Les derniers avis (49005 avis)

Couverture de la série Nos cœurs tordus
Nos cœurs tordus

A priori cette série avait tout pour me séduire. En effet je suis intervenu auprès d'enfants de CLIS (primaire) et j'en ai gardé un souvenir ému. La thématique est noble et pas très simple à traiter en BD. En effet le handicap n'est pas forcément très spectaculaire. Les pathologies sont souvent internes et la vie d'une classe avec des élèves aux pathologies différentes se fait de petites choses qui permettent aux enfants de se sentir mieux dans leur environnement. Si un roman peut travailler sur la profondeur des sentiments, la BD a besoin d'un autre dynamisme pas forcément en adéquation avec la répétitivité et l'intériorité du handicap surtout chez des enfants. Pour contourner l'obstacle les auteurs affublent Vlad d'une personnalité très extravertie à la limite si on ne considère pas son handicap (traiter le principal de "con" devant une AVS). Je trouve donc que les auteurs jouent sur une ambiguïté. De plus les auteurs passent à côté de la vie de classe pour se rabattre sur des thèmes assez classiques de concours périscolaire et évidemment d'histoire d'amour et de flirt. Bien sûr cette problématique de l'amour est centrale chez des personnes handicapées puisque cela renvoie à l'image de soi. Mais ici l'auteure traite le sujet d'une façon un peu trop fleur bleue à mon goût. Toutefois je reconnais que je ne suis pas le destinataire premier de la série et que le schéma résolument optimiste et dynamique convient très bien à un public jeune. De toute façon, malgré mes réserves de vieillard grincheux, la thématique est suffisamment intéressante pour suivre la série. Le graphisme de Javi Rey colle parfaitement avec la fraicheur de l'esprit de la série. Les personnages sont tous attachants avec une diversité qui correspond de plus en plus à notre réalité scolaire contemporaine. Une lecture ado plaisante qui permet de se familiariser avec le handicap.

02/04/2024 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Le Local
Le Local

J'attendais beaucoup de cette BD rock'n'roll, mais reste sur ma faim. Le rock est présent visuellement, mais n'imprime pas les mémoires ni ne conduit le récit. Il n'est finalement qu'un arrière plan, un moyen de décrire les mésaventures de ces jeunes prolos, leur relation à l'avenir, aux parents, à l'argent. Et comme souvent, Gipi évoque par un personnage le passé fasciste italien, mais avec une mansuétude pardonnant trop aisément la coupable naïveté du fautif, et la décevante résignation des comparses. Je n'ai pas encore lu la BD de Gipi qui saura élever son récit et dépasser la trop facile description subjective de ses personnages que la société italienne a transformé en victimes. Cela demeure intéressant, parfois impressionnant, un peu vain aussi car sans tragique, malgré des sujets bien sentis.

02/04/2024 (modifier)
Par Cleck
Note: 3/5
Couverture de la série Simon - Une aventure américaine
Simon - Une aventure américaine

Après le merveilleux La Grande Arnaque, j'étais désireux de découvrir d'autres œuvres de ces auteurs, du scénariste Trillo pour le cas présent. Ce récit d'apprentissage est beau lorsqu'il évoque le rapport de Simon à son enfance et s'épanouit dans une relation amoureuse faite de fascination et d'interdits. Mais cela manque de relief dès lors que le décor et les enjeux de la guerre civile apparaissent trop succinctement posés. C'est vraiment regrettable, l'intrigue historique volontiers rocambolesque paraît dès lors plus dérisoire que jubilatoire. Côté illustrations, le beau noir & blanc exacerbe les passions contrastées, mais les visages auraient gagné à davantage d'expressivité. Un bel univers émerge, le romanesque culmine, mais la guerre civile chilienne demeure une vague toile de fond ce que je regrette. Une lecture que j'encourage indiscutablement, mais qui n'atteint pas les sommets espérés.

02/04/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Folklords
Folklords

La couverture a attiré mon attention et j'ai trouvé que c'était pas mal même si j'ai été un peu déçu durant ma lecture. En effet, pendant un moment je pensais mettre 4 étoiles, mais au final je mets 3 étoiles. Après un bon départ qui présentait un univers intéressant et des personnages attachants, j'ai trouvé que le rythme dans les deux derniers chapitres allaient trop vite et avec tellement de retournement de situations que cela avait fini par enlever de la crédibilité au récit. De plus, l'univers est au final survolée et clairement il doit avoir une suite sauf que rien n'est sortit depuis aux États-Unis depuis 2020 et que pire la fiche Wikipédia indique que c'était une mini-série, je pense que c'est un peu mort pour une suite. Donc du coup pour le moment au lieu d'avoir une introduction qui donne envie de lire la suite, on a une série qui se termine en queue de poisson. Le dessin est sympathique.

