Voilà un album glauque et poisseux. L’atmosphère qui se dégage de ce récit est oppressante. Des phénomènes bizarres et inhabituels ont lieu dans un petit bled du Maine, la ville de Shelter's Lost. L’extraordinaire s’invite au sein de l’enquête policière. Des démons mènent le jeu.
C’est vraiment bien. J’ai l’impression d’être dans une histoire à la Stephen King. Que c’est bon ce thriller fantastique avec une bonne dose d’horreur. L’histoire est sinueuse et très originale. Cela tient la route. La fin est plutôt subtile et reste ouverte pour une nouvelle saison !
Le seul truc qui m’a perturbé (un peu) c est le dessin proche du crayonné. J’avoue cependant qu’au fil des pages on s’y habitue à ce trait brut de décoffrage et ce n’est pas rédhibitoire au final. Par contre la colorisation n’est pas top.
Bon point néanmoins sur les pleines pages reprenant des coupures de presses ou des rapports d’autopsie qui appuient l’ambiance sombre de ce récit.
J’ai savouré cet album et je me suis régalé.
Le duo Brubaker et Phillips remet ça, avec encore une fois un polar classique mais rondement mené.
L’intrigue est prenante et bien construite, et surtout nous est parfaitement racontée. Les auteurs nous révèlent petit à petit les tenants de ce qui commence comme une simple amourette dans un établissement de désintox… un flashback par-ci, un indice par-là, jusqu’à un dénouement plus sordide, bien amené et satisfaisant.
Le dessin et les couleurs de Phillips père et fils sont superbes, et surtout contribuent grandement à la fluidité de la narration et à la lisibilité des planches.
Vraiment, les auteurs ont perfectionné leur art, et on en redemande !
Dans un monde oriental, qui m'a beaucoup rappelé "Aladdin", Alim un tanneur et sa fille son embarqués dans un récit rondement bien mené. Je n'ai pas envie de vous en dire plus concernant le scénario, car c'est le genre d'histoire où il est jouissif de découvrir au fur et à mesure les événements et le lore de cet univers.
Cette série est un véritable coup de coeur pour moi et selon moi, elle fait un sans faute.
Premièrement, les dessins. Ils sont fabuleux. Les auteurs nous emmènent dans un univers vaste, riche et cohérent. La faune et flore sont magnifiques, les cités sont grouillantes de vie, les peuples sont criant de vérité, et le tout, est sublimé par une qualité de dessin exceptionnelle.
Deuxièmement, les personnages sont très complexes, et donnent envie de s'y intéresser. Que ce soit les méchants, ou les héros, tous ont leurs propres objectifs. Chacun des objectifs sont justifiés tôt ou tard par un passé, un background ou autre flashback.
Ensuite, la richesse de l'univers mis en place est très cohérente. Durant les 4 tomes, on jongle entre les différents peuples et systèmes politiques, entre les différentes régions. Il fut passionnant de découvrir tout cela au fil des pages et je reverrais en savoir plus. J'aurais d'ailleurs vraiment apprécié trouver une carte de ce monde imaginaire pour mieux m'y retrouver à différents moments de l'histoire, même si tout est très compréhensible.
Enfin, le scénario est passionnant et se renouvelle sans cesse. Sans entrer dans les détails, j'ai particulièrement aimé qu'entre chaque tome, il y ait une ellipse plus ou moins grande, faisant avancer le scénario. Cela me donnait l'impression de commencer un nouveau cycle à chaque fois et j'ai beaucoup aimé cela.
Et aussi, quel bonheur de ne pas avoir de romance dans une série de BD. Dans presque toutes les séries d'aventure que j'ai pu lire jusqu'à maintenant, il y a toujours une romance, un triangle amoureux, du sexe ou que sais-je complètement inutile et pompeux. Hors ici, rien de tout cela. On ne s'encombre pas d'une romance juste pour en mettre une. Les enjeux sont bien plus importants. Nous avons tout de même le droit à une relation père-fille pour nous attendrir un petit peu.
