Une petite ville des États-Unis, Blackwell, où la sorcellerie n'est pas considérée comme un crime. C'est dans cette seule bourgade que les sorcières peuvent vivre sans se cacher. Loin de notre imaginaire, elles ne ressemblent pas à de vieilles femmes solitaires cachées au fond d'un bois, au nez crochu, au chapeau pointu sur la tête et une baguette magique à la main. Au contraire, elles sont jeunes, belles, modernes et ont un statut privilégié.
L'inconvénient de ce comics, c'est l'intrigue, cette enquête pour retrouver une jeune fille disparue est très légère et j'aurais aussi aimé en savoir un peu plus sur ces sorcières coupées du monde, ne pouvant quitter Blackwell, une prison aux murs invisibles. C'est bien dommage car Véra Greentea avait su créer un monde imaginaire intéressant et captivant.
Je découvre Yana Bogatch, également connue sous le nom de "Cosmic Spectrum" sur internet où elle crée des tutoriels de dessin qu'elle partage sur Grumroad.
Pour une première œuvre, elle a fait très fort. Ce qui saute aux yeux, c'est l'esthétisme et l'atmosphère que dégage son dessin, il sied à merveille au récit en lui apportant une touche gothique, bien aidé par une colorisation dans les tons sombres et fantomatiques. Les personnages sont réussis, les visages expressifs et les décors soignés. Du très bon travail.
Une lecture rapide malgré la pagination importante qui ravira principalement les adolescents.
Pourtant assez fan du travail de Jean Dytar que j'avais découvert avec le merveilleux Florida ou encore le malicieux Les Tableaux de l'ombre, j'avoue être resté sur ma faim avec cet album.
Ce ne sont pourtant pas les somptueuses planches qui composent les 144 pages de cet album qui m'ont déçu, loin de là ! J'adore en prime cette période créatrice de cette fin XIXe, que ce soit en littérature ou en peinture... Alors ? Ba je ne sais pas... Le récit de ce trio de poètes maudits qui va se chercher, s'écharper voire se perdre a tout pour captiver son lectorat... mais pschiiit... sans comprendre pourquoi la magie n'a pas opéré. Je suis resté en spectateur distant de ces relations décousues et ambivalentes qui au fil des années qui s'égrainent finiront tout de même par accoucher de ce mystérieux recueil "Illuminations" écrit par Raimbaud.
C'est vraiment dommage, car j'ai l'impression d'être passé à côté de ce récit ; reste le plaisir intact du dessin impressionnant et de sa mise en couleur qui rend parfaitement hommage à l'époque et à ces trois grands poètes que sont Verlaine, Rimbaud et Nouveau.
Œuvre d’un auteur srilankais, cette biographie de Bouddha s’est avérée plaisante à lire et assez instructive pour quelqu’un qui, comme moi, ne connaissait rien de la vie de ce guide spirituel.
Le découpage est aéré et divise le récit en de courts chapitres chronologiques. Nous découvrons ainsi sa vie alors qu’il n’est encore qu’un jeune prince (Siddhartha Gautama) puis vient le temps de la remise en question, de la recherche de réponses jusqu’à l’illumination. La dernière partie du récit se centre sur les années durants lesquelles il va enseigner puis, enfin, le retour auprès de sa famille et la décision d’ouvrir sa religion aux femmes.
Très clair, le récit est bien adapté à un large public et peut être lu par de jeunes lecteurs. Le ton est profondément révérencieux. Bouddha y est montré dans toute son humanité, avec une très généreuse grandeur d’âme et une empathie jamais démentie. En ce sens, ce manhua se rapproche d’autres bandes dessinées religieuses qu’il m’a été donné de lire dans le passé : c’est très bienpensant ! Pas déplaisant mais sans aucune remise en question.
Le dessin de Sachi Ediriweera est agréable à l’œil et bien mis en valeur par une colorisation qui se limite à trois teintes dominantes.
Honnêtement, dans le genre, c’est bien fait. L’avantage de ce récit, par rapport à d’autres œuvres qui se consacrent à Bouddha, est que nous avons droit à une biographie complète en un volume relativement vite lu et adapté à un large public. Libre à lui d’approfondir par la suite.
