Voilà j'ai fini mon 3ème Rubio et ce sera le dernier, à moins qu'il ne se décide un jour à travailler avec un scénariste sérieux.
Par ce que là c'est catastrophique niveau compréhension (on met de côté L'Enfer Blanc qui est hors-catégorie). On est dans un bar, soudainement dans l'ambassade de Serbie, des ellipses à gogo et le raisonnement des enquêteurs privé aux lecteurs.
Les femmes sont belles et cachent leur jeu, les hommes tirent la tronche. Finalement, le personnage le plus intéressant est synthétique: un robot mi-Robocop mi-Chappie, adepte du code pénal et de la gâchette. Mais avec son imper, il forme un beau duo comme dans les buddy movies des années 80-90.
Comme le pointe l'avis ci-dessous, quel dommage pour ces belles planches...
Il est très rare de lire une BD assortie d'un droit de réponse. Une fois encore Yann franchit une ligne rouge même sur la pointe des pieds. Je comprends parfaitement la réaction des héritiers qui défendent l'image de leurs parents. C'est le droit de Yann de faire cette BD sur des anecdotes plus ou moins vraies, enjolivées ou dramatisées.
C'est aussi le droit des héritiers de répondre sur certains points qui touchent à l'intimité et à l'image des familles.
Cela étant, le dessin de Schwartz est vraiment bon. Il arrive à rendre avec humour des situations assez banales.
Car si cette aventure ne touchait pas à un épisode de la légende fondatrice de la BD franco-belge (hors Hergé) la cuisine de Jijé, les frasques amoureuses de Morris ou les états d'âme de Franquin ne vaudraient peut-être pas un album.
Cet épisode représente-t-il un élément clé dans la créativité des trois auteurs (surtout pour Gaston) ? Je suis dubitatif.
Je serais moins positif que les autres critiques.
Ce diptyque est affligé de deux problèmes de taille.
Le premier étant le titre mensonger : "les racines de l'ordre noir", sous-entendant un lien dans l'intrigue entre la naissance du corps des SS et les vikings, alors que pas du tout, il n'y a aucune espèce de lien mis en avant.
Le second étant le scénario : l'histoire nous raconte en parallèle la création du duché de Normandie par le viking appelé Rollon dans son nom francisé, détenteur d'une arme magique, le marteau de Thor, et la recherche par l'Ahnenerbe (une division "scientifique" des SS ayant vraiment existé et concentrée sur l'ésotérisme, les recherches historiques en rapport avec la soi-disant race aryenne et la recherche de talismans) de ce fameux marteau en 1944 afin de changer le cour de la guerre.
Au milieu on trouve un gentil, naïf et jeune historien, qui sera aidé par une jolie jeune fille résistante.
Les flash-backs du temps de Rollon nous montrent également les intrigues de cour confrontant Rollon, qui avait épousé la cause chrétienne, et certains membres de sa Noblesse attachés au paganisme et aux pillages.
On pouvait s'attendre à une belle intrigue mêlant histoire et magie / ésotérisme, à la manière du premier Indiana Jones. Il n'en sera rien. Le héros a toujours trois métros de retard sur les nazis et ne sert quasiment à rien, l'héroïne est elle éliminée hors champ si je puis dire. Si le premier tome semblait très prometteur, le second est une atroce déception : tout est expédié de manière assez peu sympathique, certains éléments d'intrigue et pistes soit ne servent à rien (par ex le rôle du vatican), soit sont franchement ridicules (une séance d'exorcisme par un évêque qui semble tout droit sorti du Moyen-Âge), et surtout l'histoire se finit en eau de boudin, sans que l'on ne voit le fameux marteau, ne fut-ce qu'une seconde. Même dans les flash-backs. On doit se contenter d'une bulle résumant son destin.
Bref extrêmement décevant. D'autant plus dommage que les dessins sont biens. On a le sentiment que davantages de tomes étaient prévus, et que l'auteur a dû concentrer le contenu de 3 ouvrages en un seul.
