L'auteur raconte ce qui lui est arrivé lorsqu'il a prit un boulot d'assistant pédagogique pour pouvoir survivre vu qu'il n'arrivait pas de vivre seulement de son art.
On va le voir devenir soudainement une figure d'autorité alors qu'il n'est pas du tout fait pour cela. Il va rencontrer des élèves qui sont souvent des cas sociaux et la plupart n’ont en rien à foutre de ses ateliers artistiques. L'auteur montre un coté un peu glauque de l'éducation en France, en tout cas on a presque l'impression que la jeunesse est perdu et sans espoirs, mais bon je pense qu'il doit forcer un peu le trait ou ne montrer que les anecdotes les plus croustillantes pour ne pas ennuyer le lecteur.
L'album se lit bien sans être mémorable. Par moment, je n'ai pas été d'accord avec les pensées de l'auteur sur la pédagogique, mais pas au point de m'énerver contre lui. Le dessin est pas mal. En gros, un album à emprunter si le sujet vous intéresse.
Lors de sa sortie, je me rappelle encore de mon snobisme envers cette série. Je ne l’avais même pas approché, la faute au sujet (je ne m’emballe pas quand je vois Jésus affiché), des couvertures moches et mon idée qu’un truc avec des sorties aussi rapprochées doit pas être gégé.
Bref tellement rebuté de prime abord que je n’avais même pas fait attention au nom du scénariste …
Tout ça pour dire que je suis con des fois, les aprioris toussa toussa, j’ai même repoussé plusieurs fois l’emprunt en me disant toujours mouais bof quand je passais devant.
Aujourd’hui, je viens ici pour vous dire de ne pas faire comme moi, si vous en avez l’occasion ne boudez pas la lecture. On est pas face à de l’or en barre, il y a quelques défauts mais qu’est ce que j’ai ri !!
On retrouve à la baguette les auteurs d’Octofight (un joyeux délire dans le genre anticipation). Le trait de Chico Pacheco ne m’emballe pas plus mais force de constater qu’il convient bien au genre humoristique, c’est dynamique, expressif et il produit quelques belles têtes de vainqueur. Son dessin illustre parfaitement la farce concoctée par Juncker, une sorte de vaudeville autour du corps du Christ où apôtres, romains, rebelles, marchands … s’activent dans tous les sens.
Qu’est ce que c’est con !! mais qu’est ce que c’est con !!! il n’y en a pas un pour rattraper les autres. J’ai franchement rigolé de mon cœur.
Quelques petites noirceurs viennent ternir le tableau mais rien de foncièrement méchant.
Déjà six tomes, c’est un poil trop à mon goût, ça aurait mérité d’être plus condensé, c’est ce qui coûte la 4eme étoile. En plus mieux vaut ne pas tarder pour les enchainer, histoire de bien avoir les péripéties en tête, non pas qu’elles soient complexes mais il y a tellement de factions et de personnages que l’on a vite fait d’être perdu, je ne compte même plus le nombre de Judas croisé.
Bref si vous cherchez quelque chose d’iconoclaste en plus d’un truc bien absurde, cette série est parfaite. Poilade garantie.
Cet album reprend et modernise le concept de la série Mickey à travers les siècles que je n'ai jamais su vraiment apprécier pour diverses raisons, l'essentiel étant son rythme trop rapide et le fait qu'aucune intrigue prenante ne s'y mettait jamais en place. Dab's réussit en partie à éviter ces écueils ici mais en partie seulement.
Première modernisation, le dessin de Fabrizio Petrossi est on ne peut plus actuel. Si le style de l'école Disney italienne y est très visible, il apporte sa propre personnalité avec des visages plus caricaturaux et expressifs. Il faut une ou deux pages pour s'y faire mais après ça, j'ai bien aimé ce dessin et le travail sur les couleurs. C'est dynamique, bien mis en scène, et avec une sympathique personnalité.
J'ai bien aimé l'introduction de l'histoire et sa mise en place pleine d'humour. Les deux frères savants notamment m'ont amusé et j'ai été agréablement surpris de ne pas les voir jouer des rôles de méchants basiques comme je le craignais au départ. Une fois Mickey parti dans le temps, par contre, j'ai un peu moins aimé. Les premiers sauts dans le temps sont très rapides, avec une fois de plus très peu de développement d'intrigue et juste une action et des dialogues vite expédiés. Quelques passages sont un peu plus longs, mais là encore, ils ne m'ont pas passionné. Ceci dit, j'ai bien aimé la scène avec les pirates poètes que j'ai trouvée drôle.