PS : j'adore l'idée que ce récit, qui nous parle tout de même d'un personnage qui a renoncé à la richesse et estime que le désir est la source de la souffrance, soit l'œuvre d'un designer qui travaille pour de grandes marques (et de surcroit installé à Dubaï).
Nunuche est un recueil de gags centrés sur la relation entre une petite fille et son chien nouvellement adopté. C’est gentil, mignon, parfaitement adapté pour un jeune public.
Bien sûr, ce genre de thématique a déjà été très souvent exploité et il est difficile d’échapper à la comparaison avec Boule & Bill, mais cette série s’en démarque par sa modernité et sa fraicheur. Aux commandes, une dessinatrice et un scénariste qu’il ne faut plus vraiment présenter tant elle et lui ont déjà fait leurs preuves. J’ai retrouvé cette espièglerie, cette simplicité et cette spontanéité que Guillaume Blanco parvient souvent à insuffler dans ses séries jeunesse. Quant à Marie Kerascoët, la fraicheur de son trait n’est pas sans rappeler le style d’Alexis Dormal (Pico Bogue, Ana Ana).
Au final, même si la série n’innove en rien, j’ai trouvé ce premier tome sympathique. Les personnages sont attachants, le dessin est plaisant, les gags sont souvent mignons. Pas mal du tout, en somme.
Alors que je m’attendais à ce que la localisation géographique et la période historique apportent à ce récit toute son originalité, je me suis fait la réflexion à la lecture que cette histoire aurait pu avoir un tout autre cadre sans que cela ne change grand-chose. Et de fait, cette enquête sur un tueur en série dans le ghetto juif de Copenhague au début du XXème siècle aurait tout aussi bien pu se passer en Grande-Bretagne, en Pologne ou en France.
Cela ne signifie pas pour autant que je n’ai pas apprécié ma lecture mais bien que j’en attendais plus. Heureusement, le récit est bien mené. Le dessin en noir et blanc est agréable. Les cadrages sont bons, les personnages sont bien typés et les décors sont soignés. L’intrigue est prenante malgré un petit bémol sur l’aspect fantastico-religieux que j’ai trouvé facile et déjà-vu.
En résumé, j’ai trouvé ce récit plutôt pas mal, mais j’espérais quelque chose de plus nordique, de plus spécifique au lieu et à l’époque. Cette histoire m’a tout de même permis de découvrir le ghetto juif de Copenhague, comparable aux autres ghettos certes mais dont j’ignorais l’existence.
J'aime bien l'ambiance de la série Pilo. Ce petit garçon presque hyper actif possède un grand coeur et est très attachant.
Avec ses copains, Bouli et Fabio, il n'est jamais en manque de bêtises amusantes. Comme sa maman est infirmière cela permet à Julien Mariolle d'introduire des gags touchants sur la thématique du handicap.
De même le personnage de Bouli est là pour décomplexer les enfants en surpoids. En outre une partie des gags travaillent sur le vocabulaire avec des textes courts mais incisifs et amusants.
Le graphisme est simple et très attractif pour les enfants. Une jolie mise en couleur complète une série plaisante pour les enfants.
Un autre documentaire du duo Loyer-Bétaucourt qui se passe dans le nord de la France !
Bon, le thème est un peu plus universel: les répercutions qu'ont eu l'arrivée des grandes surfaces sur les petits commerçants. Le résumé dit que les auteurs essaient d'être neutres, mais j'ai quand même eu l'impression que c'était orienté contre les hypermarchés. J'ai rien contre le fait qu'on montre les effets néfastes de ce type d'entreprise, mais là j'ai eu l'impression que les auteurs mettaient toute la faute de la montée de l'extrême-droite sur ce type de magasin ce qui m'a semblé quand même un peu gros.
Je concède que les auteurs montrent aussi que tout n'est pas négatif avec les hypermarchés et que ce n'est pas totalement leur faute si les petits commerces ont peiné (la scène où le type explique que les commerçants se sont tirés dans le pied parce qu'ils étaient trop individualistes pour faire front commun est triste). Il y a un mélange de documentaire et de fiction avec des scènes se passant dans les années 70 montrant des gens qui sont contents d'avoir un hypermarché. J'avoue que j'ai moins aimé la partie fiction, mais je comprends que les auteurs voulaient montrer l'effet que ses magasins ont eu sur les consommateurs lorsqu'ils sont apparus.
