractère obscène.
J'avoue que je n'ai pas vraiment compris ce qui m'est arrivé dans cette lecture mais j'en garde comme une sensation physique. C'est rare.
Ce one shot est une préquel de la série Solo qui raconte une tranche de vie d'un des personnages : Lyra. L'action se situe au moment où elle doit quitter son clan et vivre de ses propres ailes, c'est à dire chercher à se nourrir et protéger son jeune frère sans compter sur personne. Evidemment dans ce monde sans pitié, il ne faut pas avoir froid aux yeux, et être prêt à se battre à chaque coin de page pour sa survie.
Oscar Martin signe le scénario, et on retrouve tous les ingrédients de la série mère. Un monde hostile, des animaux armés jusqu'aux dents, des combats sanglants, c'est vraiment dans la continuité de Solo. Mais il laisse ici le dessin à Leonel Castellani. Cela aurait pu être source à dénaturé l'ambiance de la série dont le graphisme est un des gros point forts. Mais cette crante est infondée. Son trait à des similitudes, il est fluide, dynamique, très élégant. Il est tout aussi esthétique que celui de son scénariste, on est dans la même ambiance et les mêmes tons de couleurs. Du coup, c'est tout aussi agréable à regarder qu'un album de Solo. Et c'est clairement un des gros plus de l'album, il est agréable à lire si on aime la série principale, et on ne se prend pas la tête avec une intrigue complexe.
Cet album apporte un éclairage sur le passé d'un personnage secondaire. L'histoire est interessante, sans être mémorable. Le petit twist avec le vieil homme donne un but à l'histoire de Lyra. On évite donc les combats pour les combats, elle recherche quelque chose. Album à lire si vous aimez la série principale, ce tome est surtout un bon moyen de profiter un peu plus de l'univers d'Oscar Martin.
"Sauf imprévu", à travers trois histoires distinctes, explore les thèmes universels de la solitude et de l'urgence dans la vie de ses protagonistes. La narration offre un récit choral qui met en lumière une urgence que personne ne semble percevoir autour d'eux. L'auteure, Lorena Canottiere, réussit à tisser une délicate analyse des rapports humains, soulignant la difficulté de communication et de compréhension entre les individus.
Le choix artistique de Canottiere, avec des codes couleurs distincts pour chaque personnage, renforce la singularité de chaque parcours. Le crayonné coloré, contribue à la visualisation des trajectoires individuelles.
L'aspect chorale de l'œuvre, bien que parfois complexe au premier abord, se révèle plus profond après une relecture. Les thèmes de la solitude, de la souffrance, et des évasions vers le monde intérieur sont subtilement explorés. Le quatrième personnage offre une perspective intéressante sur l'isolement humain.
En résumé, "Sauf imprévu" est un objet artistique intéressant, mais sa lecture peut nécessiter une certaine patience et une relecture pour pleinement apprécier ses subtilités. Une expérience pour ceux qui apprécient les récits complexes sur la solitude humaine.
Zut !! Je pensais que j’allais me régaler à la vue de l’emballage. L’œuvre a des qualités mais je serai moins enthousiaste que mes prédécesseurs, j’en suis sorti moins convaincu.
Sans doute aussi étais je un peu fatigué au moment de ma lecture, mais j’ai trouvé l’album assez difficile à suivre et l’histoire ne m’a pas tant parlé pour un récit d’anticipation, je ne suis jamais rentré dedans.
C’est vraiment ce point là qui pèche à mes yeux sinon l’univers mis en place est plutôt original, surtout dû à sa partie graphique d’ailleurs.
Il ne faut pas être allergique aux tonalités violettes mais le voyage pictural m’a vraiment bien plu, c’est ce que je retiendrai de ma lecture. J’ai trouvé le dessinateur appliqué et investi, ses planches ont un certain cachet. J’ai bien rigolé en voyant ses autres albums et découvert qu’il avait officié sur Sept guerrières, son actuel travail se situe à des années lumières.
Encadré de sa propre mise en scène tandis qu'il partait pêcher avec cet homme qui ne parlait jamais de son passé, Grégoire Carlé raconte l'histoire de son grand-père, résistant durant la Seconde Guerre Mondiale.