Pour le reste, c'est divertissant mais sans plus.
Note : 2,5/5
Un récit plaisant, bien mis en images par Lax, qui mêle habilement Grande et petite histoire, essentiellement dans le Paris de l’occupation.
Une mère discrète – mais qui va risquer sa vie pour sauver des persécutés (Allemands, puis Juifs), un père qui adule son fils aîné champion cycliste mais qui rejette son fils cadet handicapé (même si vers la fin le manichéisme s’atténue), tout côtoyant le gratin des officiers d’occupation, un frère handicapé mais qui est plein de vie, et qui va devenir un journaliste plein de verve et un résistant, et le héros, champion cycliste pour qui le Vel’ d’Hiv est une seconde maison, voilà pour le casting.
Les choix, les compromissions qui s’imposent plus ou moins durant l’occupation, avec ce que cela peut révéler chez chacun, tout cela est bien montré par Lax, même s’il le fait un peu rapidement.
Car cet album est aussi un hommage au cyclisme de l’époque, aux forçats de la route et surtout des planches, des 6 jours, qui gagnaient à la force des jarrets l’admiration, quelques sous. Le petit dossier final confirme en tout cas que Lax s’est documenté, et qu’il connait et admire ces « sportifs ».
Une lecture agréable.
Féministe militante, Liv Strömquist se livre ici à une attaque en règle de la famille nucléaire – papa, maman et les enfants. Elle essaie de faire comprendre aux femmes comment se pas se laisser forcément convaincre par ce modèle dominant.
Pour ce faire, elle prend pour exemple des personnages célèbres, mâles bien entendu et détestables avec leurs épouses respectives. Ce ne devait pas être difficile à trouver, il doit y avoir l’embarras du choix à mon avis.
L’auteure utilise ensuite des arguments variés pour montrer que ce modèle de famille n’est pas le seul possible et qu’il se fait assez souvent au détriment de l’épanouissement féminin. Ça passe par les exemples d’homosexualité chez les animaux et bien d’autres.
Même si je trouve que sur le fond, Liv a raison et que le modèle patriarcal n’est pas le saint Graal qu’on nous vante, sa démonstration est un peu brouillonne. Je n’y ai pas retrouvé la rigueur qu’elle témoignait dans "L’Origine du Monde" où elle cernait son sujet avec force démonstration.
Ce n’est pas si mal néanmoins pour aider à décortiquer la façon dont la pression sociale a longtemps fait accepter, voire désirer, aux femmes un modèle qui finalement les désavantage et les efface.
Heureusement, les choses évoluent. Mais je fais confiance à l’auteure pour en garder encore sous le coude !
Quant à son univers graphique, elle reste fidèle à elle-même, pas vraiment esthétique mais peu importe, plutôt efficace.
Je reste dubitatif après la lecture de cette série consacrée à l'urgence climatique. Si je prends son côté généraliste je préfère Le Monde sans fin de Jancovici et si j'axe ma lecture sur un côté plus spécialisé je préfère de loin La Malédiction du pétrole de Jean-Pierre Pécau.
J'ai tout de même trouvé cette lecture riche mais il y a de nombreux points qui m'ont insatisfaits. Tout d'abord je trouve que les auteurs utilisent beaucoup trop un argumentaire d'autorité en multipliant les citations hors de leur contexte. Légitimes ou pas, je ne suis pas expert mais je suis immédiatement réticent sur cette forme de présentation.
Ensuite l'ouvrage a été conçu en pleine pandémie du Covid 19, ce qui se ressent au niveau de la réflexion des auteurs. Sur ce point je n'adhère pas à leur point de vue. En effet je ne vois pas une grande différence entre l'avant et l'après Covid dans la vie de tous les jours. De plus quand Lécroart écrit (p 26) "On est sidéré par le manque d'anticipation de nos gouvernements face à ce virus." Je trouve cela un peu facile voire populiste après la bataille.
