Le projet avorté d'une version futuriste des X-Men par John Byrne a donné ce recyclage, très typé Marvel, tout de même.
On y retrouve son souci de la mise en scène épurée, très directe et véloce -quasi cinématographique quand les dialogues de la scène précédente s'inscrivent en échos à l'introduction de celle qui suit !- ; ce qui nous fait vite entrer dans le vif du sujet. L'histoire, sans réelle nouveauté pour cause d'extrapolation timide de ce qu'on connait déjà par coeur, se lit sans déplaisir sinon un soupçon d'ennui : il s'agit vraiment d'une mise en place pour la suite (le très réussi Next-Men.).
C'est propre, net et sans bavures et donc, fatalement, ça manque un peu d'âme. Mais c'est du travail honnête et John Byrne ne nous promet pas davantage que ce qu'il nous donne, alors il n'y a pas de déception possible.
... sinon l'inutilité incompréhensible de splash-pages trop moches, comme ces deux gros lézards belliqueux !
Pour le trash du graphisme (et du découpage !), qui donne une ambiance très perso : les héros ont vraiment leur costume peint sur la peau, pour le coup !
C'est énorme, encré avec un bâton et, si j'ai complètement zappé le nœud de l'intrigue (?!), j'ai trouvé que la relation maitre-esclave entre Dents De sabre (son patronyme est trop fun et efficace, en Français !) et la jeune Birdy avait tout pour l'exposition d'une relation sado-masochiste au pays des super-héros ! Les scènes de lit manquent cruellement à cette histoire, alors qu'elles sont fortement suggérées...
Quel dommage que, justement parce qu'on s'y trouve bel et bien, au pays du Comic Code (l'hypocrite !), on doive se contenter des habituels ressorts bien rouillés de ce vieux matelas à bonne conscience.
Pour les curieux, uniquement.
John Byrne fait des fixettes bizarres...
Ce devait être un truc qui lui tenait à coeur, ou bien alors un de ses proches lui a suggéré de reprendre cette idée. Toujours est-il que, malgré toute sa bonne volonté -opiniâtre !- et son talent -nourri d'expérience et, ici comme ailleurs, d'une efficacité redoutable-, on a du mal à s'intéresser à cette aventure humaine sans vraie profondeur, où les morts violentes se succèdent sans qu'on s'en émeuvent trop, obsédés que sont les survivants par leur survivance, justement ; ce qui situe le Comic à un niveau rien moins qu'intéressant (à mes yeux, s'entend).
Conflits de personnalités convenus, réflexions existentielles et péripéties à l'avenant, les personnages, sans grand relief ni réelles motivations, errent sur leur chemin de croix vers un avenir aussi joyeux que le sujet le prédit et, si la série a été abandonnée, faute de succès, hé ben tant mieux !
John... John ! Arrête de rejouer les mêmes histoires, comme un hommage désespérément sérieux et impossible à compléter à tes amours d'enfant précoce ! Rappelle-toi que tu as le droit de t'amuser, aussi. Parce que nous, on aimerait bien t'adorer de nouveau !!
J'ai moins accroché que Mac Arthur. Il faut dire que je ne suis pas fan des bandes dessinées remplies de narration. Même lorsque les personnages parlent, leurs paroles sont dans la narration comme si on était encore en 1910.
Bon, c'est pas totalement grave. Le scénario peut tout de même être passionnant malgré tout et justement j'ai trouvé qu'il était moyen. C'est censé être délirant et au final je trouve que c'est tout de même un peu convenu et limite banal. Dans un genre similaire, le dessin animée Nom de code : Kids Next Door que je regardais jeune allait encore plus loin dans la folie et la débilité. Ça se laisse lire malgré tout, en particulier parce que le dessin est excellent, mais je pense que j'en attendais un peu trop. Il faut dire que c'est une parodie de Beowulf, un poème épique que je ne connais que de nom et j'imagine que des références marrantes me sont passées au-dessus de la tête.
