Un comics avec un relent (sens figuré) de manga.
Un album dans lequel j'ai eu du mal à entrer. La faute à une narration très particulière. En effet, le langage employé est très imagé et haché. De ce fait, je n'ai vraiment apprécié ma lecture qu'à partir du milieu du bouquin, le temps de m'y habituer.
Une histoire où notre société actuelle, après un phénomène inconnu, a laissé la place à un monde où les survivants côtoient des robots et des créatures hybrides au milieu de cités à l'architecture sophistiquée. Un trio improbable, Bolden un jeune garçon, Mathilde une jeune orpheline et Spike un guerrier à la force surhumaine, vont s'allier malgré eux pour retrouver une lame.
Un monde où tu paies en histoires, évidemment elles doivent être vraies.
Un monde qui a oublié son passé.
Un monde qui reste encore très mystérieux.
Bendis s'en sort plutôt bien après ce premier tome, même si les personnages sont par moments agaçants, la narration rythmée a su maintenir mon intérêt jusqu'à la dernière page.
Une lecture tout public.
Araujo apporte sa pierre à l'édifice avec un noir et blanc où domine toutes les nuances de gris avec une légère touche de manga. Pour un résultat lisible, dépaysant et très agréable à regarder.
Je ne suis pas spécialement impatient de découvrir la suite, mais je serai présent pour suivre la suite des aventures de ce drôle de trio.
Mouais. J’ai emprunté le premier album (le seul dont dispose ma médiathèque), et je suis sorti de cette lecture avec un avis mitigé, et plutôt déçu en fait.
Il y a des points positifs, car c'est un album rythmé, et les personnages féminins dominent (ce qui n’est pas trop courant dans ce type de polar).
Mais la mise en forme ne m’a pas convaincu. La narration est très décousue (et hachée par de très très courts chapitres). Et la mise en page est, elle aussi, très « déconstruite « (avec un dessin, souvent proche de l’esquisse améliorée, mais que je n’ai pas trouvé toujours suffisamment réussi et lisible).
Bref, je ne chercherai pas forcément à trouver l’autre histoire, celle-ci m’ayant laissé sur ma faim.
Note réelle 2,5/5.
Je ne suis clairement pas le cœur de cible de cette série, mais tout porte à croire qu’elle va facilement trouver son public parmi le jeune lectorat (grosso modo du même âge – 12/13 ans – que les personnages que nous suivons).
En effet, le dessin est clair, fluide et dynamique, avec une colorisation peut-être manquant de nuances, mais elle aussi globalement réussie.
Surtout, de jeunes lecteurs peuvent facilement s’identifier à ce groupe de gamins, qui ont le pouvoir de faire apparaitre de gentils monstres (des Imaginaires) pour combattre de méchants monstres (les Maléfics). Ça fait franchement quand même penser à « Monstres et Compagnie », mais surtout aux Pokémons, lorsqu’ils passent en mode combat (et d’ailleurs ces combats sont souvent trop longs à mon goût…).
Les deux premiers albums sont conclus par quelques pages de texte, qui introduisent un nouvel arrivant et font office de teasing pour la suite. A priori prévue en trois tomes, cette série ne révolutionne rien (et n’est pas vraiment ma tasse de thé), mais c’est bien formaté et développé pour le public cible.
Je ne suis pas du tout un fan de B&M, donc je n'ai pas ressenti le choc que représente cette adaptation pour les aficionados de Jacobs.
Comme je l'avais écrit, je trouve les personnages originaux trop bavards et cette simplification des dialogues me convient bien. J'ai toutefois des réserves avec cette introduction un peu snob de termes anglais et d'un jargon médical prétentieux.
Le scénario est d'un grand classicisme qui se plie aux codes de la série. Je garde ma réserve sur cette alliance du militaire et du scientifique pour sauver la paix. Ce pilier fondamental de la série très mis en avant dans le récit, est à l'inverse de la réalité des 70 dernières années.
Je comprends les grands cris des spécialistes concernant le graphisme épuré à l'extrême dans les personnages, les décors et le dynamisme de la gestuelle. Cela donne un résultat assez figé dans des cases énormes et disproportionnées par rapport à la composition.
C'est un choix surprenant qui conduit à un album à la pagination excessive à mon goût.
