Apprécier ou non les œuvres de Gipi me semble une question de sensibilité tant que je vois des gens les ressentir intensément alors que moi j'ai toujours eu du mal à y accrocher.
Il en est de même pour son graphisme que je n'aime guère dans ses œuvres en noir et blanc. Mais dans cet album là, les passages en noir et blanc ne sont pas très nombreux et j'ai pu constater que ceux en couleurs me plaisent bien davantage. Gipi y fait usage d'une colorisation à l'aquarelle qui écrase souvent les détails et donne une atmosphère assez brumeuse à beaucoup de scènes mais qui dégage une belle lumière et une âme et une beauté qui me parlent bien davantage. Et puis cette utilisation intensive de l'aquarelle fait le lien avec le thème de l'eau qui ponctue le récit.
Pour autant, je n'ai pas réussi à accrocher au récit, du moins pas autant qu'il le faudrait.
Je ne parle pas du côté complexe des premiers chapitres avec leurs différentes trames narratives parallèles qui s'entremêlent. Je ne suis pas réfractaire à ce genre de narration et j'aime y démêler le sens caché et comprendre comment ces récits interagissent. Ce fut un peu compliqué car, autant il m'est très vite apparu qu'ils avaient tous un lien avec le personnage principal, cet humoriste face à sa mère mourante, autant l'auteur lève très doucement le voile et maintient une structure narrative qui semble se vouloir volontairement embrouillée. Ce n'est que vers le milieu de l'album que j'ai compris qui était quoi et l'origine de ces histoires qui semblaient initialement sans lien. Il me reste des parts de doute, notamment le rapport avec l'eau primitive et le feu, même si je suppose que c'est en lien avec le sujet de l'apparition de la vie et son absence justement en cas de stérilité.
Au final, cet album a mis un long moment à élaborer son discours à mes oreilles mais finit donc par révéler sa plongée dans les doutes psychologiques d'un homme perdu. Au moment de la fin de vie de sa mère avec qui il a peu de liens, il est tourmenté par sa propre angoisse de sa stérilité qu'il a initialement prise comme quelque chose de négligeable car ça ne le dérangeait pas de ne pas avoir d'enfants de son sang et éventuellement d'adopter, mais qui en réalité le ronge inconsciemment. Les récits parallèles sont le reflet de cette angoisse, celle d'un homme primitif qui enrage de ne pas pouvoir avoir de descendance, celle d'un soldat qui instinctivement ressent la joie d'être encore en vie malgré les circonstances, celles des gênes eux-mêmes qui voient en lui le bout d'un voyage qui avaient duré depuis des millions d'années, bref l'angoisse d'une fin de vie au sens où il ne perpétuera plus la race. Et s'y ajoute aussi l'enfant qu'était le personnage principal qui vient juger l'adulte qu'il est devenu et qui se moque en partie de son comportement et met le doigt sur le déni dont il a fait preuve jusqu'à présent.
Ce n'est que sur la toute fin de l'album que j'ai commencé à y ressentir une certaine émotion. Mais celle-ci était liée à la fin de vie de la mère qui m'a touché car j'ai enterré il y a très peu de temps la mère de ma femme. Inversement, j'ai assez peu ressenti d'empathie envers le héros et ses tourments de l'esprit. Je comprends l'angoisse qu'une stérilité implique et toutes les questions psychologiques et inconscientes que cela implique, mais leur mise en scène ici m'a peu parlé, la faute en grande partie à cette structure narrative volontairement décousue : je la trouve un peu pénible, j'y vois presque un tic narratif agaçant plutôt qu'une réalisation à même de me toucher.
Et surtout, je me suis senti frustré à la fin de l'album car je n'y ai pas vu de réelle conclusion. Je n'ai pas su comprendre où en était arrivé l'auteur et le message final qu'il a voulu passer. C'est comme si le récit restait en suspens, à part un rapprochement du fils avec sa mère, et ne résolvait presque rien sur le sujet de la stérilité et de la perte de repères du héros. Mais peut-être suis-je passé à côté de cette fin, comme d'une partie du récit qui l'a précédé. Sauf que comme j'ai pris peu de plaisir à cette lecture, je n'ai pas forcément envie de m'y replonger pour mieux comprendre.