Ce qui frappe tout d'abord en ouvrant l'album, c'est le magnifique dessin d'Alexis Chabert, qui ici, illustre de manière sublime le Paris de la fin du XIXème siècle. Les premières pages d'ouverture consacrées à l'Opéra Garnier rendent parfaitement hommage à cette période. Peut-être ici un peu mois de références à de célèbres peintures mais qu'importe le lecteur en a plein les yeux au fil de sa lecture. (d'ailleurs un amusant clin d’œil au Lotus bleu m'a fait sourire)
Côté scénario, il faut dire que Philippe Pelaez lorgne beaucoup sur Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux. Nous retrouvons le héros du précédent album Automne en baie de Somme,l'inspecteur Amaury Broyan, mais un nouveau registre (soit dit en passant j'avais dès l'apparition de Broyan, le rôle qu'il allait jouer dans cette intrigue)
Comme sur le premier album, le scénario est assez bancal, le complot pour renverser la IIIème République, n'apporte pas grand chose à l'intrigue principale.
J'avoue avoir été un peu troublé par le soupçon d'ésotérisme qui flotte sur cet album,
Néanmoins, la lecture de cet album, qui peut se lire indépendamment du précédent, est très plaisante.
Tout comme Automne en baie de Somme, c'est un livre que je relirai avec plaisir.
J'ai d'ailleurs lu cet album, comme le précédent, dans sa version dos toilé, avec cahier graphique.
Tony Sandoval est un auteur intéressant, et relativement original. C’est en tout cas toujours avec curiosité et envie que j’ouvre un de ses albums.
J’ai trouvé cette lecture agréable, fluide et sympathique, même si un – léger – cran en dessous de ce que j’attendais par rapport à mes expériences passées avec cet auteur.
Le dessin de La Padula tout d’abord, est assez proche de celui de Sandoval lui-même, en particulier pour les têtes, un peu grosses et anguleuses. Mais je préfère le trait de Sandoval, il insuffle à ses personnages davantage d’étrangeté, de poésie noire et fantastique. Du coup ça m’est apparu comme aseptisé.
J’ai eu le même ressenti concernant le scénario. L’intrigue se laisse lire sans problème et est même intéressante. Mais je m’attendais à quelque chose de plus noir et poétique là aussi, même si certaines touches de fantastique (autour des rêves du héros, tourmenté après la mort de celle qu’il aimait, et qui semble avoir un don de prévoir certains événements morbides) apparaissent à plusieurs reprises. Un héros que j’ai par ailleurs trouvé quelque peu inconstant et pas toujours très clair dans ses rapports aux deux femmes américaines qu’il côtoie dans le second tome.
Une lecture recommandable néanmoins.
Plutôt mal partie avec son origine un peu bâclée et le mix indigeste pouvoirs/technologie de ses capacités surhumaines (elle vole grâce à un appareil dissimulé (!) sous son costume, au début !), cette héroïne-là aurait quand même pu planer un poil plus haut si elle était née ne serait-ce que quelques années plus tard. l'étrangeté de son septième sens (?!), ainsi que son début de schizophrénie lié à sa double nature humaine/extra-terrestre, se seraient vus bien mieux exploités côté scénario dans les publications de la décennie suivante, plus axée "psychologie". Mais, coincée à la croisée des chemins éditoriaux de l'époque (les traditionalistes opposés à la jeunesse montante et avide de nouveauté), elle devra se contenter des bastons habituelles réservées à ses confrères et sœurs.
Heureusement, la plupart des artistes se succédant à son service fournissent un travail lisible et dynamique qui, aujourd'hui, se patine d'un ressenti Seventies très agréable (et Dave Cockrum, fidèle à lui-même, va lui offrir un costume beaucoup plus personnel et sexy !).
N'empêche : le background dont l'affuble Chris Claremont -le papa machiste, la mère aimante et l'ami psychologue- lui offre quelques moments très plaisants de Soap-opéra classique. Surtout que Carol Danvers possède une personnalité très affirmée (la nécessité de rivaliser avec ses deux frères pour l'affection du-dit père) et, en corollaire, sa démarche très Women's Lib' dans ses choix, personnels comme professionnels.
Bon, c'est malheureusement un peu-beaucoup caricatural ; mais l'intention y était. Et Claremont, au long de sa carrière, prouve son attachement à sa création en lui remettant le grappin dessus plusieurs fois, soucieux qu'il reste de la garder fidèle à sa genèse. Il ira jusqu'à la recréer complètement, bien plus tard, sans toutefois effacer le noyau dur de sa personnalité, à savoir la puissance de sa détermination.
Un personnage focalisant autant l'attention de son créateur ne peut être complètement mauvais.