Une lecture moyenne sans plaisir ni grand déplaisir. Un petit 3
Akata continue d'éditer les séries de Moto Hagio et cette fois-ci c'est une série qui date des années 2000 au lieu des années 70.
Le dessin d'Hagio a bien sûr évolué avec le temps et si objectivement le style est correct du moment qu’on n’est pas allergique aux mangas remplis de pages avec peu ou pas de décors, il n'y a plus le charme rétro que j'aime bien et qu'on retrouve dans ses plus vieilles séries.
Quant au scénario, il est assez original, mais il y a des défauts. On retrouve le ton mélodramatique qui m'exaspère par moment dans les mangas adressés à un public féminin, mais j'ai déjà vu pire. Disons juste que je ne me suis pas attaché aux personnages et à leurs problèmes. Le scénario manque aussi de clarté par moment. C'est vraiment le genre de récit où il faut bien lire sinon on peut facilement se perdre et ce qui n'aide pas c'est lorsqu'on mélange la réalité et le monde des rêves.
Au final, ce premier tome ne m'a pas trop passionné, même si le scénario est rempli de mystère et je ne pense pas que cela va être une priorité de lire la suite.
C’est un récit dynamique, une lecture plutôt agréable, qui nous plonge dans l’exubérance d’une mégalopole indienne, autour de quelques personnages qui nous servent de guides.
Une lecture pas désagréable donc, mais que je suis quand même bien moins enthousiaste qu’Alix. En effet, si les couleurs pétantes renforcent l’exubérance évoquée plus haut – et se rattachent aux graphes qui décorent les murs – je n’ai pas forcément accroché au dessin.
Très inégal, avec des visages trop changeants parfois selon l’angle, et des traits parfois effacés (ce que je n’aime pas), il est assez brouillon.
Et les récits sont certes lisibles et dynamiques, mais je n’y ai pas trouvé de quoi m’emballer plus que ça. Je ne regrette pas mon emprunt, mais je n’y reviendrai pas.
J’ai lu les deux premiers tomes (chaque histoire de la série est de toute façon indépendante), et j’en suis sorti globalement satisfait.
Dessin et colorisation de Servain sont vraiment agréables. Il sait en particulier très bien rendre les atmosphères humides souvent présentes autour de la Nouvelle Orléans.
Chaque album est bâti sur le même principe. Holly Ann, jeune femme dynamique, se retrouve au cœur d’une affaire sordide, d’un ou plusieurs meurtres, et, à chaque fois, elle mène l’enquête, bien mieux que la police, et permet d’élucider l’affaire. Elle bénéficie pour cela de sa grande connaissance de la ville et de ses habitants, de l’aide de quelques « connaissances » (un gamin des rues qui, pour une pièce, lui donne de bons tuyaux, un croque-mort, etc.).
Il y a là quand même quelques facilités scénaristiques, car Holly Ann est quand même facilement au centre des attentions, des infos, et elle échappe à toutes les menaces qui tombent sur les autres protagonistes. De la même façon, après deux tomes, je n’ai toujours pas compris comment elle peut avoir autant de temps libre – et comment elle gagne ou a gagné l’argent lui permettant de vivre – très bien – sans visiblement travailler.
Mais bon, ces polars au cœur du Bayou, au début du XXème (ou à la toute fin du XIXème siècle) sont à la fois bien construit, et « exotiques ». Une lecture plaisante en tout cas.
Note réelle 3,5/5.
Les titres et couvertures de cette série m'ont fait croire à tort qu'il s'agirait d'une série plus ou moins éducatives à l'instar de Les Amours de Zeus ou Les Dieux de l'Olympe. Grosse erreur car s'il y est bien question de mythologie, c'est pour la transposer dans un cadre très collégien et anachronique de copines adolescentes, jeunes déesses en apprentissage qui vivent des aventures du quotidien vaguement en relation avec leur caractère et pouvoirs respectifs.
