Voilà une histoire sans réelle prétention, mais qui procure une lecture agréable. Un album que j’ai vraiment apprécié, ne concédant que deux petits bémols : je m’attendais (situation, titre m’ayant sans doute aiguillé vers cette piste ?) à davantage de « bons mots » à la Audiard, et surtout j’ai trouvé que les révélations finales, pour surprenantes et amusantes qu’elles soient, ôtent un peu du charme de l’album par un certain manque de crédibilité.
Bon, mais ceci étant dit, je n’ai pas boudé mon plaisir. On se laisse embarquer par cette intrigue comme notre cambrioleur d’opérette se fait coincer et enfermer par son « con » (c’est-à-dire le proprio qu’il souhaitait délester de ses biftons). Le retournement de situation est assez drôle, et les réflexions de notre séquestré (« aux idées de gauche »), sont souvent amusantes (je nuance donc là ma remarque concernant le manque relatif de « bons mots »).
La fin de l’album est par contre amusante, notre héros loser illustrant alors ironiquement le titre, devenant le con qu’il conspuait, et choisissant de revenir dans sa cage…
Quant au dessin, il est lui aussi simple, sombre et dynamique, avec un trait semi réaliste, en tout cas tout à fait à mon goût et efficace.
Note réelle 3,5/5.
La fleur de l’ombre.
Entre les gargouilles et les chimères, Baudelaire est happé par le vide, les ailes brisées. A son réveil, hébété, il fixe un chat juché sur une horloge. Jeanne Duval repose nue à son côté. Il lui déclame les vers qu’elle lui a inspirés la nuit puis le grand miroir de la chambre réfléchit leurs ébats amoureux. Le prologue admirablement posé, Yslaire va ensuite dérouler la vie du poète maudit en commençant par son enterrement au cimetière Montparnasse, le 31 août 1867. Jeanne est en arrière-plan, dans les replis de l’histoire mais par le prisme de son regard et de ses souvenirs, elle va exposer la vie de Charles Baudelaire : l’enfance, le voyage vers les Indes, la bohème parisienne, leur relation tumultueuse, les attaques syphilitiques, l’envol du poète. Le récit est puissant, prenant, intelligent. Le graphisme est superbe par le trait réaliste et charbonneux, précis et inspiré ; les couleurs splendides délivrent des ambiances exceptionnelles ; les mises en page étourdissent quand des doubles-pages composent des tableaux magistraux. Le lecteur apprend à aimer Jeanne, comprenant la solitude du plus grand poète de la langue française, dédaigné de son temps mais « abordant heureusement aux époques lointaines ». L’épilogue noue l’ensemble avec une rare maestria puisque le « repentir même, ô la dernière auberge ! » s’efface pour faire émerger de l’ombre du tableau de Courbet la muse consolatrice au-dessus du portrait de Baudelaire.
Paru initialement en trois cahiers chargés d’esquisses et de travaux préparatoires, le chef-d’œuvre de Bernard Hislaire composé en 150 pages donne à voir le spleen et l’idéal emmêlés comme le serpent sur le caducée.
Je ne connaissais de Jean-Paul Eid que ses – excellents – délires drôles et plus ou moins oubapiens autour de Jérôme Bigras. Je découvre ici un autre aspect de son œuvre, plus traditionnel – il est vrai qu’il n’officie ici qu’aux dessins (dessin que j’ai trouvé efficace et dynamique).
En plus du dessin, c’est tout l’aspect graphique (reconstitutions de docs divers, pochettes de disques, cartes postales, etc.) que j’ai trouvé bien fait.
Quant à l’histoire concoctée par Paiement, elle mêle habilement grande et petite histoire, et sa construction est agréable à suivre (l’héroïne, Rose, s’envoyant à elle-même des cartes postales – d’où le titre – pour garder des souvenirs des grands moments de sa vie).
En effet, nous suivons deux histoires, l’une commençant dans les années 1950, autour de Rose, de ses rêves de scènes de jazz, qui quitte brusquement sa mère pour former avec deux amis un trio qui va traverser l’Amérique et Cuba, l’autre au début des années 2000, autour d’un homme qui découvre par hasard un pan de son passé et qui souhaite remonter aux sources familiales.
Lorsque les deux trajectoires se rejoignent, les révélations – qui vont crescendo sur la fin – rendent poignante cette histoire.
C’est en tout cas une chouette lecture.
Note réelle 3,5/5.
