Ce récit, sorte de road-movie plus ou moins déjanté, est assez improbable, et souvent fortement absurde.
J’ai bien accroché dès le départ, avec ce vieux joueur de base-ball hasbeen, qui en est réduit à jouer dans des pornos à petit budget. Situations et dialogues font mouches, sont cocasses, c’est bien amusant. Notre héros, suite à un pacte faustien, et pour revoir femme et gosse qui l’ont quitté, se trouve obligé de dézinguer quatre personnes (on ne saura pas trop pourquoi – et on s’en fiche, en fait). Il est accompagné dans son périple par deux fans de base-ball, eux-mêmes acteurs porno.
Si la surprise est moins au rendez-vous au bout d’un moment, ça reste très rythmé jusqu’à la fin. On oublie l’intrigue générale pour se laisser emporter par ce trio exotique.
On se laisse d’autant plus embarquer que le dessin de Gerin est plutôt original. Il accentue les passages quasi cartoonesques et tarantinesques, tout en multipliant les plans très cinématographiques.
Une lecture très sympathique.
Note réelle 3,5/5.
Une sympathique BD mais qui m'a paru un peu vaine.
C'est donc l'histoire de Larry, employé de magasin à la vie morne mais passionné par l'espace depuis son enfance. Il fréquente Alice qui vit une vie encore plus triste à ne rien faire d'autre que jouer de l'orgue dans une église vide. Alice veut concrétiser le couple qu'elle forme avec Larry et elle rêve d'avoir un enfant avec lui. Mais même s'il n'est pas méchant, Larry est complètement immature, vit encore chez sa mère, parle avec son nounours, et n'a jamais les pieds sur Terre tant il reste obnubilé par ses rêves d'espace. Comment conjuguer une telle inadaptation à la vie et le désir d'enfant d'une femme alors même que l'idée de voir des sous-vêtements lui fait peur ?
C'est avant tout le dessin qui m'a attiré vers cet album. J'aime cette ligne plutôt claire et sa mise en page au format à l'italienne. Il y a une certaine élégance dans ce trait et dans la mise en scène.
Le récit se lit bien mais j'ai quand même eu beaucoup de mal à m'attacher au héros. Ca existe des adultes aussi immatures ? Sa copine a bien du courage. J'ai aussi été un peu déçu par la conclusion de l'album : j'aurais aimé qu'il y ait davantage de développements, j'aurais aimé voir plus de la relation entre Larry et Alice, et éventuellement même voir comment les choses allaient se passer avec leur enfant. Mais c'est plutôt une bonne chose, non ? Ca veut dire que ma lecture m'a suffisamment plu pour avoir envie d'en lire davantage.
Une bonne initiative parrainée par Dupuis et la chanteuse Lou (issue de The Voice Kids et interprète notamment de Miraculous : Les aventures de Ladybug) qui a pour but de prévenir les ados contre le harcèlement sexiste et le cyberharcèlement par le biais de webtoons et de ces BD au format manga. Toutefois je reste assez mitigé sur le résultat.
On y suit Océane, collégienne adepte de réseaux sociaux qui éprouve un crush vers le beau gosse de sa classe qui s'intéresse soudain à elle. Elle va sortir avec lui et réaliser que derrière sa façade affable se cache un esprit toxique qui va l'entrainer, elle et d'autres filles de son bahut, dans les affres du harcèlement et du ressentiment.
Les auteurs font le choix de se placer véritablement à hauteur de leur public. Les personnages parlent tous le langage des jeunes, avec énormément d'argots et d'abréviations issues des réseaux sociaux (avec forcément beaucoup de name dropping de marques d'appli comme Insta ou Snapshat). C'est réaliste mais parfois dur à suivre : même mes enfants (16 et 20 ans) étaient quelques fois largués par certains mots ou expressions. C'est un peu abusé et je me dis que ça vieillira aussi probablement mal tant une manière de parler "jeune" est spécifique à une époque et change radicalement d'une année à l'autre.
J'ai eu aussi quelques doutes sur l'âge des protagonistes. Le récit les dit collégiens mais de mes souvenirs de collège et au vu du parcours de mes propres enfants, j'ai du mal à ne pas les voir plutôt comme de grands lycéens tant ils sont obnubilés par leur image publique, le sexe et les relations de couple.
