La trilogie de Dorison étant mon dernier (et énorme) coup de cœur en date, c'est intéressé mais dubitatif que je me suis lancé dans Sanctuaire Genesis. Et force est de reconnaître que le doute était fondé... Sans être une insulte à la saga originelle, je trouve que cette préquelle n'apporte strictement rien à l'univers de Sanctuaire.
Non content de rompre avec le somptueux dessin de Christophe Bec - ce dernier n'étant ici que scénariste -, Sanctuaire Genesis rompt aussi avec ce qui faisait le génie de la saga initiale : exit le huis-clos sous-marin et oppressant qu'était Sanctuaire, voilà plutôt une sorte de sous-Indiana Jones (ou plutôt La Momie, dont sortent tout droit les gardiens du désert) sans originalité ni inventivité. Ce n'est pas absolument déplaisant à lire, mais c'est tout de même assez insipide : chaque personnage a déjà été vu mille fois ailleurs, l'intrigue et les sous-intrigues sont très conventionnelles, et les dialogues sont parfois d'une étonnante indigence, souvent trop démonstratifs.
Et surtout... La magie de la trilogie originale, c'était la suggestion. Le démon Môth n'apparaissait presque jamais et Bec jouait admirablement de ses jeux d'ombres pour le suggérer sans jamais le révéler vraiment. Ici, l'ombre joue toujours un peu son rôle, mais Môth est dévoilé en entier à chacune de ses apparitions sans que la mise en scène réussisse à l'iconiser comme Sanctuaire y parvenait magistralement. Comme, en plus, je ne trouve pas le dessin de Stefano Raffaele particulièrement exceptionnel (il est bon dans le style réaliste, mais il y a quelque chose que je trouve trop lisse, peut-être à cause de la colorisation, à voir), rien ne me garde particulièrement accroché à la lecture de ce dyptique jamais vraiment bon, tout juste correct.
En fait, ça me fait, comme toujours, penser à la phrase du réalisateur Edward Dmytryk que j'aime citer assez souvent : "En art, l'évidence est un péché."Sanctuaire Genesis ne fait que le confirmer, bien malgré lui.
Le marsupilami est cet animal imaginé par Franquin dans la série Spirou. C'était un élément exotique, une sorte de cavalerie écologique et pacifique qui a permis à Spirou de se sortir de situations difficiles à moindre frais scénaristique.
Le marsupilami est ainsi devenu le personnage principal de la série éponyme. Achetés pour mes enfants jeunes, je relis certains opus avec circonspection et je me dis que Marsu est mieux en peluche que comme personnage principal.
Je ne me permettrais pas de critiquer le dessin de Franquin et de ses successeurs, les détails de la forêt Palombienne, les couleurs les cadrages, tout est d'un très bon niveau comme d'habitude avec les séries de Franquin.
Je trouve que l'action tourne en rond autour du nid de Marsupilami sans beaucoup de renouvellement. Le personnage de Backalive devient vite répétitif et lassant. L'image donnée des Chahutas est douteuse et leur langage m'exaspère tellement je le trouve bêta. La suite est du convenu, critique des dictatures sud-américaines quand elles avaient disparu, critique du système capitaliste qui fait justement vivre la série...tout cela est trop facile.
Les dialogues sont vraiment limités et avoir des Houba houbi bi bi à longueur de pages est ennuyeux pour moi. Cela oblige à des textes off très présents même si beaucoup sont amusants. Cela ralentit toujours le rythme.
De plus, mine de rien Marsupilami est un prédateur du haut de la chaîne, piranhas ou fourmis, alors que toute la série se moque des prédateurs et notamment des Chahutas ou des jaguars qui chassent le tapir pour nourrir leur famille.
A vouloir trop bien faire on se retrouve quelquefois en contradiction.