Cela se passe en Alsace et l'Histoire de ce pays est telle que la situation y a été très différente en 1940 que ce qu'il se passait dans le reste de la France. En effet, le régime Nazi a toujours considéré l'Alsace comme allemande et dès sa conquête après le blitzkreig, il n'a eu de cesse que de transformer les Alsaciens en vrais allemands, avec un mélange de séduction et de menace. Cela a abouti aux Malgré nous comme Thierry Gloris a pu le raconter. Mais avant cela, certains Alsaciens, notamment de jeunes encore adolescents, ont refusé toute intégration à l'Allemagne de Hitler et ont combattu avec leurs moyens l'occupant. Ça a été le cas du grand-père de l'auteur et d'une quinzaine de ses amis, après qu'ils aient découvert des munitions et grenades abandonnées par l'armée française dans un ancien fort de la ligne Maginot.
C'est avant tout la particularité de la situation alsacienne à cette époque qui fait l'originalité et l'intérêt de cette BD. Les choses y sont bien présentées, avec un bref retour en arrière expliquant comment la région et ses habitants ont jonglé d'un pays à l'autre entre 1870 et 1940, et les diverses conséquences que cela a eu. Et on observe avec curiosité la manière dont les nazis ont tenté de séduire le peuple Alsacien pour l'intégrer à leur grand Reich. Tout comme on constate à quel point la majorité de celui-ci a été loin de se laisser faire avec le sourire.
Je suis également toujours curieux de découvrir comment les premiers groupes de résistants se sont formés. On le voit ici, même si étonnamment le récit ne montre pas clairement auparavant comment ces jeunes hommes ont ressenti suffisamment de haine envers les nazis pour se décider à prendre les armes contre eux. Enfin, je dis prendre les armes mais en fait, outre quelques affiches et slogans peints sur les murs, les seules armes qu'ils ont vraiment utilisé sont des grenades et en définitive pas vraiment contre les Allemands. Car on constate amèrement que leur action aura été bien courte et qu'ils vont trop vite découvrir les centres de détention et de torture des nazis.
Si le sujet est intéressant sur le fond, la forme m'a moins séduite. Je ne parle pas de la narration qui fonctionne bien, mais bien du dessin lui-même dont je ne suis pas fan. Le trait m'apparait hésitant, manquant de détail et surtout de profondeur, la colorisation aplatissant encore plus les formes. Les personnages ne sont pas reconnaissables et je n'ai jamais su dire sur une planche qui était qui. Cela n'entrave toutefois pas la bonne compréhension de l'histoire car plus que des personnages en particulier, ce sont bien des groupes que l'on suit. Et le texte est clair et bien écrit... à l'exception peut-être du passage faisant suite aux premières arrestations durant lequel, pendant une poignée de pages, j'étais un peu perdu dans le déroulement des évènements.
Au départ je me disais que le dessin manquait de maturité, qu'il avait besoin d'être plus solide, et puis... Dès les premières planches j'ai été happé par cette histoire. Une histoire d'amour, pas seulement de l'amour charnel, nuptial, parental, mais aussi de l'amour entre soeurs, un lien rare qui comme le dit le résumé, va amener Paula et Louna à faire quelque chose de totalement fou. Mais je ne puis en dire plus, au risque de dévoiler le noeud de l'intrigue et de gâcher la suite. Car la suite est dans la même veine que le début de l'histoire, une histoire douce-amère avec très peu de personnages, quelques figurants et au centre de tout ça cet amour.
C'est très fin, on évite quelques écueils inhérents à ce genre d'histoire pour nous amener à une fin... aussi triste qu'inéluctable. C'est fou, aucun personnage n'est à blâmer, si ce n'est temporairement pour avoir empêché le rêve de l'autre de s'accomplir. Peut-être Paula est-elle la personne la plus triste là-dedans, ou bien Joséphine, à terme... Difficile à dire, mais j'ai bien aimé cette histoire.
Je ne suis pas totalement convaincu par le dessin d'Amélie Clavier (d'où ma note), mais je pense qu'elle va vite progresser et poser des ambiances encore plus efficaces dans ses futurs albums.
Pourquoi l’auteur commence-t-il son histoire par un flashforward d’une demi-douzaine de pages ? C’est peut-être pour donner plus de vivacité à son récit mais, pour moi, c’est plutôt raté : cela apporte de la confusion et, de plus, déflore grandement l’intrigue.