Abécédaire muet de Guy Delisle. Chaque histoire courte porte le nom d'une femme à commencer par Aline et tous les scénarios sont un peu similaires et étranges avec des corps qui s'entremêlent, se cassent, se déforment. Exercice de style qui ne laisse pas un souvenir impérissable. Le dessin n'est pas extraordinaire non plus mais le rythme est vif, rapide, l'auteur étant un spécialiste du dessin animé.
L'une des histoires m'a fait penser au récent Peau d'Homme où on voit une femme s'engouffrer littéralement dans le corps d'un homme comme d'un costume. Pas mal d'humour dans ces historiettes.
J’aime bien « Les Profs » et « Les Gendarmes » mais je n’aime pas trop « Les pompiers ».
C’est assez plat, les personnages sont plats, tout comme les gags qui sont assez peu ouf..
Le dessin est pas moche, il est plutôt bien fichu, mais je n’en suis pas vraiment fan.
En fait Bamboo c’est pas mal mais il y a des fois des séries qui sont moins bonnes que d’autres, c’est très inégal.
Celle là en fait partie.
Je pense avoir un réel problème avec les histoires psychologiques de Jeff Lemire. J'ai trouvé ce one-shot terriblement ennuyeux.
Il faut dire que le dessin n'aide pas du tout, c'est le style réaliste sans personnalité et froid que je n'aime pas du tout. Il y a aucune émotion qui ressort du dessin hormis l'ennui. En revanche, j'ai bien aimé le dessin des scènes sur le clown fictif Mr Smile et j'aurais aimé que ça soit le style de toute l'album ! Quant au scénario, je l'ai trouvé assez prévisible. On devine facilement que tout va mal finir pour le pauvre psychiatre qui va peu à peu sombrer dans la folie à cause du Joker Bon, j'ai rien contre une histoire prévisible si c'est bien. Par exemple, dans le film Joker on sait que ça va mal finir pour Arthur, mais c'est montré de manière intéressante alors qu'ici je me suis ennuyé. Les monologues m'ont souvent paru prétentieux.
Il y aussi comme bonus un récit centré sur Batman dont je n'ai pas compris l'intérêt vu que le récit ne semble même pas avoir de vrai fin. Je pense que les fans de Lemire vont mieux accrocher que moi. Perso, je recommanderais plus de lire Killing Joke ou regarder le film Joker si vous voulez un récit psychologique centré sur lui.
C'est dommage, il y avait énormément de potentiel, mais celui-ci est trop peu exploité...
Le dessin de Guillermo Escalada est beau, et fait l'essentiel de la bande dessinée, mais malgré tout, je n'ai jamais été fan de l'hyperréalisme et ce n'est pas cette bande dessinée qui me fera changer d'avis. Sans contester la beauté d'ensemble, je trouve que le dessin est néanmoins trop statique, on ne sent aucun mouvement dans ces images, on dirait une succession de photographies ou de peintures et ça ne colle que partiellement avec ce que j'attends d'une telle bande dessinée. Il a ce côté trop lisse des dessins faits par informatique (je suppose que c'est le cas ici), et il lui manque un supplément d'âme, même si, encore une fois, le résultat n'en est pas moins très plaisant à voir.
J'aurais pu passer là-dessus si le scénario suivait, mais malheureusement, celui-ci ne me satisfait pas. J'aime assez l'atmosphère langoureuse, presque mystique, qui se dégage du récit. Et pourtant, on a la désagréable impression que la mécanique tourne à vide. On a bien compris le dimension symbolique de cette histoire, de ce chevalier qui court après la mort sans jamais réussir à l'atteindre, mais ce symbolisme est trop appuyé pour fonctionner totalement.
L'effacement de la frontière entre la réalité et la fiction fonctionne dans un premier temps, puis une fois qu'on a compris le concept, devient plus conventionnel, sans que l'auteur ne trouve l'élément qui lui permettra de relancer le récit.
Sur le plan historique, toutefois, c'est plutôt pas mal, l'atmosphère du Moyen-Âge est correctement retranscrite, sans basculer dans la légende noire, comme trop d'auteurs le font, et globalement, ça m'a paru plutôt sérieux sur les quelques éléments de contexte qui sont donnés.
Malheureusement, tout ça ne suffit pas à faire une bonne bande dessinée, et je trouve que, même si la lecture n'est pas déplaisante, on reste un peu sur sa faim. Dommage...