Fidèle de longue date de l’école Fluide Glacial, Daniel Goossens, loin d’être mort, comme le fait si bien remarquer Edouard Baer en préface, est de la trempe de Jacques Tati ou Raymond Devos. Goossens est effectivement un « génie », et Baer possède la crédibilité suffisante pour l’affirmer ! En revanche, le protagoniste principal de « La Porte de l’univers », Robert Cognard, est adepte, lui, de la blague à tonton, celle qui a fait – et fait peut-être encore, sait-on jamais - les beaux jours des repas de mariage et autres banquets. Robert Cognard pourrait très bien être le versant gras de Daniel Goossens, le type qui vous fout un peu la honte en public avec ses blagues éculées.
Force est de constater que cet album déçoit. Le problème vient en grande partie de ce nouveau personnage qu’est Robert Cognard, qui à la base n’est pas vraiment drôle. Ce n’est tant par ses plaisanteries navrantes sur lesquelles Gossens joue en toute connaissance de cause, mais cela serait plutôt dû au fait que ce dernier ne semble pas réussir à les transcender, comme si son humour à lui ne pouvait s’accommoder d’un humour pompier (pipi caca compris), comme s’il avait tenté de marier la carpe et le lapin, évidemment sans y parvenir, si doué soit-il. Un peu comme si Devos faisait un sketch avec Jean Roucas, comme si « la 7e Compagnie au clair de lune » déboulait dans une scène de « Mon Oncle ». Et même si le dessin de Goossens est toujours réjouissant avec ses personnages aux expressions hilarantes, cela ne suffit pas à compenser l’absence de drôlerie qui caractérise cet album. À ce nouveau personnage agité et stressé qu’est Robert Cognard, on préférait largement le flegme de Robert et les extravagances de Louis (qui fait une apparition discrète ici), ou encore les bébés désopilants de sa fameuse « Encyclopédie »…
La partie la plus digne d’intérêt de « La Porte de l’univers » reste encore la postface dans laquelle l’auteur nous expose une mini-thèse sur l’humour et sa fonction, d’une façon assez pénétrante, ce qui ne surprend pas de la part du chercheur en intelligence artificielle qu’est Goossens ! D’ailleurs on ne l’avait jamais vu aussi sérieux ! Il y explique également que « Cognard est un révolté qui veut dénoncer la bêtise et la médiocrité, dans une totale incompréhension du réel ». Ce qui, il faut bien l’avouer, ne saute pas aux yeux à la première lecture. On peut en réalité se demander si cette postface ne sert pas à compenser les doutes de l’auteur quant à la pertinence de son personnage. N’est-ce pas quand on cherche à expliquer son humour que l’on est le moins drôle ? Les questionnements de Cognard dans le chapitre final où il lance cette injonction à la face du Grand Barbu (« Envoyez-moi de l’inspiration, bon sang ! ») ne seraient-ils pas les siens ? Cognard se ne se révélerait-il pas le double angoissé et « maléfique » de son créateur, confronté à l’angoisse de la page blanche ? Pour un peu, on serait tentés de croire que le maître de « l’Umour en bandessinées » traverse lui-même une profonde phase de remise en cause...
Celui-ci approchant désormais le cap des 70 ans, ça ne paraît pas si improbable, d’autant qu’il a mis la barre très haut avec ses productions précédentes.. Nous n’avancerons pas davantage d’hypothèses, mais il faut se rendre à l’évidence, « La Porte de l’univers » laisse un sentiment de frustration. Si l’on y retrouve bien l’univers de Goossens et ses situations décalées et absurdes (Cognard se rendant à un salon du rire pour y piocher de nouvelles blagues, Cognard jugé pour avoir tué un homme en plaçant une énorme punaise rouillée sur sa chaise…), il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Les fous rires que j’ai pu avoir dans les premières pages se sont vite émoussés, et c’est seulement dans la conclusion que j’ai réussi à esquisser de nouveau quelques sourires – mais c’est juste parce que je me suis rappelé que c’était du Goossens !