Enfin les auteurs tirent à boulets rouges sur deux sujets : le pétrole et l'agriculture intensive. Je ne suis pas climatosceptique et il est incontestable que leurs effets sont nocifs à un statuquo climatique. Malheureusement je trouve que la présentation de l'expansion du pétrole et de ce type d'agriculture uniquement présentée pour des raisons financières est un peu rapide et superficielle.
Enfin puisque les auteurs mettent l'accent sur les gaz à effet de serre, je ne comprends pas qu'ils n'approfondissent pas l'épisode de la couche d'ozone et des CFC, sujet premier de la fin des années 80.
Ainsi les solutions présentées (en Ouganda, en Inde, au Cambodge) restent des exemples épars. Mais pour intéressants qu'ils soient, la multiplication des exemples ne forment pas une théorie.
Je sais que mes enfants auront à gérer ce défi qui aura de multiples ramifications (pollution, immigration, partage des compétences, notion de souveraineté...). Cette série , trop tournée vers le passé à mon goût, ne me donne pas de vision réaliste sur le futur. C'est ma déception.
Une lecture qui reste instructive mais bien en deçà de mes attentes.
Après avoir lu cette BD, j'avoue ne pas vraiment savoir ce que j'ai ressenti. Tout d'abord les dessins m'ont un peu dérangé, (mais ce n'est qu'une question de gout très personnel) et j'ai en même temps été happée par les couleurs que je trouve vraiment belles.
L'histoire d'Eva commence d'une façon un peu brutale. Elle décide de tout quitter pour s'installer sur une île afin de vivre une expérience différente qui l'a rapproche de l'essentiel, de la nature.
J'ai beaucoup aimé le début sur l'île. Eva tente d'apprivoiser son nouvel environnement. Nous ressentons avec elle ses réussites et ses échecs. Je pense que ce passage aurait mérité plus de longueur et de prendre le temps de vivre avec elle encore un peu plus longtemps.
J'ai beaucoup moins aimé la suite, avec le méchant bateau qui va venir détruire la faune et la flore aquatique. C'est évidemment un sujet très intéressant à traiter mais j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup trop de cliché ce qui fait que j'ai fini par trouver l'héroïne un peu énervante.
Le gros molosse qui éjecte Eva du bateau. le "chef" qui passe par un peu tout les clichés aussi, jusqu'à leurs vêtements.
Pour finir, j'ai trouvé beaucoup plus apprécié la fin, que j'ai trouvé bien emmenée.
Le Don Quichotte de Cervantes fait partie de cette longue liste de romans qu'il me faudrait lire, mais pour lequel le temps a jusqu'à présent manqué.
La BD des frères Brizzi est donc chargée d'aiguiser ma curiosité et de combler à sa manière une criante lacune littéraire.
L'histoire est néanmoins connue : celle d'un humble lettré se rêvant une glorieuse vie de chevalier, celle dérisoire d'un idéaliste dont on se gausse, d'un vieillard à qui l'on retire le droit de rêver.
Les illustrations des deux frères sont magnifiques, alternant de manière faiblement originale un élégant crayonné esquissé en noir et blanc pour les passages véridiques, et ce même crayonné illuminé de couleurs tendres et chaleureuses pour les passages oniriques.
La narration varie les points de vue, proposant ici une discussion posthume préparant un flashback, là le regard moqueur d'une souveraine, généralement le regard inspiré et aventureux de notre héros. C'est malheureusement sur ce point que le récit perd en profondeur et en rythme : la satire aurait mérité une gestion plus habile de la narration, une alternance plus riche et stimulante, car en l'état, cela manque un peu de piquant ici, de panache là, de pathétique parfois.
Magnifique BD donc, mais lecture teintée d'amertume : l'ampleur souhaitée et la richesse désirée du récit sont imparfaitement rendues, les événements s'enchaînent tels des passages obligés (les moulins à vent, le cheval de bois...), mais sans le souffle espéré.
J'avais vraiment adoré ma lecture de ZaÎ ... mon premier livre de Fabcaro ce qui m'a poussé à me jeter goulument sur ses autres productions. C'est probablement une erreur pour ma façon de lire. En effet je retrouve un schéma narratif et humoristique qui se ressemble beaucoup trop d'album en album. L'effet de surprise est passé et avec lui le charme de l'écriture très déjantée de l'auteur.
Ainsi dans Moon River je n'ai pas été surpris ni par de nombreux gags ou dialogues ni par la construction générale de la série. On y trouve toujours cette alternance d'un récit loufoque aux dialogues déphasés et de phases d'autodérision plus ou moins factices.