Et enfin et surtout, j'ai été très énervé par le comportement de la majorité des personnages. Les mecs y sont tous des merdes, des harceleurs de rue qui traitent de putes toutes les filles un peu libérées. Et les filles ne sont pas vraiment meilleures, traitant elles aussi de putes les filles qui se font harceler et les "ghostant" dès qu'elles ont besoin d'aide, sous prétexte qu'elles l'ont bien cherché. Pire, les profs et les parents sont tous des cons qui enfoncent encore plus les victimes. Je retiens en particulier ce moment où les adultes reprochent à une victime d'avoir ennuyé son harceleur en lui ayant envoyé des photos d'elle nue... prises de dos à quelques mètres derrière elle, ou par dessus la porte des douches... Mais oui, c'est sûr, c'est elle qui a pris ces photos et et les a diffusées sur internet. C'est quoi ces conneries ? Je vis dans une banlieue trop chic pour ne pas être témoin de tels comportement idiots d'une part et criminel d'autre part venant des jeunes et des adultes ?
J'ai également détesté cette interdiction que s'imposent les filles de dénoncer les actes purement délictueux qu'elles subissent : on n'est pas des poucaves ! Au point que même les meilleures amies de l'héroïne l'insultent ouvertement quand elle essaie de venir en aide à une fille, parce qu'elle a rompu la loi du silence. Et ça, jusqu'à la fin du premier tome où la grande révolte des filles devant l'inacceptable, le moment où elles vont tout casser et mettre les gars en PLS, consiste finalement juste à afficher un message anonyme demandant la justice...
Tout ça pour dire que soit j'ai une vision fausse du monde, soit le bouchon est poussé un peu trop loin et le scénario trop cousu de fil blanc.
Mais malgré cet énervement de ma part, le fond de cette BD est bon. Les jeunes sont relativement crédibles même si parfois poussés à la caricature et stupides dans leurs actes. La mise en scène fonctionne bien quoique certains dialogues m'ont paru redondants, donnant l'impression de revenir en arrière pour rejouer les mêmes scènes. Et le sentiment de révolte à la lecture de ce récit et à la vue du comportement de ses protagonistes est efficace pour donner envie de lutter contre le harcèlement et de montrer à quel point il faut absolument le dénoncer et ne pas hésiter à appeler le fameux numéro téléphonique d'aide contre le harcèlement. Et puis peut-être que les jeunes des quartiers et banlieues les plus concernées se sentiront suffisamment proches de la manière de parler et de penser des héroïnes pour se sentir davantage touchés par cette lecture que moi, ce qui serait la preuve que le but serait atteint.
J'ai un peu le même ressenti que NoirDésir, à savoir que l'ensemble m'a laissé une impression de naïveté absolument déconcertante.
J'étais intrigué par cette BD que j'ai finalement empruntée à la médiathèque. Je m'attendais à plonger dans un univers nettement plus fantastique avec notamment, allez savoir pourquoi, des extra-terrestres. La couv, sans doute.
Graphiquement, ce n'est pas mauvais. J'ai plus de réserves sur le choix de colorisation. En effet, les tons roses/bleus ont fini par épuiser mon regard. En outre, l'appareil narratif, par le biais du texte apposé sous les cases, se laisse dissoudre dans un systématisme là encore lassant, même si par ailleurs, l'auteur évite de tomber dans le piège de l'illustratif. Cela permet au dessin d'apporter autre chose, de nouvelles informations. Toutefois, couleurs et narration installent une sorte de monotonie, si bien je me suis aperçu qu'au bout d'un moment, je ne regardais plus du tout les dessins. Même les personnages arborent une expression résignée, presque éteinte, donnant cette impression d'agir par réflexes survivalistes, mais sans passion et sans joie.
Quant au contenu, je demeure circonspect. Comme l'écrit NoirDésir, c'est la naïveté qui transparait de ce récit. On a du mal à croire à ce personnage, sorte de gourou New Age aussi prompt à manier le langage informatique que la biologie moléculaire ou la bèche. Alors bien sur, il faut lire cela au niveau métaphorique. Unfollow, c'est la vision d'un monde futur, la découverte d'une issue au merdier ambiant qui passera nécessairement par le syncrétisme. Unfollow, c'est l'affirmation de préoccupations fondamentales, urgentes, ultimes, et à ce titre, cette BD au parfum de fin du monde capte ce basculement. Mais cette vision christique d'un sauveur incarné me parait relever tout à fait du fantasme.
