Comme Arzak, je suis assez séduit. Dans l'exercice extrêmement périlleux de l'histoire courte, "Capitaine Laguibole" est une réussite du genre. Drôle et touchant, Abuli livre des scénarios assez égaux le long des deux tomes (le deuxième a été pré-publié dans BoDoï), avec notamment un mousse bien marrant qu'essaie de protéger sa mère. On n'est pas tout à fait dans la parodie ni dans la description de la réalité sanglante de la flibusterie et Abuli marche brillament sur ce fil d'équilibriste. Rossi, dans un style encore différent de "Tirésias" et de "West" nous montre la énième corde de son arc (tout le monde parle de Giraud/Moébius mais Rossi n'est pas mal non plus dans le genre). Il est juste dommage que l'ensemble manque un peu de fond, les histoires, bien que très marrantes, restent souvent un peu superficielles, faute de place.
Ah, Horace, le plus grand cheval du Rio grande à l'ouest du Pécos, feignant comme Rantanplan et n'hésitant pas à abandonner lâchement son cavalier dès que la situation tourne un peu au vinaigre. Je me poilais vraiment quand je lisais ça dans "Pif gadget", notamment lorsqu'Horace se déguisait en Zorro et pourchassait les vilains à dos d'homme. Un des must de la BD jeunesse des années 80 avec Les Tristus et les Rigolus.
Le premier tome du "Serpent sous la glace", louvoie entre quête initiatique et thriller et il faut reconnaître que la sauce prend plutôt bien, même si ce premier m'apparait également inférieur au premier tome de "L'écharde". Giroud, fidèle à son passé d'historien, aime à ancrer ses récits dans les tourments de l'Histoire et cette synergie donne souvent beaucoup de force à l'ensemble ; c'est encore le cas ici.
Javanovic montre que l'école ex-yougoslave est probablement la plus dynamique aujourd'hui en Europe après la sacro-sainte franco-belge ; son dessin, pas encore épuré de ses influences et totalement maîtrisé devrait, je pense, aller en s'améliorant et gagner un peu en dynamisme, qui lui fait, pour le moment, un peu défaut.
Un mot enfin sur le concept de la collection, novateur et très couillu ; après le décalogue, voilà un autre concept à la hauteur du grand Giroud.
La boxe est un sujet qui tient à coeur Baru. Oui, l'auteur avait déjà abordé ce thème en 1990 avec son album : Le chemin de l'amérique. Il renouvelle, ici, l'expérience avec l'Enragé, un album qui , on peut le dire, ne manque pas de punch.
Ce sport n'est vraiment pas ma tasse de thé car je trouve cette discipline trop violente à mon goût. Pourtant, je me suis plongé dans cette histoire sans retenue et avec une certaine curiosité. Je pense que cela est dû au style de l'auteur. Oui, celui-ci fait souvent mouche en s'attardant plus sur les relations humaines au détriment de l'action et des faits. De ce fait, les personnages sont souvent attachants et leur avenir est toujours intéressant. Le scénariste nous parle donc, ici, d'un jeune homme issu de la banlieue qui va faire une ascension fulgurante en tant que boxeur. Le scénario est plutôt réussi. On retrouve, ici, les thèmes qui sont chers à Baru. C'est-à-dire le racisme, la vie dans les HLM, l'amitié, les rapports parents-enfants, etc... A travers cela, on va suivre le parcours de ce sportif qui, comme le titre l'indique, ne manque pas de caractère. Bien sûr, l'auteur s'attarde également sur ses relations tendues entre son père et lui ainsi que sur le monde de la boxe. Un milieu que je ne connaissais pas et qui m'a semblé parfois malsain et souvent à la base de certaines magouilles.
Le point fort de cette histoire, c'est qu'au début du récit, on se retrouve en plein tribunal avec dans le box des accusés, notre héros. Ce qui est intéressant, c'est qu'en fermant l'album, on ne sait toujours pas pourquoi il se trouve là, cela nous permet d'espérer quelques rebondissements dans le tome 2.
J'ai noté que, exceptionnellement, Baru a mis ses personnages secondaires en retrait. Ce qui, je pense, était nécessaire pour bien cerner la personnalité de notre champion.
Niveau graphisme, j'ai trouvé que le dessinateur était en grande forme. Son traît est très aéré et la présence de grandes cases donne de l'ampleur à son travail.
Un point qui me frappe toujours quand je lis une bd de cet auteur, c'est la manière avec laquelle il dessine le sentiment de colère. C'est assez spectaculaire et toujours très expressif.
Pour les couleurs, malgrés le changement d'éditeur, c'est toujours Daniel Ledrand qui s'y colle avec beaucoup de réussite. Comme quoi, on ne change pas une équipe qui gagne !