J'avais déjà lu quelques albums des aventures de Lapinot il y a une quinzaine d'année, ça ne m'avait pas trop plu. Avec une autre vision et une culture plus large en terme de BD, notamment de l'oeuvre de Trondheim (j'adore Ralph Azham) je viens de m'offrir une nouvelle plongée dans l'univers de Lapinot en espérant mieux apprécier.
J'avoue que je ne sais pas trop quoi en penser. J'ai lu 5 albums (Slaloms, Blacktown, Pichenettes, Amour & intérim et la vie comme elle vient) et j'ai du mal à cerner tout ça. J'ai du mal à saisir le sens et à voir où Trondheim veut nous emmener.
Je n'ai pas trouvé ça drôle, à part en de trop rares occasions. Au mieux une bonne réplique par ci ou une situation saugrenue par là m'ont arraché un début de sourire. Je n'ai pas été touché par ces scènes du quotidien, ces réflexions philosophiques ou ces moments entre amis type sortie de ski ou soirée chez un pote. Ca ne m'évoque rien de spécial si ce n'est un peu de banalité. Graphiquement, le style minimaliste m'avait sans doute gêné il y a 15 ans, ce n'est plus le cas aujourd'hui même si je pense que Trondheim a fait bien mieux depuis.
Les albums ne me sont pas tombés des mains non plus, mais je n'ai pas trouvé les ingrédients qui auraient pu m'intéresser. Humour ? Philosophie ? Critique de la société ? Je ne sais pas, mais je n'y trouve pas mon compte. Bref je vais m'arrêter là pour le moment.
Je suis surpris qu'ils ont pas nommé ça 'Moby Duck'.
Cela fait longtemps que j'ai lu le roman, mais je me rappelle les moments forts et disons que si au début cette adaptation de Disney est fidèle, vers le dernier tiers cela tombe dans l'originalité avec des passages qui ne sont clairement pas dans le bouquin.
J'ai pas trop accroché à cette BD, notamment parce que comme pour L'île au trésor on va édulcorer pour ne pas heurter les enfants influençables. Ainsi, il y a de l'humour et si c'est tolérable pour une récit d'aventure comme L'île au trésor, cela l'est moins à mes yeux pour Moby Dick qui est pour moi un récit tragique. Ce qui m'a frappé lorsque j'ai lu le roman dans ma collection de classiques destinés aux jeunes est la folie du capitaine qui va entrainer tout son équipage vers la catastrophe à cause de son désir de vengeance. Ici, ça finit avec un gros happy ending ! Les seuls passages un peu intéressants sont les monologues de Picsou, mais vu qu'il utilise parfois un langage châtié, je me demande si ça va plaire aux très jeunes qui semblent être le public-cible de la BD (ou alors chez Disney ils sont tellement cons qu'ils pensent que des morts vont traumatiser des enfants de 10-12 ans).
Ajoutons que le dessin m'a paru moyen par moment.
Une BD qui s'adresse aux parents qui trouvent que Bambi est trop hardcore pour leurs chers enfants qui ont besoin de trucs pas du tout traumatisants pour se divertir. (bon la baleine fait tout de même un peu peur, ils auraient dû la changer par un mignon petit poney).
Difficile de sortir de sa zone de confort ! Encore un exemple de BD avec des avis plutôt élogieux dans lesquels je ne me retrouve pas. J’ai même hésité à poster un commentaire pour ne pas froisser les aficionados de cet album.
Je n’ai pas été emballé par l’histoire d’Abel, un ancien combattant de la guerre de Sécession qui vit désormais isolé dans la forêt à proximité de l’océan et qui se ressasse son existence passée. C’est mou et pas très excitant. Les nombreux allers et retours entre le présent et le passé sont fatigants. Pourquoi ne pas avoir découpé le récit sur les différentes époques de ce pauvre bougre ?
Le graphisme est simpliste. Rien de bien transcendant. J’ai connu beaucoup mieux.