Là où une série jeunesse comme Les Petits Mythos respectait relativement bien les bases de la mythologie grecque et le caractère et l'histoire de chaque personnage, ici c'est beaucoup plus fourre-tout. Chaque protaoniste a bien un fond de personnalité et des pouvoirs plus ou moins en lien avec ceux de son alter-ego mythologique, mais tout est ensuite mélangé dans un bazar très libre qui n'a bien souvent aucun cohérence avec la mythologie officielle. La déesse primordiale Gaïa y est une adolescente autant qu'Athéna ou Aphrodite. Les professeurs de ces déesses sont des humains, à savoir la sorcière Circée, la pythie ou encore le mathématicien Pythagore. Et les échanges scolaires ramèneront Osiris comme amoureux d'Athéna, Isis comme amoureuse de Gaïa ou encore des dieux vikings. Cela n'a aucun sens pour qui aimerait apprendre quoi que ce soit de concret sur la mythologie. Et ça peut paraitre un peu rétrograde de ma part mais en tant qu'adulte ça m'embêterait de faire lire ça à un jeune au risque d'embrouiller complètement sa culture mythologique.
Mais voilà, cette série est destinée au magazine Julie, ce que j'imagine être l'équivalent pré-adolescent d'un Jeune et Jolie. Et son objectif est donc de plaire à des jeunes filles de 10 à 14 ans, de leur offrir des histoires de collégiennes, avec de l'aventure légère, de la magie, des petites romances, le tout dans un cadre de collège auquel elles s'assimileront facilement. Tant pis si la cohérence mythologique est foulée au pied, du moment qu'il y a suffisamment de rythme, d'action et de notions qui parlent aux lectrices. Et il est probable que cela fonctionne puisque la série existe déjà depuis au moins 6 ans et continue à être publiée.
En tant qu'adulte, j'ai trouvé assez pénible la superficialité des dialogues et des intrigues, mais j'ai quand même lu sans trop d'ennui ses aventures bâties en histoires courtes qui se suivent plus ou moins. Donc ça va, c'est correct, mais je n'irais pas vraiment la conseiller à un jeune lecteur, et encore moins à un adulte.
Note : 2,5/5
Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andreae se proposent de nous faire visiter la cuisine des ogres. Un endroit où on prépare des plats originaux à base de brandade de pendus, de jus de noyés ou d'oeufs de Kraken. Dans les tréfonds de petites mains s'activent dans l'ombre pour les taches ingrates telles que la plonge. C'est ici que va atterrir notre petite héroïne, une orpheline kidnappée par une sorte de croque-mitaine.
Le dessin de Jean-Baptiste Andreae illustre parfaitement ce conte sombre. Les dessins sont chiadés, dans son style habituel. Ils sont en parfaite harmonie avec les couleurs, et l'ensemble donne une ambiance particulière au récit. Ca donne surtout un beau livre où tourner et contempler les pages est un vrai plaisir. Du coté de l'histoire ce conte emprunte quelques codes à de grands classiques populaires du genre, les clins d'oeil et autres références sont sympas et bienvenus. Les noms de personnages ou de lieux sont amusants (le lac à vaisselle, ahah). Sans être époustouflante l'intrigue est plaisante et bien construite. C'est avec curiosité qu'on suit les aventures de la jeune Trois fois morte, jusqu'à la fin, également bien trouvée.
Pas de doute, cette cuisine des ogres est un conte assez sombre, mais qu'on lit quand même avec un petit sourire.
Je suis amateur de l’underground américain, qui est généralement issu du très beau catalogue de Fantagraphics. C’est donc avec envie que je me suis plongé dans cette série (en tout cas les deux premiers albums). D’autant plus que Cornélius – comme souvent ! – a fait un très beau travail éditorial, avec papier et couvertures épais.
L’univers développé par Stearn (auteur que je découvre avec cette série) est assez loufoque, parfois absurde. Les deux personnages principaux sont très atypiques. Un ours en peluche, Fuzz, et un coq déplumé, Pluck, tous deux ayant échappé à une terrible condition par miracle. Leur duo relativement mal assorti (Pluck exerce un leadership) se débat au milieu de personnages et d’un univers totalement humain généralement (sans que cela ne gêne la lecture).
Le dessin est inégal, mais globalement bon et très lisible. Même inégalité concernant les récits, où pointe un peu d’humour (davantage dans le deuxième tome), de l’absurde et pas mal de noirceur. Contrairement à Alix, je pense que le lectorat visé est plutôt adulte. En tout cas c’est une lecture qui, même si j’en attendais davantage (je pensais avoir trouvé quelque chose d’équivalent à ce que proposent des auteurs comme Millionaire ou Woodring, c’est un peu dans le même registre, mais en deçà) s’est avérée agréable.