Les auteurs parviennent à réunir toutes ces qualités en se limitant à 4 tomes. Réunir autant de richesses scénaristiques en seulement 4 tomes relève selon moi de l'exploit.
5 étoiles + un énorme coup de coeur
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
J’avais a-do-ré les bouquins de Fabcaro publiés chez La Cafetière, à commencer par l’excellentissime « Le Steak Haché de Damoclès ». Or tout le monde semble être d’accord pour dire que ses deux albums plus récents « Et si l'amour c'était aimer ? » et « Zaï Zaï Zaï Zaï » sont absolument géniaux. J’ai toutefois hésité à investir, craignant d’être trop vieux et con pour ce genre d’humour, de trop en attendre et d’être déçu.
Et ben non : ma lecture fut douloureuse, mais dans le bon sens du terme. Le peu de muscles abdominaux qui me restent me font toujours mal, suite aux nombreux fou-rires déclenchés par l’humour saugrenu de Fabcaro. La scène du pain aux raisins m’a même fait pleurer de rire. Enfin, quand même, c’est pas possible de se mettre dans des états pareils pour une BD d’humour.
Voila, rien à rajouter. Un chef d-œuvre.
Eh ben... C'est nul de loin mais loin d'être nul ! Il ne faut pas toujours se fier au premier abord, on peut louper de belles choses.
Parce-qu'après un rapide feuilletage, le dessin ne m'attirait pas du tout ! Et puis j'ai commencé à bien aimer la gueule de Doug, assez loufoque, au style et au comportement pas si loin du grand-père dans Rick & Morty (ça n'engage que moi...). Ensuite, eh bah j'ai apprécié le dessin dans son ensemble parce qu'il colle au ton du récit : ne pas se prendre au sérieux pour critiquer sérieusement. C'est d'apparence enfantin pour, peut-être, mieux faire passer le message...
Il y a des raccourcis, c'est clair. Mais les clichés sont utilisés pour dégager une critique générale qui semble conforme et vraie aux yeux de beaucoup de lecteurs. Sans nous perdre, l'auteur arrive tout de même à aborder de nombreux thèmes et à les lier entre eux pour y montrer toute l'interdépendance et le risque d'effet boule de neige. A la fin, qu'est ce qu'on a ? Un résumé des dérives de notre système médiatique, du monde hyperconnecté... Et tant d'autres sujets que je traduirais dans cette BD par ce qui définit la connerie humaine.
L'intrigue est loufoque et tellement bien choisie! On peut "s'amuser" à comparer le buzz de 1934 avec un buzz équivalent aujourd'hui... Et finalement, bah c'est pareil...Sauf que le temps s'accélère, l'Homme ne maîtrise plus rien, les jugements sont précipités, les critiques sont violentes, les débats et conflits sont démesurés et puis finalement, on passe vite à autre chose et on oublie l'évènement...
Au-delà de tout ça, on arrive à passer un super moment parce-que c'est absurde et drôle. Le personnage principal, anti-héros flemmard et apolitique, est aussi bon que ridicule. Les discours des uns et des autres (les clashs entre manifestants) sont, bien que grossiers, un reflet de société qui sonne vrai et qui fait rire.
Je conseille carrément la lecture, vous ne serez pas déçu !
Je ne suis pas spécialement amateur de comics de superhéros, mais je dois avouer avoir un faible pour l’univers de Gotham. J’avais fait une grosse boulimie de lectures Batman il y a une dizaine d’années. J’adore les thèmes sombres, la réflexion sur la folie, sur la justice… et j’ai retrouvé tous ces éléments dans « Harleen ».
Le lent basculement de Harleen Quinzel vers la folie est bien amené et crédible, ou en tout cas aussi crédible que possible dans le contexte. J’ai aussi beaucoup aimé le parallèle suggéré entre folie et amour. La lecture est fluide et agréable - la maitrise narrative de Stjepan Sejic force le respect. Notez quand même que l’intrigue est plutôt verbeuse, et peu portée sur l’action. Ce n’est pas un reproche, mais je pense qu’il est important de le signaler.
La mise en image est réussie, et très moderne.