Visiblement je suis le premier ici dans ce cas, mais moi je suis déçu par cet album. J'ai vraiment eu du mal à me passionner par ce récit, au moins pendant une grosse première moitié. Clairement le dessin est agréable et donne envie de se plonger dans cet album. Les 5 - 10 premières planches lancent bien l'histoire. On fait la connaissance de Catalina, en quelques cases à peine on arrive à la cerner et ça suffit à bien démarrer.
Mais ensuite, pendant plus de la moitié de l'album, elle comprend peu à peu qu'elle est en train de mourrir, elle erre entre la vie et la mort dans une sorte de purgatoire sur terre en attendant le dernier voyage. C'est surtout l'occasion de discuter avec son ange, avec celle qui est là pour lui faire réaliser ce qui lui arrive et l'accompagner. Franchement leurs discussions m'ont très peu intéressées. La philosophie sur les occasions manquées de la vie, sur la façon dont on a mal géré certains moments clés de notre existence, la façon un peu hâtive qu'on a eu de juger des gens, se rendre compte qu'on a laissé de la distance se mettre en place entre nous et notre famille, qu'on n'a pas appelé ses parents depuis trop longtemps etc etc... Tout ça en se baladant à poil dans le ciel...Bof bof. L'album m'est un peu tombé des mains pendant cette partie.
La dernière partie est un peu mieux, il se passe quelques évènements qui amènent une conclusion plutôt sympa, même si on la voit arriver de très loin. Au final tout n'est pas négatif, mais je me suis plutôt ennuyé.
Modesty Blaise est une anti Jane Fonda. Jane a tout fait pour faire arrêter les massacres au Vietnam allant même visiter Hanoi en plein conflit.
Modesty, elle avec ses copains de la CIA et du MI5 va casser du Viêt-Cong sans aucun état d'âme. Désolé messieurs les auteurs de cette série mais l'histoire a montré à quel point vous vous êtes trompés.
C'est en ça que j'aime les BD de ces périodes, cela nous montre comment on peut perdre son discernement pour verser et entretenir la propagande patriotique. Même en démocratie.
Pour le reste un découpage en strip fait pour les journaux. Un dessin réussi, axé sur les visages, sans beaucoup de décors ni d'ambiances.
Un scénario très manichéen qui ne se pose pas de question: les Services Secrets de sa Majesté et de l'Oncle Sam sauveront le monde du péril de la drogue et du communisme.
Cela ferait presque sourire si il n'y avait pas eu autant de morts et si beaucoup de Viets n'avaient pas ramené des produits défendus dans leurs bagages afin d'oublier les horreurs vécues.
Toujours attirée par le dessin, sublime, de Juan Gimenez, et malheureusement parfois (souvent) déçue par l'histoire qui m'est contée.
C'est un peu le cas ici. Un super-pouvoir sur un individu a priori ordinaire, ce n'est pas nouveau. Et le héros-narrateur un peu loser et alcoolo mais à qui tout réussit dans son enquête est vachement caricatural tout de même. On lui ouvre sans difficultés les portes des milieux les plus opaques, la plus jolie prostituée de la ville rêve de le recevoir à titre gratuit (du coup la scène de cul est gratuite aussi dans l'histoire). Tout ça va trop vite, le seul personnage que j'ai trouvé à peu près intéressant est la « méchante ». La fin un peu précipitée était prévisible.
Personnellement, je ne retiendrai que le dessin de Gimenez. Et même là, j'ai trouvé dommage qu'il y ait quelques pages de représentations de délires de junkies, pas grand intérêt dans l'intrigue non plus. Il avait déjà toutes les scènes gores pour se faire plaisir dans le cauchemardesque.
Cette bande est une véritable curiosité car c'est le premier héros entièrement conçu par Tibet alors qu'il n'a que 18 ans, pour l'hebdo bruxellois Heroic-Albums en 1949. Avant ça, il avait bossé au studio Walt Disney de Bruxelles, mais c'est avec cette première Bd qu'il apprend le métier avec l'élaboration d'un scénario, les cadrages, le découpage et la mise en page d'une bande dessinée. A cette époque, il allait rencontrer aussi André-Paul Duchâteau qui deviendra son complice au journal Tintin.
