En fin d’album, dans un court dossier, Gillon rappelle pourquoi il a toujours voulu créer des personnages féminins forts, et en dresse une liste. Certes. Mais avoir un personnage principal féminin ne garantit pas qu’il soit fort, ou même intéressant.
Et ici, cetteValérie m’a assez rapidement laissé de côté. En fait on n’arrive pas à s’attacher à elle (et à l’histoire en fait !), tant elle semble superficielle (comme l’histoire en fait !), et tant les péripéties qui la suivent (ceux qui l’approchent semblent avoir une espérance de vie assez courte) manquent d’intérêt et de crédibilité (comme l’histoire donc).
Au final, on ne comprend pas ces morts, jamais expliquées, en tout cas il faut se contenter d’une série de coïncidences semble-t-il, et donc ça manque d’intérêt. Valérie n’est donc qu’une sorte de fil rouge, qui relie artificiellement une série de personnages, qui nous fait visiter quelques lieux divers (en Égypte et aux États-Unis, parfois à la suite de son ex-beau-frère qui enquête sur elle, sans que l’on sache s’il en est amoureux).
Certains passages sont carrément inutiles (comme cette croisière sur le Nil, avec cette rencontre avec une jeune femme, une relation saphique éphémère et uneValérie qui nous fait la retape sur l’histoire des dieux égyptiens).
Le dessin de Gillon et la colorisation sont datés, mais eux passent quand même bien mieux, il n’y a pas grand-chose à en dire (affaire de goût donc). Mais l’histoire m’a franchement laissé sur ma faim, elle manque de consistance, d’un liant plus concret.
Après avoir lu la série complète je pourrais faire mien les avis de Pol et surtout Agecanonix.
Une vision globale de la série laisse à penser que le succès initial du premier cycle a entraîné les auteurs à alimenter une source rentable.
Déjà le tome 3 sur Antinoé m'avait laissé perplexe car comme Cassio je n'ai jamais compris les motivations de sa criminelle autre qu'une jalousie féminine utilisée un million de fois.
Si l'équilibre des deux époques est cohérent dans le premier cycle ce n'est plus le cas par la suite. Le cycle 2 fait la part belle à l'époque antique avec un défilé ininterrompu de beautés dans le lit de Cassio de telle façon que l'on ne comprend plus qui est qui et leurs motivations.
La belle Ornella est reléguée au rang de potiche sexy dans une intrigue de plus en plus loufoque où le Vatican sert de bouche trou bien commode au vide scénaristique.
Le cycle 3 revient à l'époque moderne sans que la belle Ornella n'ait beaucoup son mot à dire. Desberg nous propose une nouvelle orientation du scénario sortie du chapeau en fin de cycle 2. Si le cycle 2 jouait à fond sur l'érotisme, le 3 s'oriente vers une atmosphère bien plus violente et malsaine sur fond de rivalité fratricide entre immortels mais très très loin l'excellence d'un Bilal.
Le tome 9 nous conduit droit à un final familial qui mêle pathétique, ridicule et mièvrerie.
Cela explique que partie de 4, ma note finale donne un petit 2.
Je n'ajouterai rien à ce qui a été écrit sur le graphisme très inégal d'une planche à l'autre. C'est particulièrement vrai au cycle 2 où j'ai trouvé certaines cases brouillonnes et bâclées.
Une lecture qui devient compliquée au fil des tomes et que j'ai terminée avec soulagement.
Malgré la pluie de prix obtenue par cette BD cette série m'a plutôt ennuyé. Depuis le mythe de Tirésias le passage homme/femme (ou son contraire) a été utilisé à plusieurs reprises même en BD. Il n'y a donc pas une grande originalité sur le concept initial.
Ensuite je trouve la série vraiment trop dans l'air du temps. Si la thématique de l'homosexualité est très ancienne celle de la détermination du genre est plus moderne. J'ai trouvé que les auteurs n'évitaient pas le piège d'utiliser un grand nombre de clichés naïfs voire simplistes pour traiter ces thématiques.
J'ai trouvé le discours employé très discutable, hors contexte historique même sous la forme du conte. Je n'ai pas accroché au personnage trop contemporain de Bianca/Lorenzo que je juge peu crédible surtout dans les scènes d'intimité. J'avais bien plus aimé le côté intimiste du Mauvais genre de Cruchaudet.
