Amateur d'humour décalé et absurde, j'étais curieux de découvrir ce album au titre et à la couverture intrigants. Petit format carré agréable à prendre en main, ami du loufoque nous voilà parti !
Mais pour tout dire, mon attrait pour ce recueil de gags m'a vite laissé de marbre. Je n'irais pas jusqu'à souffler du nez pour signifier mon ennui, mais j'en étais pas loin. Pour tout dire, j'ai du sourire à 2 ou 3 strips au fil des 90 pages proposées... Bref, pour le coup je suis resté hermétique à l'humour de J. Personne que je découvre à cette occasion.
Ce n'est pas non plus le dessin minimaliste et la colorisation monochrome des planches qui m'aura raccroché.
Bref, c'est simple (pas simpliste), peut-être drôle, mais pas pour moi.
Bon client de l’univers Star Wars, cette série de one shot mettant en avant ses vilains m’intriguait, il y a de la matière.
Après lecture d’une grosse dizaine de tomes, le verdict est sans appel ... c’est pas terrible du tout.
Aucune plus value pour ou sur les personnages, c’est anecdotique au possible niveau scénario (chasse, vengeance, complot ...)
De plus la qualité graphique est très versatile.
Seule lecture agréable : la ballade de Jango et 2 histoires autour de Vador.
Le reste est poussif ou très mauvais.
A éviter même pour les gros amateurs.
Publiée une première fois en trois petits albums entre 1969 et 1972 par Jean-Jacques Pauvert, cette série relève bien de la liberté d’expression défendue toute sa vie par ce grand éditeur, et de la provocation défendue aussi longtemps par Wolinski (jusqu’à sa rencontre fortuite avec les séides de Daech…).
Je ne sais pas si cet album reprend tous les dessins des trois albums Pauvert (je n’ai lu que l’album Glénat), mais en tout cas le titre rappelle que Wolinski était bien un obsédé, qu’en effet il semblait passer une bonne partie de son temps à « ne penser qu’à ça », car une bonne partie de son œuvre est fortement portée sur les mots et les images mettant en scène le sexe et les relations qu’il propose.
A l’époque de la production de ces dessins, Wolinski était un pilier d’Hara-Kiri, puis de Charlie-Hebdo (dans lesquels une bonne partie a dû être publiée). Cet album regroupe de très courtes histoires (encore que les scénarios soient réduits au minimum !) et de simples dessins.
Texte et dessins sont souvent très crus (le manque de finesse se ressent dans tous les sens du terme d’ailleurs !). Mais ils devaient avoir une force de percussion largement supérieure au moment de leur publication (fin des années soixante), dans la France pompidolienne, et leur dissémination en revue, au milieu d’autres travaux des trublions de Charlie, rendait sûrement l’obsession de Wolinski plus lisible.
En effet, aujourd’hui, plus de cinquante ans après, la provoc de Wolinski tombe un peu à l’eau, et paraît un peu vaine, la libération sexuelle et l’évolution des mœurs étant passées par là (encore que certains censeurs proches de la Manif pour tous tentent de revenir en arrière en ce domaine). L’élément provocateur étant atténué, ne reste alors qu’un empilement de gags, dont certains m’ont fait sourire (cinq ou six), mais dont la plupart m’ont laissé de marbre. Et leur regroupement, hors du cadre d’un journal, leur fait perdre une part de leur côté « punchline ».
Cet album ne garde d’intérêt que pour montrer – comme en négatif – ce qui pouvait choquer « les bonnes gens » à cette époque. Et je suis aussi prêt à reconnaître à ces auteurs (comme Wolinski, Reiser, Siné, etc) une grande dette concernant l’évolution de la liberté d’expression. Mais pour le reste – si vous mettez la main dessus, il y a fort à parier que vous ne trouviez pas dans cet album de quoi agiter vos zygomatiques.
*********************
MAJ, après lecture du premier album en édition originale, qui s'est avéré meilleur que les échantillons lus dans la reprise de Glénat des trois albums. Ce premier album, sans être un chef d’œuvre, est plutôt amusant, et carrément érotique (Wolinski trouvait chez l'éditeur de Sade un complice éclairé pour ce genre de publication, corrosive à l'époque). Édition pas facile à rencontrer, c'est sûr, mais ce petit format avec couverture toilée épaisse est agréable en main, et mérite le détour.
Note globale pour la série 2,5/5.