La bande est maladroitement dessinée, le trait n'est pas joli, les tronches des personnages sont plutôt laides, rien n'est vraiment travaillé, on voit que c'est les débuts d'un futur grand auteur, mais ce qui est intéressant, c'est le style graphique dans son ensemble, car Tibet s'inspire énormément du style de Milton Caniff, son dessin ici fait vachement penser à Steve Canyon, et le héros Dave O'Flynn est inspiré par Lemmy Caution, le personnage crée par le romancier anglais Peter Cheyney, sauf qu'il n'est pas du FBI, c'est un privé assez rugueux et perspicace qui aime se frotter à une faune assez louche, qui emballe des filles et qui picole sec. Le côté permissif de Heroic-Albums permettait ces fantaisies, ce qui sera refusé à Tibet lorsqu'il intègrera le journal Tintin après 1952, date où il cesse cette bande après 7 récits, pour créer Ric Hochet avec Duchâteau en 1955.
Au tout début des années 50, créer une telle bande était en soi assez original pour un journal européen, Tibet s'en est d'ailleurs sorti assez honorablement, en dépit de l'aspect graphique hésitant, c'est juste qu'aujourd'hui, ça a pas mal vieilli, et je ne cours plus après ce genre de lecture, le ton est vraiment trop démodé. Mais c'est une véritable ébauche du personnage de Ric Hochet, surtout physiquement, je suis sûr que la bande a dû servir à Tibet pour reprendre certains éléments. Elle est restée longtemps méconnue jusqu'à ce que Chlorophylle édite 2 albums brochés en 1979, c'est bien parce que ça évite l'oubli total, et c'est insolite comme découverte, mais honnêtement, c'est pas une Bd que j'ai envie d'avoir sur mes étagères.
Première œuvre de Michel Fiffe traduite en français (et depuis Delirium a aussi traduit une autre de ses œuvres), un auteur de comics indépendant que je connaissais pas.
Rien qu'en regardant le dessin, on voit que c'est de la bande dessinée américaine indépendante. Personnellement, le style de Fiffe ne m'a pas trop attiré, mais ce n'est pas trop laid. C'est un récit de body horror, il faut donc s'attendre à voir des images dégueulasses. C'est un genre qui ne m'attire pas trop, mais je suis capable d'accrocher si l'histoire est captivante (le film Vidéodrome par exemple) et ici je l'ai trouvée plate. Le récit raconte juste deux ados avec des problèmes comme on l'a vu des centaines de fois et j'imagine que ce qui arrive à leur corps est une métaphore sur la puberté ou un truc du genre.
J'avoue que je me suis rapidement ennuyé et qu'aucun personnage ne m'a intéressé. Il y a que l'épilogue qui a retenu un peu mon attention. Peut-être que ce comics va mieux parler aux lecteurs qui ont eu de graves problèmes durant leur adolescence. En tout cas, si vous être un gros fan des délires de David Lynch, David Cronenberg ou Charles Burns, cela va sans doute vous intéresser.
Cette BD est du gâchis de talent. Le talent, c'est celui de Fernando Rubio dont le dessin est d'excellente qualité. C'est un style purement argentin des années 80 et 90, qui rappellera celui de Juan Gimenez et autres Horacio Altuna. Les planches sont très attirantes, avec une mise en page aérée et efficace, et pas mal d'érotisme même s'il est souvent placé là de manière assez gratuite.
Le problème c'est que ni la narration graphique, ni les dialogues et ni le scénario ne suivent.
Le cadre Antarctique se veut un peu original mais on l'oublie très vite et dans les faits, cela aurait pu se passer n'importe où ailleurs que ça n'aurait rien changé à l'intrigue. La base du scénario est très classique, avec un enquêteur un peu minable et un tueur en série trempant à moitié dans des magouilles politiques. Mais c'est très mal raconté. Les dialogues sont idiots, mal agencés, la narration est hachée par des tentatives de mauvais gags ça et là, les enchainements ne sont jamais clairs et trop souvent artificiels, on suit l'enquête sans trop la comprendre car on voit mal comment les personnages passent d'une situation à la suivante et leurs réactions semblent régulièrement hors de propos.
