Un série en demi-teinte. Comme indiqué ci-dessous, cela partait très bien, un policier américain de Nouvelle-Orléans traquant un ravisseur d'enfants mystérieux appelé le "marchand de sable", se retrouve investi de certains pouvoirs après une résurrection, et est mêlé à une guerre opposant des fractions rivales d'anges, menée sur la terre depuis la nuit de temps.
Les deux premiers tomes tiennent à peu près la route, aussi bien scénaristiquement que graphiquement (malgré quelques problèmes d'échelle par exemple, sur certaines cases, les voitures dont s'approchent les protagonistes ont la taille de jouets pour enfants).
Mais déjà un regret pointe le bout de son nez : le décors n'est absolument pas exploité : les bayous ou marais de la Nouvelle-Orléans, ses folklores, le rapport à la religion et au paganisme figurent aux abonnés absents. Ce qui devrait mettre la puce à l'oreille : un bon metteur en scène exploite pleinement tout son environnement.
Le tome 3 de cette trilogie anéantit toutes les bonnes intentions des deux tomes précédents : déjà graphiquement, un autre dessinateur est à l’œuvre. Si Jamal Igle n'est pas un virtuose, il savait générer une belle atmosphère avec un minimum de richesse, de profondeur. Steven Cummings, qui prend le relai ,est bien plus flou, plus simpliste (voire simplet) je dirais, moins riche, et il ne fait aucun effort pour se rapprocher graphiquement de son prédécesseur. En fait pour résumer, on passe de vrais dessins à des esquisses grossières. Les personnages alternent entre regard vide, voire bovin, et air totalement ahuri avec la moitié de la bouche plus ouverte que l'autre.
Scénaristiquement c'est pire : on a l'impression que ce tome 3 a été bâclé, que 4 tomes étaient prévus et non trois. Tout est accéléré, et on se retrouve avec un nouvel ennemi, légèrement introduit dans le tome 2, Kane, un être surhumain dont on ignore et ignorera absolument tout de A à Z....Le personnage semble lui-même se moquer de ses lecteurs en lançant "vous finirez par comprendre que je ne suis pas celui que vous croyez". Le problème c'est qu'on ne croit rien et ne comprend rien non plus! Ou plutôt on semble deviner que Kane est le diable dans les 2 dernières pages, ce qui n'a aucun sens et contredit tout ce qui nous était expliqué dans les tomes 1 et 2 (par exemple, on nous expliquait que l'ange Iblis s'était mis à son service, alors que Kane est à priori son agent qui se révolte). Bref, on passe d'une guerre entre des anges pour la porte du paradis pouvant mener à l'anéantissement de la race humaine dans les deux premiers tomes, à une bataille mêlée dans un gymnase avec deux humains au milieu dans le troisième... On aura rarement vu une idée prometteuse ainsi descendue en flèche, jusqu'aux enfers en somme.
Si on devait juger séparément les histoires, le tome 1 fait 4 étoiles, le second trois, le troisième zéro.
Mais en tant qu’œuvre intégrale, le tome 3 détruit tout.
J’ai eu le sentiment à la lecture qu’il y avait beaucoup d’envie de la part des auteur.e.s mais aussi pas mal de maladresse.
Envie d’ancrer leur récit dans le milieu de la danse moderne, avec de belles planches consacrées à cet art. Envie de nous offrir une romance avec les phases classiques du genre (ils s’aiment mais une faille apparait entre eux, va-t-elle se transformer en un gouffre insurmontable ou vont-ils faire fi de leurs différences pour vivre leur histoire d’amour dans le respect de l’autre et de ses choix ?) Envie de lier leur récit à la situation économique, politique et environnementale actuelle… avec pas mal d’insistance sur certains points qui reflètent sans doute les craintes des auteur.e.s (état policier, démembrement de l’Europe, crise climatique, rejet des migrants).
Maladresse dès le début quand un numéro de téléphone griffonné sur un bras change en fonction des cases.
Maladresse encore dans l’insistance avec laquelle les auteurs font partager leurs craintes. C’est tellement caricatural que j’ai du mal à y croire (notamment cette histoire d’oiseaux qui meurent de soif alors que les fontaines publiques, les rivières, les fleuves, les canaux ne semblent pas du tout à sec… sont cons ces piafs ou quoi ?)