Les éditions Ici Même ont eu la bonne idée de publier une intégrale de cette série (sortie initialement en 2013) en deux tomes de Koren Shamdi, auteur que j'avais découvert avec son autre excellent album Le Voyageur. On y retrouve son goût pour les colorisations pastels et son intérêt pour les histoires sombres qui semblent caractériser ses œuvres.
"Abaddon"... Rien que le titre interpelle... Le nom Abaddon signifie en hébreu « destruction » ou « abîme ». Ce nom est aussi utilisé pour désigner l'ange exterminateur de l'abîme dans l'Apocalypse de saint Jean. Tout un programme ! Sauf qu'ici, si tout commence plutôt bien pour Ter, notre protagoniste, la suite tourne vite au cauchemar !
Ter vient pour visiter un appartement en collocation ; le courant passe plutôt rapidement avec les quatre autres locataires et s'installe dans la foulée. Il y a Shel la rondouillarde sympathique et son chat, Bet la pulpeuse qui lui fait la visite, Vic l'armoire à glace et enfin l'étrange Nor, amoureux de Bet... Mais cet appartement aux premiers abords idyllique va rapidement se révéler plus anxiogène que prévu. "L'enfer c'est les autres" disait Sarthe, et les relations entre les colocataires dégénèrent rapidement, surtout que Ter réalise qu'il est en fait enfermé dans cet appartement avec ces étranges personnages... Ses tentatives pour s'évader se vouent les unes après les autres à l'échec et même s'il parvient à sortir de ce dernier c'est pour mieux réaliser dans quel labyrinthe clos il évolue...
Koren Shamdi, nous propose avec cet album un récit étrange et anxiogène qui flirte avec la folie. On ne sait jamais trop si c'est dans la réalité ou dans un cauchemar que Ter évolue ou si c'est sa folie qui le guide. En tout cas l'abîme est profonde... Le lecteur se laisse embarquer dans cette chute sans fin, tâtonnant et s'interrogeant tout autant que lui. Déjà que sa mémoire lui joue des tours, ce n'est pas nous qui allons l'aider... L'angoisse est palpable,
Koren Shamdi jouant à merveille avec une palette de couleurs accentuées dans les verts et les rouges renforçant cette impression. Et tel Sisyphe aux enfers, notre Ter n'est pas au bout de ses peines...
Voilà donc un album prenant et surprenant qui au delà du bel objet que propose son format à l'italienne et du cachet de son graphisme singulier, nous entraîne dans les méandres d'un huis clos infernal et machiavélique.
N'étant pas un grand amateur de westerns, mais attiré par cette couverture sombre et farouche, j'ai immédiatement su en feuilletant les premières pages que je repartirais avec cet album sous le bras.
Rarement un dessin m'aura subjugué comme celui-ci, et le premier chapitre fut un bonheur à lire. Pour son dessin éblouissant, ses gueules réalistes et magnifiquement expressives, ses ambiances colorées très contrastées, et pour l'histoire qu'il parvient à raconter de façon limpide en trois pages seulement.
Mais il ne s'agissait là que de l'introduction.
Le récit va s'ancrer dans une fin de 19ème siècle qui voit le chemin de fer mettre au chômage les cow boys. C'est sur cette prémisse elle aussi limpide que va se construire cette histoire. Histoire d'un bouleversement, d'un monde qui change, d'une époque qui s'achève. Histoire d'hommes pris dans cette tourmente qui luttent pour survivre.
Le décor farouche du western, avec ses codes brutaux, se prêtait sans doute impeccablement bien à une telle histoire.
Mais ici cette brutalité, toile de fond latente et omniprésente, ne sera pas gratuite. Si un événement déclencheur va la libérer et si elle va prospérer dans un enchaînement implacable, tous les protagonistes ont leur motivation. Et je reste admiratif devant la facilité avec laquelle on comprend ces personnages, archétypaux mais pas caricaturaux, sans qu'ils aient besoin d'aligner plus de trois phrases.
L'épilogue m'a laissé un peu dubitatif sur le coup. Mais en y repensant, il est très beau et, donnant une note d'espoir parmi toute cette violence, ouvrant sur ce nouveau monde qui après tous ces soubresauts aura retrouvé un peu de paix, offre à ce western une morale qui ne dénoterait pas dans un conte.
Western crépusculaire et magistral, vous a-t-on dit. Je confirme, et j'aime.
Note réelle : 4,5 / 5, et je pousse avec joie jusqu'à 5.