Un bon dessin au service d'une mauvaise histoire qui plus est mal racontée.
Je suis un grand fan d'Andreas mais même moi j'ai du mal à considérer cet album comme une BD à part entière. Même s'il s'agissait d'une histoire courte dans un recueil plus épais, ce serait une histoire trop courte à mon goût. Muette, elle se lit en une minute à peine.
Alors certes on y retrouve le graphisme si particulier d'Andreas que j'aime tant, son style hachuré rappelant les gravures anciennes avec ici des réminiscences de Cromwell Stone, ses visages grimaçants, ses ambiances inquiétantes, ainsi qu'un travail sur le contraste entre le rouge et le noir et blanc. Mais je ne lis pas une BD juste pour l'essai graphique qu'elle représente, j'ai besoin d'une histoire consistante, et je ne l'ai pas ici.
Voilà une série qui avait tous les ingrédients pour me plaire… thriller bien noir et sanguinolent dans le monde de la finance et un peu de fantastique. Après la lecture du tome 1, je reste sur ma faim. Je n’ai pas réussi à rentrer dans cette histoire démoniaque mais trop ésotérique avec des sacrifices humains qui arrivent de nulle part. C’est trop alambiqué à mon goût, pas crédible et incontestablement c’est ennuyeux. Du coup pas de tome 2 pour moi, je tire ma révérence, cela me suffit. Je ne verrai pas l’apocalypse annoncée et ce n’est pas grave du tout.
C’est vraiment dommage car le graphisme est plutôt bien foutu et correspond à mes attentes. C’est réaliste et très propre. Cela ne suffira pas cependant pour monter ma note vers la moyenne.
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Sanctuaire Genesis
La trilogie de Dorison étant mon dernier (et énorme) coup de cœur en date, c'est intéressé mais dubitatif que je me suis lancé dans Sanctuaire Genesis. Et force est de reconnaître que le doute était fondé... Sans être une insulte à la saga originelle, je trouve que cette préquelle n'apporte strictement rien à l'univers de Sanctuaire. Non content de rompre avec le somptueux dessin de Christophe Bec - ce dernier n'étant ici que scénariste -, Sanctuaire Genesis rompt aussi avec ce qui faisait le génie de la saga initiale : exit le huis-clos sous-marin et oppressant qu'était Sanctuaire, voilà plutôt une sorte de sous-Indiana Jones (ou plutôt La Momie, dont sortent tout droit les gardiens du désert) sans originalité ni inventivité. Ce n'est pas absolument déplaisant à lire, mais c'est tout de même assez insipide : chaque personnage a déjà été vu mille fois ailleurs, l'intrigue et les sous-intrigues sont très conventionnelles, et les dialogues sont parfois d'une étonnante indigence, souvent trop démonstratifs. Et surtout... La magie de la trilogie originale, c'était la suggestion. Le démon Môth n'apparaissait presque jamais et Bec jouait admirablement de ses jeux d'ombres pour le suggérer sans jamais le révéler vraiment. Ici, l'ombre joue toujours un peu son rôle, mais Môth est dévoilé en entier à chacune de ses apparitions sans que la mise en scène réussisse à l'iconiser comme Sanctuaire y parvenait magistralement. Comme, en plus, je ne trouve pas le dessin de Stefano Raffaele particulièrement exceptionnel (il est bon dans le style réaliste, mais il y a quelque chose que je trouve trop lisse, peut-être à cause de la colorisation, à voir), rien ne me garde particulièrement accroché à la lecture de ce dyptique jamais vraiment bon, tout juste correct. En fait, ça me fait, comme toujours, penser à la phrase du réalisateur Edward Dmytryk que j'aime citer assez souvent : "En art, l'évidence est un péché." Sanctuaire Genesis ne fait que le confirmer, bien malgré lui.