Le graphisme est élégant avec un trait souple et fluide. La mise en couleur est bien travaillée même si elle n'est pas spécialement dans mes goûts.
Une lecture que j'ai assez peu appréciée malgré sa réputation. Tant pis pour moi.
Je ne suis pas convaincu par cette série. Pourtant j'aime beaucoup les écrits d'Eric-Emmanuel Schmitt ainsi que le travail et l'humour de Janry dans Spirou. Le format choisi d'histoires très courtes autour d'un thème assez philosophique m'a plutôt déçu.
C'est peut-être un manque d'approfondissement qui me frustre. Je trouve que les chutes proposées ressemblent plus à des pirouettes qu'à des pistes de réflexions. On tombe même quelquefois dans de l'humour pipi-caca assez déplacé pour ces auteurs.
J'aime toujours autant le graphisme de Janry mais je ne peux pas m'empêcher d'y accoler un humour que je ne trouve pas en concordance avec le fond.
Je ne suis pas entré dans l'humour proposé. Une déception pour ma part car j'apprécie ces deux auteurs.
La majorité des BD sur les chats m'ennuient et celle-ci n'apporte rien de plus passionnant pour tout ce qui est des passages entre la narratrice et ses chats domestiques qui ne font pas grand chose d'autre que quémander, manger et se prélasser.
L'originalité est-elle du coup dans la combinaison de ces scènes quotidiennes avec des histoires de bouffe se terminant par une recette de cuisine à chaque fin de chapitre ? Pas vraiment car aucun de ces plats n'apparait appétissant, la plupart des recettes étant très basiques, certaines se résumant presque à ouvrir le sachet de préparation toute faite achetée dans un commerce de Corée, et l'une d'entre elle au moins, celle du tiramisu à la génoise, ne me donne vraiment aucune envie d'y goûter.
Alors que reste-t-il ? Eh bien, il reste ces scènes du quotidien de l'héroïne, avec un léger fil rouge tournant autour de sa recherche d'emploi et d'un projet de café-bar qu'elle finira par monter, mais là encore rien de palpitant, des personnages sans saveur qu'on confond facilement, et une intrigue d'ensemble ennuyeuse.
Bref, je n'ai pas vu d'intérêt à cet album.
Un début qui lorgne franchement vers le village d’Astérix (que ce soit pour les décors et les premières interventions des personnages), le tout mâtiné d’un peu d’univers du Hobbit, un personnage principal, Tibill donc, qui m’est apparu niaiseux, exilé et parti pour une quête infinie, je voyais venir la grosse daube comme Soleil en a publiées pas mal, dans un genre fantasy où tout et n’importe quoi semblait possible et publiable.
Je dois dire que, si toutes mes craintes ne se sont pas évanouies, loin de là, ça s’est quand même un peu redressé, et l’histoire se laisse ensuite lire, autour de ce couple « forcé » de Lillings, mal assorti (au niveau personnalité, mais aussi du dessin, Tibill étant une sorte de Pirlouit ou Cédric, au trait semi caricatural, Lorette étant plus fine et plus réaliste), embarqué dans une histoire trop grande pour eux, avec l’inévitable complot dans lequel il vont jouer le rôle du grain de sable.
Dans le deuxième tome le dessin s’est amélioré, affiné, on retrouve une intrigue un peu moins improvisée et plus « classique ». Disons que ça se laisse lire.
Mais parfois, le texte est bien trop abondant – comme certaines planches sont aussi trop chargées (je pense à cette cité mêlant géant et minuscules par exemple). Et l’histoire laisse en plan le lecteur sans être conclue, hélas (et là on retrouve Soleil et certaines de ses sales habitudes !).
De la fantasy sympathique, à emprunter à l’occasion, mais qui m’a laissé sur ma faim (et pas seulement à cause de l’abandon de la série).
Le dessinateur de Z comme don Diego est de retour pour une nouvelle parodie. Cette fois il met en images les célèbres Athos, Porthos, Aramis et D'Artagnan. Et ça tombe bien car son style graphique est tout a fait adapté à ce type d'humour. Du gros nez, des bonnes bouilles, des grimaces et des mimiques qui portent des gags assez légers.