Un album que je vais vite oublier.
note réelle = 1,5
Intéressant, le point de vue de départ… Un super héros sur fond d’histoire du débarquement de Normandie. Côté scénario, c’est original, c’est décalé. On est tenus en haleine mais le tout est un peu laborieux et la naïveté du personnage principal sur sa vraie nature est navrante. Dès les premières pages, on est pris dans l’enquête. Au fil des planches, les multiples histoires annexes complexifient le récit – on se demande où on va - même si, au final, on retombe sur ses pieds assez proprement. Une histoire de super héros dans le débarquement, c’est pour le moins original. Trois tomes étaient prévus. Le 3e sortira-t-il ? Les dialogues sont pas mal mais l’humour du héros peu devenir franchement lourd quand la situation ne s’y prête pas. C’est « too much ». Dernière petite critique : les fautes d’orthographe sont super gênantes. Côté dessins, c’est assez réussi pour les ambiances, un peu moins pour les personnages qui sont raides et parfois maladroits. Bref, c’est quand même pas mal. On aimerait bien connaître la fin de l’histoire !
Cet avis sera court car je n'ai pas accroché à ce récit, je croyais m'y intéresser car j'ai vu des films un peu intellos qui ont des trames un peu semblables, mais en fait, je crois qu'en BD, je l'accepte moins, donc ça passe mal. La narration adopte un style spécifique qui s'appuie sur une belle écriture, avec le personnage de Catherine qui s'adresse directement au lecteur en lui racontant son histoire, c'est une sorte d'auto-psychanalyse parce que cette jeune fille n'est pas bien dans sa tête, elle a vécu des trucs traumatisants, et son avenir incertain s'avère bien peu gai. C'est un récit d'une noirceur désespérante, très sombre et démoralisant qui mêle faits dramatiques, franchise, pudeur, érotisme et un certain charme urbain, mais ça ne me passionne pas du tout, et par les temps qui courent, ce genre de Bd, je crois qu'on en a pas trop besoin, j'ai beaucoup plus envie de me détendre et d'oublier les contraintes sanitaires en lisant des trucs d'aventure où je peux m'évader.
Ma note n'est pas plus basse en raison du dessin que je trouve séduisant et fluide ; c'est pas de chance, pour une fois que je trouve un roman graphique avec un dessin qui me plait, il faut que je tombe sur un truc rasoir...
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Apprécier ou non les œuvres de Gipi me semble une question de sensibilité tant que je vois des gens les ressentir intensément alors que moi j'ai toujours eu du mal à y accrocher. Il en est de même pour son graphisme que je n'aime guère dans ses œuvres en noir et blanc. Mais dans cet album là, les passages en noir et blanc ne sont pas très nombreux et j'ai pu constater que ceux en couleurs me plaisent bien davantage. Gipi y fait usage d'une colorisation à l'aquarelle qui écrase souvent les détails et donne une atmosphère assez brumeuse à beaucoup de scènes mais qui dégage une belle lumière et une âme et une beauté qui me parlent bien davantage. Et puis cette utilisation intensive de l'aquarelle fait le lien avec le thème de l'eau qui ponctue le récit. Pour autant, je n'ai pas réussi à accrocher au récit, du moins pas autant qu'il le faudrait. Je ne parle pas du côté complexe des premiers chapitres avec leurs différentes trames narratives parallèles qui s'entremêlent. Je ne suis pas réfractaire à ce genre de narration et j'aime y démêler le sens caché et comprendre comment ces récits interagissent. Ce fut un peu compliqué car, autant il m'est très vite apparu qu'ils avaient tous un lien avec le personnage principal, cet humoriste face à sa mère mourante, autant l'auteur lève très doucement le voile et maintient une structure narrative qui semble se vouloir volontairement embrouillée. Ce n'est que vers le milieu de l'album que j'ai compris qui était quoi et l'origine de ces histoires qui semblaient initialement sans lien. Il me reste des parts de doute, notamment le rapport avec l'eau primitive et le feu, même si je suppose que c'est en lien avec le sujet de l'apparition de la vie et son absence justement en cas de stérilité. Au final, cet album a mis un long moment à élaborer son discours à mes oreilles mais finit donc par révéler sa plongée dans les doutes psychologiques d'un homme perdu. Au moment de la fin de vie de sa mère avec qui il a peu de liens, il est tourmenté par sa propre angoisse de sa