Je peux remercier le taulier de ce site, Alix, d'avoir rappelé à ma mémoire le jeu vidéo tiré des aventures de Bragon et de la jolie Pélisse. Si ce jeu n'aura pas autant marqué les mémoires, il n'en est rien pour cette oeuvre phare que je peux ranger sans hontes à côté d'autres classiques Heroic Fantasy eighties et francophones comme Le Grand Pouvoir du Chninkel et les Légendes des Contrées Oubliées.
Comme ces deux œuvres, on y cultive un univers souvent sombre et mélancolique mais également rempli d'idées qui seront bien souvent copiées mais rarement égalées. Mais "La Quête" est probablement la plus connue et reconnue. C'est également une des plus anciennes annonçant un virage un peu plus adulte et d'un découpage dynamique. On ne s'y ennuie jamais d'autant plus que chaque tome pose un univers et des challenges complètement différents tout en maintenant une parfaite continuité dans l'histoire que Serge Le Tendre construit et maitrise parfaitement.
L'équipe constituée est aussi équilibrée qu'atypique. On passe un moment merveilleux entre rires et frissons, scènes cruelles voire violentes et quelques passages plus intimistes. Mention spéciale accordée au personnage du Rige qui inspire un certain respect. Je n'aurais même pas été foncièrement contre une série sur cet unique personnage mais justement, une des forces de "La Quête" est d'avoir su rester relativement courte et cohérente. La claque ressentie lors des dernières pages reste encore à ce jour plus de 30 ans après ma première lecture l'un de mes plus beaux souvenirs de bande dessinée.
Le style Loisel pillé par l'ensemble du catalogue nineties de l'éditeur Soleil n'avait pas d'égal à l'époque de sa parution. Pour une vieille série, elle a de jolis restes et est devenue pour l'ensemble de ses qualités un indispensable. On se souviendra encore longtemps des aventures du Chevalier Bragon.
Je note cette série selon mon appréciation lors de la lecture, étant jeune.
C'est effectivement une très bonne bd jeunesse, remplie de situations amusantes, les personnages sont bien trouvés et ça se renouvelle bien.
Le restaurant de la bonne Fourchette, la voiture qui roule à la betterave, la tante Roberte, etc.
Le dessin est particulier mais dynamique et les histoires sont toujours très fluides.
C'est sans doute une des meilleures bd jeunesse, tout simplement...
Après la lecture, je dois avouer que j'étais un peu déçu... j'en attendais peut-être trop suite aux avis élogieux lus ici-même.
Et puis vient le moment d'écrire l'avis...et là, finalement, j'opte pour un 4. Parce que même si le récit n'est pas parfait et que certaines facilités sont un peu regrettables (un vieux cow-boy qui voit à peine devrait galérer un peu plus à tirer sur ses ennemis), le scénario tient la route et l'ambiance est excellente.
La quête de ce vétéran est d'autant plus plaisante qu'on s'attache facilement au personnage et cela nous aide à partager vraiment ses déboires.
Les dessins sont très bons, comme souvent avec Tiburce Oger.
Au final, je reste très satisfait de ma lecture car l'aventure est plaisante et surtout assez originale et mémorable. Les différents éléments sont pourtant relativement classiques mais le tout fonctionne très bien et forme une bd western intelligente et agréable à parcourir.
J'aurais même aimé que l'aventure dure plus d'un tome!
La bande dessinée me casse les roubignolles actuellement. Ce n'est un secret probablement pour personne. Je passe beaucoup moins de temps à lire et donc à venir chroniquer par ici pour x raisons qui je l'espère s'estomperont. Pourtant il était difficile en 2019 de passer au travers de cette grosse sortie de rentrée.
Pensez-donc, une œuvre à 4 mains du dessinateur de Blacksad, série devenue très rapidement culte par la seule force de ses dessins animaliers détaillés de toute beauté d'une part et d'autre part du scénariste d'autres séries remarquables avec également des bestioles douées de paroles dont je ne vais pas vous faire l'affront de vous les citer naïvement. Si vous n'avez pas lu Garulfo ou De Capes et de.... OUPS ! Je l'ai dit ! Et bien arrêtez la lecture de mon humble critique pour vous gorger des bons mots de Maître Ayroles dans les titres qui ont fait la gloire de ce grand monsieur.
Les autres ont surement donc lu Les Indes Fourbes et n'ont pas attendu aussi longtemps que moi pour avoir leur avis. Mais qu'importe, je vais enfin donner le mien qui peut se résumer en peu de choses : pourquoi ai-je attendu autant de temps pour lire ce petit bijou ? (d'autant que je le possède depuis sa sortie ahem).