J'attendais cet album avec beaucoup d'impatience. Résultat : il est clair que faire mieux que "L' Autoroute du Soleil" serait difficile. Pourtant, le scénario de "L'Enragé" est convaincant et très agréable à lire. J'attends la suite avec beaucoup d'impatience.
A suivre !!!
Je suis un petit peu moins enthousiaste pour cette série que pour "L’écharde" du même scénariste et dans la même collection "Secrets". Mais cela reste de la bd de très bonne facture et j’ai hâte de lire la suite de ce roman graphique qui lorgne vers le thriller. Ca se dévore comme du petit lait. A la fin du tome, bien des questions restent sans réponses mais force est de remarquer qu’elles ont été bien posées.
2.5
C'est assez marrant comme BD, les souvenirs que j'en ai sont plutôt positifs, j'ai bien dû rire dessus quelques fois.
Le cadre est original, un club de vacances, les gags relatifs le sont un peu moins, ils se suivent et se ressemblent un peu, c'est pas une nouveauté dans leur genre.
Les dessins ben c'est du Dupuis humour quoi ;)
En bref, une BD à ne pas acheter. Surtout avec la quantité qu'il en existe bien plus originale et drôle, mais qui peut faire passer un bon moment (surtout si vous n'avez rien à faire d'autre...).
"Diane de Gran Lieu" a les qualités de "Hilda" (dessin vraiment réussi, orgies de stupre gargantuesques) sans le défaut majeur, à savoir des espèces de monstres baisant à toutes les pages.
Bon, par contre, ça reste du Kovacq, soit une histoire souvent assez limite qui, à l'image de ce que pouvait écrire le divin marquis, mélange allègrement sexe, domination, inceste, mort et anticléricalisme, ce qui en choquera beaucoup.
Y a pas à tortiller, Riverstone peint comme un dieu. Oui, c'est vrai le scénar ne vole franchement pas haut, les dialogues sont souvent ridicules voire vulgaires (dans le mauvais sens, pas franchement excitant) mais les dessins sont sublimes. Il manque juste un scénariste, c'est pas grand chose lol :)
Isabelle Dethan est vraiment un des plus grands dessinateurs actuels. Ses planches sont de toute beauté et la luminosité qui se dégagent de celles-ci est sans égale ; on est proprement soufflé devant la majesté de certaines scènes. Ce qui rend cette série, pour l'instant, légèrement inférieure au Roi Cyclope, c'est le manque d'originalité et de profondeur du scénario : certes le cadre de l'ancienne Egypte est peu usité (il n'est pas sans rappeler celui de Memoire de sable) mais les intrigues qui s'y déroulent sont vraiment trop classiques pour déchaîner l'enthousiasme, quoique le second cycle soit beaucoup plus novateur, l'univers confiné du harem apportant un côté huis-clos psychologique très réussi.
Mouais. "Supreme Power" commence un peu comme une réécriture du mythe de Superman : un vaisseau contenant un bébé s'écrase sur Terre. Mais le bébé est pris en charge par le gouvernement américain, qui va le mettre sous cocon et lui inculquer le respect, l'amour de la patrie (= nous les Etats-Unis on est les gentils, les autres sont méchants si on te le dit et alors là il faudra aller leur pêter la gueule). Il faut dire qu'il a des pouvoirs tels que "incinérer instantanément un chiot", voler évidemment, et qu'il est doté de sens hyper-développés...
Par contre le récit ne se concentre pas que sur ce personnage (Mark, alias Hypérion), même s'il est pour l'instant central. On y découvre également la naissance d'autres super héros, de façons diverses et aux pouvoirs variés. Les scènes ont d'ailleurs tendance à s'entrecouper assez fréquemment, et de manière plutôt peu équilibrée.
La manipulation du personnage d'Hypérion est intéressante. Il devient malgré lui la chose du gouvernement, et on comprend facilement la signification du mot Aliénation en lisant ce tome. Il ne s'agit toutefois pour l'instant que d'une mise place... c'en est même parfois presque désespérant de lenteur...
Autre point intéressant et quelque peu surprenant : l'apparition des présidents successifs des Etats-Unis sous leur vrais nom et visages. O_o C'est tellement rare de voir Clinton, Bush (père) ou Jimmy Carter que ça frappe.
Mais bon... Tout cela manque quasi totalement d'originalité. Ce n'est guère plus qu'une redite du thème classique du super héros mal dans sa peau, avec ses problèmes existentiels très humains, et la difficulté de ses rapports avec la société humaine. Pour un peu ça en deviendrait presque chiant, surtout que l'album est long.
Sentiments mitigés donc. Clairement pas original, mais quand même assez agréable à lire.