Pas la BD de l’année, mais un très bon Batman, qui devrait ravir les amateurs de cet univers. J’ai en tout cas passé un excellent moment de lecture.
Je suis une débutante dans la lecture de BD, mon avis est donc pas des plus "spécialisés".
J'ai beaucoup aimé ce livre qui est tout en délicatesse que ce soit dans les dessins ou dans l'histoire.
C'est un vrai bond dans le passé qui montre les différences entre le monde vu par un enfant puis par ce même enfant devenu adulte.
Les dialogues sont intéressants et je trouve qu'il y a un bon équilibre entre les dialogues et les dessins.
J'ai trouvé le livre simple à comprendre (simple dans le bon sens du terme). Bien qu'il y ait plusieurs aller-retours entre le présent et le passé, grâce au choix des couleurs il est facile de se repérer. En effet les souvenirs sont en couleurs alors que le présent est noir et blanc (avec du gris-bleu).
Je trouve les dessins très délicats et les couleurs sont très belles. Bien qu'une partie de la BD soit en noir et blanc, la présence du gris-bleu la rend lumineuse et "vivante" (personnellement, je ne suis pas très fan des BD en noir et blanc mais dans ce livre cela ne m'a pas du tout dérangée).
La présence de papier "calque" (des pages sont légèrement transparentes) rajoute une touche particulière à ce livre et montre, à mon avis, les superpositions entre le passé et le présent. J'ai vraiment apprécié ce détail.
J'ai eu du plaisir à lire ce livre, je peux même dire que je l'ai dévoré. Je le conseille à toute personne qui veut lire une belle BD pas prise de tête qui sent bon les vacances de notre enfance !
Ce manga sort clairement de l'ordinaire. Son héros est certes japonais mais de grand-père français, et tous deux ont émigré en Islande. En outre, les membres de sa famille semblent posséder des dons originaux et étranges. Celui du héros, c'est de pouvoir communiquer avec les objets, chose qu'il fait avec parcimonie, entretenant en particulier une relation avec sa voiture, et l'utilisant sinon pour mener les quelques enquêtes qu'on lui propose parfois pour gagner sa vie.
L'histoire se compose d'un fil rouge narratif, centré sur le mystérieux et peut-être dangereux petit frère du héros, autour duquel orbitent d'autres trames narratives plus légères. Il y a les enquêtes du héros, le plus souvent retrouver une personne disparue le temps de deux ou trois chapitres. Il y a la relation du héros avec ses proches, son grand-père, ses ami(e)s, et notamment cette énigmatique et charmante jeune femme, Lilja, qui semble très attachée à la nature islandaise. Et enfin et surtout, il y a cette terre d'Islande qui est un personnage à part entière du récit et dont on sent la passion de l'auteure qui emmène dès les premières pages ses lecteurs sur place pour un long séjour envoûtant et dépaysant.
Le graphisme est très beau, avec une mise en scène claire, des personnages bien identifiables, et cette Islande dont on reconnait la lande dès les premières cases et qui ne cesse d'émerveiller par sa beauté nue tout au long de la série.
Je suis tombé sous le charme dès les premiers chapitres. J'ai grandement apprécié la maturité et l'ouverture d'esprit de ce manga, ses personnages originaux, sa trame légèrement décousue mais subtilement attirante, et la beauté de son cadre et de ses paysages exotiques. A l'inverse, je dois dire que le personnage de Michitaka, le petit frère, et toute l'intrigue tournant autour de lui me séduisent moins. Il apporte un côté un peu trop sérieux, voire sordide, à un récit que j'aurais aimé simplement léger et charmant. Mais il permet néanmoins de créer ce fil rouge narratif et ce côté intriguant se rapprochant d'une enquête policière à la bordure du fantastique comme celle d'un manga comme Monster, même si je me serais personnellement bien contenté de l'énigme autour de la jolie Lilja, des courtes enquêtes du héros, et de la découverte des beautés de l'Islande.