Ce que l’on ne peut qualifier que de faux pas ne remet évidemment pas le talent de cet auteur, qui reste sans conteste le roi de l’humour absurde en bande dessinée. On le lui pardonnera bien volontiers, et après tout, les champions eux aussi ont le droit d’avoir leur coup de mou. Néanmoins, l’indulgence n’empêchera pas qu’il sera attendu au tournant avec son prochain opus. Mais surtout, ne le lui répétez pas, ça pourrait nuire à son inspiration…
C'est une nouvelle série d'André Taymans qui ne m'a pas convaincu. Roxane avec ses faux airs de Caroline Baldwin se retrouve aussi au Népal à la recherche d'une relique convoitée par les services chinois.
C'est toujours agréable de retrouver les dessins d'un environnement aussi magnifique. Mais je trouve que si les ambiances de Katmandou ou des lodges sont plutôt bien rendues, les couleurs utilisées pour les montagnes rendent un paysage assez terne.
Encore une fois je trouve l'héroïne peu crédible. Roxane bien qu'experte en art et culture asiatique passe son temps à rouspéter et à critiquer les croyances locales à chaque fois que Chek ouvre la bouche.
Le reste du scénario est à l'avenant simpliste et convenu. Une Bd pour jeune ado mais qui ne renouvelle pas le genre et n'apporte pas vraiment au niveau culturel. Un peu carte postale.
Une déception
Une série qui n’a pas tenu ses promesses.
Un 1er tome accrocheur, ce moyen âge mâtiné de super-héros français est assez plaisant et intriguant à suivre (à la manière d’un Serge Lehman).
Malheureusement la suite est catastrophique niveau histoire, et on perd en qualité niveau graphisme (changement de coloriste ?).
Bof bof au final.
Grand admirateur de Serge Lehman depuis La brigade chimérique, un traitement du super-héros européen au top, j’ai suivi cette série d’entrée de jeu.
Malheureusement ce n’est pas dans la même veine, la lecture de Masqué n’est pas déplaisante mais je n’ai pas retrouvé son intelligence d’écriture.
J’ai trouvé l’univers de ce Paris-Métropole mal ancré et peu passionnant, l’histoire est finalement pas terrible. J’en attendais certainement trop.
La mise en page de Créty est efficace mais ne rattrape pas mon intérêt, qui n’a eu de cesse de décliner au fil des albums.
Une déception accentuée par le format, ça aurait pu être l’objet d’un one shot format comics plutôt que ces 4 tomes franco belge. Par contre les 4 couvertures sont réussies.
Il y a quelque chose qui m'embête dans les récits métaphoriques, c'est le fait de ne pas arriver à saisir la métaphore. Ça me fait passer complètement à côté du récit, qui reste obscur et abscons.
C'est un peu ce que j'ai vécu ici, où les métaphores sont restées trop obscures pour moi, et j'ai eu plus de mal à rentrer dans l'histoire du fait de toutes les questions que je ne comprenais pas vraiment.
L'histoire est assez simple, mais les éléments qui la composent sont trop abstraits. Si j'ai cru comprendre une métaphore de la mort et du deuil vécu par un enfant, je ne vois pas trop la logique du truc. Pourquoi des oiseaux, que représente ce vieux bougon sur un tracteur qui hiberne, pourquoi Jeanne ne semble pas affectée par les oiseaux, etc ... Surtout que l'univers est assez varié et propice aux interprétations, mais l'histoire est assez rapide et se finit sans que je n'ai l'impression que tout soit clair. En tout cas ça ne m'a pas paru être le cas au sortir de ma lecture.
Niveau dessin c'est plutôt bon et marche avec l'univers étrange qui est dévoilé. Les cadrages marchent souvent très bien, avec des recherches créatives et inventives. C'est de bonne facture et m'encourage franchement à découvrir la série Les Ogres-Dieux qui me fait de l’œil depuis longtemps.
Bref, le récit m'a paru assez obscur, la lecture n'est pas franchement marquante mais j'ai bien envie de découvrir le dessinateur plus avant. Une mise en bouche, donc, pas intéressante pour autant.