Coté graphique rien à dire donc, c'est simple et efficace. Coté scénario / gag on aurait pu légitiment s'attendre à mieux car avec les mousquetaires il y avait un terrain de jeu assez large, et des fondations intéressantes car tout le monde connait ces personnages, sans même avoir lu le roman de Dumas.
Les séquences se suivent sans être totalement indépendantes, mais sans former une histoire complète, ni en suivant la trame de l'histoire originale. C'est une libre inspiration, mais on à l'impression qu'on se cherche un peu et l'ensemble est un peu décousu. Certains gags prêtent un peu à sourire mais majoritairement ils ne font pas mouche. Parfois un élément tiré d'une autre oeuvre (c'est à moi que tu parles ? Je suis ton père...) vient se glisser au milieu mais là non plus ça ne fait pas tellement travailler les zygomatiques.
Au final il y a un peu de déception car avec un tel terrain de jeu et un dessin aussi sympa il y avait matière à faire quelque chose de bien plus drôle.
BD cul est une collection originale dans l’univers finalement assez cadré du porno en BD. Elle apporte souvent un côté fun et déconne, dans une revisite revendiquée des petits formats cheap.
Ici on retrouve ce côté « naturel » et sans prétention, avec cette jeune Française qui, suite à une rupture amoureuse, et sur un coup de tête, se rend à Los Angeles pour partager une colocation avec deux autres jeunes femmes. Qui lui mettent la pression pour trouver du boulot pour payer sa part de loyer, mais qui l’introduisent aussi dans certaines combines (service chez une famille huppée, comment refaire sa garde-robe en Gucci sans rien payer – ce passage est un peu amusant, même si la crédibilité est menacée).
Il n’y a en fait que deux scènes de sexe avec notre héroïne, l’une dans une cabine d’essayage avec l'employé d'une boutique Gucci, l’autre saphique vers la fin. Mais il y a aussi pas mal de longueurs avant et après, il ne se passe pas grand-chose.
De plus, et pour ce genre de production ça peut être gênant, je n’ai pas aimé le dessin, que je n’ai pas trouvé beau, et du coup les rares passages érotiques ne m’ont pas du tout émoustillé (mais ce n’était pas forcément le propos de l’auteur – que je découvre avec cet album).
Clairement pas le meilleur millésime de cette collection inégale, mais souvent surprenante.
Mouais. Voilà une lecture (très rapide, car il y a très peu de textes et les histoires sont souvent très peu développées) qui m’a franchement laissé sur ma faim.
Comme Rimbaud avec des voyelles, l’auteur cherche ici à donner corps à des qualités grâce à des couleurs.
Le problème, c’est que si le dessin est techniquement bon, je n’ai pas accroché (et encore moins à la colorisation), tant je ne suis pas amateur de ce genre de travail à l’informatique.
Si je suis d’accord avec Ro concernant le classement des histoires les unes par rapport aux autres, je les ai globalement moins appréciées.
En effet, soit je les ai trouvées sans intérêt (la troisième, hélas la plus longue), ou alors, lorsqu’il y avait de bonnes idées (comme avec la première), eh bien c’était franchement bien trop court, pas assez développé.
Bref, un album que j’ai trouvé un peu creux, avec un travail graphique pas à mon goût (même si sur ce dernier point d’autres peuvent tout à fait y trouver leur compte).
J'ai voulu parier sur cette collection, et j'ai acheté le premier tome assez confiant... Bien mal m'en a pris !
Premier contact avec Liu Cixin pour ma part, je ne peux pas dire que je sois conquis, loin de là. En revanche, je ne sais pas totalement si c'est à Liu Cixin ou à Christophe Bec que je dois ma déception. Pour la défense de l'auteur original, j'ai tendance à penser que son récit est complètement inadaptable. Je tenterai probablement l'adaptation cinématographique, qui réussira peut-être mieux à faire passer la pilule, mais en tous cas, la version bande dessinée n'a qu'un intérêt très limité.
Bec et Stefano font donc ce qu'ils peuvent, mais jamais ils n'arrivent à monter une histoire. Le fait que le scénario se déroule sur toute une vie, et que la BD soit un one-shot les pousse à se tirer une balle dans le pied de la pire des manières. Car en effet, comment raconter les événements d'une vie entière en 130 pages avec un commencement, un milieu et une fin ? Cette bande dessinée n'y répond que trop bien : c'est impossible. Au lieu d'avoir un récit digne de ce nom, avec un élément déclencheur, des péripéties, et une conclusion, on n'a qu'une succession d'événements sans grand lien entre eux, dont on a à peine le temps de voir les conséquences.
