Les derniers avis (49004 avis)

Par Présence
Note: 3/5
Couverture de la série Skizz - En terre Étrangère (Les Archives d'Alan Moore - Skizz)
Skizz - En terre Étrangère (Les Archives d'Alan Moore - Skizz)

Alan Moore fait son Steven Spielberg. - En 1983, Alan Moore et Jim Baikie réalisent une histoire en 23 épisodes de 4 pages parus dans 2000AD (l'hebdomadaire de prépublication anglais) qui sont regroupés dans ce tome et qui forment une histoire autonome. Un vaisseau extraterrestre s'écrase dans une région inhabitée de l'Angleterre avec à son bord une seule créature qui est interprète de profession. La procédure en place précise que la Terre est à l'écart de la civilisation interstellaire et qu'aucune technologie avancée ne doit tomber entre les mains de ses habitants. Le vaisseau s'autodétruit, autorisant cependant son passager à sortir avant l'explosion. L'être se retrouve à Birmingham où il constate à quel point les terriens sont attardés (ils ont encore recours à la violence) et à quel point ils dégradent leur planète. Skizz fuit une bagarre à la sortie d'un pub pour se réfugier dans l'appentis de jardin d'une maison de banlieue. Les propriétaires sont en vacances, et c'est Roxanne (leur fille) qui le découvre et qui le prend en charge malgré son apparence. Mais l'armée a découvert le site de l'atterrissage forcé et elle se met sur la piste de la créature. Dans l'introduction, Jim Baikie ironise sur es ressemblances entre cette histoire et E.T. l'extra-terrestre , le film de 1982 de Steven Spielberg. Au cours de l'histoire, un des personnages explique qu'il a été voir le film, mais qu'il est sorti en milieu de séance. S'agit-il d'une œuvre de commande de l'éditeur qui voulait surfer sur le succès d'ET, ou d'une coïncidence créative ? Finalement peu importe. Dans cette œuvre de jeunesse, Alan Moore raconte le premier contact avec une race extraterrestre dont un représentant se retrouve coincé à Birmingham. Moore décrit les tribulations de Skizz sur un ton premier degré avec amitié de base avec la jeune femme, apparition de 2 hommes improbables pour l'aider (un chômeur dont l'absence d'emploi a provoqué son glissement vers une légère aliénation et un jeune loubard peu inquiétant). Les figures de style imposées sont là : les forces gouvernementales paranoïaques qui ne voient en Skizz qu'une menace, les parents peu compréhensifs, la course-poursuite, etc. Ce qui rend cette histoire intéressante et la différencie d'un simple ersatz, c'est qu'elle est localisée en Angleterre. Alan Moore ne donne pas dans le réalisme social, mais il intègre quelques petites touches quotidiennes : l'appartenance des personnages principaux au prolétariat, la partie de billard au pub, la manifestation devant le laboratoire, l'aspect labyrinthique de l'échangeur de banlieue, etc. La deuxième composante qui impressionne à la lecture réside dans la logique serrée du récit. Même dans cette oeuvre mineure, le lecteur distingue déjà le souci de la cohérence logique chère à Alan Moore. Skizz n'est pas un extraterrestre lambda, c'est un interprète ce qui justifie qu'il soit capable d'assimiler relativement aisément notre langage. Roxanne prend en charge Skizz parce que ses parents sont absents pour une raison clairement expliquée. Skizz réussit à survivre dans notre atmosphère non sans mal, etc. Jim Baikie est un illustrateur anglais qui en a les meilleures qualités. Les bandes dessinées anglaises ont une longue tradition d'aventures en noir et blanc dont les dessinateurs sont capables d'évoquer les décors en quelques traits. Ici Baikie fait surgir devant nos yeux l'intérieur du vaisseau spatial, des tours réfrigérantes, un port marchand, un quartier résidentiel, les toilettes de l'appartement de Roxanne, le paysage de la planète de Skizz, l'échangeur autoroutier, la camionnette, le pub, etc. Et tout évoque tout de suite la familiarité de ses objets, leur coté quotidien, la vraisemblance de leur existence. Jim Baikie les détaille juste assez pour que ces endroits deviennent palpables pour le lecteur, mais pas tout à fait assez pour que le lecteur ait l'impression d'y être. Il reste un sentiment d'artificialité ; c'est nettement mieux que le schéma, mais pas assez adulte pour devenir un lieu précis à part entière. Il y a un gros travail en ce qui concerne les visages où chaque personnage dispose de caractéristiques faciales très spécifiques (avec une mention spéciale pour les punks en train de se battre à la sortie du pub). Pour finir l'encrage donne un aspect un peu sec, un peu tranché aux illustrations qui pourront manquer de rondeur aux yeux de certains lecteurs. Cette histoire se laisse lire d'une traite. Elle constitue un récit linéaire sur la base d'illustrations plus que fonctionnelles (mais avec un graphisme que je trouve un rêche). Alan Moore a décidé de rendre hommage à Steven Spielberg et il en rajoute même une couche dans la scène finale qui évoque Rencontres du troisième type (1977). Ce tome fait partie des rééditions des histoires d'Alan Moore écrites pour 2000AD avec The Ballad of Halo Jones, Future Shocks et D.R. and Quinch.