Mais soyons positifs et voyons les bons côtés de cette série. Tout d’abord, des voiliers superbement dessinés – normal pour l’auteur qui est peintre officiel de la Marine belge. Ensuite, le scénario rend bien une certaine ambiance qui devait régner à l’époque à bord des bateaux ainsi que dans de nombreux comptoirs bordant l’océan Indien. Les rapports humains tant chez les pirates qu’auprès des autorités sont assez bien rendus. Il n’y a pas les bons d’un côté et les mauvais de l’autre, c’est plus subtil que cela. On en viendrait presqu’à trouver certains pirates plus sympathiques que des représentants du roi.
L’intrigue est assez simple et ne mérite sans doute pas deux volumes, sauf si l’on aime admirer les superbes vaisseaux dessinés par Delitte.
Globalement, ce diptyque est agréable à lire mais l’histoire ne casse pas trois pattes à un canard.
J’ai tant critiqué – à juste titre je pense ! – les scénarios d’Hermann fils, souvent emberlificotés et creux, que je ne peux qu’être indulgent avec celui-ci. Qui n’a rien de très original pourtant. Mais qui est bien mené, avec des personnages et des situations réalistes. Un polar simple, plein de déjà-vu, mais qui se laisse lire facilement et plutôt agréablement.
Alors, c’est sûr, dans le genre polar un peu poisseux se déroulant à Hollywood, on est très loin des très bons romans d’Ellroy (que ce soit pour la noirceur ou pour la profondeur de l’intrigue), références qu’Yves H. avait clairement en tête, mais les amateurs du genre peuvent y trouver une petite lecture d’emprunt.
Il faut passer outre un texte un peu trop abondant (les présentations des personnages par exemple alourdissent la lecture, comme certains commentaires en off entre les cases). Yves H aurait gagné à élaguer pas mal de passages – ou alors il fallait publier un roman…
Le dessin d’Hermann est lui très bon. Avec toujours ce défaut récurrent concernant les visages, féminins en particulier.
Du moyen lisible, pas original et trop verbeux, mais c’est ce qu’Yves H. m’a montré de plus lisible depuis pas mal de lectures. D’où mon indulgence.
Note réelle 2,5/5.
C’est une série passe-partout, dans l’honnête moyenne de la collection Troisième vague. Elle conviendra aux amateurs de polar/thriller ne cherchant pas l’originalité. Collusion entre mafieux (ici trafiquants de drogue sud-américains en partie émigrés en Floride) et politiques véreux (avec un lien fait avec certains dirigeants américains et certaines affaires bien connues des années 1980), rivalité meurtrière entre CIA et DEA. Et, bien sûr, deux héros (issus de services différents, dont les « intrigues » vont peu à peu se rejoindre) qui luttent contre tout ça, avec des pépés forcément très jolies (même si ici le scénario n’en abuse pas). On est dans la lignée des I.R.$. et consorts (ou Largo Winch pour nommer la tête de ce type de gondole).
Des facilités scénaristiques (pour embrouiller l’intrigue, ou « sauver » nos héros – dont Deadrick, infiltré et adepte des miracles pour être encore en vie), comme sur la fin le rôle joué par Flor – et sa personnalité en général, cela manque un peu de crédibilité.
Mais bon, si on fait abstraction de ça, c’est un triptyque divertissant, une lecture d’emprunt qui joue son rôle, sans plus.
Sur le premier tome, le dessin est vraiment très moyen, et la colorisation impersonnelle et sans doute informatique, lisse tout et n’est vraiment pas mon truc. Le dessin s’améliore par la suite, et surtout, les préposés à la colorisation ayant changé, le rendu est bien plus fin et agréable sur le deuxième, et surtout dans le troisième tome.
Note réelle 2,5/5.
Cartels mexicains, drogue, ville sous la coupe des gangsters, un orphelinat miraculeusement tenu en dehors de leur influence, un ancien tueur repenti, et surtout beaucoup, beaucoup de violence. Et la violence, je n'en suis clairement pas fan. D'autant qu'ici, les auteurs insistent sur la capacité de l'un des méchants à imaginer les pires tortures pour terroriser et faire régner sa loi. C'est très cru, fort et choquant, mais ces scènes là me rebutent d'autant plus que j'y ressens un côté gratuit et artificiel, car quand des gens n'ont plus rien à perdre, ce n'est pas la peur de la torture qui va les empêcher de tout faire pour tuer ceux qui les terrorisent.