Un Josei tout en sensibilité sur le deuil d'une adolescente de 15 ans qui vient de perdre ses parents et s'installe avec sa tante, une romancière agoraphobe au caractère très solitaire qui n'aimait pas sa sœur mais a décidé malgré tout d'héberger sa nièce. A travers leur quotidien, les deux femmes vont peu à peu s'apprivoiser mutuellement. D'abord quasiment seules l'une avec l'autre durant les premiers chapitres, elles vont finalement présenter chacun leur monde, celui de l'adolescente quand elle va revenir au lycée à partir du troisième tome, et celle de la femme adulte et de ses amis et un ancien amant, avec toujours l'objectif que les deux femmes réussissent enfin à se rapprocher l'une de l'autre et à mieux se comprendre.
Un manga qui dégage son émotion à travers la simple intimité du quotidien, des discussions de tous les jours, et la vie de deux êtres aux tempéraments bien différents qui avancent à tâtons dans la vie et se découvrent en lisant entre les lignes.
Ceux qui connaissent mes goûts savent que ce type de récit n'est pas ma tasse de thé. Cela peut fonctionner quand je m'attache aux personnages et quand l'émotion vient finalement me toucher. Mais là, je ne me suis jamais senti proche des deux héroïnes et je me suis rigoureusement ennuyé. Le rythme est lent, jouant sur la sensibilité et les non-dits du quotidien. Les dialogues alternent entre le banal, le futile et des tentatives souvent avortées de partager des sentiments. Ils sont présentés régulièrement avec une abondance de bulles permettant difficilement de savoir qui dit quoi, encore plus quand il y a plus de deux personnes dans la discussion. Les deux héroïnes se laissent volontiers trainer mollement dans la vie, entre la tante qui se coupe du monde pour se plonger dans l'écriture de ses romans, et la nièce qui reste souvent passive, avec ses yeux de chien battu, ne prenant l'initiative que pour des tâches ménagères ou la cuisine qui est d'ailleurs un thème récurrent du récit.
C'est un type de récit qui fonctionne quand on est sensible à cette structure émotionnelle qui se met lentement en place, où l'on découvre peu à peu l'âme des protagonistes et leur passé, notamment ici la raison de l'inimitié entre la tante et sa sœur, et où plus on les connait pus on s'attache à eux. Et j'ai pu voir sur le net que visiblement des lectrices ont véritablement été touchées par cette série. Mais en ce qui me concerne je n'ai pas réussi à passer la barrière de l'ennui et à justement m'attacher à l'histoire et aux héroïnes. Toutefois, c'est avant tout une question de goût, donc si c'est un genre de récit qui vous plait, n'hésitez pas à essayer tout de même.
Les quatre histoires regroupées ici jouent toutes sur le registre de l’humour con, débile, loufoque, voire le n’importe quoi intégral (amoureux d’esprit cartésien s’abstenir !). Certaines cases sont remplies en arrière-plan de détails débiles et surprenants.
Beaugat est un flic aux faux airs de Kojak, un peu con, assez impulsif, ce qui lui doit une mutation pour la cambrousse. Les enquêtes qu’il y mène deviennent rapidement secondaires, tant les scénarios n’ont pas grand sens.
Je suis surpris de trouver à la baguette de ces histoires improbables un auteur plus « sérieux » de la Série Noire, qui semble ici se défouler totalement.
Au dessin, on retrouve Loro – qui a signé, parfois seul, des séries jouant aussi sur du polar déconnant (Abel Dopeulapeul) – et Harry North, que je découvre ici.
Je ne suis pas fan du changement de dessinateur dans une même série, voire dans un même album comme ici, et ce d’autant plus que leurs styles sont très différents.
Loro joue sur du FB caricatural assez classique, tandis que North, avec un style lui aussi caricatural, nous propose quelque chose de très différent (et que j’ai clairement préféré) : un dessin qui ressemblerait à celui d’Alexis, avec une colorisation granuleuse qui donne un rendu proche de ce que faisait Masse.
Au final, je n’ai pas forcément trouvé si drôles ces petites histoires, qui partent en vrille mais qui ne prennent pas le temps de bâtir des gags, ou des caricatures un tant soit peu réussies.
Note réelle 2,5/5.
