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Gringos locos

Note: 3.14/5
(3.14/5 pour 7 avis)

En 1948, Jijé, dessinateur vedette du magazine Spirou, émigre aux États-Unis. Il entraîne derrière lui les jeunes Morris et Franquin, encore débutants. S'ensuit un voyage épique à travers le continent américain.


Journal Spirou Style Atome Yann

À la fin des années 1940, Jijé, de son vrai nom Joseph Gillain, est le pilier du magazine “Spirou”, dans lequel il anime entre autres les aventures de Spirou et Fantasio, et celles de Jean Valhardi. Terrifié par la montée du communisme en Europe, il décide en 1948 de quitter le vieux continent pour s'installer avec sa famille aux États-Unis. Il entraîne dans son sillage deux débutants prometteurs, Morris et Franquin. C'est ainsi que Morris, Franquin, Jijé, sa femme Annie et leurs quatre enfants entreprennent la traversée des États-Unis dans une grosse berline américaine poussive, avec l'espoir de se faire embaucher par les studios Disney. Malheureusement, Disney est justement en train de licencier son personnel suite à l'échec de son dernier dessin animé. Nos joyeux drilles, fauchés comme les blés, décident de s'établir au Mexique,où la vie est moins chère, et de vivre des planches de bandes dessinée qu'ils envoient à Charles Dupuis, l'éditeur de “Spirou”.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Mai 2012
Statut histoire Série abandonnée (abandon éditeur face à difficultés rencontrées) 1 tome paru
Couverture de la série Gringos locos

13/03/2012 | Eric2Vzoul
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Par herve
Note: 3/5
L'avatar du posteur herve

Loin des polémiques qui ont accompagné la sortie de cet album, j'ai pris un réel plaisir à relire cette aventure américaine de Jijé, Franquin et Morris. Je connaissais cet épisode dans la vie des dessinateurs mais Yann réussit à le rendre vivant et surtout drôle. Que certaines anecdotes soient inventées ou non, ce n'est pas grave, suivre ces pieds Nickelés au pays de l'Oncle Sam et au Mexique (ah ! les scènes de saloon) m'ont fait rire. Le dessin de Schwartz y est pour beaucoup : vif, et rendant hommage aux maîtres de la bd franco-belge. A travers cet album, vous revivrez un pan de la petite histoire de la bande dessinée franco-belge, sur un mode humoristique. Bon album, et dommage qu'aucune suite ne verra le jour, vu l'attitude des ayants-droits.

06/03/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

La formidable épopée américaine (et mexicaine) d'un trio de joyeux hurluberlus qui rénoveront la BD franco-belge à leur retour, est inspirée de leur véritable aventure sur ce continent, ils l'ont tous plus ou moins raconté au détour de souvenirs ou d'interviewes. C'est un sujet profondément original, et Yann était sans aucun doute tout trouvé pour conter tout ça en romançant le tout. Bénéficiant en plus de l'excellent dessin vif et dynamique de Schwartz qui donne dans une Ligne claire proche de celle des 3 compères, cet album est une vraie réussite scénaristique et graphique, je me suis vraiment régalé à le lire et à apprécier les petits clins d'oeil (le Bates Motel, les joueurs de guitares mexicains qui ressemblent aux Dalton), et surtout ce périple qui aurait très bien pu concerner des personnages fictifs, trouve une dimension encore plus loufoque en refusant l'anodin et en utilisant de vrais dessinateurs que sont Jijé, Morris et Franquin que l'on connait tous. C'est une aventure très drôle, parsemée de situations farfelues et d'humour jovial au cours de laquelle nos 3 fous mettront au point la gestation de leurs futurs héros. La seule chose que j'aurais voulu voir, c'est que Yann force un peu plus le trait pour que ce soit encore plus drôle ; d'ordinaire peu avare de portraits exagérés, on sent qu'il bride un peu son imagination, sans doute par respect pour ces auteurs qu'il a eu la chance de rencontrer. Je n'étais pas au courant de ce problème d'héritiers, mais je suis sûr que si Yann s'était lâché un peu plus comme il l'a fait sur d'autres séries humoristiques, ça aurait pu être 2 fois plus fou. Mais en l'état, ce récit est très bien mené, très drôle, bien servi par un dessin au style adéquat, c'est une sorte de road movie comique sur une bande de Belges rigolos.