La fin est énigmatique, ouverte, ce qui est bien, permettant au moins de finir correctement cette lecture pourtant pas désagréable, mais au combien agaçante. Au moins, on a envie d'aller au bout et de savoir comment tout cela va se conclure.
Découverte d'un nouveau Marc-Antoine Mathieu que je ne connaissais pas. Il y a toujours quelque chose de grisant à replonger dans son univers si singulier, et Les Sous-sols du Révolu ne manquent pas à cette tradition. Toutefois, il manque un récit à tout cela.
Il y a ici, comme toujours chez Mathieu, des dialogues très bien écrits, le discours est toujours poétique, absurde et touche constamment juste. Ces grandes dissertations sur ce qui fait une œuvre d'art sont souvent excellentes, mais je les aurai trouvées encore plus fortes si elles avaient été mises au service d'une intrigue, et de péripéties donnant une unité à tout cela. En l'état, Les Sous-sols du Révolu est "juste" un bon voyage dans les entrailles fantaisistes d'un musée fantasque. C'est amusant, souvent très bien trouvé, mais parfois un peu vain.
2.5
J'ai mieux accroché que Ro, mais il faut dire que j'aime bien les chats alors je dois faire partie du public-cible.
Le dessin est correct, il est dans le style qu'on retrouve souvent dans les webcomics et j'ai même cru que c'était un manga occidental jusqu'à ce que je vois le copyright japonais à la fin du premier tome. La série est une suite de gags en une page et c'est un exercice difficile selon moi, surtout qu'il y a moins de cases par page que dans une BD Franco-Belge vu que le format est plus petit.
Comme c'est souvent le cas, les meilleurs gags m'ont faire sourire, mais je n'ai jamais rigolé. Il y a plusieurs gags qui ne sont pas réussis et je me suis souvent demandé pourquoi une chute était censée être marrante. J'imagine que c'est à cause des différences culturelles ou qu'il y a des références et des jeux de mots qui ont sauté lors de la traduction. En gros, cela se laisse lire si on aime les chats, mais ce n'est pas mémorable et je ne compte pas lire la suite si d'autres tomes sortent. D'ailleurs, je n'ai lu que les 2 premiers tomes et cela me suffit amplement.
Je me suis fait avoir comme un bleu … une couverture et des premières pages qui envoient. Je m’étais imaginé tout un monde de Fantasy à la Warhammer bien mis en scène avec un dessin burné.
Passé cette introduction qui m’a bien mis en appétit et à mon grand désarroi (de ma faute aussi, je n’avais qu’à lire le 4eme de couverture), le récit prend la tournure d’une revisite du mythe d’Arthur. Pff encore !! criait une petite voix dans ma tête.
Malgré les bonnes idées du scénario, j’avoue que j’ai un peu lu ça en mode automatique, jamais vraiment conquis par le récit, tout paraît bien sage et tracé après la fureur des 2 premières pages.
Heureusement la partie graphique est soignée, j’avais croisé le dessinateur sur un album de Conan mais ici je trouve son trait encore plus fin, ses couleurs sont également bien réussies. Le storyboard est assuré par Benoît Dellac pour un rendu cinématographique. C’est plutôt solide dans l’ensemble, de chouettes ambiances de crées.
Honnêtement c’est bien foutu mais sans réelles surprises dans les péripéties, si ce n’est ce petit côté dark insufflé à l’univers. J’aime bien ce dernier mais le reste m’a semblé trop planplan, je dois faire une overdose du sujet.
Aaah enfin ! Depuis le temps que je l’attendais ce cycle 3 d’Ira Dei, mais !… Attendez là, c’est pas Ira Dei ça. Je comprends pas, ce sont pourtant bien les mêmes auteurs, l’histoire se déroule sensiblement à la même époque (oui ok le Moyen-Âge dure plus ou moins 1000 ans, mais bon à un siècle ou deux près on y est), et en plus c’est chez le même éditeur. Bon… Alors je comprends les nécessités économiques qui font qu’un éditeur décide de stopper une série parce que celle-ci se vend pas trop bien. Mais alors quand une même pair d’auteurs se pointe devant le même éditeur (j’imagine le tableau), en expliquant que leur prochaine série (oui parce que ce sera sur plusieurs tomes) se déroulera sensiblement dans le même contexte historique… faut m’expliquer pourquoi Dargaud valide ce projet, mais a rejeté un cycle 3 d’Ira Dei. Enfin bref, voilà donc « Tête de chien », où il ne sera pas question de conflits géopolitiques méditerranéens au XIème siècle, mais de tournois chevaleresques et magouilles de bandits dans la France du XIIIème siècle.