Comme j'aime bien donner du sens à ce que je lis, j'ai aimé une idée de départ bien trouvée avec un hypothétique parallèle à l'affaire Weinstein où les stars féminines hollywoodiennes devaient souvent passer par un épisode de "bites sur la joue".
Malheureusement après cette alléchante amorce, je trouve que le scénario tourne assez vite en rond et reste très superficiel.
Le graphisme reste égal d'une série à l'autre avec ces visages contrits dans un minimum de décors. Toutefois cela correspond bien à l'esprit entièrement humour de la série.
Une série qui se lit facilement et rapidement mais qui ne m'a pas fait vibrer.
Étrange album que celui-ci !
Il n’y a pas vraiment d’intrigue, ça part un peu dans tous les sens. Nous suivons un vieux type aigri et à moitié fou, incarnant la mauvaise conscience des États-Unis, dans la peau de leur allégorie, Oncle Sam donc.
Celui-ci, à travers les siècles, rappelle les horreurs commises au nom de la bannière étoilée. Les deux premiers tiers de l’album sont à la fois jouissifs, amusants, et étonnant. En effet, c’est assez rare de voir un comics dézinguer à ce point, et aussi systématiquement, les valeurs et la société américaine. Je dois dire que Darnall est exhaustif, et n’oublie aucun travers ! La noirceur, le cynisme sont donc au rendez-vous, on suit cette vision au vitriol de l’histoire américaine avec délectation, et parfois circonspection : où veut-il en venir au final ?
Et c’est un peu là que le bât blesse. En effet, dans les dernières pages, ça devient un peu de la bouillie, comme si Darnall n’avait pas su conclure son pamphlet. C’est dommage.
Le dessin de Ross est très lisible. Hyper réaliste, proche parfois dans le rendu de la photo (je pense que des photos retravaillées ont même été utilisées dans certaines cases), il accentue le côté à la fois « réaliste » et dénonciation d’un réel frelaté.
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L’Artiste à mi-temps
L'auteur raconte ce qui lui est arrivé lorsqu'il a prit un boulot d'assistant pédagogique pour pouvoir survivre vu qu'il n'arrivait pas de vivre seulement de son art. On va le voir devenir soudainement une figure d'autorité alors qu'il n'est pas du tout fait pour cela. Il va rencontrer des élèves qui sont souvent des cas sociaux et la plupart n’ont en rien à foutre de ses ateliers artistiques. L'auteur montre un coté un peu glauque de l'éducation en France, en tout cas on a presque l'impression que la jeunesse est perdu et sans espoirs, mais bon je pense qu'il doit forcer un peu le trait ou ne montrer que les anecdotes les plus croustillantes pour ne pas ennuyer le lecteur. L'album se lit bien sans être mémorable. Par moment, je n'ai pas été d'accord avec les pensées de l'auteur sur la pédagogique, mais pas au point de m'énerver contre lui. Le dessin est pas mal. En gros, un album à emprunter si le sujet vous intéresse.
Un Jour Sans Jésus
Lors de sa sortie, je me rappelle encore de mon snobisme envers cette série. Je ne l’avais même pas approché, la faute au sujet (je ne m’emballe pas quand je vois Jésus affiché), des couvertures moches et mon idée qu’un truc avec des sorties aussi rapprochées doit pas être gégé. Bref tellement rebuté de prime abord que je n’avais même pas fait attention au nom du scénariste … Tout ça pour dire que je suis con des fois, les aprioris toussa toussa, j’ai même repoussé plusieurs fois l’emprunt en me disant toujours mouais bof quand je passais devant. Aujourd’hui, je viens ici pour vous dire de ne pas faire comme moi, si vous en avez l’occasion ne boudez pas la lecture. On est pas face à de l’or en barre, il y a quelques défauts mais qu’est ce que j’ai ri !! On retrouve à la baguette les auteurs d’Octofight (un joyeux délire dans le genre anticipation). Le trait de Chico Pacheco ne m’emballe pas plus mais force de constater qu’il convient bien au genre humoristique, c’est dynamique, expressif et il produit quelques belles têtes de vainqueur. Son dessin illustre parfaitement la farce concoctée par Juncker, une sorte de vaudeville autour du corps du Christ où apôtres, romains, rebelles, marchands … s’activent dans tous les sens. Qu’est ce que c’est con !! mais qu’est ce que c’est con !!! il n’y en a pas un pour rattraper les autres. J’ai franchement rigolé de mon cœur. Quelques petites noirceurs viennent ternir le tableau mais rien de foncièrement méchant. Déjà six tomes, c’est un poil trop à mon goût, ça aurait mérité d’être plus condensé, c’est ce qui coûte la 4eme étoile. En plus mieux vaut ne pas tarder pour les enchainer, histoire de bien avoir les péripéties en tête, non pas qu’elles soient complexes mais il y a tellement de factions et de personnages que l’on a vite fait d’être perdu, je ne compte même plus le nombre de Judas croisé. Bref si vous cherchez quelque chose d’iconoclaste en plus d’un truc bien absurde, cette série est parfaite. Poilade garantie.