stérilité qu'il a initialement prise comme quelque chose de négligeable car ça ne le dérangeait pas de ne pas avoir d'enfants de son sang et éventuellement d'adopter, mais qui en réalité le ronge inconsciemment. Les récits parallèles sont le reflet de cette angoisse, celle d'un homme primitif qui enrage de ne pas pouvoir avoir de descendance, celle d'un soldat qui instinctivement ressent la joie d'être encore en vie malgré les circonstances, celles des gênes eux-mêmes qui voient en lui le bout d'un voyage qui avaient duré depuis des millions d'années, bref l'angoisse d'une fin de vie au sens où il ne perpétuera plus la race. Et s'y ajoute aussi l'enfant qu'était le personnage principal qui vient juger l'adulte qu'il est devenu et qui se moque en partie de son comportement et met le doigt sur le déni dont il a fait preuve jusqu'à présent. Ce n'est que sur la toute fin de l'album que j'ai commencé à y ressentir une certaine émotion. Mais celle-ci était liée à la fin de vie de la mère qui m'a touché car j'ai enterré il y a très peu de temps la mère de ma femme. Inversement, j'ai assez peu ressenti d'empathie envers le héros et ses tourments de l'esprit. Je comprends l'angoisse qu'une stérilité implique et toutes les questions psychologiques et inconscientes que cela implique, mais leur mise en scène ici m'a peu parlé, la faute en grande partie à cette structure narrative volontairement décousue : je la trouve un peu pénible, j'y vois presque un tic narratif agaçant plutôt qu'une réalisation à même de me toucher. Et surtout, je me suis senti frustré à la fin de l'album car je n'y ai pas vu de réelle conclusion. Je n'ai pas su comprendre où en était arrivé l'auteur et le message final qu'il a voulu passer. C'est comme si le récit restait en suspens, à part un rapprochement du fils avec sa mère, et ne résolvait presque rien sur le sujet de la stérilité et de la perte de repères du héros. Mais peut-être suis-je passé à côté de cette fin, comme d'une partie du récit qui l'a précédé. Sauf que comme j'ai pris peu de plaisir à cette lecture, je n'ai pas forcément envie de m'y replonger pour mieux comprendre.
Aline et les autres
Abécédaire muet de Guy Delisle. Chaque histoire courte porte le nom d'une femme à commencer par Aline et tous les scénarios sont un peu similaires et étranges avec des corps qui s'entremêlent, se cassent, se déforment. Exercice de style qui ne laisse pas un souvenir impérissable. Le dessin n'est pas extraordinaire non plus mais le rythme est vif, rapide, l'auteur étant un spécialiste du dessin animé. L'une des histoires m'a fait penser au récent Peau d'Homme où on voit une femme s'engouffrer littéralement dans le corps d'un homme comme d'un costume. Pas mal d'humour dans ces historiettes.
Les Pompiers
J’aime bien « Les Profs » et « Les Gendarmes » mais je n’aime pas trop « Les pompiers ». C’est assez plat, les personnages sont plats, tout comme les gags qui sont assez peu ouf.. Le dessin est pas moche, il est plutôt bien fichu, mais je n’en suis pas vraiment fan. En fait Bamboo c’est pas mal mais il y a des fois des séries qui sont moins bonnes que d’autres, c’est très inégal. Celle là en fait partie.
Joker - Killer Smile
Je pense avoir un réel problème avec les histoires psychologiques de Jeff Lemire. J'ai trouvé ce one-shot terriblement ennuyeux. Il faut dire que le dessin n'aide pas du tout, c'est le style réaliste sans personnalité et froid que je n'aime pas du tout. Il y a aucune émotion qui ressort du dessin hormis l'ennui. En revanche, j'ai bien aimé le dessin des scènes sur le clown fictif Mr Smile et j'aurais aimé que ça soit le style de toute l'album ! Quant au scénario, je l'ai trouvé assez prévisible. On devine facilement que tout va mal finir pour le pauvre psychiatre qui va peu à peu sombrer dans la folie à cause du Joker Bon, j'ai rien contre une histoire prévisible si c'est bien. Par exemple, dans le film Joker on sait que ça va mal finir pour Arthur, mais c'est montré de manière intéressante alors qu'ici je me suis ennuyé. Les monologues m'ont souvent paru prétentieux. Il y aussi comme bonus un récit centré sur Batman dont je n'ai pas compris l'intérêt vu que le récit ne semble même pas avoir de vrai fin. Je pense que les fans de Lemire vont mieux accrocher que moi. Perso, je recommanderais plus de lire Killing Joke ou regarder le film Joker si vous voulez un récit psychologique centré sur lui.