J’ai bien aimé, oui. Un petit côté entre le film « Chevalier » de Brian Helgeland, et la bd Hérauts d’Eric Corbeyran. Cela se lit sans difficulté, sans grande surprise, sans retournement de situation improbable, sans vraiment de suspens non plus. C’est plutôt plaisant si on a le médiévisme comme centre d’intérêt comme moi, les autres resteront peut être sur leur faim.
Je n’ai ni les armes ni les connaissances pour expliquer le pourquoi du comment, mais je trouve le dessin de Ronan Toulhoat moins bon que sur Ira Dei ou même Conan. On reconnaît la patte graphique bien distinctive, c’est toujours très plaisant à regarder, maaaaais…. On est un peu dans la même veine que la "République du Crâne", il y a un côté « rushé » je trouve, c’est pas bien peaufiné comme ailleurs. C’est mon ressenti. En même temps le mec enchaîne les albums en ce moment.
Un premier album plutôt sympa, avec une intrigue bien racontée malgré des personnages un brin archétypaux et qui, pour l’instant, ne sortent pas de leur zone de jeu, en attendant de voir où les auteurs vont nous emmener et en espérant plus de rebondissement et que ça s’emballe enfin.
Taïhaut !
Pas grand-chose à dire sur ce diptyque, qui reste sur du basique, mais qui fait bien le boulot. A commencer par le dessin, du réaliste classique et bien fichu, dynamique, plutôt agréable.
Pour le reste, on sent que Sergeef s’est documenté, qu’il suit bien l’actualité, ce qui lui permet de densifier son scénario. Non pas avec des péripéties, mais avec un fort ancrage dans l’actualité géopolitique des quinze dernières années : la guerre en Afghanistan (qui sert au début à présenter le héros, tireur d’élite de l’armée française), le printemps arabe et la chute de Kadhafi, ainsi que les guerres impliquant divers groupes djihadistes et touaregs dans le Sahel (libyen et malien ici).
Un arrière-plan riche et crédible. Concernant l’intrigue elle-même, elle se laisse lire, c’est assez rythmé. Mais ça souffre de quelques facilités (par exemple dans le second tome la facilité pour Solan de faire transiter son groupe, leur équipement sans se faire repérer par les groupes djihadistes ou les services spéciaux occidentaux). Et une fin un peu trop abrupte et facile elle aussi.
Une série d’emprunt, pour les amateurs du genre ne cherchant pas d’intrigue trop complexe et originale.
Note réelle 2,5/5.
Les auteurs ont deux points communs, ils sont d'origine coréenne et ont été adopté.
Jung a déjà réalisé deux albums sur l'adoption avec Couleur de peau : miel et Babybox. Ici, il s'est associé à Laëtitia Marty pour réaliser une trilogie sur ce même sujet. Chaque album traitera de l'adoption d'un point de vue différent, d'abord celui des adoptants avec ce tome, puis la parole sera donnée aux adoptés et enfin aux familles biologiques coréennes.
Un premier tome qui commence par les confidences des auteurs, sur leurs motivations et la réalisation de cet opus à partir de nombreux témoignages.
Cet album reprend trois de ces témoignages librement réinterprétés et se terminera par de nombreuses lettres de parents adoptifs.
Une narration qui joue sur l'émotion avec le ressenti différent des adoptants lorsque leurs enfants font la démarche de retrouver leurs parents biologiques en Corée, ce besoin viscérale de retrouver ses racines. J'ai bien aimé les deux premières histoires qui permettent de découvrir un cheminement émotif dissemblable. Par contre le dernier récit sous forme de lettre m'a laissé de marbre, il est aussi beaucoup plus court.
Des parcours de vie qui transpirent d'amour.
La partie graphique est somptueuse dans un style très réaliste avec de magnifiques passages allégoriques.
Juste deux couleurs pour accompagner le dessin, le bleu et le marron, pour donner cette ambiance intimiste.
Je serai du voyage pour le second volet.
