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Couverture de la série Le Grand bassin
Le Grand bassin

Faire de sorte qu’évoquer une sortie ‘piscine’ entre deux copines sous le format BD devienne passionnant relève de la gageure. Heureusement, les plaquettes Fureur de Lire ne proposent que des formats très courts et ceux-ci conviennent bien à ce type de sujet. A la lecture de ce Grand bassin, plusieurs choses me viennent à l’esprit. Tout d’abord, Nina Six a un talent certain pour croquer le quotidien de nos contemporains. Son style frais et joyeux, ses dialogues qui sonnent de manière très naturelle, son sens de l’observation, tout concoure pour rendre ce court récit plaisant à lire. Ensuite, le sujet de la piscine demeure très restreint et il est heureux que cette BD soit si courte… mais je ne me suis pas ennuyé durant cette lecture. Enfin, elle est vraiment chouette, cette initiative du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui nous permet de découvrir de jeunes artistes de talent. La lecture de cet album m’a en tous les cas donné l’envie d’explorer un peu plus l’œuvre de Nina Six (« Les Pissenlits » ont gagné quelques prix, notamment, mais la couverture ne m’attirait pas trop, de prime abord). Sinon, bahhh, Le Grand bassin, c’est sympa à lire mais vite lu (comme tous les titres de cette collection) avec quelques moments cocasses, quelques dialogues qui sonnent juste et la fraicheur de l’éphémère. Pas mal, quoi !

03/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Je veux danser comme Gene Kelly
Je veux danser comme Gene Kelly

Une des premières 'plaquettes' de la Fureur de Lire donnait la parole à Max de Radiguès. L'artiste en profitait pour revenir sur une anecdote survenue lors de son séjour à White River Junction (voir Pendant ce temps à White River Junction). Comme pour les autres récits de cette collection (éditée par le Ministère de la Fédération Wallonie Bruxelles dans le cadre des actions Fureur de Lire), l'espace dont dispose Max de Radiguès est des plus succincts et ne laisse pas vraiment place à un quelconque développement de l'intrigue. On reste donc sur un récit basique mais au travers duquel l'auteur parvient tout de même à nous parler d'un vieux film oublié, de sa fascination pour la danse et des blocages que peuvent provoquer les regards des autres. D'un point de vue esthétique, Max de Radiguès reste fidèle à lui même avec cette ligne claire très lisible (même si peu fignolée dans le cas présent). Clairement plus une curiosité qu'un essentiel, ce court récit plaira aux fans de l'auteur (qui auront le sentiment d'avoir trouvé là un album dont beaucoup ignorent jusqu'à l'existence) et donnera un aperçu de son ton et de son style aux autres. Pas mal, quoi.

03/04/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série John Rimbaud
John Rimbaud

John Rimbaud vit dans la jungle où il pourchasse les trafiquants d'ivoire avec Victor, son ami éléphant. Tabassant le moindre danger sans sourciller, il va toutefois se retrouver fort dépourvu quand son colonel va lui donner une nouvelle mission cruciale : éduquer une adolescente ! Le concept est un peu éculé : déstabiliser le grand costaud en lui mettant dans les pattes une ado rebelle et accro aux réseaux sociaux. Toutefois il ne faut pas faire comme je l'ai fait et prendre à tort cette BD comme une série de gags au risque de trouver leurs chutes assez plates. En fait, John Rimbaud se lit comme une histoire longue où la relation entre John et la jeune Jeanne va se mettre en place, avec des hauts et des bas, et finalement devenir relativement touchante. Certes il y a de l'humour, mais il est plus là pour amener le sourire ici et là. En ce qui me concerne, les quelques gags avec Victor l'éléphant m'ont amusé mais pas trop les autres qui étaient plutôt convenus. En revanche, je me suis assez attaché aux personnages et j'ai trouvé leur aventure divertissante. Ce n'est pas idiot ou trop parodique comme je le pensais initialement. Certes John est un bourrin mais pas un crétin, et l'adolescente a son petit caractère très typique des jeunes de son âge mais elle sait aussi se remettre en question. Bref, ce n'est pas une histoire à sens unique et l'évolution de la relation entre ces deux là fonctionne plutôt bien. En outre, le graphisme de Dab's est bien maîtrisé et agréable. Je n'ai donc pas vraiment ri mais j'ai trouvé cette série sympathique et je suis curieux d'en lire davantage pour voir où l'auteur veut nous mener avec ces héros là.