14/05/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Eric2Vzoul

Cet album repose sur des faits réels, selon l'expression consacrée. L'histoire a été maintes fois racontées par ses protagonistes. Dans les années 1940, dans le magazine Spirou, c'est Jijé (Joseph Gillain) qui fait à peu près tout : ce stakhanoviste du dessin a repris les rênes de Spirou et Fantasio des mains de Rob-Vel, lancé les séries Jean Valhardi, Blondin et Cirage, et trouve encore le temps de réaliser des biographies comme celles de Don Bosco ou Christophe Colomb (Jijé). Après la guerre, Jijé et son épouse Annie accueillent régulièrement chez eux de jeunes dessinateurs désireux de parfaire leur style au contact du maître. C’est ainsi que Morris, Franquin et Will sont des familiers du couple. En 1948, la montée des tensions liées à la guerre froide et l’essor du péril communiste terrifient le catholique plutôt réactionnaire qu’est Jijé. Il décide alors d’émigrer aux États-Unis, où il pense faire carrière dans le dessin animé en offrant ses services aux studios Disney. Voilà donc la famille Gillain, accompagnée de Morris et Franquin, partie à l’aventure vers la terre promise. À la suite d’un long périple à travers l’Amérique du Nord, nos joyeux Pieds Nickelés échoueront à se faire embaucher chez Disney, s’installeront un temps au Mexique, puis s’établiront à New York (où ils feront la connaissance de René Goscinny) avant de retourner dans leur Belgique natale, pour y faire la carrière que l’on sait… André Franquin aimait raconter cette histoire, en l’émaillant d’anecdotes hilarantes et c’est de sa bouche que Yann a recueilli les bases du récit qu’il a concocté pour cet album. Et là, honnêtement, il s’est visiblement laissé intimider par son sujet : mettre en scène des personnalités qu’il a rencontrées et auxquelles il semble vouer une grande admiration ne l’a guère inspiré… Ses traits d’humour tombent à plat et les petites vacheries qu’il lâche sur ses personnages ne sont jamais suffisamment caricaturales pour être vraiment drôles : la pingrerie de Jijé, la lâcheté de Franquin, la susceptibilité de Morris ou la bigoterie d’Annie sont évoquées mais avec un respect qui frise l’hagiographie. Or c’est quand il est méchant que Yann fait rire ; c’est sa marque de fabrique. Ici, on sent trop de retenue respectueuse dans son propos pour qu’il y réussisse. C’est sans déplaisir que l’on suit les déboires de la bande à Jijé, mais sans passion non plus. Pour le scénario, je donne 2,5/5. Si je conseille l’achat de cet album ce n’est pas pour l’écriture de Yann, qui a franchement fait beaucoup mieux, mais pour deux autres raisons. D’abord il y a le dessin de Schwartz, toujours très à l’aise dans la ligne claire, et qui atteint un niveau frisant la perfection à l’occasion de cette nouvelle collaboration avec Yann. Sa maîtrise technique dans ce style le désigne tout naturellement pour illustrer cet album qui rend hommage aux grandes heures de l’école de Marcinelle. Pour le dessin, je mettrais 4,5/5. Ensuite, il y a le fait que l’album, annoncé à la parution au mois de janvier 2012, n’est toujours pas disponible en librairie. Pour lire Gringos locos, il faut reprendre la version prépubliée dans Spirou ou dans L’Immanquable, car il semble que les héritiers des dessinateurs s’opposent à sa publication en album sous prétexte que le récit déformerait la réalité et présenterait leurs pères sous un jour peu favorable. Moi, j’ai horreur des censeurs… Il me semble que cette histoire est à peu près vraie (il suffit de lire les nombreux témoignages que ses protagonistes en ont livré lors d’innombrables interview), mais c’est aussi un récit de semi-fiction en bande dessinée qui ne prétend pas faire figure d’œuvre journalistique. Qu’importe que Jijé ait ou n’ait pas été pingre, ou que Franquin ait pu être moins timoré que dans le scénario de Yann ; on peut supposer qu’ils auraient eu assez d’humour pour encaisser cet album. Et l’immensité de leur talent, l’influence qu’ils ont eu sur la bande dessinée des décennies suivantes, la postérité de leur œuvre ne sont aucunement remises en cause. Quand les héritiers et l’éditeur auront trouvé un accord, j’achèterai l’album ! Et j’espère que ces tracasseries ridicules ne dissuaderont pas les auteurs de livrer le second tome prévu, ni qu’elles n’anesthésieront pas non plus la plume de Yann, qui pourrait rendre hommage à ses personnages sans pour autant policer l’humour incisif qui est le sien. Deux ans plus tard… Désormais, c'est à peu près certain : face aux tracasseries des héritiers, les auteurs et l'éditeur ont jeté l'éponge et nous ne lirons jamais la suite de Gringo Locos… D'ordinaire, les séries qui sont abandonnées sont celles qui ne se vendent pas. Dans le neuvième art, les héritiers sont décidément un frein sérieux à la création.