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Speedball
Ce récit, sorte de road-movie plus ou moins déjanté, est assez improbable, et souvent fortement absurde. J’ai bien accroché dès le départ, avec ce vieux joueur de base-ball hasbeen, qui en est réduit à jouer dans des pornos à petit budget. Situations et dialogues font mouches, sont cocasses, c’est bien amusant. Notre héros, suite à un pacte faustien, et pour revoir femme et gosse qui l’ont quitté, se trouve obligé de dézinguer quatre personnes (on ne saura pas trop pourquoi – et on s’en fiche, en fait). Il est accompagné dans son périple par deux fans de base-ball, eux-mêmes acteurs porno. Si la surprise est moins au rendez-vous au bout d’un moment, ça reste très rythmé jusqu’à la fin. On oublie l’intrigue générale pour se laisser emporter par ce trio exotique. On se laisse d’autant plus embarquer que le dessin de Gerin est plutôt original. Il accentue les passages quasi cartoonesques et tarantinesques, tout en multipliant les plans très cinématographiques. Une lecture très sympathique. Note réelle 3,5/5.
Le Dernier Cosmonaute
Une sympathique BD mais qui m'a paru un peu vaine. C'est donc l'histoire de Larry, employé de magasin à la vie morne mais passionné par l'espace depuis son enfance. Il fréquente Alice qui vit une vie encore plus triste à ne rien faire d'autre que jouer de l'orgue dans une église vide. Alice veut concrétiser le couple qu'elle forme avec Larry et elle rêve d'avoir un enfant avec lui. Mais même s'il n'est pas méchant, Larry est complètement immature, vit encore chez sa mère, parle avec son nounours, et n'a jamais les pieds sur Terre tant il reste obnubilé par ses rêves d'espace. Comment conjuguer une telle inadaptation à la vie et le désir d'enfant d'une femme alors même que l'idée de voir des sous-vêtements lui fait peur ? C'est avant tout le dessin qui m'a attiré vers cet album. J'aime cette ligne plutôt claire et sa mise en page au format à l'italienne. Il y a une certaine élégance dans ce trait et dans la mise en scène. Le récit se lit bien mais j'ai quand même eu beaucoup de mal à m'attacher au héros. Ca existe des adultes aussi immatures ? Sa copine a bien du courage. J'ai aussi été un peu déçu par la conclusion de l'album : j'aurais aimé qu'il y ait davantage de développements, j'aurais aimé voir plus de la relation entre Larry et Alice, et éventuellement même voir comment les choses allaient se passer avec leur enfant. Mais c'est plutôt une bonne chose, non ? Ca veut dire que ma lecture m'a suffisamment plu pour avoir envie d'en lire davantage.
Les Combats Invisibles
Une bonne initiative parrainée par Dupuis et la chanteuse Lou (issue de The Voice Kids et interprète notamment de Miraculous : Les aventures de Ladybug) qui a pour but de prévenir les ados contre le harcèlement sexiste et le cyberharcèlement par le biais de webtoons et de ces BD au format manga. Toutefois je reste assez mitigé sur le résultat. On y suit Océane, collégienne adepte de réseaux sociaux qui éprouve un crush vers le beau gosse de sa classe qui s'intéresse soudain à elle. Elle va sortir avec lui et réaliser que derrière sa façade affable se cache un esprit toxique qui va l'entrainer, elle et d'autres filles de son bahut, dans les affres du harcèlement et du ressentiment. Les auteurs font le choix de se placer véritablement à hauteur de leur public. Les personnages parlent tous le langage des jeunes, avec énormément d'argots et d'abréviations issues des réseaux sociaux (avec forcément beaucoup de name dropping de marques d'appli comme Insta ou Snapshat). C'est réaliste mais parfois dur à suivre : même mes enfants (16 et 20 ans) étaient quelques fois largués par certains mots ou expressions. C'est un peu abusé et je me dis que ça vieillira aussi probablement mal tant une manière de parler "jeune" est spécifique à une époque et change radicalement d'une année à l'autre. J'ai eu aussi quelques doutes sur l'âge des protagonistes. Le récit les dit collégiens mais de mes souvenirs de collège et au vu du parcours de mes propres enfants, j'ai du mal à ne pas les voir plutôt comme de grands lycéens tant ils sont obnubilés par leur image publique, le sexe et les relations de couple. Et enfin et surtout, j'ai été très énervé par le comportement de la majorité des personnages. Les mecs y sont tous des merdes, des harceleurs de rue qui traitent de putes toutes les filles un peu libérées. Et les filles ne sont pas vraiment