Et surtout, comment ai-je pu ne pas être spoilé bêtement de cette intrigue à tiroirs ce qui aurait probablement bien gâché cette lecture vierge de tout ressenti.
Car je ne peux que conseiller, non même de recommander à la plupart des âmes curieuses et tout aussi vierges que moi de se jeter sans aucune retenue dans ce récit sans aucune influence extérieure, quelle qu'elle soit. Les auteurs laissent déjà bien trop d'indices parsemés par ici ou par cela. On retrouve l'intérêt du papa d'Eusèbe le lapin pour les mises en scène théâtrales et autres farces dignes de Molière.
Le récit des tristes mésaventures de Pablos qui constitue le premier acte et une bonne partie du récit (un copieux 160 pages livré en un seul tome complet) n'est qu'une mise en bouche où l'humour de la situation se dispute au ridicule et à la cruauté des hommes.
Désirant faire fortune en Amérique du Sud que l'on appelait encore les Indes au XVIIème siècle, notre malandrin n'a décidément pas beaucoup de chance ou du moins c'est ce que l'on suppose.
En quête d'un Eldorado qui pourrait établir sa gloire, Pablos va rencontrer tout un tas de personnages qui vont l'élever ou le rabaisser. La mise en scène en histoires imbriquées pourrait être pénible à suivre mais Ayrolles qui insuffle un tel souffle et un tel rythme qu'il est difficile de couper sa lecture.
Et lorsqu'arrivent les second et troisième actes bien plus courts mais ô combien jubilatoires, on arrive en fin de lecture avec le sourire aux lèvres et surtout l'envie de tout relire immédiatement pour déceler certaines fourberies.
Ai-je parlé du dessin ? Non mais il est magnifique. Guarnido prouve en deux temps trois mouvements qu'il peut dessiner autre chose que des polars félins et il le fait très bien (sa double page en aquarelle regorge de détails de toute beauté) et ne faiblit jamais. On sent ces deux auteurs s'amuser énormément. Peu importe certaines ficelles scénaristiques, j'ai passé un excellent moment et vous savez quoi ? Oubliez ma première phrase. ^^
Je possède cette petite série depuis sa sortie, et après une nouvelle lecture, je ne me lasse pas de la retrouver.
Le tome 1 dépasse peut-être la qualité des deux suivants, ou bien je suis plus attaché par le style d'enquête pur que par la tendance vers le paranormal. Mais cette préférence n'enlève en rien la qualité globale que je donne à toute l'histoire. L'intrigue est super intéressante, vachement bien ficelée, tout est cohérent. Le scénario gagne en singularité et en intensité au fil des tomes. On découvre peu à peu l'histoire des personnages (secondaires ou principal) en même temps que l'on élucide l'enquête, c'est parfaitement calibré. Pas d'humour, ici c'est l'ambiance thriller d'un polar paranormal qui domine.
Les dessins me plaisent tout autant. Les personnages sont dessinés de manière à ce que le lecteur se demande quels sont les secrets enfouis chez chacun d'eux, qui est le coupable, à qui faire confiance, etc. Je regrette simplement que ces visages introvertis soient si souvent appliqués dans le dessin, cela fait dégager la même émotion à trop de reprises : bouche fermée, sourcils froncés, regard énigmatique ou inquisiteur... Mais permet aussi de dégager une ambiance d'enquête vraiment prenante. Le dessinateur réussit parfaitement à traduire en images l'élucidation de cette sombre affaire.
La fin n'est pas abracadabrante du tout, les fils se tissent entre eux... Le scénariste a eu le talent de rendre claire une intrigue qui a tout de même son lot de complexité. Ceci grâce peut-être à l'efficacité de l'écriture. Je trouve que les phylactères ont une présence aérée, avec des phrases claires, concises et bien tournées, et je me dis que tout cela doit résulter d'un scénario maîtrisé jusqu'au bout des doigts. Pour aimer vraiment cette série il faut, je pense, aimer (ou accepter) que la montée en puissance de l'histoire aille de pair avec la présence de plus en plus prononcée du style fantastique.
Je conseille vivement la lecture, c'est un excellent travail effectué par les auteurs pour en venir à cette qualité d'intrigue, qui est agréable à lire et qui parvient à dégager une ambiance paranormale du plus bel effet.