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Phenomena
Un comics avec un relent (sens figuré) de manga. Un album dans lequel j'ai eu du mal à entrer. La faute à une narration très particulière. En effet, le langage employé est très imagé et haché. De ce fait, je n'ai vraiment apprécié ma lecture qu'à partir du milieu du bouquin, le temps de m'y habituer. Une histoire où notre société actuelle, après un phénomène inconnu, a laissé la place à un monde où les survivants côtoient des robots et des créatures hybrides au milieu de cités à l'architecture sophistiquée. Un trio improbable, Bolden un jeune garçon, Mathilde une jeune orpheline et Spike un guerrier à la force surhumaine, vont s'allier malgré eux pour retrouver une lame. Un monde où tu paies en histoires, évidemment elles doivent être vraies. Un monde qui a oublié son passé. Un monde qui reste encore très mystérieux. Bendis s'en sort plutôt bien après ce premier tome, même si les personnages sont par moments agaçants, la narration rythmée a su maintenir mon intérêt jusqu'à la dernière page. Une lecture tout public. Araujo apporte sa pierre à l'édifice avec un noir et blanc où domine toutes les nuances de gris avec une légère touche de manga. Pour un résultat lisible, dépaysant et très agréable à regarder. Je ne suis pas spécialement impatient de découvrir la suite, mais je serai présent pour suivre la suite des aventures de ce drôle de trio.
Kill my mother
Mouais. J’ai emprunté le premier album (le seul dont dispose ma médiathèque), et je suis sorti de cette lecture avec un avis mitigé, et plutôt déçu en fait. Il y a des points positifs, car c'est un album rythmé, et les personnages féminins dominent (ce qui n’est pas trop courant dans ce type de polar). Mais la mise en forme ne m’a pas convaincu. La narration est très décousue (et hachée par de très très courts chapitres). Et la mise en page est, elle aussi, très « déconstruite « (avec un dessin, souvent proche de l’esquisse améliorée, mais que je n’ai pas trouvé toujours suffisamment réussi et lisible). Bref, je ne chercherai pas forcément à trouver l’autre histoire, celle-ci m’ayant laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.
Castlewitch
Je ne suis clairement pas le cœur de cible de cette série, mais tout porte à croire qu’elle va facilement trouver son public parmi le jeune lectorat (grosso modo du même âge – 12/13 ans – que les personnages que nous suivons). En effet, le dessin est clair, fluide et dynamique, avec une colorisation peut-être manquant de nuances, mais elle aussi globalement réussie. Surtout, de jeunes lecteurs peuvent facilement s’identifier à ce groupe de gamins, qui ont le pouvoir de faire apparaitre de gentils monstres (des Imaginaires) pour combattre de méchants monstres (les Maléfics). Ça fait franchement quand même penser à « Monstres et Compagnie », mais surtout aux Pokémons, lorsqu’ils passent en mode combat (et d’ailleurs ces combats sont souvent trop longs à mon goût…). Les deux premiers albums sont conclus par quelques pages de texte, qui introduisent un nouvel arrivant et font office de teasing pour la suite. A priori prévue en trois tomes, cette série ne révolutionne rien (et n’est pas vraiment ma tasse de thé), mais c’est bien formaté et développé pour le public cible.
Blake et Mortimer - L'Art de la guerre
Je ne suis pas du tout un fan de B&M, donc je n'ai pas ressenti le choc que représente cette adaptation pour les aficionados de Jacobs. Comme je l'avais écrit, je trouve les personnages originaux trop bavards et cette simplification des dialogues me convient bien. J'ai toutefois des réserves avec cette introduction un peu snob de termes anglais et d'un jargon médical prétentieux. Le scénario est d'un grand classicisme qui se plie aux codes de la série. Je garde ma réserve sur cette alliance du militaire et du scientifique pour sauver la paix. Ce pilier fondamental de la série très mis en avant dans le récit, est à l'inverse de la réalité des 70 dernières années. Je comprends les grands cris des spécialistes concernant le graphisme épuré à l'extrême dans les personnages, les décors et le dynamisme de la gestuelle. Cela donne un résultat assez figé dans des cases énormes et disproportionnées par rapport à la composition. C'est un choix surprenant qui conduit à un album à la pagination excessive à mon goût. Une lecture moyenne sans plaisir ni grand déplaisir. Un petit 3
Barbara - L'entre-deux-mondes
Akata continue d'éditer les séries de Moto Hagio et cette fois-ci c'est une série qui date des années 2000 au lieu des années 70. Le dessin d'Hagio a bien sûr évolué avec le temps et si objectivement le style est correct du moment qu’on n’est pas allergique aux mangas remplis de pages avec peu ou pas de décors, il n'y a plus le charme rétro que j'aime bien et qu'on retrouve dans ses plus vieilles séries. Quant au scénario, il est assez original, mais il y a des défauts. On retrouve le ton mélodramatique qui m'exaspère par moment dans les mangas adressés à un public féminin, mais j'ai déjà vu pire. Disons juste que je ne me suis pas attaché aux personnages et à leurs problèmes. Le scénario manque aussi de clarté par moment. C'est vraiment le genre de récit où il faut bien lire sinon on peut facilement se perdre et ce qui n'aide pas c'est lorsqu'on mélange la réalité et le monde des rêves. Au final, ce premier tome ne m'a pas trop passionné, même si le scénario est rempli de mystère et je ne pense pas que cela va être une priorité de lire la suite.