Comme trop souvent chez lui, Christophe Bec se complaît à nous asséner des bulles et des pages entières d'explications scientifiques pour essayer de crédibiliser un concept qui ne peut pas l'être, au lieu de se mettre au niveau des personnages. Résultat : on s'ennuie pendant un bon tiers de la bande dessinée, et après, on aimerait pouvoir prendre le temps de se poser un peu sans qu'il ne nous soit jamais accordé !
Tout est survolé : une catastrophe naturelle prend une demi-page, une rencontre amoureuse est développée en 3 pages et une révolte contre un état centralisé qu'on imagine plus ou moins totalitaire (on est obligé de l'imaginer, il n'est jamais vraiment décrit) dure une dizaine de pages... Cette bande dessinée aurait probablement marché en développant le récit sur une longue saga de 10 tomes et quelques. En one-shot, c'est littéralement impossible...
On se console comme on peut avec le dessin de Stefano Raffaele, que j'ai rarement trouvé aussi bon qu'ici. Le trait toujours plus rigoureux et mieux maîtrisé dévoile tout le talent du dessinateur à chaque page. Même si les pages à déplier n'apportent strictement rien à la bande dessinée, et tiennent plus du gadget que du véritable outil narratif, on ne peut qu'être impressionné par la beauté de certaines compositions, même si le dessin ne suffit pas à dynamiser un récit dénué de rythme et de profondeur. Stefano aurait probablement pu se lâcher encore davantage et le format aurait pu être plus grand pour qu'on puisse mieux profiter de son dessin, mais ne boudons pas ce qui nous est offert, c'est déjà beaucoup.
Et c'est probablement uniquement grâce à ça que je suis quand même allé jusqu'au bout. Sans immense déplaisir, mais sans aucun intérêt particulier non plus. J'essayerai peut-être d'emprunter d'autres tomes de la collection pour voir si j'ai des chances d'être plus réceptif ou non.
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La Veuve blanche
En fin d’album, dans un court dossier, Gillon rappelle pourquoi il a toujours voulu créer des personnages féminins forts, et en dresse une liste. Certes. Mais avoir un personnage principal féminin ne garantit pas qu’il soit fort, ou même intéressant. Et ici, cetteValérie m’a assez rapidement laissé de côté. En fait on n’arrive pas à s’attacher à elle (et à l’histoire en fait !), tant elle semble superficielle (comme l’histoire en fait !), et tant les péripéties qui la suivent (ceux qui l’approchent semblent avoir une espérance de vie assez courte) manquent d’intérêt et de crédibilité (comme l’histoire donc). Au final, on ne comprend pas ces morts, jamais expliquées, en tout cas il faut se contenter d’une série de coïncidences semble-t-il, et donc ça manque d’intérêt. Valérie n’est donc qu’une sorte de fil rouge, qui relie artificiellement une série de personnages, qui nous fait visiter quelques lieux divers (en Égypte et aux États-Unis, parfois à la suite de son ex-beau-frère qui enquête sur elle, sans que l’on sache s’il en est amoureux). Certains passages sont carrément inutiles (comme cette croisière sur le Nil, avec cette rencontre avec une jeune femme, une relation saphique éphémère et uneValérie qui nous fait la retape sur l’histoire des dieux égyptiens). Le dessin de Gillon et la colorisation sont datés, mais eux passent quand même bien mieux, il n’y a pas grand-chose à en dire (affaire de goût donc). Mais l’histoire m’a franchement laissé sur ma faim, elle manque de consistance, d’un liant plus concret.