Maladresse encore dans la manière dont un personnage évolue. En effet, l’un des deux personnages principaux est une chorégraphe désirant adapter un conte noir. Ce conte cache de manière assez lisible une critique de nos sociétés occidentales et on s’attend donc à ce qu’elle-même ne soit pas en phase avec l’évolution de la société et veuille par le biais de son ballet dénoncer l’évolution en question (d’autant plus qu’elle a bâti sa réputation sur ses ballets engagés). Et en fait… ben pas du tout. A un point tel que j’en suis venu à me demander si elle avait compris quelque chose à ce conte. Le personnage en devient quelque peu crétin et l’utilisation même de ce conte perd tout son sens dans la bande dessinée.
Et puis viennent mes convictions qui, directement, court-circuitent les interrogations des deux personnages principaux, étant donné que pour moi, ce n’est pas en créant un ballet destiné à un public restreint et élitiste et financé à l’aide de l’argent public que l’on va marquer les esprits de la masse populaire. Alors, autant j’aurais compris cette ambition si les personnages avaient œuvré dans un art populaire, autant avec du ballet moderne -qui plus est confiné dans des salles de spectacle-, j’ai du mal à comprendre.
Donc voilà, je salue la sincérité des auteur.e.s, je trouve que techniquement la bande dessinée est bien réalisée (à l’exception de ce numéro de téléphone aléatoire) mais tant le propos, que la romance que l’évolution des personnages ont eu du mal à me convaincre.
Bof, donc…
Je n’ai jamais trop accroché à l’humour du duo Shirley et Dino. Timbres aigus, improvisations, rires douteux, costumes colorés, intonations sur-jouées … on est plus proche d’un dessin animé qu’à un spectacle de music-hall. Du l’humour bas de gamme pour les spectateurs des émissions de Patrick Sébastien. Du coup j’étais un peu circonspect à découvrir l’esprit de cet album initié par Frank Margerin.
Je ne vais pas dire que cela m’a déplu. Je ne me suis pas ennuyé non plus. L’album n‘est pas à jeter à la benne. Cela reste dans le tempo du duo. C’est plat et pour tout dire pas très drôle. Même si le ton est joyeux, cela reste naïf et un peu cucul la praline. Il a manqué d’inspiration notre Frank sur ce coup-là assurément. Voilà donc une BD pour ado boutonneux. Vous pouvez passer votre tour aisément mais si vous vouliez absolument lire cet album, sur internet vous pouvez le trouver pour 2 - 3 euros. C’est tout dire !
Je découvre 17 ans après sa sortie cet ouvrage qui caricature certains aspects de la vie en entreprise.
Sept chapitres aux intitulés qui résonnent comme une thèse de doctorat mais remplis de gags qui se veulent drôles ou humoristiques.
Dans le domaine de l'Absurde, je reconnais humblement que j'en suis resté aux classiques littéraires.
Larcenet choisit un modèle d'entreprise et y concentre tous les torts réels ou fantasmés. Certaines thématiques sont d'ailleurs pas mal pensées. J'aime bien "La subordination" ou "La mort" car sous l'aspect caricatural j'y trouve une réflexion plus profonde.
De là à m'arracher un rire, c'est pas gagné. Je ne suis vraiment pas fan du dessin. Quant au vocabulaire et à la pornographie, c'est une sorte de loi du genre dans ce type d'album.
Pour conclure, si cet ouvrage avait pour but de réveiller les consciences contre les dangers du néo-libéralisme, 17 ans après je crois qu'il n'a pas été écouté.
Autant j’ai trouvé sympa de relire « Vive les vacances ! », autant la relecture de « Phantasmes » a été plus laborieuse même si, au détour d’une page, on peut tomber sur un truc bien graveleux, d’accord, mais vraiment marrant. Y'a quand même quelques trouvailles !! Le dessin est toujours vif et rapide. Personnellement, j’aime bien. C’est trash à souhait, bien crade et c’est pas mal du tout, de temps en temps, de repousser les limites du conformisme et de la bien pensance.