03/04/2024 (modifier)
Par karibou79
Note: 3/5
Couverture de la série Dream Machine ou comment j'ai failli vendre mon âme à l'intelligence artificielle
Dream Machine ou comment j'ai failli vendre mon âme à l'intelligence artificielle

Documentaire ou roman graphique? Pas facile de choisir lorsque l'auteur nous offre une approche didactique du sujet couplée avec une petite histoire finalement peu intéressante. Un excellent livre pour ceux voulant en savoir plus sur l'IA que les articles supercifiels qui sont pondus de plus en plus régulièrement. De l'apect technique à la réflexion plus philosophique, cet ouvrage nous laisse entrevoir les différents futurs qui peuvent se dessiner selon l'usage qu'on fera de cette technologie. Le dessin est bof mais j'aime le choix des 3 couleurs (blanc, noir, bleu) qui évoque la froideur de l'automatisme moderne. Cela aurait pu être publié sous forme de livre mais le choix du support BD est finalement bien trouvé pour toucher un public plus large qui a parfois peur d'affronter un long ouvrage scientifique.

03/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Maria (Flore Balthazar)
Maria (Flore Balthazar)

S’il s’agit d’une œuvre minimaliste (16 pages dans un très petit format), Maria dévoile tout de même de belles qualités tant au niveau narratif (et la maîtrise du genre "quasi-muet" par son auteure) qu’au niveau pictural. Flore Balthazar, l’auteure en question, n’est pas une inconnue dans le monde de la bande dessinée mais on ne peut pas dire non plus qu’elle a réussi à se faire un nom. Je me souviens d’avoir lu Miss Annie, qui ne m’avait pas laissé une grande impression, et d’avoir feuilleté Les Louves (sans aller plus loin). Cet album, lui, a atterri chez moi grâce à l’action de la Fureur de Lire (voir mon avis sur « L’Etape du Tour de France » pour plus d’explications) et si la possibilité de le lire sans débourser un centime ne m’avait pas été offerte, il est clair que je ne l’aurais jamais lu. Je n’aurais sans doute pas raté grand-chose mais vu le format imposé, je trouve que Flore Balthazar s’en sort avec les honneurs. Son récit pour ainsi dire muet est accessible à tous et à toutes et permet de montrer les ravages de la guerre de manière simple et efficace. L’époque choisie donne à l’auteure l’occasion de faire un clin d’œil à Brueghel tout en revenant sur une page sombre de l’histoire belge. Ce petit récit permet surtout à l’auteure de montrer un petit échantillon de sa maitrise mais on reste clairement dans l’œuvre anecdotique qu’un fan de l’auteure sera fier de posséder mais qui n’apportera rien aux autres (sauf si atteints de collectionnite aiguë). Pas mal, quoi, mais vraiment sans plus.

03/04/2024 (modifier)
Couverture de la série L’Etape du Tour de France
L’Etape du Tour de France