Je ne sais pas trop à qui s'adresse cette série mais à lire son contenu et à voir les autres albums de la même collection présentés en 4e de couverture de chaque tome, il semblerait qu'elle soit destinée à un public jeunesse.
C'est surprenant quand on connait le style habituel de Jean-Claude Denis et son graphisme plutôt adulte. Ce graphisme, avec sa ligne claire très classe, je l'aime beaucoup d'habitude mais il est ici un peu transformé pour lui donner un aspect légèrement plus jeunesse, avec des décors très épurés et des personnages aux allures un peu plus fantaisistes, et je trouve qu'il perd en classe.
Quant aux histoires, elles ne sont vraiment pas terribles. Pour commencer, le héros, Rup, n'est absolument pas charismatique. A la limite, il ne serait pas dans l'histoire qu'elle se déroulerait très bien sans lui. Les intrigues sont assez bidons, avec une bonne dose de stéréotypes. Le ton est léger et naïf mais plutôt dans le sens simplet, avec pas mal d'invraisemblances ou de facilités. Ca ressemble à de très vieilles aventures pour la jeunesse dont la structure en épisodes d'une page à chaque fois empêchait une structure qui tienne vraiment la route et captive lecteur sur la longueur d'un album, alors que ceux-ci sont pourtant très courts puisqu'ils font moins de 30 pages chacun.
Bof.
Une série des 80's qui est composée de quatre récits dont le titre commence par " L'Homme qui...".
C'est une sorte d'hommage aux aventuriers Blancs qui ont affronté les dangers de l'Ouest Sauvage.
C'est même un peu surprenant de la part de Derib, grand défenseur de la culture et de la cause Indienne. D'autant plus que les récits sources dans ce genre de scénarii sont toujours sujets à caution ayant souvent été écrits par les héros eux-mêmes.
Les dessins de Derib sont toujours excellents même si les visages prédominent aux paysages.
Petit clin d'oeil, on peut reconnaître John Wayne, Jacques Brel ou Georges Brassens parmi les héros des différentes aventures.
Deux récits sortent du lot, principalement celui de l'ouverture de la piste vers la Californie ( john Wayne) et le dernier ( avec le fils absent) plus poétique avec nos deux chanteurs en guest stars.
Si on joue aux Indiens et aux Cow-boys, je préfère le Derib Indien, de loin.
Même si cette série est parue lors de ma jeunesse, elle m'est restée complètement inconnue jusqu'à maintenant. Probable qu'elle n'ait pas dépassé les frontières de la Belgique. Initialement parue dans un magazine flamand pour la jeunesse à partir de 1971, elle a connu une petite quinzaine d'albums dans cette langue entre 1976 et 1987, et seulement 6 albums en français, plus un album publicitaire hors-série bilingue néerlandais-français.
Sur le plan graphique, le dessin de Jean-Pol est parfaitement dans l'esprit de l'école de Marcinelle. S'il fallait le rapprocher d'un autre auteur, ce serait forcément de Berck, ce qui lui a justement permis de reprendre le dessin de la série Sammy à partir de 1996. Dans les albums publiés en français, son style est déjà plutôt bien maîtrisé, avec des personnages tout en rondeurs, un chien Fido aux allures de Cubitus, et des décors assez bien travaillés.
Les aventures de ces deux jeunes cousins ne sont toutefois pas passionnantes pour qui les découvre avec des yeux d'adulte de nos jours. Ce sont des héros assez interchangeables, qui vivent des aventures comme on en a vu des centaines dans les récits pour la jeunesse. On a droit aux classiques découvertes et empêchements de machinations de criminels, voleurs, kidnappeurs et autres contrebandiers, ou encore à une course au trésor avec un méchant rival, avec ici et là un peu d'exotisme dans des pays étrangers clichés. Tout est très manichéen. Et toujours on se demande ce que viennent faire là ces deux gamins dans des histoires où les héros auraient plutôt dû être de jeunes adultes compte tenu des dangers encourus, mais ce n'est pas grave puisque les méchants sont assez bêtas et que les gentils gagnent toujours à la fin.
Les héros ne sont en outre pas très charismatiques. Peter est un peu pénible à rechigner et ronchonner si souvent, et Anne est très agaçante dans son rôle de chipie autoritaire qui taquine et manipule son cousin mais un peu aussi le monde qui les entoure.
Bref, je n'ai pas accroché à cette série qui a pu sans doute divertir la jeunesse flamande au début des années 80 mais qui parait très plate et sans saveur lue de nos jours, malgré un dessin de bonne facture.