meilleures, traitant elles aussi de putes les filles qui se font harceler et les "ghostant" dès qu'elles ont besoin d'aide, sous prétexte qu'elles l'ont bien cherché. Pire, les profs et les parents sont tous des cons qui enfoncent encore plus les victimes. Je retiens en particulier ce moment où les adultes reprochent à une victime d'avoir ennuyé son harceleur en lui ayant envoyé des photos d'elle nue... prises de dos à quelques mètres derrière elle, ou par dessus la porte des douches... Mais oui, c'est sûr, c'est elle qui a pris ces photos et et les a diffusées sur internet. C'est quoi ces conneries ? Je vis dans une banlieue trop chic pour ne pas être témoin de tels comportement idiots d'une part et criminel d'autre part venant des jeunes et des adultes ? J'ai également détesté cette interdiction que s'imposent les filles de dénoncer les actes purement délictueux qu'elles subissent : on n'est pas des poucaves ! Au point que même les meilleures amies de l'héroïne l'insultent ouvertement quand elle essaie de venir en aide à une fille, parce qu'elle a rompu la loi du silence. Et ça, jusqu'à la fin du premier tome où la grande révolte des filles devant l'inacceptable, le moment où elles vont tout casser et mettre les gars en PLS, consiste finalement juste à afficher un message anonyme demandant la justice... Tout ça pour dire que soit j'ai une vision fausse du monde, soit le bouchon est poussé un peu trop loin et le scénario trop cousu de fil blanc. Mais malgré cet énervement de ma part, le fond de cette BD est bon. Les jeunes sont relativement crédibles même si parfois poussés à la caricature et stupides dans leurs actes. La mise en scène fonctionne bien quoique certains dialogues m'ont paru redondants, donnant l'impression de revenir en arrière pour rejouer les mêmes scènes. Et le sentiment de révolte à la lecture de ce récit et à la vue du comportement de ses protagonistes est efficace pour donner envie de lutter contre le harcèlement et de montrer à quel point il faut absolument le dénoncer et ne pas hésiter à appeler le fameux numéro téléphonique d'aide contre le harcèlement. Et puis peut-être que les jeunes des quartiers et banlieues les plus concernées se sentiront suffisamment proches de la manière de parler et de penser des héroïnes pour se sentir davantage touchés par cette lecture que moi, ce qui serait la preuve que le but serait atteint.
Unfollow
J'ai un peu le même ressenti que NoirDésir, à savoir que l'ensemble m'a laissé une impression de naïveté absolument déconcertante. J'étais intrigué par cette BD que j'ai finalement empruntée à la médiathèque. Je m'attendais à plonger dans un univers nettement plus fantastique avec notamment, allez savoir pourquoi, des extra-terrestres. La couv, sans doute. Graphiquement, ce n'est pas mauvais. J'ai plus de réserves sur le choix de colorisation. En effet, les tons roses/bleus ont fini par épuiser mon regard. En outre, l'appareil narratif, par le biais du texte apposé sous les cases, se laisse dissoudre dans un systématisme là encore lassant, même si par ailleurs, l'auteur évite de tomber dans le piège de l'illustratif. Cela permet au dessin d'apporter autre chose, de nouvelles informations. Toutefois, couleurs et narration installent une sorte de monotonie, si bien je me suis aperçu qu'au bout d'un moment, je ne regardais plus du tout les dessins. Même les personnages arborent une expression résignée, presque éteinte, donnant cette impression d'agir par réflexes survivalistes, mais sans passion et sans joie. Quant au contenu, je demeure circonspect. Comme l'écrit NoirDésir, c'est la naïveté qui transparait de ce récit. On a du mal à croire à ce personnage, sorte de gourou New Age aussi prompt à manier le langage informatique que la biologie moléculaire ou la bèche. Alors bien sur, il faut lire cela au niveau métaphorique. Unfollow, c'est la vision d'un monde futur, la découverte d'une issue au merdier ambiant qui passera nécessairement par le syncrétisme. Unfollow, c'est l'affirmation de préoccupations fondamentales, urgentes, ultimes, et à ce titre, cette BD au parfum de fin du monde capte ce basculement. Mais cette vision christique d'un sauveur incarné me parait relever tout à fait du fantasme. La fin est énigmatique, ouverte, ce qui est bien, permettant au moins de finir correctement cette lecture pourtant pas désagréable, mais au combien agaçante. Au moins, on a envie d'aller au bout et de savoir comment tout cela va se conclure.