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Police Antarctic
Voilà j'ai fini mon 3ème Rubio et ce sera le dernier, à moins qu'il ne se décide un jour à travailler avec un scénariste sérieux. Par ce que là c'est catastrophique niveau compréhension (on met de côté L'Enfer Blanc qui est hors-catégorie). On est dans un bar, soudainement dans l'ambassade de Serbie, des ellipses à gogo et le raisonnement des enquêteurs privé aux lecteurs. Les femmes sont belles et cachent leur jeu, les hommes tirent la tronche. Finalement, le personnage le plus intéressant est synthétique: un robot mi-Robocop mi-Chappie, adepte du code pénal et de la gâchette. Mais avec son imper, il forme un beau duo comme dans les buddy movies des années 80-90. Comme le pointe l'avis ci-dessous, quel dommage pour ces belles planches...
Gringos locos
Il est très rare de lire une BD assortie d'un droit de réponse. Une fois encore Yann franchit une ligne rouge même sur la pointe des pieds. Je comprends parfaitement la réaction des héritiers qui défendent l'image de leurs parents. C'est le droit de Yann de faire cette BD sur des anecdotes plus ou moins vraies, enjolivées ou dramatisées. C'est aussi le droit des héritiers de répondre sur certains points qui touchent à l'intimité et à l'image des familles. Cela étant, le dessin de Schwartz est vraiment bon. Il arrive à rendre avec humour des situations assez banales. Car si cette aventure ne touchait pas à un épisode de la légende fondatrice de la BD franco-belge (hors Hergé) la cuisine de Jijé, les frasques amoureuses de Morris ou les états d'âme de Franquin ne vaudraient peut-être pas un album. Cet épisode représente-t-il un élément clé dans la créativité des trois auteurs (surtout pour Gaston) ? Je suis dubitatif.
Vikings - Les Racines de l'Ordre Noir
Je serais moins positif que les autres critiques. Ce diptyque est affligé de deux problèmes de taille. Le premier étant le titre mensonger : "les racines de l'ordre noir", sous-entendant un lien dans l'intrigue entre la naissance du corps des SS et les vikings, alors que pas du tout, il n'y a aucune espèce de lien mis en avant. Le second étant le scénario : l'histoire nous raconte en parallèle la création du duché de Normandie par le viking appelé Rollon dans son nom francisé, détenteur d'une arme magique, le marteau de Thor, et la recherche par l'Ahnenerbe (une division "scientifique" des SS ayant vraiment existé et concentrée sur l'ésotérisme, les recherches historiques en rapport avec la soi-disant race aryenne et la recherche de talismans) de ce fameux marteau en 1944 afin de changer le cour de la guerre. Au milieu on trouve un gentil, naïf et jeune historien, qui sera aidé par une jolie jeune fille résistante. Les flash-backs du temps de Rollon nous montrent également les intrigues de cour confrontant Rollon, qui avait épousé la cause chrétienne, et certains membres de sa Noblesse attachés au paganisme et aux pillages. On pouvait s'attendre à une belle intrigue mêlant histoire et magie / ésotérisme, à la manière du premier Indiana Jones. Il n'en sera rien. Le héros a toujours trois métros de retard sur les nazis et ne sert quasiment à rien, l'héroïne est elle éliminée hors champ si je puis dire. Si le premier tome semblait très prometteur, le second est une atroce déception : tout est expédié de manière assez peu sympathique, certains éléments d'intrigue et pistes soit ne servent à rien (par ex le rôle du vatican), soit sont franchement ridicules (une séance d'exorcisme par un évêque qui semble tout droit sorti du Moyen-Âge), et surtout l'histoire se finit en eau de boudin, sans que l'on ne voit le fameux marteau, ne fut-ce qu'une seconde. Même dans les flash-backs. On doit se contenter d'une bulle résumant son destin. Bref extrêmement décevant. D'autant plus dommage que les dessins sont biens. On a le sentiment que davantages de tomes étaient prévus, et que l'auteur a dû concentrer le contenu de 3 ouvrages en un seul.