10/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Voyages de rêve
Voyages de rêve

Ce recueil regroupe des travaux de commande, réalisés par Giardino pour le supplément « voyages et vacances » d’un grand quotidien (première histoire), pour un hommage à Piero della Francesca commandé par une banque (troisième histoire) et des histoires parues en revue (Corto Maltese pour la dernière). Seule la deuxième est, à ma connaissance, inédite. La première histoire, qui transpose l’histoire de la Circé d’Homère dans notre époque est intéressante et plaisante, même si elle manque de développement. La deuxième histoire, autour d’un vieil écrivain visité par un jeune auteur admirateur est à la fois courte et avec des longueurs. Mais la perversité qui pointe aurait mérité d’être mieux développée (la facilité scénaristique du rêve aurait pu être évitée au profit d’un récit plus réaliste). Là aussi, un matériau pas assez exploité je trouve. Les deux dernières histoires ne m’ont pas vraiment captivé. Je les ai trouvées quelconques. Le dessin de Giardino, très réaliste et classique, est agréable, fluide (le trait est peut-être un peu plus – et un peu trop gras – dans la deuxième histoire). A emprunter à l’occasion. Note réelle 2,5/5.

10/04/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
Couverture de la série Glacé - d'après Bernard Minier
Glacé - d'après Bernard Minier

Ce Glacé est une adaptation d'un roman de Bernard Minier avec un personnage récurrent de ses bouquins, le commandant Martin Servaz. Un album qui porte bien son nom, puisque nous sommes en hiver dans les Pyrénées. Une intrigue qui commence bizarrement, puisqu'une enquête va être ouverte après la découverte du cadavre d'un cheval, suspendu par des cordes, éventré et décapité. Une enquête qui va vite bifurquer sur des faits beaucoup plus anciens. Rien de bien surprenant dans ce policier, quelques facilités scénaristiques pour faire avancer ladite enquête et des personnages très classiques qui manquent de coffre. Un récit qui pourra faire penser effectivement à "Les Rivières Pourpres", mais aussi légèrement au "Silence des Agneaux" avec la mise en scène du cheval et la fuite en ambulance. Ça souffre d'un manque d'originalité. Je ne suis pas fan du dessin de Mig, même si j'avais apprécié sa proposition graphique, très différente dans Puzzle (Thilliez). Les décors sont réussis, les personnages sont identifiables facilement et les couleurs retranscrivent bien le froid mordant de l'hiver. Du bon boulot. En conclusion, une lecture sympathique, mais pas inoubliable.