Mais ce n'est pas vraiment le sujet. Car ici c'est bien d'un polar très noir et sanguinolent auquel on est conviés. Magouilles de trafiquants de drogue, luttes d'influence, et donc au milieu cet orphelinat et son prêtre qui joue sur la corde raide face aux dangers qui planent autour et menacent tant sa vie que celles des enfants. Ajoutez-y un agent de la DEA infiltré, un ancien orphelin devenu membre de gang et qui se déteste pour cela, et donc ce fameux ancien tueur, Lono, personnification de la masse géante et invincible, du vétéran qui a vu et faire le pire, et qu'il ne faut surtout plus chercher. Et bien sûr, les gangsters viendront le chercher, avec les conséquences que l'on imagine... et le défoulement de violence vengeresse que cela implique.
J'aime beaucoup le dessin de Risso. Il est très chouette ici, et la colorisation aussi, même si c'est pour représenter des scènes aussi gore.
L'intrigue parait parfois un peu embrouillée, les différents représentants de gangs mexicains et US se succédant, avec chacun leurs combines. Mais ça tient la route. La conclusion de l'histoire est un peu convenue et attendue toutefois, ce qui rompt avec l'originalité de pas mal d'autres idées du scénario. Sans parler du côté un peu facile et pas réaliste de ce qu'il s'y déroule. Mais bon, ça passe... même si à nouveau l'abus de violence et de torture que contient cet album m'empêche de me satisfaire pleinement de son histoire.
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Flore & faune
On ressort de ce petit pavé de 20cm de coté comme au matin après un rêve bizarre. On est atteint. Son univers ne vous lâche pas vraiment, et les questions restent sans réponse. On est comme passé à la machine à laver. Au retour d'Angoulême c'est le premier livre que j'ai lu. On suit un gros garçon joufflu en culotte courte, portant des chaussures improbables et une casquette à carreaux gonflée comme un coussin : c'est le portrait craché du souffre douleur : pas comme les autres. Sa mère l'aime sans l'écouter, les enfants de son âge le terrorisent, les cailloux lui parlent, il lit puis se glisse dans la forêt toute proche où il se retrouve en présence de deux personnages qu'on pourrait appeler des fées ... Le dessin a une force étrange, l'aquarelle (rose et verte, pour faune et flore ?) donne le sentiment d'être enfermée dans le trait, comme le personnage dans sa vie de désespoir. Le lecteur balance entre dégoût et émerveillement, cela me rappelle la phrase de Baudelaire : "le beau est toujours bizarre". L'élégance des couleurs et des formes végétales englobent des personnages rougeots qui ont presque un caractère obscène. J'avoue que je n'ai pas vraiment compris ce qui m'est arrivé dans cette lecture mais j'en garde comme une sensation physique. C'est rare.
Solo - Lyra
Ce one shot est une préquel de la série Solo qui raconte une tranche de vie d'un des personnages : Lyra. L'action se situe au moment où elle doit quitter son clan et vivre de ses propres ailes, c'est à dire chercher à se nourrir et protéger son jeune frère sans compter sur personne. Evidemment dans ce monde sans pitié, il ne faut pas avoir froid aux yeux, et être prêt à se battre à chaque coin de page pour sa survie. Oscar Martin signe le scénario, et on retrouve tous les ingrédients de la série mère. Un monde hostile, des animaux armés jusqu'aux dents, des combats sanglants, c'est vraiment dans la continuité de Solo. Mais il laisse ici le dessin à Leonel Castellani. Cela aurait pu être source à dénaturé l'ambiance de la série dont le graphisme est un des gros point forts. Mais cette crante est infondée. Son trait à des similitudes, il est fluide, dynamique, très élégant. Il est tout aussi esthétique que celui de son scénariste, on est dans la même ambiance et les mêmes tons de couleurs. Du coup, c'est tout aussi agréable à regarder qu'un album de Solo. Et c'est clairement un des gros plus de l'album, il est agréable à lire si on aime la série principale, et on ne se prend pas la tête avec une intrigue complexe. Cet album apporte un éclairage sur le passé d'un personnage secondaire. L'histoire est interessante, sans être mémorable. Le petit twist avec le vieil homme donne un but à l'histoire de Lyra. On évite donc les combats pour les combats, elle recherche quelque chose. Album à lire si vous aimez la série principale, ce tome est surtout un bon moyen de profiter un peu plus de l'univers d'Oscar Martin.