Marsupilami
Le marsupilami est cet animal imaginé par Franquin dans la série Spirou. C'était un élément exotique, une sorte de cavalerie écologique et pacifique qui a permis à Spirou de se sortir de situations difficiles à moindre frais scénaristique. Le marsupilami est ainsi devenu le personnage principal de la série éponyme. Achetés pour mes enfants jeunes, je relis certains opus avec circonspection et je me dis que Marsu est mieux en peluche que comme personnage principal. Je ne me permettrais pas de critiquer le dessin de Franquin et de ses successeurs, les détails de la forêt Palombienne, les couleurs les cadrages, tout est d'un très bon niveau comme d'habitude avec les séries de Franquin. Je trouve que l'action tourne en rond autour du nid de Marsupilami sans beaucoup de renouvellement. Le personnage de Backalive devient vite répétitif et lassant. L'image donnée des Chahutas est douteuse et leur langage m'exaspère tellement je le trouve bêta. La suite est du convenu, critique des dictatures sud-américaines quand elles avaient disparu, critique du système capitaliste qui fait justement vivre la série...tout cela est trop facile. Les dialogues sont vraiment limités et avoir des Houba houbi bi bi à longueur de pages est ennuyeux pour moi. Cela oblige à des textes off très présents même si beaucoup sont amusants. Cela ralentit toujours le rythme. De plus, mine de rien Marsupilami est un prédateur du haut de la chaîne, piranhas ou fourmis, alors que toute la série se moque des prédateurs et notamment des Chahutas ou des jaguars qui chassent le tapir pour nourrir leur famille. A vouloir trop bien faire on se retrouve quelquefois en contradiction.
Karmen
Visiblement je suis le premier ici dans ce cas, mais moi je suis déçu par cet album. J'ai vraiment eu du mal à me passionner par ce récit, au moins pendant une grosse première moitié. Clairement le dessin est agréable et donne envie de se plonger dans cet album. Les 5 - 10 premières planches lancent bien l'histoire. On fait la connaissance de Catalina, en quelques cases à peine on arrive à la cerner et ça suffit à bien démarrer. Mais ensuite, pendant plus de la moitié de l'album, elle comprend peu à peu qu'elle est en train de mourrir, elle erre entre la vie et la mort dans une sorte de purgatoire sur terre en attendant le dernier voyage. C'est surtout l'occasion de discuter avec son ange, avec celle qui est là pour lui faire réaliser ce qui lui arrive et l'accompagner. Franchement leurs discussions m'ont très peu intéressées. La philosophie sur les occasions manquées de la vie, sur la façon dont on a mal géré certains moments clés de notre existence, la façon un peu hâtive qu'on a eu de juger des gens, se rendre compte qu'on a laissé de la distance se mettre en place entre nous et notre famille, qu'on n'a pas appelé ses parents depuis trop longtemps etc etc... Tout ça en se baladant à poil dans le ciel...Bof bof. L'album m'est un peu tombé des mains pendant cette partie. La dernière partie est un peu mieux, il se passe quelques évènements qui amènent une conclusion plutôt sympa, même si on la voit arriver de très loin. Au final tout n'est pas négatif, mais je me suis plutôt ennuyé.
Modesty Blaise
Modesty Blaise est une anti Jane Fonda. Jane a tout fait pour faire arrêter les massacres au Vietnam allant même visiter Hanoi en plein conflit. Modesty, elle avec ses copains de la CIA et du MI5 va casser du Viêt-Cong sans aucun état d'âme. Désolé messieurs les auteurs de cette série mais l'histoire a montré à quel point vous vous êtes trompés. C'est en ça que j'aime les BD de ces périodes, cela nous montre comment on peut perdre son discernement pour verser et entretenir la propagande patriotique. Même en démocratie. Pour le reste un découpage en strip fait pour les journaux. Un dessin réussi, axé sur les visages, sans beaucoup de décors ni d'ambiances. Un scénario très manichéen qui ne se pose pas de question: les Services Secrets de sa Majesté et de l'Oncle Sam sauveront le monde du péril de la drogue et du communisme. Cela ferait presque sourire si il n'y avait pas eu autant de morts et si beaucoup de Viets n'avaient pas ramené des produits défendus dans leurs bagages afin d'oublier les horreurs vécues.