Cet opus ne fait pas partie du haut du panier de la série Sept, encore une déception.
Une île où tout semble être parfait. Sept enfants qui ignorent tout de leurs passés.
On se doute qu'il se cache un mystère derrière ce vernis.
Un phare qui cristalise les pensées du dernier arrivé : Aràn.
Un scénario avec un certain potentiel mais mal exploité. Des personnages, surtout les enfants, sans saveurs, une intrigue qui se devine trop facilement avec pour arrière plan un décor en carton-pâte.
Dommage.
Un dessin qui ne sort pas du lot, des couleurs "sombres" et un découpage des plus classique.
Sept naufragés et moi qui coule.
La biographie d'un joueur de football que je ne connaissais pas et je suis franchement déçu.
J'avais bien aimé la seule BD d'Émilie Gleason que j'avais lue, Ted, drôle de coco et je m'attendais à un bon moment de lecture... et j'ai vite déchanté ! Autant je trouve que le dessin dans Ted était élégant et sympathique à regarder autant ici le dessin est... laid. Je n'aime pas la manière dont sont dessinés les personnages et surtout la manière dont ils bougent. Je vois que la dessinatrice vient de l'underground et son dessin dans cet album m'a justement fait penser à toutes ces comics underground qui font exprès de dessiner de manière moche. Franchement après quelques pages c'était un calvaire à regarder !
Dommage parce que certaines anecdotes sont pas trop mal, j'aime surtout celles sur l'enfance de ce footballeur issue de l'immigration. C'est amusant de voir le fossé culturel entre les adultes et les enfants nés ici qui ne comprennent même pas la langue d'origine de leurs parents. Donc voilà à moins d'être fans de ce genre de graphique, je pense que vous ne manquez rien en ne lisant pas ce one-shot.
Pas de chance je suis tombé sur Wanda. Mais je laisserai Anja et Miaki tranquilles tellement cette série m'a ennuyé.
Une ambiance "Pornochic" mais sans le porno (ni le chic d'ailleurs). Look slave glacé comme les dessins, les ambiances et les couleurs.
Un érotisme pour préadolescents. Un scénario indigne du talent de Dufaux. Du pur commercial sans beaucoup d'intérêt à mes yeux.
Dans le même univers que Le Livre du Mont-Vérité, JC Menu réussit une belle prouesse de sortir ce petit album en 24h. Le dessin est plutôt bien, l'histoire a quand même une certaine consistance malgré le faible nombre de pages inhérent à la collection Patte de Mouche et de l'humour mais on sent que c'est un peu improvisé sans réel fil conducteur. En tout cas, n'ayant lu que le premier tome, je n'en ai pas retenu grand chose de ces moines.
Ordinairement, quand je lis un album qui fait rire pas mal de gens mais pas moi, j'arrive à peu près à discerner ce qui peut malgré tout attirer des lecteurs, en me disant que ce n'est tout simplement pas mon type d'humour. Mais là, ça va plus loin et c'est bien pire : je n'arrive même pas à distinguer où est la source de l'humour !
Hormis 3 ou 4 planches (et encore), si je n'ai pas ri pendant ma lecture, c'est parce que je ne voyais même pas où il fallait rire... Les planches présentes dans la galerie illustrent suffisamment mon propos : je n'arrive tout simplement pas à voir ce qui devrait entraîner ne serait-ce qu'un vague sourire. La plupart des soi-disant "gags" qui composent cet album n'ont même pas de chute, c'est juste un alignement de deux strips où le jeune Albert délivre sa vision cynique de la vie, sans que jamais ce décalage avec ce et ceux qui l'entourent ne soit correctement exploité.
Non, vraiment, je ne dirai pas comme d'habitude que ce n'est pas mon type d'humour puisque, pour moi, ce n'est même pas de l'humour, c'est vraiment d'une platitude exemplaire...
Seul le dessin de Chaland, avec sa très belle ligne claire, sauve un tout petit peu la mise et m'évite de descendre à 1/5, mais à part ça et quelques très rares strips, c'est franchement nul.