01/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Voleuse
Voleuse

L'avis précédent résume assez bien le mien. Parfois certaines bd fonctionnent pour les ados et tout autant pour les adultes. Voici une bd qui je pense est mieux à lire en tant qu'ado et qui pour un adulte ne passe pas comme elle doit passer pour un ado. C'est bien fait, c'est fluide et très sympa. En revanche il y a un côté un peu "cucul" qui à mon sens va bloquer un peu l'adulte que vous êtes (même si vous avez une âme d'enfant ou d'ado). Cependant c'est agréable à lire, le dessin est souple et j'aime beaucoup la mise en page et la colorisation. Pas franchement bien mais franchement pas mal ! (et donc 3 étoiles)

01/04/2024 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
Couverture de la série Une pour toutes
Une pour toutes

Cette BD est adaptée d'un roman qui raconte la vie de Julie d'Aubigny (ou Julie Maupin selon l'humeur). Cette femme a réellement existé et vécu à la fin du XVIIe siècle. Elle s'est distingué pour s'être affirmé, et avoir refusé d'etre une femme qui a seulement le droit de se taire et de faire ce que les hommes lui impose. Elle s'est élevé contre le système, avec l'envie de vivre sa vie comme elle l'entend et de faire ce qu'elle veut. C'est ainsi qu'elle se débarrassera d'un mari qu'on lui a imposé, qu'elle pratiquera l'escrime et le chant, qu'elle aura une liaison avec une femme... et bien d'autres péripéties encore. Cet album nous raconte de manière romancée ses principaux faits d'armes. La personnalité de notre jeune héroïne est vraiment la clé de voute du récit. De loin, cela ressemble à un récit de capes et d'épées, de près c'est un livre résolument féministe, un plaidoyer pour l'égalité des sexes. Cela fait écho a des combats très contemporain, mais j'ai trouvé que le message est asséné avec un peu trop d'insistance. Julie affirme haut et fort son indépendance et sa liberté d'actions, ok mais elle le réaffirme un peu trop. A coté de ça, il y a de jolies trouvailles dans la narration. Les échanges avec Méphisto, l'incarnation du diable, qui essaye de lui acheter son âme sont piquants et rythment bien le récit. Le dessin tout en finesse sert agréablement le récit.

01/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Larzac - Histoire d'une résistance paysanne
Larzac - Histoire d'une résistance paysanne

Ecrire cet avis alors que des tracteurs envahissent Bruxelles pour réclamer une meilleure considération du monde agricole a quelque chose de symbolique mais aussi de déprimant… ‘Larzac, histoire d'une résistance paysanne’ est une bande dessinée documentaire qui revient en détail sur la longue lutte que vont mener des éleveurs ovins (pour la grande majorité) contre l’agrandissement d’un camp militaire. Soutenus par toute une région, ils vont réussir à mobiliser suffisamment de monde pour ralentir au maximum le processus. C’est l’histoire de cette lutte perdue d’avance (ils ne devront leur salut qu’à l’élection de Mitterrand comme chef d’état. La justice, elle, ne leur donnera jamais raison) menée avec rage et obstination, en usant de tous les moyens possibles et imaginables, légaux ou illégaux, pacifiques ou violents que nous raconte les auteurs. Le documentaire est copieux, très bien documenté. Pierre-Marie Terral pose bien les bases et nous permet de pénétrer au sein des fermes, avec comme élément marquant l’élan de solidarité qui va amener un nombre impressionnant de mouvements divers et variés à se joindre à cette lutte (avec souvent des objectifs différents, des méthodes différentes et des modes de vie différents). Chrétiens, hippies, anarchistes, communistes, producteurs de fromage, syndicalistes, tous unis dans une même lutte aux côtés de ces éleveurs isolés dans un Larzac décrit dans un premier temps par les médias comme un désert sans vie. Le dessin de Sébastien Verdier, en noir et blanc, renforce le sérieux mais aussi l’austérité du documentaire. On ne lit pas cet album pour rire, mais bien pour découvrir ou redécouvrir cette lutte. Cela n’empêche pas les anecdotes cocasses ou touchantes mais le propos est avant tout sérieux et le dessin va dans ce sens. L’ajout régulier de photographies d’époque ainsi que de quelques affiches et articles (du Canard enchainé, notamment) permet de mieux matérialiser encore les propos. J’ai trouvé ce documentaire solide et instructif. Il permet de bien comprendre les tenants et aboutissants du conflit même s’il est très clairement orienté pro-éleveurs (la parole ne sera jamais donnée à l’autre camp). Surtout, à une époque où les revendications de toutes sortes ne débouchent plus sur aucune avancée sociale significative (objectivement, qu’ont gagné les Greta Thunberg, gilets jaunes et autres agriculteurs ?), il est bon de se voir rappelé qu’il y a 50 ans, pour obtenir quelque chose, il fallait déjà réussir à fédérer beaucoup de monde mais, surtout, il fallait tenir sur la durée (près de 10 ans pour simplement éviter de se faire exproprier !)… et que, parfois, cela débouchait sur une réorientation politique plus ‘morale’. Solide et instructif !