Cassio
Après avoir lu la série complète je pourrais faire mien les avis de Pol et surtout Agecanonix. Une vision globale de la série laisse à penser que le succès initial du premier cycle a entraîné les auteurs à alimenter une source rentable. Déjà le tome 3 sur Antinoé m'avait laissé perplexe car comme Cassio je n'ai jamais compris les motivations de sa criminelle autre qu'une jalousie féminine utilisée un million de fois. Si l'équilibre des deux époques est cohérent dans le premier cycle ce n'est plus le cas par la suite. Le cycle 2 fait la part belle à l'époque antique avec un défilé ininterrompu de beautés dans le lit de Cassio de telle façon que l'on ne comprend plus qui est qui et leurs motivations. La belle Ornella est reléguée au rang de potiche sexy dans une intrigue de plus en plus loufoque où le Vatican sert de bouche trou bien commode au vide scénaristique. Le cycle 3 revient à l'époque moderne sans que la belle Ornella n'ait beaucoup son mot à dire. Desberg nous propose une nouvelle orientation du scénario sortie du chapeau en fin de cycle 2. Si le cycle 2 jouait à fond sur l'érotisme, le 3 s'oriente vers une atmosphère bien plus violente et malsaine sur fond de rivalité fratricide entre immortels mais très très loin l'excellence d'un Bilal. Le tome 9 nous conduit droit à un final familial qui mêle pathétique, ridicule et mièvrerie. Cela explique que partie de 4, ma note finale donne un petit 2. Je n'ajouterai rien à ce qui a été écrit sur le graphisme très inégal d'une planche à l'autre. C'est particulièrement vrai au cycle 2 où j'ai trouvé certaines cases brouillonnes et bâclées. Une lecture qui devient compliquée au fil des tomes et que j'ai terminée avec soulagement.
Peau d'Homme
Malgré la pluie de prix obtenue par cette BD cette série m'a plutôt ennuyé. Depuis le mythe de Tirésias le passage homme/femme (ou son contraire) a été utilisé à plusieurs reprises même en BD. Il n'y a donc pas une grande originalité sur le concept initial. Ensuite je trouve la série vraiment trop dans l'air du temps. Si la thématique de l'homosexualité est très ancienne celle de la détermination du genre est plus moderne. J'ai trouvé que les auteurs n'évitaient pas le piège d'utiliser un grand nombre de clichés naïfs voire simplistes pour traiter ces thématiques. J'ai trouvé le discours employé très discutable, hors contexte historique même sous la forme du conte. Je n'ai pas accroché au personnage trop contemporain de Bianca/Lorenzo que je juge peu crédible surtout dans les scènes d'intimité. J'avais bien plus aimé le côté intimiste du Mauvais genre de Cruchaudet. Le graphisme est élégant avec un trait souple et fluide. La mise en couleur est bien travaillée même si elle n'est pas spécialement dans mes goûts. Une lecture que j'ai assez peu appréciée malgré sa réputation. Tant pis pour moi.
Les Aventures de Poussin 1er
Je ne suis pas convaincu par cette série. Pourtant j'aime beaucoup les écrits d'Eric-Emmanuel Schmitt ainsi que le travail et l'humour de Janry dans Spirou. Le format choisi d'histoires très courtes autour d'un thème assez philosophique m'a plutôt déçu. C'est peut-être un manque d'approfondissement qui me frustre. Je trouve que les chutes proposées ressemblent plus à des pirouettes qu'à des pistes de réflexions. On tombe même quelquefois dans de l'humour pipi-caca assez déplacé pour ces auteurs. J'aime toujours autant le graphisme de Janry mais je ne peux pas m'empêcher d'y accoler un humour que je ne trouve pas en concordance avec le fond. Je ne suis pas entré dans l'humour proposé. Une déception pour ma part car j'apprécie ces deux auteurs.
Mon chat, ma cuisine et moi
La majorité des BD sur les chats m'ennuient et celle-ci n'apporte rien de plus passionnant pour tout ce qui est des passages entre la narratrice et ses chats domestiques qui ne font pas grand chose d'autre que quémander, manger et se prélasser. L'originalité est-elle du coup dans la combinaison de ces scènes quotidiennes avec des histoires de bouffe se terminant par une recette de cuisine à chaque fin de chapitre ? Pas vraiment car aucun de ces plats n'apparait appétissant, la plupart des recettes étant très basiques, certaines se résumant presque à ouvrir le sachet de préparation toute faite achetée dans un commerce de Corée, et l'une d'entre elle au moins, celle du tiramisu à la génoise, ne me donne vraiment aucune envie d'y goûter. Alors que reste-t-il ? Eh bien, il reste ces scènes du quotidien de l'héroïne, avec un léger fil rouge tournant autour de sa recherche d'emploi et d'un projet de café-bar qu'elle finira par monter, mais là encore rien de palpitant, des personnages sans saveur qu'on confond facilement, et une intrigue d'ensemble ennuyeuse. Bref, je n'ai pas vu d'intérêt à cet album.