Étonnamment le nom de Riff Reb's ne me disait absolument rien. Ce sont les récents avis qui ont attisé ma curiosité. On a ici une très bonne bande dessinée adaptée d'un roman de Jack London que je n'ai pas lu. Loup Larsen est le capitaine d'un navire qui fait la chasse aux phoques, un physique massif et puissant, un tyran cruel mais qui s'avère aussi un insoupçonné fin lettré. C'est ce que découvre petit à petit Van Weyden, le narrateur et infortuné rescapé sur cet enfer flottant où il se retrouve à devoir participer aux tâches manuelles, lui l'intellectuel.
Quand on part d'une bonne base, on a déjà un bon potentiel même si je ne suis pas toujours fan des adaptations littéraires. L'album est un régal. Une lecture haletante jusqu'au bout avec ce duel entre deux hommes aux visions radicalement différentes, un récit d'aventures magnifié par un dessin superbe où les couleurs monochromatiques viennent souligner les différents chapitres.
Je vais devoir m'attaquer au reste de la trilogie marine.
Cette trilogie maritime de Riff Reb's restera la plus grosse claque reçue en 2021 et pour les années à venir... Quel bonheur !
Un bonheur inégalable en ce qui concerne les histoires maritimes. Là encore, bien que les nouvelles soient courtes, tout ça me parle, je capte direct... Que Riff Reb's vive dans une ville portuaire, soit. Mais qu'il arrive si admirablement à adapter ces histoires maritimes, c'est à croire qu'il a vécu toute sa vie en mer (au même titre que la dernière nouvelle, très belle). Mais non, en vérité il réussit à puiser l'essence de chacun de ces bouquins pour offrir une adaptation puissante, sombre et belle, débordante de mélancolie et de mystères, en des lieux où la nature domine toute chose et où les bateaux semblent n'être que de fragiles objets origamiques.
En ce qui me concerne, Riff Reb's réussit à mettre les mots et les images sur l'idée littéraire que je me fais du marin au milieu de cette vaste étendue d'eau.
Le chef d'oeuvre est pour moi complet, la trilogie est à posséder les yeux fermés.
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Emprise
Voilà un album glauque et poisseux. L’atmosphère qui se dégage de ce récit est oppressante. Des phénomènes bizarres et inhabituels ont lieu dans un petit bled du Maine, la ville de Shelter's Lost. L’extraordinaire s’invite au sein de l’enquête policière. Des démons mènent le jeu. C’est vraiment bien. J’ai l’impression d’être dans une histoire à la Stephen King. Que c’est bon ce thriller fantastique avec une bonne dose d’horreur. L’histoire est sinueuse et très originale. Cela tient la route. La fin est plutôt subtile et reste ouverte pour une nouvelle saison ! Le seul truc qui m’a perturbé (un peu) c est le dessin proche du crayonné. J’avoue cependant qu’au fil des pages on s’y habitue à ce trait brut de décoffrage et ce n’est pas rédhibitoire au final. Par contre la colorisation n’est pas top. Bon point néanmoins sur les pleines pages reprenant des coupures de presses ou des rapports d’autopsie qui appuient l’ambiance sombre de ce récit. J’ai savouré cet album et je me suis régalé.
Mes héros ont toujours été des junkies
Le duo Brubaker et Phillips remet ça, avec encore une fois un polar classique mais rondement mené. L’intrigue est prenante et bien construite, et surtout nous est parfaitement racontée. Les auteurs nous révèlent petit à petit les tenants de ce qui commence comme une simple amourette dans un établissement de désintox… un flashback par-ci, un indice par-là, jusqu’à un dénouement plus sordide, bien amené et satisfaisant. Le dessin et les couleurs de Phillips père et fils sont superbes, et surtout contribuent grandement à la fluidité de la narration et à la lisibilité des planches. Vraiment, les auteurs ont perfectionné leur art, et on en redemande !