Allez, pour aider à la manœuvre et parce que, tout mal fichu que c'était, c'est un souvenir rigolo -et érotique pour le gamin que j'étais : les goûts de Bob Layton transparaissent dans la plupart des représentations du (des) héros ; un peu comme quand il encrait John Romita jr sur Iron-Man...
Une sorte de mini série sensée nous présenter plus en détail l'incarnation Marvellienne du Hercule de la mythologie Gréco-romaine (lui il a le patronyme Romain mais ses parents divins conservent l'original Grec, va-t'en savoir pourquoi ?!).
Ça chahute, ça castagne et ça tombe les créatures légères à tout va -même Frankie Ray/Nova !! C'est tout pour rire !
Le temps qui passe a donné une patine typique 80's au Comic -les couleurs et les brushings, en particulier !- et, pour l'amateur, il y a un côté cosy à lire cette panouille sans prétention et pleine d'un humour enfantin réconfortant. Pour peu qu'on repasse Moonlighting à la télé et c'est le décollage assuré...
Le dernier manga de Kouji Seo est un harem et cela se voit dès le départ que l'auteur ne va pas essayer de renouveler le genre et qu'il va reprendre les mêmes recettes qu'on a vu une centaine de fois depuis Love Hina.
Le début est vraiment cliché: alors notre héros hérite du café de sa grand-mère et ce qu'il en sait pas c'est que des filles y habitent et il va toutes les rencontré une par une lorsqu'elles sont en sous-vêtements ou nues. Elles pouvaient pas juste prendre tranquillement le thé ou regarder la télé tout habillé. Les personnages sont des stéréotypés: le héros qui a l'air d'un dur qui ne pense qu'au profit, mais qui au fond à bon cœur, la fille stupide, la fille avec du caractère qui se choque souvent contre le héros, la fille timide......Ajoutons qu'en plus le but des personnages s'est de rentabilisé le café au but d'un temps limité sinon le héros va vendre le terrain.
Bref, cela donne vraiment l'impression de déjà vu. Pourtant, ça se laisse lire quoique je ne pense pas avoir la force de lire ce manga jusqu'au bout. Si des gags sont du réchauffé (le gars prends un bain, une fille arrive nue et lui cris dessus en le traitant de pervers, trop marrant j'ai jamais vu ça dans un manga !), d'autres fonctionne bien. Les personnages sont un peu attachants et certains chapitres sont divertissants.
En fait, ce manga est typique du travail de Seo qui, en dehors de 'Suzuka', a fait des œuvres que je trouve moyenne. Il a assez de talent pour que je ne m'ennuis pas, mais en même c'est pas très captivant à lire et il ne fait que reprendre des vieilles recettes sans trop innové.
De manière très légitime, Fabrizio a tenté ici de réitérer le coup de maître qu’était « Le Dieu vagabond ». La première question que l’on se posait était donc de savoir si « Le Fils de Pan » allait être du même niveau. Le pari était risqué, et l’on sait que les suites dépassent ou même égalent très peu souvent l’original.
D’un point de vue graphique tout d’abord, l’enchantement reste de mise. Dori le prouve une fois encore, il sait nous faire rêver par sa folle créativité qui place son dernier opus au rang de livre d’art. Certes, l’effet de surprise s’est amoindri dans la mesure où « Le Fils de Pan » est un peu un copier-coller de son prédécesseur, mais un magnifique copier-coller ! L’artiste italien fait preuve d’un talent inégalé par l’étendue de sa palette stylistique, où l’on retrouve l’influence des grands courants de la peinture, principalement des XIXe et XXe siècles, de l’impressionnisme au pop-art. Cela confère à l’objet un côté mosaïque qui passe très bien ici, tant l’émerveillement joue à plein. Fabrizio est d’abord un peintre avant d’être un bédéiste, et s’il semble moins à l’aise dans la représentation de personnages, ses sublimes représentations s’apparentent à de petits tableaux célébrant la beauté et la nature, où s’épanouissent les couleurs, accompagnés d’une poésie sensible qui rend hommage à une mythologie éclipsée par notre monde moderne.