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L'Armée des Anges (Dominion)
Un série en demi-teinte. Comme indiqué ci-dessous, cela partait très bien, un policier américain de Nouvelle-Orléans traquant un ravisseur d'enfants mystérieux appelé le "marchand de sable", se retrouve investi de certains pouvoirs après une résurrection, et est mêlé à une guerre opposant des fractions rivales d'anges, menée sur la terre depuis la nuit de temps. Les deux premiers tomes tiennent à peu près la route, aussi bien scénaristiquement que graphiquement (malgré quelques problèmes d'échelle par exemple, sur certaines cases, les voitures dont s'approchent les protagonistes ont la taille de jouets pour enfants). Mais déjà un regret pointe le bout de son nez : le décors n'est absolument pas exploité : les bayous ou marais de la Nouvelle-Orléans, ses folklores, le rapport à la religion et au paganisme figurent aux abonnés absents. Ce qui devrait mettre la puce à l'oreille : un bon metteur en scène exploite pleinement tout son environnement. Le tome 3 de cette trilogie anéantit toutes les bonnes intentions des deux tomes précédents : déjà graphiquement, un autre dessinateur est à l’œuvre. Si Jamal Igle n'est pas un virtuose, il savait générer une belle atmosphère avec un minimum de richesse, de profondeur. Steven Cummings, qui prend le relai ,est bien plus flou, plus simpliste (voire simplet) je dirais, moins riche, et il ne fait aucun effort pour se rapprocher graphiquement de son prédécesseur. En fait pour résumer, on passe de vrais dessins à des esquisses grossières. Les personnages alternent entre regard vide, voire bovin, et air totalement ahuri avec la moitié de la bouche plus ouverte que l'autre. Scénaristiquement c'est pire : on a l'impression que ce tome 3 a été bâclé, que 4 tomes étaient prévus et non trois. Tout est accéléré, et on se retrouve avec un nouvel ennemi, légèrement introduit dans le tome 2, Kane, un être surhumain dont on ignore et ignorera absolument tout de A à Z....Le personnage semble lui-même se moquer de ses lecteurs en lançant "vous finirez par comprendre que je ne suis pas celui que vous croyez". Le problème c'est qu'on ne croit rien et ne comprend rien non plus! Ou plutôt on semble deviner que Kane est le diable dans les 2 dernières pages, ce qui n'a aucun sens et contredit tout ce qui nous était expliqué dans les tomes 1 et 2 (par exemple, on nous expliquait que l'ange Iblis s'était mis à son service, alors que Kane est à priori son agent qui se révolte). Bref, on passe d'une guerre entre des anges pour la porte du paradis pouvant mener à l'anéantissement de la race humaine dans les deux premiers tomes, à une bataille mêlée dans un gymnase avec deux humains au milieu dans le troisième... On aura rarement vu une idée prometteuse ainsi descendue en flèche, jusqu'aux enfers en somme. Si on devait juger séparément les histoires, le tome 1 fait 4 étoiles, le second trois, le troisième zéro. Mais en tant qu’œuvre intégrale, le tome 3 détruit tout.