13/03/2012 (MAJ le 05/01/2014) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Spooky

Passons sur les polémiques entre les auteurs et les héritiers, largement commentées par mes camarades dans les avis précédents, finalement cela permet juste de ne pas prendre au pied de la lettre le récit concocté par Yann d'après des témoignages et légèrement romancés. Pour ma part je me suis surtout attaché à la BD elle-même, que j'ai pris pour une fiction basée sur des faits réels, à savoir le voyage au travers les Etats-Unis par trois auteurs phares de la BD classique. Et j'ai souri à toutes les pages, c'est vraiment drôle, même si, encore une fois, c'est un peu romancé. Yann a réussi à écrire une histoire vraiment prenante, avec des personnages forts. Au dessin, Olivier Schwartz est au meilleur de sa technique, s'adaptant à merveille, par exemple, au style de Franquin, et truffant ses planches de détails très chouettes, comme on pourrait le dire d'une BD franco-belge. Une vraie bonne lecture, très sympathique.

19/08/2012 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Un récit sympathique qui raconte les 'aventures' de Jijé, sa famille, Morris et Franquin au États-Unis. J'ai bien aimé ma lecture quoique je m'attendais à mieux. Au final, le scénario n'est qu'une suite d'anecdotes qui fait un peu penser à un film à sketches. Ces anecdotes sont savoureuses et j'ai souri la plupart du temps. C'est juste que ça ne m'a pas fait rigoler. J'ai pas trouvé les gags hilarants, juste amusants. Sinon, il y a la controverse et on ne saura jamais si ce qu'on voit vraiment est vrai ou non. Personnellement, j'ai préféré voir ça comme une histoire romancée de ce qui est arrivé à ces trois grands auteurs de la bande dessinée. J'ai bien aimé qu'on ait les différents points de vues. C'est très intéressant quoique je trouve que les enfants auraient dû être interviewés dès le départ, pas à la dernière minute comme ce fut le cas ici. Sinon, j'aime beaucoup le dessin et j'espère que le dessinateur aura enfin la carrière qu'il mérite !

28/06/2012 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

J'ai beaucoup aimé cet album, et je déplore un peu la polémique qui entache sa réputation, même si je le conçois, elle lui a fait pas mal de pub aussi. Donc cette série relate un épisode très intéressant, pour tout amateur de BDs (et pas forcément que pour les intégristes de la BD classique franco-belge). Franchement, le scénario est très agréable à lire, c'est rigolo, frais, ça ne se prend pas au sérieux et on y voit nos auteurs favoris sous une facette différente (que je ne trouve pas aussi déplaisante que ce que tout le monde s'accorde à le dire, ça les rend juste plus humains). Peu importe que le scénario s'éloigne de la vérité. Yann est scénariste de BD, et je trouve tout à fait normal et respectable qu'il arrange les évènements comme ça lui semble être mieux pour en faire un récit passionnant comme il nous propose ici. Néanmoins, les litiges entre les auteurs et la famille de Franquin/Jijé fut une bonne chose, ça nous a permis d'avoir l'interview et le droit de réponse de la famille en fin d'opus, ce qui comblera notre attente de "renseignement documentaire" (même si malheureusement, je trouve que ce droit de réponse ressemble à un règlement de compte, on y sent pleinement l'amertume des proches des auteurs). Enfin, le seul reproche que je fais au scénario, c'est que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus drôle, mais il reste quand même excellent. Le dessin de Schwartz est juste magnifique, il mériterait à lui seul 5 étoiles. L'influence ligne claire/classique de la BD de Marcinelle est superbement digéré pour avoir un dessin moderne, à l'encrage sûr et aux couleurs chatoyantes... Un régal ! J'espère que la suite arrivera le plus vite possible dans nos rayons.