Pour ce qui est de la partie narrative, on pourra toutefois s’avouer un brin désappointé. L’idée de départ, celle consistant à faire jouer à Eustis, avec qui on avait fait connaissance dans « Le Dieu vagabond », le rôle de baby-sitter de la progéniture du dieu Pan, est pour le moins originale. Car on l’apprend au début de l’histoire, notre satyre n’a pas réussi à retrouver les siens contrairement à ce que laissait croire la conclusion du dernier volet. Il va donc continuer à errer dans le monde terrestre des humains déshumanisés. C’est ainsi que le fils de Pan (qui n’a pas de nom…) va être catapulté sur Terre par sa mère Séléné, le but étant de lui faire mieux appréhender sa place « dans l’ordre des choses » sous la tutelle d’Eustis, à son corps défendant. Les deux personnages vont vivre alors une aventure empreinte d’un onirisme puissant au beau milieu d’un monde rationnel transformé par l’Homme en enfer de froideur techno-consumériste, incarné par le personnage un rien caricatural de Zoé, fille du Professeur que l’on retrouve également dans cette suite.
Malgré le désir de bien faire, que l’on sent sincère chez son auteur, force est de constater que le récit s’égare dans moult circonvolutions qui finissent par brouiller la finalité du propos. De plus, l’objet comporte 80 pages supplémentaires, ce qui ne contribue guère à son intelligibilité.
On regrette par ailleurs l’absence d’éléments marquants, d’images vraiment fortes ou de coups de théâtre qui auraient permis de prolonger l’émerveillement de façon durable, même si l’on reste réceptif au message épicurien de Dori, à son invitation au rêve et à envisager le monde au-delà de sa brute réalité. De même, la grande érudition de ce dernier en matière de mythologie n’est plus à prouver, mais là encore, un petit lexique en fin d’ouvrage aurait peut-être été pertinent.
Tout cela ne remet pas en cause l’admiration que l’on peut éprouver pour l’artiste qu’est Fabrizio Dori, et les Editions Sarbacane ne s’y sont pas trompées. Si les qualités de l’ouvrage, qui est loin d’être mauvais, résident davantage dans le dépaysement graphique qu’il procure, la narration aurait mérité une plus grande rigueur structurelle. En effet, l’œuvre originelle qui nous avait tant bluffés semblait moins pâtir de cette faiblesse.
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Le projet avorté d'une version futuriste des X-Men par John Byrne a donné ce recyclage, très typé Marvel, tout de même. On y retrouve son souci de la mise en scène épurée, très directe et véloce -quasi cinématographique quand les dialogues de la scène précédente s'inscrivent en échos à l'introduction de celle qui suit !- ; ce qui nous fait vite entrer dans le vif du sujet. L'histoire, sans réelle nouveauté pour cause d'extrapolation timide de ce qu'on connait déjà par coeur, se lit sans déplaisir sinon un soupçon d'ennui : il s'agit vraiment d'une mise en place pour la suite (le très réussi Next-Men.). C'est propre, net et sans bavures et donc, fatalement, ça manque un peu d'âme. Mais c'est du travail honnête et John Byrne ne nous promet pas davantage que ce qu'il nous donne, alors il n'y a pas de déception possible. ... sinon l'inutilité incompréhensible de splash-pages trop moches, comme ces deux gros lézards belliqueux !
Dents de sabre
Pour le trash du graphisme (et du découpage !), qui donne une ambiance très perso : les héros ont vraiment leur costume peint sur la peau, pour le coup ! C'est énorme, encré avec un bâton et, si j'ai complètement zappé le nœud de l'intrigue (?!), j'ai trouvé que la relation maitre-esclave entre Dents De sabre (son patronyme est trop fun et efficace, en Français !) et la jeune Birdy avait tout pour l'exposition d'une relation sado-masochiste au pays des super-héros ! Les scènes de lit manquent cruellement à cette histoire, alors qu'elles sont fortement suggérées... Quel dommage que, justement parce qu'on s'y trouve bel et bien, au pays du Comic Code (l'hypocrite !), on doive se contenter des habituels ressorts bien rouillés de ce vieux matelas à bonne conscience. Pour les curieux, uniquement.