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La Cage aux cons
Voilà une histoire sans réelle prétention, mais qui procure une lecture agréable. Un album que j’ai vraiment apprécié, ne concédant que deux petits bémols : je m’attendais (situation, titre m’ayant sans doute aiguillé vers cette piste ?) à davantage de « bons mots » à la Audiard, et surtout j’ai trouvé que les révélations finales, pour surprenantes et amusantes qu’elles soient, ôtent un peu du charme de l’album par un certain manque de crédibilité. Bon, mais ceci étant dit, je n’ai pas boudé mon plaisir. On se laisse embarquer par cette intrigue comme notre cambrioleur d’opérette se fait coincer et enfermer par son « con » (c’est-à-dire le proprio qu’il souhaitait délester de ses biftons). Le retournement de situation est assez drôle, et les réflexions de notre séquestré (« aux idées de gauche »), sont souvent amusantes (je nuance donc là ma remarque concernant le manque relatif de « bons mots »). La fin de l’album est par contre amusante, notre héros loser illustrant alors ironiquement le titre, devenant le con qu’il conspuait, et choisissant de revenir dans sa cage… Quant au dessin, il est lui aussi simple, sombre et dynamique, avec un trait semi réaliste, en tout cas tout à fait à mon goût et efficace. Note réelle 3,5/5.
Mademoiselle Baudelaire
La fleur de l’ombre. Entre les gargouilles et les chimères, Baudelaire est happé par le vide, les ailes brisées. A son réveil, hébété, il fixe un chat juché sur une horloge. Jeanne Duval repose nue à son côté. Il lui déclame les vers qu’elle lui a inspirés la nuit puis le grand miroir de la chambre réfléchit leurs ébats amoureux. Le prologue admirablement posé, Yslaire va ensuite dérouler la vie du poète maudit en commençant par son enterrement au cimetière Montparnasse, le 31 août 1867. Jeanne est en arrière-plan, dans les replis de l’histoire mais par le prisme de son regard et de ses souvenirs, elle va exposer la vie de Charles Baudelaire : l’enfance, le voyage vers les Indes, la bohème parisienne, leur relation tumultueuse, les attaques syphilitiques, l’envol du poète. Le récit est puissant, prenant, intelligent. Le graphisme est superbe par le trait réaliste et charbonneux, précis et inspiré ; les couleurs splendides délivrent des ambiances exceptionnelles ; les mises en page étourdissent quand des doubles-pages composent des tableaux magistraux. Le lecteur apprend à aimer Jeanne, comprenant la solitude du plus grand poète de la langue française, dédaigné de son temps mais « abordant heureusement aux époques lointaines ». L’épilogue noue l’ensemble avec une rare maestria puisque le « repentir même, ô la dernière auberge ! » s’efface pour faire émerger de l’ombre du tableau de Courbet la muse consolatrice au-dessus du portrait de Baudelaire. Paru initialement en trois cahiers chargés d’esquisses et de travaux préparatoires, le chef-d’œuvre de Bernard Hislaire composé en 150 pages donne à voir le spleen et l’idéal emmêlés comme le serpent sur le caducée.
La Femme aux cartes postales
Je ne connaissais de Jean-Paul Eid que ses – excellents – délires drôles et plus ou moins oubapiens autour de Jérôme Bigras. Je découvre ici un autre aspect de son œuvre, plus traditionnel – il est vrai qu’il n’officie ici qu’aux dessins (dessin que j’ai trouvé efficace et dynamique). En plus du dessin, c’est tout l’aspect graphique (reconstitutions de docs divers, pochettes de disques, cartes postales, etc.) que j’ai trouvé bien fait. Quant à l’histoire concoctée par Paiement, elle mêle habilement grande et petite histoire, et sa construction est agréable à suivre (l’héroïne, Rose, s’envoyant à elle-même des cartes postales – d’où le titre – pour garder des souvenirs des grands moments de sa vie). En effet, nous suivons deux histoires, l’une commençant dans les années 1950, autour de Rose, de ses rêves de scènes de jazz, qui quitte brusquement sa mère pour former avec deux amis un trio qui va traverser l’Amérique et Cuba, l’autre au début des années 2000, autour d’un homme qui découvre par hasard un pan de son passé et qui souhaite remonter aux sources familiales. Lorsque les deux trajectoires se rejoignent, les révélations – qui vont crescendo sur la fin – rendent poignante cette histoire. C’est en tout cas une chouette lecture. Note réelle 3,5/5.