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Capitaine La Guibole
Comme Arzak, je suis assez séduit. Dans l'exercice extrêmement périlleux de l'histoire courte, "Capitaine Laguibole" est une réussite du genre. Drôle et touchant, Abuli livre des scénarios assez égaux le long des deux tomes (le deuxième a été pré-publié dans BoDoï), avec notamment un mousse bien marrant qu'essaie de protéger sa mère. On n'est pas tout à fait dans la parodie ni dans la description de la réalité sanglante de la flibusterie et Abuli marche brillament sur ce fil d'équilibriste. Rossi, dans un style encore différent de "Tirésias" et de "West" nous montre la énième corde de son arc (tout le monde parle de Giraud/Moébius mais Rossi n'est pas mal non plus dans le genre). Il est juste dommage que l'ensemble manque un peu de fond, les histoires, bien que très marrantes, restent souvent un peu superficielles, faute de place.
Horace Cheval de l'Ouest
Ah, Horace, le plus grand cheval du Rio grande à l'ouest du Pécos, feignant comme Rantanplan et n'hésitant pas à abandonner lâchement son cavalier dès que la situation tourne un peu au vinaigre. Je me poilais vraiment quand je lisais ça dans "Pif gadget", notamment lorsqu'Horace se déguisait en Zorro et pourchassait les vilains à dos d'homme. Un des must de la BD jeunesse des années 80 avec Les Tristus et les Rigolus.
Secrets - Le Serpent sous la glace
Le premier tome du "Serpent sous la glace", louvoie entre quête initiatique et thriller et il faut reconnaître que la sauce prend plutôt bien, même si ce premier m'apparait également inférieur au premier tome de "L'écharde". Giroud, fidèle à son passé d'historien, aime à ancrer ses récits dans les tourments de l'Histoire et cette synergie donne souvent beaucoup de force à l'ensemble ; c'est encore le cas ici. Javanovic montre que l'école ex-yougoslave est probablement la plus dynamique aujourd'hui en Europe après la sacro-sainte franco-belge ; son dessin, pas encore épuré de ses influences et totalement maîtrisé devrait, je pense, aller en s'améliorant et gagner un peu en dynamisme, qui lui fait, pour le moment, un peu défaut. Un mot enfin sur le concept de la collection, novateur et très couillu ; après le décalogue, voilà un autre concept à la hauteur du grand Giroud.
L'Enragé
La boxe est un sujet qui tient à coeur Baru. Oui, l'auteur avait déjà abordé ce thème en 1990 avec son album : Le chemin de l'amérique. Il renouvelle, ici, l'expérience avec l'Enragé, un album qui , on peut le dire, ne manque pas de punch. Ce sport n'est vraiment pas ma tasse de thé car je trouve cette discipline trop violente à mon goût. Pourtant, je me suis plongé dans cette histoire sans retenue et avec une certaine curiosité. Je pense que cela est dû au style de l'auteur. Oui, celui-ci fait souvent mouche en s'attardant plus sur les relations humaines au détriment de l'action et des faits. De ce fait, les personnages sont souvent attachants et leur avenir est toujours intéressant. Le scénariste nous parle donc, ici, d'un jeune homme issu de la banlieue qui va faire une ascension fulgurante en tant que boxeur. Le scénario est plutôt réussi. On retrouve, ici, les thèmes qui sont chers à Baru. C'est-à-dire le racisme, la vie dans les HLM, l'amitié, les rapports parents-enfants, etc... A travers cela, on va suivre le parcours de ce sportif qui, comme le titre l'indique, ne manque pas de caractère. Bien sûr, l'auteur s'attarde également sur ses relations tendues entre son père et lui ainsi que sur le monde de la boxe. Un milieu que je ne connaissais pas et qui m'a semblé parfois malsain et souvent à la base de certaines magouilles. Le point fort de cette histoire, c'est qu'au début du récit, on se retrouve en plein tribunal avec dans le box des accusés, notre héros. Ce qui est intéressant, c'est qu'en fermant l'album, on ne sait toujours pas pourquoi il se trouve là, cela nous permet d'espérer quelques rebondissements dans le tome 2. J'ai noté que, exceptionnellement, Baru a mis ses personnages secondaires en retrait. Ce qui, je pense, était nécessaire pour bien cerner la personnalité de notre champion. Niveau graphisme, j'ai trouvé que le dessinateur était en grande forme. Son traît est très aéré et la présence de grandes cases donne de l'ampleur à son travail. Un point qui me frappe toujours quand je lis une bd de cet auteur, c'est la manière avec laquelle il dessine le sentiment de colère. C'est assez spectaculaire et toujours très expressif. Pour les couleurs, malgrés le changement d'éditeur, c'est toujours Daniel Ledrand qui s'y colle avec beaucoup de réussite. Comme quoi, on ne change pas une équipe qui gagne ! J'attendais cet album avec beaucoup d'impatience. Résultat : il est clair que faire mieux que "L' Autoroute du Soleil" serait difficile. Pourtant, le scénario de "L'Enragé" est convaincant et très agréable à lire. J'attends la suite avec beaucoup d'impatience. A suivre !!!