01/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Crueler than dead
Crueler than dead

Un manga avec des zombies qui fait passer le temps même si je n’en ferai pas une grande promotion. Le résultat est correct mais peine à se démarquer dans le genre : vaccin, refuges, luttes entre humains et bien sûr morsures à tout va. Dans les bons points : le graphisme, le côté gore, de nombreux personnages et pas mal de péripéties en seulement 2 tomes. Dans les moins bons : ça va vite (trop), on ne s’attache pas aux persos, un gros air de déjà vu et une fin qui n’en est pas vraiment une (pour moi). Un récit efficace mais au détriment d’éléments primordiaux pour marquer véritablement. Un pas mal à l’arrache. 2,5

01/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Au 2e étage
Au 2e étage

Voilà un récit sur la tolérance et l’ouverture aux autres qui laisse la place à l’interprétation des lecteurs. Destiné aux plus petits, entièrement muet, le récit est on ne peut plus simple. Une petite fille et son grand-père ou sa grand-mère (son aspect physique ne permet pas vraiment de trancher) ont un petit appartement à louer au-dessus de leur magasin. Sous l’impulsion de la petite fille, un couple d’origine ethnique différente et de sexe pas totalement déterminé va emménager. Et l’arrivée de ce couple va apporter joie et vie à ce petit magasin qui semblait moribond. Il s’agit donc d’une fable très simple de prime abord mais dans laquelle des détails permettent d’ouvrir la discussion sur les raisons du rejet de l’autre (dans le livre comme dans la vraie vie) : origine ethnique, orientation sexuelle, aspect physique. Ici, le rôle du lecteur (et de l’accompagnateur de lecture, car ce livre est destiné aux jeunes enfants) est essentiel et chacun en tirera un peu ce qu’il veut (on peut très bien lire ce récit sans s’inquiéter du tout du sexe des protagonistes, la lecture reste toujours aussi pertinente). A titre personnel, c’est parce que j’avais bien aimé une autre œuvre de ce duo d’auteurs que je me suis procuré cet album. Je trouve ce 2e étage plus ciblé jeune public, mais l’histoire est bien racontée, avec des petits détails qui l’enrichissent (le chat, la transformation progressive de la façade, les détails ‘arc-en-ciel’), de l’humour et des bons sentiments. Surtout, j’ai aimé les illustrations de Qin Leng. Son style à la fois vif et rond apporte beaucoup de poésie et de naïveté au récit, ce qui lui convient parfaitement. Pas un coup de cœur mais un livre intéressant, à lire, à relire, et à scruter dans les petits détails pour éveiller les jeunes lecteurs à la réflexion sur des sujets universels que sont la tolérance, le respect de la différence et l’ouverture aux autres.

01/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Vers la sortie
Vers la sortie

J’ai été au bout de l’album, mais à plusieurs reprises cette lecture a été laborieuse. Et pourtant, le récit est plutôt bien fichu. Le dessin est très clair et relativement fouillé. La narration est elle aussi fluide, rien à redire là-dessus. L’auteure nous décrit la longue et lente déchéance de ses parents, des octogénaires qui peu à peu perdent certaines capacités, par étapes, au point de devenir de plus en plus dépendants de leur fille, eux qui refusent, par fierté ou par peur de voir un intrus chez eux, toute aide sociale extérieure. Le récit est presque clinique, prend le temps de montrer l’évolution – différente, mais toutes deux déclinantes – des situations de ces deux vieilles personnes. Et du coup, il n’y a ni suspens ni « action », et l’on contemple la « fin de vie » de ce couple. C’est un peu lassant, en tout cas ça peine à captiver le lecteur parfois. Surtout qu’aucun des deux n’a eu une vie, ou ne possède une personnalité capables de dynamiser l’histoire. Reste que le sujet parle forcément. Je me rapproche de ce cap, et surtout mes parents et ceux de mes proches l’ont atteint, et je comprends certaines situations évoquées ici – en espérant y échapper pour ma part – et le faire éviter à mes enfants. Difficile de « bien finir » !

01/04/2024 (modifier)