Sauf imprévu
"Sauf imprévu", à travers trois histoires distinctes, explore les thèmes universels de la solitude et de l'urgence dans la vie de ses protagonistes. La narration offre un récit choral qui met en lumière une urgence que personne ne semble percevoir autour d'eux. L'auteure, Lorena Canottiere, réussit à tisser une délicate analyse des rapports humains, soulignant la difficulté de communication et de compréhension entre les individus. Le choix artistique de Canottiere, avec des codes couleurs distincts pour chaque personnage, renforce la singularité de chaque parcours. Le crayonné coloré, contribue à la visualisation des trajectoires individuelles. L'aspect chorale de l'œuvre, bien que parfois complexe au premier abord, se révèle plus profond après une relecture. Les thèmes de la solitude, de la souffrance, et des évasions vers le monde intérieur sont subtilement explorés. Le quatrième personnage offre une perspective intéressante sur l'isolement humain. En résumé, "Sauf imprévu" est un objet artistique intéressant, mais sa lecture peut nécessiter une certaine patience et une relecture pour pleinement apprécier ses subtilités. Une expérience pour ceux qui apprécient les récits complexes sur la solitude humaine.
Clear
Zut !! Je pensais que j’allais me régaler à la vue de l’emballage. L’œuvre a des qualités mais je serai moins enthousiaste que mes prédécesseurs, j’en suis sorti moins convaincu. Sans doute aussi étais je un peu fatigué au moment de ma lecture, mais j’ai trouvé l’album assez difficile à suivre et l’histoire ne m’a pas tant parlé pour un récit d’anticipation, je ne suis jamais rentré dedans. C’est vraiment ce point là qui pèche à mes yeux sinon l’univers mis en place est plutôt original, surtout dû à sa partie graphique d’ailleurs. Il ne faut pas être allergique aux tonalités violettes mais le voyage pictural m’a vraiment bien plu, c’est ce que je retiendrai de ma lecture. J’ai trouvé le dessinateur appliqué et investi, ses planches ont un certain cachet. J’ai bien rigolé en voyant ses autres albums et découvert qu’il avait officié sur Sept guerrières, son actuel travail se situe à des années lumières.
Le Lierre et l'Araignée
Encadré de sa propre mise en scène tandis qu'il partait pêcher avec cet homme qui ne parlait jamais de son passé, Grégoire Carlé raconte l'histoire de son grand-père, résistant durant la Seconde Guerre Mondiale. Cela se passe en Alsace et l'Histoire de ce pays est telle que la situation y a été très différente en 1940 que ce qu'il se passait dans le reste de la France. En effet, le régime Nazi a toujours considéré l'Alsace comme allemande et dès sa conquête après le blitzkreig, il n'a eu de cesse que de transformer les Alsaciens en vrais allemands, avec un mélange de séduction et de menace. Cela a abouti aux Malgré nous comme Thierry Gloris a pu le raconter. Mais avant cela, certains Alsaciens, notamment de jeunes encore adolescents, ont refusé toute intégration à l'Allemagne de Hitler et ont combattu avec leurs moyens l'occupant. Ça a été le cas du grand-père de l'auteur et d'une quinzaine de ses amis, après qu'ils aient découvert des munitions et grenades abandonnées par l'armée française dans un ancien fort de la ligne Maginot. C'est avant tout la particularité de la situation alsacienne à cette époque qui fait l'originalité et l'intérêt de cette BD. Les choses y sont bien présentées, avec un bref retour en arrière expliquant comment la région et ses habitants ont jonglé d'un pays à l'autre entre 1870 et 1940, et les diverses conséquences que cela a eu. Et on observe avec curiosité la manière dont les nazis ont tenté de séduire le peuple Alsacien pour l'intégrer à leur grand Reich. Tout comme on constate à quel point la majorité de celui-ci a été loin de se laisser faire avec le sourire. Je suis également toujours curieux de découvrir comment les premiers groupes de résistants se sont formés. On le voit ici, même si étonnamment le récit ne montre pas clairement auparavant comment ces jeunes hommes ont ressenti suffisamment de haine envers les nazis pour se décider à prendre les armes contre eux. Enfin, je dis prendre les armes mais en fait, outre quelques affiches et slogans peints sur les murs, les seules armes qu'ils ont vraiment utilisé sont des grenades et en définitive pas vraiment contre les Allemands. Car on constate amèrement que leur action aura été bien courte et qu'ils vont trop vite découvrir les centres de détention et de torture des nazis. Si le sujet est intéressant sur le fond, la forme m'a moins séduite. Je ne parle pas de la narration qui fonctionne bien, mais bien du dessin lui-même dont je ne suis pas fan. Le trait m'apparait hésitant, manquant de détail et surtout de profondeur, la colorisation aplatissant encore plus les formes. Les personnages ne sont pas reconnaissables et je n'ai jamais su dire sur une planche qui était qui. Cela n'entrave toutefois pas la bonne compréhension de l'histoire car plus que des personnages en particulier, ce sont bien des groupes que l'on suit. Et le texte est clair et bien écrit... à l'exception peut-être du passage faisant suite aux premières arrestations durant lequel, pendant une poignée de pages, j'étais un peu perdu dans le déroulement des évènements.