Doomsday.1
John Byrne fait des fixettes bizarres... Ce devait être un truc qui lui tenait à coeur, ou bien alors un de ses proches lui a suggéré de reprendre cette idée. Toujours est-il que, malgré toute sa bonne volonté -opiniâtre !- et son talent -nourri d'expérience et, ici comme ailleurs, d'une efficacité redoutable-, on a du mal à s'intéresser à cette aventure humaine sans vraie profondeur, où les morts violentes se succèdent sans qu'on s'en émeuvent trop, obsédés que sont les survivants par leur survivance, justement ; ce qui situe le Comic à un niveau rien moins qu'intéressant (à mes yeux, s'entend). Conflits de personnalités convenus, réflexions existentielles et péripéties à l'avenant, les personnages, sans grand relief ni réelles motivations, errent sur leur chemin de croix vers un avenir aussi joyeux que le sujet le prédit et, si la série a été abandonnée, faute de succès, hé ben tant mieux ! John... John ! Arrête de rejouer les mêmes histoires, comme un hommage désespérément sérieux et impossible à compléter à tes amours d'enfant précoce ! Rappelle-toi que tu as le droit de t'amuser, aussi. Parce que nous, on aimerait bien t'adorer de nouveau !!
Béa Wolf
J'ai moins accroché que Mac Arthur. Il faut dire que je ne suis pas fan des bandes dessinées remplies de narration. Même lorsque les personnages parlent, leurs paroles sont dans la narration comme si on était encore en 1910. Bon, c'est pas totalement grave. Le scénario peut tout de même être passionnant malgré tout et justement j'ai trouvé qu'il était moyen. C'est censé être délirant et au final je trouve que c'est tout de même un peu convenu et limite banal. Dans un genre similaire, le dessin animée Nom de code : Kids Next Door que je regardais jeune allait encore plus loin dans la folie et la débilité. Ça se laisse lire malgré tout, en particulier parce que le dessin est excellent, mais je pense que j'en attendais un peu trop. Il faut dire que c'est une parodie de Beowulf, un poème épique que je ne connais que de nom et j'imagine que des références marrantes me sont passées au-dessus de la tête.
Hiver à l'opéra
Ce qui frappe tout d'abord en ouvrant l'album, c'est le magnifique dessin d'Alexis Chabert, qui ici, illustre de manière sublime le Paris de la fin du XIXème siècle. Les premières pages d'ouverture consacrées à l'Opéra Garnier rendent parfaitement hommage à cette période. Peut-être ici un peu mois de références à de célèbres peintures mais qu'importe le lecteur en a plein les yeux au fil de sa lecture. (d'ailleurs un amusant clin d’œil au Lotus bleu m'a fait sourire) Côté scénario, il faut dire que Philippe Pelaez lorgne beaucoup sur Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux. Nous retrouvons le héros du précédent album Automne en baie de Somme,l'inspecteur Amaury Broyan, mais un nouveau registre (soit dit en passant j'avais dès l'apparition de Broyan, le rôle qu'il allait jouer dans cette intrigue) Comme sur le premier album, le scénario est assez bancal, le complot pour renverser la IIIème République, n'apporte pas grand chose à l'intrigue principale. J'avoue avoir été un peu troublé par le soupçon d'ésotérisme qui flotte sur cet album, Néanmoins, la lecture de cet album, qui peut se lire indépendamment du précédent, est très plaisante. Tout comme Automne en baie de Somme, c'est un livre que je relirai avec plaisir. J'ai d'ailleurs lu cet album, comme le précédent, dans sa version dos toilé, avec cahier graphique.
Les Echos invisibles
Tony Sandoval est un auteur intéressant, et relativement original. C’est en tout cas toujours avec curiosité et envie que j’ouvre un de ses albums. J’ai trouvé cette lecture agréable, fluide et sympathique, même si un – léger – cran en dessous de ce que j’attendais par rapport à mes expériences passées avec cet auteur. Le dessin de La Padula tout d’abord, est assez proche de celui de Sandoval lui-même, en particulier pour les têtes, un peu grosses et anguleuses. Mais je préfère le trait de Sandoval, il insuffle à ses personnages davantage d’étrangeté, de poésie noire et fantastique. Du coup ça m’est apparu comme aseptisé. J’ai eu le même ressenti concernant le scénario. L’intrigue se laisse lire sans problème et est même intéressante. Mais je m’attendais à quelque chose de plus noir et poétique là aussi, même si certaines touches de fantastique (autour des rêves du héros, tourmenté après la mort de celle qu’il aimait, et qui semble avoir un don de prévoir certains événements morbides) apparaissent à plusieurs reprises. Un héros que j’ai par ailleurs trouvé quelque peu inconstant et pas toujours très clair dans ses rapports aux deux femmes américaines qu’il côtoie dans le second tome. Une lecture recommandable néanmoins.