En soutien pour les auteurs, la Fédération Wallonie-Bruxelles a depuis plusieurs années pris l’habitude de publier de petits récits distribués gratuitement soit au travers de certaines manifestations (dont la plus importante reste « La Fureur de lire », bien connue des lecteurs belges de langue française) ou via le site web de la Fureur de lire (j’ai testé et ça marche puisque j’ai reçu les exemplaires demandés sans que cela ne me coûte un centime). Ces œuvres minimalistes (récits sous format de nouvelles ou courtes bandes dessinées), si elles demeurent anecdotiques, permettent toutefois de retrouver des artistes plus ou moins célèbres (soit qu’ils étaient déjà connus avant, soit qu’ils le sont devenus entretemps) ou d'en découvrir de jeunes talentueux. Dans le domaine de la littérature, des auteur.e.s comme Amélie Nothomb, Bernard Tirtiaux ou Armel Job (pour n’en citer que trois) se sont prêté.e.s au jeu. En bande dessinée, on retrouve des noms comme Max de Radiguès ou Nina Six. Pour celles et ceux qui le désirent, ces récits peuvent également se lire via le site web de la Fureur de lire ou le site d'Objectif Plumes (portail des littératures belges). L’Etape du Tour de France m’intéressait pour plusieurs raisons. La première est qu’elle est l’œuvre de David Wautier, dont j’ai récemment lu « La Vengeance » qui m’avait tapé dans l’œil d’un point de vue visuel. La deuxième est sa thématique puisque celle-ci associe le cyclisme, la montagne et le lien petit-enfant/grand-parent. Enfin, je me demandais comment l’auteur allait s’en sortir sur un format aussi réduit. Le résultat est on ne peut plus satisfaisant. Le dessin est à la fois spontané, très lisible et beau dans sa simplicité. La colorisation aux teintes douces est elle aussi bien réussie. L’histoire est on ne peut plus simple mais l’auteur nous fait ressentir les non-dits, l’attention du grand-père pour son petit-fils, leur amour commun pour le Tour de France, l'ambiance particulière (et le public particulier) de ces courses cyclistes et la beauté de la montagne. Pour ce genre de format, le récit est parfaitement construit et transpire de sincérité. La narration à la première personne laisse même penser au lecteur qu’il s’agit d’une histoire vécue par l’auteur. Alors oui, clairement, ce livre est totalement anecdotique mais il a été réalisé avec soin et constitue une petite perle de collectionneur, le genre de petit livre que l’on est content de ressortir à l’occasion, qui se lit très facilement et qui peut être mis entre toutes les mains. Mais la lecture prend 3 minutes en prenant son temps…

03/04/2024 (modifier)
Par Titanick
Note: 3/5
Couverture de la série Le Baiser de l'Orchidée
Le Baiser de l'Orchidée

Tout à fait le style pur polar américain des années 50. Un album à mon avis qui se veut hommage à tous les clichés du genre. Le flic et le privé, amis mais concurrents, la jolie voleuse insaisissable, l’homme d’affaire véreux et méprisable, et le cadre des belles propriétés de Floride… La trame est à la fois classique mais amène aussi sa petite touche personnelle. Je ne suis pas spécialement friande d’histoires policières mais ça se laisse lire plutôt pas mal, même s’il y a des facilités scénaristiques évidentes. Le dessin y fait beaucoup, j’aime bien quand le style retranscrit l’ambiance d’un récit. Juste peut-être des visages un peu stéréotypés, en particulier les deux enquêteurs beaux gosses qu’il n’est pas aisé de différentier. Une seule lecture me suffira pour ma part, sinon pour les amateurs de polars d’époque.

02/04/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série TMLP (Ta mère la pute)
TMLP (Ta mère la pute)

TMLP est un album souple assez peu épais qui se lit relativement rapidement et donne l'impression d'être assez superficiel, se contentant de raconter assez subrepticement des anecdotes d'une cité de banlieue pauvre et de la vie des jeunes qui y trainaient au début des années 80. Le trait du dessin est lâché et les couleurs se contentent de deux ou trois teintes grises ou sépia. On suit des jeunes d'un peu loin, sans vraiment qu'il nous soit donné de savoir qui est qui et quelles sont leurs histoires en dehors de ces quelques scènes d'extérieur et de groupe qu'il nous est donné de voir. Bref tout cela ne paie pas de mine a priori. Et pourtant, avec ces quelques scènes seulement, l'auteur a réussi à instaurer une ambiance et à me rendre attachants au bout du compte des gamins que je ne connaissais pas. Et grâce à sa mise en scène pourtant si simple, j'ai presque eu la gorge nouée pour le héros et narrateur à la toute fin de l'album, quand il reçoit cette fameuse cassette qui en si peu de mots veut en dire autant. Bref, bien que cette BD se lise vite, elle réussit à se rendre touchante.