Les Sous-sols du Révolu
Découverte d'un nouveau Marc-Antoine Mathieu que je ne connaissais pas. Il y a toujours quelque chose de grisant à replonger dans son univers si singulier, et Les Sous-sols du Révolu ne manquent pas à cette tradition. Toutefois, il manque un récit à tout cela. Il y a ici, comme toujours chez Mathieu, des dialogues très bien écrits, le discours est toujours poétique, absurde et touche constamment juste. Ces grandes dissertations sur ce qui fait une œuvre d'art sont souvent excellentes, mais je les aurai trouvées encore plus fortes si elles avaient été mises au service d'une intrigue, et de péripéties donnant une unité à tout cela. En l'état, Les Sous-sols du Révolu est "juste" un bon voyage dans les entrailles fantaisistes d'un musée fantasque. C'est amusant, souvent très bien trouvé, mais parfois un peu vain.
Creepy cat
2.5 J'ai mieux accroché que Ro, mais il faut dire que j'aime bien les chats alors je dois faire partie du public-cible. Le dessin est correct, il est dans le style qu'on retrouve souvent dans les webcomics et j'ai même cru que c'était un manga occidental jusqu'à ce que je vois le copyright japonais à la fin du premier tome. La série est une suite de gags en une page et c'est un exercice difficile selon moi, surtout qu'il y a moins de cases par page que dans une BD Franco-Belge vu que le format est plus petit. Comme c'est souvent le cas, les meilleurs gags m'ont faire sourire, mais je n'ai jamais rigolé. Il y a plusieurs gags qui ne sont pas réussis et je me suis souvent demandé pourquoi une chute était censée être marrante. J'imagine que c'est à cause des différences culturelles ou qu'il y a des références et des jeux de mots qui ont sauté lors de la traduction. En gros, cela se laisse lire si on aime les chats, mais ce n'est pas mémorable et je ne compte pas lire la suite si d'autres tomes sortent. D'ailleurs, je n'ai lu que les 2 premiers tomes et cela me suffit amplement.
Pendragon (Le Gris/Dellac/Martinello)
Je me suis fait avoir comme un bleu … une couverture et des premières pages qui envoient. Je m’étais imaginé tout un monde de Fantasy à la Warhammer bien mis en scène avec un dessin burné. Passé cette introduction qui m’a bien mis en appétit et à mon grand désarroi (de ma faute aussi, je n’avais qu’à lire le 4eme de couverture), le récit prend la tournure d’une revisite du mythe d’Arthur. Pff encore !! criait une petite voix dans ma tête. Malgré les bonnes idées du scénario, j’avoue que j’ai un peu lu ça en mode automatique, jamais vraiment conquis par le récit, tout paraît bien sage et tracé après la fureur des 2 premières pages. Heureusement la partie graphique est soignée, j’avais croisé le dessinateur sur un album de Conan mais ici je trouve son trait encore plus fin, ses couleurs sont également bien réussies. Le storyboard est assuré par Benoît Dellac pour un rendu cinématographique. C’est plutôt solide dans l’ensemble, de chouettes ambiances de crées. Honnêtement c’est bien foutu mais sans réelles surprises dans les péripéties, si ce n’est ce petit côté dark insufflé à l’univers. J’aime bien ce dernier mais le reste m’a semblé trop planplan, je dois faire une overdose du sujet.