23/06/2012 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

J'ai quelques difficultés à figer mon avis sur cette BD. Il a en effet été altéré par la polémique, heureusement légère à mes yeux, la concernant. C'est un ouvrage que j'avais hâte de lire. Jijé, Morris et Franquin sont des grands maîtres d'une BD franco-belge qui a bercé ma jeunesse et ma culture. L'idée de voir enfin racontée, avec humour et un beau graphisme, leur mythique épopée américaine avait tout pour captiver mon intérêt. Yann ayant pu il y a quelques années discuter aussi bien avec Morris qu'avec Franquin et ayant recueilli nombre de folles anecdotes sur ce voyage, il avait en effet fait le choix d'en extraire une version romancée, axée en bonne partie sur l'humour mais permettant surtout aux lecteurs de se faire une idée de l'incroyable séjour qui avait marqué ces auteurs et le monde de la BD par la suite. Néanmoins, mon envie était contrebalancée par l'information comme quoi les héritiers d'au moins deux de ces auteurs, Jijé et Franquin, rejetaient cette biographie romancée au point de risquer d'en interdire la publication. Je me demandais ce qui pouvait pousser à cette extrêmité. Finalement, Dupuis a pu publier l'album en y intégrant toutefois d'une part une feuille d'avertissement sur le fait qu'il ne reflétait qu'une fiction et non pas l'exacte réalité, et d'autre part quelques feuillets explicatifs et une interview de Yann et de deux héritiers de Jijé à propos de l'ouvrage et de ce fameux voyage. Alors la BD en elle-même m'a vraiment plu. Le graphisme d'Olivier Schwartz est parfait pour l'opération. Son style, à mi-chemin entre ligne claire et école de Marcinelle, rend hommage à l'époque et fait ressortir la beauté des planches et de l'ambiance. On est projeté dans la fin des années 40 aux côtés de Franquin, Morris et de la famille de Jijé. Ce dessin convient en outre bien à la part d'humour du récit auquel il s'adapte sans aucun mal. L'histoire, quant à elle, est intéressante, amusante et souvent édifiante. Découvrir ainsi dans l'intimité des auteurs ayant atteint le statut de culte de nos jours est non seulement instructif mais aussi parfois très surprenant. J'ai même été un poil déstabilisé d'y découvrir certaines de leurs réactions, notamment sur le plan sentimental. Nul doute que si j'avais eu confirmation de la véracité de ce récit et de la justesse des sentiments exprimés par les personnages, j'aurais glorifié cette BD aussi amusante qu'instructive et belle. Mais c'est là que le bât blesse puisque la polémique et l'interview des héritiers indiquent clairement le rejet d'une partie de ce qui y est présenté comme la vérité, plus particulièrement en ce qui concerne les caractères et les probables émotions de ces personnages à l'époque. En gros, ce que disent les héritiers, c'est que ni Jijé, ni Morris ni Franquin ne se comportaient comme Yann les dépeint ici. Ils disent aussi que les choses ne se sont pas passées ainsi mais cela, Yann ne s'en cache pas puisqu'il avoue sans honte avoir romancé les choses et avoir souvent réuni des anecdotes et modifié leur chronologie pour une histoire plus percutante et plus amusante. C'est donc une fiction, la chose est admise. Mais du coup, faire ressortir dans une telle fiction des sentiments et des réactions aussi particulières concernant ces trois fameux auteurs me met un peu mal à l'aise. Ce que je prenais pour de surprenantes mais néanmoins véridiques informations les concernant se transforme du coup en parti-pris un peu provocateur de la part de Yann et cela me dérange quand cela prend une forme proche de la biographie respectueuse. Cela me dérange car cela affecte la mémoire de leurs héritiers ainsi que l'image que les admirateurs de ces auteurs ont pu s'en forger. Du coup, je n'ai plus su sur quel pied danser vis-à-vis de mon opinion sur cette BD. J'ai beaucoup apprécié sa lecture mais j'ai été ensuite refroidi d'en voir dénoncées les parties en réelle contradiction avec les souvenirs de ceux qui avaient vécu ces évènements et cotoyé au jour le jour ces auteurs. J'ai eu l'impression d'être un peu trahi puisqu'on me présentait ces personnages comme étant les vrais Franquin, Jijé et Morris alors qu'au final il semble que ce ne soit pas "eux". Et du fait de ma grande affection pour eux et pour leur oeuvre, élément important pour s'intéresser justement au sujet de cet ouvrage, j'ai du mal à prendre suffisamment de détachement pour y voir un simple récit romancé. J'en conseillé néanmoins sans hésiter la lecture. C'est une belle BD, joliment dessinée, drôle, instructive et souvent captivante. Dommage pourtant que Yann n'ait pas su s'entendre au préalable avec les héritiers de Franquin, Morris et Jijé pour bâtir son récit sans doute avec les mêmes anecdotes mais dans un esprit plus proche des souvenirs concrets qu'ont ces derniers de l'esprit de leurs parents.

01/05/2012 (modifier)