L'Iliade est incontournable dans l'élaboration de la culture occidentale. Depuis 2000 ans cette épopée est chantée, lue et étudiée par toute l'intelligensia européenne et au-delà.
La vulgarisation en BD allait de soi et c'est une bonne chose pour nos ados collégiens. Je trouve le texte original très ennuyeux.
Cette suite de combats, de massacres, de dieux pervers qui se réjouissent de la destruction et de la mort m'agace au plus au point. La version BD me fait le même effet.
Peut être que l'histoire européenne aurait été plus paisible si leurs élites mâles n'avaient pas pris modèle sur des héros sanguinaires, violeurs et esclavagistes.
Je suis fan de cette collection mais ce n'est pas ce triptyque que je préfère. Passons sur le côté irréaliste, même en prenant en compte le côté divin de l'affaire, d'une armée qui campe 10 ans sur une plage ou 50 gugus qui restent plus d'une journée dans un cheval de bois construit à la hâte et qui prennent une ville aguerrie.
Je trouve le dessin de Pierre Taranzano moins à mon goût que celui de ses confrères des autres séries.
De plus je trouve la construction du T1 compliquée avec ses flash back continuels.
Pour tout dire je préfère même le Achille de Cosimo Ferri ( pour adultes avertis) avec un récit plus linéaire, plus animal que philosophique.
Nous avons perdu la forme du poème épique au fil des âges. Il nous reste un fond de brutalité dont je me passerais bien
Cet album est une petite curiosité. En effet, c'est je crois la première publication de J. C. Menu chez un "vrai éditeur". Il n'avait préalablement publié que dans de l'auto-édition, ancêtre de l'Association (et comme certains des futurs fondateurs de l'Association, il a été accueilli chez Futuropolis, dans cette collection X propice aux découvertes).
On a là une sorte d'enquête policière, assez décontractée, pas très sérieuse, autour de vols multiples et mystérieux de porte de 2 Chevaux, et d'un tableau d'un artiste maudit. Comme le fera son compère Trondheim, Menu use de personnages aux visages animaliers (d'ailleurs, Lapot a-t-il donné l'idée à Trondheim de créer son célèbre Lapinot ?).
Ça se laisse lire, mais c'est assez verbeux, et le scénario manque de fond. Quant au dessin, il n'est pas exempt de défauts.
A réserver je pense aux complétistes de Menu (qui doivent encore tomber dessus, sa rencontre n'est pas courante !).
Les deux histoires regroupées dans cet album (prépubliées dans (A SUIVRE)) sont toutes deux bâties sur le même principe. A savoir une gamine écrit à sa mère pour raconter son quotidien en colonie de vacances.
Si la première se contente d’une suite d’anecdotes (toutes plus noires et désespérantes les unes que les autres), la seconde, bien noire aussi, distille une sorte de fantastique et quelques images de guerre quasi SF, mais aussi, en filigrane, une vision un peu moins déprimante.
Le fait que ces lettres soient sans réponse, comme un appel à l’aide qui ne serait pas entendu, ajoute à l’aspect désespérant de l’ensemble. D’autant plus que la guerre est présente dans les deux histoires (sous forme de bombardiers survolant les enfants). Dans la seconde histoire toutefois, l’enfant qui écrit semble s’accommoder de sa situation (l’enfant semble un peu plus âgé que dans la précédente histoire), contrairement à la première histoire qui ne fait qu’accumuler les souffrances vécues.
C’est la première fois que je lis un album de cet auteur, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est d’un abord difficile.
On a là une petite curiosité, un univers très noir, et qui aurait sans doute mérité d’être développé davantage.
Note réelle 2,5/5.
Au bout de 3 saisons, soit 21 albums, quelle déception cette collection, beaucoup de passable et peu de réussite. Pourtant le concept était accrocheur et promettait sur le champ des possibles, mais trop peu d’auteurs tirent leur épingle du jeu sur ce travail de commande.
7 Personnages - 2ème album de la 2ème saison ne restera pas dans les mémoires.
Ça se laisse lire mais je n’en ai rien retenu.
L’utilisation de personnages de Molière enquêtant sur sa mort est une fausse bonne idée, histoire finalement très plate.
Et j’ai toujours eu du mal avec le trait de Florent Calvez, dessin statique et couleurs froides.
Bref rien ne m’a embarqué, une nouvelle déception dans la collection.