Abaddon
Les éditions Ici Même ont eu la bonne idée de publier une intégrale de cette série (sortie initialement en 2013) en deux tomes de Koren Shamdi, auteur que j'avais découvert avec son autre excellent album Le Voyageur. On y retrouve son goût pour les colorisations pastels et son intérêt pour les histoires sombres qui semblent caractériser ses œuvres. "Abaddon"... Rien que le titre interpelle... Le nom Abaddon signifie en hébreu « destruction » ou « abîme ». Ce nom est aussi utilisé pour désigner l'ange exterminateur de l'abîme dans l'Apocalypse de saint Jean. Tout un programme ! Sauf qu'ici, si tout commence plutôt bien pour Ter, notre protagoniste, la suite tourne vite au cauchemar ! Ter vient pour visiter un appartement en collocation ; le courant passe plutôt rapidement avec les quatre autres locataires et s'installe dans la foulée. Il y a Shel la rondouillarde sympathique et son chat, Bet la pulpeuse qui lui fait la visite, Vic l'armoire à glace et enfin l'étrange Nor, amoureux de Bet... Mais cet appartement aux premiers abords idyllique va rapidement se révéler plus anxiogène que prévu. "L'enfer c'est les autres" disait Sarthe, et les relations entre les colocataires dégénèrent rapidement, surtout que Ter réalise qu'il est en fait enfermé dans cet appartement avec ces étranges personnages... Ses tentatives pour s'évader se vouent les unes après les autres à l'échec et même s'il parvient à sortir de ce dernier c'est pour mieux réaliser dans quel labyrinthe clos il évolue... Koren Shamdi, nous propose avec cet album un récit étrange et anxiogène qui flirte avec la folie. On ne sait jamais trop si c'est dans la réalité ou dans un cauchemar que Ter évolue ou si c'est sa folie qui le guide. En tout cas l'abîme est profonde... Le lecteur se laisse embarquer dans cette chute sans fin, tâtonnant et s'interrogeant tout autant que lui. Déjà que sa mémoire lui joue des tours, ce n'est pas nous qui allons l'aider... L'angoisse est palpable, Koren Shamdi jouant à merveille avec une palette de couleurs accentuées dans les verts et les rouges renforçant cette impression. Et tel Sisyphe aux enfers, notre Ter n'est pas au bout de ses peines... Voilà donc un album prenant et surprenant qui au delà du bel objet que propose son format à l'italienne et du cachet de son graphisme singulier, nous entraîne dans les méandres d'un huis clos infernal et machiavélique.
Jusqu'au dernier
N'étant pas un grand amateur de westerns, mais attiré par cette couverture sombre et farouche, j'ai immédiatement su en feuilletant les premières pages que je repartirais avec cet album sous le bras. Rarement un dessin m'aura subjugué comme celui-ci, et le premier chapitre fut un bonheur à lire. Pour son dessin éblouissant, ses gueules réalistes et magnifiquement expressives, ses ambiances colorées très contrastées, et pour l'histoire qu'il parvient à raconter de façon limpide en trois pages seulement. Mais il ne s'agissait là que de l'introduction. Le récit va s'ancrer dans une fin de 19ème siècle qui voit le chemin de fer mettre au chômage les cow boys. C'est sur cette prémisse elle aussi limpide que va se construire cette histoire. Histoire d'un bouleversement, d'un monde qui change, d'une époque qui s'achève. Histoire d'hommes pris dans cette tourmente qui luttent pour survivre. Le décor farouche du western, avec ses codes brutaux, se prêtait sans doute impeccablement bien à une telle histoire. Mais ici cette brutalité, toile de fond latente et omniprésente, ne sera pas gratuite. Si un événement déclencheur va la libérer et si elle va prospérer dans un enchaînement implacable, tous les protagonistes ont leur motivation. Et je reste admiratif devant la facilité avec laquelle on comprend ces personnages, archétypaux mais pas caricaturaux, sans qu'ils aient besoin d'aligner plus de trois phrases. L'épilogue m'a laissé un peu dubitatif sur le coup. Mais en y repensant, il est très beau et, donnant une note d'espoir parmi toute cette violence, ouvrant sur ce nouveau monde qui après tous ces soubresauts aura retrouvé un peu de paix, offre à ce western une morale qui ne dénoterait pas dans un conte. Western crépusculaire et magistral, vous a-t-on dit. Je confirme, et j'aime. Note réelle : 4,5 / 5, et je pousse avec joie jusqu'à 5.