Grafity’s wall
C’est un récit dynamique, une lecture plutôt agréable, qui nous plonge dans l’exubérance d’une mégalopole indienne, autour de quelques personnages qui nous servent de guides. Une lecture pas désagréable donc, mais que je suis quand même bien moins enthousiaste qu’Alix. En effet, si les couleurs pétantes renforcent l’exubérance évoquée plus haut – et se rattachent aux graphes qui décorent les murs – je n’ai pas forcément accroché au dessin. Très inégal, avec des visages trop changeants parfois selon l’angle, et des traits parfois effacés (ce que je n’aime pas), il est assez brouillon. Et les récits sont certes lisibles et dynamiques, mais je n’y ai pas trouvé de quoi m’emballer plus que ça. Je ne regrette pas mon emprunt, mais je n’y reviendrai pas.
Holly Ann
J’ai lu les deux premiers tomes (chaque histoire de la série est de toute façon indépendante), et j’en suis sorti globalement satisfait. Dessin et colorisation de Servain sont vraiment agréables. Il sait en particulier très bien rendre les atmosphères humides souvent présentes autour de la Nouvelle Orléans. Chaque album est bâti sur le même principe. Holly Ann, jeune femme dynamique, se retrouve au cœur d’une affaire sordide, d’un ou plusieurs meurtres, et, à chaque fois, elle mène l’enquête, bien mieux que la police, et permet d’élucider l’affaire. Elle bénéficie pour cela de sa grande connaissance de la ville et de ses habitants, de l’aide de quelques « connaissances » (un gamin des rues qui, pour une pièce, lui donne de bons tuyaux, un croque-mort, etc.). Il y a là quand même quelques facilités scénaristiques, car Holly Ann est quand même facilement au centre des attentions, des infos, et elle échappe à toutes les menaces qui tombent sur les autres protagonistes. De la même façon, après deux tomes, je n’ai toujours pas compris comment elle peut avoir autant de temps libre – et comment elle gagne ou a gagné l’argent lui permettant de vivre – très bien – sans visiblement travailler. Mais bon, ces polars au cœur du Bayou, au début du XXème (ou à la toute fin du XIXème siècle) sont à la fois bien construit, et « exotiques ». Une lecture plaisante en tout cas. Note réelle 3,5/5.