Ms. Marvel - L'Intégrale
Plutôt mal partie avec son origine un peu bâclée et le mix indigeste pouvoirs/technologie de ses capacités surhumaines (elle vole grâce à un appareil dissimulé (!) sous son costume, au début !), cette héroïne-là aurait quand même pu planer un poil plus haut si elle était née ne serait-ce que quelques années plus tard. l'étrangeté de son septième sens (?!), ainsi que son début de schizophrénie lié à sa double nature humaine/extra-terrestre, se seraient vus bien mieux exploités côté scénario dans les publications de la décennie suivante, plus axée "psychologie". Mais, coincée à la croisée des chemins éditoriaux de l'époque (les traditionalistes opposés à la jeunesse montante et avide de nouveauté), elle devra se contenter des bastons habituelles réservées à ses confrères et sœurs. Heureusement, la plupart des artistes se succédant à son service fournissent un travail lisible et dynamique qui, aujourd'hui, se patine d'un ressenti Seventies très agréable (et Dave Cockrum, fidèle à lui-même, va lui offrir un costume beaucoup plus personnel et sexy !). N'empêche : le background dont l'affuble Chris Claremont -le papa machiste, la mère aimante et l'ami psychologue- lui offre quelques moments très plaisants de Soap-opéra classique. Surtout que Carol Danvers possède une personnalité très affirmée (la nécessité de rivaliser avec ses deux frères pour l'affection du-dit père) et, en corollaire, sa démarche très Women's Lib' dans ses choix, personnels comme professionnels. Bon, c'est malheureusement un peu-beaucoup caricatural ; mais l'intention y était. Et Claremont, au long de sa carrière, prouve son attachement à sa création en lui remettant le grappin dessus plusieurs fois, soucieux qu'il reste de la garder fidèle à sa genèse. Il ira jusqu'à la recréer complètement, bien plus tard, sans toutefois effacer le noyau dur de sa personnalité, à savoir la puissance de sa détermination. Un personnage focalisant autant l'attention de son créateur ne peut être complètement mauvais.
Hercule - Dieu de l'Olympe
Allez, pour aider à la manœuvre et parce que, tout mal fichu que c'était, c'est un souvenir rigolo -et érotique pour le gamin que j'étais : les goûts de Bob Layton transparaissent dans la plupart des représentations du (des) héros ; un peu comme quand il encrait John Romita jr sur Iron-Man... Une sorte de mini série sensée nous présenter plus en détail l'incarnation Marvellienne du Hercule de la mythologie Gréco-romaine (lui il a le patronyme Romain mais ses parents divins conservent l'original Grec, va-t'en savoir pourquoi ?!). Ça chahute, ça castagne et ça tombe les créatures légères à tout va -même Frankie Ray/Nova !! C'est tout pour rire ! Le temps qui passe a donné une patine typique 80's au Comic -les couleurs et les brushings, en particulier !- et, pour l'amateur, il y a un côté cosy à lire cette panouille sans prétention et pleine d'un humour enfantin réconfortant. Pour peu qu'on repasse Moonlighting à la télé et c'est le décollage assuré...
Goddesses Cafe Terrace
Le dernier manga de Kouji Seo est un harem et cela se voit dès le départ que l'auteur ne va pas essayer de renouveler le genre et qu'il va reprendre les mêmes recettes qu'on a vu une centaine de fois depuis Love Hina. Le début est vraiment cliché: alors notre héros hérite du café de sa grand-mère et ce qu'il en sait pas c'est que des filles y habitent et il va toutes les rencontré une par une lorsqu'elles sont en sous-vêtements ou nues. Elles pouvaient pas juste prendre tranquillement le thé ou regarder la télé tout habillé. Les personnages sont des stéréotypés: le héros qui a l'air d'un dur qui ne pense qu'au profit, mais qui au fond à bon cœur, la fille stupide, la fille avec du caractère qui se choque souvent contre le héros, la fille timide......Ajoutons qu'en plus le but des personnages s'est de rentabilisé le café au but d'un temps limité sinon le héros va vendre le terrain. Bref, cela donne vraiment l'impression de déjà vu. Pourtant, ça se laisse lire quoique je ne pense pas avoir la force de lire ce manga jusqu'au bout. Si des gags sont du réchauffé (le gars prends un bain, une fille arrive nue et lui cris dessus en le traitant de pervers, trop marrant j'ai jamais vu ça dans un manga !), d'autres fonctionne bien. Les personnages sont un peu attachants et certains chapitres sont divertissants. En fait, ce manga est typique du travail de Seo qui, en dehors de 'Suzuka', a fait des œuvres que je trouve moyenne. Il a assez de talent pour que je ne m'ennuis pas, mais en même c'est pas très captivant à lire et il ne fait que reprendre des vieilles recettes sans trop innové.