La Porte de l'univers
Fidèle de longue date de l’école Fluide Glacial, Daniel Goossens, loin d’être mort, comme le fait si bien remarquer Edouard Baer en préface, est de la trempe de Jacques Tati ou Raymond Devos. Goossens est effectivement un « génie », et Baer possède la crédibilité suffisante pour l’affirmer ! En revanche, le protagoniste principal de « La Porte de l’univers », Robert Cognard, est adepte, lui, de la blague à tonton, celle qui a fait – et fait peut-être encore, sait-on jamais - les beaux jours des repas de mariage et autres banquets. Robert Cognard pourrait très bien être le versant gras de Daniel Goossens, le type qui vous fout un peu la honte en public avec ses blagues éculées. Force est de constater que cet album déçoit. Le problème vient en grande partie de ce nouveau personnage qu’est Robert Cognard, qui à la base n’est pas vraiment drôle. Ce n’est tant par ses plaisanteries navrantes sur lesquelles Gossens joue en toute connaissance de cause, mais cela serait plutôt dû au fait que ce dernier ne semble pas réussir à les transcender, comme si son humour à lui ne pouvait s’accommoder d’un humour pompier (pipi caca compris), comme s’il avait tenté de marier la carpe et le lapin, évidemment sans y parvenir, si doué soit-il. Un peu comme si Devos faisait un sketch avec Jean Roucas, comme si « la 7e Compagnie au clair de lune » déboulait dans une scène de « Mon Oncle ». Et même si le dessin de Goossens est toujours réjouissant avec ses personnages aux expressions hilarantes, cela ne suffit pas à compenser l’absence de drôlerie qui caractérise cet album. À ce nouveau personnage agité et stressé qu’est Robert Cognard, on préférait largement le flegme de Robert et les extravagances de Louis (qui fait une apparition discrète ici), ou encore les bébés désopilants de sa fameuse « Encyclopédie »… La partie la plus digne d’intérêt de « La Porte de l’univers » reste encore la postface dans laquelle l’auteur nous expose une mini-thèse sur l’humour et sa fonction, d’une façon assez pénétrante, ce qui ne surprend pas de la part du chercheur en intelligence artificielle qu’est Goossens ! D’ailleurs on ne l’avait jamais vu aussi sérieux ! Il y explique également que « Cognard est un révolté qui veut dénoncer la bêtise et la médiocrité, dans une totale incompréhension du réel ». Ce qui, il faut bien l’avouer, ne saute pas aux yeux à la première lecture. On peut en réalité se demander si cette postface ne sert pas à compenser les doutes de l’auteur quant à la pertinence de son personnage. N’est-ce pas quand on cherche à expliquer son humour que l’on est le moins drôle ? Les questionnements de Cognard dans le chapitre final où il lance cette injonction à la face du Grand Barbu (« Envoyez-moi de l’inspiration, bon sang ! ») ne seraient-ils pas les siens ? Cognard se ne se révélerait-il pas le double angoissé et « maléfique » de son créateur, confronté à l’angoisse de la page blanche ? Pour un peu, on serait tentés de croire que le maître de « l’Umour en bandessinées » traverse lui-même une profonde phase de remise en cause... Celui-ci approchant désormais le cap des 70 ans, ça ne paraît pas si improbable, d’autant qu’il a mis la barre très haut avec ses productions précédentes.. Nous n’avancerons pas davantage d’hypothèses, mais il faut se rendre à l’évidence, « La Porte de l’univers » laisse un sentiment de frustration. Si l’on y retrouve bien l’univers de Goossens et ses situations décalées et absurdes (Cognard se rendant à un salon du rire pour y piocher de nouvelles blagues, Cognard jugé pour avoir tué un homme en plaçant une énorme punaise rouillée sur sa chaise…), il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Les fous rires que j’ai pu avoir dans les premières pages se sont vite émoussés, et c’est seulement dans la conclusion que j’ai réussi à esquisser de nouveau quelques sourires – mais c’est juste parce que je me suis rappelé que c’était du Goossens ! Ce que l’on ne peut qualifier que de faux pas ne remet évidemment pas le talent de cet auteur, qui reste sans conteste le roi de l’humour absurde en bande dessinée. On le lui pardonnera bien volontiers, et après tout, les champions eux aussi ont le droit d’avoir leur coup de mou. Néanmoins, l’indulgence n’empêchera pas qu’il sera attendu au tournant avec son prochain opus. Mais surtout, ne le lui répétez pas, ça pourrait nuire à son inspiration…