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Soufflement de narines
Amateur d'humour décalé et absurde, j'étais curieux de découvrir ce album au titre et à la couverture intrigants. Petit format carré agréable à prendre en main, ami du loufoque nous voilà parti ! Mais pour tout dire, mon attrait pour ce recueil de gags m'a vite laissé de marbre. Je n'irais pas jusqu'à souffler du nez pour signifier mon ennui, mais j'en étais pas loin. Pour tout dire, j'ai du sourire à 2 ou 3 strips au fil des 90 pages proposées... Bref, pour le coup je suis resté hermétique à l'humour de J. Personne que je découvre à cette occasion. Ce n'est pas non plus le dessin minimaliste et la colorisation monochrome des planches qui m'aura raccroché. Bref, c'est simple (pas simpliste), peut-être drôle, mais pas pour moi.
Star Wars - Le Côté Obscur
Bon client de l’univers Star Wars, cette série de one shot mettant en avant ses vilains m’intriguait, il y a de la matière. Après lecture d’une grosse dizaine de tomes, le verdict est sans appel ... c’est pas terrible du tout. Aucune plus value pour ou sur les personnages, c’est anecdotique au possible niveau scénario (chasse, vengeance, complot ...) De plus la qualité graphique est très versatile. Seule lecture agréable : la ballade de Jango et 2 histoires autour de Vador. Le reste est poussif ou très mauvais. A éviter même pour les gros amateurs.
Je ne pense qu'à ça
Publiée une première fois en trois petits albums entre 1969 et 1972 par Jean-Jacques Pauvert, cette série relève bien de la liberté d’expression défendue toute sa vie par ce grand éditeur, et de la provocation défendue aussi longtemps par Wolinski (jusqu’à sa rencontre fortuite avec les séides de Daech…). Je ne sais pas si cet album reprend tous les dessins des trois albums Pauvert (je n’ai lu que l’album Glénat), mais en tout cas le titre rappelle que Wolinski était bien un obsédé, qu’en effet il semblait passer une bonne partie de son temps à « ne penser qu’à ça », car une bonne partie de son œuvre est fortement portée sur les mots et les images mettant en scène le sexe et les relations qu’il propose. A l’époque de la production de ces dessins, Wolinski était un pilier d’Hara-Kiri, puis de Charlie-Hebdo (dans lesquels une bonne partie a dû être publiée). Cet album regroupe de très courtes histoires (encore que les scénarios soient réduits au minimum !) et de simples dessins. Texte et dessins sont souvent très crus (le manque de finesse se ressent dans tous les sens du terme d’ailleurs !). Mais ils devaient avoir une force de percussion largement supérieure au moment de leur publication (fin des années soixante), dans la France pompidolienne, et leur dissémination en revue, au milieu d’autres travaux des trublions de Charlie, rendait sûrement l’obsession de Wolinski plus lisible. En effet, aujourd’hui, plus de cinquante ans après, la provoc de Wolinski tombe un peu à l’eau, et paraît un peu vaine, la libération sexuelle et l’évolution des mœurs étant passées par là (encore que certains censeurs proches de la Manif pour tous tentent de revenir en arrière en ce domaine). L’élément provocateur étant atténué, ne reste alors qu’un empilement de gags, dont certains m’ont fait sourire (cinq ou six), mais dont la plupart m’ont laissé de marbre. Et leur regroupement, hors du cadre d’un journal, leur fait perdre une part de leur côté « punchline ». Cet album ne garde d’intérêt que pour montrer – comme en négatif – ce qui pouvait choquer « les bonnes gens » à cette époque. Et je suis aussi prêt à reconnaître à ces auteurs (comme Wolinski, Reiser, Siné, etc) une grande dette concernant l’évolution de la liberté d’expression. Mais pour le reste – si vous mettez la main dessus, il y a fort à parier que vous ne trouviez pas dans cet album de quoi agiter vos zygomatiques. ********************* MAJ, après lecture du premier album en édition originale, qui s'est avéré meilleur que les échantillons lus dans la reprise de Glénat des trois albums. Ce premier album, sans être un chef d’œuvre, est plutôt amusant, et carrément érotique (Wolinski trouvait chez l'éditeur de Sade un complice éclairé pour ce genre de publication, corrosive à l'époque). Édition pas facile à rencontrer, c'est sûr, mais ce petit format avec couverture toilée épaisse est agréable en main, et mérite le détour. Note globale pour la série 2,5/5.