Tibill le Lilling
Un début qui lorgne franchement vers le village d’Astérix (que ce soit pour les décors et les premières interventions des personnages), le tout mâtiné d’un peu d’univers du Hobbit, un personnage principal, Tibill donc, qui m’est apparu niaiseux, exilé et parti pour une quête infinie, je voyais venir la grosse daube comme Soleil en a publiées pas mal, dans un genre fantasy où tout et n’importe quoi semblait possible et publiable. Je dois dire que, si toutes mes craintes ne se sont pas évanouies, loin de là, ça s’est quand même un peu redressé, et l’histoire se laisse ensuite lire, autour de ce couple « forcé » de Lillings, mal assorti (au niveau personnalité, mais aussi du dessin, Tibill étant une sorte de Pirlouit ou Cédric, au trait semi caricatural, Lorette étant plus fine et plus réaliste), embarqué dans une histoire trop grande pour eux, avec l’inévitable complot dans lequel il vont jouer le rôle du grain de sable. Dans le deuxième tome le dessin s’est amélioré, affiné, on retrouve une intrigue un peu moins improvisée et plus « classique ». Disons que ça se laisse lire. Mais parfois, le texte est bien trop abondant – comme certaines planches sont aussi trop chargées (je pense à cette cité mêlant géant et minuscules par exemple). Et l’histoire laisse en plan le lecteur sans être conclue, hélas (et là on retrouve Soleil et certaines de ses sales habitudes !). De la fantasy sympathique, à emprunter à l’occasion, mais qui m’a laissé sur ma faim (et pas seulement à cause de l’abandon de la série).
Les Trois Mousquetaires (Rochier/Erre)
Le dessinateur de Z comme don Diego est de retour pour une nouvelle parodie. Cette fois il met en images les célèbres Athos, Porthos, Aramis et D'Artagnan. Et ça tombe bien car son style graphique est tout a fait adapté à ce type d'humour. Du gros nez, des bonnes bouilles, des grimaces et des mimiques qui portent des gags assez légers. Coté graphique rien à dire donc, c'est simple et efficace. Coté scénario / gag on aurait pu légitiment s'attendre à mieux car avec les mousquetaires il y avait un terrain de jeu assez large, et des fondations intéressantes car tout le monde connait ces personnages, sans même avoir lu le roman de Dumas. Les séquences se suivent sans être totalement indépendantes, mais sans former une histoire complète, ni en suivant la trame de l'histoire originale. C'est une libre inspiration, mais on à l'impression qu'on se cherche un peu et l'ensemble est un peu décousu. Certains gags prêtent un peu à sourire mais majoritairement ils ne font pas mouche. Parfois un élément tiré d'une autre oeuvre (c'est à moi que tu parles ? Je suis ton père...) vient se glisser au milieu mais là non plus ça ne fait pas tellement travailler les zygomatiques. Au final il y a un peu de déception car avec un tel terrain de jeu et un dessin aussi sympa il y avait matière à faire quelque chose de bien plus drôle.
Baby Fesse
BD cul est une collection originale dans l’univers finalement assez cadré du porno en BD. Elle apporte souvent un côté fun et déconne, dans une revisite revendiquée des petits formats cheap. Ici on retrouve ce côté « naturel » et sans prétention, avec cette jeune Française qui, suite à une rupture amoureuse, et sur un coup de tête, se rend à Los Angeles pour partager une colocation avec deux autres jeunes femmes. Qui lui mettent la pression pour trouver du boulot pour payer sa part de loyer, mais qui l’introduisent aussi dans certaines combines (service chez une famille huppée, comment refaire sa garde-robe en Gucci sans rien payer – ce passage est un peu amusant, même si la crédibilité est menacée). Il n’y a en fait que deux scènes de sexe avec notre héroïne, l’une dans une cabine d’essayage avec l'employé d'une boutique Gucci, l’autre saphique vers la fin. Mais il y a aussi pas mal de longueurs avant et après, il ne se passe pas grand-chose. De plus, et pour ce genre de production ça peut être gênant, je n’ai pas aimé le dessin, que je n’ai pas trouvé beau, et du coup les rares passages érotiques ne m’ont pas du tout émoustillé (mais ce n’était pas forcément le propos de l’auteur – que je découvre avec cet album). Clairement pas le meilleur millésime de cette collection inégale, mais souvent surprenante.