Alim le tanneur
Dans un monde oriental, qui m'a beaucoup rappelé "Aladdin", Alim un tanneur et sa fille son embarqués dans un récit rondement bien mené. Je n'ai pas envie de vous en dire plus concernant le scénario, car c'est le genre d'histoire où il est jouissif de découvrir au fur et à mesure les événements et le lore de cet univers. Cette série est un véritable coup de coeur pour moi et selon moi, elle fait un sans faute. Premièrement, les dessins. Ils sont fabuleux. Les auteurs nous emmènent dans un univers vaste, riche et cohérent. La faune et flore sont magnifiques, les cités sont grouillantes de vie, les peuples sont criant de vérité, et le tout, est sublimé par une qualité de dessin exceptionnelle. Deuxièmement, les personnages sont très complexes, et donnent envie de s'y intéresser. Que ce soit les méchants, ou les héros, tous ont leurs propres objectifs. Chacun des objectifs sont justifiés tôt ou tard par un passé, un background ou autre flashback. Ensuite, la richesse de l'univers mis en place est très cohérente. Durant les 4 tomes, on jongle entre les différents peuples et systèmes politiques, entre les différentes régions. Il fut passionnant de découvrir tout cela au fil des pages et je reverrais en savoir plus. J'aurais d'ailleurs vraiment apprécié trouver une carte de ce monde imaginaire pour mieux m'y retrouver à différents moments de l'histoire, même si tout est très compréhensible. Enfin, le scénario est passionnant et se renouvelle sans cesse. Sans entrer dans les détails, j'ai particulièrement aimé qu'entre chaque tome, il y ait une ellipse plus ou moins grande, faisant avancer le scénario. Cela me donnait l'impression de commencer un nouveau cycle à chaque fois et j'ai beaucoup aimé cela. Et aussi, quel bonheur de ne pas avoir de romance dans une série de BD. Dans presque toutes les séries d'aventure que j'ai pu lire jusqu'à maintenant, il y a toujours une romance, un triangle amoureux, du sexe ou que sais-je complètement inutile et pompeux. Hors ici, rien de tout cela. On ne s'encombre pas d'une romance juste pour en mettre une. Les enjeux sont bien plus importants. Nous avons tout de même le droit à une relation père-fille pour nous attendrir un petit peu. Les auteurs parviennent à réunir toutes ces qualités en se limitant à 4 tomes. Réunir autant de richesses scénaristiques en seulement 4 tomes relève selon moi de l'exploit. 5 étoiles + un énorme coup de coeur MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Et si l'amour c'était aimer ?
J’avais a-do-ré les bouquins de Fabcaro publiés chez La Cafetière, à commencer par l’excellentissime « Le Steak Haché de Damoclès ». Or tout le monde semble être d’accord pour dire que ses deux albums plus récents « Et si l'amour c'était aimer ? » et « Zaï Zaï Zaï Zaï » sont absolument géniaux. J’ai toutefois hésité à investir, craignant d’être trop vieux et con pour ce genre d’humour, de trop en attendre et d’être déçu. Et ben non : ma lecture fut douloureuse, mais dans le bon sens du terme. Le peu de muscles abdominaux qui me restent me font toujours mal, suite aux nombreux fou-rires déclenchés par l’humour saugrenu de Fabcaro. La scène du pain aux raisins m’a même fait pleurer de rire. Enfin, quand même, c’est pas possible de se mettre dans des états pareils pour une BD d’humour. Voila, rien à rajouter. Un chef d-œuvre.