La Quête de l'Oiseau du Temps
Je peux remercier le taulier de ce site, Alix, d'avoir rappelé à ma mémoire le jeu vidéo tiré des aventures de Bragon et de la jolie Pélisse. Si ce jeu n'aura pas autant marqué les mémoires, il n'en est rien pour cette oeuvre phare que je peux ranger sans hontes à côté d'autres classiques Heroic Fantasy eighties et francophones comme Le Grand Pouvoir du Chninkel et les Légendes des Contrées Oubliées. Comme ces deux œuvres, on y cultive un univers souvent sombre et mélancolique mais également rempli d'idées qui seront bien souvent copiées mais rarement égalées. Mais "La Quête" est probablement la plus connue et reconnue. C'est également une des plus anciennes annonçant un virage un peu plus adulte et d'un découpage dynamique. On ne s'y ennuie jamais d'autant plus que chaque tome pose un univers et des challenges complètement différents tout en maintenant une parfaite continuité dans l'histoire que Serge Le Tendre construit et maitrise parfaitement. L'équipe constituée est aussi équilibrée qu'atypique. On passe un moment merveilleux entre rires et frissons, scènes cruelles voire violentes et quelques passages plus intimistes. Mention spéciale accordée au personnage du Rige qui inspire un certain respect. Je n'aurais même pas été foncièrement contre une série sur cet unique personnage mais justement, une des forces de "La Quête" est d'avoir su rester relativement courte et cohérente. La claque ressentie lors des dernières pages reste encore à ce jour plus de 30 ans après ma première lecture l'un de mes plus beaux souvenirs de bande dessinée. Le style Loisel pillé par l'ensemble du catalogue nineties de l'éditeur Soleil n'avait pas d'égal à l'époque de sa parution. Pour une vieille série, elle a de jolis restes et est devenue pour l'ensemble de ses qualités un indispensable. On se souviendra encore longtemps des aventures du Chevalier Bragon.
Tom-Tom et Nana
Je note cette série selon mon appréciation lors de la lecture, étant jeune. C'est effectivement une très bonne bd jeunesse, remplie de situations amusantes, les personnages sont bien trouvés et ça se renouvelle bien. Le restaurant de la bonne Fourchette, la voiture qui roule à la betterave, la tante Roberte, etc. Le dessin est particulier mais dynamique et les histoires sont toujours très fluides. C'est sans doute une des meilleures bd jeunesse, tout simplement...
Ghost Kid
Après la lecture, je dois avouer que j'étais un peu déçu... j'en attendais peut-être trop suite aux avis élogieux lus ici-même. Et puis vient le moment d'écrire l'avis...et là, finalement, j'opte pour un 4. Parce que même si le récit n'est pas parfait et que certaines facilités sont un peu regrettables (un vieux cow-boy qui voit à peine devrait galérer un peu plus à tirer sur ses ennemis), le scénario tient la route et l'ambiance est excellente. La quête de ce vétéran est d'autant plus plaisante qu'on s'attache facilement au personnage et cela nous aide à partager vraiment ses déboires. Les dessins sont très bons, comme souvent avec Tiburce Oger. Au final, je reste très satisfait de ma lecture car l'aventure est plaisante et surtout assez originale et mémorable. Les différents éléments sont pourtant relativement classiques mais le tout fonctionne très bien et forme une bd western intelligente et agréable à parcourir. J'aurais même aimé que l'aventure dure plus d'un tome!