Le Fils de Pan
De manière très légitime, Fabrizio a tenté ici de réitérer le coup de maître qu’était « Le Dieu vagabond ». La première question que l’on se posait était donc de savoir si « Le Fils de Pan » allait être du même niveau. Le pari était risqué, et l’on sait que les suites dépassent ou même égalent très peu souvent l’original. D’un point de vue graphique tout d’abord, l’enchantement reste de mise. Dori le prouve une fois encore, il sait nous faire rêver par sa folle créativité qui place son dernier opus au rang de livre d’art. Certes, l’effet de surprise s’est amoindri dans la mesure où « Le Fils de Pan » est un peu un copier-coller de son prédécesseur, mais un magnifique copier-coller ! L’artiste italien fait preuve d’un talent inégalé par l’étendue de sa palette stylistique, où l’on retrouve l’influence des grands courants de la peinture, principalement des XIXe et XXe siècles, de l’impressionnisme au pop-art. Cela confère à l’objet un côté mosaïque qui passe très bien ici, tant l’émerveillement joue à plein. Fabrizio est d’abord un peintre avant d’être un bédéiste, et s’il semble moins à l’aise dans la représentation de personnages, ses sublimes représentations s’apparentent à de petits tableaux célébrant la beauté et la nature, où s’épanouissent les couleurs, accompagnés d’une poésie sensible qui rend hommage à une mythologie éclipsée par notre monde moderne. Pour ce qui est de la partie narrative, on pourra toutefois s’avouer un brin désappointé. L’idée de départ, celle consistant à faire jouer à Eustis, avec qui on avait fait connaissance dans « Le Dieu vagabond », le rôle de baby-sitter de la progéniture du dieu Pan, est pour le moins originale. Car on l’apprend au début de l’histoire, notre satyre n’a pas réussi à retrouver les siens contrairement à ce que laissait croire la conclusion du dernier volet. Il va donc continuer à errer dans le monde terrestre des humains déshumanisés. C’est ainsi que le fils de Pan (qui n’a pas de nom…) va être catapulté sur Terre par sa mère Séléné, le but étant de lui faire mieux appréhender sa place « dans l’ordre des choses » sous la tutelle d’Eustis, à son corps défendant. Les deux personnages vont vivre alors une aventure empreinte d’un onirisme puissant au beau milieu d’un monde rationnel transformé par l’Homme en enfer de froideur techno-consumériste, incarné par le personnage un rien caricatural de Zoé, fille du Professeur que l’on retrouve également dans cette suite. Malgré le désir de bien faire, que l’on sent sincère chez son auteur, force est de constater que le récit s’égare dans moult circonvolutions qui finissent par brouiller la finalité du propos. De plus, l’objet comporte 80 pages supplémentaires, ce qui ne contribue guère à son intelligibilité. On regrette par ailleurs l’absence d’éléments marquants, d’images vraiment fortes ou de coups de théâtre qui auraient permis de prolonger l’émerveillement de façon durable, même si l’on reste réceptif au message épicurien de Dori, à son invitation au rêve et à envisager le monde au-delà de sa brute réalité. De même, la grande érudition de ce dernier en matière de mythologie n’est plus à prouver, mais là encore, un petit lexique en fin d’ouvrage aurait peut-être été pertinent. Tout cela ne remet pas en cause l’admiration que l’on peut éprouver pour l’artiste qu’est Fabrizio Dori, et les Editions Sarbacane ne s’y sont pas trompées. Si les qualités de l’ouvrage, qui est loin d’être mauvais, résident davantage dans le dépaysement graphique qu’il procure, la narration aurait mérité une plus grande rigueur structurelle. En effet, l’œuvre originelle qui nous avait tant bluffés semblait moins pâtir de cette faiblesse.