Ambroise et Louna
Au départ je me disais que le dessin manquait de maturité, qu'il avait besoin d'être plus solide, et puis... Dès les premières planches j'ai été happé par cette histoire. Une histoire d'amour, pas seulement de l'amour charnel, nuptial, parental, mais aussi de l'amour entre soeurs, un lien rare qui comme le dit le résumé, va amener Paula et Louna à faire quelque chose de totalement fou. Mais je ne puis en dire plus, au risque de dévoiler le noeud de l'intrigue et de gâcher la suite. Car la suite est dans la même veine que le début de l'histoire, une histoire douce-amère avec très peu de personnages, quelques figurants et au centre de tout ça cet amour. C'est très fin, on évite quelques écueils inhérents à ce genre d'histoire pour nous amener à une fin... aussi triste qu'inéluctable. C'est fou, aucun personnage n'est à blâmer, si ce n'est temporairement pour avoir empêché le rêve de l'autre de s'accomplir. Peut-être Paula est-elle la personne la plus triste là-dedans, ou bien Joséphine, à terme... Difficile à dire, mais j'ai bien aimé cette histoire. Je ne suis pas totalement convaincu par le dessin d'Amélie Clavier (d'où ma note), mais je pense qu'elle va vite progresser et poser des ambiances encore plus efficaces dans ses futurs albums.
La Buse
Pourquoi l’auteur commence-t-il son histoire par un flashforward d’une demi-douzaine de pages ? C’est peut-être pour donner plus de vivacité à son récit mais, pour moi, c’est plutôt raté : cela apporte de la confusion et, de plus, déflore grandement l’intrigue. Mais soyons positifs et voyons les bons côtés de cette série. Tout d’abord, des voiliers superbement dessinés – normal pour l’auteur qui est peintre officiel de la Marine belge. Ensuite, le scénario rend bien une certaine ambiance qui devait régner à l’époque à bord des bateaux ainsi que dans de nombreux comptoirs bordant l’océan Indien. Les rapports humains tant chez les pirates qu’auprès des autorités sont assez bien rendus. Il n’y a pas les bons d’un côté et les mauvais de l’autre, c’est plus subtil que cela. On en viendrait presqu’à trouver certains pirates plus sympathiques que des représentants du roi. L’intrigue est assez simple et ne mérite sans doute pas deux volumes, sauf si l’on aime admirer les superbes vaisseaux dessinés par Delitte. Globalement, ce diptyque est agréable à lire mais l’histoire ne casse pas trois pattes à un canard.
The Girl from Ipanema
J’ai tant critiqué – à juste titre je pense ! – les scénarios d’Hermann fils, souvent emberlificotés et creux, que je ne peux qu’être indulgent avec celui-ci. Qui n’a rien de très original pourtant. Mais qui est bien mené, avec des personnages et des situations réalistes. Un polar simple, plein de déjà-vu, mais qui se laisse lire facilement et plutôt agréablement. Alors, c’est sûr, dans le genre polar un peu poisseux se déroulant à Hollywood, on est très loin des très bons romans d’Ellroy (que ce soit pour la noirceur ou pour la profondeur de l’intrigue), références qu’Yves H. avait clairement en tête, mais les amateurs du genre peuvent y trouver une petite lecture d’emprunt. Il faut passer outre un texte un peu trop abondant (les présentations des personnages par exemple alourdissent la lecture, comme certains commentaires en off entre les cases). Yves H aurait gagné à élaguer pas mal de passages – ou alors il fallait publier un roman… Le dessin d’Hermann est lui très bon. Avec toujours ce défaut récurrent concernant les visages, féminins en particulier. Du moyen lisible, pas original et trop verbeux, mais c’est ce qu’Yves H. m’a montré de plus lisible depuis pas mal de lectures. D’où mon indulgence. Note réelle 2,5/5.