Le Regard de l'Apocalypse
Toujours attirée par le dessin, sublime, de Juan Gimenez, et malheureusement parfois (souvent) déçue par l'histoire qui m'est contée. C'est un peu le cas ici. Un super-pouvoir sur un individu a priori ordinaire, ce n'est pas nouveau. Et le héros-narrateur un peu loser et alcoolo mais à qui tout réussit dans son enquête est vachement caricatural tout de même. On lui ouvre sans difficultés les portes des milieux les plus opaques, la plus jolie prostituée de la ville rêve de le recevoir à titre gratuit (du coup la scène de cul est gratuite aussi dans l'histoire). Tout ça va trop vite, le seul personnage que j'ai trouvé à peu près intéressant est la « méchante ». La fin un peu précipitée était prévisible. Personnellement, je ne retiendrai que le dessin de Gimenez. Et même là, j'ai trouvé dommage qu'il y ait quelques pages de représentations de délires de junkies, pas grand intérêt dans l'intrigue non plus. Il avait déjà toutes les scènes gores pour se faire plaisir dans le cauchemardesque.
Dave O'Flynn
Cette bande est une véritable curiosité car c'est le premier héros entièrement conçu par Tibet alors qu'il n'a que 18 ans, pour l'hebdo bruxellois Heroic-Albums en 1949. Avant ça, il avait bossé au studio Walt Disney de Bruxelles, mais c'est avec cette première Bd qu'il apprend le métier avec l'élaboration d'un scénario, les cadrages, le découpage et la mise en page d'une bande dessinée. A cette époque, il allait rencontrer aussi André-Paul Duchâteau qui deviendra son complice au journal Tintin. La bande est maladroitement dessinée, le trait n'est pas joli, les tronches des personnages sont plutôt laides, rien n'est vraiment travaillé, on voit que c'est les débuts d'un futur grand auteur, mais ce qui est intéressant, c'est le style graphique dans son ensemble, car Tibet s'inspire énormément du style de Milton Caniff, son dessin ici fait vachement penser à Steve Canyon, et le héros Dave O'Flynn est inspiré par Lemmy Caution, le personnage crée par le romancier anglais Peter Cheyney, sauf qu'il n'est pas du FBI, c'est un privé assez rugueux et perspicace qui aime se frotter à une faune assez louche, qui emballe des filles et qui picole sec. Le côté permissif de Heroic-Albums permettait ces fantaisies, ce qui sera refusé à Tibet lorsqu'il intègrera le journal Tintin après 1952, date où il cesse cette bande après 7 récits, pour créer Ric Hochet avec Duchâteau en 1955. Au tout début des années 50, créer une telle bande était en soi assez original pour un journal européen, Tibet s'en est d'ailleurs sorti assez honorablement, en dépit de l'aspect graphique hésitant, c'est juste qu'aujourd'hui, ça a pas mal vieilli, et je ne cours plus après ce genre de lecture, le ton est vraiment trop démodé. Mais c'est une véritable ébauche du personnage de Ric Hochet, surtout physiquement, je suis sûr que la bande a dû servir à Tibet pour reprendre certains éléments. Elle est restée longtemps méconnue jusqu'à ce que Chlorophylle édite 2 albums brochés en 1979, c'est bien parce que ça évite l'oubli total, et c'est insolite comme découverte, mais honnêtement, c'est pas une Bd que j'ai envie d'avoir sur mes étagères.