#Nouveaucontact
Eh ben... C'est nul de loin mais loin d'être nul ! Il ne faut pas toujours se fier au premier abord, on peut louper de belles choses. Parce-qu'après un rapide feuilletage, le dessin ne m'attirait pas du tout ! Et puis j'ai commencé à bien aimer la gueule de Doug, assez loufoque, au style et au comportement pas si loin du grand-père dans Rick & Morty (ça n'engage que moi...). Ensuite, eh bah j'ai apprécié le dessin dans son ensemble parce qu'il colle au ton du récit : ne pas se prendre au sérieux pour critiquer sérieusement. C'est d'apparence enfantin pour, peut-être, mieux faire passer le message... Il y a des raccourcis, c'est clair. Mais les clichés sont utilisés pour dégager une critique générale qui semble conforme et vraie aux yeux de beaucoup de lecteurs. Sans nous perdre, l'auteur arrive tout de même à aborder de nombreux thèmes et à les lier entre eux pour y montrer toute l'interdépendance et le risque d'effet boule de neige. A la fin, qu'est ce qu'on a ? Un résumé des dérives de notre système médiatique, du monde hyperconnecté... Et tant d'autres sujets que je traduirais dans cette BD par ce qui définit la connerie humaine. L'intrigue est loufoque et tellement bien choisie! On peut "s'amuser" à comparer le buzz de 1934 avec un buzz équivalent aujourd'hui... Et finalement, bah c'est pareil...Sauf que le temps s'accélère, l'Homme ne maîtrise plus rien, les jugements sont précipités, les critiques sont violentes, les débats et conflits sont démesurés et puis finalement, on passe vite à autre chose et on oublie l'évènement... Au-delà de tout ça, on arrive à passer un super moment parce-que c'est absurde et drôle. Le personnage principal, anti-héros flemmard et apolitique, est aussi bon que ridicule. Les discours des uns et des autres (les clashs entre manifestants) sont, bien que grossiers, un reflet de société qui sonne vrai et qui fait rire. Je conseille carrément la lecture, vous ne serez pas déçu !
Harleen
Je ne suis pas spécialement amateur de comics de superhéros, mais je dois avouer avoir un faible pour l’univers de Gotham. J’avais fait une grosse boulimie de lectures Batman il y a une dizaine d’années. J’adore les thèmes sombres, la réflexion sur la folie, sur la justice… et j’ai retrouvé tous ces éléments dans « Harleen ». Le lent basculement de Harleen Quinzel vers la folie est bien amené et crédible, ou en tout cas aussi crédible que possible dans le contexte. J’ai aussi beaucoup aimé le parallèle suggéré entre folie et amour. La lecture est fluide et agréable - la maitrise narrative de Stjepan Sejic force le respect. Notez quand même que l’intrigue est plutôt verbeuse, et peu portée sur l’action. Ce n’est pas un reproche, mais je pense qu’il est important de le signaler. La mise en image est réussie, et très moderne. Pas la BD de l’année, mais un très bon Batman, qui devrait ravir les amateurs de cet univers. J’ai en tout cas passé un excellent moment de lecture.
Le Dernier des étés
Je suis une débutante dans la lecture de BD, mon avis est donc pas des plus "spécialisés". J'ai beaucoup aimé ce livre qui est tout en délicatesse que ce soit dans les dessins ou dans l'histoire. C'est un vrai bond dans le passé qui montre les différences entre le monde vu par un enfant puis par ce même enfant devenu adulte. Les dialogues sont intéressants et je trouve qu'il y a un bon équilibre entre les dialogues et les dessins. J'ai trouvé le livre simple à comprendre (simple dans le bon sens du terme). Bien qu'il y ait plusieurs aller-retours entre le présent et le passé, grâce au choix des couleurs il est facile de se repérer. En effet les souvenirs sont en couleurs alors que le présent est noir et blanc (avec du gris-bleu). Je trouve les dessins très délicats et les couleurs sont très belles. Bien qu'une partie de la BD soit en noir et blanc, la présence du gris-bleu la rend lumineuse et "vivante" (personnellement, je ne suis pas très fan des BD en noir et blanc mais dans ce livre cela ne m'a pas du tout dérangée). La présence de papier "calque" (des pages sont légèrement transparentes) rajoute une touche particulière à ce livre et montre, à mon avis, les superpositions entre le passé et le présent. J'ai vraiment apprécié ce détail. J'ai eu du plaisir à lire ce livre, je peux même dire que je l'ai dévoré. Je le conseille à toute personne qui veut lire une belle BD pas prise de tête qui sent bon les vacances de notre enfance !