Lumière noire
J’ai eu le sentiment à la lecture qu’il y avait beaucoup d’envie de la part des auteur.e.s mais aussi pas mal de maladresse. Envie d’ancrer leur récit dans le milieu de la danse moderne, avec de belles planches consacrées à cet art. Envie de nous offrir une romance avec les phases classiques du genre (ils s’aiment mais une faille apparait entre eux, va-t-elle se transformer en un gouffre insurmontable ou vont-ils faire fi de leurs différences pour vivre leur histoire d’amour dans le respect de l’autre et de ses choix ?) Envie de lier leur récit à la situation économique, politique et environnementale actuelle… avec pas mal d’insistance sur certains points qui reflètent sans doute les craintes des auteur.e.s (état policier, démembrement de l’Europe, crise climatique, rejet des migrants). Maladresse dès le début quand un numéro de téléphone griffonné sur un bras change en fonction des cases. Maladresse encore dans l’insistance avec laquelle les auteurs font partager leurs craintes. C’est tellement caricatural que j’ai du mal à y croire (notamment cette histoire d’oiseaux qui meurent de soif alors que les fontaines publiques, les rivières, les fleuves, les canaux ne semblent pas du tout à sec… sont cons ces piafs ou quoi ?) Maladresse encore dans la manière dont un personnage évolue. En effet, l’un des deux personnages principaux est une chorégraphe désirant adapter un conte noir. Ce conte cache de manière assez lisible une critique de nos sociétés occidentales et on s’attend donc à ce qu’elle-même ne soit pas en phase avec l’évolution de la société et veuille par le biais de son ballet dénoncer l’évolution en question (d’autant plus qu’elle a bâti sa réputation sur ses ballets engagés). Et en fait… ben pas du tout. A un point tel que j’en suis venu à me demander si elle avait compris quelque chose à ce conte. Le personnage en devient quelque peu crétin et l’utilisation même de ce conte perd tout son sens dans la bande dessinée. Et puis viennent mes convictions qui, directement, court-circuitent les interrogations des deux personnages principaux, étant donné que pour moi, ce n’est pas en créant un ballet destiné à un public restreint et élitiste et financé à l’aide de l’argent public que l’on va marquer les esprits de la masse populaire. Alors, autant j’aurais compris cette ambition si les personnages avaient œuvré dans un art populaire, autant avec du ballet moderne -qui plus est confiné dans des salles de spectacle-, j’ai du mal à comprendre. Donc voilà, je salue la sincérité des auteur.e.s, je trouve que techniquement la bande dessinée est bien réalisée (à l’exception de ce numéro de téléphone aléatoire) mais tant le propos, que la romance que l’évolution des personnages ont eu du mal à me convaincre. Bof, donc…
Shirley et Dino
Je n’ai jamais trop accroché à l’humour du duo Shirley et Dino. Timbres aigus, improvisations, rires douteux, costumes colorés, intonations sur-jouées … on est plus proche d’un dessin animé qu’à un spectacle de music-hall. Du l’humour bas de gamme pour les spectateurs des émissions de Patrick Sébastien. Du coup j’étais un peu circonspect à découvrir l’esprit de cet album initié par Frank Margerin. Je ne vais pas dire que cela m’a déplu. Je ne me suis pas ennuyé non plus. L’album n‘est pas à jeter à la benne. Cela reste dans le tempo du duo. C’est plat et pour tout dire pas très drôle. Même si le ton est joyeux, cela reste naïf et un peu cucul la praline. Il a manqué d’inspiration notre Frank sur ce coup-là assurément. Voilà donc une BD pour ado boutonneux. Vous pouvez passer votre tour aisément mais si vous vouliez absolument lire cet album, sur internet vous pouvez le trouver pour 2 - 3 euros. C’est tout dire !
Guide de la survie en entreprise
Je découvre 17 ans après sa sortie cet ouvrage qui caricature certains aspects de la vie en entreprise. Sept chapitres aux intitulés qui résonnent comme une thèse de doctorat mais remplis de gags qui se veulent drôles ou humoristiques. Dans le domaine de l'Absurde, je reconnais humblement que j'en suis resté aux classiques littéraires. Larcenet choisit un modèle d'entreprise et y concentre tous les torts réels ou fantasmés. Certaines thématiques sont d'ailleurs pas mal pensées. J'aime bien "La subordination" ou "La mort" car sous l'aspect caricatural j'y trouve une réflexion plus profonde. De là à m'arracher un rire, c'est pas gagné. Je ne suis vraiment pas fan du dessin. Quant au vocabulaire et à la pornographie, c'est une sorte de loi du genre dans ce type d'album. Pour conclure, si cet ouvrage avait pour but de réveiller les consciences contre les dangers du néo-libéralisme, 17 ans après je crois qu'il n'a pas été écouté.
Phantasmes
Autant j’ai trouvé sympa de relire « Vive les vacances ! », autant la relecture de « Phantasmes » a été plus laborieuse même si, au détour d’une page, on peut tomber sur un truc bien graveleux, d’accord, mais vraiment marrant. Y'a quand même quelques trouvailles !! Le dessin est toujours vif et rapide. Personnellement, j’aime bien. C’est trash à souhait, bien crade et c’est pas mal du tout, de temps en temps, de repousser les limites du conformisme et de la bien pensance.