Panorama (Fiffe)
Première œuvre de Michel Fiffe traduite en français (et depuis Delirium a aussi traduit une autre de ses œuvres), un auteur de comics indépendant que je connaissais pas. Rien qu'en regardant le dessin, on voit que c'est de la bande dessinée américaine indépendante. Personnellement, le style de Fiffe ne m'a pas trop attiré, mais ce n'est pas trop laid. C'est un récit de body horror, il faut donc s'attendre à voir des images dégueulasses. C'est un genre qui ne m'attire pas trop, mais je suis capable d'accrocher si l'histoire est captivante (le film Vidéodrome par exemple) et ici je l'ai trouvée plate. Le récit raconte juste deux ados avec des problèmes comme on l'a vu des centaines de fois et j'imagine que ce qui arrive à leur corps est une métaphore sur la puberté ou un truc du genre. J'avoue que je me suis rapidement ennuyé et qu'aucun personnage ne m'a intéressé. Il y a que l'épilogue qui a retenu un peu mon attention. Peut-être que ce comics va mieux parler aux lecteurs qui ont eu de graves problèmes durant leur adolescence. En tout cas, si vous être un gros fan des délires de David Lynch, David Cronenberg ou Charles Burns, cela va sans doute vous intéresser.
Police Antarctic
Cette BD est du gâchis de talent. Le talent, c'est celui de Fernando Rubio dont le dessin est d'excellente qualité. C'est un style purement argentin des années 80 et 90, qui rappellera celui de Juan Gimenez et autres Horacio Altuna. Les planches sont très attirantes, avec une mise en page aérée et efficace, et pas mal d'érotisme même s'il est souvent placé là de manière assez gratuite. Le problème c'est que ni la narration graphique, ni les dialogues et ni le scénario ne suivent. Le cadre Antarctique se veut un peu original mais on l'oublie très vite et dans les faits, cela aurait pu se passer n'importe où ailleurs que ça n'aurait rien changé à l'intrigue. La base du scénario est très classique, avec un enquêteur un peu minable et un tueur en série trempant à moitié dans des magouilles politiques. Mais c'est très mal raconté. Les dialogues sont idiots, mal agencés, la narration est hachée par des tentatives de mauvais gags ça et là, les enchainements ne sont jamais clairs et trop souvent artificiels, on suit l'enquête sans trop la comprendre car on voit mal comment les personnages passent d'une situation à la suivante et leurs réactions semblent régulièrement hors de propos. Un bon dessin au service d'une mauvaise histoire qui plus est mal racontée.
Monster (Vonk/Delcourt)
Je suis un grand fan d'Andreas mais même moi j'ai du mal à considérer cet album comme une BD à part entière. Même s'il s'agissait d'une histoire courte dans un recueil plus épais, ce serait une histoire trop courte à mon goût. Muette, elle se lit en une minute à peine. Alors certes on y retrouve le graphisme si particulier d'Andreas que j'aime tant, son style hachuré rappelant les gravures anciennes avec ici des réminiscences de Cromwell Stone, ses visages grimaçants, ses ambiances inquiétantes, ainsi qu'un travail sur le contraste entre le rouge et le noir et blanc. Mais je ne lis pas une BD juste pour l'essai graphique qu'elle représente, j'ai besoin d'une histoire consistante, et je ne l'ai pas ici.
Black Monday murders
Voilà une série qui avait tous les ingrédients pour me plaire… thriller bien noir et sanguinolent dans le monde de la finance et un peu de fantastique. Après la lecture du tome 1, je reste sur ma faim. Je n’ai pas réussi à rentrer dans cette histoire démoniaque mais trop ésotérique avec des sacrifices humains qui arrivent de nulle part. C’est trop alambiqué à mon goût, pas crédible et incontestablement c’est ennuyeux. Du coup pas de tome 2 pour moi, je tire ma révérence, cela me suffit. Je ne verrai pas l’apocalypse annoncée et ce n’est pas grave du tout. C’est vraiment dommage car le graphisme est plutôt bien foutu et correspond à mes attentes. C’est réaliste et très propre. Cela ne suffira pas cependant pour monter ma note vers la moyenne.