Five colors
Mouais. Voilà une lecture (très rapide, car il y a très peu de textes et les histoires sont souvent très peu développées) qui m’a franchement laissé sur ma faim. Comme Rimbaud avec des voyelles, l’auteur cherche ici à donner corps à des qualités grâce à des couleurs. Le problème, c’est que si le dessin est techniquement bon, je n’ai pas accroché (et encore moins à la colorisation), tant je ne suis pas amateur de ce genre de travail à l’informatique. Si je suis d’accord avec Ro concernant le classement des histoires les unes par rapport aux autres, je les ai globalement moins appréciées. En effet, soit je les ai trouvées sans intérêt (la troisième, hélas la plus longue), ou alors, lorsqu’il y avait de bonnes idées (comme avec la première), eh bien c’était franchement bien trop court, pas assez développé. Bref, un album que j’ai trouvé un peu creux, avec un travail graphique pas à mon goût (même si sur ce dernier point d’autres peuvent tout à fait y trouver leur compte).
La Terre Vagabonde
J'ai voulu parier sur cette collection, et j'ai acheté le premier tome assez confiant... Bien mal m'en a pris ! Premier contact avec Liu Cixin pour ma part, je ne peux pas dire que je sois conquis, loin de là. En revanche, je ne sais pas totalement si c'est à Liu Cixin ou à Christophe Bec que je dois ma déception. Pour la défense de l'auteur original, j'ai tendance à penser que son récit est complètement inadaptable. Je tenterai probablement l'adaptation cinématographique, qui réussira peut-être mieux à faire passer la pilule, mais en tous cas, la version bande dessinée n'a qu'un intérêt très limité. Bec et Stefano font donc ce qu'ils peuvent, mais jamais ils n'arrivent à monter une histoire. Le fait que le scénario se déroule sur toute une vie, et que la BD soit un one-shot les pousse à se tirer une balle dans le pied de la pire des manières. Car en effet, comment raconter les événements d'une vie entière en 130 pages avec un commencement, un milieu et une fin ? Cette bande dessinée n'y répond que trop bien : c'est impossible. Au lieu d'avoir un récit digne de ce nom, avec un élément déclencheur, des péripéties, et une conclusion, on n'a qu'une succession d'événements sans grand lien entre eux, dont on a à peine le temps de voir les conséquences. Comme trop souvent chez lui, Christophe Bec se complaît à nous asséner des bulles et des pages entières d'explications scientifiques pour essayer de crédibiliser un concept qui ne peut pas l'être, au lieu de se mettre au niveau des personnages. Résultat : on s'ennuie pendant un bon tiers de la bande dessinée, et après, on aimerait pouvoir prendre le temps de se poser un peu sans qu'il ne nous soit jamais accordé ! Tout est survolé : une catastrophe naturelle prend une demi-page, une rencontre amoureuse est développée en 3 pages et une révolte contre un état centralisé qu'on imagine plus ou moins totalitaire (on est obligé de l'imaginer, il n'est jamais vraiment décrit) dure une dizaine de pages... Cette bande dessinée aurait probablement marché en développant le récit sur une longue saga de 10 tomes et quelques. En one-shot, c'est littéralement impossible... On se console comme on peut avec le dessin de Stefano Raffaele, que j'ai rarement trouvé aussi bon qu'ici. Le trait toujours plus rigoureux et mieux maîtrisé dévoile tout le talent du dessinateur à chaque page. Même si les pages à déplier n'apportent strictement rien à la bande dessinée, et tiennent plus du gadget que du véritable outil narratif, on ne peut qu'être impressionné par la beauté de certaines compositions, même si le dessin ne suffit pas à dynamiser un récit dénué de rythme et de profondeur. Stefano aurait probablement pu se lâcher encore davantage et le format aurait pu être plus grand pour qu'on puisse mieux profiter de son dessin, mais ne boudons pas ce qui nous est offert, c'est déjà beaucoup. Et c'est probablement uniquement grâce à ça que je suis quand même allé jusqu'au bout. Sans immense déplaisir, mais sans aucun intérêt particulier non plus. J'essayerai peut-être d'emprunter d'autres tomes de la collection pour voir si j'ai des chances d'être plus réceptif ou non.