Le Chevalier à la licorne
C'est dommage, il y avait énormément de potentiel, mais celui-ci est trop peu exploité... Le dessin de Guillermo Escalada est beau, et fait l'essentiel de la bande dessinée, mais malgré tout, je n'ai jamais été fan de l'hyperréalisme et ce n'est pas cette bande dessinée qui me fera changer d'avis. Sans contester la beauté d'ensemble, je trouve que le dessin est néanmoins trop statique, on ne sent aucun mouvement dans ces images, on dirait une succession de photographies ou de peintures et ça ne colle que partiellement avec ce que j'attends d'une telle bande dessinée. Il a ce côté trop lisse des dessins faits par informatique (je suppose que c'est le cas ici), et il lui manque un supplément d'âme, même si, encore une fois, le résultat n'en est pas moins très plaisant à voir. J'aurais pu passer là-dessus si le scénario suivait, mais malheureusement, celui-ci ne me satisfait pas. J'aime assez l'atmosphère langoureuse, presque mystique, qui se dégage du récit. Et pourtant, on a la désagréable impression que la mécanique tourne à vide. On a bien compris le dimension symbolique de cette histoire, de ce chevalier qui court après la mort sans jamais réussir à l'atteindre, mais ce symbolisme est trop appuyé pour fonctionner totalement. L'effacement de la frontière entre la réalité et la fiction fonctionne dans un premier temps, puis une fois qu'on a compris le concept, devient plus conventionnel, sans que l'auteur ne trouve l'élément qui lui permettra de relancer le récit. Sur le plan historique, toutefois, c'est plutôt pas mal, l'atmosphère du Moyen-Âge est correctement retranscrite, sans basculer dans la légende noire, comme trop d'auteurs le font, et globalement, ça m'a paru plutôt sérieux sur les quelques éléments de contexte qui sont donnés. Malheureusement, tout ça ne suffit pas à faire une bonne bande dessinée, et je trouve que, même si la lecture n'est pas déplaisante, on reste un peu sur sa faim. Dommage...
Les Formidables Aventures de Lapinot
J'avais déjà lu quelques albums des aventures de Lapinot il y a une quinzaine d'année, ça ne m'avait pas trop plu. Avec une autre vision et une culture plus large en terme de BD, notamment de l'oeuvre de Trondheim (j'adore Ralph Azham) je viens de m'offrir une nouvelle plongée dans l'univers de Lapinot en espérant mieux apprécier. J'avoue que je ne sais pas trop quoi en penser. J'ai lu 5 albums (Slaloms, Blacktown, Pichenettes, Amour & intérim et la vie comme elle vient) et j'ai du mal à cerner tout ça. J'ai du mal à saisir le sens et à voir où Trondheim veut nous emmener. Je n'ai pas trouvé ça drôle, à part en de trop rares occasions. Au mieux une bonne réplique par ci ou une situation saugrenue par là m'ont arraché un début de sourire. Je n'ai pas été touché par ces scènes du quotidien, ces réflexions philosophiques ou ces moments entre amis type sortie de ski ou soirée chez un pote. Ca ne m'évoque rien de spécial si ce n'est un peu de banalité. Graphiquement, le style minimaliste m'avait sans doute gêné il y a 15 ans, ce n'est plus le cas aujourd'hui même si je pense que Trondheim a fait bien mieux depuis. Les albums ne me sont pas tombés des mains non plus, mais je n'ai pas trouvé les ingrédients qui auraient pu m'intéresser. Humour ? Philosophie ? Critique de la société ? Je ne sais pas, mais je n'y trouve pas mon compte. Bref je vais m'arrêter là pour le moment.