Secrets - Le Serpent sous la glace
Je suis un petit peu moins enthousiaste pour cette série que pour "L’écharde" du même scénariste et dans la même collection "Secrets". Mais cela reste de la bd de très bonne facture et j’ai hâte de lire la suite de ce roman graphique qui lorgne vers le thriller. Ca se dévore comme du petit lait. A la fin du tome, bien des questions restent sans réponses mais force est de remarquer qu’elles ont été bien posées.
Cactus Club
2.5 C'est assez marrant comme BD, les souvenirs que j'en ai sont plutôt positifs, j'ai bien dû rire dessus quelques fois. Le cadre est original, un club de vacances, les gags relatifs le sont un peu moins, ils se suivent et se ressemblent un peu, c'est pas une nouveauté dans leur genre. Les dessins ben c'est du Dupuis humour quoi ;) En bref, une BD à ne pas acheter. Surtout avec la quantité qu'il en existe bien plus originale et drôle, mais qui peut faire passer un bon moment (surtout si vous n'avez rien à faire d'autre...).
Diane de Grand Lieu
"Diane de Gran Lieu" a les qualités de "Hilda" (dessin vraiment réussi, orgies de stupre gargantuesques) sans le défaut majeur, à savoir des espèces de monstres baisant à toutes les pages. Bon, par contre, ça reste du Kovacq, soit une histoire souvent assez limite qui, à l'image de ce que pouvait écrire le divin marquis, mélange allègrement sexe, domination, inceste, mort et anticléricalisme, ce qui en choquera beaucoup.
Chloé - Trop plein d'écume
Y a pas à tortiller, Riverstone peint comme un dieu. Oui, c'est vrai le scénar ne vole franchement pas haut, les dialogues sont souvent ridicules voire vulgaires (dans le mauvais sens, pas franchement excitant) mais les dessins sont sublimes. Il manque juste un scénariste, c'est pas grand chose lol :)
Sur les Terres d'Horus
Isabelle Dethan est vraiment un des plus grands dessinateurs actuels. Ses planches sont de toute beauté et la luminosité qui se dégagent de celles-ci est sans égale ; on est proprement soufflé devant la majesté de certaines scènes. Ce qui rend cette série, pour l'instant, légèrement inférieure au Roi Cyclope, c'est le manque d'originalité et de profondeur du scénario : certes le cadre de l'ancienne Egypte est peu usité (il n'est pas sans rappeler celui de Memoire de sable) mais les intrigues qui s'y déroulent sont vraiment trop classiques pour déchaîner l'enthousiasme, quoique le second cycle soit beaucoup plus novateur, l'univers confiné du harem apportant un côté huis-clos psychologique très réussi.
Supreme Power
Mouais. "Supreme Power" commence un peu comme une réécriture du mythe de Superman : un vaisseau contenant un bébé s'écrase sur Terre. Mais le bébé est pris en charge par le gouvernement américain, qui va le mettre sous cocon et lui inculquer le respect, l'amour de la patrie (= nous les Etats-Unis on est les gentils, les autres sont méchants si on te le dit et alors là il faudra aller leur pêter la gueule). Il faut dire qu'il a des pouvoirs tels que "incinérer instantanément un chiot", voler évidemment, et qu'il est doté de sens hyper-développés... Par contre le récit ne se concentre pas que sur ce personnage (Mark, alias Hypérion), même s'il est pour l'instant central. On y découvre également la naissance d'autres super héros, de façons diverses et aux pouvoirs variés. Les scènes ont d'ailleurs tendance à s'entrecouper assez fréquemment, et de manière plutôt peu équilibrée. La manipulation du personnage d'Hypérion est intéressante. Il devient malgré lui la chose du gouvernement, et on comprend facilement la signification du mot Aliénation en lisant ce tome. Il ne s'agit toutefois pour l'instant que d'une mise place... c'en est même parfois presque désespérant de lenteur... Autre point intéressant et quelque peu surprenant : l'apparition des présidents successifs des Etats-Unis sous leur vrais nom et visages. O_o C'est tellement rare de voir Clinton, Bush (père) ou Jimmy Carter que ça frappe. Mais bon... Tout cela manque quasi totalement d'originalité. Ce n'est guère plus qu'une redite du thème classique du super héros mal dans sa peau, avec ses problèmes existentiels très humains, et la difficulté de ses rapports avec la société humaine. Pour un peu ça en deviendrait presque chiant, surtout que l'album est long. Sentiments mitigés donc. Clairement pas original, mais quand même assez agréable à lire.