Tête de Chien
Aaah enfin ! Depuis le temps que je l’attendais ce cycle 3 d’Ira Dei, mais !… Attendez là, c’est pas Ira Dei ça. Je comprends pas, ce sont pourtant bien les mêmes auteurs, l’histoire se déroule sensiblement à la même époque (oui ok le Moyen-Âge dure plus ou moins 1000 ans, mais bon à un siècle ou deux près on y est), et en plus c’est chez le même éditeur. Bon… Alors je comprends les nécessités économiques qui font qu’un éditeur décide de stopper une série parce que celle-ci se vend pas trop bien. Mais alors quand une même pair d’auteurs se pointe devant le même éditeur (j’imagine le tableau), en expliquant que leur prochaine série (oui parce que ce sera sur plusieurs tomes) se déroulera sensiblement dans le même contexte historique… faut m’expliquer pourquoi Dargaud valide ce projet, mais a rejeté un cycle 3 d’Ira Dei. Enfin bref, voilà donc « Tête de chien », où il ne sera pas question de conflits géopolitiques méditerranéens au XIème siècle, mais de tournois chevaleresques et magouilles de bandits dans la France du XIIIème siècle. J’ai bien aimé, oui. Un petit côté entre le film « Chevalier » de Brian Helgeland, et la bd Hérauts d’Eric Corbeyran. Cela se lit sans difficulté, sans grande surprise, sans retournement de situation improbable, sans vraiment de suspens non plus. C’est plutôt plaisant si on a le médiévisme comme centre d’intérêt comme moi, les autres resteront peut être sur leur faim. Je n’ai ni les armes ni les connaissances pour expliquer le pourquoi du comment, mais je trouve le dessin de Ronan Toulhoat moins bon que sur Ira Dei ou même Conan. On reconnaît la patte graphique bien distinctive, c’est toujours très plaisant à regarder, maaaaais…. On est un peu dans la même veine que la "République du Crâne", il y a un côté « rushé » je trouve, c’est pas bien peaufiné comme ailleurs. C’est mon ressenti. En même temps le mec enchaîne les albums en ce moment. Un premier album plutôt sympa, avec une intrigue bien racontée malgré des personnages un brin archétypaux et qui, pour l’instant, ne sortent pas de leur zone de jeu, en attendant de voir où les auteurs vont nous emmener et en espérant plus de rebondissement et que ça s’emballe enfin. Taïhaut !
Tiago Solan
Pas grand-chose à dire sur ce diptyque, qui reste sur du basique, mais qui fait bien le boulot. A commencer par le dessin, du réaliste classique et bien fichu, dynamique, plutôt agréable. Pour le reste, on sent que Sergeef s’est documenté, qu’il suit bien l’actualité, ce qui lui permet de densifier son scénario. Non pas avec des péripéties, mais avec un fort ancrage dans l’actualité géopolitique des quinze dernières années : la guerre en Afghanistan (qui sert au début à présenter le héros, tireur d’élite de l’armée française), le printemps arabe et la chute de Kadhafi, ainsi que les guerres impliquant divers groupes djihadistes et touaregs dans le Sahel (libyen et malien ici). Un arrière-plan riche et crédible. Concernant l’intrigue elle-même, elle se laisse lire, c’est assez rythmé. Mais ça souffre de quelques facilités (par exemple dans le second tome la facilité pour Solan de faire transiter son groupe, leur équipement sans se faire repérer par les groupes djihadistes ou les services spéciaux occidentaux). Et une fin un peu trop abrupte et facile elle aussi. Une série d’emprunt, pour les amateurs du genre ne cherchant pas d’intrigue trop complexe et originale. Note réelle 2,5/5.
Nos adoptions
Les auteurs ont deux points communs, ils sont d'origine coréenne et ont été adopté. Jung a déjà réalisé deux albums sur l'adoption avec Couleur de peau : miel et Babybox. Ici, il s'est associé à Laëtitia Marty pour réaliser une trilogie sur ce même sujet. Chaque album traitera de l'adoption d'un point de vue différent, d'abord celui des adoptants avec ce tome, puis la parole sera donnée aux adoptés et enfin aux familles biologiques coréennes. Un premier tome qui commence par les confidences des auteurs, sur leurs motivations et la réalisation de cet opus à partir de nombreux témoignages. Cet album reprend trois de ces témoignages librement réinterprétés et se terminera par de nombreuses lettres de parents adoptifs. Une narration qui joue sur l'émotion avec le ressenti différent des adoptants lorsque leurs enfants font la démarche de retrouver leurs parents biologiques en Corée, ce besoin viscérale de retrouver ses racines. J'ai bien aimé les deux premières histoires qui permettent de découvrir un cheminement émotif dissemblable. Par contre le dernier récit sous forme de lettre m'a laissé de marbre, il est aussi beaucoup plus court. Des parcours de vie qui transpirent d'amour. La partie graphique est somptueuse dans un style très réaliste avec de magnifiques passages allégoriques. Juste deux couleurs pour accompagner le dessin, le bleu et le marron, pour donner cette ambiance intimiste. Je serai du voyage pour le second volet.