Au final, un documentaire pas mal, mais pas indispensable. Le dessin est correct.
BD concept autour d'une idée oulipienne aussi amusante que contraignante (une narration en miroir), parvenant à ce que le formalisme de l'idée ne nuise pas trop sévèrement à l'intérêt narratif propre à la fiction. Habilement, c'est via la comédie et un jeu de comparaison que s'organisent ces pérégrinations de nos gentils vacanciers. L'humour immédiatement accessible et joliment désuet est honorablement mis en valeur par un dessin "ligne claire" et la bichromie des couleurs.
Rocambolesque, désuet, charmant, volontiers irrévérencieux ; pourquoi se priver ?
Retour sur le mouvement social des gilets jaunes, à travers le regard d'une apprentie dessinatrice-journaliste.
L'idée forte de cette BD est de poser un regard sur le mouvement depuis un personnage extérieur (une néo-parisienne branchée mais encore sans le sou) et de montrer comment son regard évolue à mesure qu'elle surmonte ses préjugés/clichés pour les confronter à la réalité du terrain et des individus impliqués marqués par la vie. Facilité scénaristique : s'y ajoute une trajectoire personnelle de l'héroïne refoulant une enfance au sein d'un milieu rural forcément désenchanté et honteusement sous-diplômé. Le récit prend joliment le temps d'évoquer la multiplicité des revendications et la dichotomie des profils, ne cachant ni les relents racistes des uns ni la beauté de quelques perdants magnifiques rencontrés.
La BD insiste sur le mépris de classe, certes de manière pataude sinon lourde, mais ne prend regrettablement pas le temps de montrer combien et pourquoi il biaise perfidement l'interprétation des événements. La fin insiste aussi de manière excessive sur cette obligation de choisir son camp, sans malheureusement parvenir à ce que ce tragique convié ne révèle hyperboliquement une beauté des sentiments et des opinions au point d'éclabousser merveilleusement le lecteur.
Une BD joliment dessinée, plutôt habile scénaristiquement, n'ayant certes pas l'ampleur volontiers espérée, mais qui parvient à esquisser la complexité d'un mouvement social révélateur du désenchantement démocratique de nos sociétés libérales contemporaines.
J'ai lu plusieurs fois "Polina", tout d'abord à sa sortie où elle m'a franchement barbé, puis quelques temps plus tard, pour confirmer cette idée, et finalement me rendre compte que j'appréciais plutôt l'œuvre. Et enfin récemment par envie, pour me rendre compte que j'étais plus mitigé.
Ce qui m'a rebuté à la première lecture et surtout à la seconde, c'est le dessin. Alors que j'apprécie le trait de Vivès, j'ai trouvé celui de cette BD trop marqué, notamment dans les contours des premières planches qui me semblent trop épais. Ca s'affine au fur et à mesure de la lecture mais je pense que cette première impression est ce qui m'a rebuté la première fois.
Pour le reste, j'ai suivi l'histoire avec plaisir même si la danse présentée ainsi ne m'attire pas particulièrement. C'est une histoire de vie sur la danse, la découverte du métier au fur et à mesure, découverte de la difficulté, des différentes danses, l'affirmation de caractère mais aussi la vie personnelle. Bastien Vives pose un portait de personnage sympathique à suivre, sans qu'on ne sache jamais exactement ce que Polina pense. Mais c'est encore une fois dans les silences et le mouvement qu'il construit son histoire. Histoire simple et ordinaire, qui se finit sur une très belle image qui personnellement m'a marquée.
Mais je suis aussi conscient que le déroulé parait parfois factice, notamment dans la gestion du temps qui étire volontairement les scènes pour accélérer parfois entre celles-ci. Sauf que je note que cette gestion fait parfois plus chaotique que maitrisée et à la relecture j'ai trouvé que le rythme était bancal. C'est lisible mais un peu trop mal maitrisé à mon gout. C'est surtout ça et le dessin d'ouverture qui me fait baisser ma note, mais globalement j'ai trouvé que c'était sympathique.