10/04/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série L'Oeil de la Forêt
L'Oeil de la Forêt

Dommage pour moi, cette lecture arrive après plusieurs autres de Tirabosco et je suis beaucoup moins enthousiaste à cette lecture, qui me semble moins bonne que celles que j'ai déjà faites. Tirabosco me fascine par son trait charbonneux qui arrive à faire ressortir tout ce qu'il souhaite de silhouette et d'ombre comme relief. C'est toujours aussi plaisant à voir et je suis convaincu de lire ses ouvrages pour me régaler les mirettes. Maintenant, l'ouvrage ici est un thriller tout ce qu'il y a de plus classique dans son déroulé, et je dirais que malheureusement la fin se fait un peu sentir. Il manque une consistance à l'ouvrage qui n'est conçu qu'autour de 4 personnages. C'est un peu juste pour établir un véritable mystère et je trouve d'autre part que la fin manque de punch. Il y avait quantité de détails que j'aurais aimé voir développé, comme l'aspect à la nature, la question du racisme ou des violences dans la famille, qui auraient pu être développée. La fin est un peu trop rapide à mon gout, il y aurait eu matière à faire de véritables envolés sur ces sujets, qui restent finalement une simple toile de fond posant quelques questions pertinentes sans aller au-delà. Je pense que j'ai trop de lectures dans les dents pour arriver à me contenter de ça maintenant. Je suis donc un peu déçu de cet ouvrage qui a quelques idées bonnes mais ne développe pas au-delà de ce cadre. L'auteur reste un excellent dessinateur et son scénario ouvre beaucoup de pistes que je l'aurais bien vu emprunter. Trop court, donc, mais pas mauvais. Pour une première approche de l'auteur, c'est sans doute une bonne piste ! Mais je trouve Kongo bien supérieur.

09/04/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Histoires inavouables
Histoires inavouables

Plutôt pas mal ce récit. Je voulais lire depuis longtemps ce qu'Ovidie fait en bande-dessinée (et je garde Les Cœurs insolents dans ma ligne de mire) mais j'ai commencé par ce premier recueil de récits érotiques. Une BD dessinée par Jérôme d'Aviau qui avait déjà exercé son trait dans un ouvrage collectif, Premières fois, plutôt bon. Ici, c'est une collection de petites histoires de fantasmes. Toutes ou presque sont menée autour d'une femme et de son plaisir, tandis que les histoires déroulent des situations présentées comme réel (et je veux bien le croire). C'est plutôt bien menée, les fantasmes variés et on a des propositions amusantes parfois, assez symbolique sur la place de l'homme aussi (entre sensation de possession des femmes ou rejet total de toute expérience homosexuelle), mais aussi avec des variantes assez peu vue de certaines situations (comme la tromperie lors d'un repas de famille). Bref, c'est une collection d'histoires très sympathique que je recommande. La lecture est franchement agréable, pas forcément émoustillante mais qui sort du lot des productions du genre. Je dirais qu'on est dans le haut du panier des nouvelles érotiques. Note réelle : 3.5

09/04/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Fuite du cerveau
La Fuite du cerveau

Même si le concept de cette BD se base sur une histoire vraie, la manière dont l'auteur l'a romancée n'a pas su m'entrainer dans son délire. Je reconnais que c'est original. Imaginer la cavale d'un médecin légiste, de sa maîtresse neurologue, du cerveau en bocal d'un génie scientifique et du corps miraculeusement réanimé de ce dernier, ce n'est pas un sujet qu'on voit tous les jours. D'autant que les différentes complexités de l'intrigue et les divers méandres du récit sont eux aussi assez inattendus : difficile de deviner à l'avance où cela va nous amener et par quelles péripéties. Et le dessin lui aussi est bien, adapté tant pour l'aventure que pour les aspects humoristiques du récit. Pour autant, je n'ai pas été charmé. J'ai ressenti peu d'empathie pour les 2 héros masculins, un peu plus pour leur compagne féminine. Et globalement, j'ai trouvé que l'intrigue manquait d'accroche. Certes j'apprécie son originalité et ses différentes touches d'humour, mais elle m'a peu amusé et peu captivé. J'ai décroché une ou deux fois en cours de lecture. J'avoue que je m'attendais à mieux.