Sept naufragés
Cet opus ne fait pas partie du haut du panier de la série Sept, encore une déception. Une île où tout semble être parfait. Sept enfants qui ignorent tout de leurs passés. On se doute qu'il se cache un mystère derrière ce vernis. Un phare qui cristalise les pensées du dernier arrivé : Aràn. Un scénario avec un certain potentiel mais mal exploité. Des personnages, surtout les enfants, sans saveurs, une intrigue qui se devine trop facilement avec pour arrière plan un décor en carton-pâte. Dommage. Un dessin qui ne sort pas du lot, des couleurs "sombres" et un découpage des plus classique. Sept naufragés et moi qui coule.
J'perds pas la boule
La biographie d'un joueur de football que je ne connaissais pas et je suis franchement déçu. J'avais bien aimé la seule BD d'Émilie Gleason que j'avais lue, Ted, drôle de coco et je m'attendais à un bon moment de lecture... et j'ai vite déchanté ! Autant je trouve que le dessin dans Ted était élégant et sympathique à regarder autant ici le dessin est... laid. Je n'aime pas la manière dont sont dessinés les personnages et surtout la manière dont ils bougent. Je vois que la dessinatrice vient de l'underground et son dessin dans cet album m'a justement fait penser à toutes ces comics underground qui font exprès de dessiner de manière moche. Franchement après quelques pages c'était un calvaire à regarder ! Dommage parce que certaines anecdotes sont pas trop mal, j'aime surtout celles sur l'enfance de ce footballeur issue de l'immigration. C'est amusant de voir le fossé culturel entre les adultes et les enfants nés ici qui ne comprennent même pas la langue d'origine de leurs parents. Donc voilà à moins d'être fans de ce genre de graphique, je pense que vous ne manquez rien en ne lisant pas ce one-shot.
Venus H.
Pas de chance je suis tombé sur Wanda. Mais je laisserai Anja et Miaki tranquilles tellement cette série m'a ennuyé. Une ambiance "Pornochic" mais sans le porno (ni le chic d'ailleurs). Look slave glacé comme les dessins, les ambiances et les couleurs. Un érotisme pour préadolescents. Un scénario indigne du talent de Dufaux. Du pur commercial sans beaucoup d'intérêt à mes yeux.
Mont-Vérité chrono-poche
Dans le même univers que Le Livre du Mont-Vérité, JC Menu réussit une belle prouesse de sortir ce petit album en 24h. Le dessin est plutôt bien, l'histoire a quand même une certaine consistance malgré le faible nombre de pages inhérent à la collection Patte de Mouche et de l'humour mais on sent que c'est un peu improvisé sans réel fil conducteur. En tout cas, n'ayant lu que le premier tome, je n'en ai pas retenu grand chose de ces moines.
Le Jeune Albert
Ordinairement, quand je lis un album qui fait rire pas mal de gens mais pas moi, j'arrive à peu près à discerner ce qui peut malgré tout attirer des lecteurs, en me disant que ce n'est tout simplement pas mon type d'humour. Mais là, ça va plus loin et c'est bien pire : je n'arrive même pas à distinguer où est la source de l'humour ! Hormis 3 ou 4 planches (et encore), si je n'ai pas ri pendant ma lecture, c'est parce que je ne voyais même pas où il fallait rire... Les planches présentes dans la galerie illustrent suffisamment mon propos : je n'arrive tout simplement pas à voir ce qui devrait entraîner ne serait-ce qu'un vague sourire. La plupart des soi-disant "gags" qui composent cet album n'ont même pas de chute, c'est juste un alignement de deux strips où le jeune Albert délivre sa vision cynique de la vie, sans que jamais ce décalage avec ce et ceux qui l'entourent ne soit correctement exploité. Non, vraiment, je ne dirai pas comme d'habitude que ce n'est pas mon type d'humour puisque, pour moi, ce n'est même pas de l'humour, c'est vraiment d'une platitude exemplaire... Seul le dessin de Chaland, avec sa très belle ligne claire, sauve un tout petit peu la mise et m'évite de descendre à 1/5, mais à part ça et quelques très rares strips, c'est franchement nul.