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Grimoire Noir
Une petite ville des États-Unis, Blackwell, où la sorcellerie n'est pas considérée comme un crime. C'est dans cette seule bourgade que les sorcières peuvent vivre sans se cacher. Loin de notre imaginaire, elles ne ressemblent pas à de vieilles femmes solitaires cachées au fond d'un bois, au nez crochu, au chapeau pointu sur la tête et une baguette magique à la main. Au contraire, elles sont jeunes, belles, modernes et ont un statut privilégié. L'inconvénient de ce comics, c'est l'intrigue, cette enquête pour retrouver une jeune fille disparue est très légère et j'aurais aussi aimé en savoir un peu plus sur ces sorcières coupées du monde, ne pouvant quitter Blackwell, une prison aux murs invisibles. C'est bien dommage car Véra Greentea avait su créer un monde imaginaire intéressant et captivant. Je découvre Yana Bogatch, également connue sous le nom de "Cosmic Spectrum" sur internet où elle crée des tutoriels de dessin qu'elle partage sur Grumroad. Pour une première œuvre, elle a fait très fort. Ce qui saute aux yeux, c'est l'esthétisme et l'atmosphère que dégage son dessin, il sied à merveille au récit en lui apportant une touche gothique, bien aidé par une colorisation dans les tons sombres et fantomatiques. Les personnages sont réussis, les visages expressifs et les décors soignés. Du très bon travail. Une lecture rapide malgré la pagination importante qui ravira principalement les adolescents.
Les Illuminés
Pourtant assez fan du travail de Jean Dytar que j'avais découvert avec le merveilleux Florida ou encore le malicieux Les Tableaux de l'ombre, j'avoue être resté sur ma faim avec cet album. Ce ne sont pourtant pas les somptueuses planches qui composent les 144 pages de cet album qui m'ont déçu, loin de là ! J'adore en prime cette période créatrice de cette fin XIXe, que ce soit en littérature ou en peinture... Alors ? Ba je ne sais pas... Le récit de ce trio de poètes maudits qui va se chercher, s'écharper voire se perdre a tout pour captiver son lectorat... mais pschiiit... sans comprendre pourquoi la magie n'a pas opéré. Je suis resté en spectateur distant de ces relations décousues et ambivalentes qui au fil des années qui s'égrainent finiront tout de même par accoucher de ce mystérieux recueil "Illuminations" écrit par Raimbaud. C'est vraiment dommage, car j'ai l'impression d'être passé à côté de ce récit ; reste le plaisir intact du dessin impressionnant et de sa mise en couleur qui rend parfaitement hommage à l'époque et à ces trois grands poètes que sont Verlaine, Rimbaud et Nouveau.
Bouddha (Sachi Ediriweera)
Œuvre d’un auteur srilankais, cette biographie de Bouddha s’est avérée plaisante à lire et assez instructive pour quelqu’un qui, comme moi, ne connaissait rien de la vie de ce guide spirituel. Le découpage est aéré et divise le récit en de courts chapitres chronologiques. Nous découvrons ainsi sa vie alors qu’il n’est encore qu’un jeune prince (Siddhartha Gautama) puis vient le temps de la remise en question, de la recherche de réponses jusqu’à l’illumination. La dernière partie du récit se centre sur les années durants lesquelles il va enseigner puis, enfin, le retour auprès de sa famille et la décision d’ouvrir sa religion aux femmes. Très clair, le récit est bien adapté à un large public et peut être lu par de jeunes lecteurs. Le ton est profondément révérencieux. Bouddha y est montré dans toute son humanité, avec une très généreuse grandeur d’âme et une empathie jamais démentie. En ce sens, ce manhua se rapproche d’autres bandes dessinées religieuses qu’il m’a été donné de lire dans le passé : c’est très bienpensant ! Pas déplaisant mais sans aucune remise en question. Le dessin de Sachi Ediriweera est agréable à l’œil et bien mis en valeur par une colorisation qui se limite à trois teintes dominantes. Honnêtement, dans le genre, c’est bien fait. L’avantage de ce récit, par rapport à d’autres œuvres qui se consacrent à Bouddha, est que nous avons droit à une biographie complète en un volume relativement vite lu et adapté à un large public. Libre à lui d’approfondir par la suite. PS : j'adore l'idée que ce récit, qui nous parle tout de même d'un personnage qui a renoncé à la richesse et estime que le désir est la source de la souffrance, soit l'œuvre d'un designer qui travaille pour de grandes marques (et de surcroit installé à Dubaï).