Mickey à travers les siècles (Dab's)
Cet album reprend et modernise le concept de la série Mickey à travers les siècles que je n'ai jamais su vraiment apprécier pour diverses raisons, l'essentiel étant son rythme trop rapide et le fait qu'aucune intrigue prenante ne s'y mettait jamais en place. Dab's réussit en partie à éviter ces écueils ici mais en partie seulement. Première modernisation, le dessin de Fabrizio Petrossi est on ne peut plus actuel. Si le style de l'école Disney italienne y est très visible, il apporte sa propre personnalité avec des visages plus caricaturaux et expressifs. Il faut une ou deux pages pour s'y faire mais après ça, j'ai bien aimé ce dessin et le travail sur les couleurs. C'est dynamique, bien mis en scène, et avec une sympathique personnalité. J'ai bien aimé l'introduction de l'histoire et sa mise en place pleine d'humour. Les deux frères savants notamment m'ont amusé et j'ai été agréablement surpris de ne pas les voir jouer des rôles de méchants basiques comme je le craignais au départ. Une fois Mickey parti dans le temps, par contre, j'ai un peu moins aimé. Les premiers sauts dans le temps sont très rapides, avec une fois de plus très peu de développement d'intrigue et juste une action et des dialogues vite expédiés. Quelques passages sont un peu plus longs, mais là encore, ils ne m'ont pas passionné. Ceci dit, j'ai bien aimé la scène avec les pirates poètes que j'ai trouvée drôle. Pour le reste, c'est divertissant mais sans plus. Note : 2,5/5
L'Ecureuil du Vel d'Hiv
Un récit plaisant, bien mis en images par Lax, qui mêle habilement Grande et petite histoire, essentiellement dans le Paris de l’occupation. Une mère discrète – mais qui va risquer sa vie pour sauver des persécutés (Allemands, puis Juifs), un père qui adule son fils aîné champion cycliste mais qui rejette son fils cadet handicapé (même si vers la fin le manichéisme s’atténue), tout côtoyant le gratin des officiers d’occupation, un frère handicapé mais qui est plein de vie, et qui va devenir un journaliste plein de verve et un résistant, et le héros, champion cycliste pour qui le Vel’ d’Hiv est une seconde maison, voilà pour le casting. Les choix, les compromissions qui s’imposent plus ou moins durant l’occupation, avec ce que cela peut révéler chez chacun, tout cela est bien montré par Lax, même s’il le fait un peu rapidement. Car cet album est aussi un hommage au cyclisme de l’époque, aux forçats de la route et surtout des planches, des 6 jours, qui gagnaient à la force des jarrets l’admiration, quelques sous. Le petit dossier final confirme en tout cas que Lax s’est documenté, et qu’il connait et admire ces « sportifs ». Une lecture agréable.