Les Tribulations de Roxane
C'est une nouvelle série d'André Taymans qui ne m'a pas convaincu. Roxane avec ses faux airs de Caroline Baldwin se retrouve aussi au Népal à la recherche d'une relique convoitée par les services chinois. C'est toujours agréable de retrouver les dessins d'un environnement aussi magnifique. Mais je trouve que si les ambiances de Katmandou ou des lodges sont plutôt bien rendues, les couleurs utilisées pour les montagnes rendent un paysage assez terne. Encore une fois je trouve l'héroïne peu crédible. Roxane bien qu'experte en art et culture asiatique passe son temps à rouspéter et à critiquer les croyances locales à chaque fois que Chek ouvre la bouche. Le reste du scénario est à l'avenant simpliste et convenu. Une Bd pour jeune ado mais qui ne renouvelle pas le genre et n'apporte pas vraiment au niveau culturel. Un peu carte postale. Une déception
Le Bourreau
Une série qui n’a pas tenu ses promesses. Un 1er tome accrocheur, ce moyen âge mâtiné de super-héros français est assez plaisant et intriguant à suivre (à la manière d’un Serge Lehman). Malheureusement la suite est catastrophique niveau histoire, et on perd en qualité niveau graphisme (changement de coloriste ?). Bof bof au final.
Masqué
Grand admirateur de Serge Lehman depuis La brigade chimérique, un traitement du super-héros européen au top, j’ai suivi cette série d’entrée de jeu. Malheureusement ce n’est pas dans la même veine, la lecture de Masqué n’est pas déplaisante mais je n’ai pas retrouvé son intelligence d’écriture. J’ai trouvé l’univers de ce Paris-Métropole mal ancré et peu passionnant, l’histoire est finalement pas terrible. J’en attendais certainement trop. La mise en page de Créty est efficace mais ne rattrape pas mon intérêt, qui n’a eu de cesse de décliner au fil des albums. Une déception accentuée par le format, ça aurait pu être l’objet d’un one shot format comics plutôt que ces 4 tomes franco belge. Par contre les 4 couvertures sont réussies.
Jeanne (Pistouvi)
Il y a quelque chose qui m'embête dans les récits métaphoriques, c'est le fait de ne pas arriver à saisir la métaphore. Ça me fait passer complètement à côté du récit, qui reste obscur et abscons. C'est un peu ce que j'ai vécu ici, où les métaphores sont restées trop obscures pour moi, et j'ai eu plus de mal à rentrer dans l'histoire du fait de toutes les questions que je ne comprenais pas vraiment. L'histoire est assez simple, mais les éléments qui la composent sont trop abstraits. Si j'ai cru comprendre une métaphore de la mort et du deuil vécu par un enfant, je ne vois pas trop la logique du truc. Pourquoi des oiseaux, que représente ce vieux bougon sur un tracteur qui hiberne, pourquoi Jeanne ne semble pas affectée par les oiseaux, etc ... Surtout que l'univers est assez varié et propice aux interprétations, mais l'histoire est assez rapide et se finit sans que je n'ai l'impression que tout soit clair. En tout cas ça ne m'a pas paru être le cas au sortir de ma lecture. Niveau dessin c'est plutôt bon et marche avec l'univers étrange qui est dévoilé. Les cadrages marchent souvent très bien, avec des recherches créatives et inventives. C'est de bonne facture et m'encourage franchement à découvrir la série Les Ogres-Dieux qui me fait de l’œil depuis longtemps. Bref, le récit m'a paru assez obscur, la lecture n'est pas franchement marquante mais j'ai bien envie de découvrir le dessinateur plus avant. Une mise en bouche, donc, pas intéressante pour autant.