Nunuche
Nunuche est un recueil de gags centrés sur la relation entre une petite fille et son chien nouvellement adopté. C’est gentil, mignon, parfaitement adapté pour un jeune public. Bien sûr, ce genre de thématique a déjà été très souvent exploité et il est difficile d’échapper à la comparaison avec Boule & Bill, mais cette série s’en démarque par sa modernité et sa fraicheur. Aux commandes, une dessinatrice et un scénariste qu’il ne faut plus vraiment présenter tant elle et lui ont déjà fait leurs preuves. J’ai retrouvé cette espièglerie, cette simplicité et cette spontanéité que Guillaume Blanco parvient souvent à insuffler dans ses séries jeunesse. Quant à Marie Kerascoët, la fraicheur de son trait n’est pas sans rappeler le style d’Alexis Dormal (Pico Bogue, Ana Ana). Au final, même si la série n’innove en rien, j’ai trouvé ce premier tome sympathique. Les personnages sont attachants, le dessin est plaisant, les gags sont souvent mignons. Pas mal du tout, en somme.
Meschugge - Le Labyrinthe du fou
Alors que je m’attendais à ce que la localisation géographique et la période historique apportent à ce récit toute son originalité, je me suis fait la réflexion à la lecture que cette histoire aurait pu avoir un tout autre cadre sans que cela ne change grand-chose. Et de fait, cette enquête sur un tueur en série dans le ghetto juif de Copenhague au début du XXème siècle aurait tout aussi bien pu se passer en Grande-Bretagne, en Pologne ou en France. Cela ne signifie pas pour autant que je n’ai pas apprécié ma lecture mais bien que j’en attendais plus. Heureusement, le récit est bien mené. Le dessin en noir et blanc est agréable. Les cadrages sont bons, les personnages sont bien typés et les décors sont soignés. L’intrigue est prenante malgré un petit bémol sur l’aspect fantastico-religieux que j’ai trouvé facile et déjà-vu. En résumé, j’ai trouvé ce récit plutôt pas mal, mais j’espérais quelque chose de plus nordique, de plus spécifique au lieu et à l’époque. Cette histoire m’a tout de même permis de découvrir le ghetto juif de Copenhague, comparable aux autres ghettos certes mais dont j’ignorais l’existence.
Pilo
J'aime bien l'ambiance de la série Pilo. Ce petit garçon presque hyper actif possède un grand coeur et est très attachant. Avec ses copains, Bouli et Fabio, il n'est jamais en manque de bêtises amusantes. Comme sa maman est infirmière cela permet à Julien Mariolle d'introduire des gags touchants sur la thématique du handicap. De même le personnage de Bouli est là pour décomplexer les enfants en surpoids. En outre une partie des gags travaillent sur le vocabulaire avec des textes courts mais incisifs et amusants. Le graphisme est simple et très attractif pour les enfants. Une jolie mise en couleur complète une série plaisante pour les enfants.
Le grand A
Un autre documentaire du duo Loyer-Bétaucourt qui se passe dans le nord de la France ! Bon, le thème est un peu plus universel: les répercutions qu'ont eu l'arrivée des grandes surfaces sur les petits commerçants. Le résumé dit que les auteurs essaient d'être neutres, mais j'ai quand même eu l'impression que c'était orienté contre les hypermarchés. J'ai rien contre le fait qu'on montre les effets néfastes de ce type d'entreprise, mais là j'ai eu l'impression que les auteurs mettaient toute la faute de la montée de l'extrême-droite sur ce type de magasin ce qui m'a semblé quand même un peu gros. Je concède que les auteurs montrent aussi que tout n'est pas négatif avec les hypermarchés et que ce n'est pas totalement leur faute si les petits commerces ont peiné (la scène où le type explique que les commerçants se sont tirés dans le pied parce qu'ils étaient trop individualistes pour faire front commun est triste). Il y a un mélange de documentaire et de fiction avec des scènes se passant dans les années 70 montrant des gens qui sont contents d'avoir un hypermarché. J'avoue que j'ai moins aimé la partie fiction, mais je comprends que les auteurs voulaient montrer l'effet que ses magasins ont eu sur les consommateurs lorsqu'ils sont apparus. Au final, un documentaire pas mal, mais pas indispensable. Le dessin est correct.