Dans le sens du vent - Nord, Nord-Ouest
Ce manga sort clairement de l'ordinaire. Son héros est certes japonais mais de grand-père français, et tous deux ont émigré en Islande. En outre, les membres de sa famille semblent posséder des dons originaux et étranges. Celui du héros, c'est de pouvoir communiquer avec les objets, chose qu'il fait avec parcimonie, entretenant en particulier une relation avec sa voiture, et l'utilisant sinon pour mener les quelques enquêtes qu'on lui propose parfois pour gagner sa vie. L'histoire se compose d'un fil rouge narratif, centré sur le mystérieux et peut-être dangereux petit frère du héros, autour duquel orbitent d'autres trames narratives plus légères. Il y a les enquêtes du héros, le plus souvent retrouver une personne disparue le temps de deux ou trois chapitres. Il y a la relation du héros avec ses proches, son grand-père, ses ami(e)s, et notamment cette énigmatique et charmante jeune femme, Lilja, qui semble très attachée à la nature islandaise. Et enfin et surtout, il y a cette terre d'Islande qui est un personnage à part entière du récit et dont on sent la passion de l'auteure qui emmène dès les premières pages ses lecteurs sur place pour un long séjour envoûtant et dépaysant. Le graphisme est très beau, avec une mise en scène claire, des personnages bien identifiables, et cette Islande dont on reconnait la lande dès les premières cases et qui ne cesse d'émerveiller par sa beauté nue tout au long de la série. Je suis tombé sous le charme dès les premiers chapitres. J'ai grandement apprécié la maturité et l'ouverture d'esprit de ce manga, ses personnages originaux, sa trame légèrement décousue mais subtilement attirante, et la beauté de son cadre et de ses paysages exotiques. A l'inverse, je dois dire que le personnage de Michitaka, le petit frère, et toute l'intrigue tournant autour de lui me séduisent moins. Il apporte un côté un peu trop sérieux, voire sordide, à un récit que j'aurais aimé simplement léger et charmant. Mais il permet néanmoins de créer ce fil rouge narratif et ce côté intriguant se rapprochant d'une enquête policière à la bordure du fantastique comme celle d'un manga comme Monster, même si je me serais personnellement bien contenté de l'énigme autour de la jolie Lilja, des courtes enquêtes du héros, et de la découverte des beautés de l'Islande.
Le Loup des Mers
Étonnamment le nom de Riff Reb's ne me disait absolument rien. Ce sont les récents avis qui ont attisé ma curiosité. On a ici une très bonne bande dessinée adaptée d'un roman de Jack London que je n'ai pas lu. Loup Larsen est le capitaine d'un navire qui fait la chasse aux phoques, un physique massif et puissant, un tyran cruel mais qui s'avère aussi un insoupçonné fin lettré. C'est ce que découvre petit à petit Van Weyden, le narrateur et infortuné rescapé sur cet enfer flottant où il se retrouve à devoir participer aux tâches manuelles, lui l'intellectuel. Quand on part d'une bonne base, on a déjà un bon potentiel même si je ne suis pas toujours fan des adaptations littéraires. L'album est un régal. Une lecture haletante jusqu'au bout avec ce duel entre deux hommes aux visions radicalement différentes, un récit d'aventures magnifié par un dessin superbe où les couleurs monochromatiques viennent souligner les différents chapitres. Je vais devoir m'attaquer au reste de la trilogie marine.
Hommes à la mer
Cette trilogie maritime de Riff Reb's restera la plus grosse claque reçue en 2021 et pour les années à venir... Quel bonheur ! Un bonheur inégalable en ce qui concerne les histoires maritimes. Là encore, bien que les nouvelles soient courtes, tout ça me parle, je capte direct... Que Riff Reb's vive dans une ville portuaire, soit. Mais qu'il arrive si admirablement à adapter ces histoires maritimes, c'est à croire qu'il a vécu toute sa vie en mer (au même titre que la dernière nouvelle, très belle). Mais non, en vérité il réussit à puiser l'essence de chacun de ces bouquins pour offrir une adaptation puissante, sombre et belle, débordante de mélancolie et de mystères, en des lieux où la nature domine toute chose et où les bateaux semblent n'être que de fragiles objets origamiques. En ce qui me concerne, Riff Reb's réussit à mettre les mots et les images sur l'idée littéraire que je me fais du marin au milieu de cette vaste étendue d'eau. Le chef d'oeuvre est pour moi complet, la trilogie est à posséder les yeux fermés.