02/04/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Yasei no Last Boss
Yasei no Last Boss

Yasei no Last Boss est un isekai, l'un de ces mangas devenus très populaires ces dernières années où un héros est transporté dans un nouveau monde, la plupart du temps un monde de fantasy, éventuellement issu d'un jeu vidéo, où il va pouvoir vivre une nouvelle vie en bénéficiant des souvenirs et connaissances de sa vie d'avant. Ici, il s'agit d'un joueur professionnel de jeu vidéo qui s réincarne dans le monde ce jeu, prenant le corps de son personnage, une guerrière magicienne ultra puissante. La base de ce concept est devenue presque éculée de nos jours. L'intrigue ressemble ici par exemple fortement à celle de In the land of leadale sorti il y a peu de temps. Là aussi on y suit un personnage dont la puissance dépasse de loin la moyenne de son monde et qui revient dans l'univers d'un jeu vidéo des siècles après sa disparition pour y découvrir ce qu'il s'est passé entretemps et reprendre ses marques. Les isekai fonctionnent sur la base du fantasme, le fantasme de puissance et de pouvoir prendre sa revanche sur la vie réelle en incarnant un personnage neuf et bien plus fort dans un autre univers. C'est souvent réjouissant et ça marche bien dans Yasei no Last Boss. La magicienne dans laquelle le héros s'est incarné est super forte sans que ça tourne à l'ennui : elle domine sa force, agit avec subtilité et survole pour de bon les dangers d'un monde dont elle était autrefois la dictatrice absolue. C'est plaisant de la suivre, elle et celui qui a pris possession d'elle. Graphiquement, c'est aussi du bon boulot, avec un dessin soigné et des personnages réussis. On regrettera toutefois les scènes de combat magiques qui sont souvent confuses et difficiles à suivre. Pour le reste, c'est plutôt réussi. Honnêtement, nous ne sommes pas ici dans une intrigue follement originale ni un scénario vraiment profond. Mais la lecture est agréable quoiqu'elle tende un peu à se tasser au fil des tomes alors qu'au contraire les personnages et compagnons du héros/héroïne se font de plus en plus nombreux et que l'on sent que l'auteur n'a pas d'idées vraiment originales pour les mettre en scène. En toile de fond, il y a le mystère sur les motivations de la déesse et celles de la vraie Luphas que le héros incarne sans tout savoir d'elle. Mais cette part de l'intrigue peine à vraiment captiver le lecteur car elle est trop lente à se développer. Cela reste un bon divertissement mais il y a de meilleurs isekai.

13/07/2022 (MAJ le 02/04/2024) (modifier)
Par karibou79
Note: 3/5
Couverture de la série Testosterror
Testosterror

3.5 Une satire féroce et hilarante de Luz qui a su garder les esprits de Fluide Glacial et Charlie Hebdo. On y retrouve le virilisme de Pascal Brutal de Riad Satouf, les énormités des beaufs de Cabu, les colorisations de Vuillemin et bien sûr l'humour de Luz qui n'oublie jamais de glisser l'actualité dans le récit, comme la guerre en Ukraine par exemple. Les mecs y sont décrits à la tronçonneuse mais tout le monde y reconnaitra forcément quelqu'un de sont entourage proche ou moins proche. Les discussions autour du barbeuq', les fans de bricolage (CéBé s'étonnant que son pote n'a pas de ponceuse dans son atelier : "tu ne ponces pas?"), les épouses obéissant aux diktats sans de remise en question, les mugs ringards de Gifi... un vrai inventaire à la Prévert de la beauferie dans toute sa splendeur. C'est méchant mais beaucoup de personnages en deviennent touchants: l'actualité déversée en continu, le train-train quotidien, l'entourage... finalement beaucoup sont victimes inconscientes d'un système qui veut maintenir le statu quo. L'histoire part dans tous les sens mais la trame est parfaitement compréhensible et les dialogues sont à se rouler, des dizaines de répliques pourraient devenir cultes (je n'en citerai pas pour vous laisser la fraîcheur de la surprise (hormis celle citée plus haut, désolé)). Le dessin, on aime ou on aime pas: c'est coloré à mort, surchargé de détail, encadré de noir. Ca tombe bien, j'aime. Et les émotions sont rès bien rendues sur les visages de ces pauvres barjos. Un bémol concernant l'épaisseur du pavé: 300 pages, c'est beaucoup pour une histoire qui ne s'y prête pas trop. Un risque que certains lecteurs lâcheront l'affaire dans le premier quart.

02/04/2024 (modifier)