Océan Express
BD concept autour d'une idée oulipienne aussi amusante que contraignante (une narration en miroir), parvenant à ce que le formalisme de l'idée ne nuise pas trop sévèrement à l'intérêt narratif propre à la fiction. Habilement, c'est via la comédie et un jeu de comparaison que s'organisent ces pérégrinations de nos gentils vacanciers. L'humour immédiatement accessible et joliment désuet est honorablement mis en valeur par un dessin "ligne claire" et la bichromie des couleurs. Rocambolesque, désuet, charmant, volontiers irrévérencieux ; pourquoi se priver ?
Le Temps des jonquilles
Retour sur le mouvement social des gilets jaunes, à travers le regard d'une apprentie dessinatrice-journaliste. L'idée forte de cette BD est de poser un regard sur le mouvement depuis un personnage extérieur (une néo-parisienne branchée mais encore sans le sou) et de montrer comment son regard évolue à mesure qu'elle surmonte ses préjugés/clichés pour les confronter à la réalité du terrain et des individus impliqués marqués par la vie. Facilité scénaristique : s'y ajoute une trajectoire personnelle de l'héroïne refoulant une enfance au sein d'un milieu rural forcément désenchanté et honteusement sous-diplômé. Le récit prend joliment le temps d'évoquer la multiplicité des revendications et la dichotomie des profils, ne cachant ni les relents racistes des uns ni la beauté de quelques perdants magnifiques rencontrés. La BD insiste sur le mépris de classe, certes de manière pataude sinon lourde, mais ne prend regrettablement pas le temps de montrer combien et pourquoi il biaise perfidement l'interprétation des événements. La fin insiste aussi de manière excessive sur cette obligation de choisir son camp, sans malheureusement parvenir à ce que ce tragique convié ne révèle hyperboliquement une beauté des sentiments et des opinions au point d'éclabousser merveilleusement le lecteur. Une BD joliment dessinée, plutôt habile scénaristiquement, n'ayant certes pas l'ampleur volontiers espérée, mais qui parvient à esquisser la complexité d'un mouvement social révélateur du désenchantement démocratique de nos sociétés libérales contemporaines.
Polina
J'ai lu plusieurs fois "Polina", tout d'abord à sa sortie où elle m'a franchement barbé, puis quelques temps plus tard, pour confirmer cette idée, et finalement me rendre compte que j'appréciais plutôt l'œuvre. Et enfin récemment par envie, pour me rendre compte que j'étais plus mitigé. Ce qui m'a rebuté à la première lecture et surtout à la seconde, c'est le dessin. Alors que j'apprécie le trait de Vivès, j'ai trouvé celui de cette BD trop marqué, notamment dans les contours des premières planches qui me semblent trop épais. Ca s'affine au fur et à mesure de la lecture mais je pense que cette première impression est ce qui m'a rebuté la première fois. Pour le reste, j'ai suivi l'histoire avec plaisir même si la danse présentée ainsi ne m'attire pas particulièrement. C'est une histoire de vie sur la danse, la découverte du métier au fur et à mesure, découverte de la difficulté, des différentes danses, l'affirmation de caractère mais aussi la vie personnelle. Bastien Vives pose un portait de personnage sympathique à suivre, sans qu'on ne sache jamais exactement ce que Polina pense. Mais c'est encore une fois dans les silences et le mouvement qu'il construit son histoire. Histoire simple et ordinaire, qui se finit sur une très belle image qui personnellement m'a marquée. Mais je suis aussi conscient que le déroulé parait parfois factice, notamment dans la gestion du temps qui étire volontairement les scènes pour accélérer parfois entre celles-ci. Sauf que je note que cette gestion fait parfois plus chaotique que maitrisée et à la relecture j'ai trouvé que le rythme était bancal. C'est lisible mais un peu trop mal maitrisé à mon gout. C'est surtout ça et le dessin d'ouverture qui me fait baisser ma note, mais globalement j'ai trouvé que c'était sympathique.