Rup Bonchemin
Je ne sais pas trop à qui s'adresse cette série mais à lire son contenu et à voir les autres albums de la même collection présentés en 4e de couverture de chaque tome, il semblerait qu'elle soit destinée à un public jeunesse. C'est surprenant quand on connait le style habituel de Jean-Claude Denis et son graphisme plutôt adulte. Ce graphisme, avec sa ligne claire très classe, je l'aime beaucoup d'habitude mais il est ici un peu transformé pour lui donner un aspect légèrement plus jeunesse, avec des décors très épurés et des personnages aux allures un peu plus fantaisistes, et je trouve qu'il perd en classe. Quant aux histoires, elles ne sont vraiment pas terribles. Pour commencer, le héros, Rup, n'est absolument pas charismatique. A la limite, il ne serait pas dans l'histoire qu'elle se déroulerait très bien sans lui. Les intrigues sont assez bidons, avec une bonne dose de stéréotypes. Le ton est léger et naïf mais plutôt dans le sens simplet, avec pas mal d'invraisemblances ou de facilités. Ca ressemble à de très vieilles aventures pour la jeunesse dont la structure en épisodes d'une page à chaque fois empêchait une structure qui tienne vraiment la route et captive lecteur sur la longueur d'un album, alors que ceux-ci sont pourtant très courts puisqu'ils font moins de 30 pages chacun. Bof.
L'Homme qui croyait à la Californie
Une série des 80's qui est composée de quatre récits dont le titre commence par " L'Homme qui...". C'est une sorte d'hommage aux aventuriers Blancs qui ont affronté les dangers de l'Ouest Sauvage. C'est même un peu surprenant de la part de Derib, grand défenseur de la culture et de la cause Indienne. D'autant plus que les récits sources dans ce genre de scénarii sont toujours sujets à caution ayant souvent été écrits par les héros eux-mêmes. Les dessins de Derib sont toujours excellents même si les visages prédominent aux paysages. Petit clin d'oeil, on peut reconnaître John Wayne, Jacques Brel ou Georges Brassens parmi les héros des différentes aventures. Deux récits sortent du lot, principalement celui de l'ouverture de la piste vers la Californie ( john Wayne) et le dernier ( avec le fils absent) plus poétique avec nos deux chanteurs en guest stars. Si on joue aux Indiens et aux Cow-boys, je préfère le Derib Indien, de loin.
Anne et Peter (Annette et Pierrot)
Même si cette série est parue lors de ma jeunesse, elle m'est restée complètement inconnue jusqu'à maintenant. Probable qu'elle n'ait pas dépassé les frontières de la Belgique. Initialement parue dans un magazine flamand pour la jeunesse à partir de 1971, elle a connu une petite quinzaine d'albums dans cette langue entre 1976 et 1987, et seulement 6 albums en français, plus un album publicitaire hors-série bilingue néerlandais-français. Sur le plan graphique, le dessin de Jean-Pol est parfaitement dans l'esprit de l'école de Marcinelle. S'il fallait le rapprocher d'un autre auteur, ce serait forcément de Berck, ce qui lui a justement permis de reprendre le dessin de la série Sammy à partir de 1996. Dans les albums publiés en français, son style est déjà plutôt bien maîtrisé, avec des personnages tout en rondeurs, un chien Fido aux allures de Cubitus, et des décors assez bien travaillés. Les aventures de ces deux jeunes cousins ne sont toutefois pas passionnantes pour qui les découvre avec des yeux d'adulte de nos jours. Ce sont des héros assez interchangeables, qui vivent des aventures comme on en a vu des centaines dans les récits pour la jeunesse. On a droit aux classiques découvertes et empêchements de machinations de criminels, voleurs, kidnappeurs et autres contrebandiers, ou encore à une course au trésor avec un méchant rival, avec ici et là un peu d'exotisme dans des pays étrangers clichés. Tout est très manichéen. Et toujours on se demande ce que viennent faire là ces deux gamins dans des histoires où les héros auraient plutôt dû être de jeunes adultes compte tenu des dangers encourus, mais ce n'est pas grave puisque les méchants sont assez bêtas et que les gentils gagnent toujours à la fin. Les héros ne sont en outre pas très charismatiques. Peter est un peu pénible à rechigner et ronchonner si souvent, et Anne est très agaçante dans son rôle de chipie autoritaire qui taquine et manipule son cousin mais un peu aussi le monde qui les entoure. Bref, je n'ai pas accroché à cette série qui a pu sans doute divertir la jeunesse flamande au début des années 80 mais qui parait très plate et sans saveur lue de nos jours, malgré un dessin de bonne facture.