I'm every woman
Féministe militante, Liv Strömquist se livre ici à une attaque en règle de la famille nucléaire – papa, maman et les enfants. Elle essaie de faire comprendre aux femmes comment se pas se laisser forcément convaincre par ce modèle dominant. Pour ce faire, elle prend pour exemple des personnages célèbres, mâles bien entendu et détestables avec leurs épouses respectives. Ce ne devait pas être difficile à trouver, il doit y avoir l’embarras du choix à mon avis. L’auteure utilise ensuite des arguments variés pour montrer que ce modèle de famille n’est pas le seul possible et qu’il se fait assez souvent au détriment de l’épanouissement féminin. Ça passe par les exemples d’homosexualité chez les animaux et bien d’autres. Même si je trouve que sur le fond, Liv a raison et que le modèle patriarcal n’est pas le saint Graal qu’on nous vante, sa démonstration est un peu brouillonne. Je n’y ai pas retrouvé la rigueur qu’elle témoignait dans "L’Origine du Monde" où elle cernait son sujet avec force démonstration. Ce n’est pas si mal néanmoins pour aider à décortiquer la façon dont la pression sociale a longtemps fait accepter, voire désirer, aux femmes un modèle qui finalement les désavantage et les efface. Heureusement, les choses évoluent. Mais je fais confiance à l’auteure pour en garder encore sous le coude ! Quant à son univers graphique, elle reste fidèle à elle-même, pas vraiment esthétique mais peu importe, plutôt efficace.
Urgence climatique
Je reste dubitatif après la lecture de cette série consacrée à l'urgence climatique. Si je prends son côté généraliste je préfère Le Monde sans fin de Jancovici et si j'axe ma lecture sur un côté plus spécialisé je préfère de loin La Malédiction du pétrole de Jean-Pierre Pécau. J'ai tout de même trouvé cette lecture riche mais il y a de nombreux points qui m'ont insatisfaits. Tout d'abord je trouve que les auteurs utilisent beaucoup trop un argumentaire d'autorité en multipliant les citations hors de leur contexte. Légitimes ou pas, je ne suis pas expert mais je suis immédiatement réticent sur cette forme de présentation. Ensuite l'ouvrage a été conçu en pleine pandémie du Covid 19, ce qui se ressent au niveau de la réflexion des auteurs. Sur ce point je n'adhère pas à leur point de vue. En effet je ne vois pas une grande différence entre l'avant et l'après Covid dans la vie de tous les jours. De plus quand Lécroart écrit (p 26) "On est sidéré par le manque d'anticipation de nos gouvernements face à ce virus." Je trouve cela un peu facile voire populiste après la bataille. Enfin les auteurs tirent à boulets rouges sur deux sujets : le pétrole et l'agriculture intensive. Je ne suis pas climatosceptique et il est incontestable que leurs effets sont nocifs à un statuquo climatique. Malheureusement je trouve que la présentation de l'expansion du pétrole et de ce type d'agriculture uniquement présentée pour des raisons financières est un peu rapide et superficielle. Enfin puisque les auteurs mettent l'accent sur les gaz à effet de serre, je ne comprends pas qu'ils n'approfondissent pas l'épisode de la couche d'ozone et des CFC, sujet premier de la fin des années 80. Ainsi les solutions présentées (en Ouganda, en Inde, au Cambodge) restent des exemples épars. Mais pour intéressants qu'ils soient, la multiplication des exemples ne forment pas une théorie. Je sais que mes enfants auront à gérer ce défi qui aura de multiples ramifications (pollution, immigration, partage des compétences, notion de souveraineté...). Cette série , trop tournée vers le passé à mon goût, ne me donne pas de vision réaliste sur le futur. C'est ma déception. Une lecture qui reste instructive mais bien en deçà de mes attentes.
La Brute et le Divin
Après avoir lu cette BD, j'avoue ne pas vraiment savoir ce que j'ai ressenti. Tout d'abord les dessins m'ont un peu dérangé, (mais ce n'est qu'une question de gout très personnel) et j'ai en même temps été happée par les couleurs que je trouve vraiment belles. L'histoire d'Eva commence d'une façon un peu brutale. Elle décide de tout quitter pour s'installer sur une île afin de vivre une expérience différente qui l'a rapproche de l'essentiel, de la nature. J'ai beaucoup aimé le début sur l'île. Eva tente d'apprivoiser son nouvel environnement. Nous ressentons avec elle ses réussites et ses échecs. Je pense que ce passage aurait mérité plus de longueur et de prendre le temps de vivre avec elle encore un peu plus longtemps. J'ai beaucoup moins aimé la suite, avec le méchant bateau qui va venir détruire la faune et la flore aquatique. C'est évidemment un sujet très intéressant à traiter mais j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup trop de cliché ce qui fait que j'ai fini par trouver l'héroïne un peu énervante. Le gros molosse qui éjecte Eva du bateau. le "chef" qui passe par un peu tout les clichés aussi, jusqu'à leurs vêtements. Pour finir, j'ai trouvé beaucoup plus apprécié la fin, que j'ai trouvé bien emmenée.