Moby Dick (Disney)
Je suis surpris qu'ils ont pas nommé ça 'Moby Duck'. Cela fait longtemps que j'ai lu le roman, mais je me rappelle les moments forts et disons que si au début cette adaptation de Disney est fidèle, vers le dernier tiers cela tombe dans l'originalité avec des passages qui ne sont clairement pas dans le bouquin. J'ai pas trop accroché à cette BD, notamment parce que comme pour L'île au trésor on va édulcorer pour ne pas heurter les enfants influençables. Ainsi, il y a de l'humour et si c'est tolérable pour une récit d'aventure comme L'île au trésor, cela l'est moins à mes yeux pour Moby Dick qui est pour moi un récit tragique. Ce qui m'a frappé lorsque j'ai lu le roman dans ma collection de classiques destinés aux jeunes est la folie du capitaine qui va entrainer tout son équipage vers la catastrophe à cause de son désir de vengeance. Ici, ça finit avec un gros happy ending ! Les seuls passages un peu intéressants sont les monologues de Picsou, mais vu qu'il utilise parfois un langage châtié, je me demande si ça va plaire aux très jeunes qui semblent être le public-cible de la BD (ou alors chez Disney ils sont tellement cons qu'ils pensent que des morts vont traumatiser des enfants de 10-12 ans). Ajoutons que le dessin m'a paru moyen par moment. Une BD qui s'adresse aux parents qui trouvent que Bambi est trop hardcore pour leurs chers enfants qui ont besoin de trucs pas du tout traumatisants pour se divertir. (bon la baleine fait tout de même un peu peur, ils auraient dû la changer par un mignon petit poney).
Wilderness (Bandini)
Difficile de sortir de sa zone de confort ! Encore un exemple de BD avec des avis plutôt élogieux dans lesquels je ne me retrouve pas. J’ai même hésité à poster un commentaire pour ne pas froisser les aficionados de cet album. Je n’ai pas été emballé par l’histoire d’Abel, un ancien combattant de la guerre de Sécession qui vit désormais isolé dans la forêt à proximité de l’océan et qui se ressasse son existence passée. C’est mou et pas très excitant. Les nombreux allers et retours entre le présent et le passé sont fatigants. Pourquoi ne pas avoir découpé le récit sur les différentes époques de ce pauvre bougre ? Le graphisme est simpliste. Rien de bien transcendant. J’ai connu beaucoup mieux. Un album que je vais vite oublier. note réelle = 1,5
Private liberty
Intéressant, le point de vue de départ… Un super héros sur fond d’histoire du débarquement de Normandie. Côté scénario, c’est original, c’est décalé. On est tenus en haleine mais le tout est un peu laborieux et la naïveté du personnage principal sur sa vraie nature est navrante. Dès les premières pages, on est pris dans l’enquête. Au fil des planches, les multiples histoires annexes complexifient le récit – on se demande où on va - même si, au final, on retombe sur ses pieds assez proprement. Une histoire de super héros dans le débarquement, c’est pour le moins original. Trois tomes étaient prévus. Le 3e sortira-t-il ? Les dialogues sont pas mal mais l’humour du héros peu devenir franchement lourd quand la situation ne s’y prête pas. C’est « too much ». Dernière petite critique : les fautes d’orthographe sont super gênantes. Côté dessins, c’est assez réussi pour les ambiances, un peu moins pour les personnages qui sont raides et parfois maladroits. Bref, c’est quand même pas mal. On aimerait bien connaître la fin de l’histoire !
Le Style Catherine
Cet avis sera court car je n'ai pas accroché à ce récit, je croyais m'y intéresser car j'ai vu des films un peu intellos qui ont des trames un peu semblables, mais en fait, je crois qu'en BD, je l'accepte moins, donc ça passe mal. La narration adopte un style spécifique qui s'appuie sur une belle écriture, avec le personnage de Catherine qui s'adresse directement au lecteur en lui racontant son histoire, c'est une sorte d'auto-psychanalyse parce que cette jeune fille n'est pas bien dans sa tête, elle a vécu des trucs traumatisants, et son avenir incertain s'avère bien peu gai. C'est un récit d'une noirceur désespérante, très sombre et démoralisant qui mêle faits dramatiques, franchise, pudeur, érotisme et un certain charme urbain, mais ça ne me passionne pas du tout, et par les temps qui courent, ce genre de Bd, je crois qu'on en a pas trop besoin, j'ai beaucoup plus envie de me détendre et d'oublier les contraintes sanitaires en lisant des trucs d'aventure où je peux m'évader. Ma note n'est pas plus basse en raison du dessin que je trouve séduisant et fluide ; c'est pas de chance, pour une fois que je trouve un roman graphique avec un dessin qui me plait, il faut que je tombe sur un truc rasoir...