Les Indes fourbes
La bande dessinée me casse les roubignolles actuellement. Ce n'est un secret probablement pour personne. Je passe beaucoup moins de temps à lire et donc à venir chroniquer par ici pour x raisons qui je l'espère s'estomperont. Pourtant il était difficile en 2019 de passer au travers de cette grosse sortie de rentrée. Pensez-donc, une œuvre à 4 mains du dessinateur de Blacksad, série devenue très rapidement culte par la seule force de ses dessins animaliers détaillés de toute beauté d'une part et d'autre part du scénariste d'autres séries remarquables avec également des bestioles douées de paroles dont je ne vais pas vous faire l'affront de vous les citer naïvement. Si vous n'avez pas lu Garulfo ou De Capes et de.... OUPS ! Je l'ai dit ! Et bien arrêtez la lecture de mon humble critique pour vous gorger des bons mots de Maître Ayroles dans les titres qui ont fait la gloire de ce grand monsieur. Les autres ont surement donc lu Les Indes Fourbes et n'ont pas attendu aussi longtemps que moi pour avoir leur avis. Mais qu'importe, je vais enfin donner le mien qui peut se résumer en peu de choses : pourquoi ai-je attendu autant de temps pour lire ce petit bijou ? (d'autant que je le possède depuis sa sortie ahem). Et surtout, comment ai-je pu ne pas être spoilé bêtement de cette intrigue à tiroirs ce qui aurait probablement bien gâché cette lecture vierge de tout ressenti. Car je ne peux que conseiller, non même de recommander à la plupart des âmes curieuses et tout aussi vierges que moi de se jeter sans aucune retenue dans ce récit sans aucune influence extérieure, quelle qu'elle soit. Les auteurs laissent déjà bien trop d'indices parsemés par ici ou par cela. On retrouve l'intérêt du papa d'Eusèbe le lapin pour les mises en scène théâtrales et autres farces dignes de Molière. Le récit des tristes mésaventures de Pablos qui constitue le premier acte et une bonne partie du récit (un copieux 160 pages livré en un seul tome complet) n'est qu'une mise en bouche où l'humour de la situation se dispute au ridicule et à la cruauté des hommes. Désirant faire fortune en Amérique du Sud que l'on appelait encore les Indes au XVIIème siècle, notre malandrin n'a décidément pas beaucoup de chance ou du moins c'est ce que l'on suppose. En quête d'un Eldorado qui pourrait établir sa gloire, Pablos va rencontrer tout un tas de personnages qui vont l'élever ou le rabaisser. La mise en scène en histoires imbriquées pourrait être pénible à suivre mais Ayrolles qui insuffle un tel souffle et un tel rythme qu'il est difficile de couper sa lecture. Et lorsqu'arrivent les second et troisième actes bien plus courts mais ô combien jubilatoires, on arrive en fin de lecture avec le sourire aux lèvres et surtout l'envie de tout relire immédiatement pour déceler certaines fourberies. Ai-je parlé du dessin ? Non mais il est magnifique. Guarnido prouve en deux temps trois mouvements qu'il peut dessiner autre chose que des polars félins et il le fait très bien (sa double page en aquarelle regorge de détails de toute beauté) et ne faiblit jamais. On sent ces deux auteurs s'amuser énormément. Peu importe certaines ficelles scénaristiques, j'ai passé un excellent moment et vous savez quoi ? Oubliez ma première phrase. ^^
Jason Brice
Je possède cette petite série depuis sa sortie, et après une nouvelle lecture, je ne me lasse pas de la retrouver. Le tome 1 dépasse peut-être la qualité des deux suivants, ou bien je suis plus attaché par le style d'enquête pur que par la tendance vers le paranormal. Mais cette préférence n'enlève en rien la qualité globale que je donne à toute l'histoire. L'intrigue est super intéressante, vachement bien ficelée, tout est cohérent. Le scénario gagne en singularité et en intensité au fil des tomes. On découvre peu à peu l'histoire des personnages (secondaires ou principal) en même temps que l'on élucide l'enquête, c'est parfaitement calibré. Pas d'humour, ici c'est l'ambiance thriller d'un polar paranormal qui domine. Les dessins me plaisent tout autant. Les personnages sont dessinés de manière à ce que le lecteur se demande quels sont les secrets enfouis chez chacun d'eux, qui est le coupable, à qui faire confiance, etc. Je regrette simplement que ces visages introvertis soient si souvent appliqués dans le dessin, cela fait dégager la même émotion à trop de reprises : bouche fermée, sourcils froncés, regard énigmatique ou inquisiteur... Mais permet aussi de dégager une ambiance d'enquête vraiment prenante. Le dessinateur réussit parfaitement à traduire en images l'élucidation de cette sombre affaire. La fin n'est pas abracadabrante du tout, les fils se tissent entre eux... Le scénariste a eu le talent de rendre claire une intrigue qui a tout de même son lot de complexité. Ceci grâce peut-être à l'efficacité de l'écriture. Je trouve que les phylactères ont une présence aérée, avec des phrases claires, concises et bien tournées, et je me dis que tout cela doit résulter d'un scénario maîtrisé jusqu'au bout des doigts. Pour aimer vraiment cette série il faut, je pense, aimer (ou accepter) que la montée en puissance de l'histoire aille de pair avec la présence de plus en plus prononcée du style fantastique. Je conseille vivement la lecture, c'est un excellent travail effectué par les auteurs pour en venir à cette qualité d'intrigue, qui est agréable à lire et qui parvient à dégager une ambiance paranormale du plus bel effet.