Narcos
C’est une série passe-partout, dans l’honnête moyenne de la collection Troisième vague. Elle conviendra aux amateurs de polar/thriller ne cherchant pas l’originalité. Collusion entre mafieux (ici trafiquants de drogue sud-américains en partie émigrés en Floride) et politiques véreux (avec un lien fait avec certains dirigeants américains et certaines affaires bien connues des années 1980), rivalité meurtrière entre CIA et DEA. Et, bien sûr, deux héros (issus de services différents, dont les « intrigues » vont peu à peu se rejoindre) qui luttent contre tout ça, avec des pépés forcément très jolies (même si ici le scénario n’en abuse pas). On est dans la lignée des I.R.$. et consorts (ou Largo Winch pour nommer la tête de ce type de gondole). Des facilités scénaristiques (pour embrouiller l’intrigue, ou « sauver » nos héros – dont Deadrick, infiltré et adepte des miracles pour être encore en vie), comme sur la fin le rôle joué par Flor – et sa personnalité en général, cela manque un peu de crédibilité. Mais bon, si on fait abstraction de ça, c’est un triptyque divertissant, une lecture d’emprunt qui joue son rôle, sans plus. Sur le premier tome, le dessin est vraiment très moyen, et la colorisation impersonnelle et sans doute informatique, lisse tout et n’est vraiment pas mon truc. Le dessin s’améliore par la suite, et surtout, les préposés à la colorisation ayant changé, le rendu est bien plus fin et agréable sur le deuxième, et surtout dans le troisième tome. Note réelle 2,5/5.
100 bullets - Brother Lono
Cartels mexicains, drogue, ville sous la coupe des gangsters, un orphelinat miraculeusement tenu en dehors de leur influence, un ancien tueur repenti, et surtout beaucoup, beaucoup de violence. Et la violence, je n'en suis clairement pas fan. D'autant qu'ici, les auteurs insistent sur la capacité de l'un des méchants à imaginer les pires tortures pour terroriser et faire régner sa loi. C'est très cru, fort et choquant, mais ces scènes là me rebutent d'autant plus que j'y ressens un côté gratuit et artificiel, car quand des gens n'ont plus rien à perdre, ce n'est pas la peur de la torture qui va les empêcher de tout faire pour tuer ceux qui les terrorisent. Mais ce n'est pas vraiment le sujet. Car ici c'est bien d'un polar très noir et sanguinolent auquel on est conviés. Magouilles de trafiquants de drogue, luttes d'influence, et donc au milieu cet orphelinat et son prêtre qui joue sur la corde raide face aux dangers qui planent autour et menacent tant sa vie que celles des enfants. Ajoutez-y un agent de la DEA infiltré, un ancien orphelin devenu membre de gang et qui se déteste pour cela, et donc ce fameux ancien tueur, Lono, personnification de la masse géante et invincible, du vétéran qui a vu et faire le pire, et qu'il ne faut surtout plus chercher. Et bien sûr, les gangsters viendront le chercher, avec les conséquences que l'on imagine... et le défoulement de violence vengeresse que cela implique. J'aime beaucoup le dessin de Risso. Il est très chouette ici, et la colorisation aussi, même si c'est pour représenter des scènes aussi gore. L'intrigue parait parfois un peu embrouillée, les différents représentants de gangs mexicains et US se succédant, avec chacun leurs combines. Mais ça tient la route. La conclusion de l'histoire est un peu convenue et attendue toutefois, ce qui rompt avec l'originalité de pas mal d'autres idées du scénario. Sans parler du côté un peu facile et pas réaliste de ce qu'il s'y déroule. Mais bon, ça passe... même si à nouveau l'abus de violence et de torture que contient cet album m'empêche de me satisfaire pleinement de son histoire.