L'Iliade
L'Iliade est incontournable dans l'élaboration de la culture occidentale. Depuis 2000 ans cette épopée est chantée, lue et étudiée par toute l'intelligensia européenne et au-delà. La vulgarisation en BD allait de soi et c'est une bonne chose pour nos ados collégiens. Je trouve le texte original très ennuyeux. Cette suite de combats, de massacres, de dieux pervers qui se réjouissent de la destruction et de la mort m'agace au plus au point. La version BD me fait le même effet. Peut être que l'histoire européenne aurait été plus paisible si leurs élites mâles n'avaient pas pris modèle sur des héros sanguinaires, violeurs et esclavagistes. Je suis fan de cette collection mais ce n'est pas ce triptyque que je préfère. Passons sur le côté irréaliste, même en prenant en compte le côté divin de l'affaire, d'une armée qui campe 10 ans sur une plage ou 50 gugus qui restent plus d'une journée dans un cheval de bois construit à la hâte et qui prennent une ville aguerrie. Je trouve le dessin de Pierre Taranzano moins à mon goût que celui de ses confrères des autres séries. De plus je trouve la construction du T1 compliquée avec ses flash back continuels. Pour tout dire je préfère même le Achille de Cosimo Ferri ( pour adultes avertis) avec un récit plus linéaire, plus animal que philosophique. Nous avons perdu la forme du poème épique au fil des âges. Il nous reste un fond de brutalité dont je me passerais bien
Le Portrait de Lurie Ginol
Cet album est une petite curiosité. En effet, c'est je crois la première publication de J. C. Menu chez un "vrai éditeur". Il n'avait préalablement publié que dans de l'auto-édition, ancêtre de l'Association (et comme certains des futurs fondateurs de l'Association, il a été accueilli chez Futuropolis, dans cette collection X propice aux découvertes). On a là une sorte d'enquête policière, assez décontractée, pas très sérieuse, autour de vols multiples et mystérieux de porte de 2 Chevaux, et d'un tableau d'un artiste maudit. Comme le fera son compère Trondheim, Menu use de personnages aux visages animaliers (d'ailleurs, Lapot a-t-il donné l'idée à Trondheim de créer son célèbre Lapinot ?). Ça se laisse lire, mais c'est assez verbeux, et le scénario manque de fond. Quant au dessin, il n'est pas exempt de défauts. A réserver je pense aux complétistes de Menu (qui doivent encore tomber dessus, sa rencontre n'est pas courante !).
Colonie de vacanse
Les deux histoires regroupées dans cet album (prépubliées dans (A SUIVRE)) sont toutes deux bâties sur le même principe. A savoir une gamine écrit à sa mère pour raconter son quotidien en colonie de vacances. Si la première se contente d’une suite d’anecdotes (toutes plus noires et désespérantes les unes que les autres), la seconde, bien noire aussi, distille une sorte de fantastique et quelques images de guerre quasi SF, mais aussi, en filigrane, une vision un peu moins déprimante. Le fait que ces lettres soient sans réponse, comme un appel à l’aide qui ne serait pas entendu, ajoute à l’aspect désespérant de l’ensemble. D’autant plus que la guerre est présente dans les deux histoires (sous forme de bombardiers survolant les enfants). Dans la seconde histoire toutefois, l’enfant qui écrit semble s’accommoder de sa situation (l’enfant semble un peu plus âgé que dans la précédente histoire), contrairement à la première histoire qui ne fait qu’accumuler les souffrances vécues. C’est la première fois que je lis un album de cet auteur, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est d’un abord difficile. On a là une petite curiosité, un univers très noir, et qui aurait sans doute mérité d’être développé davantage. Note réelle 2,5/5.
Sept personnages
Au bout de 3 saisons, soit 21 albums, quelle déception cette collection, beaucoup de passable et peu de réussite. Pourtant le concept était accrocheur et promettait sur le champ des possibles, mais trop peu d’auteurs tirent leur épingle du jeu sur ce travail de commande. 7 Personnages - 2ème album de la 2ème saison ne restera pas dans les mémoires. Ça se laisse lire mais je n’en ai rien retenu. L’utilisation de personnages de Molière enquêtant sur sa mort est une fausse bonne idée, histoire finalement très plate. Et j’ai toujours eu du mal avec le trait de Florent Calvez, dessin statique et couleurs froides. Bref rien ne m’a embarqué, une nouvelle déception dans la collection.