09/04/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Jean-Pierre Leureux
Jean-Pierre Leureux

Voila un album original et divertissant. Nous suivons les tribulations d'un homme moyen, voir en dessous de la moyenne, dans sa quête de la richesse, du bonheur et surtout d'une paire de fesse pour combler son appétit sexuel. Disons que le début ne vole pas très haut mais s'amuse sur le looser qui finit toujours par arriver à tirer son coup sans pour autant être satisfait. Un auteur visiblement médiocre qui n'arrive jamais à publier et jalouse/déteste d'Ormesson. Un personnage qui reste pourtant sympathique, surtout au fur et à mesure des albums. On passe du looser antipathique et obsédé à un homme malchanceux mais qui semble aussi faire plaisir aux femmes qui croiseront sa route. Et je dois dire que c'est cet aspect finalement plus touchant qui reste en dernière lecture (surtout parce que ça transparait dans les dernières histoires de l'album) : Jean-Pierre Leureux est un homme qui sait faire plaisir à ces dames qu'il croise, malgré tout ses défauts. Que ce soit des jeunes, des vieilles, des moches, il baise à tout va et sait contenter sa moitié, quitte à tout essayer (jusqu'à l'absurde). La BD est sortie en 87 et semble avoir capté quelque chose de nouveau dans l'air du temps. Ce paumé de la vie qui tente vainement d'être artiste est sympathique parce qu'il assume tout ce qui l'anime et qu'il ne donne jamais l'impression d'être un colossale gros beauf. Si les scènes sont parfois absurde au dernier degré, on y descelle un brin de poésie parfois, une note plus humaine et un absurde qui s'invite discrètement. C'est le genre de BD un peu à part, un OVNI qui n'aura probablement jamais de grande renommée qui n'est pas franchement mauvais. Pour ma part, je ne pense pas la relire ou l'acheter, mais j'ai été amusé lors de ma lecture et j'en ressors avec une tendresse pour ce personnage. Un humain ordinaire mais en même temps à part. Original !

09/04/2024 (modifier)
Couverture de la série El Perdición
El Perdición

La série est peut-être abandonnée, je ne sais pas. Je dirais que d’autres aventures pouvaient et semblaient être envisagées, mais qu’il n’y a pas eu de suite. Mais cet album peut vraiment se lire comme un one-shot, pas de risque de frustration à ce niveau (mais j’aurais vraiment aimé qu’il y ait des « suites !). En tout cas j’ai bien aimé cette aventure de pirates, sommes toutes assez classique, et avec une intrigue pas forcément tortueuse. Mais la lecture est plaisante, c’est dynamique et fluide, on ne s’ennuie jamais. J’ai surtout apprécié le dessin de Carlos Puerta, qui m’a un peu fait penser à celui de Carlos Nine (pour le personnage original de Claudine) – en moins étrange quand même. J’ai aussi beaucoup aimé la colorisation, sombre (parfois trop, c’est le seul bémol, certaines cases sont difficiles à lire). Une petite lecture sympathique, qui mérite le détour. Note réelle 3,5/5.

09/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Vers le sud
Vers le sud

J’avais découvert – et grandement apprécié ! – le travail de Blair sur « L’accident de chasse », et je le retrouve ici avec plaisir, sur un projet différent, des éditions Martin de Halleux, toujours exigeantes, avec une collection au concept strict, sans doute frustrant, mais dont le résultat visuel est toujours excellent. Bien sûr, c’est très vite lu. Mais il se dégage quand même beaucoup de poésie dans cette petite histoire d’un homme qui construit un aéroport pour oiseaux, pour ensuite s’envoler lui-même. Avec une fin ouverte. Effectivement, comme le signale l’éditeur dans sa présentation, le rendu est influencé par le travail d’Edward Gorey (dont j’aime beaucoup les recueils de dessins). Un petit plaisir à découvrir.

09/04/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Saison de sang
Saison de sang

Je pense que la plupart des lecteurs vont être d'accord sur le fait que le dessin de cet album est très bon. Le trait est plein d'énergie et de dynamisme. La mise en page est très cinématographie. C'est simple j'avais presque l'impression de voir un film d'animation. Dommage que le scénario ne soit pas de cette même qualité. C'est une bande dessinée muette et elles souffrent des défauts récurrents que je retrouve dans ce style de BD. Je n'arrive pas à m'attacher aux personnages et il manque des informations pour totalement rentrer dans le récit. Heureusement, le scénario est linéaire et on comprend ce qui se passe. C'est peut-être un peu trop linéaire parce que le récit est sans grand surprise. Un peu comme un film d'animation pour enfants qui passionne les jeunes et un peu moins le spectateur plus vieux qui a déjà vu ce type de récit plusieurs fois.

08/04/2024 (modifier)