Athéna (BD Kids)
Les titres et couvertures de cette série m'ont fait croire à tort qu'il s'agirait d'une série plus ou moins éducatives à l'instar de Les Amours de Zeus ou Les Dieux de l'Olympe. Grosse erreur car s'il y est bien question de mythologie, c'est pour la transposer dans un cadre très collégien et anachronique de copines adolescentes, jeunes déesses en apprentissage qui vivent des aventures du quotidien vaguement en relation avec leur caractère et pouvoirs respectifs. Là où une série jeunesse comme Les Petits Mythos respectait relativement bien les bases de la mythologie grecque et le caractère et l'histoire de chaque personnage, ici c'est beaucoup plus fourre-tout. Chaque protaoniste a bien un fond de personnalité et des pouvoirs plus ou moins en lien avec ceux de son alter-ego mythologique, mais tout est ensuite mélangé dans un bazar très libre qui n'a bien souvent aucun cohérence avec la mythologie officielle. La déesse primordiale Gaïa y est une adolescente autant qu'Athéna ou Aphrodite. Les professeurs de ces déesses sont des humains, à savoir la sorcière Circée, la pythie ou encore le mathématicien Pythagore. Et les échanges scolaires ramèneront Osiris comme amoureux d'Athéna, Isis comme amoureuse de Gaïa ou encore des dieux vikings. Cela n'a aucun sens pour qui aimerait apprendre quoi que ce soit de concret sur la mythologie. Et ça peut paraitre un peu rétrograde de ma part mais en tant qu'adulte ça m'embêterait de faire lire ça à un jeune au risque d'embrouiller complètement sa culture mythologique. Mais voilà, cette série est destinée au magazine Julie, ce que j'imagine être l'équivalent pré-adolescent d'un Jeune et Jolie. Et son objectif est donc de plaire à des jeunes filles de 10 à 14 ans, de leur offrir des histoires de collégiennes, avec de l'aventure légère, de la magie, des petites romances, le tout dans un cadre de collège auquel elles s'assimileront facilement. Tant pis si la cohérence mythologique est foulée au pied, du moment qu'il y a suffisamment de rythme, d'action et de notions qui parlent aux lectrices. Et il est probable que cela fonctionne puisque la série existe déjà depuis au moins 6 ans et continue à être publiée. En tant qu'adulte, j'ai trouvé assez pénible la superficialité des dialogues et des intrigues, mais j'ai quand même lu sans trop d'ennui ses aventures bâties en histoires courtes qui se suivent plus ou moins. Donc ça va, c'est correct, mais je n'irais pas vraiment la conseiller à un jeune lecteur, et encore moins à un adulte. Note : 2,5/5
La Cuisine des ogres
Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andreae se proposent de nous faire visiter la cuisine des ogres. Un endroit où on prépare des plats originaux à base de brandade de pendus, de jus de noyés ou d'oeufs de Kraken. Dans les tréfonds de petites mains s'activent dans l'ombre pour les taches ingrates telles que la plonge. C'est ici que va atterrir notre petite héroïne, une orpheline kidnappée par une sorte de croque-mitaine. Le dessin de Jean-Baptiste Andreae illustre parfaitement ce conte sombre. Les dessins sont chiadés, dans son style habituel. Ils sont en parfaite harmonie avec les couleurs, et l'ensemble donne une ambiance particulière au récit. Ca donne surtout un beau livre où tourner et contempler les pages est un vrai plaisir. Du coté de l'histoire ce conte emprunte quelques codes à de grands classiques populaires du genre, les clins d'oeil et autres références sont sympas et bienvenus. Les noms de personnages ou de lieux sont amusants (le lac à vaisselle, ahah). Sans être époustouflante l'intrigue est plaisante et bien construite. C'est avec curiosité qu'on suit les aventures de la jeune Trois fois morte, jusqu'à la fin, également bien trouvée. Pas de doute, cette cuisine des ogres est un conte assez sombre, mais qu'on lit quand même avec un petit sourire.
Fuzz & Pluck
Je suis amateur de l’underground américain, qui est généralement issu du très beau catalogue de Fantagraphics. C’est donc avec envie que je me suis plongé dans cette série (en tout cas les deux premiers albums). D’autant plus que Cornélius – comme souvent ! – a fait un très beau travail éditorial, avec papier et couvertures épais. L’univers développé par Stearn (auteur que je découvre avec cette série) est assez loufoque, parfois absurde. Les deux personnages principaux sont très atypiques. Un ours en peluche, Fuzz, et un coq déplumé, Pluck, tous deux ayant échappé à une terrible condition par miracle. Leur duo relativement mal assorti (Pluck exerce un leadership) se débat au milieu de personnages et d’un univers totalement humain généralement (sans que cela ne gêne la lecture). Le dessin est inégal, mais globalement bon et très lisible. Même inégalité concernant les récits, où pointe un peu d’humour (davantage dans le deuxième tome), de l’absurde et pas mal de noirceur. Contrairement à Alix, je pense que le lectorat visé est plutôt adulte. En tout cas c’est une lecture qui, même si j’en attendais davantage (je pensais avoir trouvé quelque chose d’équivalent à ce que proposent des auteurs comme Millionaire ou Woodring, c’est un peu dans le même registre, mais en deçà) s’est avérée agréable.