Don Quichotte de la Manche
Le Don Quichotte de Cervantes fait partie de cette longue liste de romans qu'il me faudrait lire, mais pour lequel le temps a jusqu'à présent manqué. La BD des frères Brizzi est donc chargée d'aiguiser ma curiosité et de combler à sa manière une criante lacune littéraire. L'histoire est néanmoins connue : celle d'un humble lettré se rêvant une glorieuse vie de chevalier, celle dérisoire d'un idéaliste dont on se gausse, d'un vieillard à qui l'on retire le droit de rêver. Les illustrations des deux frères sont magnifiques, alternant de manière faiblement originale un élégant crayonné esquissé en noir et blanc pour les passages véridiques, et ce même crayonné illuminé de couleurs tendres et chaleureuses pour les passages oniriques. La narration varie les points de vue, proposant ici une discussion posthume préparant un flashback, là le regard moqueur d'une souveraine, généralement le regard inspiré et aventureux de notre héros. C'est malheureusement sur ce point que le récit perd en profondeur et en rythme : la satire aurait mérité une gestion plus habile de la narration, une alternance plus riche et stimulante, car en l'état, cela manque un peu de piquant ici, de panache là, de pathétique parfois. Magnifique BD donc, mais lecture teintée d'amertume : l'ampleur souhaitée et la richesse désirée du récit sont imparfaitement rendues, les événements s'enchaînent tels des passages obligés (les moulins à vent, le cheval de bois...), mais sans le souffle espéré.
Moon River
J'avais vraiment adoré ma lecture de ZaÎ ... mon premier livre de Fabcaro ce qui m'a poussé à me jeter goulument sur ses autres productions. C'est probablement une erreur pour ma façon de lire. En effet je retrouve un schéma narratif et humoristique qui se ressemble beaucoup trop d'album en album. L'effet de surprise est passé et avec lui le charme de l'écriture très déjantée de l'auteur. Ainsi dans Moon River je n'ai pas été surpris ni par de nombreux gags ou dialogues ni par la construction générale de la série. On y trouve toujours cette alternance d'un récit loufoque aux dialogues déphasés et de phases d'autodérision plus ou moins factices. Comme j'aime bien donner du sens à ce que je lis, j'ai aimé une idée de départ bien trouvée avec un hypothétique parallèle à l'affaire Weinstein où les stars féminines hollywoodiennes devaient souvent passer par un épisode de "bites sur la joue". Malheureusement après cette alléchante amorce, je trouve que le scénario tourne assez vite en rond et reste très superficiel. Le graphisme reste égal d'une série à l'autre avec ces visages contrits dans un minimum de décors. Toutefois cela correspond bien à l'esprit entièrement humour de la série. Une série qui se lit facilement et rapidement mais qui ne m'a pas fait vibrer.
Uncle Sam
Étrange album que celui-ci ! Il n’y a pas vraiment d’intrigue, ça part un peu dans tous les sens. Nous suivons un vieux type aigri et à moitié fou, incarnant la mauvaise conscience des États-Unis, dans la peau de leur allégorie, Oncle Sam donc. Celui-ci, à travers les siècles, rappelle les horreurs commises au nom de la bannière étoilée. Les deux premiers tiers de l’album sont à la fois jouissifs, amusants, et étonnant. En effet, c’est assez rare de voir un comics dézinguer à ce point, et aussi systématiquement, les valeurs et la société américaine. Je dois dire que Darnall est exhaustif, et n’oublie aucun travers ! La noirceur, le cynisme sont donc au rendez-vous, on suit cette vision au vitriol de l’histoire américaine avec délectation, et parfois circonspection : où veut-il en venir au final ? Et c’est un peu là que le bât blesse. En effet, dans les dernières pages, ça devient un peu de la bouillie, comme si Darnall n’avait pas su conclure son pamphlet. C’est dommage. Le dessin de Ross est très lisible. Hyper réaliste, proche parfois dans le rendu de la photo (je pense que des photos retravaillées ont même été utilisées dans certaines cases), il accentue le côté à la fois « réaliste » et dénonciation d’un réel frelaté. A emprunter à l’occasion.