Entre les lignes (Manga)
Un Josei tout en sensibilité sur le deuil d'une adolescente de 15 ans qui vient de perdre ses parents et s'installe avec sa tante, une romancière agoraphobe au caractère très solitaire qui n'aimait pas sa sœur mais a décidé malgré tout d'héberger sa nièce. A travers leur quotidien, les deux femmes vont peu à peu s'apprivoiser mutuellement. D'abord quasiment seules l'une avec l'autre durant les premiers chapitres, elles vont finalement présenter chacun leur monde, celui de l'adolescente quand elle va revenir au lycée à partir du troisième tome, et celle de la femme adulte et de ses amis et un ancien amant, avec toujours l'objectif que les deux femmes réussissent enfin à se rapprocher l'une de l'autre et à mieux se comprendre. Un manga qui dégage son émotion à travers la simple intimité du quotidien, des discussions de tous les jours, et la vie de deux êtres aux tempéraments bien différents qui avancent à tâtons dans la vie et se découvrent en lisant entre les lignes. Ceux qui connaissent mes goûts savent que ce type de récit n'est pas ma tasse de thé. Cela peut fonctionner quand je m'attache aux personnages et quand l'émotion vient finalement me toucher. Mais là, je ne me suis jamais senti proche des deux héroïnes et je me suis rigoureusement ennuyé. Le rythme est lent, jouant sur la sensibilité et les non-dits du quotidien. Les dialogues alternent entre le banal, le futile et des tentatives souvent avortées de partager des sentiments. Ils sont présentés régulièrement avec une abondance de bulles permettant difficilement de savoir qui dit quoi, encore plus quand il y a plus de deux personnes dans la discussion. Les deux héroïnes se laissent volontiers trainer mollement dans la vie, entre la tante qui se coupe du monde pour se plonger dans l'écriture de ses romans, et la nièce qui reste souvent passive, avec ses yeux de chien battu, ne prenant l'initiative que pour des tâches ménagères ou la cuisine qui est d'ailleurs un thème récurrent du récit. C'est un type de récit qui fonctionne quand on est sensible à cette structure émotionnelle qui se met lentement en place, où l'on découvre peu à peu l'âme des protagonistes et leur passé, notamment ici la raison de l'inimitié entre la tante et sa sœur, et où plus on les connait pus on s'attache à eux. Et j'ai pu voir sur le net que visiblement des lectrices ont véritablement été touchées par cette série. Mais en ce qui me concerne je n'ai pas réussi à passer la barrière de l'ennui et à justement m'attacher à l'histoire et aux héroïnes. Toutefois, c'est avant tout une question de goût, donc si c'est un genre de récit qui vous plait, n'hésitez pas à essayer tout de même.
Les Enquêtes de l'inspecteur Beaugat
Les quatre histoires regroupées ici jouent toutes sur le registre de l’humour con, débile, loufoque, voire le n’importe quoi intégral (amoureux d’esprit cartésien s’abstenir !). Certaines cases sont remplies en arrière-plan de détails débiles et surprenants. Beaugat est un flic aux faux airs de Kojak, un peu con, assez impulsif, ce qui lui doit une mutation pour la cambrousse. Les enquêtes qu’il y mène deviennent rapidement secondaires, tant les scénarios n’ont pas grand sens. Je suis surpris de trouver à la baguette de ces histoires improbables un auteur plus « sérieux » de la Série Noire, qui semble ici se défouler totalement. Au dessin, on retrouve Loro – qui a signé, parfois seul, des séries jouant aussi sur du polar déconnant (Abel Dopeulapeul) – et Harry North, que je découvre ici. Je ne suis pas fan du changement de dessinateur dans une même série, voire dans un même album comme ici, et ce d’autant plus que leurs styles sont très différents. Loro joue sur du FB caricatural assez classique, tandis que North, avec un style lui aussi caricatural, nous propose quelque chose de très différent (et que j’ai clairement préféré) : un dessin qui ressemblerait à celui d’Alexis, avec une colorisation granuleuse qui donne un rendu proche de ce que faisait Masse. Au final, je n’ai pas forcément trouvé si drôles ces petites histoires, qui partent en vrille mais qui ne prennent pas le temps de bâtir des gags, ou des caricatures un tant soit peu réussies. Note réelle 2,5/5.